FESTIVAL INTERNATIONAL DES BRIGITTINES(DERNIERE) + CASABLANCA ( film)

 

« La danse, un minimum d’explications, un minimum d’anecdotes, et un maximum de sensations ! »

 (Maurice Béjart)

 

 

 

 Chaque année, le Festival International des Brigittines opère une traversée orientée des formes scéniques contemporaines : langages novateurs, univers insolites, formes singulières et originales s’ouvrant à l’imaginaire.

C’est encore le cas cette année !

 Le Festival rassemble des spectacles qui s’articulent autour d’une idée ou qui se présentent comme des objets de pensée, d’invention ou de partage fantasmatique…

 

La suite…

 

VICE VERSA  (COMPAGNIE : MOSSOUX- BONTE)

 

 

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Deux femmes se balancent, soudées, intriquées dans une intimité complice. Elles sont toutes les femmes du monde, se protégeant par leur connivence de la violence des hommes.

Leurs gestes fusionnels se découpent au rythme des quatrains d’une chanson ancienne : une complainte qui raconte la cruauté de la jalousie et la cécité de la vengeance.

Mais l’histoire se perd dans la lancinance hallucinée des corps et le déploiement du geste rend caduque sa trame de violence…

 

Patrick Bonté (Directeur des Brigittines et du Festival) : « Vice et Versa » est le premier volet d’une série de courts récits dansés. , les  Miniatures, que la Compagnie Mossoux-Bonté met en chantier  et ici avec deux de nos interprètes emblématiques : Frauke Mariën et Shantala Pèpe.

 

 

 

FESTIVAL INTERNATIONAL DES BRIGITTINES

 

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 JE SUIS UN AUTRE

 

 

 

 

Catherine Gaudet (Chorégraphe canadienne) : Comment jeter du jour sur la multiplicité et l’ambiguïté  de l’être que masque le vernis de conventions ? Et particulièrement dans les relations du couple ? En les portant à l’incandescence sans doute, en élevant le curseur de l’intensité…

Cette  chorégraphie prend  cette tangente , en laissant les corps s’agacer et s’aimanter l’un l’autre , en montrant avec une certaine crudité les éclats de folie qui nous font partir en vrille, les embrassements soudains , les violences , les tendresses déguisées , les expressivités dérangeantes . Tout est jeu, rien n’est jeu !

 

C’est exactement ce qui se passe sur le plateau théâtre Mezzo.

Lumière faiblarde… on aperçoit étendue sur le sol, un homme et une femme qui s’agitent, qui grognent, qui s’empoignent, qui s’embrassent, qui se brutalisent…

Où en sont-ils ? Font-ils un cauchemar d’une grande brutalité ?  La cruauté va très loin…

 

 

 

 

 Nous, spectateurs, pouvons imaginer cette histoire à notre façon.

 Les deux danseurs : Dany Desjardins et Caroline Gravel sont parfaits. Ils exécutent pendant 60 minutes des figures de danse  difficiles,  des mouvements  périlleux et en même temps , ils nous  font rire. Leur langage est tordu, incompréhensible,  ressemblant à des cris aigus.

L’écriture chorégraphique de Catherine Gaudet met en valeur l’invention et la vivacité  de ses danseurs et sonde d’un regard clair les fonds de l’âme.

 Le final de la danse est tout à fait inattendu …

 

Catherine Gaudet : une excellente chorégraphe !

Dany et Caroline, un fameux couple.

A revoir un jour , j’espère !

 

 

« SHAKE IT OUT » /CUBE ASSOCIATION/CHRISTIAN UBL !

 

 

 

 

 La «  grosse »  chorégraphie du Festival. Enorme et formidable ! Intéressante ! Passionnante ! Brillante avec ses cinq danseurs et ses deux musiciens.

 Conception et chorégraphie : Christian Ubl

 

 

 

Autrichien vivant et travaillant en France, Christian Ubl est tiraillé entre son identité d’origine et celle d’adption.

 

Cette dualité l’a amené à s’interroger sur la nature ce l’identité européenne.

 

Sur le grand plateau  de la Chapelle des Brigittines où drapeaux et « dirndls » habillent les danseurs, les dangereux gestes à l’unisson effacent les singularités tout en crépitant de multiples variations.

 

Apparaissent  deux jeunes femmes  et trois hommes jeunes, tous les cinq  revêtus de costumes et robes traditionnelles. Les deux filles en  paysannes, les trois hommes en  tenue militaire.

