LE MOUTON ET LA BALEINE

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Une création de la Compagnie  « ENTRE CHIENS ET LOUPS »

 

La dixième création théâtrale  de Jasmina Douieb, l’une de nos brillantes comédiennes et metteure en scène  de notre théâtre belge.

 

L’HISTOIRE : C’est une longue nuit sur l’instabilité de la mer. Une nuit blanche. C’est un huis clos aux allures de tragédie antique, à la lisière de deux mondes, entre toutes les frontières humaines, là où les civilisations  s’entrechoquent.

 

Un cargo russe  de passage dans le détroit de Gibraltar, heurte une embarcation de clandestins marocains qui tentaient de rejoindre l’Europe.

 

Les marins du Caucase repêcheront des cadavres et un survivant qui demeurera immobile sur le pont jusqu’au matin.

 

A qui remettre ces corps ?

 

Personne ne semble en vouloir. De longues et absurdes négociations auront lieu jusqu’au lever du soleil…

 

A suivre au théâtre…

 

 Jasmina  a travaillé le texte avec Ahmed Ghazali et a réalisé ce très beau spectacle.

 

C’est la première fois qu’elle se produit  au Théâtre  d’Isabelle Pousseur : OCEAN NORD, situé à Schaerbeek, rue Vandeweyer.

 

 Une personnalité que Jasmina qui se décrit dans la gazette du théâtre :

 

 « Née ici d’un père marocain et d’une mère belge.

 

« D’ici, et un peu de là-bas

 

« Actrice et metteure en scène

 

« Dedans et dehors

 

« J’aime les zones frontalières et les heures entre chien et loup

 

« Ce projet est comme une bouteille jetée à la mer, qui  a voyagé dans mon cartable comme un secret. Alors, je l’espère, certains d’entre vous tomberont sur cette bouteille, l’ouvriront et entendront son chant.

 

Il sera beau et violent. »

 

LE MOUTON ET LA BALEINE

 

 Marie Anne Raymaekers (chroniqueuse) : J’ai beaucoup aimé l’aspect multiforme de la mise en scène : certaines parties sont jouée par des acteurs, à d’autres moments les danseurs/chanteurs/ musiciens occupent l’espace (sonore)! Parfois la musique accompagne en fond, d’autres séquences sont entièrement musicales ou récitatives. Instruments africains à cordes, tambours, guitare. Les musiciens/danseurs  font partie d’un projet artistique pour primo-arrivants, mais ils ont une présence tellement naturelle et intense sur le plateau que la question professionnels/ amateurs ne se pose pas. Ces Africains ont le rythme dans le sang…

 

 L’idée la plate-forme mobile est vraiment une trouvaille! Elle rend parfaitement compte du pont d’un bateau, et en plus enrichit les mouvements des acteurs : amplifiant leurs gestes, mais les obligeant aussi à les contrôler afin de garder leur équilibre dans ce roulis/tangage. Plusieurs portes battantes métalliques permettent les entrées/sorties des différents acteurs. 

 

 Autre trouvaille : les  vêtements usagés jonchant le sol tout autour de la plate-forme, une mer de vêtements,  qui peuvent symboliser la pauvreté des pays d’où viennent les clandestins, devenus cadavres parmi les vêtements hors d’usage, la misère qui est le lot des immigrés arrivés dans les pays de destination…Bien vu aussi les vêtements colorés pendus sur des cordes à linge qui sont hissés sur scène au moment d’arriver à Tanger et entre lesquels les acteurs pointent le nez.

 

 Pas de manichéisme,  l’auteur/la metteure en scène nous montre les différentes situations, les attitudes des différents protagonistes : le capitaine responsable du transport de clandestins, les mécaniciens, les clandestins eux-mêmes, un immigré de longue date en France  et sa femme qui n’arrivent  plus à se situer par rapport à leurs deux cultures…Il y a de l’humour dans les textes mais aussi dans la musique et la danse. J’ai trouvé l’épisode de la gouverneure de Tanger magistral, (même si l’actrice bute quelquefois sur son texte). 

 

La fiction et la réalité se mélangent, il y a le rêve de la baleine, mais aussi le fait que les musiciens sont eux-mêmes des primo-arrivants, peut-être venus clandestinement en Europe, après avoir peut-être vécu ce qui est raconté dans la pièce…Du coup les personnes plutôt que les personnages accompagnent encore longtemps le spectateur/témoin après la fin du récit.

 

LE MOUTON ET LA BALEINE

 

Ahmed Ghazali / Jasmina Douieib

 

Je vous conseille vivement de vous procurer le Journal n° 56 publié par le Théâtre OCEAN NORD qui vous fera vivre comment s’opère la mise au point d’un spectacle avec des interviews dont celui de Jasmina Douieb par Alain Cofino Gomez.

 

De nombreux comédiens sont présents sur le plateau du théâtre. Vous trouverez leurs noms , ainsi que ceux de toute l’équipe technique dans le Journal.

 

 LE MOUTON ET LA BALEINE  se joue jusqu’au 26/01/2013, du mardi au samedi à 20h30 sauf les mercredis à 19h30

 

Le «  mouton » et « la baleine »  continueront leur chemin à l’Atelier 210 (30/01-01/02) puis à Tournai(Maison de la Culture : (O5 et 06/02) pour terminer leur route à l’Eden Charleroi ( 20/02-22/02)

 

 (photo:Michel Boermans) 


(Avec des extraits de propos publiés dans le programme/journal du théâtre)

 

 

 

Roger Simons