MOLIERE – MIKHAIL BOULGAKOV-MICHEL BELLIER(THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS) + (FILM) OTHELLO-WELLES

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe », bonjour.Rendez-vous avec deux énormes personnalités : Molière et Welles …

MOLIERE

L’Evènement au Théâtre de la place des MArtyrs !

 


 

Une toute grande pièce qui nous raconte la vie de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière !

Une fabuleuse mise en scène de Frédéric Dussenne qui nous conduit dans un méandre théâtral où se trouvent   de nombreux acteurs proches du grand patron.

Les auteurs : Mikhaïl Boulgakov/Michel Bellier.

Michel Bellier signe une adaptation du grand auteur russe , sur mesure, pour l’équipe du Théâtre en Liberté , en mettant en scène une troupe de théâtre qui projette de créer un spectacle sur Molière.

Les spectateurs (que nous sommes) sont conviés aux premières répétitions.

Sous leurs yeux s’esquisse un portrait du grand homme où se mêlent le désir , l’amour , la maladie , la mort , le besoin de sens, le rapport au pouvoir , les difficultés du travail collectif , les scènes de ménage , les embrassades , les réconciliations , les séparations , les retrouvailles…

Frédéric Dusenne (metteur en scène) : Tout se mêle dans une mise en abîme du théâtre et de la vie à la fois drôle, tendre et tragique.

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Cette adaptation est tout à fait remarquable, la manière de faire jouer les acteurs qui vont et viennent sur le plateau de répétition d’un théâtre, placé dans le milieu de la salle. De chaque côté de « la scène » se trouvent les spectateurs.

Il y a donc un lien unique entre l’acteur et le spectateur. Cela donne un éclat particulier au spectacle.

 RACONTER LA VIE DE MOLIERE

Une idée fantastique, intéressante, passionnante, inédite…

Frédéric Dussenne : Un moment dans ma carrière. Une grande joie pour moi, pour le public mais aussi pour mes acteurs.

QUE LE SPECTACLE COMMENCE

Frédéric (le vrai metteur en scène de la pièce qui se joue en ce moment aux Martyrs) : Raconter la vie de Molière … Une amie auditrice que je tentais de convaincre de me rejoindre sur ce projet m’a répondu, le visage déformé par une moue de dégoût et de découragement : Molière ? Cela m’a fait réfléchir. Le théâtre est l‘art du présent. Et la vie est courte. Pourquoi ce désir d’aller farfouiller dans les secrets d’un grand homme du XVIIème siècle ?

Le théâtre ne parle jamais aussi bien du monde que lorsqu’il parle … du théâtre. Ce n’est pas le grand Shakespeare qui m’aurait contredit. Et dès qu’on cherche une figure susceptible d’incarner cette étrange activité humaine, on tombe inévitablement sur le nom de Molière. Sans doute parce que ce grand dramaturge, orchestrateur des magnificences du Roi Soleil était avant tout un acteur. Son corps, sa vie étaient ses outils de travail. Il les exposait sans fard, dans la violence crue d’une intimité dévoilée.

Ce qu’il transmettait dépassait la pensée : c’était une expérience. Il vivait et travaillait en tribu. Son théâtre, c’était sa famille… Avec les éblouissements et les déchirures qui traversent la vie de toutes les familles. Sauf qu’ici, ils devenaient la matière d’un art. Un couloir secret reliait directement les appartements privés de Molière à la scène de son théâtre.

Il ne cherchait pas la beauté dans un répertoire déjà connu de formes ou dans le choix de sujets mettant en scène des dieux, des héros, ou des personnages magnifiques. Il faisait le portrait d’une humanité quotidienne, fragile, traversée par la maladie, la mort, le désir, l’amour, la faim, la trouille la plus lamentable, les scènes de ménage, les embrassades, les réconciliations, les séparations, les retrouvailles.

