LE MEC DE LA TOMBE D’A COTE

 

 

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KATARINA MAZETTI

 

Florence Crick : C’est l’histoire d’une rencontre amoureuse, un coup de foudre, «un pont d’étoiles, du soleil, un arc -en ciel » qui jaillissent et font vibrer les deux personnages de la Tombe d’à côté. Une pierre un peu rugueuse, une pierre légère et poreuse, perméable à l’amour, même si la mort est passée par là et a ravi, à la petite bibliothécaire romantique que j’interprète, et à l’agriculteur un peu bourru que joue Guy, un mari et une mère…

 

Elle, Daphné (39 ans) a perdu son mari.

Lui, Jean-Marie (45 ans) a perdu sa mère.

 

Un coup de foudre qui va aller dans tous les sens durant une heure trente.

 

THEATRE LE PUBLIC

(Salle des voûtes)

 

Daphné : J’ai vu le mec de la tombe d’à côté. Il trimballait des nouvelles plantes et des engrais. Il dégage cette  fierté propre aux agriculteurs  du dimanche, comme si la tombe était son jardin ouvrier.

La dernière fois, il s’est assis à côté de moi sur le banc, et il m’a observée du coin de l’œil, mais sans rien dire.

Il a une casquette, il a une drôle d’odeur, et il a seulement quatre doigts à la main gauche

 

Jean-Marie: Putain, je ne peux pas la blairer ! J’peux vraiment pas la blairer !

Pourquoi elle reste assise là ? J’ai l’habitude de me poser sur ce banc après l’entretien de la tombe, pour reprendre le fil de mes pensées…

 

Michelangelo Marchese (metteur en scène) : Nous sommes les témoins privilégiés de leurs pulsions, toujours avec un coup d’avance sur eux.

Nous sommes en prise directe avec leurs contradictions ; les mécanismes de la passion naissante sont mises à nu.

Les quelques dialogues savoureux, explosifs, font monter les enjeux d’un choc charnel plus qu’amoureux dont ils seront les  premiers surpris, dont nous serons les complices.

 

Cette pièce provient d’une adaptation d’un roman suédois du même nom. L’auteur de ce roman : Katarina Mazetti, née à Stockholm.

Elle a été un véritable événement littéraire dans plusieurs pays européens : Russie, Allemagne, Canada, France où elle a été nommée pour le Prix  Cévennes en 2007.

 

LE MEC DE LA TOMBE D’A COTE

Mise en scène : Michelangelo Marchese

 

Une histoire d’amour entre un homme et une femme, deux êtres qui n’avaient pas à se rencontrer.

Elle qui s’intéresse au philosophe Schopenhauer !

Lui qui vit pour  ses 25 vaches !

Un monde de différence…

La question posée : Vont-ils pouvoir s’entendre ces deux-là ?

Elle : entrer dans le milieu de cet homme ?

Lui : s’intégrer  à une femme de culture ?

Comment  vont-ils pouvoir vivre cet amour ?

 

Le texte est remarquable, vrai, simple, vivant, direct !

Le découpage du texte, original.

C’est une espèce  de « monologues croisés » à travers toute la durée de la pièce. Ils disent chacun, tout haut, ce qu’ils pensent tout bas, chose qui nous arrive à tous !

En fait, il y a peu de dialogues.

Magnifique !

 

Et puis, il y a les deux acteurs, superbes, tellement vrais dans  le ton et leurs phrasés. Je dirais même qu’ils ne jouent pas : Ils sont Daphné et Jean-Marie. Ils font preuve d’une complicité tout à fait extraordinaire. Ils sont à la fois drôles et émouvants.

Nous, spectateurs, partageons leurs sentiments, leur bonheur, leur désespoir, leur allant…

Et puis, ils sont terriblement sympathiques.

Et puis nous, dans la salle, palpitons à leurs réactions, leurs crises, leur tendresse, leurs désirs charnels…

 

Un énorme coup de chapeau à tous deux :

 

FLORENCE CRICK  —  GUY THEUNISSEN

 

Deus grands talents qui s’affrontent !

 

Florence Crick  est infirmière de son métier –elle travaille à Bordet.

Une jeune femme – en rapport constant avec de grands malades atteints d’un cancer. Elle s’évade parfois pour faire l’actrice.

 

Florence Crick : Oui, je quitte un moment la lourdeur de mon métier, la rigueur hospitalière, la douleur, la mort. Et je joue l’amour au théâtre. Cela me permet de respirer ! Des bouffées d’oxygène qui me sont indispensables.

 

Guy Theunissen : Croyez-moi, c’est merveilleux de « jouer l’amour » – comme vous l’a dit Florence.

C’est une incroyable partenaire. Et jouer l’amour avec elle, c’est  fabuleux.  Chaque soir, nous vivons nos personnages avec délectation.

 

Guy Theunissen est d’une authenticité saisissante dans son personnage de Jean-Marie.  Plus vrai que nature !

 

Guy Theunisssen : Pour être tout à fait sincère, je connais un peu ce milieu de l’agriculture, un milieu et des gens que j’admire, que j’aime beaucoup et que je respecte.

 

LE MEC DE LA TOMBE D’A COTE

 

Michelangelo  Marchese (metteur en scène) : Leurs personnages se sont établis, construits au fur et à mesure des répétitions. Dans le plaisir  de faire un  bon spectacle tout en chaleur humaine. J’ai voulu mettre en exergue leurs personnalités de femme et d’homme. Ils sont magnifiques tous les deux !

 

Coup de chapeau également à ce brillant et jeune metteur en scène ! C’est un art que de faire simple !

 

Mijanou Loosen (chroniqueuse) : Une idylle improbable entre un cultivateur et une intello, qui ne pouvaient que se rencontrer dans un cimetière, un des rares lieux de mixité sociale.

Tout les sépare : vaches, versus, livres, football, versus théâtre… mais il y a l’union des corps dans un grand érotisme partagé et l’union des cœurs au sein d’une belle tendresse commune.

