APRES NOUS LES MOUCHES – STEPHANE BISSOT – (THEATRE PETIT VARIA)+CHANTAL GOYA

Amis de l’émission/ blog «Les Feux de la Rampe »  bienvenue auprès de cette femme merveilleuse qui répond au nom de Stephane. Oui, un prénom masculin, cela arrive.

 

Ce récit librement autobiographique de Stéphane Bissot retrace le portrait et le destin de personnages drôles, profonds et attachants qui sont chacun le maillon d’une chaine de transmission visible ou invisible…

Le spectacle embrasse la vie en même temps qu’il enlace la mort…

    Stephane Bissot Copy Julian Hills 3.jpg

Il y a d’abord une mère, indépendante, dessinatrice et aimante. Il y a ensuite un père, footballeur, remarié et peu présent. Il y a aussi une grand-mère, très présente et à l’écoute. Puis il y a les sandwichs mous aux enterrements, leurs lots de larmes et de tendresse.

Il y a des pingouins endiablés qui s’élancent sur la piste de danse. Et puis surtout, il y a une artiste, une femme généreuse et entière qui nous livre une histoire de famille et de transmission, un chemin de vie anodin mais terriblement touchant.

Stéphane Bissot s’entoure des âmes qui ont peuplé sa vie et nous dresse, à travers ce récit librement autobiographique, le portrait de ces êtres drôles et attachants.

Dans cette chevauchée pleine de vitalité, d’humour et de douce folie, l’actrice nous entraîne au cœur de ses souvenirs parsemés de ruptures et de disparitions, de bonheurs et de chagrins, d’espoirs et de déceptions.

 « Après nous les mouches » nous fait virevolter dans les âges, les époques et les histoires de sa famille, où l’amour et la mort semblent inéluctablement et étrangement enlacés. Comme si l’un passait sans cesse le flambeau à l’autre pour former une chaîne et perpétuer à travers les rêves, les pleurs et les rires, la flamme de la vie. Un texte aussi émouvant que drôle, et une mise en scène qui, avec le son et l’image, lui donne un relief cosmogonique..

.APRES NOUS  LES MOUCHES

  Stephane Bissot Copy Julian Hills 1.jpg

Stéphane au regard merveilleux.

Elle nous confie sa vie avec une tendresse adorable.
Nous sommes conquis, nous spectateurs qui l’écoutons avec un plaisir inoubliable.

Elle joue sa vie ? Non, elle l’a revit intensément.

On sourit, on rit mais on a des moments émotionnels.

RENCONTRE EXCEPTIONNELLE (EXTRAITS)

(Emilie Gabele-Théâtre Varia – interroge Brigitte Bailleux(metteuse en scène) et Stéphane Bissot (l’écrivaine, la comédienne)

E.G : Stéphane, peux-tu retracer la genèse de ce projet ?

Stéphane Bissot) : J’ai commencé à écrire ce texte sous l’impulsion d’un camarade et ami, Bruno Petit, qui est producteur de cinéma. Il avait très envie de me voir en scène dans un solo et m’a donné des outils pour écrire le texte.

E.G : As-tu écrit dès le départ ce texte en vue de le jouer ?

S.B. : Oui, je voulais le porter à la scène. Mais au départ, je pensais m’illustrer dans un one woman show, dans de l’humour, pas du tout dans un récit autobiographique. Je suis avant tout une actrice qui interprète les textes des autres. Bruno m’a questionnée et peu à peu le désir de partager mes questions sur le monde a commencé à bouillir en moi. Je me suis donc mise à écrire. Bruno a suivi tout le processus d’écriture. La gestation du texte a mis deux ans, mais je l’ai écrit en deux mois. Le texte est d’ailleurs bien plus long que ce que nous présentons sur scène.

E.G : » Après nous les mouches » est un récit librement autobiographique. De quoi y parles-tu exactement ?

S.B. : J’y raconte les ruptures, les pertes et les morts de personnes proches. C’est une histoire de rite de passage, de transmission. Que nous reste-t-il quand ces personnes ne sont plus là ? Il s’agit aussi d’apprivoiser la mort, de la regarder en face, de vivre avec elle.

E.G : Peux-tu expliquer le titre du spectacle ?

S.B. : C’est une interrogation sur la vie, sur la mort, sur ce qui nous constitue, sur le lien entre les deux grandes étapes qui sont la naissance et la mort. « Après nous les mouches » est une image très crue pour parler de la mort. En effet, au premier degré, après nous, il n’y aura plus que des mouches. Ma grand-mère disait beaucoup ce petit adage populaire, notamment pour m’alléger le cœur quand je pensais trop aux malheurs du monde. C’était sa façon de me dire « Carpe diem ».

