GERARD PHILIPE (2)

 

Le journaliste : Pourquoi faites-vous du théâtre ?

Gérard Philipe : Par vanité. Pour avoir ce grand nom qu’on voit briller le soir en lettres de néon.

Il aimait plaisanter !

 

Octobre de l’année 1943

 

Paris .Théâtre Hébertot. En pleine répétition de l’œuvre de Giraudoux « Sodome et Comorrhe ». Le jeune Gérard se présente à Edwige Feuillère, directrice du Théâtre qui accepte de voir hâtivement le « petit » dont Douking, le metteur en scène, lui a dit qu’il pourrait tenir peut-être le rôle du jardinier. Et la grande dame qui s’apprête à faire l’aumône se décide brusquement à faire mieux ! Gérard Philipe, de tous les acteurs pressentis, est le seul à avoir le regard d’un ange. Il est le seul dont on puisse prédire qu’il sera à l’aise dans les voiles de l’ange sévère et déchiré, annonciateur de malheur. Et le soir de  la première, le 11 octobre, , lorsque monte pour la première fois le timbre de sa voix dont on ne soupçonnait pas qu’elle pût avoir de tels accents tragiques, c’est une véritable révélation.

 

SODOME ET GOMORRHE

 

Maurice Périsset (écrivain français) : Gérard Philipe va jouer la pièce « Sodome et Gomorrhe » de Jean Giraudoux pendant huit mois, brûlant comme la glace, possédé, vulnérable, il capte de toute son intelligence, de toute sa sensibilité cet ange qui, chaque soir, bouleverse des salles combles. Qui n’a pas vu Gérard Philipe dans cette pièce ne l’a pas vraiment connu !

 

Douking (le metteur en scène) : Je me souviens de lui avoir demandé des attitudes et des gestes inspirés des primitifs italiens. Comme je le souhaitais, il parvint sans effort à les styliser sans en perdre la grâce. Le don visible sur la face, il avait l’air de l’ange.

 

Gérard Philipe, dévoré par le théâtre, apprend que l’acteur Henri Rolland, malade, ne pourra pas jouer « Caligula » d’Albert Camus. Il se précipite au Théâtre Hébertot où va se jouer la pièce, accompagné de l’auteur et tous deux arrivent à convaincre le directeur de laisser jouer par Philipe ce rôle qui comptera parmi les plus importants de sa carrière.

 

 

Gérard jouait le rôle du trouvère et chantait dans ce film de Sacha Guitry  « Si Paris nous était  conté » 

 

Maurice Périsset (écrivain français) : Gérard Philipe, une espèce de prodige. Il avait l’âge du rôle, il était mieux et plus que le meilleur des comédiens. Il était Caligula, ce tyran déchiré entre l’appétit du pouvoir et la peur que lui inspire ce pouvoir. Enorme succès de la pièce ! Un long et décisif coup de fouet sur la vie théâtrale parisienne qui avait tendance à s’endormir !

 

Jean-Jacques Gauthier (critique) : Ah ce prodigieux Gérard Philipe ! Son aisance sur une scène, fût-elle en Avignon dans ce merveilleux Palais des Papes, sera toujours pour moi un objet ce stupeur et de ravissement. Il danse, il saute, il bondit, il se roule par terre. Il peut tout se permettre !

Etonnant Gérard Philipe ! Sans effort apparent, à lui seul, il tire d’une immense salle tout ce qu’elle peut avoir de plus pur : son enthousiasme ! Et il le vaut.

 

Georges Wilson (acteur) : Gérard possédait une connaissance exceptionnelle de ses moyens. Il entrait instantanément dans le jeu des éléments extérieurs. En plein air surtout. S’il y avait du vent, il jouait « avec le vent ». Ses réflexes, ses décisions étaient étonnants de rapidité.

 

Henri Pichette : Incarnateur magnifique, il était simple  jusque dans la splendeur.

Ce fut sa manière de miracle.

 

Gérard Philipe, étonnant  comme toujours dans le personnage de Frédéric Arthur de Hombourg  d’Heinrich Von Kleist.

 

La suite, demain…

 

Roger Simons

 

GERARD PHILIPE (1)

 

Il était né un  jour de neige et de tempête, le 4 décembre 1922, à Cannes, luxueuse résidence de la Côte d’Azur, que ses festivals de cinéma allaient, après-guerre, rendre mondialement célèbre…

 

 

SI UN PRINCE M’ETAIT CONTE…

 

…Gérard Philipe disparaissait, à 37 ans, le 25 novembre 1959.

 

Sa  trop brève carrière avait suffi pourtant à marquer profondément le théâtre et le cinéma français de l’après-guerre.

