AMADEUS PETER SHAFFER (THEATRE ROYAL DES GALERIES)



 

Après le triomphe de cette pièce géniale à Villers-la-Ville en août dernier , la voici à Bruxelles aux Galeries.

J’ai vu la pièce à Villers . J’étais enthousiasmé.

Un vrai bonheur.

Je viens de la revoir aux Galeries . Même enthousiasme !

Le transfert, de la grande plaine Villers la Ville, dans un théâtre « couvert » passe admirablement bien.

Du grand spectacle ! D’une qualité supérieure !

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 AMADEUS

Une pièce écrite par Peter Shaffer , né à Liverpool le 15 mai 1926 , décédé le 06 juin 2016 alors que sa pièce AMADEUS   était en pleine répétition À VILLERS-LA-VILLE . Il avait 90 ans !

J’ai vu cette pièce en son temps au Théâtre Marigny à Paris le 22 janvier 1982 mise en scène par Roman Polanski et interprétée par le même Polanski dans le rôle d’Amadeus et François Périer, Salieri.

La presse à l’époque : Roman Polanski au théâtre, c’est plutôt inattendu.

Roman Polanski : Personne ne sait que j’ai commencé ma carrière au théâtre. Pour moi, c’est plutôt un retour aux sources.

François Périer, qu’est-ce qui vous a décidé à jouer dans cette pièce ?

François Périer (grand comédien français avec qui j’ai eu la chance de jouer au Théâtre Royal du Parc dans « Bobosse ») : Roman Polanski . L’idée de travailler avec lui m’enchantait ! Son interprétation était une véritable incarnation de Mozart.

 

 
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J’ai vu également ce film réalisé par Milos Forman, avec Tom Hulce (Mozart) et F.Murray Abraham (Salieri)toujours sous le titre de  » AMADEUS« 

J’ai été séduit tant au théâtre qu’au ciné!

Un super bonheur de voir aujourd’hui cette pièce, dans dans la brillante mise en scène d’Alexis Goslain, interprétée magistralement par Didier Colfs(Salieri) et Denis Carpentier( Amadeus).

 

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 Un spectacle qui restera dans ma mémoire.

Et vous aussi amis du blog, j’en suis persuadé.

Même si vous l’avez vue à Villers , je vous conseille de vous rendre aux Galeries.

Résumé

Dans la Vienne de Joseph II en 1781, le compositeur Salieri jouit de la faveur de l’Empereur.

C’est alors qu’un jeune prodige du nom de Wolfgang Amadeus Mozart parcourt l’Europe et fait irruption à la cour, précédé d’une flatteuse réputation mais sans grande éducation.

Mozart est en voie de devenir le plus grand compositeur du siècle. Face à un tel génie, Salieri se sent rongé par la jalousie.

Qu’une musique aussi belle puisse émaner d’un être aussi vulgaire apparaît à Salieri comme l’un des tours les plus cruels de Dieu, et le fait plonger dans une folie vengeresse.

Comprenant la menace que représente le jeune Mozart, Salieri essaie de l’évincer tout en l’approchant pour savoir pourquoi il est si doué…

 

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Le spectacle débute par la confession de Salieri qui, au seuil de la mort, se vante d’être l’assassin de Mozart.

 

 

La pièce va faire revivre les principales étapes de la carrière du jeune génie avec entre autres la création de ses grands opéras comme  « Idoménée », « L’Enlèvement au Sérail », Les Noces de Figaro » , « Don Giovanni » ou «  La Flûte enchantée » ..

 

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.La pièce va nous conduire profondément à l’intérieur de ces deux personnages que sont Salieri et Mozart.

Nous, spectateurs, nageons déjà dans le bonheur. Et si nous aimons la musique de Mozart – Qui ne l’aimerait pas !- on jubile follement sur notre siège.

On va plonger dans la cour somptueuse de Joseph II …

On va vivre des scènes violentes entre Salieri et Amadeus, d’autres entre Salieri et Constance (charmante épouse de Wolfgang), ou encore entre Joseph II et Mozart…

RENCONTRES DE GRANDS COMEDIENS

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Ils ne jouent pas leur personnage. Ils le vivent !

Didier Colfs est ce malheureux et redoutable Salieri !

Denis Carpentier est ce compositeur et musicien adoré dans le monde entier. !

L’UN DE NOS GRANDS METTEURS EN SCENE… ALEXIS GOSLAIN

Il réalise de nombreuses mises en scène de styles à chaque fois différent. II a mis en scène des pièces telles  » Le Repas des Fauves » au Théâtre des Galeries ,  » Comme s’il en pleuvait » à La Comédie Volter,  » Chacun sa place  » à La Samaritaine … et d’autres encore.

Il est aussi comédien que nous avons pu voir entre autres dans « La Reine Margot » , « Dom Juan », à Villers-La-Ville…

Nous le retrouvons en tant que metteur en scène du spectacle  » AMADEUS« 

Alexis : En s’inspirant d’une courte pièce de Pouchkine Peter Shaffer a écrit en 1979  une oeuvre majeure qui sera relayée plus tard par Milos Forman au cinéma.

Consumé par la jalousie , Salieri , compositeur de la Cour d’Autriche voit en Mozart un être brillant mais qui, de par son comportement obscène et vulgaire , ne mérite pas le don que lui a accordé Dieu. Il en fait donc un rival à abattre.

Quant à la rumeur accusant le compositeur italien d’avoir empoisonné Mozart , elle ne repose sur aucun fait tangible. Elle n’est qu’un enjeu pour l’auteur de confronter le génie face au médiocre , pourquoi l’un est entré dans la légende et l’autre est resté sur le pas de la porte…

Faire confronter les œuvres de Mozart est déjà un spectacle en soi.

Suivre une histoire portée par une équipe solide ne vient qu’amplifier une fois de plus l’importance  de découvrir ou re-découvrir l’histoire de Peter Shaffer aux allures shakespeariennes.

Mon amour pour la musique du divin Mozart est sans borne  et inscrite dans mon ADN  depuis l’âge où il improvisait déjà des menuets . Le représenter au théâtre dans ces oeuvres majeures et dans la beauté des ruines a du sens.

Partager cette histoire-là avec le public , en a d’autant plus!

Je souhaite aux spectateurs une soirée enchantée dans la magie du théâtre qui se transformera le temps d’un soir en une boite à musique.

J’ai bien reçu ce grand spectacle tel que vient de nous le présenter Alexis Goslain.

Sa mise en scène est d’une belle intelligence , vivante , précise . Il a l’art  de diriger ses acteurs avec plaisir et bonheur et cela se sent en voyant la pièce.

Un grand moment de théâtre.

De grands instants de musique. 

C’est flamboyant,   emmené par une large équipe dans une mise en scène ample, une scénographie monumentale avec les projections d’images superbes, et enveloppée des plus belles musiques de Mozart.

C’est jubilatoire en diable !

Cette adaptation est magnifiquement conçue et clairvoyante, et nous permet de découvrir bon nombres d’enseignements C’est d’une belle richesse ! Une étude de recherches très poussées sur cette époque mozartienne.

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 J’ai vu la pièce à sa création, j’ai revu la pièce il y a trois jours. De part et d’autre, j’étais rivé à mon siège . Je regardais les acteurs avec passion et enthousiasme.

 AMADEUS

Les 10 comédiens jouent sobrement leurs personnages

C’est là aussi ce qui est formidable, c’est que rien n’est excessif  dans le propos ni dans les jeux de scène.

Intéressant aussi de retrouver des acteurs que nous connaissons bien tels Marc De Roy (von Strack) Lucas Tavernier (Joseph II), Michel Poncelet (Orsini-Rosenberg) , Maroine Amimi (Venticello) , et d’autres : Julie Lenain(Constance) , Aurelio Mergola (Venticello) , Jean- François Rossion (Baron van Swieten) …

 « Le projet était fou, il était cohérent et il est devenu une institution.

Que le spectacle continue !

PAUSE MUSICALE



OPTION SCENOGRAPHIQUE INNOVANTE

OU

LE MUR FEERIQUE

Patrick de Longrée(adaptateur et scénographe) : Pour innover, nous avons voulu faire appel à la technique de la projection en « mapping 3D » , avec la possibilité de projections spectaculaires variées comme la reconstitution, de palais baroques , l’illustration de multiples décors d’opéras , la création d’univers fantasmagoriques , des soulignements des particularités de l’architecture , bref, une multitude d’images qui contribuent à plonger le spectateur dans l’univers magnificiant t nécessaire à l’illustration de cette fresque historique.

Les projections ont été travaillées à partir de dessins et d’aquarelles spécialement peintes pour le spectacle par le scénographe Thierry Bosquet et retravaillées en images de synthèse mouvantes par une société spécialisée dans le mapping 3D.

