WARDA -SEBASTIEN HARRISSON-MICHAEL DELAUNOY (RIDEAU DE BRUXELLES) + MURIEL ROBIN


« Y’a des objets qu’on peut pas posséder, c’est eux qui nous possèdent »

WARDA

Une pièce belgo-québécoise !

Une co-production : Théâtre Les Deux Mondes (Montréal) & Théâtre du Rideau de Bruxelles.

Une pièce jouée en anglais et en français.

« We are such stuff as drzeams are made on »

(Extrait « La Tempête »Shakespeare)

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La scène en est une de théâtre sur laquelle on pose un tapis persan et qui, du coup, s’ouvre à tous les possibles.

On voyagera de ville en ville : Londres, Paris, Bagdad Québec et Anvers…

EXTRAIT

Annelen : Goeienavond…Potverdorie…Hebben ze u niet verwttigd ? Mijn assistent had u moeten bellen…

Les langues se mélangent : anglais, français, flamand et d’autres encore…

On va chercher partout, en marchant, en volant ou en montant, à la dernière minute, dans des trains à grande vitesse ; on visitera des boutiques , des ambassades, des palaces et des garde-meubles oubliés ; nos héros , eux, disparaîtront au tournant d’une ruelle d’Orient pour ressurgir, sans explication, sur les quais de l’Escaut…Bref , nous sommes au théâtre et on y est convié…

EXTRAIT

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Hadi : Good morning, Sir.

Jasmin : Sorry , i thought there was nobody, sory… Hi…

Hd : Hi..May I help you ?

Jasmin : Euh,yeah…Atually , lost and…..

Syno : Perdu dans les rues de Londres, Jasmin, jeune loup de la finance débarqué de Montréal, rencontre un garçon prénommé Hadi qui cherche à lui vendre un tapis précieux aux motifs fascinants. Ce qui pourrait être une banale transaction se transforme en une véritable énigme quand le vendeur demande à Jasmin le mot de passe qui conclura le « deal ».

Quête initiatique défiant l’espace et le temps !

Warda nous emmène en un claquement de doigts.

Des rives de la Tamise aux portes de l’Orient et des quais de l’Escaut à l’antique cité de Babylone. Une comédie à la lisière du fantastique où langues et identités s’entrechoquent …

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WARDA – SEBASTIEN HARRISSON, L’AUTEUR.

Né au Québec en 1975.

Auteur, metteur en scène, directeur artistique.

WARDA – MICHAEL DELAUNOY, LE METTEUR EN SCENE.

Né à Liège en 1968.

Auteur, metteur en scène, directeur du Rideau depuis le mois d’octobre 2007…

Michael fête cette saison ses 25 ans de mise en scène.

Happy birthday !

 

WARDA

Michael Delaunoy : Le texte s’est élaboré au cours de plusieurs périodes de travail tant à Montréal qu’à Bruxelles, impliquant l’ensemble de l’équipe artistique, y compris les acteurs qui étaient invités à nourrir, à modifier, voire à réorienter le projet.

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Dans cette coproduction belgo – québécoise, chaque acteur s’exprime à partir de son origine géographique et culturelle : Violette Chauveau et Hubert Lemire sont deux Québécois francophones de Montréal, ChristinaToth est une Québécoise anglophone qui réside à New York, Mieke Verdin , une Bruxelloise flamande coutumière des scènes francophones, et Sali Talbi, un jeune Belge francophone d’origine marocaine vivant à Bruxelles.

QUESTION – REPONSE

Cédric Juliens : »Warda », c’est un conte ?

Michael Delaunoy : L’idée de départ, c’était de raconter l’histoire d’un homme qui trouve sur sa route un tapis, parcourt le monde, comme dans les légendes de tapis vola, et s’en trouve transformé.

Deux conférences radiophoniques du philosophe Michel Foucault ont fourni à Sébastien le point de départ. Plus précisément, dans le texte sur les hétérotopies, le motif du tapis persan représentant un jardin.

Sur cet élément oriental une série de choses se sont greffées. L’idée est venue à Sébastien que ce tapis pourrait être lié à un conte, sans que le spectateur ait nécessairement accès à la totalité de ce conte.

Sébastien l’a réellement écrit et j’ai eu l’envie de l’intégrer dans le spectacle.

Le conte s’est intitulé « L’Art du nouage » et présenté comme ayant été écrit par Anneleen Vanderbrugge, l’un des personnages de la pièce, et traduit du néerlandais par Sébastien Harrisson.