 

A son génie de comédien, son pouvoir de séduction, sa lucidité d’homme présent dans son siècle, s’est ajouté un destin : celui d’incarner pour longtemps une idée forte et vraie de la jeunesse.

(Pierre Lherminier)         

 

GERARD PHILIPE ou LA JEUNESSE FOUDROYEE

 

 

Les grands acteurs de l’écran c’est le cinéma même.

 

A la mémoire du spectateur,  les films essentiels demeurent présents avec le visage, la démarche et la voix de ceux qui en incarnent pour toujours les héros.

 

Ils ont la charge capitale de vivre pour nous ces aventures imaginaires qui appartiennent pourtant  grâce à eux à notre monde quotidien. C’est à eux que le cinéma doit de n’être pas étranger au contraire à la vraie vie, à laquelle il apporte au contraire une part majeure de son intensité…

 

(Lherminier/Editeur/1979)

 

 

 

Au tout début des années 50, je jouais  au Théâtre du Vaudeville.

Un soir, après la représentation je rentrais tranquillement chez moi au Boulevard Anspach quand j’aperçois  un homme jeune, chantant et tapant dans des sacs d’immondices…Je le regarde. C’était Gérard Philipe, en représentation au Théâtre Royal des Galeries pour la pièce d’Alfred Savoir «  Le Figurant de la Gaité »

 

J’aurais voulu lui parler, lui dire tout ce que je ressentais  quand je le voyais  au cinéma.  Je n’ai pas osé le faire, la timidité me tenaillait. 

 

 

 

Le temps a passé. J’ai commencé alors mes grandes rencontres d’acteurs à Paris, les interviewant longuement pour mes émissions à la RTB (le « F » n’existait pas encore).

 

Hélas, je n’ai jamais eu l’occasion de l’interviewer.

 

 

Plus tard, bien plus tard, un jour, au cours de mes  pérégrinations parisiennes,  je me suis rendu rue de Tournon, là où habitait Gérard Philipe. J’avais appris qu’il était malade. Je voulais avoir des informations. J’arrive au numéro 17 et je vois un groupe de personnes fixant les fenêtres de l’immeuble, les  rideaux étaient fermés.

 

J’ai compris bien vite la nouvelle tragique : Gérard Philipe était mort ! Il reposait sereinement dans son costume du Cid !

 

 

Louis Aragon : Perdican est mort. Parce qu’on a pu lui passer l’habit du Cid pour enfin dormir, le Cid ne meurt pas, il vieillit…

 

Pourquoi, de tous ces personnages  insensés de courage ou de perversité, de grandeur ou d’amour, Gérard Philipe restera-t-il désormais pour moi Perdican ? Peut-être que c’est la dernière image vivante, je veux dire au théâtre, et non cette ombre de l’écran, que je garde de lui.

 

(Extrait de l’ouvrage «  Gérard Philipe – Georges Sadoul »  publié chez Lherminier dans la collection  «  le cinéma même »)

 

 

 

LES COURTS ETES ONT UN PRINTEMPS PRECOCE

 

(Shakespeare/Richard II)

 

 

 

Plus de cinquante ans après sa mort survenue le 26 novembre 1959, personne ne l’a oublié, ni le public populaire qui applaudissait « Fanfan la Tulipe », ni ceux qui pleuraient pendant les représentations de « Ruy Blas ».

 

Il s’appelait Gérard Jourdan, né à Cannes le 4 décembre 1922, d’une famille de paysans provençaux par son père et d’artisans chartrains par sa mère. Il voulait être médecin et rêvait de s’installer en Afrique, mais un soir, au cours d’un fête donnée au profit de la Croix Rouge, il a dit un petit texte « Le Poisson Rouge » et les invités se sont empressés de dire à sa mère (Minou pour les intimes) : « Savez-vous que votre grand fils a l’étoffe d’un comédien ? » Le sort était joué !

 

A 23 ans, il était devenu célèbre du jour au lendemain. Il était reconnu comme un grand comédien dès le premier soir où il parla sur une scène.

 

 

Gérard Philipe  dans son interprétation  la plus extraordinaire qu’il soit : Don Rodrigue dans LE CID  de Corneille.

 

La suite, demain…


Roger Simons

 

 

MARILYN MONROE (4)

5.8.1962 : MARILYN

 

 Marilyn, un mythe éternel.

 

Belle, sexy en diable, douée, drôle, telle était la « fausse »  blonde : Norma Jean  Baker.

 

Marilyn : Personne ne m’a jamais dit que j’étais mignonne lorsque j’étais enfant ! On devrait toujours dire aux petites filles qu’elles sont jolies même si ce n’est pas vrai !