Jusqu’à quand tiendront-ils le coup ? Ils sont si attendrissants tous les deux lui surtout !

 

Le public est subjugué par cette histoire et voudrait que cela marche !

A un moment, ‘Lui’ nous livre sa pensée inquiète : « Restera-t-elle pour la nuit ? » Une spectatrice emportée par son enthousiasme intervient spontanément et dit « Oui ! ». Rire dans la salle, bien sûr ! Et, en tout cas, cette nuit-là, elle est restée ! Plus tard, les choses se compliquent, bien évidemment.

Un petit étonnement de ma part : généralement les agriculteurs ou fermiers décrits en littérature ou en sociologie sont plus introvertis, moins bavards… notre spécimen est plus expansif que la majorité silencieuse. Tant mieux pour la saveur du jeu du comédien !

 

Cette pièce m’évoque le livre de Benoîte Groult « Les vaisseaux du cœur » qui raconte également une longue histoire d’amour entre une universitaire parisienne et un marin breton.

Un très beau sujet d’interrogation, de réflexion. Et ici, au Public, une magnifique interprétation des deux comédiens. Pas de doute, on les aime ces quatre-là ! … les deux acteurs… et les deux personnages !

 

 

Moi, cette pièce m’évoque ce film que j’adore : «  Je vous trouve très beau » avec Michel Blanc, lui aussi qui interprétait avec talent l’agriculteur Et cette jeune roumaine  dont le nom m’échappe !

 

Une scénographie dépouillée  si j’ose dire : un bloc rectangulaire qui représente un banc.

 C’est simple, c’est tout, que faut-il de plus ?

 

Des « mecs » comme ça, et une femme comme ça, nous en voulons bien tous les jours…

 

LE MEC DE LA TOMBE D’A COTE

Reprise d’un énorme succès  public  en 2010.

Une création et production du Théâtre Le Public.

 

(Du 08/01 au 02/02/2013  – du mardi au samedi à 20h30

Infos Réservations : 0800 / 944 44)

 

(Avec des extraits de la pièce et de propos publiés dans le programme du théâtre)

 

Roger  Simons

 

SERPENTS A SORNETTES

SERPENTS, photo 8 - crédit Alice Piemme.jpg 

(Théâtre de la place des Martyrs)

 

Une pièce  de Jean-Marie Piemme est toujours particulière !

Une mise en scène de Philippe Sireuil , elle aussi,  est toujours d’une conception particulière.

Les personnages  imaginés par Jean-Marie Piemme sortent  également du commun :

Le Tailleur, l’Intendant de Dieu, la gamine du Tailleur, Mamie Huguette, la mère du Tailleur.

Un improbable quartette assez délirant que nous propose l’auteur.

 

Quatre comédiens pas  improbables du tout qui se « taillent » un beau rôle :

Yoann Blanc : le Tailleur

Edwige Baily : la gamine

Anne Sylvain : Mamie Huguette

Alexandre Trocki : l’Intendant de Dieu et … en voix off

Philippe Résimont pour la voix de Dieu !

 

Il y a du Don Camillo  et  du Monty Python dans cette pièce qui nous fait rire ! Mille rires et pas n’importe lesquels !

Il y a des tas de sujets à percevoir au premier degré ou au second.

La religion catholique est présente  sous la plume grinçante de l’auteur.

 

Jean-Marie Piemme : C’est mon  troisième opus de la vis comica  que j’ai tenté de porter à la scène – avec la complicité de Philippe Sireuil – après  « Toréadors » et   « Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis »

 

Philippe Sireuil(metteur en scène) : On retrouve dans cette pièce le  même goût du paradoxe,  même férocité opportune, même joie d’un théâtre pugnace, même irrévérence , même espièglerie salvatrice devant « la part de bêtise que les actes d’allégeance exigent de nous » écrit Jean-Marie. !

 

Cette pièce fourmille de séquences  burlesques : entreprise en déroute, facture impayée, paiement au noir, dessous de table,  voyage aux frais de la princesse – en l’occurrence ici c’est la vierge marie.

 

Jean-Marie Piemme conduit ses personnages vers une sacristie poussiéreuse à Jérusalem, mais aussi dans un engrenage inexorable, inattendu.

Leur rencontre avec le Seigneur ne se passera pas comme prévu…

 

Philippe Sireuil (metteur en scène) : Des personnages dans lesquels on identifie immédiatement Jean-Marie : Gamine (qui ne jure que par Kurt Cobain), aux mirages de la foi , Mamie Huguette (qui déplore la religion spectacle) à la demande de canonisation , le Tailleur( qui a baptisé son dernier fils Noël) aux simonies en tout genre et l’Intendant de Dieu(qui voudrait promouvoir l’hostie bio) à la colère céleste !

Le tout dans une langue tonique et joyeuse !

 

Les quatre comédiens  entrent impeccablement  dans leurs personnages et les font évoluer avec énergie, drôlerie et talent.

 

PhilippeSireuil  s’est chargé non seulement de la mise en scène mais aussi du décor et des lumières et tout cela, selon ses habitudes.

Costumes : Catherine Somers

Maquillages : Zaza Da Fonseca

Décor sonore : Lorenzo Chiandotto

 

SERPENT A SORNETTES  se joue jusqu’au 2 février – les mardis à 19h, du mercredi au samedi à 20h15.

 

Infos Réservation : 02 / 223 32 08

 

IMPORTANT :

 

A noter  le 26 janvier  de 11h à 18 h au Théâtre de la place des Martyrs : « Melting Piemme » avec la participation  d’une quarantaine d’acteurs et actrices qui liront des œuvres théâtrales  inédites de Jean-Marie Piemme.

Intéressantes découvertes de textes  mis en exergue par nos comédiens.

Entrée libre et gratuite !

 

A voir également au sein du Théâtre  une magnifique exposition :

 

LES MASQUES D’UNE PLUME

 

où l’on découvre des portraits de Jean-Marie Piemme , accompagnés de légendes,  réalisés par Alice Piemme.

Passionnant !

