LA VECCHIA VACCA (THEATRE LES TANNEURS)

 

 

 


 

 

 

SALVATORE CALCAGNO

 

(Auteur/Metteur en scène)

 

Salvatore : Impossible de parler de cette pièce sans un petit détour par ma famille, quelque part entre la Sicile et Charleroi.

 

Ma mère et mes tantes sont dans la cuisine, il fait chaud, ça sent la sauce tomate  «les melenzane alla parmigiana », l’Italie . De la fenêtre entrouverte les voisins doivent entendre émerger des cris. Rien d’affolant ; elles ne se disputent pas, c’est leur façon à elles de parler.

 

Ma mère et mes tantes ne se reposent jamais. Elles ont toujours quelque chose à faire, quelque chose à nettoyer,  quelque chose à cuisiner.

 

On ne peut rien leur reprocher ; elles font tout ce qu’il faut pour être de bonnes femmes, de bonnes mères. Elles ont toujours peur que je meure de faim. Elles s’inquiètent si je ne me ressers pas ; si je ne prends pas de dessert, si je quitte la table trop précipitamment.

 

Tout est prétexte à l’affolement, à l’angoisse. La tête pleine de souvenirs , de rêves et de désirs , ce spectacle part de moi , mais ce que j’ai vécu ou ressenti n’est rien d’autre qu’un prétexte choisi pour raconter une belle histoire : une histoire d’amour.

 

 

LA VECCHIA VACCA

 

 

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Une ode à la femme et à la figure maternelle !

 

Il n’est pas évident de comprendre le lien entre le propos tenu par l’auteur/metteur en scène et  le déroulement de la pièce  animé par de jolies et jeunes femmes.

 

Trois femmes s’acharnent sur un veau qui meugle , tentant vainement d’échapper  à l’inévitable : reproduire , encore et toujours , le schéma de son premier et unique amour : celui d’une mère .

 

Il y a toutes les  formes d’excès, le manque et l’absence du jeune veau deviennent pour ces femmes une pratique quotidienne active.

 

On les voit préparer une collation à «  la Nutella », on les voit tartiner, tartiner et encore tartiner sans jamais s’arrêter…

 

Ce qui est tout particulièrement intéressant,  ce sont les chorégraphies et les gestes rythmés au son de la musique exécutés par trois femmes et un homme.

 

L’histoire tend à faire exploser la palette chromatique, gober  « la Nutella » et avancer librement.

 

 

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Les mouvements scéniques, totalement chorégraphiés, représentent – enfin c’est ce que  j’imagine, le comportement des femmes dont parle Salvatore.

 

Il a obtenu le « Prix de la Critique théâtrale belge – meilleure découverte 2013 ».Cette pièce «  La Vecchia Vacca »  est une obsession , une introspection personnelle autour de  son Italie natale , de sa famille et du soleil , le tout garni de Nutella.

 

Il apporte  une vision tout à fait  particulière d’un transfert : femmes mères : jeunes femmes.

 

Fallait-il vraiment les mettre quasiment nues sur le plateau  et le jeune homme, lui, complètement nu ?

 

Qu’est-ce que  ça apporte à l’histoire ?

 

Cela dit, un très beau travail de recherche dans la mise en scène !

 

Cela dit, une superbe interprétation  des  quatre femmes – qui plus est –  très belles, et du jeune homme.

 

Cela dit, une musique percutante qui envahit la scène durant toute la représentation.

 

Je regrette de n’avoir pas eu l’occasion de voir l’autre pièce  de Salvatore «  Le garçon de la piscine »

 


 

 

 

LA VECCHIA VACCA 

 

Un poème à la figure maternelle !  Un souvenir !

 

«  LE GARCON DE LA PISCINE » relate plus une réalité actuelle, une violence actuelle, le rapport entre notre sexualité et la société.

 

Quels sont les thèmes forts de ce travail ?`

 

Salvatore : L’incapacité de contrôler son désir. Un recherche de liberté quand celle-ci est liée à la sensualité. Le besoin de posséder l’autre. Le «  Each mqn klls the thing he loves »  d’Oscar Wilde.

 

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Pourquoi utiliser la langue italienne dans ces spectacles ?

 

Salvatore : Je choisis d’écrire mes spectacles pour le moment car c’est la façon la plus honnête que j’ai trouvée pour continuer ma recherche. Je suis à la recherche d’une théâtralité, d’un langage et d’une esthétique particulière, quelque chose  qui m’est proche.

Ecrire mes spectacles est un prétexte pour continuer cette recherche. D’autre part, j’écris pour le moment car je ne me sens pas assez mature et prêt pour relater correctement la parole d’un autre.