 

Quand on lui  faisait  la remarque sur sa  façon de marcher – une démarche des plus provocantes – Marilyn répondait :

« J’ai appris à marcher vers ma dixième année et depuis, j’ai toujours marché comme je marche » …

 

A l’époque,  il existait  plus de 3000 photos  de pin-up girls dont au moins 200 de Marilyn !

 

Quelle ambiance torride le jour où elle a chanté devant des milliers de soldats américains lors de la guerre en Corée !

 

Quelle ambiance surchauffée  au Madison Square Garden de New York lorsqu’elle a chanté, magnifiée dans une superbe robe blanche extra moulée : « Happy Birthday to you Mister President » à l’occasion du 45 ème anniversaire de John Fitzgerald Kennedy.

 

Marilyn  aimait plaire  aux hommes qui se comptaient par millions  sur notre planète pas encore déficiente !

Elle était pulpeuse, voluptueuse avec  toujours ses vêtements moulants, plus que moulants,  ses seins outrecuidants, ses hanches  ondulantes… son petit grain de beauté sur sa joue gauche…

 

Le blanc et le noir lui allaient bien. Mais le rouge vif – sa robe du soir en brocart rouge – rendait fou la gente masculine !

 

Marilyn, malgré elle, était un mythe, un sex-symbol extraordinaire ! Ne disait-on pas : « Marilyn, c’est la fille qui ferait fondre l’Alaska » !

Et Marilyn de rétorquer : «  Je suis femme jusqu’au bout des ongles et j’aime ça »

 

Roy Craft (publiciste) : Son pouvoir de séduction était tel qu’elle serait parvenue à convaincre une quinzaine d’hommes réunis dans une pièce que chacun d’eux était l’unique élu »

 

Marilyn  a connu beaucoup d’hommes  dans sa courte vie,  plein de désirs, prêts à la séduire comme Yves Montand par exemple lorsqu’ils ont tournés ensemble  « Let’s make love » (Le Milliardaire). Mais cela n’était pas vraiment de l’amour,  plutôt des envies  de coucher avec elle.

D’autre l’ont épousé comme Tom  Dougherty, Jo Di Maggio, Arthur Miller …  mais cela finissait toujours par craquer.

 

Norma Jean Baker



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Marilyn avait besoin d’affection  et de protection – cela venait quelque peu  de ses fêlures de jeunesse. Peu lui en ont donné. Elle aurait tant voulu être aimée  sincèrement, totalement…

 

Le grand drame de Marilyn, c’est d’avoir manqué réellement d’amitié petite fille et même adulte.

Elle n’avait personne pour l’écouter, pour l’aider.

A l’école, elle était timide, silencieuse, attentive mais solitaire. Capricieuse mais jamais indécise.

Et toujours, elle a voulu s’instruire. Elle a beaucoup lu, de grands écrivains du reste tels Proust et Rilke !

 

Norma Jean : Je veux beaucoup lire et beaucoup apprendre. Je ne tiens pas à être belle et stupide !

 

Elle a été d’ailleurs élève à la Emerson Junior High School de Weswood Village à NewYork.

Sa vocation artistique s’est éveillée à partir de ce moment-là. Elle avait 13 ans et elle en faisait facilement 18.

Grâce à un vieux sweater emprunté,  qui la moulait déjà étroitement, elle découvrait les possibilités  et surtout les effets de son corps. Elle a alors commencé à se maquiller, à porter des chandails qui provoquaient des petites émeutes à chacune de ses sorties.

La grande star était en train de naître …

 

Marilyn : Je n’ai jamais pensé être une grande actrice. Je me savais  une artiste de second ordre et mon manque de talent était comme des vêtements bon marché que j’aurais portés en moi. Mais  je voulais tant m’améliorer, apprendre, changer…

 

Marilyn Monroe aimait beaucoup le théâtre. Elle aurait voulu jouer le personnage de Grouchenka dans «  Les Frères Karamazov » de  Dostoïevski !

 

Marilyn n’a jamais accordé de l’importance aux  objets de luxe, à l’inverse de son personnage  de Lorelei  dans  « Gentlemen prefer blondes » (Les hommes préfèrent les blondes)  

 

Marilyn : Les boucles d’oreilles étincelantes, tout comme les bracelets et les colliers,  nuisent à la beauté d’une femme.

Et même si je dois porter ces trucs-là, je n’ai pas besoin de les posséder, mon studio m’en prête si besoin.

 

Après son décès, on a estimé la valeur des effets personnels de Marilyn à plus ou moins 690 dollars !

Elle n’avait jamais que 2200 dollars à la banque et 405 dollars en liquide !

 

Marilyn, une belle fille lisse et pulpeuse qui  a appelé la mort à la rescousse la nuit de sa trente-sixième année !

 

La créature modelée par Hollywood, la femme écorchée vive par l’ambition de son propre désir, nous interpelle, nous fascine.