 

On dit de lui que c’est un imposteur ! Méfiez-vous, cet imprécateur-là est le roi de la sornette.

On dit qu’il écrit des pièces. Mais n’est-ce pas encore une ruse du serpent ?

 

Jean-Marie Piemme.

 

SERPENTS A SORNETTES : L’éclat de rire de la saison aux Martyrs !

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

LA SERVA AMOROSA

 

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Venise,  25 février 1707  naît  Carlo Goldoni qui allait drôlement faire parler de lui comme étant un grand écrivain et un magnifique dramaturge.

 

Tout jeune, son bon naturel s’épanouit dans une maison bourgeoise de Venise, au milieu d’une grande famille heureuse et joyeuse : avec un grand-père qui fait donner des spectacles et des opéras à la maison, un père qui l’amuse avec un petit théâtre de marionnettes qu’ il avait fabriqué lui-même.

Le théâtre commence à entrer chez Carlo.

Ainsi à 9 ans,  il part au collège à Pérouse où il va   écrire  et jouer sa première pièce.


 

Il poursuit ses études dans différentes villes d’Italie, à cause des déplacements de son père médecin, mais aussi et surtout au gré des ses fantaisies de jeune homme passionné de spectacles et de comédies.

 

A Rimini, au lieu des Barbara, des Baralipton, des enthymèmes qui lui rompaient la tête, il se délectait à la lecture d’Aristophane, Plaute et Térence.

 

Et il n’hésite pas à suivre une troupe de théâtre dont les jeunes comédiennes le persuadent de faire le voyage de Rimini à Chioggia

 

« Avec nous, dans notre barque, on joue, on rit, on chante, on s’amuse. »

 

Trois jours de voyage… à 14 ans, Goldoni vit une étonnante symbiose du théâtre et des joies de la vie qu’il n’oubliera jamais…

 

Goldoni va présenter sa première  œuvre, une tragédie : « Amasunta » qui n’obtiendra qu’un petit succès.

Mais il persévérera et  deviendra une star de la littérature théâtrale avec plus de 200 pièces à son actif.

Parmi ses œuvres : LA SERVA AMOROSA » ,  jouée actuellement au Théâtre Le Public et mise en scène par Pietro Pizzuti , dramaturge, adaptateur d’œuvres italiennes en langue française, metteur en scène , professeur , acteur, un artiste talentueux que nous avons l’opportunité d’applaudir dans la plupart de nos  théâtres  belges. 

 

Amusons-nous :

Une dame plus toute jeune (Béatrice) , mariée en secondes noces avec un vieil homme manipulable  (Ottavio)- capable de tout pour couronner son mariage d’un testament en faveur de son benêt de fils (Lelio)…

 

Ce n’est pas tout ! Il faut ajouter ensuite à ce bon époux un héritier légitime d’un premier lit (Florindo), épris de la ravissante fille (Rosaura) de son vieil ami ( Pantalone)…

Ce n’est pas tout !

 

Pietro Pizzuti (metteur en scène) : On peut maintenant entrevoir la machine de guerre qui se met en route pour servir les desseins des personnages  et pour la succession des stratagèmes, des rebondissements , des quiproquos et conjectures qui mèneront la fable à se terminer joyeusement car on peut compter  sur l’inouïe Corallina, la plus adroite et loyale des servantes de chair et d’os, l’esprit affuté, qui fera triompher l’amour !

 

Pietro Pizzuti a dirigé avec exaltation  et intelligence  neuf comédiens qui vont se démener à fond pour mener à bien cet imbroglio théâtral !

 

Pierre Havrenne (chroniqueur) : Peut-on encore monter Goldoni au 21e siècle ?

Le Public nous en offre une réponse positive à plus d’un titre.

Et pourtant, ce n’était pas gagné. A dire vrai, on craignait que cette « serva » soit plus « dolorosa » qu’ « amorosa ».

D’une part, les thèmes paraissent éculés: le vieillard manipulé par une femme cupide, les mariages arrangés de naïfs (et purs) jeunes gens, la servante dégourdie et finaude. Tout cela a été exploité à l’envi par les auteurs des 17e et 18e siècle, parmi lesquels Molière dont l’auteur italien admet s’être inspiré.

Par ailleurs, la comedia dellarte avec ses exhubérances et ses effets appuyés passe mal la rampe (à priori ) auprès des nouveaux spectateurs armés de leur iPhones et plus habitués aux bouleversements scénographiques du théâtre moderne.

Cette pièce-ci date de 1752, voici donc 260 ans.

Il fallait donc une belle énergie pour convaincre le public, tout en évitant le piège d’une approche revisitée par les canons actuels du théâtre (engagé ou non). C’est précisément cette double voie qui emmène le spectacle au delà des espérances.

La première partie ne peut pas complètement faire l’impasse sur l’exposition un peu ennuyeuse des personnages.

Mais les choix de Pietro Pizzuti sont francs et questionnent à juste titre l’art dramatique en retournant la scène. Ce sont en effet les coulisses qui nous sont exposées d’emblée. Le plateau lui-même, qui paraît être un élément parmi d’autres du décor, se révèlera étonnement mobile. On vous laisse découvrir…

 

Scénographie : Delphine Coërs

 

Pierre Havrenne(chroniqueur) : La prestation de tous les comédiens est à saluer. Patricia Ide est très à l’aise dans le rôle de l’intriguante Béatrice et profite des costumes luxuriants de  Delphine Coërs, Héloise Mathieu et Anna Terrien. Joëlle Franco est une Coraline impeccable. 

A n’en pas douter, c’est la mise en scène enjouée, rythmée, généreuse de Pizzutti qui permet à toute la troupe de s’exprimer au mieux.

Elle s’appuie sans détours sur les ressorts d’un genre devenu classique et cependant restitué chaleureusement.

Une réussite!

