JOSEPHINE BAKER EST REVENUE…

 

CAFE THEATRE LA SAMARITAINE


MELISSA BRUSCELLA


Melissa : Joséphine Baker, une dame de tête, de liberté, de combat, d’amour, d’humanité…


Je vous remercie Melissa d’avoir un conçu tout un spectacle à cette femme délicieuse que nous n’oublierons jamais.

 Je l’ai souvent interviewée et à chaque fois, je l’ai quittée dans un certain bonheur.




EXCEPTIONNELLEMENT

 

En avant première, je vous propose la lecture du texte que j’ai publié dans mon bouquin «  Les feux de la rampe »…

 

C’était dans  un grand music-hall parisien : BOBINO. Jean-Claude Brialy était également présent.

 

« Me revoilà Paris

« Ca fait longtemps qu’on ne s’est vus

 « Me revoilà Paris

« Dis-moi, comment me trouves-tu ?

 

J’ai rendez-vous avec Joséphine Baker sur le coup de 16 h.

J’arrive au théâtre et je la vois en pleine répétition.

Jean-Claude est  sur le plateau. Il me fait un petit signe amical de la main. Quelques minutes plus tard : 

Jean-Claude  Brialy : OK, tout va bien ma chère Joséphine.

 (à l’équipe) Allez, repos pendant une demi-heure.

 Joséphine doit se détendre. Et tu vas être interviewée par un ami de la radio belge chère Joséphine.

 Je les suis tous les deux et je me retrouve dans une loge   garnie de dizaines de photos de la star.

 Je l’embrasse. Je la connais bien  la belle Joséphine. Je l’ai  interviewée de nombreuses fois.

 Elle est toute en sueur, son nouveau spectacle est très physique, en plus de chanter et danser,  elle fait des acrobaties énormes, difficiles, dangereuses …Mon ami Jean-Claude la protège avec amour.

 J’installe mon Nagra et je commence l’interview. Quelle joie de la regarder et lui poser des questions auxquelles elle répond avec enthousiasme.

 Jean-Claude nous écoute avec attention et sourire. Elle est épuisée. Jean-Claude me dit avec son sens professionnel :

 Jean-Claude : Je ne voudrais pas interrompre cette passionnante conversation avec ma  grande chérie mais elle doit reprendre la répétition.

 Merci Joséphine. Je viendrai à la première. Bon  travail.

Elle nous embrasse tous les deux.  Elle est heureuse de retrouver Paris  et le public parisien qui l’adore. Nous aussi en Belgique. Je quitte le théâtre et  je me promets bien de revenir l’applaudir quelques jours plus tard à Bobino.

 Hélas, je ne la reverrai plus.

Quarante huit heures plus tard, Joséphine est  terrassée par une hémorragie cérébrale. Son cœur a craqué. Elle en avait  fait trop !

Nous avons tous eu l’impression dans le métier d’avoir perdu une camarade,  une grande amie.

Jean-Claude Brialy : Tout petit,  j’ai vu Joséphine aux Folies Bergères,  au Casino de Paris, à l’Olympia. Je l’ai toujours admiré et trouvé extraordinaire. C’était une meneuse de revue exceptionnelle et en plus, une très jolie femme.

Quand elle est arrivée à Paris pour la première fois en 1925, au Théâtre des Champs-Elysées avec «  La Revue Nègre », elle est devenue célèbre du jour au lendemain  avec ses bananes  et sa voix exotique. Et puis on a découvert une personnalité à la fois drôle, acrobatique : elle dansait, elle chantait comme une vraie artiste de music-hall.

Mais on a aussi découvert une femme généreuse et qui s’est battue longtemps contre le racisme. Elle a été de grande influence en Amérique, une influence qui s’est répandue également en Europe.

 Et tu le sais bien, elle a élevé  douze enfants  de toutes les nationalités, de toutes les races pour nous prouver qu’on pouvait vivre ensemble sans heurt et sans distinction.

 Elle avait un petit musulman, un petit juif, un petit noir…

Mais on a été horrible avec elle, on l’a ruinée, on l’a escroquée, elle a dû vendre son château des Milandes qu’elle avait acheté pour les gosses avec son argent. Elle a perdu à l’époque un milliard de francs anciens.

 Elle s’est retrouvée  du jour au lendemain sans rien, sans argent, sans amis avec « ses » enfants sur les bras.

Je voulais faire quelque chose pour elle, l’aider. On m’avait proposé une boîte de nuit qui est  aujourd’hui « La Belle Epoque », rue des Petits Champs à Paris. Tout s’est bien arrangé ! Elle a eu alors l’occasion de faire des galas. On reparlait d’Elle. Et la Princesse Grâce de Monaco l’a soutenue. Joséphine a pu remonter la pente et retrouver Bobino où elle a fait un véritable triomphe.

