L’EVENEMENT AU THEATRE 140 : TAUBERBACH

 

Voici un spectacle de danse tout à fait particulier, hors du commun.

Une espèce d’œuvre de compassion.

 

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Ce n’est pas le premier de ce ballet  C de B. J’en ai retenu deux autres dont la forme est semblable au tout dernier «  Tauberbach ».

 


 

 Une deuxième vidéo pour bien entrer  dans cet esprit platélien.

 


 

 

 


 

 Jo Dekmine (directeur du 140) : Ce spectacle est une  projection psychologique de l’idée maitresse de l’œuvre , la vison qu’Alain Platel et sa complice , la comédienne Elsie de Brauw , ont d’une certaine humanité dépossédée.

 

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 Jo Dekmine : Platel opte de continuer à explorer et développer son langage de mouvement connu comme «  la danse bâtarde ».

On essaie de découvrir la gestuelle qui naît au moment où « les danseurs se blottissent dans ce coin du cerveau encore préservé de toute civilisation ».

Cette fois-ci, l’idée de faire cette création émane d’une demande de l’actrice du NTG , Elsie de Brauw  qui voulait réaliser un spectacle  unissant danseurs et acteurs.

 

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 Depuis longtemps, Platel et de Brauw suivent le travail l’un de l’autre.

Le point de départ provisoire est «  Estamira », un documentaire de Marcos Prado racontant l’histoire d’une femme atteinte  de  schizophrénie qui vit et travaille dans une décharge des environs de Rio de Janeiro. Une femme qui a développé sa propre forme de communication,  très singulière.

Pour ceux qui entendent le portugais,  je propose un extrait de ce documentaire  très vrai et très significatif.

 


 

 Cette femme s’est inventée une langue qui lui  permet  de communiquer avec des forces astrales.

 

 TAUBERBACH

 Une déchèterie apocalyptique !

Des danses disloquées remarquablement  interprétées par de fameux danseurs.

Un travail  de trouvailles, d’inventions, de  mise en scène, de mouvements  conçu par Platel et  exécuté par ces cinq artistes de grand talent !

 

Jo Dekmine : C’est le thème de cette création : vivre, survivre avec dignité dans des conditions quasi-impossibles.

 

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 Au-delà  de la souffrance qu’elle visite, chaque création de Platel est un ode à la vie qui nous rappelle l’infinie ressource dont nous disposons, même dans les moments les plus désespérés.

Une vision profondément humaniste et passionnée.

 

TAUBERBACH – UN SPECTACLE ETONNANT ! REMUANT !

 

 

 

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 Dès la première image scénique ,  nous sommes plongés dans une ambiance  vivante,  démente , disloquée, désarçonnant, désorganisée ,  un terrain rempli  de vieux vêtements jetés pêle-mêle un peu partout , cinq tonnes de vêtements, et sur lesquels dansent d’une manière excessive deux jeunes femmes et deux jeunes hommes complètement dégingandés, possédés
Une femme (la comédienne)  les regarde, les surveille , entraînée par tout ce monde en pleine folie.

 

 « Alain Platel prouve une fois de plus  que son inspiration ne tarit pas, qu’il sait s’entourer d’interprètes exceptionnels, que jamais il ne se laissera attraper par le formatage et la bien-pensante , qu’il reste libre avant tout. » (Pariscope)

 


 

 

 

 

 

« Une image paradoxalement flamboyante de dépotoir comme on en voit dans les périphéries et les zones urbaines ultra pauvres. D’emblée, le sujet de « Tauberbach »  est donné. Il est décliné avec acuité, férocité même ,  avec ce talent sidérant d’Alain  Platel pour chorégraphier la pulsation sauvage de la déglingue mentale et de la survie. (Le Monde)

 

TAUBERBACH – UNE POESIE BRUTALE !

 


 

 D’autres sources  d’inspiration pour cette production sont « Tauber Bach », une musique de Bach par des sourds, et les arias de Mozart qui sont chantés en live.

 

J’ai entendu des spectateurs rire aux éclats. Comment peut-on rire en voyant ces  êtres humains  complètement détériorés, casés, dégradés.

A chacun à  recevoir le spectacle comme il le ressent !

 

Jo Dekmine : Le 140 suit le chemin d’Alain Platel depuis «  Bonjour Madame et Moeder en kind » qu’il mena avec Arne Sierens.Que de belles mémoires !

Je fis moi-même un portrait d’Alain pour l’opéra national et il témoigne de mon aventure dans une édition d’Alternatives théâtrales qui fut consacré au 140 en 2010.

 


 

CINQUANTE ANS DE CREATIONS !

 

Une performance pour Jo Dekmine qui poursuit avec  énergie, courage, passion sa magnifique aventure théâtrale.

Chapeau Jo !

 Très bientôt , il vous racontera sa vie  théâtrale des plus intensives  et  son bonheur de gérer son théâtre 140 depuis 50 ans.

A suivre donc !

 

 TAUBERBACH

Conception et mise en scène :Alain Platel

Créé et joué par

Bérangère Bodin

Elie Tass

Elsie de Bauw

Lisi Estaras

Romeu Runa

Ross Mc Cormack

Dramaturgie : Koen Tachel et Hildegard De Vuyst

Direction musicale : Steven Pengels

Création son : Bartold Uyttersprot

Création lumières : Carlo Bourguignon

Costumes : Theresa Vergho

Décor : Alain Platel et Les ballets C de la B

Crédits photographiques  : Jacques De Backer

 

Théâtre 140

Avenue Plasky  140  – 1030  Bruxelles

 

 Je vais prendre congé de Vous pour quelques heures, le temps de découvrir ce personnage , lui aussi très curieux  qui se prend pour Don Quichotte de la Mancha !

Ah oui, la musique avant de disparaître :  un aria de Mozart comme dans la pièce  fulgurante «  TAUBERBACH »

 Merci de votre attention et de votre fidélité.

 

Roger Simons