On regrettera seulement l’absence de musiciens sur scène, la musique préenregistrée atténuant un peu les aspects les plus vivants du spectacle. »

 

On peut donc  parler d’un spectacle croustillant,

mené tambour battant par neuf acteurs talentueux :

Patricia Ide( co directrice du Théâtre Le Public),  Maroine Amimi, Grigory Collomb, Joëlle Franco, Pietro Marullo, Quentin Minon, Marvin Mariano , Flavia Papadaniel et Réal Siellez, dirigés avec fougue par le merveilleux Pietro Pizzuti.

 

Scénographie et costumes : Delphine Coërs, Héloïse Mathieu et Anna Terrien.

 

Ah ! La Venise du XVIII ème siècle ! Cela fait rêver !

 

Bon amusement à Vous !

 

LA SERVA  AMOROSA,  c’est jusqu’au deux mars, du mardi au samedi à 20h30- relâche dimanche et lundi.

 

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

MIROIRS DE FERNANDO PESSOA

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« Je ne suis personne. Je ne peux être personne, car je porte en moi tous les rêves du monde…  Me transformer , dans le meilleur des cas, en un ou rêvant tout haut , et dans la meilleure des hypothèses , non seulement en un écrivain , mais en toute une littérature – voilà qui contribue à m’amuser moi-même( ce qui, à mes yeux , est déjà bien suffisant »

 

PESSOA, l’un des grands écrivains, critiques, polémistes, et poètes portugais de Lisbonne des 19/20 siècles.

 

Paul Emond(adaptateur) : Une œuvre poétique multiple et complexe sous différents  « hétéronymes ». On en dénombre près d’une centaine. Pour chacun d’eux, Pessoa a inventé une biographie propre , un aspect physique particulier , un style unique et j’ajouterais même des convictions propres.

 

Vous parlez d’une énorme malle, pleine  craquer de gens ?

 

Paul Emond (adaptateur) : Absolument.  A sa mort , on trouva chez lui , enfouis dans un coffre à linge , des milliers de textes , empaquetés en fascicules manuscrits , soigneusement liés par une ficelle et portant des signatures les plus diverses.

Des auteurs différents et même opposés par la voix et le caractère , mais tous d’une égale grandeur par la complexité des thèmes et la qualité du vers , qui composent leurs œuvres au même moment , se livrent à des controverses épistolaires , discutent sur la place publique, rédigent les uns pour les autres des préfaces amicales mais d’une extrême civilité jusqu’à ce qu’ils se taisent tous à l’unisson et disparaissent dans le néant…

C’est un nouveau  « cas Homère » ou un nouveau «  cas Shakespeare, mais inversé : au lieu d’un seul nom en guise de réceptacle pour de nombreuses vies et des expériences multiples , quantité de noms et d’expériences  recouvrant un unique poète 

 

Pessoa considère l’hétéronomie comme une ligne magique à franchir pour devenir «  autre que soi sans cesser d’être soi-même. Elle  n’est qu’une éclatante traduction littéraire de tous ces hommes dont un individu intelligent et lucide  soupçonne en lui-même la présence.

Tenez , un exemple : un soupçon que Nerval ( Je suis l’autre) et Rimbaud ( Je est un autre) avaient eu avant lui.

 

Une exceptionnelle «  comédie humaine » où le poète se démultiplie en de nombreuses  figures, chacune avec sa biographie, , son style propre de vision du monde.

 

Paul Freitas ( chroniqueur) Ils sont quatre , qui sont encore autant de Pessoa ,plus un musicien à flâner au bord de  l’océan .

A chacun son rôle, à chacun de philosopher sur les courants, les flots changeants de l’esprit du poète.

L’un vous parlera de logique , l’autre de paganisme, celui-ci de toute l’humanité qu’il contient …

Ils reviennent de l’autre côté , de la mort , Pessoa ne pouvait échapper à l’enquête malgré elle , du détective Quaresma.

Objet de ses propres auto démystifications , il subira pourtant le chant des sirènes , de l’appel du large , sa chair ira se confondre avec le navire de l’histoire des phéniciens , des grecs, des portugais, de tous les marins , de tous les Ulysse sous toutes les latitudes des destinées et de celles non écrites..

 

Paul Emond (adaptateur): Un  critique a écrit ceci : «  Imaginons que Valéry, Claudel, Cocteau, Gide et Apollinaire n’étaient été qu’un seul auteur , tel  aurait été Pessoa, l’immense écrivain aux multiples visages.

 

Voilà un sujet  fascinant ,  intéressant , unique quasiment, avec lequel a concocté son adaptation !

Il l’a confié à Elvire Brison  pour la mise en scène.

Cette dernière a engagé quatre grands comédiens pour la faire vivre sur les planches un théâtre :

 

John Dobrynine

Emmanuel Dekoninck

Itsik Elbaz

Idwig Stéphane

 

Ils sont remarquables tous les quatre, dessinant admirablement   des silhouettes d’hétéronymes, celle aussi de Pessoa

De vrais tableaux vivants.

 

Il fallait que les quatre comédiens (et  leurs doubles et multiples) soient accompagnés de musique.  La metteure en scène a choisi un musicien en life : Renaud Dardenne ,  avec sa vieille portugaise .

Phlippe Hekkers a été chargé de la scénographie , Vincent Pinckaers de la création vidéo, Benoît Theron de la lumière, Myrian Deldime des costumes , Philippe Fontaine de la régie.

 

Une fois les deux équipes – artistique et technique – constituées , la  malle gigantesque a  été fracturée et le contenu livré à la curiosité  du  public.

 

Quelle  superbe idée que d’avoir monté ce spectacle  de belle qualité due à Paul Emond et Le Théâtre du Sygne ( Théâtre dirigé par Elvire Brison)

 

Elvire Brison : Un formidable théâtre mental, tantôt intensément poétique , tantôt drôle ou caustique. Un voyage vertigineux !

 

Fernando Pessoa :

Je ne suis rien

Je ne peux vouloir être rien

J’ai en moi tous les rêves du monde.

 

MIROIRS DE FERNANDO PESSOA en représentations jusqu’au 09/02 prochain, le mardi à 19H, du mercredi au  samedi à 20h15,  les dimanches 27/01 et 03/02 à 16h, ainsi que le samedi 26/01 à 19h .