La langue italienne existe dans mes productions car elle me permet de faire le choix de ce qui doit impérativement être compris par le spectateur, et donc le choix de ce que l’on veut donner à comprendre. Elle existe car elle plante un décor, une ambiance, et par la suite on s’en dégage très vite et le français prend le dessus.

 

Qu’y a-t-il de lui  dans son théâtre ?

 

Salvatore : Toutes mes obsessions. Des obsessions rythmiques et visuelles surtout : les couleurs, le corps des gens, le silence…

 

Le théâtre est devenu un prétexte pour réaliser une recherche personnelle liée à ces obsessions…

 

 

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A voir si l’on est curieux ! A voir certainement si l’on aime une certaine évolution dans le théâtre !

 

A voir pour découvrir le travail d’un jeune auteur et metteur en scène qui apporte incontestablement du neuf !

 

GENERIQUE

 

Ecriture et mise en scène : Salvatore Calcagno

 

Dramaturgie : Douglas Grauwels

 

Scénographie : Salvatore Calcagno avec Christine Grégoire

 

Création lumière : Amélie Géhin

 

Création costumes : Adriana Maria Calzetti

 

Création maquillage : Edwina Calcagno

 

Création accessoires/regard extérieur : Sébastien Corbière

 

Travail musical : Anglo Guttadauria

 

Chargée de production : Gabrielle Dailly utopia 3

 

Voix off : Sophia Leboutte

 

Photos : Michel Bormans

 

Avec : Chloé De Grom , Emilie Flamant , Lucie Guien , Jean-Baptiste Polge et  Coline Wauters.

 

Musiques : (bande son) : Mina- Se telenando—Pepino Gagliardi – T’amo e T’amero – Bogdan Raczynski

 

 

LA VECCHIA VACCA

 

Jusqu’au 20/12/14

 

THEATRE DES TANNEURS

 

Rue des Tanneurs  75 – 1000 Bruxelles

 

Infos Réservations : 02 / 512 17 84

 

 

 

 

 

 

 

DU COTE  DU CINE…TRES LOINTAIN

 

 

« LES SENTIERS DE LA GLOIRE » (Paths of glory)   de Stanley Kubrick , sorti sur nos écrans en 1957.

Avec Kirk Douglas.

 

 

Syno : En 1916 , la guerre  s’est enlisée dans les tranchées. Le général Broulard, commandant de la division, fait miroiter un avancement et incite le général de brigade Mireau  lace un d ses régiments à l’assaut d’une très solide position allemande , la Cote 110/ 2 – et ce, sans renforts ni préparatifs , et avec un bombardement préalable très court, de quinze minutes.

Le régiment , emmené par  le Colonel Dax ,est repoussé par le feu ennemi et doit se replier avec de lourdes pertes…

 

Voilà un film qui fait office de document.

 

Projection à la Cinematek ce jeudi  18/12/14 à 19h30

 


 

 

 

DU COTE DU CINE …D’AUJOURD’HUI

 

«  On souffre automatiquement en créant » ( Mike Leigh) 

 

Son dernier film : TURNER , avec  en tête de distribution : Timothy Spall

 

 

Syno : Les dernières années de l’existence du peintre britannique , J.M.TURNER ( 18ème siècle).

Artiste reconnu, apprécié quoique disipé de la Royal Academy of Arts , il vit entouré de son père qui st aussi son assistant , et de sa dévouée gouvernante.

Il fréquente l’aristocratie , visite les bordels, et nourrit son inspiration  par ses nombreux voyages.

A la mort de son père, dont il est très affecté, Turner s’isole. Sa vie va  cependant changer quand il rencontrera Mrs Booth, propriétaire d’une pension de famille en bord de mer…

 

 


 

 

 

Un film de Mike Leigh se voit toujours avec plaisir.

Il a exploré dans ce film la condition d’artiste ainsi que la condition humaine.

 

 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe »  , merci pour votre attention et votre fidélité sans cesse croissante.

Je vous  abandonne pendant quelques heures et je vous retrouverai avec un grand plaisir.

 

Notre moment de séparation : Je vous conseille devoir ou revoir la pièce de Dominique Breda  NEW YORK », une comédie fantastique .

L’histoire de Max , 35 ans, qui revient sur les lieux où son père s’est suicidé en se jetant sous un train , au même âge , soit  vingt ans plus tôt.

 

Cette pièce se re-joue en ce moment au Théâtre de la place des Martyrs

 

Visionnez à l’instant  ma chronique publiée sur ce blog. Il vous suffit de cliquer sur «  rechercher »  (colonne droite) en précisant le titre de la pièce :  New-York .

En voici déjà un très court extrait !

A tout  bientôt !

 

Roger Simons