LIFE:RESET-CHRONIQUE D’UNE VILLE EPUISEE ( THEATRE NATIONAL )

 

Une jeune femme seule s’invente un double sur internet et s’enferme petit à petit dans un monde visuel. Un univers sonore absolument  fascinant.

Pas un seul mot n’est prononcé par cette femme, on la voit bouger dans son petit appartement, se réveiller, se laver, manger, partir au travail, revenir, toujours sans rien dire.

Une solitude hébétée, faite de gestes rituels et saccadés, qui n’a comme bouée de sauvetage que l’écran d’ordinateur et son avatar dans un monde virtuel !

 

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Fabrice Murgia(auteur/réalisateur) : J’avais une image en moi, celle de toutes les petites fenêtres lumineuses qui brillent dan la nuit lorsque l’on quitte une ville en train.

Comme un assemblage de plein de solitudes qui se côtoient sans se connaître.

J’avais envie de parler de l’une d’elles, de cette solitude des grandes villes, cette solitude si paradoxale dans un univers dominé par l’hyper communication.

Aujourd’hui, il est difficile de vivre sans téléphone portable, sans internet, sans e-mails, tous ces réseaux qui vous relient au monde et vous donnent l’illusion que vous êtes en contact avec quelqu’un alors que vous êtes seuls.

On peut imaginer une jeune femme qui rentre chez elle,  épuisée par le travail. Suivant une habitude, elle va accomplir les rituels quotidiens qui l’aident à garder prise sur la vie et à oublier l’angoisse de la mort. Elle s’est créée une existence virtuelle.

 

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Ce qui est formidable chez Fabrice Murgia , c’est  son imaginaire. Il fait un théâtre cinéma de pure invention qui nous offre un autre théâtre, tout neuf dans sa conception.

Et ici, dans sa dernière pièce, très courte du reste,  il y a un mélange ingénieux de théâtre… « silencieux » , de vidéo et de hautes techniques 3 D.

Nous, spectateurs, nous  recevons ce spectacle avec curiosité dans cet alliage : fantasme/réalité.

 

 

 

 

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Fabrice Murgia : J’ai voulu explorer cet aspect des choses en profondeur. C’est un peu comme un focus sur cette question qui apparaissait déjà dans «  Le chagrin des ogres »

 


 

 

 

LIFE : RESET/CHRONIQUE D’UNE VILLE EPUISEE

 

C’est plein d’inventions, je le répète.

On entre dans la grande salle du National et on est immédiatement submergé  par un son assourdissant qui, pour moi, représente celui d’une grande ville. On voit du reste défiler sur  un long rideau virtuel des milliers de voitures, c’est inquiétant, c’est déjà ce que nous vivons avec difficulté et qui ne fera que s’accentuer hélas.

Noir. Puis, un faisceau de lumière  braqué sur la jeune femme que l’on aperçoit dans sa chambre. Et c’est à partir de ce moment-là qu’on voit la voir se déplacer dans  son appartement.

 

 

 

Fabrice Murgia  a utilisé  extraordinairement les technologies actuelles. Avec  son équipe, il a fait appel aux techniques actuelles pour créer  une série de décors dans lesquels  nous voyons la jeune femme – en chair et en os  vivre sa vie ou sur écran ou même les deux à la fois. On la suit dans sa chambre  sa cuisine, sa salle de bain.

 

 

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 Fabrice Murgia : Je pars toujours de la forme. J’ai d’abord imaginé le dispositif de décors et de caméras à l’aide d’une série de maquettes dans lesquelles j’ai imaginé tous les déplacements du spectacle …

 

C’est génial, il y a quatre vraies chambres entièrement construites de manière  réaliste où  chaque élément est réel : de la cafetière dans la cuisine à la douche de la salle de bain… Et plus étonnant encore : ces chambres voyagent sans cesse sur le plateau , tantôt à gauche , tantôt à droite , avec toujours des faisceaux de lumière très particulières.

Tout est dirigé en direct par Fabrice depuis la régie…Etonnant !