Chemin faisant, « Warda » est devenu l’histoire de la rencontre entre Jasmin et Anneleen, une rencontre improbable entre un jeune loup de la finance qui s’est perdu lui-même en parcourant le monde et une femme mûre , auteure de livres pour enfants , qui vit recluse pour se protéger des autres et du monde.

EXTRAIT

Anneleen : Vous faites ça souvent ? Sonner chez les gens , rester muet pendant de longues minutes ,puis… ?

Je vous préviens, si vous êtes journaliste..

Jasmin : Je suis pas journaliste.

Anneleen : Alors , vous faites quoi de vos deux mains ? Vous n’êtes pas un tueur, mais…Aux toilettes , j’ai pensé que vous étiez peut-être marin. A cause de votre veste… Et de vos mains. Jaime les hommes qui voyagent. Anvers est un des plus grands ports d’Europe…

Jasmin : Vous avez jamais mis les pieds là-bas

Anneleen : Où ?

Jasmin : Bagdad.

Anneleen : Je ne sors plus d’ici depuis longtemps.

Jasmin : Après les explosions , les rues sont vides , le ciel est vide…Les oiseaux sont ailleurs Vous savez rien du monde.

Anneleen : Peut-être. Mais le monde ne sait rien de moi, non plus…

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WARDA évoque les frontières, les frontières géographiques mais aussi les frontières intimes. Il y est question d’identités et des possibilités qui nous sont encore offertes dans un monde dominé par la peur , l’argent et la violence , d’aller réellement à la rencontre de soi-même et de l’Autre.

C’est une œuvre riche et belle, à l’image du tapis du conte…

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EXTRAIT

Colombe : Ton tapis…Montre-nous le…Tu as pris en photo ?

Jasmin : C’est pas mon tapis…

Colombe : Comment ça, c’est pas ton tapis…

Jasmin : Je l’ai pas acheté…

Colombe : Je comprends pas…

Jasmin : C’est pas intéressant…C’est seulement que je suis entré dans la boutique pour demander mon chemin et y’avait ce gars-là, un arabe Ali ou Hadi , je sais plus , il était belge , d’une petite ville , Charles je sais plus trop quoi…

Colombe : Excuse-moi, mais il était arabe ou il était belge ?

Jasmin : Un belge arabe…

Lily : I don’t understand : you were two or three ?

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L’ECRITURE DE SEBASTIEN HARRISSON

Il est intéressant d’en prendre connaissance…

Michael Delaunoy : Historiquement, l’écriture québécoise s’ancre dans des thèmes liés à la réalité québécoise, aux problématiques politiques et sociales qui y sont liées. Un certain réalisme centré sur la cellule familiale caractérise un certain nombre de pièces de ce répertoire. Le travail sur la langue s’en ressent. Mais certains dramaturges appartenant aux générations plus récentes ont amené une diversification des formes, s’affranchissant du modèle réaliste.

LA DRAMATURGIE DE SEBASTIEN HARRISSON

Michael : La caractéristique la plus forte de sa dramaturgie, c’est un mélange des genres très particulier. Il y a chez lui quelque chose de baroque, comme dans le théâtre élisabéthain, mais un baroque d’aujourd’hui, qui mêle subtilement les temporalités et met en place des dispositifs complexes, oniriques des «portes d’entrée» ouvertes sur de nouveaux espaces. C’est un théâtre d’incarnation mais aux identités multiples. Son théâtre allie le meilleur des«deux mondes » d’une part, le monde nord américain, caractérisé par une forme de savoir faire, un art très technique de façonner les dialogues et les scénarios, qui se transmet de génération en génération grâce à des formations en écriture très poussées (qui sesont développées à une époque où chez nous on pensait que le talent tombait du ciel!).

D’autre part, Harrisson est sensible à l’influence de l’autre monde, le monde européen et une dramaturgie plus soucieuse d’expérimentation et de renouvellement des formes que d’efficacité immédiate. C’est donc à la fois un raconteur d’histoires, au sens classique du terme, et un dramaturge animé par un grand souci formel.

Cédric Juliens : La scénographie est conçue autour de ce tapis, à la fois concrète et ouverte à tous les espaces ? 