 

Lee Strasberg (directeur artistique  de l’Actor’s Studio) : Marilyn était un mythe. Elle fut la vivante incarnation de ce dont est capable une femme pauvre issue d’un milieu déshérité et, pour tous, le symbole de l’éternel féminin.

Marilyn était un être vibrant, hardi et timide à la fois, sensible, craignant toujours d’être rejeté, mais également avide de vivre, sans cesse préoccupé de s’accomplir.

 

Ado Kyrou (Ecrivain) : Ce samedi 4 août 1962,  Marilyn est rentrée  chez elle, comme chaque soir, dans un somptueux bungalow à Brentwood  (Hollywood) dissimulé derrière des frondaisons épaisses  et où la star s’abrite comme dans le ventre maternel.

La douce, la douloureuse, l’adorable Marilyn qui, ayant réussi sa vie contre vents et marées, contre le monde, sut ne pas rater sa mort, qu’elle a conçue comme un défi.

Dès lors, on pourrait dire que sa mort est un happy end !

 

POU POU PIDOU

 

 

Fin

 

Bientôt : Gérard Philipe

 

Roger Simons

 

 

MARILYN MONROE (3)


5.8.1962 : MARILYN

 

Le « Corps » de Marilyn

 

Marilyn : « Je voulais que l’on me voit nue. J’avais honte des vêtements  que je portais : l’éternelle robe bleue délavée de la pauvreté. Nue, j’étais comme les autres filles… »

 

Ainsi s’exprimait Marilyn Monroe à propos du calendrier rouge…

 

– Un journaliste : « Avez-vous mis quelque chose pour passer devant le photographe ? »

Marilyn : « Oui, la radio. »

– Le Journaliste : « Cela vous gênait de poser nue ? »

Marilyn : « Non, pourquoi ? Le studio était bien chauffé. »

 

Que de critiques  lors  de la sortie  de ce fameux calendrier où l’on voit Marilyn dans le plus simple appareil,  surprise dans son sommeil.

Toutes  les ligues de mémères et toutes les associations de dames à moustaches et ovaires hors d’usage se sont données le mot pour houspiller Marilyn.

A l’une de ces « pudibondes »  personnes qui lui reprochait  d’avoir osé poser nue, sur un tapis rouge, Marilyn – imperturbable a répondu : «  Qu’est-ce à dire ? Vous n’aimez pas le rouge ? »

 


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 Les films de Marilyn

 

J’ai souvent  revu les films tournés par la star que j’ai toujours  aimée et admirée  et  bien trop souvent considérée  comme une comédienne médiocre, uniquement engagée pour son corps. Quelle erreur fondamentale !<BR><BR>

Oui, son corps était magnifique…Mais il y avait aussi  la femme … Mais on voulait l’ignorer…<BR><BR>

 

Marilyn aimait écrire des textes, de beaux textes enrobés d’humour.

 

Marilyn : « Il ne devrait pas y avoir des récepteurs de télévision dans les chambres à coucher… »

 

Dans ses premiers films, ce sont des  silhouettes qui lui sont proposées : une secrétaire qui apporte le courrier, une  jeune copine  en maillot de bain,  une jeune femme qui accompagne son amant au cours d’une soirée, etc…

On flashe sur Marilyn sans plus.

On la découvre mieux dans son cinquième film  « Asphalt Jungle «  (Quand la ville dort) réalisé par John Huston.

Un film coup de poing  dans lequel Marilyn joue la maîtresse d’un avocat connu : Alonzo D.Emmerich (Louis Calhern).

Le public  est attiré par  la séduction naturelle associée à une certaine ingénuité de Marilyn…

 

Marilyn tournera son 28 ème film, son dernier film  achevé  avec John Huston : «The Misfits »  (Les Désaxés)  où elle interprète un rôle  dramatique, Roslyn Tabor,  aux côtés  de monstres sacrés du cinéma de Hollywood : Clark Gable et Montgomery Clift.

 

Roslyn est à Reno dans le Nevada, pour procéder à son divorce.  Elle fait la connaissance d’un  cow boy  d’un certain âge Gay Langland (Gable) et ils tombent immédiatement amoureux l’un de l’autre.

Ce que Roslyn ignore, c’est que cet homme est un professionnel de la capture des chevaux sauvages  pour les revendre et en faire de la nourriture pour chiens. Roslyn parviendra à l’en dissuader.

 

On découvre avec ce film une  comédienne formidable  qui commence ici une nouvelle carrière.

Hélas, deux évènements  bouleversent sa nouvelle vie : la mort de Gable – quelques jours après le tournage des «Misfits » et  son divorce d’avec l’écrivain Arthur Miller…

C’est d’ailleurs Miller qui est l’auteur du scénario !