Infos Réservations :  02 / 223 32 08

 

(Avec des extraits de propos publiés dans le programme du théâtre)

 

Roger Simons

 

 

                  

 

 

 

 

 

 

LE MOUTON ET LA BALEINE

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Une création de la Compagnie  « ENTRE CHIENS ET LOUPS »

 

La dixième création théâtrale  de Jasmina Douieb, l’une de nos brillantes comédiennes et metteure en scène  de notre théâtre belge.

 

L’HISTOIRE : C’est une longue nuit sur l’instabilité de la mer. Une nuit blanche. C’est un huis clos aux allures de tragédie antique, à la lisière de deux mondes, entre toutes les frontières humaines, là où les civilisations  s’entrechoquent.

 

Un cargo russe  de passage dans le détroit de Gibraltar, heurte une embarcation de clandestins marocains qui tentaient de rejoindre l’Europe.

 

Les marins du Caucase repêcheront des cadavres et un survivant qui demeurera immobile sur le pont jusqu’au matin.

 

A qui remettre ces corps ?

 

Personne ne semble en vouloir. De longues et absurdes négociations auront lieu jusqu’au lever du soleil…

 

A suivre au théâtre…

 

 Jasmina  a travaillé le texte avec Ahmed Ghazali et a réalisé ce très beau spectacle.

 

C’est la première fois qu’elle se produit  au Théâtre  d’Isabelle Pousseur : OCEAN NORD, situé à Schaerbeek, rue Vandeweyer.

 

 Une personnalité que Jasmina qui se décrit dans la gazette du théâtre :

 

 « Née ici d’un père marocain et d’une mère belge.

 

« D’ici, et un peu de là-bas

 

« Actrice et metteure en scène

 

« Dedans et dehors

 

« J’aime les zones frontalières et les heures entre chien et loup

 

« Ce projet est comme une bouteille jetée à la mer, qui  a voyagé dans mon cartable comme un secret. Alors, je l’espère, certains d’entre vous tomberont sur cette bouteille, l’ouvriront et entendront son chant.

 

Il sera beau et violent. »

 

LE MOUTON ET LA BALEINE

 

 Marie Anne Raymaekers (chroniqueuse) : J’ai beaucoup aimé l’aspect multiforme de la mise en scène : certaines parties sont jouée par des acteurs, à d’autres moments les danseurs/chanteurs/ musiciens occupent l’espace (sonore)! Parfois la musique accompagne en fond, d’autres séquences sont entièrement musicales ou récitatives. Instruments africains à cordes, tambours, guitare. Les musiciens/danseurs  font partie d’un projet artistique pour primo-arrivants, mais ils ont une présence tellement naturelle et intense sur le plateau que la question professionnels/ amateurs ne se pose pas. Ces Africains ont le rythme dans le sang…

 

 L’idée la plate-forme mobile est vraiment une trouvaille! Elle rend parfaitement compte du pont d’un bateau, et en plus enrichit les mouvements des acteurs : amplifiant leurs gestes, mais les obligeant aussi à les contrôler afin de garder leur équilibre dans ce roulis/tangage. Plusieurs portes battantes métalliques permettent les entrées/sorties des différents acteurs. 

 

 Autre trouvaille : les  vêtements usagés jonchant le sol tout autour de la plate-forme, une mer de vêtements,  qui peuvent symboliser la pauvreté des pays d’où viennent les clandestins, devenus cadavres parmi les vêtements hors d’usage, la misère qui est le lot des immigrés arrivés dans les pays de destination…Bien vu aussi les vêtements colorés pendus sur des cordes à linge qui sont hissés sur scène au moment d’arriver à Tanger et entre lesquels les acteurs pointent le nez.

 

 Pas de manichéisme,  l’auteur/la metteure en scène nous montre les différentes situations, les attitudes des différents protagonistes : le capitaine responsable du transport de clandestins, les mécaniciens, les clandestins eux-mêmes, un immigré de longue date en France  et sa femme qui n’arrivent  plus à se situer par rapport à leurs deux cultures…Il y a de l’humour dans les textes mais aussi dans la musique et la danse. J’ai trouvé l’épisode de la gouverneure de Tanger magistral, (même si l’actrice bute quelquefois sur son texte). 

 

La fiction et la réalité se mélangent, il y a le rêve de la baleine, mais aussi le fait que les musiciens sont eux-mêmes des primo-arrivants, peut-être venus clandestinement en Europe, après avoir peut-être vécu ce qui est raconté dans la pièce…Du coup les personnes plutôt que les personnages accompagnent encore longtemps le spectateur/témoin après la fin du récit.

 

LE MOUTON ET LA BALEINE

 

Ahmed Ghazali / Jasmina Douieib

 

Je vous conseille vivement de vous procurer le Journal n° 56 publié par le Théâtre OCEAN NORD qui vous fera vivre comment s’opère la mise au point d’un spectacle avec des interviews dont celui de Jasmina Douieb par Alain Cofino Gomez.

 

De nombreux comédiens sont présents sur le plateau du théâtre. Vous trouverez leurs noms , ainsi que ceux de toute l’équipe technique dans le Journal.

 

 LE MOUTON ET LA BALEINE  se joue jusqu’au 26/01/2013, du mardi au samedi à 20h30 sauf les mercredis à 19h30

 

Le «  mouton » et « la baleine »  continueront leur chemin à l’Atelier 210 (30/01-01/02) puis à Tournai(Maison de la Culture : (O5 et 06/02) pour terminer leur route à l’Eden Charleroi ( 20/02-22/02)

 

 (photo:Michel Boermans) 


(Avec des extraits de propos publiés dans le programme/journal du théâtre)

 

 

 

Roger Simons

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

CINCALI

IMG_1132.JPGHervé Guerrisi a pu déjà être apprécié au Théâtre de Blocry en 2008 avec on seul en scène «  Histoire du Tigre  et autres histoires » de Dario Fo, un spectacle  vu plus de cent fois à Bruxelles et en Wallonie


Le conteur  Hervé Guerrisi nous revient avec une histoire de Nicolas Bonazzi et Mario Perrotta qui  parle de la vie des mineurs italiens en Belgique dans l’après-guerre à l’époque où la perspective d’un travail « bien rémunéré » pousse toute une génération au déracinement volontaire et à l’exode économique.