Des effets visuels époustouflants sont projetés comme les décors somptueux de divers opéras ou l’apparition du Commandeur, comme l’écroulement de la façade ou son recouvrement de lierre , comme l’ouverture et la fermeture d’un immense rideau de scène, comme une nuit étoilée parsemée d’étoiles filantes ou la naissance de l’aube baignée de brumes…

AMADEUS

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 Avec Michel Poncelet( Comte Orsini-Rosenberg) , Marc De Roy ( Johann Killian von Strack), Jean-François Rossion(Baron van Swieten) , Lucas Tavernier ( L’Empereur d’Autriche Joseph II), Julie Lenain(Constance Weber) , Maroine Amimi (Venticello) , Aurelio Mergola (Venticello) , Camille Pistone(Venticello) , Pauline Discry (Katarina) , Anthony Molina-Dia

 

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GENERIQUE

DIDIER COLFS (Antonio Saliari) & DENIS CARPENTIER (Wolfgang Amadeus Mozart)

Impeccable le rire de Wolfgang !

Auteur : PETER SHAFFER

Mise en scène : ALEXIS GOSLAIN

L’équipe de réalisation :

Création des costumes  et décors peints : THIERRY BOSQUET

Adaptation et scénographie : PATRICK de LONGREE

Mapping video : FRANCOIS JAIME PREISSER

Création des lumières : CHRISTIAN STENUIT

Chorégraphie : CATHERINE LOTTEFIER

Décor sonore : LAURENT BEUMIER

Création des maquillages : COSTHEA

Assistant à la mise en scène : NICOLAS LEGRAIN

Confection des costumes : COSTHEA

Accessoires gourmands : THIBAUT DE COSTER & CHARLY KLEINERMANN

Stagiaire maquillage : GAELLE AVILES & FRANCOIS-NOE FLAMENT

Habilleuse : MARIANNE BRACONNIER

Stagiaire habilleuse : GWENNAELLE DAOUS

Régie lumières : CHRISTIAN STENUIT

Régie son : SYLVAIN ROBYNS& LUNA GILLET

Régie de plateau : DAVID DETIENNE- DAVID COOL-SAMUEL SERAILLE

Peinture des décors  : OLIVIER WATERKEYN-MARIANNE DE WIL

Construction des décors : JEAN-JACQUES ALLARD-FRANCIS DEBON-OLIVIER DE BONDT-DAVID DETIENNE –DENIS DEVAUX-PHILIPPE HAZEE-SAMUEL SERAILLE

Installation son et lumières : CHRISTIAN AIGUEUR –YANN-BOELS PAULINE COLLAR-DIDIER DEWAELE- CYRIL HUBERT – JOEL VANDENBERGE – P^HILIPPE VAN DERPERREN-

Equipement projection : DANIEL VAN RUYSSEVELTADC PRODUCTION

Graphisme : DAVID-SAMUEL COURTOIS

Responsable jobistes : ROMAIN TIELEMAN

Accueil réservations : SANDRAZ BRENDERS

Photos : ARNAUD de COSTER

En co-production avec DEL. Diffusion Villers

Long générique comme les films américains.

Chacun son rôle ! Chacun fait son travail . Ils sont nombreux et méritants . Ils méritent d’être nommé !

Bravos à tous !

 

 

AMADEUS – PETER SHAFFER- ALEXIS GOSLAIN

Jusqu’au 20 /11/16

THEATRE ROYAL DES GALERIES

Galerie du Roi 32- 1000 Bruxelles

Infos Réservation : 02 / 512 04 07


 

 Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , merci encore de votre intérêt au blog.

Notre moment de séparation : La vision sur votre téléviseur du document : « Un jour, un destin »  de Laurent Delahousse , consacré à Johnny Hallyday. Un Johnny en quête d’identité.

Dimanche 30/10- 22h40- France 2

Bon week-end à Vous.

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

CALDERON – PIER PAOLO PASOLINI – LAZARE GOUSSEAU (RIDEAU DE BRUXELLES)

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe « ,  bienvenue.

Rencontre avec Pasolini.

«  Ils nous répètent « Vous êtes libres » 

Un grand spectacle !

Un  long spectacle : 150 minutes…

En création !

L’auteur : Pier Paolo Pasolini

Le traducteur et metteur en scène : Lazare Gousseau


 

RENDEZ-VOUS EN TERRE PASOLINIENNES

Après « Affabulazione » et « Bête de style » mis en scène par Frédéric Dussenne , « Pylade »mis en scène par Lazare Gousseau, le Rideau de Bruxelles poursuit l’exploration du théâtre de Pasolini.

Cette pièce nous apporte beaucoup d’infos sur Pasolini.

Calderón est une des six « tragédies » de l’auteur.

Écrite et remaniée de 1966 à 1973, jusqu’à un an avant son assassinat, elle raconte la lutte cauchemardesque de Rosaura avec la réalité d’un monde social et politique délirant : l’Espagne franquiste. En réactivant selon d’autres enjeux les personnages de « La vie est un Songe » de Pedro Calderón de la Barca, et en convoquant l’histoire espagnole du Siècle d’Or et l’histoire plus récente de la guerre civile espagnole, Pasolini dessine les évolutions du monde occidental du XXème siècle qui conduisent de la dictature franquiste au capitalisme consumériste dans lequel nous vivons encore.

 

PAUSE MUSICALE


 

« CALDERON » ou « LA FORCE DECUPLEE DES PERDANTS » 

« La vérité n’est pas dans un seul rêve mais dans nombre de rêves » (Pasolini)

Le personnage principal : Rosaura !

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 Août 1967 : Rosaura , 20 ans, se réveille un matin et ne reconnaît rien du monde qui l’entoure. Elle se découvre fille de riches industriels madrilènes. Est-ce un cauchemar ?

Août 1967 : Rosaura , 30 ans, se réveille et ne reconnaît rien du monde. Elle est prostituée dans un bidonville de Barcelone

Août 1967 : Rosaura , 40 ans , se réveille encore..

Pasolini réécrit « la Vie est un songe » de Calderon et signe sa pièce la plus jubilatoire. Entrelaçant naturalisme bourgeois, onirisme et grotesque.

Calderon raconte la lutte de Rosaura avec une réalité sociale et politique délirante, à la charnière de l’Espagne franquiste et du capitalisme consumériste dont on continue de subir la loi…

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 CALDERON 2016

La pièce est créée dans une nouvelle traduction française de Lazare Gousseau : « Notre réalité est une construction pas une fatalité ! »

S’il fallait dire mon amour de pasolinien en un seul sens, je dirais que ce qui me touche le plus chez lui, c’est sa capacité proprement physique à mettre en œuvre une poétique où s’entrelacent la vie intime et ses prises de positions politiques artistiques.

CONFESSION

Il n’est pas toujours évident de suivre le propos de Pasolini.

Cette pièce se présente en de nombreux flashs.

A chaque fois, d’autres personnages qu’il faut déceler !

L’agitation est foudroyante sur le plateau du théâtre.

Les dix comédiens sont excellents, nous offrant chacun une véritable galerie d’individus.

Le problème est de comprendre les intentions de l’auteur, et les rapports d’une séquence à l’autre.

PAUSE MUSICALE


 

REGARDS SUR PASOLINI

Lazare Gousseau : Pasolini est assez pessimiste dans Calderón, (même s’il n’est jamais exempt d’optimisme et surtout d’humour. Pasolini est un type très drôle. Personnellement, j’ai eu des problèmes avec ce pessimisme apparemment fermé.

Parce que je ne veux pas raconter d’histoire dans laquelle il n’existerait pas de marge de manœuvre. Jusqu’il y a peu, j’avais donc un vrai problème avec la fin de la pièce: il s’agit d’un «Grand récit», la libération d’un camp de concentration par une armée d’ouvriers, dont on nous dit en même temps que ce n’est rien d’autre qu’un rêve. Même si historiquement, ça a été vrai, que les révolutions telles qu’on les entendaient au XXème siècle, n’ont pas produit ce qu’on attendait d’elles, c’est pour moi un problème dramaturgique et moral: proposer une fin si verrouillée, où aucune ligne de fuite n’est permise. Pourtant, au fur et à mesure des répétitions, cette fin m’est apparue étrangement ouverte. Car, cette fin aussi est baroque, c’est-à-dire paradoxale, en forme d’oxymore, proposant deux sens simultanés. Alors de toute évidence, il fallait que nous, 40 ans plus tard, nous choisissions ce que ce texte voulait dire et « quelle force actuelle brancher dessus », pour reprendre une expression de Pasolini. De fait, à la fin, Rosaura, plus enfermée que jamais dans le camp de sa vie petit -bourgeoise, est paradoxalement la plus libre. Ce qu’elle découvre à mon sens, ou en tous cas, ce que la pièce dit, c’est qu’elle est déjà libre car sa résistance ne pourra jamais être réduite complètement. Rosaura est une figure bien sûr, et nos vies réelles sont très compliquées de ce point de vue là. Mais au bout du compte, pourtant, il se pourrait bien que nous soyons tous déjà libres, que nous n’ayons pas besoin de sauveurs ou de libérateurs. Nous devons travailler pour produire un monde dont chacun soit responsable plutôt que de considérer qu’il impossible de changer les choses.

