THE KING Devine où je te dévore…(THEATRE DES MARTYRS) + ELISABETH LEONSKAYA

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JEAN-MICHEL DISTEXHE

Il était une fois un roi, un grand roi, un grand roi d’un petit, d’un tout petit pays.

Un jour, ce grand roi d’un tout petit pays reçut un gâteau, un immense gâteau que lui donnèrent d’autres rois en l’honneur de la fête des rois.

Le roi prit ce gâteau et rentra chez lui.

Chez lui, le roi voulut manger le gâteau.

Le roi croqua dans le gâteau.

Le roi se fendit une dent.

La fève.

Le roi avait trouvé le Petit Jésus au premier coup de dents.

Le roi était maintenant très content.

Le Petit Jésus.

Le roi prit la couronne en carton et la coiffa.

Le roi était roi roi.

Le roi était The King.

 

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 THE KING

Un spectacle du «  P A N O P T I K U M Puppets & Théatre »

9 marionnettes manipulées extraordinairement par Jean-Michel Distexhe.

Un sujet qui nous touche très directement puisqu’il s’agit du récit historique sur Léopold II Roi des Belges de 1865 à 1909.

Découvrir une histoire vraie par le truchement de marionnettes, c’est tout simplement génial .

Et quelles marionnettes ! Superbes !

THE KING – Devine où je te dévore.

Texte écrit par Jean-Michel Distexhe , magnifique marionnettiste.

Jean-Michel Distexhe : Dans la pièce, nous allons essayer de cerner le caractère du personnage. Sa tendance à la conquête. Nous allons le mettre face à ses choix, le pousser dans les cordes. Face à ses anges et à ses démons, il va riposter, feindre, banaliser, blaguer. Il voudra s’en sortir, par n’importe quelle porte, n’importe quel moyen dérobé.
C’est ainsi qu’était Léopold II. Un homme rempli de mots de passe, de cachettes, d’objectifs dissimulés. Un homme qui réussit sa quête (posséder une colonie) par diversion, stratégie, mais aussi par hasard. Un homme assoiffé de pouvoir et de femmes, jeunes et de «bonnes manières» de préférence. Un homme blessé dans son âme par la mort de son fils. Un homme qui manigance, vérifie, joue. Un homme pingre et rustre. Un homme devenu une des plus grosses fortunes de son époque. Un hypocondriaque timide et affamé.
Léopold II a tracé la voie de l’histoire du Congo, il a transporté l’acide qu’ont utilisé les belges pour faire disparaître Lumumba, il a fait le lit de Mobutu, il a distribué les cartes d’identités ethniques au Rwanda, il pille encore les ressources naturelles du Kivu et il s’est, un jour, immiscé dans ma vie, par le biais de mes grands-parents partis au Congo pour enseigner et cultiver.
En Belgique, dans les années 50, on poussait les citoyens un peu paumés ou curieux à se rendre dans cette riche colonie qu’était le Congo, avec ses grandes avenues, ses milliers de km de rail, ses villas superbes et toute cette main d’œuvre bon marché. Tous les deux sont décédés de maladies tropicales. J’écris pour ma famille. Pour les enfants. Peut-être aussi pour me venger. Pour comprendre. Et pour comprendre, je devais repartir des racines. Comme quand je veux comprendre un mot ou une expression, je me réfère à l’étymologie, à cette doctrine de dérivation des mots par rapport à leurs racines.

 

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LE RECIT HISTORIQUE

Léopold II, Roi des Belges de 1865 à 1909, cherche à asseoir son pouvoir dans le monde. En 1885, il se proclame Roi de l’Etat Indépendant du Congo. De 1885 à 1908, il pillera le Congo de ses ressources naturelles et décimera sa population sous le joug d’un système militarisé.

En 1904, une Commission d’Enquête voit le jour et lève le voile sur les atrocités commises dans l’EIC. Les journaux relaient les conclusions du rapport, accablant le roi Léopold II. Sous pression et affaibli, le Roi est obligé de céder le Congo à la Belgique. Il meurt sans jamais avoir foulé la terre congolaise, mais riche d’avoirs.

