LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD-MARIVAUX -STEPHANIE MORIAU (COMEDIE CLAUDE VOLTER)

Amis de l’émission/blog   » Les Feux de la Rampe », bienvenue à Vous, pour vous confier un spectacle de  belle allure…

 

 

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux…Un nom plutôt long.

Nous le connaissons bien.

Un écrivain prolifique du 17 ème siècle, né le 4 février 1688.

Issu d’une famille normande de petite noblesse.

Nous disposons de peu de documents sur sa vie.

Sa première pièce date de 1706, une comédie d’intrigue en un acte et en vers : « Le Père prudent et équitable, ou Crispin l’heureux fourbe. »

Cette pièce n’a été jouée qu’une seule fois à Limoges dans un cercle d’amateurs. Il n’a que 18 ans…

Il faut attendre une quinzaine d’années pour le voir travailler plus sérieusement sur une scène.

Entretemps, il écrit des romans parodiques et burlesques.

Un fameux personnage ce Marivaux…

Tout cela étant dit, Marivaux a été un écrivain fécond avec une quarantaine de pièces de théâtre, sept romans , trois journaux et une quinzaine d’essais.

Marivaux est mort le 12 février 1763. Il avait 75 ans !

LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD

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Création le 23 janvier 1730 au Théâtre – italien où elle a connu quatorze représentations,31 ce qui à l’époque constituait un honorable succès.

On pourrait la résumer à une histoire sentimentale vécue par un quatuor composé de maître déguisé en valet et de soubrette travestie en maîtresse. Il faut rappeler que l’intrigue de très nombreuses œuvres de l’époque repose sur la dissimulation de la véritable condition des protagonistes.

Sa pièce constitue à son tour une source d’inspiration pour d’autres dramaturges.

La pièce ne viole cependant en rien les convenances et les distances sociales de l’époque puisque chaque interlocuteur pense s’adresser à son égal. Aucune crainte donc d’une quelconque mésalliance. Mais on entre dans le Siècle des Lumières où se développe le doute méthodique, où progresse le rationalisme et se développe la critique de la société.

Dans « Le Jeu de l’amour et du hasard », la question de l’amour et de l’inégalité des conditions, de même que l’interaction entre l’amour et l’argent composent des thèmes que l’on retrouve dans de nombreuses comédies marivaudiennes , notamment, « Les Fausses Confidences »

La pièce a été jouée plusieurs fois en Belgique, il y a quelques années. La Compagnie des Galeries l’avait choisie dans le cadre de ses « Tournées aux Château » de 2012. Avant cela, en 1997, Léonil McCormick l’avait mise en scène au Théâtre de la Valette à Ittre.

On peut dire que «  Le Jeu de l’amour et du hasard » est la comédie la plus jouée de Marivaux avec « Les fausses Confidences ». 

 

 LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD

Cette pièce est très bien choisie par Stéphanie Moriau, metteuse en scène du spectacle.

Cette pièce convient parfaitement à ce théâtre plein de charme qu’est   « La Comédie Claude Volter ».

C’est le théâtre de la comédie, de l’insolence, de la langue française et de l’insolite.

C’est agréable de remettre à l’affiche des pièces de siècles passés que l’on appelle «  la comédie classique ».

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GROS PLAN SUR STEPHANIE MORIAU

On ne présente plus Stéphanie aux habitués de la Comédie Volter, ni même aux amateurs de théâtre en Belgique. Dés la fin de ses études au Conservatoire Royal de Bruxelles d’où elle sortit couverte de premiers prix et de grandes distinctions, elle a tout de suite accumulé les grands rôles, (elle en compte une cinquantaine à son actif), tant au Théâtre du Parc, au Varia, au Théâtre des Galeries, à l’Atelier Théâtral Jean Vilar et à la Comédie Claude Volter.

Ici même, à la Comédie Volter, elle a contribué à quelques-unes des belles réussites ces dernières saisons. En ne citant que les plus récentes, on peut commencer par De Mémoire de papillon de Philippe Beheydt et Stéphanie Mangez en septembre 2014, où elle incarnait Léonie, la garde-malade, mais aussi peut-être la conscience de Raymond, cet ancien militaire qui a effectué toute sa carrière au Congo belge.

En décembre 2014, elle était Colette, l’épouse dépassée par les évènements dans L’Invité de David Pharao.

En décembre 2015, à nouveau une épouse, mais cette fois complètement déboussolée par une incompréhensible pluie de billets de banque dans Comme s’il en pleuvait de Sébastien Thiery.

En avril 2016, elle fut aussi le dernier amour de Georges Clemenceau dans La Colère du tigre de Philippe Madral.

Une de ses prestations les plus magistrales reste cependant Le Journal d’une Femme de Chambre d’Octave Mirbeau qu’elle reprit à la Comédie Volter en début de saison. Sa dernière interprétation fut celle de Nina, dans la pièce d’André Roussin.

Ce n’est pas la première fois que Stéphanie Moriau pratique la mise en scène. On lui doit notamment un Malade imaginaire de Molière d’une remarquable facture, dans lequel elle interprétait aussi le rôle de Toinette. Elle réalisa également la mise en scène du Neveu de Rameau de Diderot. Elle signa aussi une très originale adaptation de L’Art d’aimer d’Ovide.

Infatigable, Stéphanie est également professeure « d’Art de la Parole » à l’Académie de Woluwé Saint-Lambert, administratrice et responsable du service «  Animations scolaires «  de la Comédie Claude Volter .

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STEPHANIE MORIAU FACE AU JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD

Stéphanie Moriau : Le Jeu de l’amour et du hasard est le plus grand succès de Marivaux. La pièce la plus montée à la Comédie-Française, en France et à l’étranger. Elle est drôle, virevoltante, fine et légère. Mais sous son apparence ludique s’exprime un drame social cruel, des questions profondes, fondamentales et toujours contemporaines.

Le XVIIIe est le siècle des expériences et Marivaux expérimente sur le terrain de l’intime les sentiments amoureux : les personnages compliquent et gèrent à eux seuls la situation.

L’auteur s’inspire des structures en miroir du répertoire italien pour mieux analyser la métaphysique des cœurs et étudier au microscope la naissance du sentiment amoureux. Il met en place un dispositif où chacun devient l’objet d’étude de l’autre.

Dès le début de la pièce, les spectateurs savent que tout rentrera dans l’ordre et finira bien, mais ce qui importe c’est l’expérience émotionnelle qu’ils vont vivre avec les personnages.

Silvia est troublée de se sentir tomber amoureuse d’un valet, en fait Dorante déguisé en Bourguignon. La raison liée à la condition sociale peut-elle l’emporter sur le sentiment ? Aujourd’hui, dans notre monde en crise, même si les classes sociales sont moins visibles, les écarts sont toujours là. L’argent a remplacé le sang, il y a encore des castes : les riches et les pauvres… Tout ce qui nous différencie : les religions, les couleurs de peau …

Sommes-nous naturellement contraints de n’aimer que des personnes de notre monde ?

Les questions sont posées et c’est le spectateur assistant à l’expérience qui y répondra.

Aujourd’hui, plus que jamais, il me semble nécessaire de questionner cette œuvre vertigineuse à travers un regard contemporain et d’y faire sortir toute la pureté de son style et sa force poétique…

L’Univers de Sofia Coppola et de son Film sur Marie-Antoinette, les films d’Éric Rohmer comme  Le Genou de Claire ou Ma Nuit chez Maud, m’ont inspirée dans ma mise en scène. Je me suis replongée avec les acteurs dans la splendide langue du XVIIIe, avec une passion profonde, sans jamais oublier la réalité concrète de la situation, « hic et nunc », ici et maintenant.

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Un spectacle brillant , remarquablement joué par six comédiens .

Un plateau-théâtre de bien belle qualité, imaginé et consruit par l’un de nos grands décorateurs : Serge Daems.

Une longue carrière qui mérite d’être rappelée.

Michel de Warzee : Beau parcours que celui de Serge Daems. En 1968, il est engagé par Roger Reding, alors directeur du Théâtre Royal du Parc, comme assistant de plateau. Il y devient rapidement le maître des éclairages. Pendant une quarantaine d’années, il a créé quasiment tous les éclairages du Parc sans discontinuer, jusqu’à la fin du mandat de directeur d’Yves Larec (2011).

Outre les lumières, Serge crée aussi décors et costumes. Pour le Théâtre du Parc, mais aussi pour d’autres scènes belges. Par exemple, le Nouveau Théâtre de Belgique, le Rideau de Bruxelles et le Théâtre des Galeries. C’est d’ailleurs pour la scénographie de Mort sur le Nil d’Agatha Christie monté aux Galeries en 2001 que Serge a reçu le Prix du Théâtre. La France a également fait appel à ses talents, notamment le Théâtre Montparnasse à Paris et pour la tournée française de L’Allée du Roi de Françoise Chandernagor.                                                               Quant à la Comédie Volter, c’est loin d’être la première fois que Serge y travaille. En 1999 déjà, il y avait créé les décors de Rencontre possible de Paul Barz, dans une adaptation de Jacques De Decker, mise en scène de Jean-Claude Idée. En 2006, ce fut le décor follement élégant de Mémoires de deux jeunes mariées de Balzac, dans une mise en scène de Michel Wright, avec Stéphanie Moriau et Mélanie Robin. En 2012, il signait la scénographie de Sentiments provisoires de Gérard Aubert, une autre mise en scène de Michel Wright. Plus récemment, au printemps dernier, c’était La Colère du tigre de Philippe Madral, dans une mise en scène de Jean-Claude Idée   .  