Son théâtre s’écrivait et se jouait à une période de mutations profondes de l’Europe, qui tentait de passer d’un mode religieux — pour mieux dire, catholique — de compréhension du monde induisant une société d’ordres — à un mode laïc qui, alors même que Dieu se trouvait au centre de la conception ancienne, proposait d’y positionner l’homme. Ces convulsions politiques allaient déboucher sur les lumières. Molière a accompagné ce mouvement de civilisation en démasquant, dans un éclat de rire salvateur, les dérives et l’hypocrisie de l’ancien régime. Faux monnayeurs en dévotion, arbitres du bon goût, blousons dorés de la noblesse abusant de leurs privilèges de sang, bourgeois qui voudraient tellement « avoir l’air» … L’audace et la violence de la charge ont de quoi étonner dans un pays gouverné par un roi de droit divin au pouvoir absolu.

C’est sans doute oublier un peu vite que Molière était, par héritage paternel, tapissier du Roy. Il assistait donc au petit lever de Louis XIV. Concrètement, il faisait son lit. Il y avait entre le monarque et l’acteur, de seize ans son aîné, une complicité et une intimité absolument inédite dans l’histoire de l’art.

PAUSE MUSICALE

 

 

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SI LE THÉÂTRE EN LIBERTÉ M’ÉTAIT CONTÉ…

 

Frédéric Dussenne : Après vingt-cinq ans de vie commune, « Théâtre en Liberté », cette illustre troupe rêvée et créée un soir d’été à Villers-la Ville sous les auspices de l’ami libertin de Molière – le grand Cyrano de Bergerac – est aujourd’hui à un tournant de son histoire. Daniel Scahaise, son directeur artistique, a en effet pris la décision de méditer sur les profondeurs de l’âme humaine sous les cieux lumineux de ce beau pays d’Europe où sont nés le théâtre occidental et la démocratie.

Quand il m’a demandé un projet de spectacle pour Théâtre en Liberté, j’ai inévitablement repensé à Molière. Comme l’occasion à la fois de faire un bilan et de rebondir. En partant de ce merveilleux livre nous allons tenter, avec les acteurs de Théâtre en Liberté, et avec Michel Bellier qui a accepté de nous rejoindre pour l’adaptation, de raconter la vie d’un homme. La dimension irrationnelle de ses éblouissements, la force d’apprentissage que la violence des choses a pu représenter pour lui, la fertilité de ses échecs, la profondeur de son mystère.

Raconter cette vie, c’est raconter un métier. Le leur, le mien. Ou plutôt un art. Et raconter cet art, c’est aussi raconter le monde.

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 COURT EXTRAIT

Tu disais ? Qu’est-ce qu’une vie pleine et heureuse ? C’est peut-être quand la somme des plaisirs est au moins égale à celle des malheurs. Alors, oui, à ce moment-là on peut parler d’une vie réussie. Comme dans une bonne comédie. Un dosage subtil, un savant équilibre. »

(Extrait de Molière, d’après le roman de Mikhail Boulgakov)

 

L’ADAPTATION, UN BONHEUR !

Nous la devons à Michel Bellier.

Après avoir été comédien au théâtre, au cinéma et à la télévision, Michel Bellier se consacre à l’écriture depuis plusieurs années et a obtenu plusieurs bourses d’aide à l’écriture. Il a écrit une vingtaine de pièces qui ont toutes été jouées en France, en Belgique, en Roumanie, en Pologne et en Turquie. Tout son théâtre édité se trouve aux éditions Lansman.

Il anime aussi des stages et des ateliers d’écriture réguliers. À destination des enseignants, des collégiens et lycéens mais aussi à l’intention de populations «empêchées» et «fragiles» (prisons, hôpitaux psychiatriques, dispositif Culture du Cœur, etc).

Depuis 2009, il est auteur associé à la compagnie Dynamo Théâtre, qui axe son travail sur un plan transeuropéen.

Je luis cède la place pour lui permettre de nous conter son adaptation de grand mérite.

Michel Bellier : Quand Frédéric Dussenne m’a parlé du projet d’adapter Boulgakov au théâtre, je me suis tout de suite demandé ce que j’allais faire. Adapter le livre de Boulgakov ou raconter la vie de Molière tel que Boulgakov semble nous inviter à le faire à travers ses lacunes et ses ellipses.