D’après moi, c’est la question morale que pose la pièce.

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 INTERVIEW (EXTRAIT)  : CEDRIC JULIENS/LAZARE GOUSSEAU

Cédric Juliens. Tu dis de cette pièce qu’elle est « surthéâtrale», et en effet elle fait intervenir l’influence de l’histoire, du cinéma, de la peinture. Comment as-tu pensé rendre cela sur le plateau?

Lazare Gousseau. C’est la première fois que je monte un spectacle avec autant d’accessoires, de costumes, de couleurs, de mobiliers, de musiques, en gros avec une telle surenchère de signes. L’action se situe dans un hôpital, dans un baraquement de prostituées, dans un salon d’aristocrates, dans un camp d’extermination… cela change presque à chaque scène.

Cédric Juliens : Comment fait-on pour figurer tous ces lieux ?

Lazare Gousseau : Pour moi l’enjeu et l’intérêt, c’est de rendre le spectateur sensible à ce qui se raconte via les éléments reconnaissables, réalistes des situations, comme dans le cinéma le plus bêtement naturaliste. Je voudrais être précis jusqu’à recréer l’ambiance de l’été 67 à Madrid, presque comme une reconstitution historique. Même si en réalité, je n’ai aucune idée réelle de ce que ça a été. Mais disons que c’est sur ça que Raffaëlle Bloch a travaillé pour les costumes. Et puis avec Didier Payen, le scénographe, nous avons imaginé un espace qui puisse englober tous ces espaces. « Calderón », en langue espagnole, ce n’est pas seulement l’auteur dramatique de « La vie est un songe », c’est aussi un nom commun qui signifie «chaudron». Dans chaque scène, des objets réalistes sont englobés dans un même espace. Les entrées et les sorties produisent beaucoup de mouvements comme dans un chaudron qui bouillonne. Tout cela préfigure une partition complexe que nous cherchons à articuler, comme le fonctionnement d’une machine. Au final, tout cela donne quelque chose à la fois chatoyant et très sombre, ou clairobscur, comme des taches de couleurs surgissant d’un fond sombre. Toutes ces directions viennent aussi de ce que propose Pasolini en mettant en scène le tableau « Les ménines » de Vélasquez au milieu de la pièce. C’est une sorte de défi intenable, reconstituer une peinture sur scène, qui emporte toute la pièce vers sa propre picturalité, et vers une critique de la représentation.

De toute façon, de l’aveu même de Pasolini,« Calderón » est une pièce «problématique», c’est-à-dire, critique et instable…

La vérité n’est pas dans un seul rêve mais ans un nombre de rêves ! (Pasolini)

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Lazare Gousseau : Dans cette pièce, tout est la réalité. On passe d’un rêve à l’autre , mais c’est essentiellement un procédé rhétorique. Comme le dit Pasolini dans «  Pétrole, »  il est impossible de passer d’un rêve à un autre rêve »

Ca voudrait dire en gros, pour ce que j’en comprends, qu’on ne peut qu’être déniaisé au fur et à mesure de l’expérience.

A moins de vouloir rester aveugle ou niais ( politiquement , existentiellement).Et peut-être que beaucoup le veulent , ceux que Pablo appelle dans la pièce «  les membres normaux »

 CALDERON

Lazare Gousseau : A mon avis, vous ne devriez lire ce texte qu’après voir vu le spectacle. Comme vous voulez.

Personnellement, je pense le contraire. Tous les propos tenus par Lazare Gousseau facilitent notre compréhension.

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GENERIQUE

Dix comédiens formidables qui défendent leurs personnages   avec fureur, acharnement, violence, mais aussi avec des gestuelles qui étonnent et qui font rire…

Voici leurs noms :

Jacques Bruckmann, Pedro Cabanas, Paul Camus, Arnaud Chéron, Lazare Housseau, Alizée Larsimont, Jean-Claude Luçon, Arthur Marbaix, Elena Pérez.

 

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 L’Equipe :

Ecriture : Pier Paolo Pasolini

Mise en scène et texte français : Lazare Gousseau

Dramaturgie : Thibault Taconet

Scénographie : Didier Payen

Assistante à la scénographie : Chloé Jacmotte

Costumes : Raffaëlle Bloch

Lumière : Ledicia Garcia

Musique et enregistrement sonore : Raphaël Parseihian

Assistante à la mise en scène : Nicole Stankiewicz

Régie son : Paola Pisciottano

Régie plateau : Stanislas Drouet

Habilleuse : Nina Juncker

Direction technique : Thomas Vanneste

Chargé de production : Jean-Yves Picalausa.

Production : Rideau de Bruxelles/le bref été/Cave Cane

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CALDERON

Jusqu’au 05/11/16

RIDEAU DE BRUXELLES

Rue Goffart 7 A 1050 Bruxelles

Infos Réservation : 02 / 737 16 01


 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe «  , merci de votre satisfaction à suivre notre blog.

Notre moment de séparation :TUYAUTERIE , une pièce formidable qui obtient un énorme succès là où elle est jouée , ce qui fut encore le cas dernièrement au Grand Festival « Bruxellons ». Elle est interprétée par le couple de l’histoire (vrai couple dans la vie) 

Charlie Dupont et Tania Garbarski.

 Vous pouvez en prendre connaissance en consultant votre blog des  » Feux de la Rampe »

ifusion de cette pièce de théâte ce samedi 29/10à 22h50  sur RTL-TVI.

Coyez-moi, vous ne regretterez pas la vision  de cette pièce de vrai théâtre.

A tout bientôt!

 

Roger Simons

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CYBERCHUTE-CIE DES MUTANTS (LES RICHES-CLAIRES) + (film) « MIDNIGHT IN PARIS »

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe « , bienvenue  en compagnie de drôles de gens…

CYBERCHUTE-CIE DES MUTANTS- (LES RICHES-CLAIRES)

Plusieurs façons de découvrir ce spectacle, à la fois burlesque, déjanté, tonique, excessif, tragique, percutant !

On vogue dans l’imaginaire …

 


 

Ils sont quatre dans une villa, une plage, une rue , un boulevard…Ils jouent à la Playstation. D’autres bavardent sur une plage, Dans la rue où ils s’organisent, s’invente une bulle d’existence contre le reste du monde.

Ils chantent aussi.

Leurs conversations tournent autour de l’actualité, la crise économique le climat, la faim dans le monde…

Ils sont dérangés par un « évènement extraordinaire », il se passe quelque chose d’étrange…

Puis brutalement, il fait nuit noir…Les chaussures ont disparus…Les vêtements sont transformés…

Tout est curieux !

Au départ du spectacle, je ne comprenais pas bien les intentions. Je trouvais cela rigolo, branquignolesque !

 

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OPINIONS DIVERSES (EXTRAITS)

«  Délicieusement iconoclaste ! Entre Marie-Antoinette et une bande de bourgeois dans une villa à Uccle »

(Le Soir -Catherine Makereel)

« Entre cauchemar et réalité ! « Cyberchute » dénonce sous ses aspects délirants, l’accroissement inquiétant de la pauvreté dans le monde ! Tonique !

(La Libre Belgique – Laurence Bertels)

« Les Mutants se sont engagés dans le désir de révolution. Ils jouent les rêves fous qui traversent l’esprit d’un quatuor de clochards. Et cela déjante sans modération en un show trépidant »

(Rue du Théâtre – Michel Voiturier)

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 LES MUTANTS – UNE COMPAGNIE ENGAGEE-

D’une mise en question de ma part sur ce spectacle : de quoi s’agit-il vraiment ? Que viennent faire ces deux gars quasiment déguisés en clown ? Ces deux femmes brindezingues ? C’est complètement con … désuet …

Puis, j’ai bien observé leurs petites tranches de vie et mes pensées ont virés sur un travail tout différent et plein d’intérêt.

DIRK OPSTAELE, LE METTEUR EN SCENE

 

Dirk : Je penche pour un art théâtral élémentaire, artisanal. Cela signifie que le jeu, l’occupation de l’espace , l’intensité de la présence, la précision du mouvement et de l’attitude, bref l’organisation même de l’équipe « en jeu » passe avant tout autre artifice théâtral.

Sans décor, la scène ne vit que par le pouvoir du jeu et de l’imagination des acteurs autant que du public. Aucune autre machinerie ou technique sophistiquée ne vient troubler la simple présence humaine.

En quelque sorte , je ne partage pas cette frénésie de technologie toujours plus novatrice qui caractérise notre siècle et fait un bon en arrière en ne misant que sur l’artiste et la magie de la suggestion..

« Nous sommes faits de la même étoffe que les rêves et notre petite vie est entourée de sommeil ! »

(William Shakespeare)

Tableaux burlesques  parfois comiques, parfois tragiques.

