LE PROCES EN HERESIE DE FEDERICO GARCIA LORCA (THEATRE LA CLARENCIERE)+(film)THE ARTIST

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe « , bienvenue à Vous  à la découverte d’un livre et d’une pièce sur Federico Garcia Lorca.

Un peuple qui ne soutient pas et n’encourage pas son théâtre, s’il n’est pas mort , il est moribond !

Il faut agir donc pour le bien même du théâtre, pour la réputation et la dignité des interprètes.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Une pièce de José Perez , fils de républicain espagnol, collaborateur de nombreux médias tant belges qu’espagnols, traducteur , auteur de plusieurs conférences sur Jean Ferrat, Brel, Clara Campoamor , vice-président de la Maison de la Laïcité de Bruxelles, conseiller municipal à Saint Gilles.

Un comédien ! Un chanteur ! Et il le montre dans sa pièce qui se joue au Théâtre La Clarencière.

Le texte intégral de la pièce figure dans l’ouvrage publié aux Editions Naranjo.

Je vous conseille vivement de vous le procurer.

C’est intéressant et passionnant !

 

 

RESUME

Le drame met en parallèle et confronte deux périodes sanglantes souffertes par l’Espagne.

Le franquisme, responsable de l’exécution d’un des poètes les plus emblématiques du XXème siècle, se mêle ici avec l’Inquisition espagnole du XVème siècle.

A travers un procès imaginé contre Garcia Lorca, les époques se croisent et les odieuses accusations restent tristement les mêmes…

Les voix des amis de Lorca (chanteurs, musiciens, auteurs), et celle de l’accusé, s’égosillent pour faire entendre leurs arguments.

Ce sont les derniers cris d’espoir et d’amour lancés à la face de juges aveuglés par leur foi.

NOTE D’INTENTION

« Le drame au début, nous ne voulions ni le voir , ni le croire… »

José Perez (l’auteur) :C’est par ces mots que Louis Aragon décrit le début de la guerre civile espagnole, déclenchée en 1936 par le putsch militaire de Franco. ! Et c’est au début de ce conflit, quelques semaines plus tard, que Federico Garcia Lorca est assassiné par des rebelles nationalistes d’extrême droite.

Lorca n’a jamais bénéficié du moindre procès. Il est mort dans des conditions plus ou moins connues, alors que la guerre civile d’Espagne venait d’éclater. ! C’est en m’imprégnant de l’œuvre de Lorca, que j’ai eu l’idée de constituer le drame de la vie du Rossignol andalou à travers la mécanique bien rodée d’un procès d’Inquisition. Il reprend toutes les étapes qui vont de la présentation de l’hérétique, de l’Inquisiteur, de l’autodafé à l’exécution et à la mise à l’index des œuvres du poète.

Tels les hérétiques du temps passé, les Parfaits, les Cathares du Languedoc, Lorca menait une croisade à contre courant de tout, et même si aucun juge ne s’est prononcé sur son sort, ceux de son temps se sont permis de mener le procès le plus terrible qui soit : celui où la défense n’a pas voix au chapitre. Nous fêtons cette année les 80 ans de la mort de Federico Garcia Lorca. Nous souhaitons commémorer cet anniversaire afin de rappeler que l’atrocité est toujours susceptible de se répéter, de siècle en siècle.

 

 

LE PROCES EN HERESIE DE FEDERICO GARCIA LORCA

Un texte passionnant ! Une pièce attachante !

 

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Sur scène, aux cotés du Grand Inquisiteur, un greffier (l’alguazil) assure la partie administrative du procès et le respect de la procédure. Tout ce petit monde prête serment et puis la vie de l’accusé est mise à nu. Son état civil, sa vie, sa famille, ses engagements, ses amis, les amis de Lorca qui apportent leurs témoignages, à décharge évidemment. Rafael Alberti, Miguel Hernandez, Gabriel Celaya ou Antonio Machado, tous compagnons d’armes artistiques de Lorca.

Sont aussi évoqués Salvador Dali, Luis Buñuel, Manuel de Falla… Des chansons issues du folklore traditionnel espagnol sont au programme. Paco Ibañez notamment est mis à l’honneur. La torture fait partie intégrante d’une procédure d’inquisition et Lorca est obligé, en ce sens, d’écouter le lamento lent de ses amis qui se morfondent de sa disparition prochaine ! L’abjuration et l’acte de foi, mieux connus sous le vocable d’autodafé,         sont au programme dès lors que le poète andalou s’entête à vouloir donner une place à la femme dans sa poésie, et dans la société espagnole tout court. Le Grand Inquisiteur emploie toutes les ruses pour faire fléchir Lorca : La perfidie et l’hypocrisie. Le mensonge même pour soutirer de l’argent à la famille du poète. ! Allégoriquement, c’est la tyrannie qui est fustigée : quarante ans de dictature sanguinaire de la part de Franco, l’ami d’Hitler et de Mussolini. Quarante ans de nuit noire pendant lesquelles les œuvres de Lorca sont interdites.

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EN SCENE : QUATRE PERSONNAGES

En tête Federico Garcia Lorca interprété par une comédienne.

– Pourquoi avoir choisi une femme pour représenter Lorca ?