 

J’ai aussi largement applaudi Marilyn  dans « Gentlemen prefer blondes » (Les hommes préfèrent les blondes) d’Howard Hawks.<BR>

Marilyn interprète  avec un naturel désarmant le personnage d’une jeune danseuse Lorelei, aux côtés de l’époustouflante Jane Russel (Dorothy) et dans ce film, Marilyn joue non seulement la comédie mais elle danse et elle chante. Voix superbe ! <BR><BR>

 

« River of no return » (Rivière sans retour) d’Otto Preminger – Marilyn est une chanteuse de petit cabaret Kay qui fait la connaissance de Matt Calder (Robert Mitchum), elle y est très émouvante.<BR><BR>

 

« Bus stop » (Arrêt d’autobus) .Une réalisation de Joshua Logan dans laquelle Marilyn joue encore une jeune chanteuse dans un bastringue de Phoenix, où elle va rencontrer le jeune cow boy : Bo Decker (Don Murray).

Marilyn confirme ici  et  à nouveau ses dons d’actrice, on peut lui faire confiance.

 

The seven years itch » ( Sept ans de réflexion)  mis en scène par Billy Wilder, avec Tom Ewell dans le rôle de  Richard Sherman … l’homme seul ce soir , qui habite dans le même immeuble  que cette blonde  terriblement sexy  et qui l’invite chez lui pour passer la soirée  et pourquoi pas aller voir un film avec la belle voisine…

Marilyn est drôle et irrésistible. C’est dans ce film qu’on découvre ses jambes magnifiques lorsqu’elle s’arrête au-dessus d’une grille de métro et que valse sa jupe. Un extrait qui a fait le tour du monde !

Drôle aussi quand elle se met à jouer du piano<BR><BR>

 

« The Prince and the showgirl » (Le Prince et la danseuse).

 Marilyn est productrice du film mis en scène par Laurence Olivier. Une rencontre qui n’aurait peut-être pas dû avoir lieu.

Laurence Olivier est  le grand duc Charles , prince régent du royaume de Carpathie qui – présent à Londres pour le couronnement de George V-  invite à souper la danseuse américaine Elsie Marina, une jeune femme un peu naïve mais pas bête du tout.

Marilyn fait face à ce grand acteur anglais avec intelligence. Elle n’a jamais été aussi sûre d’elle. Mais  il n’y aura jamais de tendresse  entre eux deux.

 

Et encore « Some like it hot » » (Certains l’aiment chaud) où Marilyn retrouve le réalisateur Billy Wilder.

Qui n’a pas vu ce film tellement célèbre et extraordinairement drôle avec  Marilyn (joueuse d’ukulélé et chanteuse blonde évaporée, sexy en diable), Jack Lemmon, Tony Curtis, Pat O’brien , George Raft et l’inoubliable Joe Brown dans le personnage  d’Osgood , le vieillard tout particulièrement argenté. C’est lui qui  dit la toute dernière réplique du film, une réplique devenue légendaire, incontournable : Jerry, déguisé en femme et dont Osgood est terriblement amoureux,  lui signifie qu’il est un homme et  Osgood – impassible – de   lui répondre : «  Personne n’est parfait ».

Ils ont tous excellents dans ce film et Marilyn parfaite, d’un drôle piquant, d’une grande justesse de ton qui colle admirablement à son personnage d’une Amérique des années 30. Elle a d’ailleurs reçu un « Golden Globe Award » pour son interprétation exceptionnelle !

Il y a également bien d’autres films que je retiens moins, à l’exception peut-être de « Let’s Make Love » (Le  Milliardaire) de George Cukor, avec en co-star : Yves Montand.

Marilyn est formidable dans le rôle d’Amanda Dell, chanteuse et danseuse. Etourdissante  sensuelle et érotique quand elle danse  et chante : « My heart belongs to Daddy »

 
Marilyn Monroe – My heart belongs to daddy

Sans oublier  « All about Eve » (Eve) de Joseph L. Mankiewicz, avec en vedette l’extraordinaire Bette Davis.

On  ne voit Marilyn  (Miss Caswell) que dans deux courtes  séquences qui se passent  dans la cage d’escalier. Elle  assiste à une réception accompagnée par Addison DeWitt (George Sanders).

Une  présence capiteuse qui accroche  notre regard d’homme !

 

Admirable « Marilyn malgré elle » dont on a  encore l’occasion de la retrouver  dans quelques séquences du film de George Cukor «  Something’s Got to Give »  où elle partage l’affiche avec Dean Martin et Cyd Charisse .Vingt-neuvième film de Marilyn non achevé.