 

S’agit-il d’une parodie ?  D’un burlesque ?

 

Tous les cinq ont l’air heureux, se recouvrant même de drapeaux qui représentent l’Europe ? L’un des  militaires    dévore même  quelques-uns de ces drapeaux qui vont recouvrir le plateau.

 

Que se passe-t-il ? C’est la fête qui peut se transformer en tragédie …

 

 

 

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Le gymnique ou la gymnastique rythmique   nous fait penser à une espèce de défilé militaire. Les mouvements sont multiples et deviennent parfois folkloriques.

 

Cette rythme de plus en plus violente nous prend aux tripes mais nous renvoie par devers nous aux démons des propagandes et des sentiments d’appartenance qui  garantissent les chauvinismes et les plaisirs de groupe.

 

Sommes-nous en période de guerre ?  ! Haletant !

 

En détournant signes et symboles pour les intégrer dans un langage chorégraphique qui les dénude, la danse affirme ainsi son pouvoir de subversion et de jubilation aussi . Quelque chose  comme une ode à la joie qui serait aussi un chant critique !

 

Christian Ubl  nous donne  libre parcours de réflexions dans notre imaginaire !

 

Les cinq danseurs/danseuses sont étonnants, plongés dans une chorégraphie d’exception.

 

Voilà qui donne un sang neuf à la danse !

 

 La musique jouée en direct sur le plateau  est étourdissante, vibrante ,  interprétée  par deux fabuleux musiciens complètement déchaînés . L’un  manipule la batterie, l’autre l’ordinateur. Ils se trouvent d’ailleurs dans un petit coin de la scène , très visibles tous deux et c’est bien pour suivre leur travail.

 

La salle – qui fut il y a de très nombreuses années une chapelle –  vibre , tremble  d’autant plus que les cinq danseurs  claquent leurs pieds sur le sol à tout casser !

 

 

 

 

 On peut ressentir cette chorégraphie avec des points de vue  totalement différents.

 

Personnellement, j’ai vu cette œuvre dansante, apocalyptique, érotique à certains moments,  comme un grand spectacle faisant travailler mes cellules grises. J’ai éloigné de moi toute idée d’ordre politique.

 

Un travail gigantesque !

 

Conception et chorégraphie : Christian Ubl

Danse : Séverine Bauvais, Aniol Busquets , Marianne Descamps , Joachim Lorca, Joachim Maudet.

Musique : Fabrice Cattalano , Stéphane Dunan Battandier

Costumes (et drapeaux) : Pierre Canitrot

Lumières : Jean-Bastien Nehr

Assistance à la mise en scène  et régie son : Fabienne Gras

Collaboration  artistique : Ingrid Florin

Production : CUB e Association  Laurence Larcher

 

Voilà une fin de festival sensationnelle !

 

Le Festival 2015 avait pour thème  « Outrages et Ravissements ». Il a tenu  parole !

 Bravo et merci  à tous, et à l’année prochaine !

 

Avant la suite de votre émission/blog  « Les Feux de la Rampe » , je vous propose  une pause de 2’42,  de la danse mais  quelque peu dépassée aujourd’hui…quoique…à chacun son avis !

 

 

 

 

 Après  la danse , du cinéma mais pas n’importe lequel, ni récent. Il remonte à l’année 1942, c’est pas hier.

Le film est signé Michael Curtiz !

 Le titre (bien connu) : CASABLANCA !

 

Les acteurs-stars : Humphrey Bogart , Conrad Veidt et la merveilleuse Ingrid Bergman.

 

Syno :A Casablanca , pendant la Seconde Guerre mondiale, le night club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine , un Américain en exil. Mais cet établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays.

Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Lisa, quelle n’est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie…

 


 

CASABLANCA , c’est ce soir sur ARTE à 20h45.

 Si vous avez un problème, vous pourrez aussi visionner ce film  demain lundi à 13h35

Mais  à noter , toujours sur ARTE( 22h15) le film documentaire qui suivra le film ce soir , consacré à Ingrid Bergman : «  JE SUIS INGRID » . Cela ne peut être que passionnant.

 

Amis de l’émission/blog  «  Les Feux de la Rampe » un grand merci pour votre fidélité et votre intérêt à cette émission.

 

Notre moment de séparation : la chanson du film « As time goes by » Bonne vision et bonne soirée.

A tout bientôt !

 

Roger Simons