Enfin, rappelons qu’en 2012 également, Serge avait réalisé la grande scénographie du Jeu de Jean et Alice, un spectacle commandé par le Syndicat d’initiative de la ville de Wavre Il conçut pour cela un décor en plein air accueillant plus de 500 comédiens, musiciens, chanteurs et figurants.

 

 LES COMEDIENS

D’une belle prestance et (cela est devenu rarissime) , une excellente diction.

Trois comédiens que nous découvrons dans ce théâtre : Jules Churin , Julien Besure et Abel Tesch.

Une belle carrière leur est accordée , ils le méritent !

Une jeune comédienne que nous avons déjà applaudie plusieurs fois : la magnifique Caroline Lambert…

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Une deuxième actrice que nous aimons tous et et une intrellignsencque nous apprécions à chacune de ses prestations : la comédienne et metteuse en scène : Stéphanie Moriau. Une nouvelle fois , nous la découvrons dans ce rôle d’une femme de chambre.

Doublement appréciable : la comédienne et la metteuse en scène. Elle joue avec une aisance bien plaisante accompagnée par sa mise en scèe d’une grande intelligence. Bravo Stéphanie.

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Et enfin , sur le plateau élégant du théâtre : Michel de Warzée dans le rôle d’Orgon.ela lui va comme une fleur. L st vai qu’il put tout jouer Michel.

Nous le verrons d’ailleurs , au cours de la saison , dans le personnage de Winston Churchill (représentations à Bruxelles et à Paris)

LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD

En repos pour quelques jours…

Reprise dès le sept mars et ce jusqu’au 26 mars.

Ne ratez pas ce spectacle. Il vous amusera , vous intéressera et vous aurez l’opportunité de retrouver ce genre de pièce, un peu trop au placard.

GENERIQUE

Avec

Caroline Lambert ( Sylvia)

Jules Churin ( Dorante)

Julien Besure (Arlequin, valet de Dorante)

Abel Tesch ( Mario)

Avec

Stéphanie Moriau ( Lisette , la femme de chambre de Silvia)Michel de Warzee ( Orgon)

Mise en scène :: Stéphanie Moriau

Assistant à la mise en scène : Abel Tesch

Décors et costumes : Serge Daems

Création lumière et régie : Sébastien ouchard.

LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD

Reprise le sept mars jusqu’au 26/03/17

 COMEDIE CLAUDE VOLTER

Avenu des Frères Legrain 98 1150 Woluwe St Pierre

Infos et Réservations : 02 / 762 09 63

Un film est sorti avec cette œuvre théâtrale, dans les années 60 si je ne m’abuse avec entre autres Claude Brasseur.

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe » , merci de votre attention. 

Notre moment de séparation : Ce mardi 28/02 à 14 h sur TV 5 , un thriller bien corsé «  LE COUPERET » réalisé par Costa Gavras, et joué par José Garcia et Karin Viard.

Bonne vision.

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

LEGS MATERNELS (THEATRE LE PUBLIC) + BRIGITTE BARDOT

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe », bienvenue à Vous Aujourd’hui , un contact avec cinq femmes.

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Un spectacle que l’on peut juger de différentes façons !

Deux comédiennes complètement  déchaînées !

Un texte très parlant et très humain !

Deux actrices qui partent à l’aventure et glanent ici et là des paroles de mères…

Ces femmes nous confient leurs aventures maternelles.

Je vous propose d’en prendre connaissance.

C’est très intéressant, attachant, prenant, percutant ,3 vivant, amusant parfois. Rien n’est vraiment dramatique.

LA GENESE DU SPECTACLE

A l’origine : deux femmes. Deux femmes qui se parlent. Qui réfléchissent. Qui échangent : Patricia Ide et Magali Pinglaut (les comédiennes)

Deux femmes qui sont mères et qui se posent des questions. Sur le monde qu’elles vont léguer à leurs enfants. Sur la volonté de les armer. Alors, elles transmettent l’idée à une auteure, Veronika Mabardi, et elles partent sur la route. Sur les routes. Celles des histoires qui existent. Et de celles que l’on a inventées. Celles dans lesquelles on espère trouver les outils pour régler le chaos ambiant. Ou au moins pour y faire face. Nos deux Diogène se retirent du monde et pensent. Réfléchissent. Font feu de tout bois. Tout y passe : la science, la littérature, l’Histoire… pour en raconter une capable de faire bouger les choses.

Ce spectacle est né d’un rassemblement. D’une bande de filles, de mères, responsables, qui n’ont pas eu peur de prendre la voie du changement, de se mettre en danger.

Une troupe de femmes, qui ne sont pas toujours d’accord, mais qui ont compris que de leurs différences naitra des richesses.

Des femmes, qui ont décidé, envers et contre tout, de tisser des liens. Ceux de l’humanité. Cette humanité que l’on a trop tendance à oublier. Alors, ensemble, elles se tournent là où cette humanité se niche encore. Dans les contes. Chez des animaux. Entre les pages de certains livres. Elles se racontent des histoires, des histoires de femmes, pour se construire, pour réinventer un univers. Un monde, où on pourra dire «qu’elle pleut », un monde, qui n’est pas sous la coupe des hommes mais où on les aime quand même. Un monde, où l’on n’a pas peur de l’effort dérisoire quand on a compris qu’il compte.

Elles acceptent d’être nos modernes sorcières. Celles que l’on stigmatisera. Que l’on montrera du doigt. Comme on a toujours pointé les femmes qui détenaient le savoir.

EXTRAITS DES INTERVIEWS PUBLIEES DANS LE PROGRAMME DU THEATRE…

VERONIKA MABARDI – L’AUTEURE

Véronika : Nous ne savions pas, en nous embarquant dans l’aventure de « Legs Maternels », que le spectacle raconterait aussi quelque chose de notre voyage. Nous partions d’un désir, celui de se poser des questions ensemble, de raconter ensemble une histoire, ou des histoires, qui parleraient de l’inquiétude des mères pour leurs enfants et, plus largement, des inquiétudes de notre génération pour les générations suivantes. Les saisons ont passé, nous avons ri, nous avons été troublées, interpelées, tristes, parfois très effrayées par ce que nous lisions, échangions, brassions ensemble. Nous avons cherché tous azimuts un sens, des sens, nous avons demandé « pourquoi ? comment ?», nous avons voulu comprendre et trouver des issues aux impasses, des alternatives aux impuissances. Nous avons partagé des repas, des informations, des expériences. Nous avons débattu. Il y avait place pour la voix de chacune. Ce qui était précieux, c’est qu’il y avait place aussi pour les émotions, les inquiétudes, les particularités de chacune. Pour penser, sentir et rêver, dans un même espace, une même phrase. Nous avons avancé ensemble, glissant, dans les conversations, de nos vies à une vision globale, de nos intuitions à une recherche plus factuelle. Il n’y avait pas de hiérarchie, de préséance. La parole circulait, comme autour d’une table de cuisine, avec la conscience de préparer quelque chose pour d’autres. Nous avons formé, pendant quelques mois, une petite île (mais les îles, on le sait, sont reliées). C’est peut-être cela aussi que raconte « Legs

Maternels » : le besoin de créer et de préserver des espaces où l’on peut en toute confiance prendre le temps d’interroger le monde où nous vivons, avec d’autres.

PROPOS DE LAYLA NABULSI, METTEUSE EN SCÈNE DU SPECTACLE

Layla  : Deux femmes s’interrogent sur le monde qu’elles vont laisser à leurs enfants. Sur ce qu’elles leur lèguent et sur ce qu’elles voudraient leur léguer.

Elles sont comédiennes, c’est donc par des histoires qu’elles vont tenter d’apporter si pas des réponses, du moins des pistes de réflexion. Des histoires écrites par d’autres, des histoires imaginaires, des histoires vraies, d’autres points de vue sur l’Histoire.

Nous sommes constitué(e)s d’histoires, auxquelles nous croyons ou auxquelles nous ne croyons pas et dans ce dernier cas, nous nous racontons d’autres histoires.

Ce sont ces histoires qui nous font penser et agir dans un sens ou dans un autre.

Un homme les accompagne. Il est régisseur. Il va cheminer avec elles, avec son savoir-faire, éclairer leurs propos, proposer un éclairage sur leurs mots, leurs corps, sur ce qu’elles racontent et sur comment elles le font. Chacun construit avec les compétences qui lui sont propres.

Il les accompagne, fait des propositions. Il (parce que c’est le masculin qui l’emporte, mais il faudrait dire elles puisqu’elles sont plus nombreuses), disons elles pour établir une façon plus juste de penser, construisent la représentation ensemble.

Si on veut s’arrêter quelques minutes (voire quelques heures), la langue n’est pas non plus pour rien dans notre façon de concevoir le monde et de nous raconter des histoires. Pourquoi le masculin l’emporte-t-il ? Parce que c’est la règle. Qui a imposé cette règle qui n’était pas appliquée avant le XIXe siècle ? Qui établit les règles ?

L’Histoire telle qu’elle nous est racontée, les histoires, la langue avec laquelle nous communiquons, nos comportements, nos gestes dont la plupart nous dépassent, notre inconscient qui exprime des choses malgré nous, ce que nous transmettons, consciemment ou inconsciemment, tout cela contribue à léguer une façon d’appréhender le monde, la vie, le rapport aux autres et à nous – mêmes.

Henri Laborit, qui contribua à la vulgarisation des neurosciences, dit, dans « l’Eloge de la fuite », que tant que le fonctionnement du cerveau humain ne sera pas enseigné à tous, l’homme (c’est intéressant, non, que le mot homme puisse signifier l’humain?) l’humain donc, ne se comprendra pas et ne pourra pas influer sur son comportement et donc sur le fonctionnement de l’humanité.