LE RECIT DRAMATIQUE

Le roi s’est retranché dans sa Tour. Un immense royaume à ses pieds, le roi dort pourtant mal. Son histoire ressurgit des murs. Victimes et bourreaux d’un système implacable semant la terreur. Le Petit, son fidèle et bienveillant serviteur, lui tient compagnie. Le roi parviendra-t-il à affronter son passé alors que dehors, les corneilles se rassemblent et qu’à l’intérieur de la Tour, son fils l’épie ? La menace plane, la mort rôde et la folie guette.

 

 

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Si vous aimez l’Histoire de Belgique…

Si vous êtes passionné par les marionnettes…

Si vous avez l’envie de découvrir ces dix marionnettes , véritable petit trésor…

Foncez vers la place des Martyrs … Montez rapidement au premier étage du Théâtre des Martyrs…Installez-vous dans la petite salle…Les acteurs vous attendent…

Au fait, à travers le temps, avez-vous déjà pris connaissance de ce qu’était ce Roi de Belgique   ?

Léopold II – Roi disgracieux

«Dans les monarchies, là où règne un seul homme ou un petit nombre (…) les événements, contrairement aux apparences, ont des causes beaucoup plus petites et nombreuses que dans les Etats libres démocratiques. On comprend donc combien il est difficile aujourd’hui d’écrire l’histoire, combien ses ressorts sont obscurs, combien elle se révélera souvent fausse sur bien des points, et donc inutile pour le lecteur, puisque la clef des plus grands événements, l’explication des faits les plus surprenants réside dans la connaissance de mille anecdotes toujours difficiles, et souvent impossibles, à pénétrer.»

(Giacomo Léopardi Zibaldone, Editions Allia, Paris, 2003,p.373)

 Plus d’un siècle nous sépare de la mort du deuxième roi des Belges et il semble encore difficile pour les historiens belges de prendre la distance nécessaire face à la vie et aux actions de ce roi. Les conséquences de ces dernières seraient-elles encore aujourd’hui si intimement liées à l’activité politique et économique de notre pays ? A son identité ? Un déni épidermique, un chipotage linguistique, une rhétorique mielleuse, usante sont autant de freins pour la Belgique dans sa quête de sérénité. Etat non-émotionnel nécessaire pour affronter un passé colonial.

Une civilisation qui ruse avec ses principes, est une civilisation moribonde.        ( Aimé Césaire)

A l’époque, Léopold s’est inspiré des Hollandais et de leur « cultuurstelsel », système des cultures pour conquérir le Congo. Il a régi cette contrée comme un chef d’entreprise gère une multi- nationale, comme un capitaliste exploite un produit. Il fut éclairé par la lanterne du profit et ne parla de philanthropie que pour satisfaire l’Allemagne, la France et l’Angleterre. Il raconta ce que ces pays voulaient entendre. Lesquels lui déroulèrent alors le tapis rouge vers un pouvoir exercé par sa seule personne. Léopold II, Roi de Belgique, auto-proclamé Roi – Souverain de l’Etat Indépendant du Congo où il ne mit jamais la barbe.

«La vérité est que l’état du Congo n’est point un Etat colonisateur, que c’est à peine un état : c’est une entreprise financière. La colonie n’a été administrée ni dans l’intérêt des indigènes, ni même dans l’intérêt économique de la Belgique; procurer au Roi-Souverain un maximum de ressources, tel a été le ressort de l’activité gouvernementale.» Félicien Cattier, (Étude sur la situation de l’État indépendant du Congo, 1906)

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THE KING –DEVINE OÙ JE TE DÉVORE

Voilà un spectacle enrichissant sur plusieurs plans :

La vérité de l’Histoire,

La beauté des marionnettes,

Le travail et la manipulation de Jean-Michel Distexhe.

60 minutes de plaisir et de bonheur !

Léopold à bras le corps

(P A N O PT I K U M Puppets & Theatre)

La marionnette pour cristalliser l’homme, pour figer sa stature, pour créer la légende.

Panoptikum veut explorer la marionnette en tant que genre théâtral fort, jouant sur le rapport acteur/marionnette, scrutant la cruauté des âmes et questionnant la légitimité de nos croyances. Le tout sous un humour féroce.