Martine Godart : La mise en scène de Dirk est réglée comme un partition musicale. Rien n’est laissé au hasard !C’est un travail de longue haleine   mais une fois la technique assimilée, les chorégraphies intégrées , reste le plaisir du jeu à l’état pur. Un régal pour les comédiens !

Et pour nous, le public !

DE QUOI PARLE LA PIECE ?

A Vous , à nous de voir la pièce !

Les quatre comédiens sont formidables.

Ils ont noms : Patrick Beckers, Martine Godart , Chloé Perilleux , Fabien Robert.

Régie lumière et son : Patrick Dhooge et Juan Borrego

Montage sonore : Mario Benvenuto , Dirk Opstaele , Nicolas Badot.

Effets spéciaux : Nicolas Badot et Nicole Eeckhout

Costumes et accessoires : Christine Godart

Coach vocal : Martine Kivits Mise en scène : Dirk Opstael

CYBERCHUTE

Jusqu’au 29/10/16

 

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LES RICHES-CLAIRES

Rue des Riches-Claires 24 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 548 25 80

 


 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , merci de votre brillante attention au blog.

Notre moment de séparation :Demain, mardi 25/10/16 à 21h10 sur LA TROIS/RTBF , le film de Woody Allen (comme tous les mardis) « MIDNIGHT IN PARIS » Avec la délicieuse comédienne française , Léa Saydoux.

Syno court : Un écrivain nostalgique hésite centre sa fiancée, contemporaine mais ennuyeuse, et une maîtresse de Picasso qu’il rencontre en remontant le temps…

Je vous laisse en vous souhaitant une bonne soirée.

A tout bientôt.

Roger Simons

 

 

L’ABSENCE DE GUERRE- DAVID HARE-(THEATRE OCEAN NORD )+ (film) MAL DE PIERRES

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe »bienvenue à Vous . Je vous  emmène dans les coulisses d’une pièce sans pitié, au sein d’une campagne électorale.

« Dire la vérité , tout simplement , ce seait magnifique…Mais les mots n’ont pas seulement un sens, ils ont aussi un effet… »

L’ABSENCE DE GUERRE

 Un énorme spectacle ! Un spectacle qui touche la politique de très près.

Je conseille vivement aux futurs spectateurs de prendre connaissance du sujet à seule fin d’être éclairé dans cette affaire gigantesque. 

 « L’Absence de guerre » fait partie de ces pièces qui nous emmènent à l’intérieur de ce qui nous est rarement possible de voir : les coulisses sans pitié d’une campagne électorale où se joue l’avenir d’une société. Écrite par David Hare, prolifique auteur contemporain, cette pièce s’inspire directement de la réalité.

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Le dramaturge a pu accompagner quotidiennement le candidat travailliste, alors donné gagnant, lors des élections législatives de 1992 en Angleterre.

L’écriture est cinématographique, riche, détaillée, permettant ainsi de transporter le spectateur à l’endroit de la conquête du pouvoir, dans un tumulte où s’entrechoquent la destinée d’un homme – le candidat George Jones – et celle d’un Parti de gauche où les valeurs sont en question.

 

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Pour la Schieve Compagnie, le choix de cette pièce s’est fait après deux années de recherches et de résidences autour de la question du pouvoir. Dans cette démarche, « L’Absence de guerre » est venue cristalliser, à travers son histoire shakespearienne, ce qui nous anime et nous questionne : le désenchantement qui règne dans notre rapport à la vie démocratique et à la modernisation de la fonction politique. Les batailles qui se jouent dans la pièce sont plus que jamais d’actualité : que deviennent les valeurs politiques, même les plus sincères, quand elles sont exposées à la machine à broyer électorale ?

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 L’ABSENCE DE GUERRE – HIER –

Fin des années 80. Britannique, David Hare rêve d’écrire un nouveau type de pièce : une fiction nourrie par une vaste enquête de terrain, menée à la faon d’un reportée ou d’un réalisateur de documentaire.

En 1992, il obtient la confiance de Neil Kinnock, leader du Parti Travailliste , et le suit librement pendant plusieurs mois, au fil de sa campagne pour les législatives

David Hare voit tout, entend tout au grand étonnement de l’équipe de Kinnock. Il en rapporte un point de vue imprenable : «  L’Absence de guerre »

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David Hare : Mon coup de chance à mon avis, fut que Kinnock était un grand amateur de théâtre.

Quand je lui ai demandé si je pourrais assister aux réunions stratégiques, dans le but de comprendre une campagne de l’intérieur , il a accepté avec enthousiasme – peut-être trop avec enthousiasme selon certains de ses collègues , qui le voyaient facilement comme naïf et voulaient toujours bondir pour le protéger.

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Neil Kinnock = George Jones

Alors chef du Parti Travailliste, Neil Kinnock(1942) devenu « George Jones » dans la pièce , était donné gagnant lors des élections législatives de 1992. Il perdra pourtant le scrutin, de façon aussi inattendue qu’imprévisible.

David Hare, selon toute vraisemblance, pensait suivre le futur Premier Ministre : l’échec de Kinnock a donné à l’auteur un incroyable point de vue sur une faillite non annoncée.

FRISSONS

Le soir de la première, à Londres, début 1993,l e récit est si proche de la réalité qui vient d ‘avoir lieu (l’échec cuisant du Parti Travailliste) qu’un certain malaise est clairement perceptible.

Dans la salle, un des spectateurs s’appelle Tony Blair, alors un jeune espoir du parti de gauche. Il confiera être ressorti du spectacle en se faisant le serment intérieur que l’histoire de George Jones ne lui arriverait jamais…

Tony Blair sera Premier Ministre du gouvernement anglais de 1997 à 2007.

AUJOURD’HUI

 

Pour la Schieve Compagnie, plonger dans « L’absence de guerre » n’est pas faire œuvre historique.

Le temps passant , le récit de la pièce s’est universalisé. Le destin de George Jones est à même de nous toucher non pas pour ses rapports précis à l’Histoire, mais parce qu’il prophétise la crise actuelle de la gauche et qu’il incarne les paradoxes de l’action politique – des défis épineux qui n’ont fait que s’intensifier en vingt ans.

L’ABSENCE DE GUERRE

Un grand spectacle ! Un spectacle d’ordre politique rarement développé à ce point sur une scène !

Très intéressant ! Excellemment joué par de nombreux comédiens à découvrir ! Une mise en scène formidable, foudroyante ! Des mouvements, violents parfois , dans tous les sens sur le grand plateau d’Océan Nord.

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C’est le jeu des acteurs qui fait l’espace. Le mobilier se transforme au fur et mesure que les acteurs l‘utilisent Tel canapé, posé quelque part , à peine aperçu , voit soudain son luxe définit par le jeu.

Une certaine image du monde de l’illusion.

Une pièce relativement longue, autour de 130 minutes, sans entracte.

Le rythme sur le plateau, les mouvements, l’évolution de l’histoire, le tout empêche le regard de sa montre et fait passer les deux heures sans difficulté.

Je vous conseille de vous procurer le programme complet du spectacle, riche d’enseignement, ainsi que le Journal n° 73   du théâtre où l’on trouve des tonnes de renseignements sur la pièce mais aussi sur les évènements à venir à l’Océan Nord.

 

GENERIQUE

 

L’ABSENCE DE GUERRE

DAVID HARE

Mise en scène : Olivier Boudon

Avec Didier de Neck, Lise Wittamer, Lucas Meister , Guillaume Alexandre, Renaud Garnier Fourniguet, Sophie Maillard, Laurent Staudt , Anne-Marie Loop.

Avec les voix de Marcel Delval , Alexandre Trocki et Lucile Charnier

Scénographie : Olivier Wiame

Lumières : Xavier Lauwers

Son : Laurent Gueuning

Costumes : Carine Diuarte

Traduction : Daniel Benoin

Une production de la Schieve Compagnie .Réalisé avec l’aide du Ministère de la Culture de la FWB –Service du Théâtre.

Avec le soutien de la Commission communautaire française de la Région bruxelloise/Fond d’Acteurs.

Un accueil en résidence au Théâtre Océan Nord.

L’ABSENCE DE GUERRE

Jusqu’au 29 /10/16

THEATRE OCEAN NORD

Rue Vandeweyer 63-65 1030 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 216 75 55

 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , merci pour votre présence.

Notre moment de séparation : Le film de Nicole Garcia dont on parle beaucoup « MAL DE PIERRES »  interprété par Marion Cotillard.

L’HISTOIRE

Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. Ses parents la donnent à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d’elle une femme respectable. Gabrielle dit ne pas l’aimer, se voit enterrée vivante…

(Suite à l’écran)

Nicole Garcia a quitté un jour son métier d’actrice pour se plonger dans celui de réalisatrice.   « Mal de pierre » est son huitième long-métrage. 

Une vraie réussite. A voir dans l’immédiat !

En voici deux courts extraits..

Bonne vision.

A tout bientôt !

