DECRIS-RAVAGE – ADELINE ROSENSTEIN ( THEATRE OCEAN NORD )

Bonjour à Vous.

 

ADELINE ROSENSTEIN

 

 Une personnalité aux multiples facettes : comédienne, clown,  baroudeuse,  voyageuse qui vit tantôt à Berlin, tantôt en France  tantôt à Jérusalem où elle a étudié le théâtre dans une école israélienne…

 

 Adeline Rosenstein : J’ai de la famille là-bas aussi  Mais c’était entre 1992 et 1995 « dans les années Oslo », ça bougeait , les artistes qui avaient été censurés recevaient des prix , c ‘était  le moment de mettre à l’épreuve mes préoccupations politiques. J’étais proche des militants israéliens qui voulaient un véritable destin pour la Palestine et qui s’opposaient aux accords d’Oslo.

 On parlait d’accords d’Apartheid , cette expression ne faisait pas autant scandale  qu’aujourd’hui. Après l’assassinat de Yitzhak Rabin en 1995, tout a viré vite vers la droite que j’ai  eu un peu honte d’avoir été si virulente.

 Peut-être que «  décris ravage »  reflète aussi cette remise en question : la paix dépendrait donc à ce point de décisions individuelles ?  Pas uniquement de structures géopolitiques, de profit, d’armements , etcetera ?

Ca, le Théâtre peut en parler !

 

 

 

DECRIS-RAVAGE  –  DU THEATRE DOCUMENTAIRE !

 


 

 Adeline : Depuis 2009, je mène des entretiens avec des artistes occidentaux d’âges différents ayant vécu quelques mois en Israël ou en Palestine à différentes époques, durant les mêmes événements.

 Mon projet «  décris-ravage » est né de l’envie de confronter ces entretiens à des extraits de pièces de théâtre historiques en arabe traitant des mêmes événements.

 Passer la parole aux dramaturges issus des pays arabes concernés m’a  semblé le meilleur moyen  de faire place à une perspective non européaniste du conflit.

 La rencontre avec l’auteur et chercheur palestinien Mas’ud Hamdan (Haïfa Uni versity) fut décisive pour engager un travail de recherche et de traduction de ces extraits.

 

 

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Adeline a fait un travail tout à fait extraordinaire. Son défi a été de se passer d’iconographie, de créer un langage théâtral intelligible et supportable à la fois qui ne fige ni la Palestine, ni Israël,  ni dans ses cartes postales, ni dans les photos de guerre, insupportables et souvent illisibles.

Adeline a rejeté également toute photo, toute vidéo, toute projection.

Le texte UNIQUEMENT  et ce, pendant deux heures.

 J’avais très peur au début que ce ne soit ennuyeux, difficile à suivre..

C’est bien le contraire qui s’est passé : deux heures d’écoute passionnantes et pas ardues du tout. Au contraire, même si l’on est pas spécialiste en la matière. Certains propos peuvent nous échapper mais qu’à cela ne tienne,  nous restons

Attentifs, nous l’écoutons, nous la regardons. Elle dégage une  présence, une chaleur humaine, une vivacité , un dynamisme  percutant.

 Nous apprenons beaucoup de choses sur tout ce qui s’est passé au cours des siècles.

 

 Adeline : Reste donc la volonté de comprendre. Or démêler puis refaire le nœud de «  ce qui a bien pu se passer pour qu’on en  arrive là » exige de la patience. Dans le cas du conflit israélo-palestinien, le nœud est gros de plus de cent ans. Il faut à chaque étape du travail , pas seulement en public , mais aussi entre nous et face aux personnes qui nous livrent courageusement leur témoignage , éviter les mots qui agacent , éviter les termes qui découragent , les ironies qui sèment la confusion , les raccourcis qui tendent au lieu de délier.

Après vingt ans indignation virulente, j’ai dû trouver autre chose.

 

DECRIS-RAVAGE – TEXTES COMPILES ET MIS EN SCENE PAR ADELINE ROSENSTEIN.

 

 La grande salle d’Océan Nord  est  vide de  tout objet ou mobilier, à l’exception de sept grands panneaux et de quelques chaises.

Aucune image projetée, aucune carte,  celles-ci  sont montrées par Adeline et quatre de ses collaborateurs par le truchement de signes qui constituent quasiment une chorégraphie…Aucun document.  Seules, les notes prises par Adeline.

 

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Adeline : La parole, le mouvement et le geste sont les seuls vecteurs d’un discours qui tente de remonter aux sources d’un conflit. IL s’agit de se pencher sur l’Empire ottoman, sur l’arrivée de Bonaparte, sur la destinée d’un tout petit territoire. Avec, de façon entêtante , une question  à la fois historique et contemporaine pour fil conducteur : si des artistes accompagnaient Bonaparte dans ses campagnes d’Egypte et de Syrie , qu’en est-il aujourd’hui des   « embedded european artists » au Moyen-Orient ?