Michael : Pour le tapis, nous posons le principe qu’une fois que Jasmin met le pied dessus, l’histoire décolle. Ma première intuition était de ne pas montrer le tapis: car toute image qu’on peut en donner sera toujours moins extraordinaire que le fantasme qu’on peut en avoir. Mais, avec Gabriel Tsampalieros, le scénographe, on voulait garder ce rapport sensuel au tapis. Du coup, il y en aura un sur scène, mais monochrome. L’espace se déploie selon un principe de symétrie autour d’un point central. Dans la symbolique du tapis, il s’agit de la fontaine, puis du jardin qui s’épanouit vers les 4 points cardinaux. Ce jardin étant lui-même une métaphore du monde ou du paradis. La scène est donc une reproduction en 3D des motifs du tapis. Tout est joué dans cet espace unique, dans lequel nous avons inscrit deux éléments très importants dans le texte: une porte et une fenêtre, celle-ci se confondant avec le cadre de scène. Ces structures «de passage »relient des espaces qui sont à la fois différents et identiques.

 

WARDA

Une heure trente d’un spectacle différent, nouveau , nous apportant une autre écriture, une autre langue à certains moments , un autre dialogue et la découverte de cinq jeunes comédiens brillants. Et plus particulièrement Mieke Verdin (Annelen) , excellente et drôle dans son rôle de vieille dame.

QUESTION-REPONSE

Cédric Juliens : Si on dit de Warda que c’est « une pièce à clés », c’est juste ?

Michael : Ce serait un pièce à clés dont on aurait perdu la porte ! Sébastien Harisson ne livre pas de sens ultime,   de résolution unique. Parallèlement, il livre une fable particulièrement construite, sans renoncer à la notion de personnage ni même de biographie , biographie certes truffée de contradictions.

En cela , il œuvre a contrario de la tendance dominante du théâtre post-dramatique et du «  tout à la déconstruction «  qui est , il faut bien le dire, devenu un effet un peu trop facile et un peu trop systématique.

 EXTRAIT

Jasmin : …Je me suis retourné. Dans la rue , tout était à la même ^lace . Les commerces , les lampadaires… J’ai reconnu l’agence de voyage, juste en face , avec son néon , alors j’ai travers la rue et je suis entré pour m’informer. Derrière le comptoir, y avait une femme rousse, qui n’arrêtait pas de dire : «  The thing is…

La radio jouait. Un vieux hit , une chanson que Rose aimai « i beg your pardon ».En tout cas , je lui ai expliqué la situation et elle a fini par éclater de rire.

« The thing is ,Young man , there’s no more rug boutique on that street « 

Lily : No more rug boutique ?

Jasmin : Elle m’a raconté qu’au début de l’année, y avait eu une intervention policière. Un jeune djihadiste , que son oncle hébergeait, et qui préparait un attentat.

Les flics ont débarqué et il s’est fait exploser . Lui et son oncle sont morts. Après, ils ont tout rasé ».

Lily : Are you kidding ?

Jasmin : Je sais, c’est…

Lily : Foucault a écrit quelque chose là-dessus…

Dans «  Hétérotopîes, je pense.

Jasmin : Hétéro quoi ?

Colombe : « Hétérotapis ». Eh ben, les philosophes s’intéressent aux…

Lily : Pas top, top…

Colombe : Top , comme top top ?

Lily : Top comme «  over the top » Hétéro-Topie

Colombe : Je suis désolée ma chérie, y faut absolument que tu travailles les voyelles en français...

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GENERIQUE DE FIN

Ecriture : Sébastien Harrisson

Mise en scène : Michael Delaunoy

Avec Violette Chauveau, Hubert Lemire, Salim Talbi, Christina Toth , Mieke Verdin.a

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 Lumière : Laurent Kaye

Scénographie & Costumes : Gabriel Tsampalieros

Création sonore : Eric Ronsse

Maquillages et coiffures : Srge Bellot

Assistante à la mise en scène : LénaÏc Brulé

Assistants stagiaires à la mise en scène : Yanic Duterme et Julia Kay

Régie lumière : Gauthier Minne

Régie son : Nicolas Stroïnovsky

Habilleuse : Nina Juncker

Intervieweur : Cédric Juliens

Production : Compagnie Les Deux Mondes (Montréal) et Rideau de Bruxelles (Belgique)

Jasmin : I don’t speak arabic , don’t speak Flemish, but…Who the hell are you ?

Hadi : Et toi ?

 

WARDA

Jusqu’au 04/05

RIDEAU DE BRUXELLES

Rue Goffaert 7 a – 1050 Bruxelles

Infos Réservation : 02 / 737 16 01

 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe »merci pour votre écoute et vos regards au blog.

Notre moment de séparation : Demain soir à 23h20 sur France 3 : « Le Divan de Marc-Olivier Fogiel » avec en invitée : MURIEL ROBIN.

Bonne soirée et à tout bientôt !

Roger Simons