C’est pour le moins un point de vue intéressant. L’amour, la jalousie, la guerre, la barbarie, la nature humaine… qu’en connaissons-nous ? Que savons-nous de la nature humaine si ce n’est poser des constats à l’emporte-pièce sans nous soucier de notre propre fonctionnement « naturel », donné malgré nous par l’évolution de l’espèce et son organisation venue du fond des âges ?

Donc , avant d’apporter des réponses, il nous a semblé plus juste de poser des questions.

A chacun d’estimer, mais pas seulement dans le sens qui l’arrange.

A chacun de s’informer, de confronter les histoires.

AVANT LEUR ENTREE EN SCENE…

Patricia Ide : Vous nous lirez après le spectacle…

Nous voulons tenter de porter à la scène une pensée en marche, libre. A nous quatre inventer une réflexion qui se construit au fil du spectacle. Sans asséner , sans cynisme, ,sans enjoliver, juste de la pensée enthousiaste qui se régénère d’elle même en passant du plus quotidien au plus universel, en passant partout où l’on aura pu passer en quelques mois de préparation. 

Quatre femmes qui se stimulent pour raconter deux chercheuses en voyage qui déroulent un pensée légère et profonde.

Et espérer que le public nous emboite le pas !

Magali Pinglaut : C’est l’histoire de la nécessité qui a surgi un jour entre deux femmes Patricia et moi, de questionner sur le plateau notre apport au monde d’aujourd’hui.

En tant que mères…

En tant que citoyennes..

Quel est ce foutu monde qu’on lègue à nos enfants ?

Que vont-ils pouvoir en faire ?

C’est l’histoire aussi d’un refus de sombrer dans le «  tout est foutu »

On fait avec peu. On tente. On cherche et on raconte ça. On raconte qu’on cherche. Avec notre outil : LE THEATRE !

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 Le spectacle peut commencer. Nous sommes dans la petite salle d’en bas. Une vraie caverne ! Il fait noir, on y voit goutte. La conversation entre les deux femmes se perçoit.

Quelques instants plus tard, la lumière apparaît. Les deux femmes sont bien présentes, Patricia et Magali…

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GENERIQUE

LEGS MATERNELS

Auteure : Veronika Mabardi

Mise en scène : Layla Nabulsi

Assistanat à la mise en scène : Marie Bach

Costumes : Chloé Dilasser

Stagiaire régie : Samuel McClean

Avec Patricia Ide, Magali Pinglaut et Louis-Philippe Duquesne, le régisseur présent sur le plateau avec son installation technique.

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 LEGS MATERNELS

Jusqu’au 08/04/17

THEATRE LE PUBLIC

Rue Braemt 64-70 1210 Bruxelles

Infos Réservations : 0800 944 44

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », j’espère que vous avez trouvé intéressant de prendre connaissance de l’histoire de ce spectacle.

Notre moment de séparation : Ce soir sur France 2 , à 22h30, un magazine de société présenté par Laurent Delahousse : « UN JOUR, UN DESTIN » Un documentaire réalisé pour honorer et féliciter les plus 80 ans de Brigitte Bardot.

Je vous laisse en sa compagnie.

A tout bientôt !

Roger Simons

  

 

 

 

 

AINSI PARLA MUNCHHAUSEN ( CAFE THEATRE LA SAMARITAINE)

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe  » bienvenue au blog avec une pièce des plus joyeuses!

AINSI PARLA MUNCHHAUSEN…(Débarqué au Café- Théâtre La Samaritaine ), accompagné par FRIDRICHNITCH NIETZSCHE 

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L’action se déroule dans un cabaret, les spectateurs sont à leur table bavardant, buvant leurs verres quand soudain LA MORT SURGIT !

Elle vient chercher le public pour l’accompagner dans son dernier voyage…Mais l’irruption du Baron de Münchhausen et de Friedrich Nietzsche semble la perturber.

L’un n’a de cesse de raconter ses aventures abracadabrantes et l’autre de déblatérer ses réflexions plus ou moins philosophiques.

Tout se passe dans des lumières tamisées avec cette jeune femme qui représente la Mort !

A savoir : La mort parviendra-t-elle à faire son travail ? Elle est vigoureuse la Mort. Elle est mignonne la Mort ! Improbable, chaotique , libertaire , musicale , sentimentale , absurde , joyeuse gouleyante , agaçante , funèbre , irrévérencieuse , punk.

Une rencontre foudroyante : La Mort face au Baron et à Friedrich !

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Du cabaret oui, mais du théâtre magnifiquement conçu et remarquablement interprété par les trois acteurs.

Un spectacle du Panoptikum Puppets & Theatre avec sa nouvelle création pleine de gags, de musique et de jeu de nos trois comédiens.

Ce théâtre explore en premier lieu les espaces de jeu entre l’acteur et la marionnette. C’est surprenant !

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 Franck Delatour (auteur du texte) : C’est une reproduction de deux personnages, le Baron et Nietzsche, d’une même énergie vitale et d’une irrépressible force de création. L’un comme l’autre se situent dans une sphère poétique qu’ils posent comme la porte d’entrée d’un monde neuf , libre et harmonieux.

Munchhausen et Nietzsche sont des portes, ils offrent à qui veut les entendre   des issues vivifiantes à la morne errance du monde occidental contemporain.

Jean-Michel Distexhe : Et puis il y a la Mort , l’impétueuse Mort , que plus personne ne reconnaît…

Perrine Delers est une bien belle morte !

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 Tout est présenté et joué avec fantaisie, pleine de vie, de rythme , de mouvements , d’imagination, de trouvailles entre autres avec les marionnettes

Ces marionnettes sont merveilleuses, d’une présence incroyable. drôles, bien conçues et « vivantes »

La Compagnie  « Panoptikum Puppets & Theatre », compagnie de théâtre axant sa dramaturgie sur les rapports entre l’acteur et la marionnette.Ici sous la forme d’une comédie musicale irrévérencieuse.

Au fond, c’est quoi ?

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PUPPETS & THEATRE

Panoptikum veut explorer la marionnette en tant que genre théâtral fort, jouant sur le rapport : acteur/marionnette, scrutant la cruauté des âmes et questionnant la légitimité de nos croyances. Le tout sous un humour féroce.

Le questionnement que suscite le pouvoir d’une marionnette sur son public et sur l’acteur fascine. Comprendre la relation intime de l’acteur avec sa marionnette, les raisons de la désinhibition de son jeu et les formes de distanciation que ce jeu peut créer. Chercher le lien entre la puissance d’un texte et le langage d’un corps sans muscle. L’incarnation de cet objet inanimé permet de décupler l’émotion et d’emmener le public au-delà des codes classiques du théâtre, forçant celui-ci à accepter une autre réalité théâtrale. C’est là l’essence même du jeu théâtral d’où naîtra la jouissance du comédien.
« La convention consciente » de Meyerhold (croire et ne pas croire à la fois) se trouve condensé dans le théâtre de marionnettes. On demande au public « d’arrêter de ne pas croire » devant une esthétique souvent plus incroyable qu’à l’accoutumée. Cet effort d’imagination de la part du public m’attire, même si, et c’est là tout le paradoxe de cet art, notre envie de croire passe au delà de toutes les frontières visuels et les barrières mentales, le pouvoir gravitationnel de la marionnette si souvent utilisé dans la religion et les rituels sacrés amène le public à faire un « effort facile » pour croire, presqu’instinctif, le ramenant à l’enfance. Un réflexe de la nature humaine rempli de naïveté, d’espoir et de poésie.

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 AINSI PARLA MUNCHHAUSEN

Un excellent spectacle sur tous les plans, bien imaginé, bien écrit, bien sonorisé, bien joué , bien mis en scène.

90 minutes de bonheur ! Quelle belle « Mort » !

Courez au plus vite à la Samaritaine, vous passerez un excellent moment. Faites gaffe tout de même à « LA MORT »omniprésente.

GENERIQUE

Avec Franck Delatour Nietzsche) Jean-Michel Distexhe Munchhausen- et Perrine Delers(La Mort)

Texte : Franck Delatour

Création musicale et mise en scène collective:/ marionnettes , scénographie et lumières : Jérôme Thomas

Oeil extérieur : Dolorès Delahaut

Visuel : Dominique Dauchy et Léa De Mattéo

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 AINSI PARLA MUNCHHAUSEN

Jusqu’au 04/03/17

CAFE THEATRE LA SAMARITAINE

Rue de la Samaritaine 16 – 1000 Bruxelles (Sa blon)

Infos Réservations : 02 / 511 33 95

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe »  merci de votre présence et de votre plaisir à suivre le blog.

Notre moment de séparation  :Un court extrait de l’un des films consacré au Baron Munchhausen.

Amusant !

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

LE VIEUX JUIF BLONDE – AMANDA STHERS- FREDERIQUE MASSINON-(LES RICHES-CLAIRES)

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe  » , bienvenue au blog.

« Ce n’est pas évident d’être crédible quand on est géopolitique avec un 95 S.. ».

QUESTION ESSENTIELLE : Vieux ou vieille juif ou juive ???

 

 SYNOPSIS

Joseph Rosenblath, se demande ce qu’il a bien pu faire au bon Dieu, lui qui a été élevé à la carpe farcie et aux chants yiddish, pour se retrouver avec des parents cathos qui jouent à Knokke le Zoute. Joseph Rosenblath, rescapé d’Auschwitz, est contraint de porter une chemise de nuit rose imprimée avec des cochons qui jouent de la flûte.

Joseph Rosenblath est une jeune fille blonde de vingt ans qu’on prénomme Sophie ! Joseph Rosenblath est Le vieux Juif blonde.

