8H03 CE MATIN (THEATRE DES RICHES-CLAIRES)+ F.HARDY & T.LE LURON

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , bienvenue à Vous avec la présentation d’une pièce rare.

8H03 CE MATIN –LA (THEATRE DES RICHES –CLAIRES)

Une pièce librement inspirée d’une nouvelle de science-fiction de l’écrivain américain Richard Matheson : « DISAPPEARING ACT »

LE SUJET

 

8h02-0856.jpg

 Simon, 39 ans, a une obsession… ne rien oublier et laisser une trace. Ce n’est qu’à travers le regard des autres, qu’il parvient à se sentir vivant. Et en premier lieu, à travers celui de Gaëlle, qui partage sa vie et ses angoisses. Pour être certain qu’on se souvienne de lui et de nous laisser quelque chose, Simon enregistre tout. Il capte avec ses caméras, classe et revisionne quotidiennement tout ce qui lui arrive, à lui et à ses proches. De l’essentiel jusqu’à l’insignifiant.

Question posée : Peut-on être, en même temps, acteur et spectateur de sa vie ?

C’est le comédien Eno Krojanker qui fait vivre ce personnage.

Au début du spectacle il s’adresse au public, lui pose des questions, va et vient sur le plateau , manipule sans cesse ses caméras et ses vidéos, filme sans arrêt son amie jouée par Stephanie Goemaere.

Son appartement est rempli d’appareils électroniques, de grands écrans partout sur lesquels il projette et examine ses vidéos.

Un homme passionné et obsédé par l’informatique d’aujourd’hui.

8h02-0784.jpg

 ECRITURE ET MISE EN SCÈNE : MICHAEL BIER

Michael Bier : Réalisateur et directeur de casting depuis 10 ans, j’ai eu le bonheur d’initier ou de participer à l’élaboration de nombreux films. Parallèlement à cela, j’ai également pu m’essayer à la mise en scène de quelques spectacles. Ces expériences ont affiné mon désir de mettre en scène et développer la singularité de mon langage scénique.

En retombant sur la nouvelle Disappearing Act, découverte il y a plusieurs années, j’ai trouvé le texte qui répondait à ce désir. Un texte que j’ai eu envie de triturer. Qui me permet de confronter mon amour de la scène à celui du cinéma à travers une thématique qui me touche : l’angoisse de ne pas laisser de trace, la peur de l’oubli et donc, de façon plus générale, l’angoisse de rater sa vie, de passer à côté, à travers, comme en transit vers une issue certaine.

J’ai longtemps été emporté dans une forme de tourbillon. Rester chez moi et ne rien faire me terrorisait car me rejetait au visage la précarité de notre condition. Je n’arrivais pas à me détacher de cette sensation d’être en décalage, de rester à l’extérieur de ma propre vie. Je commence seulement et progressivement à me rendre compte de l’importance de l’économie, du ralentissement, de l’arrêt, de la pause, du creux.

Peur de l’oubli ? Angoisse de laisser une trace ?La mémoire ?

Michael Bier : Cela fait maintenant plusieurs années que le phénomène de la mémoire me fascine. Etant, moi-même un éternel distrait, je ressens, au quotidien, ce stress lié à cette quantité de petites choses qui progressivement s’estompent et nous échappent. Aborder ce phénomène prend, selon moi, tout son sens aujourd’hui, dans notre société occidentale où la consommation de masse et la multiplication des possibles mettent en évidence l’utilité d’une mémoire sélective. Le fait d’oublier ne m’apparait d’ailleurs pas négatif en soi. Et heureusement car nous passons beaucoup plus de temps à oublier qu’à mémoriser. Sur tout ce que nous vivons en une journée, nous ne retenons presque rien le jour qui suit, le plus souvent rien du tout un an plus tard…

8h02-0832.jpg

Chez Simon, cette angoisse d’oublier devient pathologique. Il a le sentiment que ne pas retenir tout ce qui lui arrive ça revient à nier la légitimité de son existence. Il se lance ainsi dans une course insensée contre l’érosion inévitable de sa mémoire. Depuis quelques mois, il filme tout ce qui lui arrive. Puis, de retour chez lui, il classe et revisionne ce qu’il a enregistré. Forcément, conséquence froide et mathématique, le temps qu’il consacre à se remémorer et à revivre les événements qu’il vit devant un écran, c’est du temps en moins pour vivre. Là où ça devient plus pervers, c’est que, chez Simon, cette crainte d’oublier ce qui lui arrive s’est muée, peu à peu, en une phobie de l’oubli… l’angoisse d’être oublié par l’autre et, en première ligne, par Gaëlle,l sa copine..