Le questionnement que suscite le pouvoir d’une marionnette sur son public et sur l’acteur fascine. Comprendre la relation intime de l’acteur avec sa marionnette, les raisons de la désinhibition de son jeu et les formes de distanciation que ce jeu peut créer. Chercher le lien entre la puissance d’un texte et le langage d’un corps sans muscle. L’incarnation de cet objet inanimé permet de décupler l’émotion et emmener le public au-delà des codes classiques du théâtre, forçant celui-ci à accepter une autre réalité théâtrale. C’est là l’essence même du jeu théâtral d’où naîtra la jouissance du comédien.

« La convention consciente » de Meyerhold (croire et ne pas croire à la fois) se trouve condensée dans le théâtre de marionnettes. On demande au public «d’arrêter de ne pas croire» devant une esthétique souvent plus incroyable que l’accoutumé. Cet effort d’imagination de la part du public m’attire, même si, et c’est là tout le paradoxe de cet art, notre envie de croire passe au delà de toutes les frontières visuelles et les barrières mentales, le pouvoir gravitationnel de la marionnette si souvent utilisé dans la religion et les rituels sacrés amène le public à faire un «effort facile» pour croire, presqu’instinctif, le ramenant à l’enfance. Un réflexe de la nature humaine rempli de naïveté, d’espoir et de poésie.

THE KING – Devine où je te dévore…

Des marionnettes qui parlent !

Des marionnettes aux regards vivants et percutants !

Des marionnettes qui font rire mais qui créent aussi l’émotion !

Des marionnettes aux couleurs multiples !

Des « acteurs » en bois, drôlement habillés , démantibulés, irrésistibles !

Une « gestuelle » incroyable !

Un texte original et explosif !

Une scénographie des plus vivantes !

Une interprétation impeccable !

Une équipe de choc !

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GENERIQUE

Ecriture, Recherche de documents Jean-Michel DISTEXHE

Comédien – marionnettiste Jean-Michel DISTEXHE

Mise en scène Dolorès DELAHAUT, Franck DELATOUR et Jean-Michel DISTEXHE

Assistante Pauline NOUDE

Musique originale NOZA

Marionnettes Jérome THOMAS

Croquis marionnettes Noémie MARSILY et Carl ROOSENS Régie Niels GRIJSPEIRT Photos du spectacle Isabelle DE BEIR Affiche Dominique DAUCHY et Léa DE MATTEO

Un spectacle du P A N O P T I K U M Puppets & Theatre, en partenariat avec le Centre Culturel de Bièvre, le Centre Culturel de Hannut, l’Agence Officielle de Promotion Internationale Wallonie Bruxelles-Théâtre/Danse et la Cie Le Tétras-Lyre.

Mille bravos bien méritants à toute l’équipe, qui a dû drôlement bosser pour arriver à un résultat semblable.

God Save the King ! A les revoir à la première occasion…

 

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 THE KING – Devine où je te dévore…

Les marionnettes se reposent…

Léopold II est rentré dans l’Histoire…Sacré Roi du passé !

Le manipulateur range ses acteurs !

Le public applaudit joyeusement ce spectacle, très heureux d’être venu le voir.

L’auteur-animateur prend congé du public et disparaît !

FIN

Un mot encore sur ce spectacle : Il se joue au Théâtre de la place des Martyrs (petite salle et combien agréable) jusqu’au 30/04/16.

L’adresse : place des Martyrs   22 – 1000 Bruxelles

Si vous voulez avoir de bonnes places et d’autres infos, téléphonez dans l’immédiat au théâtre :

02 / 223 32 08

 

 

INFO COMPLEMENTAIRE

Le célèbre Théâtre Royal de Toone joue en ce moment   « HAMLET ». A voir également (Réservation : 02/511.71.37—02/513.54.86)

« Les marionnettes plaisent de plus en plus, elles sont l’écologie du monde du spectacle , le retour au signe simple et évident »

(Michel de Ghelderode)

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe »  , merci merci de votre assiduité.

Notre moment de séparation : La possibilité de vous rendre au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles ,soit le jeudi 21/04 ou le dimanche 24/04, pour y applaudir la merveilleuse et talentueuse pianiste austro-russe : ElISABETH LEONSKAYA.

Elle interprètera le Concerto pour piano de Schumann, une des pièces les plus populaires du répertoire. Ce concerto pour piano, le seul et unique achevé par le compositeur romantique, est considéré comme le prototype de l’œuvre orchestrale pour cet instrument.Ecoutez-là. Un régal !

A tout bientôt !

 

Roger Simons