LA TURNATA (FESTIVAL BRUXELLONS)HERVE GUERRISI + JULIE DEXTER

 

(republication)

LA TURNATA 

 

Une œuvre de Nicola Bonazzi et Mario Perrotta dans une traduction adaptation et interprétation d’Hervé Guerrisi

 « Si tu es un émigrant, la première chose que tu dois apprendre est la différence entre passer au pays et entrer au pays… »

Nous retrouvons cette brillante équipe pour nous parler de cette Italie méconnue. Il s’agit en fait du deuxième volet de ce projet, le premier étant CINCALI qui évoquait  la vie des mineurs italiens en Belgique  dans l’après-guerre à l’époque où la perspective d’un travail « bien rénuméré »  pousse toute une génération au déracinement volontaire  et à l’exode économique. 

Vous avez certainement déjà vu ce spectacle remarquable joué, je dirais plutôt vécu par Hervé Guerrisi, prodigieux comédien.

 

Paul Freitas(chroniqueur-2013) : Dans une verve typique du sud, de la Calabre , Hervé Guerrisi captive notre attention tout au long de son spectacle sur la dure condition de l’immigration italienne qui croyait en une nouvelle Amérique .

 

Seul sur une chaise, il nous raconte la déportation de ces hommes, leur exploitation. Laissant femmes et enfants derrière eux, ils ont trouvé l’enfer.

 

Avec son talent, sa générosité et sa vitalité, Guerrisi , dans la peau du facteur, dernier homme au village , nous livre le dessous des cartes.

 

Un pan occulté de l’histoire du travail en Belgique nous est  révélé !

 

 «  N’oublie jamais que tu es petit-fils de mineur italien »

 

 Cette phrase maintes fois entendues pendant son enfance, a entrainé Hervé Guerrisi sur les traces de son histoire, de Bruxelles jusqu’au Salento , tout au fond du talon de la botte.

 Son récit est plein d’humanité et d’une poignante simplicité. Et quelle justesse de ton et de propos intéressants, troublants et souvent inédits.

Tout sonne  vrai, la mise en scène ayant été confiée aux deux auteurs, Nicolas Bonazzi et Mario Perrotta.

 

(Journal Le Soir) : Si le texte frappe si fort, c’est qu’il mêle des faits historiques d’une terrible réalité à une narration pleine d’espièglerie, de détails cocasses sur les péripéties amoureuses de notre facteur, d’expressions fleuries.

 

 LA TURNATA

 

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Deuxième volet. C’est le retour d’ Hervé Guerrisi pour la suite de son parcours sur l’émigration italienne, cette fois en Suisse !

 Et  Hervé est toujours assis sur une chaise, sans la quitter un seul instant.

 Il commence son récit avec un certain humeur,  un ton amical envers le public  qui établi immédiatement un contact passionné entre  lui et nous, spectateurs. Il est souriant et extraordinairement vivant !

Et son deuxième spectacle axé sur ce sujet important de l’émigration italienne fait mouche.

 

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 LA TURNATA  (LE RETOUR)

donne la parole aux milliers de travailleurs saisonniers en Suisse et nous interroge sur les conditions d’accueil lamentables de la fin des années soixante , et plus spécialement l’année 1969,  au moment où  les  astronautes américains ont débarqué sur la lune.

Et son interrogation se poursuit jusqu’à nos jours.

 

 LA TURNATA – CREATION MONDIALE EN LANGUE FRANÇAISE

 

Hervé Guerrisi est passionnant, non seulement à écouter mais aussi à regarder. Il fait preuve d’une vivacité, d’une vigueur, d’une violence parfois, d’un souffle de vérité, d’authenticité tout à fait étonnant.

Et il est drôle souvent lorsque qu’il parle de toute cette famille italienne démunie. Il a le sens profond de l’humain !

 

 

Hervé : Dans le dialecte de Lecce, il existe deux mots distincts pour indiquer la même chose : la  ennuta et la turnata !

La « ennuta », c’est juste une visite, le temps de passer faire un coucou sans voir personne, sans reconnaître l’endroit d’où tu viens pour repartir le plus vite possible.

 La « turnata » par contre, c’est tout autre chose. Ca veut dire que tu as rejoint ton objectif, tu t’en sorti, tu peux prendre le temps de reconnaître les gens que t’es sûr le point de rentrer au pays , d’y rentrer définitivement.

Et à la fin des années soixante, il y avait beaucoup de visites au village , peut-être même en voiture – parce que qui partait en train revenait en voiture , sinon  à quoi ça aurait servi…peut-être avec une voiture toute neuve multifonctions , version sportive , fauteuils en moquette, volant en cuir et double pot d’échappement qui vrombit , pour donner un sentiment de pouvoir à ceux qui te regardent…peut-être aussi avec une femme blonde , blondissime, elle aussi multifonctions…parce que qui partait en ringard revenait avec une femme, sinon à quoi ça aurait servi qu’il parte.

Mais il s’agissait toujours d’une visite, d’une ennuta , pour repartir très vite et tout oublier.

La turnata par contre, c’était plus rare et c’était toute une aventure.

 

C’est cela que va nous conter Hervé durant tout le spectacle…Une aventure de près de 1400 kilomètres…

Hervé Guerrisi est tout simplement magnifique.  Il nous fait vivre cette aventure comme il  la vit lui-même. On sent du reste une solide émotion à la fin du spectacle.

 

 

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LA TURNATA

Nicola Bonazzi et Mario Perrotta

Traduction et adaptation : Hervé Gerrisi

FESTIVAL BRUXELLONS

Le vendredi 24/08/15

Château du Karreveld

Avenue Jean de la Hoese  3

1080 Molenbeek-Saint-Jean

Infos/ Réservations : 02 / 724 24 44

 

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe , merci de votre attention et de votre intérêt  pour ces spectacles que je vous présente chaque jour.

Notre moment de séparation :Une voix superbe : JULIE DEXTER, une grande chanteuse américaine venant de la région de Georgia (USA).

Julie  a chanté hier soir au Music Village .Un plaisir de la regarder et  de l’écouter.

A tout bientôt

 

Roger Simons!