 

Paul Freitas(chroniqueur) Dans une verve typique du sud, de la Calabre , Hervé Guerrisi captive notre attention tout au long de son spectacle sur la dure condition de l’immigration italienne qui croyait en une nouvelle Amérique .

 

Seul sur une chaise, il nous raconte la déportation de ces hommes, leur exploitation.

Laissant femmes et enfants derrière eux, ils ont trouvé l’enfer.

 

Avec son talent, sa générosité et sa vitalité ,tour à tour petit fils d’immigré puis dans la peau du facteur,dernier homme au village , Guerrisi nous livre le dessous des cartes, saviez-vous que…?

 

Un pan occulté de l’histoire du travail en Belgique nous est  révélé !

 

«  N’oublie jamais que tu es petit-fils de mineur italien »

Cette phrase maintes fois entendues pendant son enfance, a entrainé Hervé Guerrisi sur les traces de son histoire, de Bruxelles jusqu’au Salento , tout au fond du talon de la botte.

 

Son récit est plein d’humanité et d’une poignante simplicité. Et quelle justesse de ton et de propos

Intéressants, troublants et souvent inédits.

 

Tout sonne  vrai, la mise en scène ayant été confiée aux deux auteurs, Nicolas Bonazzi et Mario Perrotta.

 

Journal Le Soir : Si le texte frappe si fort, c’est qu’il mêle des faits historiques d’une terrible réalité à une narration pleine d’espièglerie , de détails cocasses sur les péripéties amoureuses de notre facteur, d’expressions fleuries.


(photo:P.Freitas)


Roger Simons

 

KWAHERI.

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Je dirais plutôt  » BIENVENUE  »  Estelle Marion, et heureux de vous retrouver sur  une scène belge, en l’occurrence le Théâtre Varia de la rue du Sceptre.

 

                                                     (photo P.Freitas)

 

Kwaheri« Au revoir » en swahili – est un récit de vérité, sans victimisation ni apitoiement, pour parler de l’intériorisation du racisme liée aux éléments les plus profonds et les plus déterminants de l’être, du métissage, de sa douleur, et peut-être de sa beauté.

 

Pour Estelle Marion, à l’unisson avec Toi Dericotte, un auteur en qui elle se reconnaît, « parler est une façon de détruire le mal à la racine ».

 Où que j’aille je suis un morceau de mon pays

(Fatos Arapi)

 Si demain il me fallait partir

 J’aimerais avec tous ceux qui le désirent

 Partager cet aspect de ma vie

 Et après sans regret dire : « KWAHERI ».

 

Un vibrant « Au revoir » ou comment pénétrer dans le ventre du métissage.

 

Arrivée à l’automne de sa vie, le moment est venu pour Estelle Marion  d’écrire, puis de raconter. Née de l’union à la fois amoureuse et douloureuse de deux couleurs, deux continents, deux cultures, deux civilisations, elle est une « mulâtresse », une « sang mêlé ».

 

Au milieu de ces entre-deux, une béance s’est ouverte et c’est là qu’elle va creuser, comme dans une plaie restée à vif, pour  tenter de comprendre et de faire comprendre les sentiments troubles et troublés d’une identité résultant à la fois d’une histoire humaine et individuelle, et d’une histoire de la colonisation. Deux histoires qui, dès sa naissance,  se sont écrites en noir et blanc dans sa chair.

 Paul Freitas(chroniqueur) J’ai trouvé ce one-woman-show, accompagné par deux musiciens , très chaleureux, plastique,sensuel .

 A elle seule Marion Estelle occupe une scène de bout en bout ,rythmée au son de l’Afrique , du jazz et des chants. Elle a si bien exprimé la non appartenance  à une double culture ressentie comme une mutilation de l’âme, de la personnalité.

 

N’avait-elle pas le droit de s’épanouir dans sa multiculturalité? Devait-elle subir en elle l’antagonisme des préjugés racistes, des condamnations hypocrites de l’Occident pour qui , chez certains, le Noir est inférieur?

 

Par un écran géant sur lequel sont projetées de superbes images , elle évoque l’immensité d’un continent dans sa sobriété , sa nudité , elle nous replace dans le contexte de l’actualité historique de son parcours.

 

Ce spectacle est un cri, un appel à la sensibilité vers l’autre… qui au fond nous ressemble.

 Une grande réussite.

 

Le texte du spectacle est pour le principal d’Estelle Marion, avec des emprunts à Toi Derricotte (poètesse née en 1941 dans le Michigan, auteure du livre  « Noire, la couleur de ma peau blanche »), Antoine Tshitungu Kongolo (poète, écrivain, nouvelliste et essayiste, née à Lumumbashi en 1957), Claude Mckay (romancier, poète et nouvelliste, né à la Jamaïque en 1889), Guy Tirolien (poète guadeloupéen né à Pointe-à-Pitre en 1917), Maya Angelou (écrivaine, poétesse, actrice et militante née en 1928 dans le Missouri), Léon Gontran Damas (poète et essayiste né à Cayenne en 1918).

 Un magnifique spectacle peu ordinaire à découvrir au Théâtre Varia jusqu’au 26 janvier, du mardi au samedi à 20h3O, sauf le mercredi 16/01 à 19h30.

 (Infos/Réservation : 02/ 640 82 58—)

 (Avec des extraits de propos publiés dans le programme du théâtre)

 Prochain spectacle au Varia : « L’étranger » d’Albert Camus, adapté et joué par Benoît Verhaert

 

 Roger Simons

 

 


BIRKIN TRINTIGNANT

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AU WOLUBILIS

Av.Paul Hymans  251  – 1200  Bruxelles

Infos/Réservation : 02 / 761 60 30

(Birkin :  27/02—Trintignant : 22/23/02)


JANE BIRKIN, complètement rétablie et nous en sommes heureux,  en représentations au WOLUBILIS le 27 février prochain  avec une toute nouvelle production où il sera question bien évidemment de Serge Gainsbourg  mais aussi du Japon!