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

 

pour                                                                   toujours bondir pour le protéger. »

Neil Kinnoc George Jones

Alors chef du Parti Travailliste, Neil Kinnock1942), devenu « George Jones » dans la pièce, était donné gagnant lors des élections législatives de 1992. Il perdra pourtant le scrutin, de façon aussi

Notre père qui êtes aux cieux,RESTEZ-Y !(CAFE-THEATRE LA SAMARITAINE )+JEAN FERRAT

 

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe « , bienvenue à Vous. En relation cette fois avec Prévert et Ferrat.


 

Je vous ai déjà parlé de ces trois jeunes hommes qui ont imaginé de composer un spectacle en mettant en exerce cet énorme poète du vingtième siècle JACQUES PREVERT.

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Ils vous invitent à (re)découvrir l’univers surréaliste de cet auteur subversif du « Cadavre exquis » dans un cabaret théâtral décalé soutenu de toute l’ironie moqueuse propre à cet agitateur d’idées.

Ils sont tous les trois sur le plateau de la Samaritaine qui, pour la circonstance, est devenu un lieu étrange, plein de mystère,

Deux d’entre eux parlent et racontent Prévert, le troisième joue du banjo, de la guitare, de l’accordéon, de la batterie.

Une lumière glauque rayonne sur eux et crée une ambiance nébuleuse, mystérieuse.


 

 Michaël Sladden , Michel Lauricella , Alexandre Van den Abeele

Eux: Ca vous dit une heure d’aventures théâtrales et musicales autour des textes de Jacques Prévert ?

Mais oui, bien évidemment ! Une idée fantastique mise en action dans ce Café-Théâtre La Samaritaine géré par l’étonnante Huguette Van Dyck.

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Michael : Un spectacle interactif qui vous mumurera l’amour, vous fredonnera le désir « façon french crooner », vous rappera autre chose que les carottes en vous invitant parfois à (re)découvrir autrement la poésie. La Quoi ? La poésie ! On vous la réinvente ! On vous la chuchote, on vous la tartine dans le noir, on l’entremêle, on la valse… Qu’elle soit dialoguée, déclamée, rappée , chantée, dansée.

La poésie sera, dans tous les cas, explosive et réinventée.

Alexandre : Un cabaret dynamique, drôle & inattendu vous attend dans un lieu mythique qui symbolise aussi notre envie de dire et redire nos indignations, nos désirs désenchantés ou joyeux d’artisans du théâtre. 

Et ainsi est né Le Théâtre de l’Obsidienne !

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 Jacques Prévert : 1900 – 1977


INFO D’IMPORTANCE

Tout bientôt, nos trois jeunes hommes sortiront un disque où nous pourrons vivre ou revivre les magnifiques chansons de Jacques Prévert.

 J’ai toujours été un fanatique de Jacques Prévert. Je l’ai souvent programmé dans mes émissions à la RTBF.

J’ai interviewé de nombreux chanteurs qui adoraient la poésie de Prévert.

A travers une multitude de chansons, j’en ai retrouvé plusieurs   avec un plaisir mirifique.


 Les trois jeunes hommes de l’Obsidienne interprètent tous ces textes avec talent, avec maîtrise, avec joie, avec ardeur. C’est jouissif !

Faites comme moi : dirigez vous vers La Samaritaine.

Vous avez jusqu’au 29/10, selon vos libertés.

Comme moi, vous passerez une heure magnifique.

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 Merci et bravo à ces trois jeunes hommes qui s’engagent dans une carrière qui ne pourra être qu’éclatante.

Notre père qui êtes aux cieux , RESTEZ- Y !


Jacques Prévert ; l’auteur de plusieurs recueils de poésie, de livres pour enfants, des ouvrages d’art et de collage, ainsi que des scénarios pour le cinéma, fruits d’un talent hors du commun.  Prévert est sans doute l’auteur le plus vendu de son époque avec plus de 42.000 milles copies vendues de « Paroles ».


GENERIQUE

 Mise en scène : Alexandre Van den Abeele

Régie : Lucas Hoyois

Ave Mikael Sladden, Michel Lauricella , Alexandre Van den Abeele : « Le théâtre de l’obsidienne »

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Jusqu’au 29/10/16

CAFE THEATRE LA SAMARITAINE

Rue de la Samaritaine 16 – 1000 Bruxelles (Sablon)

Infos Réservations : 02 / 511 33 95

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », merci de votre présence et de votre intérêt au blog.

Notre moment de séparation : Ce dimanche 23/10/16, à 22h35 sur France 2 : « Un jour, un destin » Celui de Jean Ferrat, décédé en 2010. Un magazine présenté par l’excellent Laurent Delahousse. Une évocation émotionnelle !

Bon week-end à Vous et à tout bientôt !

Roger Simons

 
 

 

 

DIRE COMBRAY – MARCEL PROUST- MICHEL VOITA (THEATRE DES MARTYRS)+SCHUMANN

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe », bienvenue au blog en compagnie d’un grand comédien à découvrir:  Michel Voïta, à l’occasion de son spectacle sur Marcel Proust.C’est passionnant !

DIRE COMBRAY

Un culot d’acteur ! En l’occurrence Michel Voïta.

Un texte impossible !

« Cher ami, je suis peut-être bouché à l’émeri, mais je ne puis comprendre qu’un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne dans son lit avant de trouver le sommeil. »(L’éditeur Ollendorf à propos de « À la recherche du temps perdu. »)

Michel Voïta : Au début de l’année 2014, on m’a proposé de faire une lecture d’extraits du premier chapitre de Proust. Comme c’est le cas pour bon nombre d’entre nous, le texte de « À la recherche du temps perdu » constituait une culpabilité culturelle. Je ne l’avais pas lu et à chaque fois que j’avais voulu m’y mettre, j’avais renoncé, le livre m’étant tombé des mains et je remettais toujours à plus tard la décision de passer par dessus les premières difficultés de lecture.

Cette demande de lecture était de ce point de vue une opportunité : j’acceptais et je me mis au travail. Et les difficultés commencèrent. Je n’y arrivais pas. Les phrases semblaient sans fin, construites selon un agencement dont la logique et la pertinence m’échappaient. Pire, les nombreuses analyses ou lectures que l’on trouve de ce texte ne m’éclairaient pas plus. Que faire?

Par ailleurs, j’avais expérimenté à de nombreuses reprises dans ma vie de comédien comment un texte qui nous était obscur, voire incompréhensible pendant de longues semaines de travail, devenait pourtant accessible au public dès sa première écoute pour autant que le comédien ait fini par le comprendre réellement, intimement.

Sans cesse, je passais et repassais sur ce texte à voix haute sans cesser de me perdre. Et, un jour, arrivant au passage où le narrateur décrit comment, jeune garçon, il inventait un stratagème pour que Françoise accepte de porter la lettre qu’il venait d’écrire afin que sa mère monte lui dire bonsoir dans sa chambre, l’évidence apparut : il ne fallait pas seulement « dire » ce texte, il fallait le faire mien, le jouer, l’inventer sur le moment même. Il me fallait m’en emparer. Comme n’importe quel rôle. Il était écrit pour cela.

Et, aussitôt que je l’abordais ensuite avec cet état d’esprit, le texte s’ouvrit, se dévoila, se simplifia, les phrases s’emboitaient maintenant logiquement et un cortège d’émotion surgit. Cette direction nouvelle semblait pertinente. Et donc, il fallait l’apprendre. Ce que j’entrepris.

Oserais-je dire que c’était plus facile à dire qu’à faire ? Oui, j’ose.

 –

Et il a osé et son interprétation est géniale, et le mot n’est pas trop fort .

Il nous raconte cette histoire de Proust avec une telle vivacité, un tel allant, une telle ardeur, une telle vitalité que l’on a l’impression d’écouter sa propre histoire vécue.

Nous spectateurs, nous l’écoutons avec délectation .Nous nous délections pendant un peu plus d’une heure.

Le jeu de Michel Voïta est simple, vivant que l’on a l’impression d’écouter sa propre histoire.

Un récit très sobre sans aucun enjolivement.

Il a travaillé longuement pour arriver à ce brillant résultat auquel il ne croyait pas vraiment.

Faire vivre Proust de la sorte, c’est une victoire.

C’est une découverte merveilleuse d’un grand comédien !

Il ne bouge pas une seule seconde. Il nous regarde, enchaîne son récit.

Qui plus est, ce comédien est doté d’une élocution superbe,  devenue rare de nos jours.

On avait tendance à s’éloigner du texte de Marcel Proust.

Grâce à Michel Voïta, on a l’envie de se précipiter dans la première grande librairie et d’ acheter les œuvres de Proust.

 

PAUSE MUSICALE


 

Retour à Marcel Proust par le truchement de Michel Voïta…

EXTRAITS CHOISIS

Michel Voïta :« Le malheur, c’est qu’il faut que les gens soient très malades ou se cassent une jambe pour avoir le temps de lire la Recherche ».