Plus tard,  les séquences où joue Marilyn seront injectées  dans le film reconstitué. Un film vraiment sans intérêt si ce n’est de revoir la star, hélas disparue !

 

POU POU PIDOU

 

Demain la suite…

 

 

MARILYN MONROE (2)

5.8.1962 : MARILYN

 

Naissance et jeunesse de Marilyn

 

« Monroe » fut le nom d’un président des USA…

« Monroe »  fut également le nom de jeune fille de la mère de Marilyn.

« Marilyn » est le prénom d’une star des « Ziegfeld-Follies » » qui s’appelait Marilyn Miller.

Et c’est  Ben Lyon,  ex comédien de Hollywood, devenu producteur réalisateur au cinéma, qui a eu l’idée de donner son nom à Norma Jean Mortensen.

 

On a raconté beaucoup de choses sur Marilyn, et parfois n’importe quoi comme cela se passe encore de nos jours  avec les stars américaines ou même françaises.

Ben Lyon a donc prétendu avoir donné son nom  de Mortensen à Marilyn.

Mais on peut lire ailleurs que Marilyn était la fille de Martin Edward Mortensen – émigré norvégien qui avait épousé Gladys Pearl Monroe Baker le 11/10/1924 à Los Angeles.

Marilyn est née Norma Jean Mortensen à 9h30 du matin le premier juin 1926 dans la salle de charité du Los Angeles General Hospital…

 

Norma Jean Baker a eu une jeunesse très malheureuse. Sa mère Gladys, monteuse de films à la RKO, l’avait confiée à des parents nourriciers.

A 7 ans, sa mère avait voulu la reprendre souhaitant vivre avec sa fille. Mais ce fut  pour un très court temps car  elle  devait être hospitalisée dans un asile psychiatrique.

A partir de ce jour-là, Norma a connu plusieurs foyers nourriciers pour être envoyée finalement à l’orphelinat.

 

Du côté maternel (elle ne connaissait pas son père), ils furent tous plus ou moins fous : sa  mère, ses grands parents, un frère de sa mère s’était suicidé…

Marilyn avait d’ailleurs déclaré par la suite que sa grand- mère avait voulu l’étouffer sous l’oreiller.

Mais est-ce que Marilyn  disait la vérité ?

 Souvent, lorsqu’elle était interviewée, elle noircissait sa jeunesse en lui donnant des proportions vraiment  excessives, tragiques.

 

De l’orphelinat où on l’avait placée, elle voyait briller  les lettres des studios de la R.K.O,  là où sa mère avait été monteuse.

 

Marilyn aimait le cinéma et un jour, elle avait essayé de placer ses pieds – elle n’avait jamais que huit ans – au fameux Graman’s Chinese Theatre à Hollywood, là où l’on peut voir les empreintes de toutes les grandes stars du cinéma américain.

Mais la petite Norma Jean n’y était jamais parvenue  elle avait des souliers trop grands. Ses cheveux étaient platines. On l’appelait «  tête d’étoupe » ou encore « la souris ».

 

A 9 ans, elle en paraissait 14. Sa taille : 1 mètres 63. Elle  est restée très maigre jusqu’à  ses 11 ans.

Elle était considérée par  toutes les familles qui l’accueillaient comme une enfant facile et très gentille.  

Elle aimait la solitude de sa chambre et la nuit, elle se jouait les personnages qu’elle avait vus à l’écran.

Pouvait-elle alors imaginer qu’elle allait devenir – seulement quelques années plus tard – la plus grande star du cinéma mondial ! Hélas, toujours avec cette étiquette : « sexy ».

 

Marilyn : Je suis un corps dont la vue excite les hommes ! Je dois m’en tenir là. C’est une folie d’imaginer que je ne pourrais jamais faire autre chose.

 


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La vie de Marilyn

 

Marilyn, née sous le signe  astrologique « gémeaux », avait un caractère à double tranchant.  Un jour : heureuse, fascinante, adorable, généreuse, pleine de vie, d’enthousiasme et de joie…

Le lendemain : triste, froide, craintive, pleine de terreur, désagréable…

 

Elle pouvait boire jusqu’à vingt tasses de café par jour !

Il fallait vivre à son rythme. Elle n’avait jamais résolu  le problème du temps. Elle téléphonait à 3 heures du matin depuis la Californie à ses amis de New York pour leur souhaiter un joyeux  anniversaire. Le GSM n’existait pas encore ! Elle oubliait les décalages  horaires entre Los Angeles et New York.  Elle avait besoin d’appeler !

Ses appels remplissaient son temps dans le cauchemar de la solitude, même étant devenue la grande vedette mondiale, adulée  partout sur notre planète, désirée par des millions d’hommes …

 

« Adulée », oui …  « Désirée », oui… Mais « AIMEE » dans le sens plein du mot ?  Je ne le crois pas à l’exception de Joe Di Maggio  et Arthur Miller, deux de ses maris !