N’avons-nous pas déjà en nous tous les âges de notre vie ? De même que les deux sexes ? La compagnie WaitWhat?! nous emmène dans un délire schizophrène et psychanalytique, un voyage entre adolescence et crépuscule d’une vie, entre mémoire et amnésie.

Prêts à embarquer ? 3,2,1… F(r)eu(d)!

Etonnant ! Curieux !

FREDERI(C)QUE MASSINON ? SEXE ?

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 Frédérique Massinon est une actrice belge formée au conservatoire de Bruxelles.

Elle travaille au Théâtre des Galeries, assistante de Fabrice Gardin dans la mise en scène d’Antigone, d’Anouilh .

Elle a également collaboré à « Vivons heureux en attendant la mort », d’après Desproges, aux Riches Claires.

Parallèlement, Fabrice Gardin et elle ont travaillé ensemble à l’écriture d’un roman, « Décembre », qui est sorti en 2013 aux éditions Samsa.

Frédérique a joué différentes pièces dont «  Huit femmes » , «  Perplexe » et beaucoup d’autres

Belle carrière !

MIKAEL SLADDEN – METTEUR EN SCÈNE

Né à Bruxelles, Mikael a grandi en Algérie ainsi que dans le Golfe persique. Après sa formation d’acteur à l’IAD, il craque pour l’absurde et l’humour noir au travers d’auteurs tels qu’Hervé Blutsch ou encore Agota Christof qu’il met en scène à la Samaritaine en 2007. Il entretient en outre, de par ses origines écossaises, un immense intérêt pour les auteurs anglo-saxons: du dantesque et incontournable Shakespeare à Tom Stoppard en passant par Carryll Churchill ou encore Daniel Keene, Tennessee Williams. De nombreuses mise en scène dont « Délire à deux » , « Lost in Paris », «Je ne voudrais pas crever » d’après Vian ainsi que « Les nuits blanches », «  Ma vie d’enfant »«Notre Père qui êtes aux cieux ; restez-y », « Macbeth » ainsi que « Les petits contes Africains » .

AMANDA STHERS L’AUTEUR

Scénariste et auteur de sketches pour ‘Caméra café’ sur M6 ou pour les émissions d’Arthur. Il a écrit également des chansons pour Patrick Bruel, son mari d’alors.

Cette fan de Woody Allen signe son premier livre ‘Ma place sur la photo’, publié en 2004. Dans ce roman autobiographique, elle parle de son père psychiatre juif et de sa mère avocate bretonne catholique, des moments heureux en famille avec sa soeur et son frère, du divorce de ses parents, de son avortement puis de sa rencontre avec le célèbre chanteur, Patrick Bruel. Elle sort en 2005 son second livre intitulé ‘Chicken Street’, un roman qui se déroule entre Kaboul et Manhattan. En 2006, Amanda s’essaie dans deux rôles nouveaux : maman et dramaturge.

Elle signe ‘Le Vieux Juif blonde’

En 2007, elle publie deux ouvrages : un roman, ‘Madeleine’ et un livre pour enfants, ‘Les Gums’.

LE VIEUX JUIF BLONDE

Vous voilà au parfum …quoique…vieux..ou…vieille ?

GENERIQUE

Auteur : Amanda Sthers

Metteur en scène : Mikaël Sladden

Scénographie Julie Michaud

Création sonore : Philippe Jonckheere

Asistanat à la mise en s cène : Gérard D’Anvers.

Avec Frédérique Massinon dans le rôle du vieux juif blonde.

LE VIEUX JUIF BLONDE

Jusqu’au 11/03/17

Relâches exceptionnels du 27/02 au 05/03.

THEATRE DES RICHES CLAIRES

Rue des Riches Claires 24 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 548 25 80

Elle : Ca fait vingt ans que j’appelle mon père papa parce que je ne me souviens plus de son prénom…

 

 Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », merci i de votre présence masculine ou féminine..

Notre moment de séparation :Ce soir sur la DEUX/RTBF à 20h25 : «  69 MINUTES SANS CHICHIS « le talk show de Joëlle Scoriels , qui reçoit le surprenant ARY ABITTAN ,d’origine juive américaine…

Bonne soirée…

A tout bientôt

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

SAINTE FATIMA DE MOLEM – BEN HAMIDOU – ( THEATRE VARIA)

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe, bienvenue à Vous.

Je vous présente un magnifique spectacle dans lequel Ben Hamidou se raconte avec amour et sincérité.


 SYNOPSIS

« Sainte Fatima de Molem » est un spectacle autobiographique qui nous emmène du présent – avec un père divorcé qui tente tant bien que mal de coucher ses enfants un soir où il en a la garde – au passé, depuis les quartiers populaires de Molenbeek.

Seul en scène, Ben Hamidou nous raconte son enfance passée à Molenbeek après que sa famille ait débarqué à Bruxelles au milieu des années 60’.

Du Sarma-Nopri à l’Académie de théâtre, le parcours qu’il retrace est dominé par une figure imposante, aussi drôle que tyrannique : sa grand-mère, une femme berbère centenaire à la langue bien pendue, tatouée et surnommée « Geronimo » par les camarades de classe de Ben enfant.

Morte, puis ressuscitée, Fatima deviendra Sainte Fatima de Molem, emblème de tout un quartier.

Ben Hamadou nous montre sa photo en fin de spectacle, grand moment d’émotion.

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 D’un bout à l’autre du spectacle, Ben Hamidou nous présente sa hanna comme une icône incarnant toute une communauté dont il est bien difficile de se détacher.

La traversée du canal, l’Académie, la découverte du théâtre et du métier de comédien, toutes ces étapes sont racontées avec humour et tendresse et c’est tout le spectacle qui s’articule autour de ce lien entre deux cultures, dans lesquelles Ben Hamidou veut inviter le public à puiser le meilleur.

Difficile de puiser le meilleur. Tout est le meilleur, intéressant , amusant, important dans sa vie.

Il est des plus étonnant, d’une vitalité totale, d’un rythme délirant.

 CONTEXTE ACTUEL

 Gennaro PitisciI (le metteur en scène) : De nos jours, il est fondamental d’ouvrir le champ de son action au-delà de la désormais tristement célèbre commune de Molenbeek ou de celles où des populations d’origines étrangères sont particulièrement concentrées. Il convient de jeter un pont et faire la jonction entre des mondes qui tendent à se fragmenter alors qu’ils n’en forment qu’un : celui fédérateur et critique qui porte en lui la culture des mélanges, qui ne renie ni ses racines ni son présent, à l’instar de Sainte Fatima de Molem, un spectacle qui depuis sa création en 2009, n’a cessé d’être joué.

Programmer cette pièce aujourd’hui au Théâtre Varia, à l’heure de la montée des extrémismes et du repli communautaire, prend ainsi tout son sens.

CHOIX DE BEN HAMIDOU

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Le parti pris autobiographique du spectacle a motivé le choix de Ben Hamidou de faire un seul en scène ou one-man-show. Cette forme théâtrale lui permet de porter sur scène son rapport intime à sa grand-mère, mais aussi à différentes personnalités qui peuplent Molenbeek, le quartier où il a grandi. Il prête ainsi son corps et sa voix pour nous faire entendre différents points de vue, en particulier celui de cette figure centrale de sa famille, sur une communauté riche de sa multiplicité.

Grâce à la forme du seul en scène et en incarnant plusieurs personnages, il démontre comment chaque individu est constitué et façonné par une appartenance multiple, qu’elle soit culturelle, religieuse ou sociale. Il se livre ainsi aux spectateurs tout en gardant une distance avec son sujet grâce à l’humour – trait typique du one-man-show

BEN HAMIDOU DE MOLEM

« Mon identité est multiple. Je suis de ce pays mais je n’oublie pas d’où je viens. Je ne rêve pas en berbère, je rêve en français. Je me sens plus bruxellois et belge, sans rejeter mes origines marocaines. On est d’où on vit. Le Molenbeek de mon enfance est multiculturel, c’était un village. Il y a une trentaine d’années, en Belgique, les immigrés marocains, on les appelait les Maroxellois ! J’en ai fait un seul sur scène. Dans la pièce Sainte Fatima de Molem, j’essaye aussi de répondre à cette question : c’est quoi finalement être Belge ? Je ne revendique rien à la Belgique, c’est mon pays. Elle n’a jamais cherché à assimiler ses immigrés. Aujourd’hui, on se retrouve avec des jeunes bruxellois d’origine marocaine qui te disent « Moi, je suis Marocain » avec un fort accent belge ! Le théâtre permet de questionner et de se questionner, mais aussi de discuter. La culture prémunit contre beaucoup de maux, elle peut sauver Molenbeek du communautarisme et du repli identitaire. »

INTERVIEW-(COURT EXTRAIT)

Vous êtes donc un enfant de Molenbeek ?

Ben Hamidou. Un enfant de Molenbeek qui n’était pas du tout prédestiné à faire ce métier. Vers 13 ans, c’est mon prof de français qui m’a dit : pourquoi tu n’irais pas faire du théâtre à l’académie. J’ai fait du théâtre et à partir de là je l’ai fait pour le plaisir. Ma grand-mère y était opposée, donc j’ai dû lui mentir et lui dire que je faisais des études de droit-

Ta grand-mère a joué un rôle important dans ta vie ?