Tout le monde venait l’applaudir : Jacques Brel, Anna Magnani, Marlène Dietrich, Visconti et tant d’autres…

Joséphine avait retrouvé son énergie, sa vitalité, son enthousiasme, son courage. Elle se produisait dans ses shows le soir et la journée, elle s’occupait de « ses » gosses, elle faisait la lessive avec un vieux  turban sur la tête – on lui aurait donné deux sous – on la taquinait en lui disant que c’était la case de l’oncle Tom…

 Elle était increvable. Elle se reposait parfois à la façon des chameaux.  Il lui arrivait de s’asseoir par terre sur le plateau, en tailleur, elle dormait pendant dix minutes puis elle repartait de plus belle.

Le Général de Gaulle l’aimait beaucoup.  Joséphine avait accompli des missions incroyables durant la guerre. Décorée de La Légion d’Honneur ! De Gaulle voyait en elle une héroïne.  Il avait beaucoup de respect pour la femme en dehors de son talent de chanteuse  et de meneuse de revue.

 Quand il a appris qu’elle était dans une situation des plus difficiles, il a demandé à ce qu’elle vienne le voir. Le Général lui a dit : « Je sais que vous avez de graves problèmes financiers, je vais voir si l’on ne peut pas arranger cela. La France vous le doit bien. »

Joséphine a refusé et elle lui a dit : «  Mon Général, j’ai fait des bêtises, la France n’a pas à les payer ».

C’est la Princesse Grâce qui a ordonné qu’elle soit enterrée au cimetière de Monaco…Grâce Kelly  avait souvent aidé l’artiste en subvenant  – avec  délicatesse et discrétion à ses  besoins. Mais elle ne l’avait jamais dit à personne. 

 Si  tu le permets Roger, j’aimerais encore dire que Joséphine a été un cas très particulier. Je n’avais jamais vu quelqu’un travailler avec autant d’ardeur, d’enthousiasme et de bonheur.Joséphine Baker, c’était d’abord le talent mais je pense qu’on ne peut pas avoir un don et un talent si on ne travaille pas d’arrache-pied  et avec le sourire.

Je venais de rentrer à Bruxelles lorsque j’appris  la mort de Joséphine. J’ai  demandé à la direction que l’on diffuse le jour même l’entretien qu’elle m’avait accordé avec tant de gentillesse et de franche amitié. Joséphine avait 69 ans !

 Jean–Claude Brialy : Merci à toi de rendre cet hommage à Joséphine.




 

 Le spectacle de Melissa est à la fois du théâtre et du music-hall.

Melissa, un phénomène de scène !  Une folle énergie! Une présence scénique totale. Qui plus est, elle est belle à craquer. Elle a la danse dans le  corps. Elle reproduit tous les mouvements de danse qu’exécutait l’extraordinaire Joséphine.

 Elle nous raconte des moments de la vie de Joséphine, des moments de joie , de bonheur, de réussite , de tristesse.  Elle le fait avec simplicité, sourire et drôlerie, comme le faisait Joséphine. Melissa  fait une  part importante dans sa narration en ce qui concerne le racisme.

Elle est souvent émouvante.

Il y a une chaleur humaine qui se dégage chez Melissa.

 Elle est accompagnée en douceur, par un jeune accordéoniste, lui aussi sympathique et discret : Simon Danhier ancien étudiant- lui aussi- du Conservatoire de Mons)

 Indépendamment du talent du musicien, Melissa a été conquise par son naturel sa spontanéité et son originalité.

Une heure de plaisir, avec le talent de Melissa et Simon, sans micro,  quelle chance !

On baigne dans l’intimité, le calme, le plaisir de l’écouter et de la regarder dans ses nombreuses danses. Elle est sincère, souriante et , je le répète , fort belle de l’extérieur mais aussi du dedans de son cœur !

 Je lui espère et souhaite une belle carrière qu’elle mérite  sans conteste.

 Je revoie dans mon cœur cette artiste que nous avons tant aimés : Joséphine Baker.

 Cela peut vous faire plaisir, je l’imagine, d’écouter une chanson encore interprétée par Joséphine Baker.

 Merci de votre attention et n’oubliez pas : Mélissa à la Samaritaine.

 

 JOSEPHINE

 

CAFE THEATRE LA SAMARITAINE

 Rue de la Samaritaine  16  – 1000  Buxelles

Infos Réservation  auprès de la patronne, Huguette Van Dyck : 02 / 511 33 95

 

Roger Simons


 

 

 

 


 

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