 

Marilyn : Jamais un homme aux dents trop bien rangées ne m’a attirée. En vérité, les sourires de publicité pour  dentifrice m’ont toujours déplu. Je ne sais pas pourquoi, mais ça doit être à cause des hommes  à dentition parfaite que j’ai connu…

 

Marilyn ne s’occupait pas du standing d’une star. Elle dépensait par contre  des milliers de dollars pour le téléphone.

 

Marilyn : On peut toujours en savoir plus en parlant aux gens qu’en leur écrivant. Et de plus, je n’aime pas écrire !

 

Et cependant, elle avait une belle plume Marilyn lorsqu’elle écrivait ses poèmes…

 

« J’ai quitté ma maison de bois vert et rugueux

« Un lit de velours bleu

« Et je rêve maintenant

« D’un buisson vert foncé qui brillait

« Tout de suite à gauche de la porte

« Descendant l’allée

« Clickity clac

« Dans sa voiture ma poupée

« Franchit les crevasses

« Nous partirons très loin

« Ne pleure pas ma poupée

« Ne pleure pas

« Je te prendrai dans mes bras et te bercerai

« Jusqu’à ce que tu t’endormes

« Chut, chut, maintenant, je fais  semblant

« De n’être pas ta mère qui mourut…

(Poème de Marilyn Monroe)

 

Marilyn : « De temps en temps, je vais rimant. Mais ne retenez pas cela contre moi. Ah ! Baste! Au diable si je ne suis pas capable de vendre ce que je veux dire…C’est ça qui me soucie.

Beautés corrompues, désirs corrompus, leurs pensées rejetées avant que je ne meure et pense avec de l’encre… »

 

Un texte  significatif  de Marilyn Monroe.

 

Le destin tragique qui a frappé Marilyn est resté présent en moi.

J’ai lu et continue à lire beaucoup d’ouvrages qui sont consacrés à celle baptisée : «  La Princesse de Hollywood »  ou «  Miss Golden Dreams » ou « Hollywood l’avait faite, Hollywood l’a tuée », «  La Show-Girl » ou plus  simplement : «  Une petite fille nommée Norma Jean »

 

Des livres publiés un peu partout dans le monde  dont le Japon !  Et ces  publications continuent encore  actuellement évoquant celle qu’on appelait simplement :  « Le Corps »

 

POU POU PIDOU

 

 

Demain la suite…

 

Roger Simons

 

 

 

 

MARILYN MONROE (1)

La plupart des Théâtres de Bruxelles ont baissé le rideau rouge en signe de vacances pour quelques jours.

Du coup,  je vous propose un feuilleton durant cette quinzaine, en remplacement de mes chroniques théâtrales.

Les spectacles reprendront  à partir du 16 avril.

Relâche sur  la scène !

Flashback dans ma mémoire 

GERARD PHILIPE , un comédien d’exception

MARILYN MONROE,  une icône à travers la planète

Deux stars  qui sont restées vivaces dans notre mémoire.


Dans notre imaginaire,  la voix de Marilyn troublante et sensuelle…


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Pier Polo Pasolini : « Mais tu étais toujours une enfant, sotte comme l’antiquité, cruelle comme le futur.

Ta beauté, qui a survécu au monde antique, réclamée par le monde futur, possédée par le monde présent, devint un mal mortel… »

(Extrait de «  La Rage »  1963  – publié  dans l’ouvrage   « Fragments » – Editions Le seuil)

 

5. 8. 1962 : MARILYN

 

Cinquante et un ans déjà !

Je veux rendre un hommage à cette star  connue dans le monde entier.

Une femme que j’ai toujours admirée.

Une comédienne que j’ai toujours appréciée dans ses films.

 

1.  La mort de Marilyn       

 

Cinq août 1962.  Sept heures du matin.  Je me réveille  comme à l’habitude et je clique  sur ma radio pour connaître les dernières informations sur ce qui se passe sur notre planète.

 

Los Angeles. Sept heures dix. Une radio locale.

 

Le Journaliste : Marilyn Monroe est morte à 3h40, heure locale, d’une surdose de barbituriques.

 Une autre radio : Frénésie  des fans de Marilyn Monroe qui fut le phénomène hollywoodien jamais égalé dans  l’Histoire du cinéma mondial.

 

Et quelques instants plus tard, les gazettes  américaines  y vont bon train en imprimant en première page : « Une midinette devenue princesse »…

«  Le bond que fit Marilyn Monroe d’un orphelinat à la célébrité mondiale »…

« La vedette la plus populaire que l’industrie cinématographique ait jamais connu. Marilyn a emporté le cœur de millions de spectateurs »…

 

Et ces nouvelles lancées  par les médias de l’époque vont faire le tour du monde  en quelques minutes…

 

Huit août 1962. Los Angeles. Californie. Sur Sunset Boulevard, la morgue du Comté.

