LA BONNE PAROLE DU CURE MESLIER (THEATRE POEME 2 )

…….FAIRE REVIVRE…..

Une création du Poème 2

D’après le Mémoire de Jean Meslier

Avec Alexandre Von Sivers dans le rôle du curé.

 


 

Le curé Jean Meslier (1664-1729) sort de l’ombre. Il apparaît comme un penseur politique et philosophique de tout premier plan.

À l’aube du Siècle des Lumières, ce petit curé de village (celui d’Étrépigny dans les Ardennes françaises) laissait à sa mort voguer à la destinée un volumineux Mémoire, manuscrit de ses « pensées et sentiments ».

C’était une bombe ! Elle éclate enfin aujourd’hui.

Car son Mémoire constitue, à l’époque, la critique la plus complète des incohérences, des abracadabrances bibliques, évangéliques et monothéistes. C’est aussi la première théorie de l’athéisme, du matérialisme philosophique, et la seule œuvre française avant la Révolution à proposer un projet et un programme concret de libération des masses.

Meslier, l’humaniste, comprenait le peuple quand il lui glissait à l’oreille que « tous les grands de la terre et que tous les nobles fussent pendus et étranglés avec des boyaux de prêtres. »

Pour lui, abattre la féodalité et l’absolutisme royal passait par renier l’Église qui les soutient et les bénit. Pour cela, il fallait démystifier les religions, annihiler le dieu des hommes…

« Unissez-vous donc, peuples, si vous êtes sages ! Toutes les religions ne sont que des inventions humaines. La matière ne peut avoir été créée. Elle a d’elle-même son être et son mouvement. Il n’y a point de Dieu. »

Tel est son message. Toujours d’actualité – voire en avance sur notre temps !

Dans une langue à la fois modernisée et d’une grande fidélité au texte de Meslier, Jean-François Jacobs laisse ici exploser la « bonne parole » de ce curé détonnant, dans le corps et la voix duquel se fond – et se confond – Alexandre von Sivers.

4.jpg

Un curé de campagne tout à fait ordinaire

Né en 1664 à Mazerny un petit village des Ardennes françaises, canton de Nouvion-sur-Meuse qui compte aujourd’hui 123 habitants.

Un curé contestataire, révolutionnaire, athée dans le secret de son presbytère…

Sans le proclamer car c’eut été sacrilège voire même suicidaire dans une France contrainte au respect des lois, des princes et de la religion, Meslier avait tourné le dos à ce qui était la raison d’être sociale…

Pour lui, la religion n’était que « mensonge erreur et imposture. »

En Ardenne au XVII ème siècle…

Etrange destinée que celle de l’abbé Meslier qui, comme le docteur Jekyll, le héros du célèbre roman de Stevenson publié en 1886, menait une double vie.

A la fois celle d’un brave curé de province, dévot, pieux attentif à ses ouailles et celle d’un impitoyable pourfendeur des idées qui lui avaient été inculquées au séminaire.

LA BONNE PAROLE DU CURE MESLIER

Adaptation du Mémoire de Jean Meslier, en un monologue théâtral.

Ce texte superbe, très modernisé est écrit par Jean-François Jacobs

JFJ : Ce monologue peut paraître un peu long pour une représentation théâtrale mais déjà extrêmement court pour développer la pensée de Jean Meslier sans la dénaturer.

Les didascalies offrent une ambiance, elles donnent le rythme de l’interprétation que j’ai de ce spectacle.

Cela ne paraît absolument pas long. On suit le texte avec intérêt, avec étonnement, c’est une brillante découverte de ce curé incroyable que fut Jean Meslier.

A l’église ou chez lui ! Réfléchi dans ses propos, ironique, exposant sa haine avec une certaine fureur, une rage frénétique, des éclats de rire…

L’interprétation d’Alexandre Von Sivers est tout à fait extraordinaire, mirifique, unique !

Notre comédien ne joue pas Meslier, IL EST  MESLIER.