Il ne fallait pas perdre de vue que c’est un roman, que Boulgakov est un superbe romancier et qu’il n’adopte à aucun moment la position de l’historien. Il s’agit avant tout d’un artiste qui parle d’un autre artiste. À travers le filtre d’un grand écrivain soviétique passionné de théâtre et sous le coup de la censure de son époque, se dessine un Molière fragmenté, non exhaustif, partiel, partial. Et c’est ce qui est passionnant. Au fond, y’ a-t-il un autre Molière ?

Adapter ce livre, c’est donner à voir le destin de plusieurs utopies.

Celle du théâtre d’abord. Cette éternelle utopie agitatrice d’idées. Car, dans le théâtre de Molière, dans les mots de ces barbons et marquis, dans les poses de ces Précieuses et Savantes, dans la bouche de ces faux dévots, c’est toujours le politique qui s’agite, qui se heurte et s’interroge. Il écorche et montre, questionne les travers et exhibe les vices. Sans jamais prétendre apporter réponses et solutions. Il nous dépeint une société qui pressent certaines mutations. Une société secouée des prémices d’une pensée qui annonce celle des Lumières, un siècle plus tard.

L’utopie de la troupe ensuite. L’utopie d’un théâtre qui ne peut se faire que collectivement. Un temps et un espace à créer ensemble. Avec les lourdeurs, les renoncements, les frustrations, les problèmes d’argent, d’égo, les plans de carrière, les jalousies, les tractations, tout ce qui constitue la vie d’une troupe. Que le trajet de cette utopie qu’était la troupe de Molière croise le destin de Théâtre en Liberté nous paraissait d’une évidence éclatante. À des siècles de distance, c’est finalement cette même chose, cette même pierre philosophale que nous cherchons, ce même art rudimentaire et millénaire que nous tentons de faire exister.

Partant du XVIIe siècle, j’ai tenté de refaire le trajet de cette utopie et de m’interroger comment et pourquoi elle continue de nous parler aujourd’hui

À mon tour je me suis donné licence d’inventer et de privilégier certains aspects de la vie de Molière. Restant fidèle à l’histoire mais en empruntant quelquefois des chemins de traverse. Se heurtant à ce paradoxe : on ne peut pas faire rentrer toute une vie de plateau, celle de Molière, sur un plateau !

En fait, on ne raconte pas Molière, on l’invente. Il a déjà été inventé tellement de fois qu’on a l’impression de le bien connaître. On ne peut pas être exhaustif avec Molière puisqu’il est reste actuel. Incroyablement actuel.

 

MOLIERE –  DIVERSION

 

 

Après cet intermède avec Luchini et Duris, retour au MOLIERE du Théâtre de la place des Martyrs.

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La pièce dure plus de deux heures. A aucun moment, on ne sent une certaine longueur, aucune fatigue.

La mise en scène de Frédéric Dussenne est très vivante, très originale.

Les douze acteurs s ‘en donnent à cœur joie.

Le public regarde et écoute les comédiens avec délectation.

Et il y a raiment de quoi !

C’est une réelle découverte dans le théâtre, qui plus est celui de Molière et de Boulgakov.

C’est aussi très important pour les jeunes qui se préparent à cette carrière d’acteur !

 ET LE SPECTACLE CONTINUE.

 

C’est tout neuf cette nouvelle forme théâtrale des Martyrs.

C’est tout un collectif d’acteurs !

C’est un nouveau départ inauguré par Philippe Sireuil , son nouveau directeur.

Hélène Theunissen, l’une des grandes comédiennes de la troupe, qui joue du reste dans le spectacle actuel MOLIERE, nous raconte en quelques lignes les aventures du théâtre.

Hélène Theunissen : Depuis plus de 20 ans, « Théâtre en liberté « c’est une quinzaine de comédiens et collaborateurs artistiques qui se sont réunis afin de renouer avec un théâtre populaire dans un travail de compagnie. L’imagination et l’action sont les mots d’ordre autour desquels cette équipe s’est réunie, afin de proposer des spectacles non pas confinés dans un respect sclérosant, mais où le souci de la tradition s’enrichirait des précieux apports de la modernité théâtrale et, donnant toujours au théâtre cette place privilégiée qui est la sienne.