Intervention de Robert Proust (frère de Marcel) à propos de « A la recherche du temps perdu »

Très vite, je décidai de rester sur le premier chapitre, Combray, plutôt que d’aller chercher les passages les plus savoureux dans toute l’œuvre. D’abord, parce que ce premier chapitre n’en manque pas mais surtout parce que, voulant faire de ce spectacle une voie d’entrée pour la lecture de l’œuvre entière, je désirais faire entendre le texte autant que possible dans sa continuité, dans sa durée, dans sa longueur réelle. Malheureusement, la « lecture » intégrale de ce premier chapitre Combray représentant à peu près deux heures, il l’a fallu me résoudre à faire des coupes. Il en est resté trois extraits…

Je ne vais pas vous les révéler, je veux vous en laisser la découverte lorsque vous verrez le spectacle au Théâtre des Martyrs. Une véritable jouissance !

« En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L’ouvrage de l’écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n’eût peut – être pas vu en soi-même. »(Marcel Proust, « Le temps retrouvé »)

 

 

INTERVIEW (EXTRAITS)

– Comment Proust est-il entré dans votre vie ?

Très tardivement… Il faisait partie de ma culpabilité de vacances. Je le prenais toujours avec un polar et, finalement, je ne le lisais pas.

– L’oralité lui convient-elle ?

A ma grande stupéfaction, il est fait pour être dit, ce que je ne pensais pas quand je me suis engagé dans l’aventure. Il y a une émotion que sa phrase longue suppose et qui pousse son narrateur à parler aussi longuement, une jubilation de l’incise, des formes d’humour.

– L’humour y a sa place ?

Bien sûr, surtout dans le deuxième extrait – sur trois en tout. La servante, Françoise, fait rire chaque soir. Mais il y a aussi un humour au second degré qui court tout au long de son écriture.

– Comment est né Dire Combray ?

Vu que j’avais une lecture de Proust à faire, je me suis plongé dans la Recherche. J’ai jugé que c’était impossible. Mais j’ai insisté et l’ai lu à voix haute pendant une journée entière. Sur un passage en particulier, j’ai compris : il ne faut pas le lire, il faut le dire, il faut l’apprendre. J’aurais mieux fait de me casser une jambe, parce que mémoriser cela, c’est une horreur. J’ai décliné la proposition de lecture et Dire Combray est né. J’avais deux objectifs en tête : que les proustiens, cette secte étrange qui communie dans la relecture de l’auteur, puissent être heureux de mon travail. Et que ceux qui n’auraient jamais lu l’œuvre puissent l’entendre sans être déboussolés. Je n’avais pas mesuré ce que ça me demanderait. C’est un spectacle  d’une heure qui me laisse chaque soir totalement lessivé.

– Ce spectacle dédramatise-t-il l’idée de lire Proust ?

Il le rend accessible. Je suis un passeur de textes et, si quelqu’un a envie de le lire, j’aurai l’impression d’avoir fait mon boulot. Mais il y a de grands intellectuels qui, après le spectacle, m’ont avoué ne jamais l’avoir lu.

(Entretiens mêlés de Boris Senff et Katia Berger (La Tribune de Genève)

Michel Voïta : Dire Proust , c’es une folie, mais quel bonheur !

DIRE COMBRAY

Marcel Proust

Michel Voïta, comédien et metteur en scène pour le théâtre, le cinéma et la télévision.

Bravo à lui avec l’espoir de le revoir bientôt.

DIRE COMBRAY

Jeu : Michel Voïta

Régie : Nicola Pavoni & Justine Hautenauve

Co-réalisation : Théâtre Adèle 2 – La Servante

Jusqu’au 29/10/16

COMPLEMENT


 

THEATRE DES MARTYRS

Place des Martyrs 22 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 223 32 08


 

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe » , merci de votre présence.

Notre moment de séparation : Une oeuvre de Robert Schumann que Marcel Proust aimait beaucoup.

Bonne écoute et à tout bientôt.

 

Roger Simons


 

 

 

 

JEAN JEAN ou  » on a pas tous la chance d’être cool  » (THEATRE PETIT VARIA)

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe », bienvenue à Vous.


JEAN JEAN

ou

On a pas tous la chance d’être cool.

THEATRE VARIA (petite salle, rue Gray)

 

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 Ils sont trois : Guillaume Kerbusch , Vincent Van Laethern et

Marie-Charlotte Stokos.

Mis en scène par Valentin Demarcin.

Ils sont étonnants tous les trois . Ils mènent leur spectacle   dans un rythme vertigineux.

En scène , une espèce de tourniquet  qu’ils contournent pour se déplacer…

L’HISTOIRE


 

Son nom , c’est Jean Jean . Dans sa vie , il ne se passe rien et personne ne fait attention à lui. Il essaie tous les trucs pour se faire remarquer mais rien n’y fait. A tel point que parfois il doute qu’il existe.

Il a quand même deux amis : la fille la plus chiante de l’école et le mec le plus cool de l’école, et pour eux des engueulades avec les parents pour des histoires de cœur. Il s’en passe des choses. Mais pour Jean Jean , le calme plat , c’et fini , il a décidé de prendre les choses en main et bientôt tout ça va changer.

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 JEAN JEAN   – CLAIRE – ARTHUR : UN FAMEUX TRIO !

Cette pièce des plus agitée est la nouvelle création de la Compagnie «  Trou de Ver »,  destinée à un public adolescent, mais aussi aux parents de ces ados.

Une pièce créée pour aller dans les écoles.


 

 Trois jeunes acteurs qui chantent , qui jouent, qui s’amusent pour raconter l’histoire d’un jeune en quête d’identité et de reconnaissance de son altérité.

En fait , il s’agit d’un nouveau spectacle pour une nouvelle invitation au débat , mais cette fois sur le culte de la personnalité , de l’image de soi et du besoin d’appartenance ou de reconnaissance ainsi que du besoin de fictionnalisation de nos vies.

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 JEAN JEAN

Personne ne fait attention à lui. Dans sa vie comme à l’école , il ne se passe rien ou pas grand chose .A part quelques discussions , parfois virulentes avec Claire et Arthur.

A part quelques échanges avec ses parents qui débordent d’amour et de compréhension à son égard, sa vie est nulle , chiante et insipide.

Il a beau faire tout et n’importe quoi pour se faire remarquer , rien n’y fait. Quelque chose doit se passer pour qu’il existe enfin aux yeux des autres , mais ce n’est guère ce qui se passe.

Les idées vont fuser , de la plus saugrenue à la plus fantasque, de la plus sombre à la plus lumineuse.

Entre «  cool-attitude » , désarroi , discours , mégalos ou propos autocentrés, Jean Jean est à cet âge de faire peau neuve et de dépasser l’enfance.

Son cheminement est d’autant plus difficile que ses assises narcissiques sont défaillantes et perturbées par ce que les autres lui envoient en écho ou par ce qu’il s’invente des autres.

Cela dit , toutes les séquences surfent sur le comique de situations hautes en couleur.

Le spectacle , rythmé par des chansons , du rap , du slam, fait naviguer sur des eaux miroitantes : là où se reflètent l’image troublée de soi et le regard déformé des autres…

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 SCENOGRAPHIE

Vincent Demarcin (metteur en scène): Une mise en espace quadri frontale qui rappelle le plateau télé ou le ring de boxe. C’est très spectaculaire ! Nous sommes en plein « Jean Jean show »

Comment être la star de son propre show ? Jean est enfermé dans son délire. Il essaie de mettre en scène sa boîte à images. Il joue à l’alchimiste de la vie et essaie d’avoir de l’or dans son quotidien , mais hélas, ça ne marche pas.

Pour figurer les différents espaces , nus utilisons différents codes. Par exemple , pour le chemin du retour , les deux comédiens tournent autour du plateau. IL n’y a aucune représentation réaliste des lieux.

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PAS DE VIDEO MAIS DE LA MUSIQUE

Vincent Demarcin : Oui , la musique qui permet davantage de fixer un univers , de porter les moments de tension. Il y a un ambiance musicale permanente.

La musique n’est pas high tech. Nous n’utilisons pas d’instruments révolutionnaires ou à la pointe Il y a un rap, un slam et une chanson. Nous nous servons d’un simple synthé analogique.

Axel a écrit les textes des rois morceaux. Vincent Van Laethem, l’un des comédiens, et moi-même avons réalisé la composition sonore.

C’est remarquablement manipulé par Guillaume Kerbusch durant tout le spectacle. Et c’est du direct !

A voir dans l’absolu 

GENERIQUE

Avec Guillaume Kerbusch , Marie-Chrlotte Siokos, Vincent Van Laethem

Création sonore : Valentin Demarcin & Vincent Van Laethem

Costumes : Agathe Catteau

Texte : Axel Cornil

Mise en scène : Valentin Demarcin

Un spectacle de la Compagnie Trou de Ver , en partenariat avec le Théâtre Varia et la Maison Jacques Prévert via ART/ Dieppe

Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Service du Théâtre Enfance Jeunesse

Avec le soutien de la Roseraie

Texte publié chez Lansman Editeur

Trou de Ver bénéficie d’un soutien administratif du Théâtre Varia.

