BABYDOLL (THEATRE DE LA CLARENCIERE) + (film)LE VENT SE LEVE

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe  » , Bienvenue à BabyDoll…

Cette pièce n’est pas une copie du film d’Elia Kazan …

Cette comédienne n’est pas une copie de Carol Baker…

Cette pièce est écrite et mise en scène par Naomi Golmann, et interprétée par Daphné Huynh…

BABYDOLL, un bijou d’une belle sensualité !

Une pièce dotée d’une écriture pétillante, reflet d’une grande aventure amoureuse.

Une pièce qui fait rêver, qui fait désirer, qui fait aimer, une vision de l’amour qui trouble, des moments quelque peu émouvants.

 

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Une interprétation charnelle, sexuelle, envoûtante par Daphné Huynh , jeune comédienne que l’on a pu voir dans quelques-uns de nos théâtres bruxellois, d’une superbe présence féminine , belle à séduire , à aimer. Cette pièce est d’ailleurs écrite à partir d’une vraie et vivante histoire d’amour.

Elle : « Le prince n’existe pas ni son cheval blanc, seulement ma robe, un château gonflable sur lequel je saute et le poile dru de son destrier.

 

SYNOPSIS

Babydoll se prend pour une poupée de celluloïd et se croit atteinte de multiples syndromes et complexes liés aux contes de fées : Peter Pan, Cendrillon, Fée clochette, Belle au bois dormant…

Mais son ingénuité entre en conflit avec la réalité.

Quoi, le Prince préfère son petit cul en forme de coeur à son joli minois ?! Il ne veut pas se marier, pas d’engagement ? Et elle, qu’est ce qu’elle veut ?

Ce conte contemporain nous plonge dans un genre de «Disney» où le prince de Cendrillon est fétichiste, où Alice gobe des pilules contraceptives et où Blanche neige est suicidaire.

Le rapport au conte attendu est ici dénaturé, corrompu, désillusionné, endeuillé du prince qui n’existe pas et de la princesse qu’elle n’est pas.

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EXTRAIT

 J’aime, aime,

Aussi quand tu crois m’aimer

J’aime aussi croire que tu m’aimes

Je crois que je t’aime

J’aime croire t’aimer

J’aime que tu croies que je t’aime

Conçue et cousue

De toutes pièces

Pour te plaire , pour te plaire,

Je te dis ce que tu veux entendre

Je fais ce que tu veux

N’est-ce pas, n’est- ce pas,

C’est bien la que tu veux…

UNE FEMME PARLE DE LA FEMME

Naomi Golmann (auteure et metteuse en scène) : Mon texte est emprunt du rapport aux contes merveilleux qui influencent notre monde symbolique.

Ces références aux films de Walt Disney inspirés de ces contes sont autant de fragments en distorsions qui décrivent la psyché de Babydoll.

« Tout conte de fées est un miroir magique qui reflète certains aspects de notre univers intérieur et des démarches qu’exige notre passage de l’immaturité à la maturité. Pour ceux qui se plongent dans ce que le conte de fées a à communiquer, il devient un lac paisible qui semble d’abord refléter notre image ; mais derrière cette image, nous découvrons bientôt le tumulte intérieur de notre esprit, sa profondeur et la manière de nous mettre en paix avec lui et le monde extérieur.»

(Bruno Bettelheim, Psychananlyse des contes de fées.)

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 EXTRAIT

Miroir, miroir

Suis la plus belle ?

La beauté n’est pas éternell

Il faut en rofiter

D’être jeune

Et belle

Et ferme

Profiter d’être jeune

Jeune , si jeune

Mais moi jedis

Y à t’il une date de péremption ?

Naomi Gokmann : J’ai commencé à écrire cette oeuvre de manière très instinctive, sans réellement chercher à intellectualiser le propos ni d’où il provenait.

Ce n’est que par la suite que je me suis rendu compte que ce thème était en fait commun à beaucoup de femmes.

La petite fille dans sa construction s’identifie à sa poupée si parfaite, à la princesse des contes de fées, elle apprend à attendre celui qui la rendra si heureuse. En vain…

Concrètement, dans la vraie vie, le prince charmant n’existe pas ou tout du moins pas comme on l’entend. Le parcours d’une jeune femme est souvent fait d’écueils amoureux, de recommencements, d’adaptations, de bonnes ou de mauvaises expériences

J’ai axé mon travail sur cette démystification en utilisant un langage cru, des mots vrais, pour contraster avec le merveilleux et montrer quel choc cela pouvait être de quitter une illusion pour se confronter à la réalité.

Ce texte cherche à décomplexer les femmes, et peut-être les hommes aussi.

Il est parfois grinçant, dur ou violent, tantôt teinté d’instants « jouissifs » et drôles, il est des instants de vérités touchantes. Il questionne sur l’identification, la reconnaissance, la conscience de soi dans cette transition/transmission sensible où l’enfant devient adulte, la jeune fille femme, la femme Femme.

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EXTRAIT

Je suis la dérive de Walt , hein Walty ?

Babydoll est en perpétuelle démonstration de son «pays des merveilles», aux limites de la schizophrénie et de ses multiples facettes, elle s’invente une poupée de celluloïd, un automate qui n’est pas réel, elle construit une mécanique qui l’empêche de ressentir les émotions jusqu’à tant que celles ci explosent et que tous ses fonctionnements soient remis en question.