Ben Hamidou. Énorme. Elle m’a éduqué, elle était omnipotente et omniprésente, une force de nature extraordinaire

Ta grand-mère a soutenu Abdelkrim Al Khatabi (leader de la lutte d’indépendance du Rif et père de la guérilla moderne, ndlr). Il doit t’évoquer beaucoup de choses

Ben Hamidou. En tant que dignitaire arabe et musulman, à l’époque, au-delà de ce qu’il a fait, c’était complètement révolutionnaire. Abdelkrim s’est rendu compte qu’il fallait mieux séparer la religion du politique. C’était visionnaire. Quand tu vois toutes les dictatures des pays arabes, elles fonctionnent toutes sur base de la fusion de la religion et du politique. C’est la base même du système des pays musulmans. Ma grand-mère a passé des armes pour lui. Elle cachait des grenades dans de la menthe. Elle est morte à 106 ans, donc elle a connu toutes les guerres tribales, la première guerre mondiale, la guerre d’Espagne, la deuxième guerre mondiale et la guerre d’Algérie. Donc pour elle, venir à Molenbeek, c’était du petit lait. Même avec ses tatouages. C’était Byzance.

 Vous jouez un imam dans le film « Les Barons », quel rapport avez-vous avec la religion ?

Ben Hamidou. Moi personnellement, je suis croyant. Je ne suis ni athée, ni agnostique. Mais je suis très ouvert de par mon métier. J’ai eu la chance d’avoir des parents très ouverts. Je pouvais parler avec mon père de plein de choses différentes. On ne m’a jamais obligé à faire ni le ramadan, ni quoi que ce soit. C’était mon choix. Mais malheureusement ce choix aujourd’hui n’existe pas. Il y a un contrôle social très fort qui est beaucoup plus important pour les femmes

Vous avez créé l’ASBL Smoners, de quoi s’agit-il ?

Ben Hamidou. Il s’agit de créer des projets artistiques avec des moyens professionnels en impliquant les gens du quartier. Cela peut prendre des formes différentes. On a des spectacles que l’on joue dans des salons de thé. On avait fait un spectacle sur le rapport des générations. On voulait toucher les parents. Dans un théâtre c’est impossible, dans les mosquées on ne peut pas faire du théâtre, donc on a choisi les salons de thé. On crée aussi des ateliers dans le milieu associatif. Il y a des choses qui bougent. Amener l’art lyrique à Molenbeek cela n’a pas été facile. En octobre prochain on propose un opéra à la Maison des Cultures. Ce n’est plus un boulot pour moi, c’est une passion. On ne devient pas millionnaire, mais on s’enrichit des rencontres. La différence nous nourrit. J’essaie que tous mes projets partent d’ici, de Molenbeek. Le quartier, malgré toutes ses difficultés, m’a tellement apporté que je trouve que c’est la moindre des choses. C’est une relation passionnée que j’ai avec le quartier.

(Interview réalisée par Julien Versteegh)

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Ben Hamadou est un brillant comédien auquel on s’attache immédiatement .Il nous tient en haleine dès son entrée en scène.


 Il est une femme à qui il doit beaucoup et qui marque sa vie. Elle est son héroïne favorite. Elle est Berbère et tatouée comme un chef indien. Elle est une femme de tradition qui aime les westerns modernes . Elle est un mélange d’amour et de tyrannei , une mère Courag eà la langue bien pendue et au caractère bien trempé . Elle est une figure légendaire des quartiers de Molenbeek d’une époque dont elle dira, elle qui a tant vécu que   « Molenbeek, c’est du petit lait » Elle est Sainte Fatima de Molem , sa Hanna , son incroyable grand-mère.

Un beau spectacle plein de chaleur humaine !

GÉNÉRIQUE

Avec : Ben Hamidou

Écriture : Ben Hamidou, Gennaro Pitisci

Mise en scène : Gennaro Pitisci

Un spectacle du Brocoli Théâtre, de la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek et de Smoners asbl.

Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service général de la Création artistique, Direction du Théâtre.

 

SAINTE FATIMA DE MOLEM

Jusqu’au 25/02/17

THEATRE  PETIT VARIA

Rue Gray 154  1050  Bruxelles

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe « , j’espère que cela vous a plu d’entendre Ben Hamidou et découvrir sa vie à travers le temps…

Notre moment de séparation : une rencontre avec l’ensemble « Insoul » et la merveilleuse chanteuse Samia Sabri.

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

THEATRE D’OBJETS – AGNES LIMBOS- THEATRE DES MARTYRS & THEATRE LA MONTAGNE MAGIQUE

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » bienvenue à Vous.

Je rentre d’avoir vu un spectacle le plus merveilleux qui soit.

Je viens de vivre un moment étonnant, féérique…

Un bonheur dû à Agnès Limbos.

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Née à Huy, Agnès Limbos est auteure, comédienne, metteuse en scène, et professeure de théâtre. Elle est la fondatrice de la Compagnie Gare Centrale (1984) avec laquelle elle crée des spectacles dans lesquels elle développe une recherche artistique autour du théâtre d’objet et de l’acteur-manipulateur. Entre voyages et formations pour le théâtre Jeune Public, elle a étendu son regard, sa technique et a créé sa propre façon de faire.

Elle est une figure emblématique du théâtre d’objet, cet art du détail qui éblouit les yeux et fait fonctionner l’inconscient.

Depuis toujours, Agnès Limbos se passionne pour la puissance de l’objet comme acteur à part entière et pour la capacité du comédien à le manipuler. Il n’y a pas de détournement, les objets ne sont pas considérés comme des accessoires mais bien comme des éléments fondateurs de la pièce, imposant leur présence comme pilier du jeu. Tout est calculé, imaginé et justement pensé pour les renvoyer à une entité, réelle effigie au sein des protagonistes du récit.

Faire prendre vie aux objets relève du défi puisqu’il est primordial de rendre l’expérience sensible et d’adapter le mouvement, la respiration ou encore la voix, si besoin, à chaque objet choisi. Chaque élément mis en scène transpose avec lui un univers qui fait marcher nos propres souvenirs et nos références. Ces fameux objets développent leur expressivité de par leur état original et inattendu, au départ inerte et sans vie, qui s’animent, racontent et prennent pour finir la place d’un personnage.

FOCUS AGNES LIMBOS

Agnès Limbos ne choisit pas des objets en fonction du thème qu’elle veut aborder mais elle se laisse plutôt attirer par eux. Au détour de glanages sur les brocantes et de promenades, interpellée par tel ou tel bibelot, elle l’adopte et cherche à en trouver ensuite la signification. Elle définit d’ailleurs son travail comme du théâtre de récup’.

A la manière des marionnettistes ou des conteurs, l’atmosphère extraordinaire nous encercle et la pièce prend une direction délicatement fantastique. Derrière ces ensembles faits de bric et de broc se dévoile alors une histoire.

Historiquement, le théâtre d’objet n’est pas nouveau. Il existe depuis de nombreuses années et a servi beaucoup de metteurs en scène par le passé, soucieux d’innover et désirant détourner la construction réaliste, parfois réductrice, des spectacles d’avant. L’intérêt d’une telle pratique c’est d’ouvrir le champ des perceptions.

Quel que soit l’âge du spectateur, son imagination est stimulée pour construire le récit. L’histoire prend sens pour tous et chacun se voit touché de manière unique et personnelle.

Les spectacles …

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 A deux pas du Théâtre des Martyrs, au 57 de la rue du Marais, se trouve ce fameux théâtre : « La montagne magique » Et c’est là que se donne, tout comme aux Martyrs, quatre spectacles tout particuliers :

« PETITES FABLES » : Où l’on voit que les chasseurs sont sans scrupules. Qu’ils sont souvent armés d’un couteau. Que ce couteau sert à couper, à diviser…. 

« CONVERSATION AVEC UN JEUNE HOMME : Une dame assise à une table. Un jeune homme dansant dans la forêt. Deux corps en pleine métamorphose qui se rencontrent…

« CARMEN » : Karine Birgé manipule les poupées de la belle séductrice, de José et Escamillo mais aussi d’amusants taureaux dodelinant de la tête. …avec la musique et les chansons de Bizet…

« RESSACS » où un couple perdu en pleine mer, dérive sur un minuscule rafiot…

Ces spectacles sont magiques, féériques, envoutants…

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EXTRAIT D’INTERVIEW – AGNES LIMBOS

Comment avez-vous découvert le théâtre d’objet ? Est-ce que toute petite, vous avez vu dans les objets toute leur richesse, que vous exploitez aujourd’hui et si ce regard a évolué, comment ?

Agnès : Je n’ai pas « découvert » le théâtre d’objet. Depuis toute petite, j’ai une fascination pour les petites choses. J’en découvrais avec « les cadeaux Bonux » que je collectionnais quand j’étais enfant, et avec lesquels je faisais des maquettes. Et j’ai toujours eu une fascination pour l’inanimé, pour les objets. Quand je me suis mise à faire du théâtre, à créer mes propres spectacles et à les tourner dans des festivals, j’ai découvert que d’autres avaient la même pratique que moi.

Le terme “théâtre d’objet”, largement repris depuis, fut prononcé pour la première fois à l’aube des années 80 par le théâtre de cuisine, le Vélo Théâtre le Théâtre Manarf. Une appellation commune pour des préoccupations esthétiques et éthiques partagées. Un autre nom pour une pratique théâtrale libérée de la toute puissance du texte et des contraintes imposées par les conventions de la marionnette.

On s’est reconnu comme faisant partie d’une même famille et nous avons commencé à faire des laboratoires ensemble pour comprendre en quoi ce théâtre-là était singulier. Depuis lors, ça s’est développé. C’est devenu un tiroir en plus dans les catégories. C’est souvent lié à la marionnette (parce qu’il y a de la manipulation), mais on garde l’objet brut, on essaie de plonger un regard dans le symbolisme, la métaphore, plutôt que dans la transformation…….

(Extrait des propos recueillis par Mélanie Levebvre)

 Les représentations ont commencé le 12/02 et s’achèveront dans quelques jours, le 26/02.

Vous avez encore la possibilité de voir CARMEN et RESSACS.

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 Contemplative, en tout cas, craintive, isolée, fragile.

