PÈRES EN SCÈNE… (THEATRE LES RICHES-CLAIRES) + RENAUD

Création Collective / Théâtre de quartier

 

LE PROJET

 

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 Pères en scène, ce sont de jeunes comédiens amateurs rassemblés autour du metteur en scène Mohamed Allouchi, pour une création collective autour des difficultés que rencontrent les pères du quartier, souvent d’origine marocaine, avec leurs enfants, nés en Belgique. Entre décrochage scolaire, incompréhension, décalages culturels, incompréhension, décalages culturels, une         réelle fracture intergénérationnelle s’est ouverte au fil du temps. Ce projet est né à la suite de plaintes de certains pères ne comprenant pas le comportement de leur adolescent.

A travers des scènes pleines d’humour entrecoupées d’interviews filmées des pères, le spectacle propose un double point de vue sur une réalité complexe. Avec fraîcheur, la troupe essaie de comprendre, plus qu’elle ne dénonce, le problème sans pour autant le dramatiser.

LA PIECE…HORS HABITUDE

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 Ce spectacle raconte l’histoire d’un jeune garçon provenant d’une famille d’immigrés, vivant avec sa famille dans le quartier populaire d’Anneessens, en plein centre-ville de

Bruxelles. La vidéo est sa passion. Il réalise des petits sketchs face à la caméra, qu’il poste ensuite sur internet. Aux yeux de son père, cette passion est une perte de temps inutile et ne lui rapportera guère d’argent. Il est persuadé que son fils n’ira nulle part dans la vie avec une telle activité.

Ce jeune homme ne prête pas d’attention à l’avis de son père, et persévère dans sa passion. Il y passe le plus clair de son temps et cette passion l’empêche de travailler convenablement pour l’école. Il n’a pas envie d’étudier car au-delà de sa passion dévorante qui l’occupe entièrement, rien ne parvient à l’intéresser dans l’environnement scolaire qu’il côtoie. Bien au-delà, il ne parvient pas à comprendre l’intérêt d’étudier alors qu’il trouve toutes les informations dont il a besoin sur la toile.

Le décrochage scolaire qui découle de cette situation est mis en scène dans ce spectacle. Pour l’aborder, on découvre, au travers des témoignages vidéo de pères de famille, la vie de ces familles immigrées de la classe moyenne. Ces témoignages montrent ainsi le désarroi des parents face aux nuits blanches des enfants, passées devant un écran d’ordinateur. Parmi les avis énoncés : Internet est une perte de temps et n’a aucune utilité, si ce n’est que pour trouver un emploi ou rechercher un billet d’avion bon marché, les passions ne sont réservées qu’aux personnes qui ont leur frigo plein.

Au fil de la pièce, on découvre les outils que les jeunes utilisent (le téléphone portable, internet et l’univers multimédia en général) à des fins que les parents ne conçoivent et ne comprennent absolument pas. Au-delà, on découvre la perception qu’ont les parents des centres d’intérêt de leurs enfants. Le public prend peu à peu conscience de la fracture intergénérationnelle qui existe entre les jeunes et les parents de ces familles.

D’un côté, il y a la pression paternelle qui veut que l’enfant suive le chemin de la réussite en travaillant (et internet n’a pas sa place là-dedans). De l’autre côté, il y a le jeune qui a des passions et qui est désillusionné face à l’école. Il n’est pas soutenu dans sa scolarité et il subit la violence symbolique des responsables de l’éducation qui le poussent à se réorienter vers un parcours professionnel « sérieux ». Après échec sur échec, le jeune passionné de vidéos finit par accepter le travail que son père lui avait proposé au début. A sa grande surprise, il s’épanouit sur son lieu

de travail car il réalise qu’il peut y exercer sa passion.

L’écran sur lequel apparaissent les témoignages des pères est une manière de faire une relation entre les scènes imaginées par les jeunes et la vérité dite par le père, cela nous plonge dans univers authentique ; et ce dialogue entre les deux antagonistes est un réel moyen de donner la parole aux parents du quartier d’Anneessens.

SUR LA SCENE DES RICHES-CLAIRES…

Il se passe absolument tout ce qui vient d’être énoncé ci-avant.

 

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Le jeu des acteurs dits «  amateurs » – et le terme me paraît excessif car ils sont parfaits dans leurs rôles respectifs – très vrais, sans excès, très vivant, plein d’énergie.6 Ils créent le rire et l’émotion.

 

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INFO

Pères en scène est une création collective qui a été conçue dans le cadre de la commémoration des 50 ans de l’immigration marocaine en Belgique. Les auteurs de ce spectacle, qui depuis des années tentent de travailler au niveau intergénérationnel au travers de leurs activités dans leur maison de jeunes, ont voulu mettre en avant l’implication des parents dans les actions des jeunes. Ils mettent un point d’honneur à l’idée de transmission qui se fait entre les générations et à la relation de responsabilité pour travailler le tissu social et le lien social.

