CELUI QUI SE MOQUE DU CROCODILE (THEATRE DES MARTYRS)

 

 CELUI QUI SE MOQUE DU CROCODILE N’A PAS TRAVERSE LA RIVIERE.

 

GUY THEUNISSEN

 

François : Quand tu arrives dans un continent que tu ne connais pas, tu arrives sur la pointe des pieds. Tu ne sais pas ce qu’il y a de l’autre côté de la rivière et pourtant, il faut bien que tu traverses…

Guy : Celui qui se moque du crocodile…

 François :…n’a pas traversé la rivière. On ne sait pas où on débarque , on n’en sait que ce qu’on nous en a dit , ce que les voyageurs qui t’ont précédé ont bien voulu t’en dire.

 Lui, Guy, est belge , originaire de Hasselt  mais qui a vécu  principalement à Liège.

 Lui, François  est africain, originaire du Cameroun mais qui a et qui vit en Belgique…

 François : Histoire…

 Guy : Raconte…

 

Et ils vont nous la conter leur histoire à chacun.

Et ils vont nous la faire vivre leur histoire…

Et c’est tout simplement extraordinaire, merveilleux, attachant, émouvant, drôle.  Ils sont étonnants  ces deux hommes de race différente, tous deux comédiens, metteur en scène et directeur de théâtre.

 Deux hommes qui se sont attachés l’un à l’autre dans une fraternité,  une communion,  une union, une solidarité  indissolubles.

 

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Ce spectacle d’exception  est interprété par deux comédiens qui jouent leur propre rôle.

Ce ne sont donc pas des personnages fictifs et  qu’on entend habituellement. Il n’y a donc aucune construction de personnage.

 Guy et François jouent au plus près  de ce qu’ils ont dans la vie réelle.

 

 HISTOIRE…RACONTE !

 

Un bonheur de les voir raconter leur histoire , vécue  différemment bien entendu, étant chacun  de l’autre côté de la rivière.

Ils sont drôles, profondément humains, irrésistibles, intelligents et   talentueux tous les deux, à part égale.

Tous leurs propos sont intéressants et nous font découvrir comment vivent les hommes, qu’ils soient  blancs ou noirs.

Ils ont l’art de raconter.Ils ont l’art aussi de danser à l’africaine.

 

 

Guy Theunissen : Cette «  traversée… » est le sujet  de notre  spectacle : une interrogation sur notre mémoire , celle qui nous est propre et celle qui est commune à l’Histoire qui a marqué nos pays, nos communautés d’appartenance .

 François Ebouele : C’est le récit de nos larmes lors de la chute du mur de Berlin, des larmes   amères pour moi, des larmes de joie pour Guy.

 Guy : C’est le récit des grandes et petites histoires qui nous ont traversés : la rencontre d’une femme dans les rues de Dakar…

 François : une dernier bière dans un aéroport, une visite au musée du Louvre…

 Guy : un voyage en taxi clando, un instituteur…

 François : Mais aussi Indépendance Tchatcha …

 Guy : Rostropovitch , Césaire, la dette , Mitterand …

 François : Sankara, le discours de Christine Taubira , Lumumba ,  le but de Vanderelst à la coupe du monde de Mexico.

 

 Et ainsi de suite pendant  une heure trente  dans des mouvements scéniques amusants.

 On rit beaucoup, souvent  mais  l’émotion surgit à certains moments lorsqu’ils évoquent leur amour filial.

 

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Je ne vous en dirai pas davantage, j’aimerais en toute sincérité que vous voyiez  ces deux comédiens, je dirais plus : ces deux  êtres  profondément humains dans leur spectacle.

Croyez-moi, vous vivrez un moment qui  restera dans votre  mémoire.

 Merci Guy , merci François…

 

HISTOIRE…RACONTE…

 Le texte de cette pièce est publié aux Editions du Cerisier (Cuesmes/Mons) dans la collection «  Théâtre-Action »

 

 CELUI QUI SE MOQUE DU CROCODILE N’A PAS TRAVERSE LA RIVIERE

 

Direction artistique et texte : Guy Theunisen/La Maison Ephémère

 Mise en scène : Brigitte Baillieux/Yaya Mbile Bitang

 

A vous revoir!

 

 

 

 

 

DEUX PIECES EN UNE

 

 

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Début du vingtième siècle …

 

1908 : «  Feu la mère de madame »

 1911 : » Mais n’te promène donc pas toute nue »

 

 DEUX FEYDEAU 

 

 

 

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Je pense que tout le monde a vu,  enfin tout au moins les amateurs du théâtre  de boulevard et du théâtre du vaudeville, ces courtes pièces de l’illustre Feydeau.