Aujourd’hui, Agnès Limbos est devenue, par sa  présence tragico-clownesque , une des grandes artistes de la scène belge.

(La Libre Belgique)

 Quelle beauté du geste ! Quelle délicatesse dans le mouvement ! On se met à vivre avec ces personnages tellement bien imaginés ou représentés telle Carmen.

Il faut y ajouter les textes interprétés par un comédien dissimulé sur le plateau, en dialogue avec la manipulatrice.

Quelle jouissance ! Quel plaisir ! Qui plus est , en ce qui concerne «  CARMEN », de nombreux personnages apparaissent , s’agitant dans la mise en scène de la manipulatrice. On finit par oublier que ce sont des marionnettes.

Et encore, la musique est présente du début à la fin du spectacle (une heure), la magnifique musique de Bizet.

Nous rêvons, nous nous sentons à l’opéra !

Quelle merveille ! D’une grande efficacité !

Bravo à Agnès Limbos et tous ses amis artistes !

Ils nous font aimés la marionnette !

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe » , vous avez encore la possibilité d’assister à quelques-uns de ces spectacles.

Aujourd’hui mercredi, à 20h15 au Théâtre des Martyrs pour découvrir CARMEN et le travail imaginatif de Karine Birgé et Guillaume Istace dans la mise en scène de Félicie Artaud

Les 24, 25 et 26/02 au Théâtre La Montagne magique avec le spectacle «  Ressacs » : l’histoire de Monsieur et Madame Tout le monde qui se métamorphosent en monstres cupides…

Bon plaisir à Vous tous qui vous rendront soit aux Martyrs, soit à la Montage magique , et pourquoi pas tous les deux !

Infos Réservation : La montagne magique : 02 / 210 15 90— Les Martyrs : 02 / 223 32 08

 

Amis de l’émission/blog  « Les Feux de la Rampe » , j’espère que vous avez aimé ces marionnettes.

Notre  moment de séparation :  la chanson de Christophe  sur la marionnette.

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

BLACK CLOUDS – FABRICE MURGIA / CIE ARTARA (THEATRE NATIONAL)+PATRICK POIVRE D’ARBOR


Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe » , bienvenue à Vous.

Rejoignons Fabrice Murgia, créateur de ce spectacle.

Une idée importante !

L’ordinateur ! A travers le monde…

Une découverte capitale où l’on nous apprend à « coder ». Essentiel ! De plus en plus !

 

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FABRICE MURGIA-

Au plateau : quatre comédiens, deux Sénégalais, deux Belges, une envie de nous raconter avec force un grand conte contemporain, dans lequel se chevauchent des narrations croisées et des destins partagés.

Comme pour chacune de ses créations, Fabrice Murgia s’est nourri de rencontres et d’expériences.

Ici, c’est un atelier théâtral mené à Saly, au Sénégal, avec des comédiens locaux. Là-bas, ce sont différentes recherches autour des « brouteurs », ces escrocs en ligne qui sévissent depuis la Côte d’Ivoire pour réclamer de l’argent à l’autre bout du monde.

Plus loin, Fabrice Murgia a exploré la vie incroyable d’Aaron Swartz, qui en octobre 2010 s’empare et cache un ordinateur du Massachusetts Institute of Technology pour télécharger et publier l’intégralité d’une base de données de publications scientifiques, dont l’accès est payant en dehors des campus.

Pour Aaron Swartz, ces articles, somme de la connaissance de l’humanité, doivent être accessibles à tous librement.

À partir de cet instant, Aaron devient la victime d’un harcèlement incessant ordonné par le gouvernement américain, qui veut en faire un exemple. Le Gouvernement voit, en effet, pointer du nez l’influence que représente les « hackti- vistes » comme Aaron sur la population. Il est anéanti par la lourdeur de la procédure judiciaire et se suicide avant la tenue de son procès, à l’âge de 26 ans.

C’est avec cette explication formulée par la présentatrice que commence le spectacle.

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 AARON SWARTZ

Fabrice Murgia : L’histoire d’Aaron Swartz résonne dans notre esprit comme la démonstration d’une opportunité que nous, trentenaires avons vu naître et voyons s’éteindre ; la libre circulation des données et l’internet libre. L’accès à l’information représente un enjeu de taille pour le Nord mais également pour les pays dits en voie de développement.

Black Clouds crée un miroir entre les données brûlées par des enfants dans les décharges informatiques du Ghana, et l’idéologie sordide de la Silicon Valley, depuis l’espoir d’un internet pour tous, jusqu’au transhumanisme et la quête de l’immortalité.

Black Clouds métaphorise le tourisme sexuel, cette « néocolonisation des corps », pour traiter de la fracture numérique Nord-Sud : cette Toile tantôt synonyme de partage d’informations et d’émancipation, tantôt de domination et d’asservissement.

Black Clouds s’enfonce dans le Deep web (ce web profond et invisible) et dans sa face plus sombre, le Darknet, où la notion même de « frontière » n’a plus aucun sens et où tout un chacun est en mesure de s’acheter une arme, un faux passeport ou un organe.

Black Clouds est une plongée vertigineuse où la poésie, la musique et les images, nous emmènent dans un ailleurs à la fois onirique et bien réel. En nous confrontant, par petites touches, à notre histoire personnelle et collective (le colonialisme, les migrations, l’injustice sociale…) entre un « ici » et un « là-bas » aux contours fascinants et improbables.

Fabrice Murgia : Dans ce spectacle , je veux évoquer le tourisme sexuel , cette « néocolonisation des corps ». 

On traite de la fracture numérique Nord-Sud : cette Toile tantôt synonyme de partage d’informations et d’émancipation, tantôt de domination et d’asservissement.

On s’enfonce dans le « deep web », ce web profond et invisible, et dans sa face plus sombre le  « Darknet » , où la notion même de «frontière » n’a plus aucun sens et où tout un chacun est en mesure de s’acheter une arme , un faux passeport ou un organe. 

DEEPWEB

Nous spectateurs, suivons de très près ce spectacle d’intention, transporté dans ce Deep web : le web profond, un espace internet non référencé, c’est-à-dire invisible ; un espace accessible à ceux qui en possèdent les codes. En 2008, le web dit « invisible », non repris par les moteurs de recherche représente 70 à 75% de l’ensemble des pages qui le composent, soit environ un trilliard   de pages non – indexées.

Au-delà de ce réseau, il existe également le « Darknet, » le Net sombre, un réseau privé, créé entre personnes de confiance, souvent moins de dix utilisateurs. Un « Darknet « ne peut être créé par n’importe qui et pour n’importe quel usage. C’est simple et permet d’éviter les filtres posés par les entreprises ou par les Gouvernements.

L’existence de ce web souterrain nous démontre que l’espace Schengen est une passoire et que les techniques gouvernementales de renseignements sont désuètes.

Il nous démontre que la question des frontières appartient déjà au passé, car les Nations ne peuvent, dans un monde aussi facilement inter – connecté, limiter la libre circulation des personnes et des idées.

Ces choses dites et révélées sont des plus importantes.

Mais pas toujours bien reçues, ni comprises.

SUR SCENE

Quatre comédiens : deux Sénégalais et deux Belges qui nous racontent avec force un conte contemporain dans lequel se chevauchent une série de dialogues, de narrations croisées et de destins partagés.

Fabrice Murgia, non seulement l’auteur de cette pièce mais également metteur en scène du spectacle, prend des accents de comédie lorsqu’il s’agit de nous raconter les supercheries orchestrées par les pirates du « web » , les brouteurs dont la spécialité est d’entretenir des relations amoureuses à distance avec les Occidentaux.

L’INTERNET devient le lieu de la rencontre entre deux personnes en détresse, l’endroit de la manipulation.

Deux personnes ne se connaissent pas mais s’écrivent, elles sont à des kilomètres l’une de l’autre.

GENERIQUE

Texte et mise en scène : Fabrice Murgia

Interprétation : Valérie Bauchau , Fatou Hane,El Hadji Abdou Rahmane Ndiaye , Fançois Sauveur.

Accompagnement dramaturgique : Vincent Hennebicq

Assistant à la mise en scène : Vladimir Steyaert

Création video : Giacinto Caponio

Assistant à la création video : Dimitri Petrovic

Création lumière : Emily Brassier

Création sonore : Maxime Glaude

Costumes : Emilie Jonet

Régie générale : Marc Defrise

Régie lumière : Aurélie Perret

Régie son : Sébastien Courto

Régie video : Ledicia Garcia

Stagiaire mise en scène : Emma Depoid

Stagiaire technique : Camille Sanchez

Construction décor : Yves Philippaerts, Dominique Pierre, Pierre Jardon/Les Ateliers du Théâtre National – Bruxelles-

Photos Andréa Dainef

Production : Cie Arta

BLACK CLOUDS

Jusqu’au 23/02/17

THEATRE NATIONAL

Bld Emile Jacqmain 111-115 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 203 41 55


 Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe »

Encore une info…

 

Notre moment de séparation : Demain mardi 21/02, à 23h20 sur France 3  LE DIVAN  DE MARC-OLIVIER FOGIEL . 

A l’affiche, une belle invitation de qualité et d’intelligence: le journaliste, animateur et écrivain: Patrick Poive d’Arbor. A suivre…

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

REINES DE PIQUE – JEAN MARIE PIEMME – (THEATRE LE PUBLIC)

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe » bienvenue à Vous.

En scène, deux grandes comédiennes que nous aimons tous :

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 JACQUELINE BIR

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JANINE GODINAS

L’enchantement)

J’accueille ces deux femmes extraordinaires en musique.