 

Dans ce grand spectacle unique, Fabrice Murgia  floute  magistralement les frontières  entre théâtre et vidéo…

 

 Fabrice : C’est bien le rapport à la solitude et la vie privée instaurée par les  « nouveaux médias » et les réseaux qui n’ont de «  sociaux »  que le nom qui est exploré. La façon dont ils colonisent insidieusement nos existences sans rien alléger pourtant du fardeau de la solitude.

 

Orchestrée par la musique entêtante de Yannick Franck, cette plongée dans l’irréalité est un trip hypnotique où musique , vidéos lumières accompagnent de manière de plus en plus envahissante la déglingue de la machine en surchauffe qu’est cette femme !

Cette femme, c’est  Olivia Carrère , tout à fait remarquable dans son interprétation « muette ». Sans le moindre mot, elle évolue  secrètement dans son univers singulier. Son regard  est  ensorcelant !

 

 

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 « Pas un mot mais une comédienne troublante Olivia Carrère dans un univers visuel et sonore fascinant »  Le Soir)

 «  Le jeune auteur et metteur en scène belge Fabrice Murgia avait surpris avec son premier opus «  Le Chagrin des ogres ». Ce deuxième spectacle confirme son talent à rendre compte des vertiges de l’auto-filmage et des liens tissés sur la toile » (Télérama)

 

Fabrice Murgia continue avec succès d’explorer son chemin de prédilection :

« L’enfermement virtuel ! Magistral ! Comme un coup de tonnerre, la salle se plonge dans le noir  et sur un immense écran défilent des images de voitures sur des grandes voies ! (Toute la Culture)

 

« Par la force de ses images, «  Life : reset » est une pièce qui bouleverse. Elle témoigne d’une remarquable maîtrise des arts plastiques, de la vidéo et de la musique qui s’enrichissent mutuellement. » (Les Trois Coups)

 

GENERIQUE

 

 

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Comédienne : Olivia Carrère

Texte et mise en scène : Fabrice Murgia/Cie Artara

Assistante : Christelle Alexandre

Musique : Yannick Franck

Environnement vidéo : Arié Van Egmond

Scénographie : Vincent Lemaire

Décoration : Anne Goldschmidt, Marc-Philippe Guérig , Anne Humblet

Régie générale : Romain Gueudré

Régie vidéo : Giacinto Caponio

Régie  son : Simon Pirson

Régie lumière : Jody De Neef

Régie plateau : Romain Gueudré , Michel Fisset, Jean-François Opdebeeck, Christelle Alexandre

Création costumes et avatars : Sabrina Harrii

Chant : Albane Carrère

Figuration : Christelle Alexandre et Romain Gueudré

Construction décor : Atelier du Théâtre National.

 

 LIFE : RESET

Chronique d’une ville épuisée /Fabrice Murgia

 

THEATRE NATIONAL

 Bld Emile Jacqmain 111-115 1000  Bruxelles

 Infos et Réservations : 02 / 203 53 03

 


 

 

A noter :

 

Introduction au spectacle le 25/03/14, 30 ‘ avant la représentation

Rencontre après le spectacle  le 26/03/14, à l’issue de la représentation.

Nous quittons  le virtuel pour nous replonger dans notre vie humaine.

Merci de votre attention et de votre fidélité .

Je vous propose cette fois , avant de nous séparer, un extrait du film de Woody Allen: 

«  RADIO DAYS » pour fêter les 100 ans de la radio  et son exposition intéressante qui se tient à Tour et Taxis !

Le 28 mars 1914, la radio belge émettait pour la première fois ! Incroyable !

 

Le film (tourné en 1987)  RADIO DAYS est interprété par Mia Farrow , Diane Keaton, Jeff Daniels.

Thème : En 1943, une famille juive passe son temps , entre deux disputes , à écouter la radio – à travers laquelle la guerre fait irruption dans un quotidien que les émissions aident à oublier. Woody Allen , se penche sur son enfance pour un film magique sur les souvenirs.

Encore deux projections de ce film à la Cinémathèque /Flagey : 24/03  et 03/04 à 17h30.

A voir pour le plaisir, pour Woody plus jeune , pour nos souvenirs…

 

Roger Simons