E.G : Peut-on qualifier ce spectacle de récit initiatique ?

S.B. : C’est initiatique pour le personnage qui le traverse. . Je voulais rendre une place à chaque malheur et à chaque étape difficile à passer – d’autant plus que la mort est un passage obligé, qu’on le veuille ou non. Ce sont des étapes qu’il faut prendre avec soi et qu’il faut transformer. C’est une forme d’initiation dans la vie des vivants qui croisent des morts. Mais j’espère que le spectacle ira vers une forme d’ouverture. Je ne veux pas que l’on reste dans la détresse de la peur de la mort.

B.B. : Je ne parlerais pas de récit initiatique. Ce n’est pas tout le chemin de la vie de Stéphane qui nous est conté. Ce sont davantage des épreuves par lesquelles passe un personnage et qui vont transformer ce personnage

E.G : Le texte évoque des épisodes intimes et douloureux. N’est-ce pas difficile de les livrer sur scène ?

B.B. : Il y a la distance de l’écriture. Ces épisodes se sont déroulés il y a quelques années, de même que le texte a été écrit il y a quelques années. Nous ne sommes plus dans le vif de la douleur. Mais il est vrai que sur le plateau, j’essaie que Stéphane aille rechercher ce vif de la douleur pour qu’il y ait une véritable implication. Si Stéphane parle de ces moments douloureux, c’est parce qu’il y a une nécessité, une charge. Elle n’en parle pas de manière désinvolte. Il faut trouver la bonne distance pour que le spectateur puisse à la fois être ému par l’histoire et ce personnage qui se raconte sur scène, et à la fois être renvoyé à des émotions que lui-même connaît. Bien entendu, nous travaillons tout cela avec pudeur et distance, mais la pudeur elle – même doit pouvoir aller dans des moments d’impudeur.

S.B. Ces événements douloureux sont arrivés il y a dix ans et j’en ai fait une construction écrite. Je suis dans le travail et je me sens avant tout actrice. Mon présent est de créer un spectacle avec mes partenaires et de raconter cette histoire à des gens. Chaque mort est abordée de manière singulière, autant dans l’écrit que dans le traitement scénique. Le spectacle ne traite d’ailleurs pas de LA mort, mais des morts qui jonchent une vie, des relations avec les personnes qui vivent et qui partent. Bien entendu, certains moments du spectacle, certains passages aigus créent en moi de grandes émotions qui sont nécessaires, qu’il faut dépasser et rendre à la salle. Le public doit pouvoir revivre cette histoire à travers son propre imaginaire. Ce projet veut convoquer les vivants et les morts des uns et des autres.

B.B. : Il me semble important d’insister sur le fait que ce spectacle n’est en rien mortifère. Au contraire, c’est un véritable souffle de vie qui s’en dégage. Nous sommes face à quelqu’un de vivant qui raconte une histoire où il y a des morts. Il y a aussi un côté autofiction important à souligner : le personnage est Stéphane Bissot qui se raconte sur scène. Nous ne sommes pas dans un psychodrame.

E.G : À côté de ces passages sensibles, il y a aussi beaucoup d’humour ?

S.B.: Oui, il y a des images drôles, d’autres poétiques ou surréalistes… L’humour reste un regard singulier sur une situation. Des rires peuvent apparaître dans une situation dramatique comme des pleurs dans un moment très gai. J’ai beaucoup cherché ces paradoxes-là dans l’écriture car ils créent du relief. D’un coup, tu n’es pas là où l’on t’attend. Il faut chercher la tension, la contradiction.

 APRES NOUS LES MOUCHES

 Une chevauchée pleine de vitalité et d’humour à travers les gens d’une famille.

 GENERIQUE

 Jeu texte : Stéphane Bissot

Création video interactive : Thomas Israel

Création sonore : Marc Doutrepont

Conception : Stéphane Bissot , Brigitte Baillieux, Thomas Israel , Marc Doutrepont

Mise en scène : Brigitte Baillieux

VISUEL APRES NOUS LES MOUCHES - Copyright Kika Nicolela.jpeg

 APRES NOUS LES MOUCHES

 Jusqu’au 25/03/17

 THEATRE PETIT VARIA

Rue Gray 154 _ 1050 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 6403550


Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , mille mercis de votre présence au blog.

Notre moment de séparation :  Ce soir à 20h25 sur LA DEUX/RTBF , l’émission de Joëlle Scoriels  » 69 minutes sans chichis « .

Le plaisir de revoir  CHANTAL GOYA, véritable star adorée du public  dans les années 70/80.

Bon plaisir à Vous et à tout bientôt .

 

ROGER SIMONS