Production/ Diffusion   : Mélodie Faure

 

JEAN JEAN ou on a pas tous la chance d’être cool

Jusqu’au 22/10/16

THEATRE PETIT VARIA

Rue Gray 154 1050 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 640 35 50


 

Notre moment de séparation : A  L »ancienne Belgique  » avec Jamie Lidell, chanteur  anglais de néo-soul.

A découvrir ce jeudi 20 octobre à 20h

Je vous laisse.

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

LES DACTYLOS ET LE TIGRE (THEATRE LE BOSON ) + MICHEL LEGRAND

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », bienvenue au blog avec un rock des années 60


 
Place à un auteur américain peu connu.

LES DACTYLOS ET LE TIGRE (THEATRE LE BOSON)

Paul et Sylvia, Ben et Gloria : quatre vies aux antipodes des modèles de réussite sociale d’aujourd’hui. Mais cela ne va pas les empêcher de rêver d’autre horizons, voire de révolutions…

MURRAY SCHISGAL, L’AUTEUR AMERICAIN

On sait très peu de choses sur cet auteur, sinon qu’il a été professeur et qu’il appartient à la génération des jeunes auteurs américains des années 80.

Ses deux pièces « Les Dactylos » et «  Le Tigre » ont été créées à Broadway par Elli Wallach. Elles ont causé une certaine sensation puisque le critique théâtral du «  New York Herald Tribune «  a écrit à propos de leur auteur :  

« Quelqu’un dont l’originalité et l’esprit font paraître vieux jeu l’avant-garde elle-même »

Ces deux pièces qui s’enchaînent ont été d’abord jouées à New-York, puis à Londres dans les années 60 pour aboutir à Paris le 10 octobre 1963 au Théâtre de Lutèce, mises en scène par Laurent Terzieff , et jouées par lui-même et Pascale de Boysson.

Critiques de l’époque :

Une satire qui atteint notre temps (Le Figaro Littéraire)

La pièce la plus drôle de l’année (France-Soir)

L’effet de farce est décuplé (Le Monde)

Une soirée où l’on rit (Arts)…

2016-11/10 LE BOSON

(Le boson est implanté dans le quartier universitaire du Cimetière d’Ixelles. Petit théâtre ouvert deux à trois fois par an au public, c’est aussi un lieu de création théâtrale et de recherche artistique dans le domaine des arts de la scène.)

 

« LES DACTYLOS ET LE TIGRE »

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 Adaptation : Laurent Terzieff 

Mise en scène : Bruno Emsens

Interprétations : Julie Duroisin et Nicolas Luçon.

Beaucoup d’humour des émotions fortes et un regard sans concession sur le monde du travail.

Deux courtes pièces bien différentes !

GENESE DU PROJET

Bruno Emsens découvre « The typists and the tiger » en 2010 lors d’une masterclass donnée par l’acteur américain Larry Silverberg à la Brussels Playhouse. Les deux pièces sont intimistes, drôles et étrangement décalées. Elles sont souvent jouées l’une après l’autre, par les mêmes acteurs.

UN SPECTACLE A DEUX TEMPS

 

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 La pièce se passe dans les années 60.

Un bureau. Deux petites et simples tables métalliques sur lesquelles   se trouvent la « machine à écrire »

Sur chaque table, des piles de cartes de correspondance et un annuaire téléphonique.

Aux tables : Sylvia Payton et Paul Cunningham.(noms des deux personnages)h

Bruno Emsens : Dans un premier temps, nous sommes dans le bureau d’une petite entreprise commerciale. Nous allons à la rencontre de nos illusions. Ce ne seront pas les mêmes selon que l’on est homme ou femme, mais on y tiendra comme à la prunelle de ses yeux, désespérément. Et il ne s’agira pas de rire à ce moment-là, surtout si la réalité s’en mêle, forcément moins brillante.

Ensuite vient le temps de l’analyse. Nous sommes lucides sur nous-mêmes. Les illusions sont perdues, mais on croit y avoir gagné au change. On parle d’amour, beaucoup d’amour, d’amour qui manque ou qui a manqué. De toute façon, on n’en a jamais assez. Alors on se dit que tout n’est pas perdu, qu’il y a quand même de l’espoir, puisqu’il y a de l’amour ! Et les illusions reviennent au galop, mais on les regarde cette fois avec un petit sourire en coin, un peu moins dupe peut-être que d’habitude. Quoique…

 

PAUSE -CHANGEMENT DE PIECE ET DECOR…

 

Deuxième pièce LE TIGRE

Le décor a drôlement changé. Nous sommes dans une petite chambre d’aspect peu engageant, désordonnée.

Au fond, une vieille radio, du linge qui pend, un lit de camp dans lequel s’agite Gloria enveloppée et attachée.

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Bruno Emsens : On a changé de décor, de personnages et d’intrigue. Un homme rentre dans son squat avec une femme ligotée. Ce sera le retour de la nature sauvage et des rapports de force primordiaux. On verra que toute la culture accumulée depuis le début de l’humanité ne sert à rien. Pour survivre, le combat est inévitable : c’est l’autre ou soi. L’autre ce soir-là, c’est elle, Gloria. Capturée, emmenée, déshabillée, elle écoute intensément et se sent curieusement de moins en moins effrayée : elle a perçu quelque chose qui la touche chez cet homme exclu de la société…

 

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C’est très intéressant cette liaison de pièces et de personnages complètement inattendus, différents, autres.

Bruno   Emsens :   Il y a des liens multiples entre ces deux pièces, entre ces personnages écrasés par le monde qui les entoure, entre les relations homme-femme de ces deux situations à la recherche de douceur humaine. Pourtant les chemins de l’une et de l’autre n’aboutissent pas au même endroit, l’une douce-amère et l’autre tragique.

Nous voulons donner à voir, à partager, faire vivre aux spectateurs une expérience forte.

C’est une réussite totale !

C’est une mise en scène imaginative et inventive !

C’est un texte étonnant et drôle !

Chez Murray Schisgal , l’échappée dans l’imaginaire n’est jamais loin de la vérité du personnage, ni de la vérité de la vie : dans sa poésie , l’invraisemblable n’est pas l’autre du réalisme. Il en est la matière même !

C’est une brillante interprétation !

Julie Deroisin, grande comédienne que nous avons eu l’opportunité de voir dans nos théâtres de Bruxelles, et d’applaudir chaleureusement, est à nouveau éclatante dans ses deux personnages diamétralement opposés.

Nicolas Luçon , un jeune comédien sorti diplômé de l’Insas en 2002, compose un personnage curieux , à la fois drôle,   comique même et tout particulier dans sa gestuelle ondoyante et son débit précipité.

Ce qui est surprenant, c’est de voir ces deux acteurs entrer avec facilité dans leurs rôles tellement dissemblable.

Bravo à Bruno Emsens pour sa mise en scène remarquable…et double dans le travail.

Un homme très occupé : journaliste scientifique, critique cinéma, réalisateur de courts… métrages.

Il a créé ce théâtre «  Le Boson « qui a la particularité de monter deux spectacles chaque saison.

LE BOSON, UNE EXPERIENCE INFINIMENT INTIME 

LES DACTYLOS ET LE TIGRE

Générique

Auteur : Murray Schisgal

Adaptation française : Laurent Terzieff

Scénographie : Vincent Bresmal

Lumières : Clément Papin 

Création sonore : Jean-Noel Boisset

Coiffure : Thierry Pommerel

Costumes : Maghet

Régie : Show Up

Avec Julie Duroisin et Nicolas Luçon

Mise en scène : Bruno Emsens

LES DACTYLOS – LE TIGRE

Jusqu’au 29 octobre 2016

LE BOSON

Chaussée de Boondael 1050 Bruxelles

Infos Réservations : 0471/32 86 87

Dernier mot : Prenez vos précautions lorsque vous vous rendrez à ce théâtre, le parking est rare.

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » merci à Vous de suivre avec intérêt  les actualités théâtrales.

DEJA…

Notre moment de séparation : MICHEL LEGRAND & NATALIE DESSAY au Palais des Beaux-Arts le lundi 24/10.

C’est un événement …

Les voici tous les deux.

Je vous laisse en leurs compagnies.

A tout bientôt !

 

Roger Simons

 
 

 

 

 

 

LES VIOLONS DE BRUXELLES (CAFE THEATRE LA SAMARITAINE)+PREVERT,REGIANNI ET WILSON

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe », bienvenue.

Je vous invite à regarder et écouter ces  » VIOLONS DE BRUXELLES »

C’est merveilleux.

A vous les musiciens…


Ils sont quatre sur le plateau de la Sama.