Naomi Golmann: J’ai souhaité briser des tabous, qui ne sont peut-être que miens propre à ma vie de femme, mais qui résonnent et font écho d’une manière ou d’une autre à l’histoire de chacun.

L’aspect érotique du personnage nous amène à considérer la condition actuelle de la femme réifiée, en poussant à son paroxysme ce processus d’hypersexualisation.

En infantilisant le personnage, je cherche à rappeler combien il est difficile pour une femme de se sentir indépendante, égale et entière, de s’épanouir, de s’assumer en regard de soi, au regard de l’homme.

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Une autre difficulté pour la femme est aussi de rester «naturelle » et simple, là où la féminité est traduite par l’artifice d’un visage fardé, d’un corps gainé pour répondre au stéréotype, pour paraître, pour plaire, pour se sentir bien.

Ceci est mon premier travail d’écriture théâtrale ; il est difficile de parvenir à décrypter toutes ses dimensions et ses couches superposées, ses idées, ses mots, tant selon la manière dont on le lit, le reçoit, sa lecture est plurielle.

 EXTRAIT

« on ne n’ait pas femmes

on pratique les hommes et on le devient. »

 Le propos de Naomi est d’une précision intéressante.

Elle raconte l’histoire de cette jeune femme comme si elle l’avait vécue elle-même…

Une superbe écriture dotée d’une belle poésie très accessible et terriblement vivante !

Un texte écrit en vers blanc , répétitif parfois et haleté , parfois il rime, parfois il ne rime pas.

Sa mise en scène est ingénieuse, inventive !

Naomi : Mon désir de mise en scène est de contraster la brutalité du mot par apport à l’univers coloré et acidulé proposé sur le plateau.

Cela permet à mon sens de soutenir et d’amplifier la teneur du propos, mais aussi de l’adoucir et de l’édulcorer pour le rendre digeste.

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La comédienne, dans ce seule en scène, ritualise ses gestes ; tout est ici stylisé, emprunté, cela rappelle la volonté du personnage de ne pas vouloir se confronter au réalisme des choses.

De la même manière qu’elle reçoit des poupées et joue avec elles, elle se prend pour une poupée et joue avec cela.

Malgré tout, ce qui frappe, c’est ce cri échappé de nulle part qui nous ramène à son mensonge et ce qu’elle est en réalité : une jeune fille…

J’ai fait le choix d’articuler le spectacle en dix tableaux avec une chronologie anarchique, comme quand, si proche de soi, nous n’avons pas le recul nécessaire pour trier, ranger, comprendre et que l’émotion ne laisse pas la place à l’analyse.

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J’ai suivi le déroulement de la pièce avec un vrai bonheur.

J’ai regardé évoluer Daphné avec tendresse, plaisir, délectation. Ses yeux, grands ouverts m’ont fait rêver, tout comme son regard saisissant !

Elle est belle et sexy, elle en joue de façon burlesque et tourne cette séduction en dérision, sans aucune vulgarité à aucun moment.

Naomi : C’est une jolie poupée de porcelaine qui au fur et à mesure va laisser tomber le masque , l’apparat !

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C’est un très beau spectacle qui convient parfaitement à ce lieu charmant et intime qu’est La Clarencière !

C’est un seul en scène d’une cinquantaine de minutes questionnant l’image de la femme-enfant/ femme-objet/ femme poupée dans la société d’aujourd’hui et son rapport aux hommes, à son corps et à elle-même.

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GENERIQUE

Ecriture et mise en scène : Naomi Golmann

Interprétation : Daphné Huynh

Création lumières : Arnaud V.Acker

Musique : Witold Bolik

Photos : Antoine Laloux

Production : Tnz Der Zuckerfee Ciephoto bb clarencière

BABYDOLL

Jusqu’au 10/06/16

Elle : Il est si merveilleux, je crois que je l’aime vraiment, comme le précédent e le précédent…

THEATRE DE LA CLARENCIERE

Rue du Belvédère 20-1050 Bruxelles

Infos Réservation : 02 / 640 46 17

Une chanson est interprétée dans la pièce par Daphné en langue japonaise. Nous la connaissons mieux en langue française.


 Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe » merci de votre présence et de votre intérêt au blog.

Notre moment de séparation : Un film d’animation japonais de Hayao Miyazaki «  LE VENT SE LEVE » dimanche 12/06 à 20h45 sur ARTE.

Ce film conte l’exceptionnelle destinée en temps de guerre d’un jeune homme fou d’aviation .

Un film d’une richesse inventive !

Bonne vision et à tout bientôt !

Roger Simons


 

 

 

 

Une réflexion sur « BABYDOLL (THEATRE DE LA CLARENCIERE) + (film)LE VENT SE LEVE »

  1. Bonjour Roger et merci beaucoup pour ce superbe article !
    Encore merci pour votre présence et votre bienveillance
    Petite précision pour corriger une petite coquille dans votre article : les photos sont de Antoine Lanckmans et c’est l’affiche qui est par Christian Laloux !
    En vous souhaitant une belle fin de journée et à très bientôt,
    Daphné

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