 C’est un spectacle qui peut dérouter, amuser aussi , nous informer et c’est bien évident , tout cela sans passion mais avec une brillante intelligence.

 Plus que de conflit,  il est question d’Histoire et d’histoires et comment  , sur une scène de théâtre , on raconte ces histoires-là.

 

 

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 Alain Cofino Gomez (rédacteur du journal d’Océan Nord) :  Quelle est ta définition du théâtre documentaire ?

Adeline : C’est le théâtre dont le texte n’a pas été écrit pour le théâtre. C’est un patchwork, collage ou montage, de textes écrits ou prononcés par d’autres.

Mon travail d’écriture est de l’ordre du bricolage entre ces bouts de paroles et leur conceptualisation. Il s’agit de trouver un équilibre, empêcher que je ne devienne l’auteur, même si, pour remettre ces extraits dans leur contexte historique scientifique ou social, je dois parfois produire du texte, écrire moi-même. Ce travail est en perpétuelle évolution et je m’intéresse de plus en plus à ce qui a à voir avec l’histoire et la représentation de l’histoire…

Ce projet d’Adeline est divisé en petits épisodes, eux-mêmes divisés en petites rubriques prises en charge par des orateurs-trices, en fait les comédiens.

 

ACG : En fait , il s’agit de transmettre quelque chose plus que de faire  spectacle ?

 Adeline : Je crois que ceux qui viendront voir ce spectacle apprendrons quelque chose ; et même s’ils savent déjà , ils seront touchés par ce que le théâtre peut apporter à la conférence. Il faut peut-être rappeler que ce que je  fais , c’est du théâtre , ni en géographie politique et encore moins en linguistique ou en littérature arabe , je ne fais que présenter les personnes qui m’ont renseignée et je suis convaincue que le spectateur qui en sait plus que moi excusera et complétera lui-même mon savoir lacunaire.

Je l’ai déjà dit : pas de cartes,  pas d’images, pas de documents projetés, de photos non plus. Ni de support visuel. Il naît  de cette absence un déploiement de pratiques gestuelles, de chorégraphie et d’approximation qui sont   « émouvantes » : un creuset propice au poétique , mais aussi un espace qui permet au spectateur de s’autoriser la curiosité et le doute. Ce qu’on transmet est à compléter.

La relation qui se crée entre le public et mon personnage de conférencière apporte une dimension qui autorise la transmission apaisée, du moins je l’espère.

 

 

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 Un spectacle-documentaire de grand intérêt mené tambour battant par cette jeune femme extraordinaire, Adeline  Rosenstein.

Un spectacle  hors circuit à voir en urgence.

 

SAMEDI  1er MARS- 16 HEURES

 

Une journée rencontre sur : «  La Question de Palestine sur scène »  avec la participation de nombreux intervenants , spécialistes en la matière.

Comment vont-ils réagir à la mise en scène au théâtre de cette enquête documentaire ?

 L’accès à cette journée rencontre est gratuit. Il vous suffit de réserver vos places au 02 / 216 75 55.

 Et pourquoi ne pas enchaîner avec le spectacle !

 

DECRIS RAVAGE

Textes compilés mis en scène, et interprétés par Adeline Rosenstein.

 Avec Olindo Bolzan, Léa Drouet, Isabelle Nousha et Thibaut Wenger.

 Lumière  espace : Ledicia Garcia

 Œil scientifique : Julia Strutz

 Dessin : Verena Kammerer

 Traduction de l’arabe : Ma’ud Hamdan

 Photos : Michel  Boermans

 Extraits de l’interview Alain Cofino Gomez/ Adeline Rosenstein, publié dans le journal 63 du théâtre.

 Un accueil du Théâtre Océan Nord

 Direction artistique: Isabelle Pousseur

 

DECRIS-RAVAGE

Jusqu’au 08 mars 2014-

 

 THEATRE OCEAN NORD

 Rue Vandeweyer  63/65 – 1030  Bruxelles

 Infos Réservation : 02 242 96 89

 

Ce spectacle se joue sans la moindre musique, ce qui est chose rare.

Avant de nous séparer, je veux néanmoins vous en donner quelque peu avec  la participation d’Hélène Grimaux , une autre jeune femme pleine de talent. Mais vous la connaissez bien sûr !

Je vous laisse en sa compagnie.

Tout bientôt ,  de nouveaux rendez-vous avec le Théâtre…Et comme le chantait Gilbert Bécaud … » qu’il se lève le rideau rouge…

Un petit clique et apparaît  Hélène Grimaux , la  magnifique virtuose pianiste , une femme qui a vécu un certain temps avec les loups.

J’aimerais beaucoup la revoir au Palais des Beaux-Arts…un peu plus tard sans aucun doute.

Merci de votre attention et de votre fidélité.