LIEBMAN,RENEGAT (THEATRE VARIA)

 « La critique est difficile et la contestation aussi. C’est  pour cela que les contestataires infiniment moins nombreux que les conformistes, ne courent pas les rues. »

 (Marcel Liebman : 1929-1986)

 

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Henri Liebman : Comment en étions-nous arrivés là ? Comment cet homme, ce bon petit juif, qui allait à la synagogue, qui avait fait sa bar-mitsva, ce bon belge, patriote , conservateur, anti-communiste… Comment a-t-il fait pour devenir ce monstre de juif pro-palestinien ?

 

David Murgia  (metteur en scène) : Quand Riton  m’a proposé de l’aider à « accoucher » de ce spectacle, je savais que nous aurions  à confronter deux manières différentes d’envisager le théâtre et  l’écriture, le fond et la forme, l’humour et le sérieux.

Mais je savais aussi que nous cherchions ensemble à raconter une histoire vraie et sincère , une histoire d’une partie de l’Histoire. Et que cette histoire avait quelque chose à nous raconter à tous les deux. Et à tous les autres.

 Chose dite, chose faite ! Et bien faite, totalement !

 MONSIEUR LIEBMAN…

 C’est un juif, mais un juif un peu… spécial, un «  renégat  à la solde des arabes », disent certains. Issu d’une famille juive conservatrice et austère, Marcel Liebman finit par s’affranchir de cette droite dans laquelle il ne se reconnaît pas au contact de la famille de sa femme, des juifs de gauche.

Devenu un brillant intellectuel, professeur de renom à l’ULB et à la VUB, militant marxiste prêt à toutes les révolutions, le père de Riton est solidaire d’un peuple palestinien dessaisi de ses terres.

RITON LIEBMAN, L’ACTEUR …

Sur scène, au-delà d’un portrait du père ou du fils  les souvenirs de Riton nous font écumer les époques , avec l’avant-guerre , l’occupation, les manifestations et les années quatre-vingt, nous confrontent à de vastes thèmes comme le militarisme, le respect de ceux qui marchent à contre-courant, les inégalités. Sans oublier l’importante question de la  filiation : comment parvenir à se construire en tant que fils quand l’image du père est si prégnante  , comment préserver une relation père-fils lorsqu’un gouffre se creuse entre les préoccupations de l’un et de l’autre ?

LIEBMAN RENEGAT

Dans ce seul en scène,  Riton Liebman le comédien , nous interpelle avec audace, humour, et délicatesse sur ces thèmes et  questions qui ont forgé son parcours , à travers un récit hors du commun , orchestré par l’étonnant David Murgia et la mise en musique par Philippe Orivel.

UNE CONFESSION SINCERE

Riton Liebman : Depuis que j’écris, j’ai toujours été centré sur ma propre personne. Mes aventures personnelles étaient au centre de mes préoccupations. Puis un jour, j’ai eu envie de raconter l’histoire de mon père, Marcel Liebman , ce juif de gauche et pro-palestinien. Pas facile, il y en a des choses à dire. Et des souvenirs, j’en avais à la pelle…

ET EST NE CE SPECTACLE FARAMINEUX !

Un spectacle qui aborde les relations père/fils, le militantisme, le conflit israélo-palestinien et d’autres encore.

LIEBMAN OCCUPE LE GRAND PLATEAU DU VARIA

20h30 : Une musique bruyante.. Liebman est en scène avec son musicien, Philippe Orivel,  ils  accordent leurs instruments.

Sur scène : un pupitre pour partitions, une guitare ,  un violon, un clavier ,   des micros , un énorme appareil, style phonographe des années passées avec platine à 33 tours pour les disques vinyles…Et ca décolle !

 Riton Liebman gagne le devant de la scène  avec  un regard faussement  très dur  et sort ses premiers mots qui nous font rire !

 Il raconte ! Il raconte avec haine , avec amour, avec délicatesse, avec véhémence , avec beaucoup d’humour, avec parfois violence, avec humanité , il nous raconte sa vie devenue un spectacle de théâtre !

