LES NUITS SANS LUNE -VERONIQUE OLMI (LES RICHES-CLAIRES) + PRINCE

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«  Ce soir, le soleil n’a rendez-vous avec personne »


 

Dans l’infirmerie d’une maison d’arrêt pour hommes, une infirmière essaie de communiquer avec un jeune détenu qui se taillade régulièrement les veines et à qui elle refait les pansements.

La langue est concrète, d’aujourd’hui, portée par un souffle poétique et charnel, notamment lorsqu’elle fait parler son antihéros: petit truand, minable et magnifique à la fois, essayant de résister comme il peut à l’amenuisement de l’univers carcéral.

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 « Le bon sentiment n’est pas pur. La cruauté n’est pas faite que de cruauté. La lâcheté est parfois la moins mauvaise solution ».  (Yves Claessens)

Une pièce de Véronique Olmi, bien construite pour trois personnages.

Un dialogue percutant !

Une mise en scène  solide, énergique !

Une excellente interprétation des trois comédiens : Denis Carpentier, David Leclercq et Christel Pedrinelli.

Une heure trente de propos et de gestes violents.

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 LE CORPS EN PRISON

Yves Claessens (metteur en scène) : La trame de cette pièce est très simple : Une infirmière d’une trentaine d’années travaille dans l’infirmerie d’une prison pour hommes. On sent qu’elle est nouvelle. Elle est confrontée à Victor, le gardien qui travaille là depuis suffisamment longtemps pour qu’il fasse partie des meubles, et Monsieur Suzini, un détenu qui en est à sa Xème condamnation ; multirécidiviste, drogué, délinquant… Bref, un de ces types «  qui n’ont pas eu de chance » et qu’on retrouve par paquets dans les prisons.

Pour terminer le tableau, je dirais que l’infirmière est vaguement idéaliste et respectueuse de l’être humain, que Victor est vaguement raciste et cependant il vit avec une »vraie noire » d’Afrique, que le jeune Suzini est vaguement victime d’une société et d’un système qui l’écrasent.

L’histoire se termine d’une façon banale : L’infirmière ne travaillera plus à la prison ; en effet, elle a failli être victime d’un viol.

Rien de très original.

Et pourtant, Véronique Olmi dans son écriture, bouscule toutes nos certitudes, nous emmène dans des réflexions, dans des rapports complexes qui ne regardent pas exclusivement le monde de la prison, mais l’universalité des rapports humains dans ce qu’ils ont de plus cloisonné sur les lieux de travail. Jusqu’où une relation est-elle de travail ? Quand cette relation commence – t-elle à être personnelle ? Comment communiquer avec des êtres humains dont les codes de conduite et les valeurs sont totalement étrangers les uns aux autres ? La communication est-elle une valeur en soi ? La générosité est-elle d’office payée en retour ? La privation de liberté conduit-elle à la réinsertion ? Le racisme est-il toujours là où on l’a identifié ? Un être amputé d’amour peut-il communiquer ? Est-il vraiment possible de donner sans recevoir ? Sommes-nous attirés par le morbide ? Jusqu’où sommes-nous prêts à accepter une certaine violence sexuelle ?

Voilà quelques – unes des questions que Véronique Olmi nous oblige à nous poser, sans nous donner de mode d’emploi, à l’intérieur d’un huis clos où le bien n’est pas tout à fait là où on l’aurait cru, et le mal…

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Véronique Olmi ne tranche pas mais interroge la responsabilité de chacun…

Une pièce intense, violente avec des moments d’un certain humour qui nous fait rire.

L’interprétation de ces trois comédiens joue un rôle essentiel de par leurs pulsions de violence, de cruauté, d’amour aussi.

Tous les trois entrent dans la peau de leur personnage, avec vigueur. Ils les vivent intensément.

Un silence total dans la salle. Le public suit le déroulement de cette pièce avec une attention soutenue !

Sur le plateau : une table sur laquelle se trouvent les médicaments, deux chaises. Rien d’autre.

Une lumière quelque peu tamisée !

Une ambiance glauque !

Véronique Olmi nous emmène dans une réflexion sur les rapports humains dans toute leur complexité.

Comment communiquer entre personnes de milieux totalement différents ? Est-il vraiment possible de donner sans recevoir ?

A partir de quand une relation   professionnelle devient-elle personnelle ? La pièce soulève cette interrogation explorant les frontières entre la retenue et le désir, le dégoût et l’attirance , la distance et la provocation…

 

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LES NUITS SANS LUNE – VERONIQUE OLMI

Une pièce créée au Centre Culturel Bruegel.

Mise en scène : Yves Claessens

Avec Denis Carpenter, David Leclercq et Christel Pedrinelli.

Jusqu’au 30 /04/16

LES RICHES CLAIRES

Rue des Riches-Claires 24 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations   : 02 / 548 25 80

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe, merci de votre intérêt au blog.

Notre moment de séparation :   Le décès subit , hier jeudi 21/04, du jeune chanteur américain Prince Rogers Nelson , connu sous le nom de PRINCE , né le 07/06/58 à Minneapolis(USA) , auteur-compositeur-interprète-réalisateur- producteur de pop , funk , rock et de R&B contemporain , également danseur et acteur.

Il a été l’une des plus grandes stars dans ce domaine musical !

Toute la presse en parle.

Le voici dans un extrait du film «  Purple Rain » où il était vraiment fantastique…

A tout bientôt !

 

Roger Simons