Les pères qui témoignent dans ce spectacle étaient déjà impliqués depuis longtemps dans les activités sportives de leurs enfants, alors pourquoi ne pas les impliquer dans un projet théâtral pour persévérer dans ce travail intergénérationnel ? Grâce à ce travail intergénérationnel, cette pièce aide à comprendre ce qui se passe, elle transporte les gens de l’autre côté du miroir. Avant de juger un jeune issu d’une famille immigrée, il s’agit d’essayer de comprendre ce qui se passe dans sa famille et comment cela se passe. La pièce permet donc d’ouvrir les yeux sur certaines vérités, sur certaines réalités culturelles, économiques ou sociales que l’on côtoie au quotidien mais que l’on ne voit pas, que l’on ne vit pas. Et cela s’adresse aussi bien au citoyen lambda, qu’à d’autres pères ou aux responsables de l’éducation.

Par exemple, il arrive que les parents ne comprennent pas toujours la langue de l’école où qu’ils aient des soucis financiers pour payer certaines activités scolaires, et cela retombe systématiquement sur l’enfant, comme si c’était de sa faute. Alors, avant de blâmer le jeune, cette pièce veut souligner le fait qu’il faut pouvoir se placer de l’autre côté, se mettre à la place de l’autre et exprimer de la tolérance envers lui et sa situation. L’idée n’est pas de dénoncer les clichés, mais juste de dire aux gens de prendre leur temps et d’écouter l’autre, d’écouter ce que le papa pense et dit, avant de porter un jugement. Ainsi, on constate que son père du jeune en décrochage scolaire dans la pièce est derrière lui et tente de le soutenir dans sa scolarité, mais le directeur, lui, considère qu’il ne comprend rien. Bien au-delà, il y a donc toute une interrogation et une réflexion à avoir sur le système scolaire belge. Sans prétention de juger, les auteurs de la pièce se donnent donc le droit d’ouvrir le droit d’ouvrir le débat sur ce genre de problématiques sensibles.

 

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 IMPRESSIONS D’UNE SPECTATRICE

Mijanou :Si je n’avais pas lu le programme du spectacle qui précise qu’il s’agit d’une création collective d’un groupe d’amateurs, guidés par un ou deux professionnels, j’aurais vraiment très bien pu penser que j’étais face à des comédiens de métier. Les rôles principaux sont en effet tenus par des jeunes gens doués, qui ont une présence et un naturel du jeu sur scène vraiment remarquables !  En plus, ils ont un physique qui passe très bien la rampe ! Les dialogues sont savoureux et suscitent de nombreux éclats de rire ! A aucun moment je ne me suis ennuyée : aucune scène n’est trop longue, le rythme est soutenu, le son soigné et vivifiant … le spectateur est embarqué dans la vie de ce jeune Bouchichi aussi désarmant, qu’attachant !  Sa relation avec son grand frère, avec son meilleur copain et avec son père sont mises en scène avec beaucoup de spontanéité, de fraîcheur, de tendresse.

L’alternance entre les moments de vie de cette jeunesse qui a bien du mal à trouver sa voie, et les interviews en vidéo des fameux « pères » dont il est question, rend ce spectacle très vibrant, très émouvant.

Si le spectacle a pour sujet la relation père-fils dans le contexte des familles issues de l’immigration marocaine, il a aussi un aspect bien universel : nous pouvons aussi nous reconnaître dans ce souci pour l’avenir de nos enfants, et nos étonnements face à leur manière de vivre branchés sur internet par exemple !

En tant que spectatrice « belgo-belge » j’ai eu aussi le plaisir de constater que ces jeunes gens nous présentent un humour de leur création, qui a des saveurs aux couleurs un peu surréalistes, disons à la Belgo-Nord Africaine : on se reconnaît dans une manière de se moquer de soi-même, avec tendresse, fantaisie, et sans complexe ! Vive notre petit Bruxelles multi-culturel, dans les richesses de sa diversité … et de ses ressemblances !  Et que cette équipe, issue de la Maison de Jeunes « l’Avenir d’Anneessens » nous reviennent dans le futur avec d’autres réalisations, c’est ce que nous souhaitons aux jeunes qui viennent  de créer l’ asbl « Roue de Secours »  !

Un grand merci à notre spectatrice pour ses propos d’un grand intérêt, et auxquels je me rallie.

 

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GENERIQUE DE FIN

Porteur du projet : Oussamah Allouchi

Mise en scène : Mohamed Allouchi

Avec Ismael Bouchichi, Khalid Kh, Ilyas Mettioui , Chiraz Graja, Dobiz , Yassin D.Chucha , Mohamed Allouchi .

Equipe technique : Mellal Amir , Raimu Marquet, Denis Longrée , Oussamah Allouchi

Photographies : Justine Dauchot

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Un spectacle à l’initiative de l’asbl Interpôle, avec le soutien de l’Espace Magh (dans le cadre de la commémoration des 50 ans de l’Immigration Marocaine), du CPAS de la Ville de Bruxelles, et de la Ville de Bruxelles, de la cellule Egalité des Chances,         CoCof, du contrat de quartier durable Jardin aux Fleurs, et de la Région bruxelloise.

 PERES EN SCENE

Les 8 et 9 à 20h30 , et le 10/04/16 à 15h.

 THEATRE DES RICHES-CLAIRES

Rue des Riches-Claires 24 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 548 25 80


 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe « , merci à nouveau pour votre présence et votre intérêt pour ce blog.

Notre moment de séparation : Le retour de Renaud après une longue absence.

RENAUD est l’invité de Michel Drucker dans son émission «  Vivement dimanche » demain à 14h15. 

Renaud va se jeter à l’eau. Cela ne peut être que passionnant ! Bienvenue Renaud.

A tout bientôt !

Roger Simons