UN OUVRAGE QUI AURAIT PU DISPARAITRE

Les textes sulfureux de l’abbé ont connu un bien étrange destin…des copies sont arrivées à Paris où elles ont été distribuées sous le manteau…

LE CURE MESLIER OUBLIE ?

En France, oui mais pas en Russie où il a été traduit en 1924 par les soviétiques, parce qu’ils voient en lui un précurseur du socialisme révolutionnaire.

L’environnement socio politique dans lequel a vécu le curé Meslier peut expliquer bon nombre de ses indignations à l’encontre des abus de la religion et de l’absolutisme outrancier du pouvoir temporel , le monde de Meslier , c’est la France de Louis XIV !

3.jpg

Au début de l’été 1729 , à l’aube du Siècle des Lumières, Jean Meslier , curé du petit village d’Etrépigny dans les Ardennes françaises , laissait à sa mort un volumineux Mémoire manuscrit de ses   « pensées et sentiments »

Tout se trouve dans l’ouvrage publié dans les Editions ACIEN. C’est passionnant et inédit, d’en prendre connaissance :

« Les prêtres et les évêques ravissent les biens temporels de leurs frères mortels sous le prétexte de les préserver dans une autre vie qui n’est point, des peines imaginaires d’un enfer, qui n’est point non plus. »

«Un homme qui n’avait ni science , ni étude , mais qui ne manquait pas de bon sens , m’a dit un jour qu’il souhaitait que tous les grands de la terre et que tous les nobles fussent pendus et étranglés…avec des boyaux de prêtres… »

 » Il est certain que toutes les religions du monde sont des inventions et des institutions purement humaines… »

« Aucun de nos prêtres ou représentant d’autres sectes ne sauraient donner une preuve convaincante de l’existence de leur Dieu. Les fous ! Tous autant qu’ils dont ! Depuis toujours, ils débattent à ce sujet, ils se persécutent à feu et à sang sans jamais parvenir à convaincre la partie adverse »

72 pages ! 180 feuillets manuscrits recto verso de petit format, trois copies emballées dans du tissus et une corde , celle de la Mort !

Une bonne adaptation du Mémoire de Jean Meslier !

C’est incontestablement un pièce à suivre tant pour le sujet (que l’on peut désapprouver) que pour l’interprétation d’Alexandre Von Sivers.

Car, ne l’oublions pas, nous sommes au théâtre.

Devant nous : un acteur !

LE DECOR

Une structure en bois qui définit l’espace de la cure du curé. De la salle, on a un peu l’impression d’être dans une église !

LES LUMIERES

Comme celles d’une église, tamisées.

En fond du plateau, une grande croix !

Le Curé Meslier : Mes idées , elles, vivront…

LA BONNE PAROLE DU CURE MESLIER

Ce spectacle a été créé le 17/03/16 à Bruxelles au Théâtre-Poème2 (Directrice : Dolores Oscari).

Texte et mise en scène: Jean-François Jacobs

Relecture philosophique et historique : Serge Deruette (Professeur d’Histoire des Idées à l’UMONS , spécialiste de Jean Meslier)

Scénographie et costumes (de l’abbé) : Ronald Beurms

Affiche du spectacle : Yves Capelle

Composition musicale (en direct) : Gilles Masson

Avec Alexandre Von Sivers : le curé plus qu’étonnant Meslier.

LA BONNE PAROLE DU CURE MESLIER

Jusqu’au 03/04/16

 

1.jpg

« Au nom…de la matière. Ce que nous sommes, ce qu’il reste, on n’est plus ! »

Un message qui est toujours d’actualité, voire en avance sur notre temps !

 THEATRE POEME 2

Rue d’Ecosse 3 – 1060 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 538 63 58

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe » , merci de votre attention quotidienne au blog.

Notre moment de séparation : Une très belle chanson  de et avec Michel Sardou : »Le curé » . Aucun lien avec celui d’Etrépigny du XVIII ème siècle.

Bonne écoute et à tout bientôt !

 

Roger Simons