José Perez : J’ai choisi délibérément une femme pour tenir le rôle du poète. D’abord parce qu’on sait que Federico avait une grande sensibilité féminine, mais aussi parce l’œuvre du Rossignol andalou n’existerait sans doute pas sans sa condition de marginé sexuel (Ian Gibson, spécialiste de l’œuvre et de la vie de Lorca) dans une Espagne ultra-conservatrice et sans tout ce qu’il éprouvait de maternel pour les exclus du système. « Je serai toujours du côté des plus pauvres« , disait-il. On peut noter d’ailleurs que tout le théâtre de Lorca n’est qu’une ode à la femme. De Doña Rosita à la Savetière prodigieuse en passant par Bernarda Alba ou Mariana Pineda, le héros « lorcaïen » est toujours une femme. Sur les planches, ses héroïnes se meuvent, se battent, luttent contre l’injustice d’une société ankylosée, paralysée même et fermée à leur bonheur.

Le combat féministe prend toute sa dimension lorsque Franco retire le droit de vote aux femmes, devenues simples machines d’une terrible organisation de la société.

« Par un juste retour des choses, représenter Lorca sur scène ne pouvait se faire qu’à travers les traits d’une femme au cœur fort de toute sa poésie, empli de l’âme du poète, capable d’une émotivité à fleur de peau. Dali disait de Lorca qu’il était fin, galant et d’une excessive beauté. Le génie moustachu écrivit un jour au poète : « je viendrai un jour te chercher pour peindre ton visage de mer » (de mère ?). Et il s’exécute en dessinant un Lorca au bord de l’eau semblable à une déesse nue. Et c’est en voyant le croquis que Federico répond à Salvador : « je loue la direction si ferme de tes flèches. »

L’auteur a délibérément choisi une femme pour tenir le rôle du poète. D’abord parce qu’on sait que Federico avait une grande sensibilité féminine, mais aussi parce l’œuvre du Rossignol andalou n’existerait sans doute pas sans sa condition de marginé sexuel (Ian Gibson, spécialiste de l’œuvre et de la vie de Lorca) dans une Espagne ultra-conservatrice et sans tout ce qu’il éprouvait de maternel pour les exclus du système. « Je serai toujours du côté des plus pauvres », disait-il. ! Notons d’ailleurs que tout le théâtre de Lorca n’est qu’une ode à la femme. De Doña Rosita à la Savetière prodigieuse en passant par Bernarda Alba ou Mariana Pineda, le héros « lorcaïen » est toujours une femme. Sur les planches, ses héroïnes se meuvent, se battent, luttent contre l’injustice d’une société ankylosée, paralysée même et fermée à leur bonheur.

Le combat féministe prend toute sa dimension lorsque Franco retire le droit de vote aux femmes, devenues simples machines d’une terrible organisation de la société.

 

 

Par un juste retour des choses, représenter Lorca sur scène ne pouvait se faire qu’à travers les traits d’une femme au cœur fort de toute sa poésie, empli de l’âme du poète, capable d’une émotivité à fleur de peau. Dali disait de Lorca qu’il était fin, galant et d’une excessive beauté. Le génie moustachu écrivit un jour au poète : « je viendrai un jour te chercher pour peindre ton visage de mer » (de mère ?). Et il s’exécute en dessinant un Lorca au bord de l’eau semblable à une déesse nue. Et c’est en voyant le croquis que Federico répond à Salvador : «  je joue la direction si ferme de tes flèches »…

LE PROCES EN HERESIE DE FEDERICO GARCIA LORCA

 

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Excellente adaptation théâtrale de l’œuvre de Lorca, en langue française par José Perez.

Le livre contient tout le texte intégral ainsi que de nombreuses note et commentaires.

« Il faut agir donc pour le bien même du théâtre, pour la réputation et la dignité des interprètes… »

(Federico Garcia Lorca)

Magnifique interprétation des quatre acteurs.

Les principaux thèmes traités dans cette pièce : l’amour, la fierté, la passion mais aussi la peur, la cupidité l’injustice et la mort.

L’EQUIPE

Laurence Briand (dans le rôle de Federico Garcia Lorca)

François Mairet (le grand inquisiteur)

Marguerite Topiol (témoin)

Ruy Perez (l’alguazil)

Mise en scène : Laurence Briand et Marguerite Topiol

Assistanat à la mise en scène : Marguerite Topiol

Chorégraphie : Rosalie Carmona

Auteur et chant : José Perez

« Un peuple qui ne soutient pas et ‘encourage pas son théâtre, s’il n’est pas mort, il est moribond… »(Federico Garcia Lorca)

LE PROCES EN HERESIE DE FEDERICO GARCIA LORCA

Jusqu’au 01/10/16

THEATRE LA CLARENCIERE

Rue du Belvédère 20- 1050 Bruxelles

Info Réservation : 02/640 46 70


 

 Amis de l’émission/blog » Les Feux de la Rampe, merci de votre présence et votre assiduité.

Notre moment de séparation : Demain mercredi à 21h15 , sur LA TROIS RTBF, nouvelle diffusion du fameux film « THE ARTIST »

Un film remarquable, muet , formidable déclaration d’amour pour le 7ème Art.

Avec Jean Dejardin et Bérénice Bejo.

Bonne soirée et à tout bientôt !

Roger Simons