Finalement, on peut résumer, l’obsession de Simon à celle de laisser une trace. De ne pas rester anonyme dans un monde où il a le sentiment qu’il est de plus en plus facile de demeurer transparent. Ne se sachant pas éternel, il espère que les témoignages qu’il nous laisse le rendront inoubliables.

QUI RACONTE QUOI ET A QUI ?

Une question essentielle !

En fait, il ne s’agit pas vraiment d’une pièce,   ni d’une comédie. C’est plutôt une recherche scientifique, une série d’expériences.

C’est très intéressant à observer et de suivre ce jeune homme nerveux, inquiet   possédé, forcené, complètement perdu.

8h02-0965.jpg

Michel Bier(metteur en scène) : La première question que je me pose au moment de concrétiser sur le plateau l’histoire que je souhaite raconter, c’est Qui raconte et à qui ? Une problématique qui me passionne de spectacles en spectacles, ceux que je vais voir et ceux que j’ai la chance de monter. À ce sujet, je suis de ceux qui aiment minimiser la distance entre la salle et la scène, impliquer émotionnellement le spectateur dans l’histoire qu’il suit.

Si briser le quatrième mur est devenu courant aujourd’hui sur scène ou dans les films, c’est une technique qui continue de m’enthousiasmer. Car si elle brise l’illusion fictionnelle en faisant fi de toute ambition de réalisme, paradoxalement, elle a aussi tendance à favoriser l’empathie que le public peut avoir par rapport au personnage.

8H03 CE MATIN-LA

Michael Bier : r Ce spectacle me donne la possibilité de faire interagir, sur scène, les acteurs, la lumière, la bande son, des séquences filmées en amont, du traitement de texte, des images web et surtout, à faire se contredire tout ça. À travers ce flux d’informations, qui dit quoi ? Et qui dit vrai ?

8h03, ce matin-làraconte l’histoire d’un homme obnubilé par son angoisse de ne pas laisser une trace et d’être oublié. Un homme que son angoisse va pousser, de plus en plus, à se replier sur lui-même jusqu’à disparaître purement et simplement de sa propre vie et de celle de ses proches. C’est comme s’il n’avait jamais été là.

DISTANCIATION

La distanciation de Simon se fera, tout d’abord, à travers son occupation de l’espace. Alors qu’il est d’un naturel agité, nous le voyons, la plupart du temps, dans une forme de repli au sein de ses 70 mètres carrés, à l’abri derrière sa caméra ou ses ordinateurs.

ASPECT D’UN GRAND INTERET

Le spectacle nous montre remarquablement l’effervescence de l’innovation technologique, dans une société des médias, thème très présent tout au long de la pièce.

Le numérique a été et reste bien le déclencheur d’une consommation excessive de l’image qui touche la nouvelle génération.

Michael Bier : Le spectacle peut être le point de départ d’un débat avec les élèves sur leur rapport au souvenir – réel ou virtuel – et leur statut lors de la prise de vue. Se trouvent-ils acteurs de leur vie derrière une caméra ou un appareil photo ? En étant les premiers témoins de leur propre vie, n’en viennent-ils pas, paradoxalement, à décrocher du réel ?

A SUIVRE DE PRES…

Ce spectacle particulier, inspiré d’une nouvelle de science-fiction publiée dans les années 50 , se donne jusqu’au 01/10.

Je vous conseille vivement de vous rendre aux Riches Claires pour suivre ce spectacle en direct et de près avec le comédien Eno Krojanker, que je félicite pour son interprétation .

Il en est de même pour Michael Bier, metteur en scène et écrivain, qui a imaginé cette histoire, partie des années 1950 aux USA…

 8H03 CE MATIN-LA

Avec Eno Krojanker(Simon) et Stéphanie Goemaere(Gaëlle)

Ecriture et mise en scène : Michael Bier

Scénographie : Catherine Cosme

Conception video : Antonin De Bemels

Visuel Nitro Compagnys

THEATRE DES RICHES-CLAIRES

Rue des Riches-Claires 24 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 548 25 80

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , toujours un grand merci  de suivre le blog.

Notre moment de séparation : Demain, vendredi 23/09.

Souvenirs ! L’un avec Françoise Hardy sur Arte à 22h25 , un documentaire d’Emilie Valentin et Mathieu Jaubert. Inédit !

 


 

Deuxième rendez-vous avec Thierry Le Luron à 23h20 sur France 3. Un documentaire de Mathias Goudeau.

Bonne écoute et vision !

Je vous laisse et je vous retrouve tout bientôt !

Roger Simons