 

SYNOPSIS

Dans l’ombre, une espèce de hall où se trouvent deux cent valises…

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Madame a réveillé Marie en pleine nuit : il faut aller à Douvres, maintenant, sans plus attendre, c’est une question de vie ! Dans ce voyage initiatique, Elisabeth, grande dame de théâtre, riche veuve sur le déclin, et Marie, sa loyale et remarquable servante, se parlent comme jamais auparavant. Sur les traces de Shakespeare et du Roi Lear, personnage qui depuis des siècles arpente la condition humaine, elles vivent un pèlerinage chargé d’intensité, de vérités, de souvenirs … et d’aveux.

Une fable à la fois drôle, touchante, philosophique, intrigante !

Du théâtre, du vrai théâtre où le texte joue un rôle primordial !

Deux comédiennes magnifiques remarquablement choisies et dirigées par Philippe Sireuil , nouveau directeur du Théâtre des Martyrs.

ELLE : Eh bien, quand le temps est à la pluie, il m’arrive de nous voir comme deux reines de cœur mille fois rebattues dans une partie de poker par une main invisible, voilà !

RENCONTRE AVEC L’AUTEUR- JEAN-MARIE PIEMME

Quand vous vous êtes lancé dans « Reines de Pique », saviez-vous avant de commencer pour quelles actrices vous écriviez ? Et en général, avez-vous les personnes à l’esprit durant votre travail ?

Jean-Marie Piemme : Oui, j’écris volontiers en pensant à des acteurs ou à des actrices dont je connais les qualités de jeu. J’entends leurs phrasés, la façon dont ils modulent le texte et ça me donne un support concret pour me lancer dans l’écriture.

J’ai écrit « Reines de Pique » à l’instigation de Philippe Sireuil qui m’a proposé d’écrire un texte pour Janine Godinas et Jacqueline Bir. La proposition m’a tout de suite séduit. Ce sont deux actrices de très grand talent. Elles ont en commun un amour des mots, des phrases, de l’écriture au théâtre. Et une extrême intelligence du texte. Elles savent exister et déployer leur personnalité dans le texte en lui donnant sa pleine puissance. Ecrire un texte à hauteur de leurs capacités d’actrices a été pour moi un défi stimulant. C’est en ayant conscience de cette richesse d’interprétation mise à ma disposition que j’ai conçu la pièce comme une alternance de fortes prises de paroles. Ecrire pour des acteurs ou des actrices, c’est d’abord leur proposer un bon matériau de travail.

 

RENCONTRE AVEC LE METTEUR EN SCENE : PHILIPPE SIREUIL

Quelle a été pour vous l’origine de ce projet ?

Philippe Sireuil : Le projet de « Reines de Pique » est né du désir que j’avais de réunir ces deux grandes actrices, Jacqueline Bir et Janine Godinas, dans un même spectacle.

J’ai eu l’occasion de travailler avec chacune séparément et, depuis des années, j’avais en tête l’idée de les faire se retrouver car, même si elles s’apprécient et suivent chacune le parcours de l’autre, elles n’avaient plus joué ensemble d Après avoir éprouvé ce souhait, ce désir, cette envie, je suis parti à la recherche concrète d’un texte, mais je n’ai rien trouvé d’approprié. Et la certitude est née qu’il nous fallait « notre » texte. L’idée d’une commande à Jean-Marie Piemme a pris corps. Notre complicité théâtrale date des années quatre-vingts, nous nous connaissons, nous nous apprécions, Jean- Marie est une personne essentielle de la scène théâtrale : le texte est né, assez rapidement comme toujours avec lui – quelques lectures d’ajustement ont suffi. Le projet devenait réalité.

Ce spectacle, c’est une forme d’hommage à Jacqueline et à Janine, à deux actrices qui ressemblent aux rôles qu’elles incarnent même si le texte bascule délibérément vers l’imaginaire ; c’est aussi une forme d’adieu à un théâtre qui n’est plus.

Pour écrire son texte, Piemme a pris le théâtre comme matériau et les deux actrices comme inspiration.

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 JACQUELINE BIR & JANINE GODINAS, DEUX ACTRICES HEUREUSES .

Confidentiellement, je puis vous dire que je les adore toutes deux.

Je les connais tout particulièrement bien les ayant engagées de très nombreuses fois à la RTBF, alors que j’étais producteur et réalisateur d’émissions dramatiques et de nombreux feuilletons.

Cela date de loin mais reste présent.

Quel plaisir j’avais de travailler avec Jacqueline et Janine, deux brillantes comédiennes, deux femmes tellement différentes l’une de l’autre.

Depuis, je les ai vues dans toutes les pièces, heureux de les revoir à chaque fois. Elles sont toujours, et resteront de grandes artistes malgré le temps qui nous déchire tous.

Leur rencontre dans cette pièce de Jean-Marie Piemme est un vrai bonheur !

On a l’habitude de décrire Jacqueline Bir comme la grande dame du théâtre belge et de présenter Janine Godinas comme sa révoltée. Là où Jacqueline incarne les figures emblématiques du répertoire, Janine aime à se faire le matériau des en metteurs scène innovateurs.

La première est réservée, posée, cristalline. La seconde pétillante, volubile et expressive. Pourtant, elles s’apprécient, se respectent et s’admirent. Chacune regarde l’autre avant de parler. Elles partagent leurs mêmes amours, celui du théâtre, de la transmission.

Elles ont commencé les répétions de « Reines de Pique » et sont au diapason. Quand l’une commence une phrase, sa complice la termine. Elles sont les deux faces d’un même art. De celles qui donnent leurs lettres de noblesse au monde de la scène.

Elles n’ont pas joué ensemble depuis des décennies mais toujours, elles ont suivi avec bienveillance et admiration le parcours de l’autre. Les voici toutes les deux au service d’un texte que Jean-Marie Piemme, dans sa langue inimitable, leur a taillé sur mesure, heureuses d’être ensemble.

C’est magnifique et tendre de les voir s’embrasser en fin de spectacle pendant que le public les applaudi…

 

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DIALOGUE REVELATEUR

Jacqueline Bir : J’aime le théâtre parce que j’aime les grands textes et j’aime les partager. Dans « Reine de Pique », il est question de théâtre et de création. On y aborde la langue mais aussi l’identité et on réfléchit aux personnages. Il est question de débat d’idées mais de deux femmes très humaines surtout.

Janine Godinas : Encore que… Elles sont humaines, c’est vrai mais pas dans ce que l’humanité a de plus beau. Elles sont semblables mais elles sont différentes. Ce sont deux identités qui se rapprochent et veulent dire quelque chose de différent.

Jacqueline Bir : Elles sont comme nous. On leur ressemble sans être pareilles. C’est ça le théâtre, on se projette dans son personnage mais on peut aussi se cacher derrière lui.

Se préserver de certains de ses traits. Moi, je suis le reflet du théâtre que j’ai pratiqué. J’ai été enrichie par les différences des personnages que j’ai incarnés, et par leurs contrastes.

Janine Godinas : Quand on m’a parlé de ce projet, il m’a tout de suite passionnée. Quelle belle idée, de réunir deux femmes, deux actrices et d’écrire une pièce sur mesure pour elles ! On est dans un projet total. Comment ne pas être enthousiasmée par une telle aventure ? Et puis, ce spectacle, c’était l’occasion pour moi de jouer aux côtés de Jacqueline que j’admire depuis si longtemps. J’ai commencé ma carrière à la Compagnie Claude Volter, celle qu’elle a créée avec son mari. Je n’y étais pas actrice, non, non, je plaçais les gens et je vendais les programmes. Et tous les soirs, je regardais Jacqueline dans « Agrippine » et j’étais béate d’admiration. Une interprétation pareille, un tel talent, ça m’a forgée ! J’ai voulu lui ressembler.

Jacqueline Bir : Janine, je suis allée la voir jouer chaque fois que je l’ai pu. Elle a toujours évolué dans un univers tellement différent du mien que cela me fascinait. J’ai eu tant à apprendre d’elle, de son talent, de son courage. Dans chaque rôle, sans exception, elle est impressionnante.

Janine Godinas : Jacqueline aime tout de moi et moi, j’aime tout d’elle. C’est tellement gai de se retrouver. De travailler ensemble

Jacqueline Bir : C’est tellement plaisant de regarder travailler l’autre, de s’écouter.

REINES DE PIQUE

20h30. La Grande salle du Public. Une lumière faiblarde sur le plateau où l’on voit 200 valises entassées les unes contre les autres.

Un voyage en bateau vers Douvres va bientôt se mettre en vogue.

Jacqueline et Janine partent retrouver Elisabeth et Marie. Elles se glissent dans leur peaux réincarner le théâtre.

Bon voyage Mesdames mais de grâce, revenez-nous…

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GENERIQUE

« REINES DE PIQUE »

Auteur : Jean-Marie Piemme

Metteur en scène : Philippe Sireuil.

Avec Jacqueline Bir et Janine Godinas

Assistanat à la mise en scène : Michel Jurowicz

Scénographie : Vincent Lemaire

Costumes : Catherine Somers

Maquillages et coiffures : Zaza Urteza da Fonseca

Maquilleuse : Céline Yetter

Lumière : Philippe Sireuil

Référent technique : Tawfik Matine

Régie : Matthias Palart

Stagiaire régie : Gaël Genett

Photos : Zvonock

Coproduction : Théâtre Le Public & Théâtre de Namur .

REINES DE PIQUE

Jusqu’au 18/03/17

THEATRE LE PUBLIC

Rue Braemt 64-70 1210 Bruxelles

Infos Réservations : 0800 944 44

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , merci de vous voir fidèle au rendez-vous sur le blog.