L’autopsie terminée, une grande étiquette est placée autour de l’orteil du pied droit avec ces mots :  

« Nom : Marilyn Monroe

« Date : 08/08/62

« Dossier : 81.128

« Sexe : Féminin.

 

C’est ce matin-là du mois d’août 1962 que cette incroyable nouvelle était parvenue dans le monde entier , éclipsant à la une des journaux , des radios et des télévisions  les remous de la politique algérienne et l’annonce  des nouveaux essais nucléaires soviétiques : Marilyn  Monroe , la plus belle fille du monde , le symbole de la sexualité , «  le corps » comme on l’appelait  , venait de se suicider en absorbant une dose massive de Nembutal , un barbiturique dont elle usait souvent pour combattre ses insomnies trop fréquentes.

 

Beaucoup d’anomalies dans les rapports médicaux établis sur la mort de Marilyn. Une mort suspecte !  Beaucoup de faits contradictoires !

 

Il a été dit que Marilyn Monroe  était morte d’une ingestion excessive de somnifères bien qu’on n’ait jamais trouvé de traces de barbituriques dans son estomac.

Elle aurait dû absorber 40 à 50 capsules pour arriver au taux des barbituriques présents  dans le sang et forcément, cette quantité de pilules aurait laissé des traces.

Or, aucune ingestion n’a été relevée sur le corps de  la star. On peut donc s’interroger :

LA MORT EST- ELLE DUE A UN SUICIDE OU A UN MEURTRE ? … OU A UN ACCIDENT ?

Le mystère était complet  en 1962.

Depuis bientôt 50 ans, les mêmes questions restent posées sans trouver de réponse. 

 

Robert Slatzer  (écrivain et ami de Marilyn) rapporte dans son ouvrage consacré à Marilyn le fait suivant :

La gouvernante de la star, Mrs Murray, a d’abord déclaré qu’au petit matin, elle aperçu de la lumière dans la chambre de Marilyn. Inquiète, elle avait frappé à la porte et n’avait obtenu aucune réponse. Mrs Murray l’avait alors aperçue par la fenêtre : LE CORPS DE MARILYN ETAIT COUCHE PAR TERRE.

 

Deux ans plus tard, la même Mrs Murray déclarait que vers  trois heures du matin, prise d’inquiétude, elle était partie chez Marilyn. Elle l’avait vue sur son lit, les bras tendus et la main tombant sur l’un des téléphones.      

LE CORPS  DE MARILYN ETAIT-IL SUR LE LIT OU PAR TERRE ?

 

Et en 1973,  donc 11 ans plus tard, Robert Slatzer  apprend que les deux versions de Mrs Murray étaient totalement inventées.  Cette dernière  révèle alors la véritable version de la tragédie :

« Marilyn était couchée sur le lit, nue, allongée sur le ventre, en travers du lit SUR LE TELEPHONE

Donc, LE  TELEPHONE N’ETAIT PAS CRISPE DANS SA MAIN …

 

Des appels téléphoniques longues distances données par Marilyn avaient été contactée par Robert Kennedy !

A QUI MARILYN AVAIT- ELLE PARLE TANT DE FOIS ET SI LONGTEMPS DURANT LES DERNIERS MOIS ?  A JOHN KENNEDY ? A ROBERT KENNEDY ?

 

Le mystère restait total et le reste encore aujourd’hui…

 

Marilyn : « Au secours, au secours, au secours car je sens que la vie se rapproche quand tout ce que je veux au monde c’est mourir… »

 

Pendant le  tournage de l’un de ses premiers films  « Ladies of the chorus » (1948), elle avait  remarqué que  beaucoup de grands comédiens absorbaient des médicaments dangereux pour soigner leurs dépressions nerveuses. Elle avait dit : « Si jamais j’ai la chance de devenir un jour une grande vedette comme eux, pourquoi serai-je assez bête pour en finir avec une boîte de somnifères ?

 

Marilyn : …tu dois souffrir – de la perte de ton or sombre quand ta couverture de feuilles déjà mortes te quitte. Fort et nu tu dois être – vivant quand tu regardes la mot droit devant penché sous le vent Et porter la souffrance et la joie du nouveau dans tes membres. Solitude – sois calme…

 

(Poème écrit par Marilyn Monroe, publié dans l’ouvrage  « FRAGMENTS  – M.MONROE »  – Editions du Seuil)

 

POU POU PIDOU

 

La suite : demain…

 

Roger Simons