ALI & NOUS SOMMES PAREILS A CES CRAPAUDS …(THEATRE NATIONAL )

 

…qui dans l’austère nuit des marais s’appellent et ne se voient pas, ployant à leur cri d’amour toute la fatalité de l’univers…

 

 

THEATRE NATIONAL /HEDI THABET & ALI THABET

 

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Ce n’est pas vraiment du théâtre. C’est une rencontre « du   troisième type »  avec deux poète acrobates ,  Hedi Thabet et Mathurin  Bolze  qui , autour de quatre béquilles , une lampe ,  une chaise et un morceau de rébétiko clandestin nous entraînent dans un spectacle à couper le souffle.

 

 

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C’est des plus impressionnant ! On reste calé sur sa chaise dans une émotion totale.

 

 

 

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Le travail qu’ils exécutent est  surprenant , captivant car Hedi Thabet est un unijambiste ( perte de la jambe gauche à la suite d’un cancer) et le voir faire ainsi ses acrobaties est secouant.

 

 


 

 

 « Nous sommes pareils à ces crapauds… » est le deuxième spectacle d’une tout autre forme , axé également sur de violentes acrobaties. Ils sont toujours deux, mais vient les rejoindre la danseuse Artémis Stavridis,  qui évolue aussi dans de superbes mouvements délicats  et raffinés.

 

 

 

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Bien que créées à cinq années d’intervalle, ces deux pièces sont intrinsèquement liées, se répondent et établissent un dialogue acrobatique autour de l’altérité, de l’ambiguïté et du désir.

C’est d’une grande beauté et d’une grande sensualité.

 

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Tous trois sont accompagnés par un orchestre de quatre musiciens dirigés par Sofyann Youssef qui mêlent à la fois des musiques populaires grecques des années 20 , le rebétiko , ainsi que des compositions du tunisien Cheikh El Afrit .

 

 

 


 

 

 

Au centre de l’histoire, dans une certaine pénombre, une jolie femme en robe blanche (une robe de mariage…) et deux danseurs sur trois  « pattes »  qui se lancent dans un époustouflant  corps à corps, toujours d’une certaine violence.

Aucune parole , aucune voix ne se fait entendre, c’est de la danse acrobatique qui traduit l’amour , le désir , la liberté ; ils s’affrontent  avec fureur, virulence au rythme de musiques ensorcelantes !

 

 

 

 

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Un ballet mouvementé, une débauche d’impulsions et de force.

Et une fois encore, c’est terriblement émouvant de voir les jeux d’acrobatie d’Hedi Thabet sur une seule jambe.

Une façon de faire comprendre toute la fatalité de l’univers.

L’ensemble réglé par la Compagnie Mpta dont Mathurin Bolze est le fondateur. Il s’interroge toujours sur les arts du cirque et de la scène avec le désir que les affinités artistiques et  humaines  soient motrices de cette recherche.

 

« Une femme et deux hommes traversent comme autant de costumes la symbolique du mariage. Face à eux, un orchestre : quatre musiciens grecs et tunisiens oscillent entre le répertoire rébètiko et celui du tunisien Cheik el Afrit. »( Extrait de « Fureur et mystère » de René Char – 1948)

 

ALI : une forme hybride pour donner à voir ce mouvement d’interrogation de l’autre, pour rire devant l’effrayant parce qu’il y a là une bête de foire, un freaks qui rôde , en chacun de nous et à nous deux.

 Un spectacle passionnant, empoignant , des mouvements de danse  diaboliques.

Un spectacle à voir sans réticence aucune.

 

 

 

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ALI  & NOUS SOMMES PAREILS A CES CRAPAUDS QUI…

Hedi Thabet et Ali Thabet/Artemis Stavridis/Orchestre de Safyann Youssef.

Jusqu’au 1er mars 2014

 

THEATRE NATIONAL

Boulevard Emile Jacqmain  111/115  100  Bruxelles

 Info Réservation : 02 / 203 53 03

 


 

 

Le Théâtre à Bruxelles, c’est formidable de par le nombre de théâtres et la diversité  des pièces sélectionnées.

Ainsi, après ce spectacle de force du National , je vous parlerai du comédien nommé Philippe Duquesne ,  qui rend hommage à Serge Gainsbourg  au Théâtre Wolublis. J’en profite pour programmer le grand Serge pour notre fin de rendez-vous quotidien.

Merci de votre attention et de votre fidélité. Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre ce blog des Feux de la Rampe.Je vous en remercie.

 

 Roger Simons