Ils renversent la formule quasi sacrée du légendaire «  Quintet du Hot Club de France. .

Si la contrebasse est bien présente , pour le reste , la donne est carrément inversée : une seule guitare et trois violons.

L’ensemble superbe  ainsi doté d’une véritable dimension polyphonique offre à l’improvisateur un accompagnement subtil et stimulant – harmonique mais aussi rythmique .

D’autre part , les personnalités contrastées des trois violonistes permet l’éclosion d’un kaléidoscope de styles, d’émotions et de swing…

Une vision nouvelle, originale et unique de l’orchestre swing à cordes.

Ils sont tout à fait formidables, uniques et unis ces quatre musiciens !

Ils vivent leurs interprétations, avec ardeur, avec passion.

C’est supérieur ! C’est agréable à écouter.

Vous avez encore ce samedi soir pour vous rendre à la Samaritaine et venir écouter ces musiciens . Ils ont noms : Tcha Limberger qui manipule ses deux violons avec ardeur .

Il chante aussi, une très belle voix. Il rit. Il raconte des histoires. On oublie qu’il est non voyant. On l’aime !

Alexandre Tripodi au violon alto, Renaud Dardenne à la guitare et Sam Gerstmans à la contrebasse.

Ils ont tous les quatre un fameux talent.

Une belle soirée dont il vous faut profiter…

Bravo à Vous quatre « VIOLONS DE BRUXELLES »


 

Un mot encore : à partir du mardi 18/10, à la Samaritaine,  vous pourrez écouter de magnifiques textes de Jacques Prévert.


Ils seront deux en scène : la voix : Michel Sladden et la musique : Michel Lauricella.

Le titre du spectacle : «  «  Notre père qui êtes aux cieux, RESTEZ-Y !

Ce spectacle se tiendra jusqu’au 29/10/16.

CAFE THEATRE LA SAMARITAINE

Rue de la Samaritaine 16 1000   Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 511 33 95 !


 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » merci pour votre présence et votre intérêt au blog. 

Notre moment de séparation : Demain dimanche à 22h50 sur la DEUX RTBF l’émission de Jérôme Colin « Hep Taxi »

Son invité  « LAMBERT WILSON »

A ne pas rater !

Bon week-end à Vous et à tout bientôt !

 

Roger Simons

 

 

 

 

ANGLETERRE ANGLETERRE – AIAT FAYEZ(THEATRE DE POCHE ) + HERGE

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe », bienvenue en Angleterre…

 

Aiat Fayez ( l’auteur)L’Angleterre, c’est l’Eldorado des migrants. Ceux qui viennent de Syrie, d’Irak de Libye, d’Érythrée ou de Somalie et qui débarquent à Calais, l’ont en visu.

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 Aiat Fayeez  :Dans la « Jungle » , je propose  le portrait d’un passeur. Il nous donne à voir sa proposition de all-inclusive où le candidat à l’exil est pris en charge dès les frontières de son pays.

Ce marchand d’espoir vend ce qu’il faut : des bouées de sauvetage, de l’eau, des examens médicaux,  des conseils, des bateaux de fortune, des baskets, un coiffeur « car se couper les cheveux c’est croire au futur »….

Comme le théâtre de Koltès, auquel il nous ramène, mes textes expriment la tragédie du monde.

Et comme les auteurs absurdes dont il pourrait se revendiquer, Fayez le fait avec dérision.

ANGLETERRE, ANGLETERRE

 Mise en scène : Hamadi

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 Hamadi : C’est l’histoire d’un homme qui pratique un métier d’aujourd’hui : passeur. Il vit dans un de ces lieux devenus banals et familiers : la jungle, celle qui fait le siège à l’Eldorado, l’Angleterre.

Nous le surprenons à un moment où il parle sans frein. Son récit est rythmé, incandescent, cynique, direct et totalement assumé. Il nous livre de lui des aspects peu reluisants et fait de nous des voyeurs d’une confession qui le déborde de toutes parts.

Le monde qu’il nous dépeint, sa vie qu’il nous livre, sont à l’image des sociétés occidentales d’aujourd’hui. En cela, c’est un homme de notre époque : tous les ingrédients y sont présents : la consommation comme projet de vie, la possession comme garant d’une réussite, l’irrespect de la vie humaine parce que bien sûr, il est commun et normal d’écraser tout qui s’oppose à votre ascension.

Dans des circonstances particulières, cet homme en apparence « étranger » est la copie conforme de tous les prédateurs, économiquement adeptes d’un capitalisme sauvage et meurtrier et socialement rétrogrades au niveau des valeurs.

Une histoire dure qui nous entraîne dans une des questions majeures de notre époque, celle des exils, des migrations forcées et de leur corollaire à maints égards explosifs : la rencontre de populations d’origines sociales, culturelles et religieuses différentes.

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ANGLETERRE, ANGLETERRE

Hamadi(metteur en scène)

Auteur, comédien, conteur, chanteur et metteur en scène, Hamadi trace un projet singulier de comédien seul en scène. Épopées, contes, mythes et récits sont le terreau de sa création théâtrale. Loin de toute nostalgie, il introduit dans ses spectacles les dérisions nécessaires, les accents de la caricature et de la farce, en écho aux imageries toutes faites venues de nos quotidiens.

Passionné par le spectacle vivant, il a écrit pour le théâtre « Un fils de notre temps », « Les barbares », « Papa est en voyage,…. Il a déjà mis en scène son fils Soufian dans la pièce «  Sans ailes et sans racine »

Interprète : Soufian El Boubsi

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Extrait du texte :

L’homme : – Angleterre, Angleterre. Ce ne sera plus un rêve. Ce sera pour de vrai ! c’est pas merveilleux, ça ? C’est le plus beau cadeau qu’on puisse faire à ses enfants. Un pays en cadeau, qui dit mieux ? Un pays tout neuf. Avec des gens éduqués, de la nourriture certifiée, des médecins expérimentés. Culture, joie, liberté. Vous faites un virement sur mon compte anglais et mon correspondant vous prendra en charge depuis la jungle

Moi, je suis très humain. (…) C’est ma philosophie. Tous égaux face à la chance.
Une fois arrivée dans la jungle, soit on sort les billets et on tente un saut dans un camion, soit on se débrouille mais pas sur mon parking.
5000 pour un passe-droit à tentatives illimitées. 2000 pour une tentative unique. Le tout depuis ma base, le parking du supermarché. (…) Avec un supplément de 500 livres sterlos, il a droit à une série de conseils avisés..
(…) La plupart sont super friqués, pas faut croire, là, avec des vêtements pourris et des gueules sombres, non, je me fais pas rouler dans la farine moi, je connais.
– Je suis fière de toi, mon petit. Fière que tu aides les gens à atteindre leur but.

Soufian El Boubsi , formé à l’Insas , multiplie depuis quinze ans les expériences.

Auteur , comédien et metteur en scène , il travaille autant sur des créations classiques que contemporaines.

Il est l’auteur de plusieurs pièces dont «  Un monde presque parfait » et « Scarlet O’Hara. »

Il enseigne l’art dramatique au Conservatoire de Huy.

Il joue également dans de nombreux films , courts ou long métrages.

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Un tout grand acteur qui fait vivre son personnage avec fureur, violence, acharnement, hors de soi.   ll exprime à haute voix tout ce qu’il ressent.

Isolé quelque peu dans cette pièce quasi abandonnée.

La colère , la souffrance l’entraînent dans un certain délire.

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ANGLETERRE,ANGLETERRE

Une histoire dure qui nous entraine dans une des questions majeure de notre époque, celle des exils , des migrations forcées et de leur corollaire à maints égards explosifs : la rencontre de populations d’origines sociales, culturelles et religieuse différentes.

ANGLETERRE, ANGLETERRE

Une œuvre courte, remarquablement écrite par Aiat Fayez,   excellemment jouée par Soufian El Boubsi, mise en scène avec intelligence par Hamadi.

Une pièce à voir pour sa qualité et l’importance du sujet traité.

C’est d’ailleurs l’ambition du Théâtre de Poche de provoquer la réflexion et le débat.

GENERIQUE

Mise en scène : Hamadi

Lumières : Frédéric Nicaise

Scénographie : Olivier Wiame

Avec Soufian El boubsi

La pièce n’est pas une crise des migrants , c’est une crise d’humanité !

ANGLETERRE, ANGLETERRE

Jusqu’au 29/10/16

THEATRE DE POCHE

Chemin du Gymnase 1 a 1000 Bruxelles

Infos Réservations: 02 / 647 27 26


Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », merci d’avoir suivi le propos du blog.

Notre moment de séparation : HERGE ! Demain vendredi 14/10, à 20h50,un magnifique documentaire sur cet extraordinaire et talentueux dessinateur que fut Georges Remi, mieux connu sous le nom d’Hergé avec ses sensationnels dessins consacrés à Tintin…A voir d’office !

Je vous abandonne pour quelques heures.

A tout bientôt !

Roger Simons