 

Patrick Pelloquet (metteur en scène) : Il faut se laisser embarquer sur le manège qui accélère à chaque tour jusqu’au vertige, jusqu’à l’implacable folie qui nous dépasse.

Il faut accepter d’accompagner ces personnages qui enclenchent, malgré eux, une infernale machine à problèmes, qui finit par les laminer.Leur lâcheté et le manque  de confiance les poussent à  mentir plutôt que d’affronter l’autre. Les maris sont couards, trompeurs et benêts, les femmes irresponsables, capricieuses et jalouses.

En fait, il y a deux Feydeau : le noctambule qui passe ses nuits chez  Maxim’Maxim’s » , celui qi a écrit «  La dame de chez Maxim’s »…et Feydeau, le mari de madame Feydeau qui fut en quelque sorte sa muse , c’est le Feydeau des petits chefs-doeuvre en un acte dont   « Feu la mère de madame »  et « Mais n’te promène pas toute nue ».

 

 

 

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Concernant  « Feu la mère de madame », la pièce a été reprise la saison dernière au Théâtre Royal du Parc, mais adaptée quelque peu  à notre époque.

Concernant «  Mais n’te promène donc pas toute nue », Feydeau y pousse à l’extrême l’observation de la vie intime au quotidien et crée ainsi  un nouveau genre : « la farce conjugale » 

 Il est vrai que je m’en suis fait la remarque : le ton est différent, l’argument de la pièce  est nettement plus développé  et traite surtout de la femme.

 Et cette deuxième pièce qui, à Spa,  au Festival, s’enchaîne à la première avec une pause de quelques minutes, le temps de changer le décor.

 

 

 

 

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 Les critiques de l’époque sont excellentes pour les deux pièces.

 

« L’agrément du dialogue, la vivacité des répliques , la drôlerie des quatre personnages procurent aux spectateurs « une heure de folle gaieté de rire inextinguible  et évoque le génie comique de Feydeau »

 C’est bien vrai, je me rallie à cette critique d’il y a plus de cent ans. La pièce est toujours porteuse d’un rire constant.

 « Les critiques s’aperçoivent que Feydeau poursuit ici la peinture d’un personnalité très voisine de celle qu’il avait évoquée dans  « Feu la mère de madame ».

 

C’est vrai également mais  je trouve que le scénario est plus consistant, traitant aussi du sujet de la femme  plus moderne qui se déshabille  devant son jeune fils  sans souci, ce que lui reproche son mari, et en même temps il aborde la politique, légèrement bien entendu.

 Bien sûr, l’élément important dans cette pièce, c’est la piqûre d’une guêpe  sur le haut de la cuisse  de la jeune femme qui demande à être  « sucée » …

 Irrésistible ! C’est le fou rire dans la salle.

 

 FEU LA MERE DE MADAME  – MAIS N’TE PROMENE DONC PAS TOUTE NUE / FEYDEAU

 

On ne raconte plus la vie de cet auteur qui a été malheureux et souffrant une bonne partie de sa vie.

 

LA QUESTION DU VAUDEVILLE

 

Patrick Pelloquet(metteur en scène) : Feydeau a du conscience – avec ses deux courtes pièces d’avoir gagné le pari qu’il s’était fait avec lui-même un an auparavant : sortir du vaudeville où il était passé maître pour inventer un genre dans lequel il n’excellerait pas moins.

 

Une heure de spectacle, un acte bourré de discussions mesquines , de querelles stupides où se révèlent sans fard l’agressivité et l’amertume de l’épouse, l’égoïsme et l’irresponsabilité de l’époux.

 

Mais par un  étrange paradoxe , de ce huis clos conjugal parfaitement féroce , Feydeau arrive , grâce à l’accumulation de détails triviaux, à dégager un comique si puissant qu’il parvient à masquer à une part importante du public la noirceur de la peinture…

 

 « Quel dommage qu’on ne puisse pas avoir un amant sans tromper son mari »

 Citation de Georges Feydeau ou de son épouse ?!

 

 DEUX PIECES EN UNE, UN CADEAU !

 

Excellente double mise en scène par Patrick Pelloquet.

 Excellents comédiens français, chacun parfait dans  son personnage.

 C’est une production  du « Théâtre Régional des Pays de la Loire ».

 

Les acteurs :

 Jean Marc Bihour , Pierre Gondard, Gwennaël Ravaux, Georges Richardeau, Sylvie Tamiz, Patricia Varnay et le metteur en scène/comédien : Patrick Pelloquet

 

( les 11, 12, 13 août à 20h30.)

 

«  Il n’y a que dans les courts instants où la femme ne pense plus du tout à ce qu’elle dit , que l’on peut être sûr quelle dit vraiment ce qu’elle pense. »

 

Citation, c’est sûr et certain, de Georges Feydeau !

 

Rideau

 

 

Roger Simons