Jane nous fera revivre des textes magnifiques de Serge l’éternel accompagnés de nouvelles musiques jouées par quatre musiciens jazzy et rythmés !

Nous t’attendons Jane avec impatience.


Considéré comme l’un des meilleurs acteurs  de l’année 2012 : JEAN-LOUIS  TRINTIGNANT  au Wolubilis avec trois poètes  du XXème siècle , et pas des moindres :

PREVERT – DESNOS  – VIAN !

Trois poètes libertaires !

Trois univers  fantaisistes, transgressifs,  irrévérencieux.


Jean-Louis, avec lequel j’ai eu le bonheur d’enregistrer à la RTBF  l’œuvre  de St Exupéry  «  Le Petit Prince »,  lira des pages de ces poètes  que ‘on aime toujours retrouver.


Mais c’est mieux encore lorsque c’est la voix toute particulière de Jean-Louis qui  nous emportera  – accompagné par deux musiciens en direct sur le plateau du Wolubilis  Daniel  Mille à l’accordéon et Grégoire Korniluk au violoncelle – dans des mondes peuplés de drôles d’oiseaux , de résistants , d’amoureux fous et d’amis fidèles.


Deux soirées de haute tenue où figurent les mots «  Amour »  et   « Passion du texte » les 22 et 23 février 2013 ! 


 BIRKIN   TRINTIGNANT  AU WOLUBILIS


A noter immédiatement dans votre agenda !


 Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

OEDIPE.

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 THEATRE ROYAL DU PARC

Rue de la  Loi  3  – 1000  Bruxelles

Infos/Réservation : 02/ 505 30 30

(Du 10/01/13 au 09/02/13 – du mardi au samedi à 20h15 – les dimanches à 15 h)

 

 

ŒDIPE

 

Oui, vous lisez bien : il s’agit du fameux Œdipe d’Aristote

pour lequel Sophocle a écrit une tragédie  …grecque bien entendu.

 

José Besprosvany , metteur en scène et chorégraphe du spectacle , a fait appel à Olivier Kemeid pour l’écriture de l’adaptation moderne de l’œuvre, sans destruction aucune de l’œuvre de Sophocle.

 

José Besprosvany(metteur en scène/chorégraphe) : J’ai basé ma mise en scène ainsi que la chorégraphie sur deux disciplines qui m’interpellent : d’une part le théâtre d’ombres utilisé en Extrême- Orient pour raconter des histoires fabuleuses , mêlant texte, musique, théâtre de marionnettes et autres arts scéniques traditionnels et ancestraux autochtones et , d’autre part, l’utilisation contemporaine de l’ombre et de la lumière.

 

 Cinq acteurs jouent la tragédie d’Œdipe au temps présent :  Œdipe (Gauthier Jansen), Jocaste(Isabelle Roelandt) et Créon(Georges Siatidis) qui cherchent ou fuient la vérité dans un triangle familial infernal, un vieillard(Julien Roy), un jeune homme(Toussaint Colombani).

 

Et puis, il y a les cinq  danseurs (Mylena Leclercq, Fernando Martin, Yann-Gaël Montfort, François Prodhomme, Juan José Torres Martinez) qui font naître des images et des ombres à l’aide d’un dispositif scénique singulier et de l’utilisation de la vidéo.

 

Et enfin la musique créée pour l’occasion qui souligne et appuie la ligne dramaturgique et chorégraphique de l’œuvre. Elle accompagne le mouvement des danseurs et le jeu des acteurs et permet aux deux disciplines de coexister sur la scène avec cohérence.

 

OEDIPE

 

Concept visuel et vidéo : Yannick Jacquet

Costumes : Bert Menzel

Eclairages : Marc Lhommel

 

Décidément, le Théâtre Royal du Parc est devenu un théâtre de recherche dans une certaine  modernité intelligente.

C’était encore le cas avec la pièce précédente : « Le Maître des Illusions » où là aussi, le texte, la danse,  la musique, le chant,  la magie étaient groupés.  C’était formidable !

 

Avant de venir rejoindre le Théâtre de la rue de la Loi, je  conseille vivement au public de prendre ou reprendre connaissance de la tragédie  de Sophocle  pour entrer plus facilement dans le vif du sujet et des personnages.


Résumé : La peste ravage la vlle de Thèbes. Le roi Oedipe fait consulter l’oracle d’Apollo  pour savoir comment combatte le fléau. Il aprend que l’épidémie est un châtiment divin qui durera tant que les assssins de l’ancien roi Laios ne seront pas démasqués et punis.

Oedipe est ausssi au comble du bonheur : mari de Jocaste , la veuve du roi Laios , il est un époux heureux et père de quatre enfants.

Toutefois , Oedipe s’inquiète , il a naguère fui Corinthe et ses parents parce qu’un oracle lui avait prédit qu’il tuerait son père et qu’il épouserait sa mère.

Sur la route qui le menait de Delphes à THèbes , il se souvient d’avoir tu à un carrefour un  vieillard.

En dépit des conseils de sa femme qui l’exhorte à ne pas découvrir la vérité , Oedipe s’obstine à savoir qui était sa victime et qui il est lui-même.

Il y a bien longtemps , une rumeur prétendait qu’il n’était pas le fils naturel de Polybe et de Mérope , les souverains de Corinthe , mais un enfant  recueilli quils avaient adopté…


C’est assez compliqué comme histoire , une tragédie sur la destinée humaine.

Puissant et heureux , Oedipe se découvre le pire des criminels et tombe dans le désespoir et la solitude.

De quoi est faite la vie ?  Qu’est-ce que le bonheur ?  Est-on maître de son existence ? Voilà des questions fondamentales que soulève  cette pièce tout à fait remarquable et adaptée dans un ton et une écriure modernes qui permet aux  acteurs d’être vrais , naturels dans  leurs personnages. 


