COMEDIE SUR UN QUAI DE GARE

 

CAFE THEATRE : LA SAMARITAINE


Un  parler vrai qui se joue des étiquettes, qui dit ce qu’il a l’envie de dire, qui s’exprime comme il l’entend, un langage des plus simples, des plus banales.


 SAMUEL BENCHETRIT, L’AUTEUR

 Une  vraie tranche de vérité, de vie,  de personnages simples et humains,  profondément humains. 

 

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L’histoire est simple elle aussi. Dans un premier temps, on peut la trouver quelconque, écrite pour provoquer le rire, un rire facile.

Dans un second temps, on la ressent tout autrement.

 

Monique Dobly (metteure en scène) : Samuel Benchetrit traite de la solitude, de la peur de s’engager, de la difficulté de quitter , avec un ton fait de poésie et d’humour.

 Sans jamais devenir ordinaire, Benchetrit pratique une langue affûtée qui fait mouche. Celle qui respire la vie, la spontanéité,  celle qui trahit les humeurs et dévoile les sentiments.


 

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Anne-Claire Boumendil (L’Avant-scène théâtre) : Des lignes de force, ou plutôt des lignes brisées comme les trajectoires tâtonnantes de ces êtres que Samuel Benchetrit ne cesse de décrire.

Anne-Claire Boumedil fait allusion à une autre pièce du même auteur  «  Moins deux »  créée par Jean-Louis Trintignant  et Roger Dumas.

 

L’ECRITURE RESTE LE FIL DE LA CARRIERE DE BENCHETRIT

 

Samuel Benchetrit , un homme dans la quarantaine, écrivain, acteur, scénariste , réalisateur et metteur en scène.

Issu d’un milieu modeste (sa mère gitane , son père d’origine juive serrurier) , Samuel met un terme à sa scolarité à 15 ans pour se lancer dans la vie professionnelle.

Samuel Benchetrit a été l’époux de Marie Trintignant.

C’est ce qui fait peut-être penser qu’il l’a engagée pour jouer le rôle de Michèle dans sa pièce «  Comédie sur un quai de gare » , confiant le rôle du père , Charles,  à son beau-père Jean Louis Trintignant.

 

UN QUAI DE GARE DESERTIQUE… UNE JEUNE FILLE, SON PERE, UN JEUNE INCONNU…


 

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Ici, au Café-Théâtre La Samaritaine, ces deux personnages sont interprétés par Philippe Garcia( le père) et  Catherine Bartholomé (Michèle, sa fille).

Emmanuel Angéli joue Vincent,  l’homme jeune.

 

Synopsis : La nuit, sur un quai de gare de nulle part, trois êtres, à l’aube d’un choix, se cherchent et se mettent à l’épreuve…

 Le père, la soixantaine qui évoque la mort (un sujet important pour l’auteur qui en parle  déjà dans  son autre pièce :« Moins »),  cynique, supérieur, inquiet, apeuré par la solitude.


 

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La jeune fille tendre, réservée en apparence, qui cherche le grand amour  et qui se contenterait bien d’une épaule accueillante pour faire un bout de chemin.

 

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L’homme jeune, le faux misanthrope, qui ne sait pas aimer, enfin pas encore.


 

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Tous les trois ne demandent qu’à se croiser, nouer quelques liens pour la vie, pour une semaine, pour un moment.

 

L’intelligence et le charme de ce Théâtre, c’est de faire croire et d’imaginer ces rencontres plus qu’improbables.

 C’est incontestablement  le Théâtre d’un écrivain qui maîtrise avec une précoce assurance les procédés techniques de l’écriture scénique.

 

DECOUVERTE DE TROIS  COMEDIENS

 

J’avoue ne pas connaître ces trois acteurs. Cela m’a fait plaisir  de les découvrir dans des rôles pas évidents à tenir.

 Monique Dobly a réalisé une mise en scène  très vivante  qui donne le ton vrai de la pièce, et qui s’est attribuée le rôle de l’hôtesse de cette gare abandonnée quelque part. On l’entend par haut-parleur mais on ne la voit pas. C’est amusant !

Elle s’est chargée également  de la scénographie  qu’elle a voulue toute simple, seul un banc en scène. Et cela suffit !


 

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Que peuvent-ils devenir tous les trois ?  Se découvrir, se faire connaître à l’autre, se rapprocher de l’autre ? Et ces deux jeunes gens, vont-ils s’aimer ? Michèle sera-t-elle heureuse de tenir un bar tabac avec son mari ? C’est important le bar tabac à Paris.

 

Anne-Claire Boumendil : A chacun d’inventer la propre consistance de son personnage. Avec ses propres expériences, ses propres solitudes. Ne sommes-nous pas  un peu l’espoir du bonheur de quelqu’un d’autre ? C’est peut-être cela, la très sincère, la très pure, la modeste philosophie de Samuel Bechetrit.

 

Ces  trois acteurs que nous voyons dans cette pièce sont en réalité des comédiens amateurs.

Je les apprécie d’autant plus car ils jouent avec leurs tripes et  leur cœur. J’espère les revoir au cours de la prochaine saison théâtrale.


 

UN MOT DE LA PRESIDENTE DE LA COMPAGNIE THEATRALE «  LA DIDASCALIE »

 

Monique Dobly a créé cette équipe lui donnant le titre «  La Didascalie ».

« Didascalie » ! C’est un mot que l’on rencontre souvent au théâtre et qui se  traduit  par une note ou un paragraphe donnant à l’acteur des indications d’action et de jeu, ainsi qu’au metteur en scène.

Monique Dobly a choisi et réalisé de nombreuses pièces très étoffées et diversifiées écrites par de grands auteurs : Jean Paul Alègre , Françoise Sagan , Victor Haïm, Jean-Michel Ribes, Fassbinder, Jean Claude Sussfeld , Paul Willems…


 

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 Monique Dobly (directrice et metteure en scène) : La découverte d’un texte est toujours une grande aventure. Comment  mettre des émotions, des mouvements sur les mots délicatement ciselés par l’auteur ? Avec beaucoup d’humilité, d’abord, de l’écoute des comédiens, ensuite une empathie réelle avec les personnages.

L’imagination fait le reste et le miracle se produit au contact du public !

C’est ce que nous souhaitons surtout dans ce lieu mythique qu’est La Samaritaine, dirigée par la sympathique et courageuse Huguette Van Dyck.

 Je me joins totalement à ses propos, dans l’attente de découvrir bientôt sa nouvelle production.

 

Travail sur  la lumière et le son : Mathieu Robertz

… « Quand j’entends siffler le train… »

 

Court extrait du texte d’Anne-Claire Boumedil publié dans la collection : « L’avant-scène théâtre »n° 1188 – septembre 2005.

 

COMEDIE SUR UN QUAI DE GARE

Samuel Benchetrit

Jusqu’au 06/07 à 20h30


Café-Théâtre La Samaritaine

Rue de la Samaritaine 16 – 1000  Bruxelles

Infos Réservation : 02 / 511 33 95

 

Photos & Video : Paul Freitas

 

Samuel Benchetrit : Le théâtre est l’art qui répond au mieux à notre désir de rencontre.

Le théâtre, pour moi, incarne le plaisir des retrouvailles. Et rencontrer les gens, c’est ce qui me semble le plus important dans la vie.

 

 

Roger Simons