Il nous fait rêver car plusieurs de ses propos nous replongent  dans notre vie à nous, des moments dramatiques,  des moments drôles, nous finissons  par revivre, le temps d’un instant notre  propre vie et de retrouver notre famille, notre mère , notre père , et comme lui, notre prime jeunesse…

Dans la rue  une vieille dame s’adresse à Liebman :  « Monsieur Liebman, c’est dommage que vous ne soyez pas mort à Auschwitz »…

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 Riton Liebman : C’est l’histoire de mon père, cet enfant juif qui a traversé le nazisme en perdant son grand frère. Mais pas seulement, il y a autre chose aussi. Il y a ma mère  mes sœurs , les cousins , la communauté juive de Bruxelles , avec ses membres dont certains l’adoraient et d’autres  le détestaient jusqu’à vouloir sa disparition…

Et puis,  il y a moi,  ce petit garçon qui adorait son père ,  qui le suivait partout , puis qui a changé.

Quand mon père est mort , j’avais vingt-d ux ans , c’est-à-dire que je n’étais plus un petit mais j’étais quand même un gamin.

A vingt deux ans, je voulais sortir dans les bars , être connu et faire la fête avec mes copains.

La mort de mon père a un peu cassé la fête et aujourd’hui, je me rends compte qu’il y a pas mal de choses à raconter. Il y a tant à dire sur son parcours, sur le mien, sur les rapports entre un homme et son enfant, entre ce grand homme , ce visionnaire politique et cet adolescent qui essaie d’exister. 

Que reste-t-il de cette période où j’écumais les manifs avec mon père et ses étudiants ? Je suis encore à gauche certes mais jusqu’à quel point ?

Aujourd’hui j’ai un fils moi aussi et je vois combien, même si nous nous aimons  il est important pour lui de se faire ses propres opinions. Du coup, j’essaie de l’écouter. Parfois, je m’écarte, je lui fais de la place, j’essaie de ne pas  l’écraser…

Riton Liebman est passionnant à écouter et aussi à regarder , lui tellement plein d’expressions, de mouvements ,  de réactions.

Un  tout grand comédien !

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 Tout ce long travail est à partager en trois personnes : lui , Liebman  qui a eu cette idée de faire revivre son père par la parole,  son metteur en scène David Murgia, ce jeune comédien tout à fait exceptionnel que nous retrouvons dans de nombreux spectacles, et son musicien Philippe Orivel : auteur, compositeur , interprète , scénographe , créateur de lumières et régisseur. Il sort des sons vivants, surprenants avec sa guitare.


 

GENERIQUE

 Une création de Henri Liebman et David Murgia

Texte et Interprétation : Henri Liebman

Collaboration à l’écriture et mise en scène : David Murgia

Composition  et interprétation musicale : Philippe Orivel

Assistante à a mise en scène : Yannick  Duret et Aurélie Alessandroni

Scénographie  : Sarah de Battice

Création lumières et video : Gwenaël Laroche

Régie lumière et video : Gwen Laroche et Arnaud Bogard

Régie son : Benoît Pelé

Un très beau spectacle rare, percutant, que je vous propose de voir dans l’immédiat.

Faites-moi confiance , c’est un spectacle vraiment intéressant , tout à fait remarquable sur tous les plans.

LIEBMAN, RENEGAT

Jusqu’au 07/05/16

THEATRE GRAND VARIA

 Rue du Sceptre 78 – 1050  Bruxelles

Infos Réservations : 02 640 35 50

Amis de l’émission/blog quotidienne, merci  de votre présence.

Notre moment de séparation : Une grand soirée  ce mercredi soir sur ARTE/BELGIQUE, à  partir de 20h55:

Diffusion  du film de Kenneth Branagh  » BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN   » avec Branagh , Emma Thompson et Denzel Washington.

Un film à partir de l’oeuvre de Shakespeare.

Tonique et vivifiant !

S’enchaînent un documentaire inédit  » SHAKESPEARE EST-IL MORT  ? »(22h4O) , à la suite duquel  Arte propose un téléfilm dramatique d’Achim Bomhak , toujours axé sur ce grand écrivain-dramaturge du 17ème siècle   » LA DERNIERE TOURNEE DE SHAKESPEARE « 

Bonne soirée !

A tout bientôt !

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

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Une réflexion sur « LIEBMAN,RENEGAT (THEATRE VARIA) »

  1. Pourquoi l’appelez-vous Riton par-ci Riton par-là ? Pour qu’il ait l’air aussi infantile que possible ? Ou pour avoir l’air, vous, de le connaître mieux que les autres ? Comme ceux qui, dans le temps, disaient « Scut »…
    Pourriez pas grandir ?

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