Les rôles :

Tirésias, prêtre  de Zeus (Jupiter). Fort âgé et aveugle, il est le devin le plus célèbre du pays. Il ne s’est jamais trompé.

Créon , frère de Jocaste et beau-frère d’Oedipe. Un homme d’honneur sans ambition politique. Il préfère sa vie tranquille plutôt qu’ à la charge du pouvoir.

Jocaste, reine de Thèbes, mariée une première fois à Laios dont elle a un fils, Oedipe qu’elle abandonne à sa naissance.

Vingt ans après , devenue veuve, elle épouse en secondes noces le vainqueur du Sphinx : Oedipe ! Sans l’avoir reconnu ? Quatre enfants naîtront de leur union.

OEDIPE  , roi de Thèbes, perspicace et intelligent , il  été élevé à Corinthe par des parents adoptifs. Il se découvre parricide et incestueux malgré lui.

LE CHOEUR, comme dans toute tragédie , remplacé ici par cinq danseurs.

Une idée géniale d’Olivier Kemeid et  José Besprosvany.

Une tragédie sur le mythe dOedipe !


Sophocle :Ayant ton sort pour exemple , ton sort à toi , ô malheureux Oedipe , je ne puis plus juger heureux qui que ce soit parmi les  hommes !


Une excellente distribution :

Oedipe  : Gauthier Jansen

Jocaste : Isabelle Roelandt

Le vieillard, Tiresias, Laïos , Polybe : Julien Roy

Créon : Georges Siatidis

Le jeune homme : Toussaint  Colombani

et les  cinq danseurs nommés ci-avant.


Equipe de la Compagnie de J.Besprosvany :  José Besprosvany  (metteur en scène et chorégraphe)

Equipe du Théâtre Royal du Parc : Gérard Verhulpen


Qui est le coupable ? L’intrigue évolue sans cesse.

C’est du polar , bien tourné et bien écrit ! On est passionné durant toute la pièce !


(photo : Isabelle De Beir)


Prochain spectacle   : FEU LA MERE DE MADAME  de   Georges Feydeau, couplé à FEU LA BELGIQUE DE MONSIEUR   de Jean-Marie Piemme.

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DE L’INFLUENCE DU THEATRE BELGE SUR LA RESOLUTION DES CONFLITS MONDIAUX

THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS

Place des Martyrs  22 – 1000  Bruxelles.

Infos/Réservation : 02/223 32 08

(Du 18/12/12 au 05/01/13 – les mardis à 19h-  et du mercredi au samedi à 20h15)

 

DE L’INFLUENCE DU THEATRE BELGE SUR LA RESOLUTION DES CONFLITS MONDIAUX

 

Un titre de pièce à la façon de Michel Audiard…

Tentative désespérée, osée et burlesque mais néanmoins courageuse pour sauver le monde, enfin du moins ce qui peut l’être encore…

 

Un seul espoir : « Le théâtre belge ». Véritable accident dans l’histoire de la culture mondiale, il devrait agir sur l’homme comme un vaccin !

Le remède est connu, il n’y a plus qu’à l’inoculer aux habitants de la planète, de gré ou de force.

Et si « Le Théâtre belge » ne peut sauver l’humanité, en tous cas ça ne peut pas lui faire de mal ! 

 

Mille choses sont dites, énoncées, criées, avouées, déformées mais dans un ton plaisant, plein de fantaisie !

On rit de la première à la dernière réplique.

 

Argument : « Un soir, dans leur appartement situé au seizième étage d’une tour anonyme, Monique et Walter aspirent à une vie meilleure…meilleure que la veille et moins pire que le lendemain.

Ce sont les survivants du quotidien, les aventuriers de la rage perdue… »

 

Le traintrain de la vie ne l’est pas épargné, ils ne le savent pas encore mais en eux, sommeillent encore du rêve et de l’espoir…

Pourtant  rien ne semble pouvoir les tirer de leur léthargie , ils ont tout essayé les médocs , les stages de remise en forme , la psychanalyse quand soudain…LE THEATRE BELGE VIENT FRAPPER A LEUR PORTE…

 

(On tambourine à la porte)

 

Monique : Qui est-ce ?

Une voix : Ouvrez, ouvrez ! Police du théâtre !

Monique : Oh, mon dieu !

Inspecteur : Famille Van Bellingen ?

Walter : Oui !

Inspecteur : C’est Fadila Laanan qui nous envoie !

Walter : Oh merde.

Inspecteur : Ca fait combien de temps que vous n’avez plus été au théâtre ?

Walter : Ben…euh…10 ou 11 ans !

Inspecteur : Pourquoi ?

Monique : On s’ennuie souvent et Walter s’endort toujours…

Inspecteur : C’est pas une raison valable, on doit sévir.

Walter : Une contravention ?

Inspecteur : Vous êtes condamné à un monologue ! Comme c’est la première fois, on va être sympa, ce sera le «  Cid » de Corneille !

Walter : Ah non !

Inspecteur : Vous préférez du Pierre Mertens ?

Monique : Non, le « Cid » c’est bien, on prend, ça ira comme ça, monsieur l’agent…

 

Vous saisissez le ton ? Qui plus est  joué par les deux auteurs  et metteurs en scène  de la pièce :

 

Caroline Lambert et Eric De Staercke.

 

Avec ce dernier, on peut s’attendre à tout et il y va  fort Eric,   et pilote sa partenaire – qui est aussi sa compagne  à la ville – d’une façon tout à fait remarquable.

 

Une heure de plaisir et de réflexion !

 

A signaler qu’Eric De Staercke vient d’être nommé  directeur du Théâtre des Riches-Claires .

 

Ca bouge dans les théâtres bruxellois !

 

(Avec des extraits  de la pièce et de propos publiés dans le programme)

 

Prochains spectacles :   LES RUSTRES  (Goldoni) & JOSEPHINA (Heyraud et Durieux)

 

Roger Simons