Pendant plus de 20 ans cette compagnie a été l’affaire d’un homme au courage exemplaire, à l’idéalisme tenace et au talent artistique incontournable : Daniel Scahaise. Il était meneur de troupe, animateur, metteur en scène, directeur du Théâtre de la place des Martyrs et a mis toute son énergie à faire vivre sa compagnie au travers de textes rigoureux et universels.

Cet homme, a maintenant décidé d’arrêter son chemin théâtral pour prendre le large vers d’autres horizons plus chauds et plus lumineux.

La troupe se retrouve sans son créateur mais pas sans nouvelles ambitions. « Théâtre en Liberté » s’est transformé depuis quelques mois en un collectif d’acteurs responsables et autonomes. Ce collectif  » Théâtre en Liberté » a choisi en son sein quatre membres, pour assurer les tâches artistiques, techniques et administratives, et a désigné comme porte parole Hélène Theunissen.

Pour ses projets, la troupe fera désormais appel à des créateurs, extérieurs ou intérieurs, confirmés ou émergeants. Elle collaborera également à des co-productions au sein du Théâtre de la Place des Martyrs, qui reste son lieu exclusif de production.

Par ce mode opératoire, le Collectif  » Théâtre en Liberté  » s’inscrit totalement dans le projet artistique global du nouveau directeur du Théâtre de la place des Martyrs : Philippe Sireuil.

Artistiquement, le collectif s’emploie à rester fidèle aux lignes de forces éthiques et artistiques insufflées par Daniel Scahaise. A savoir proposer des œuvres théâtrales de qualité, humanistes, tout en ayant l’ambition de les ouvrir au plus grand nombre.

Le collectif « Théâtre en Liberté  » veut se battre pour conserver la notion de troupe sur un plateau. Dans cette perspective, il continuera à proposer des spectacles rassemblant des distributions ouvertes et nombreuses.

Bravo à Vous Hélène ainsi qu’à tous vos amis.

L’équipe actuelle est composée de Jean-Henri Compère, Isabelle De Beir, Jaoued Deggouj, Daniel Dejean, Dolorès Delahaut, Christophe Destexhe, Bernard Gahide, Bernard Marbaix, Stéphane Ledune, Julie Lenain, Sylvie Perederejew, Hélène Theunissen et Laurent Tisseyre.

 

REFLEXION

« Les comédiens sont de drôles animaux à conduire… » (Molière)

 

MOLIERE-MIKHAIL BOULGAKOV—MICHEL BELLIER

Avec Maxime Anselin, Alexandre Croissiaux, Isabelle De Beir, Dolorès Delahaut, Christophe Destexhe , Bernard Gahide, Stéphane Ledune ,Julie Lenain, Juliette Manneback, Sylvie Perederejew , Hélène Theunissen et Laurent Tisseyre.

Texte : Michel Bellier, d’après «  Le Roman de Monsieur de Molière » de Mikhaïl Boulgakov.

Dramaturgie et mise en scène : Frédéric Dussenne.

Assistanat : Lara Ceuleman

Scénographie : Vincent Bresmal

Costumes : Anne Compère

Musique originale : Daniel Dejan avec l’ensemble Dodeka

Lumières : Renaud Ceuleman

Régie : Bruno Smit

Photos : Kim Leleux

En coproducion avec L’Acteur et l’écrit.

 

MOLIERE

Jusqu’au 28/05/16

 

THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS (grande salle)

Place des Martyrs   22 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 223 32 08


 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » un grand merci d’avoir suivi la présentation de cette pièce.

Notre moment de séparation : Un film d’Orson Welles «  OTHELLO », tourné en noir et blanc en 1952, avec Orson Welles(Othello), cela va de soi, et Suzanne Cloutier(Desdémone)

Une adaptation de la célèbre pièce de Shakespeare dont les propos sont très partagés.

Ce film a connu beaucoup de difficultés lors du tournage

Ce jeudi soir à 23h55 sur ARTE !

Bonne vision et à tout bientôt !

 

Roger Simons

 


 

 

 

 

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