Notre moment de séparation : « MERCI BRASSENS »,un superbe divertissement inédit avec l’ami Georges et de nombreux musiciens – chanteurs   que nous retrouverons avec un immense plaisir.Ce samedi 18/02/17 à 21h sur France 2.

Bonne soirée.

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ETUDES(THE ELEPHANT IN THE ROOM)FRANCOISE BLOCH- (THEATRE NATIONAL)

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , bienvenue  financière. Préparez votre pognon…

 ETUDES (THE ELEPHANT IN THE ROOM)

(THEATRE NATIONAL)

Une création de Françoise Bloch !

Le sous-titre du spectacle fait allusion à un rapport de l’OCDE établi en 2009, juste après la crise de 2008 , intitulé :

« The Elephant in the Room : YHe Neec to Deal with What Banks Do »

Traduction : L’expression anglaise «  éléphant in the room » signifie « éléphant dans la pièce » mais ne doit pas être traduit ainsi en français ; ça désigne «  quelque chose de très important et de très évident, que l’on devrait donc voir , mais que l’on   ne veut pas admettre ou reconnaître et dont on ne veut pas discuter.

Ce n’est pas tout. Deux explications encore… 

Définition du mot «  Etude » : se dit de tout travail préparatoire. L’étude d’une question.

Ou encore : travail de l’esprit qui s’applique à connaître, à approfondir quelque chose…

ETUDES (THE ELEPHANT IN THE ROOM)

Lieu : « salle Studio » : trois tables pour le travail préoccupant mené par trois hommes, une quatrième où se trouvent les bouteilles de vin…

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Un énorme mur qui devient un écran gigantesque.

Un spectacle où l’on sent immédiatement la plume et les questionnements de Françoise Bloch aux rapports de force entre le secteur financier et la sphère politique .

Souvenez-vous de sa pièce précédente « MONEY » 

ETUDES- FRANCOISE BLOCH/ZOO THEATRE.

Françoise Bloch, après une trilogie forte sur le monde du travail, vue sous le regard des puissants ou celui des employés, change d’axe pour ce spectacle.

Elle nous propose une démarche plus modeste, un état des lieux où chaque acteur joue un seul rôle, très proche de lui-même, celui d’un citoyen qui se pose les questions sociétales et économiques qui le concernent directement.

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Sur scène, trois chercheurs amateurs, sorte de contre-figures d’experts, présentent le parcours de leur étude. Etre amateur ne doit pas empêcher d’agir. L’équipe s’accommode de cet état et le revendique.

En 2008, l’onde de choc économique propagée par la crise bancaire a agité toute la société européenne : la menace était alors imminente. Si les banques faisaient faillite, c’est toute l’économie qui s’écroulait purement. C’est pourquoi, l’état, c’est-à-dire la collectivité est intervenue pour les renflouer.

L’indignation était partout sensible : politique et société civile, l’espace d’un instant cherchaient à résoudre le problème des banques dites « too big to fail », par l’intermédiaire d’une loi de réforme structurelle du secteur bancaire, une des nombreuses propositions envisagées post crise 2008 pour tenter d’améliorer la stabilité d’un système devenu excessivement fragile et réduire tant soit peu le pouvoir des grandes banques sur les états.

Cependant, avec le temps, cette indignation s’est diluée redonnant du champs à la puissance d’agir des lobby bancaires défendant les intérêts du secteur.

La société civile reste peu présente dans les débats économiques et financiers qui la concernent pourtant immédiatement. Elle en est exclue tant par la complexité technique des sujets que par l’opacité bien gérée du langage et des mécanismes de décision.

A travers le parcours feuilletonnesque d’un projet de loi aujourd’hui réduit à peau de chagrin, une équipe d’artistes s’interrogent : comment dépasser le sentiment d’impuissance qui nous gagne face à l’ampleur d’un problème tel que celui posé par la fragilité d’un système économique et financier ou par son iniquité fondamentale ?

( à suivre)

ETUDES(THE ELEPHANT IN THE  ROOM) (suite et fin)

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 Pour créer ses spectacles et nourrir les acteurs qui composent ses projets, la compagnie Zoo théâtre s’entoure de personnes ressources qui l’aident à travailler et tordre la matière qui compose son sujet. Ces personnes viennent directement des secteurs concernés par les sujets qui l’intéressent : experts financiers, parlementaire européen, assistant parlementaire, ONG, et politiques de divers partis ont donc évolués à coté de l’équipe artistique durant cette création.

Ils ont été à la fois experts, garde fous, correcteurs et apport de matière réelle.

Cette matière « réelle », à priori rébarbative, travaille et inspire tous les artistes qui composent l’équipe de création : acteurs, vidéastes, scénographe… qui cherchent à partir d’elle un positionnement, une accroche, quelque chose qui puisse devenir pour eux principe agissant.

ETUDES (THE ELEPHANT IN THE ROOM)

(THEATRE NATIONAL)

Une création de Françoise Bloch !

Le sous-titre u spectacle fait allusion à un rapport de l’OCDE établi en 2009, juste après la crise de 2008 , intitulé :« The Elephant in the Room : YHe Neec to Deal with What Banks Do »

Traduction : L’expression anglaise «  éléphant in the room » signifie  « éléphant dans la pièce » mais ne doit pas être traduit ainsi en français ; ça désigne «  quelque chose de très important et de très évident, que l’on devrait donc voir , mais que l’on   ne veut pas admettre ou reconnaître et dont on ne veut pas discuter.

Ce n’est pas tout . Deux explications encore : Définition du mot   « Etude » : se dit de tout travail préparatoire. L’étude d’une question.

Ou encore : travail de l’esprit qui s’applique à connaître, à approfondir quelque chose…

ETUDES (THE ELEPHANT IN THE ROOM)

Lieu : « salle Studio » : trois tables pour le travail préoccupant mené par trois hommes, une quatrième où se trouvent les bouteilles de vin…

Un énorme mur qui devient un écran gigantesque.

Un spectacle où l’on sent immédiatement la plume et les questionnements de Françoise Bloch aux rapports de force entre le secteur financier et la sphère politique.

Souvenez-vous de sa pièce précédente « MONEY » 

ETUDES- FRANCOISE BLOCH/ZOO THEATRE.

Françoise Bloch, après une trilogie forte sur le monde du travail, vue sous le regard des puissants ou celui des employés, change d’axe pour ce spectacle.

Elle nous propose une démarche plus modeste, un état des lieux où chaque acteur joue un seul rôle, très proche de lui-même, celui d’un citoyen qui se pose les questions sociétales et économiques qui le concernent directement.

Sur scène, trois chercheurs amateurs, sorte de contre-figures d’experts, présentent le parcours de leur étude. Etre amateur ne doit pas empêcher d’agir. L’équipe s’accommode de cet état et le revendique.

En 2008, l’onde de choc économique propagée par la crise bancaire a agité toute la société européenne : la menace était alors imminente. Si les banques faisaient faillite, c’est toute l’économie qui s’écroulait purement. C’est pourquoi, l’état, c’est-à-dire la collectivité est intervenue pour les renflouer.

L’indignation était partout sensible : politique et société civile, l’espace d’un instant cherchaient à résoudre le problème des banques dites « too big to fail », par l’intermédiaire d’une loi de réforme structurelle du secteur bancaire, une des nombreuses propositions envisagées post crise 2008 pour tenter d’améliorer la stabilité d’un système devenu excessivement fragile et réduire tant soit peu le pouvoir des grandes banques sur les états.

Cependant, avec le temps, cette indignation s’est diluée redonnant du champs à la puissance d’agir des lobby bancaires défendant les intérêts du secteur.

La société civile reste peu présente dans les débats économiques et financiers qui la concernent pourtant immédiatement. Elle en est exclue tant par la complexité technique des sujets que par l’opacité bien gérée du langage et des mécanismes de décision.

A travers le parcours feuilletonnesque d’un projet de loi aujourd’hui réduit à peau de chagrin, une équipe d’artistes s’interrogent : comment dépasser le sentiment d’impuissance qui nous gagne face à l’ampleur d’un problème tel que celui posé par la fragilité d’un système économique et financier ou par son iniquité fondamentale ?

ETUDES (suite et fin)

Pour créer ses spectacles et nourrir les acteurs qui composent ses projets, la compagnie Zoo théâtre s’entoure de personnes ressources qui l’aident à travailler et tordre la matière qui compose son sujet. Ces personnes viennent directement des secteurs concernés par les sujets qui l’intéressent : experts financiers, parlementaire européen, assistant parlementaire, ONG, et politiques de divers partis ont donc évolués à coté de l’équipe artistique durant cette création.

Ils ont été à la fois experts, garde fous, correcteurs et apport de matière réelle.

Cette matière « réelle », à priori rébarbative, travaille et inspire tous les artistes qui composent l’équipe de création : acteurs, vidéastes, scénographe… qui cherchent à partir d’elle un positionnement, une accroche, quelque chose qui puisse devenir pour eux principe agissant.

ETUDES (THE ELEPHANT IN THE ROOM)

Ce spectacle est plutôt une conférence agitée, passionnante, magnifiquement dramatisée par ces trois hommes – comédiens appartenant au Zoo théâtre.

Une représentation de la représentation.

Un exercice sur l’exercice des pouvoirs.

Un mouvement formidable sur le plateau.

Des découvertes, des propos à conserver dans notre mémoire, cela pourrait nous être utile.

C’est mené tambour battant !

Françoise Bloch poursuit ses recherches sur les rapports entre théâtre et réalité.

Avec ses acteurs, qui sont également co-auteurs, elle intègre d’une façon singulière le matériau documentaire dans ses spectacles qui s’articulent autour de questions liées au travail.

Ici dans «ETUDES », elle se jette  sur l’exercice du pouvoir et interroge ses limites et ses mécanismes.

Pendant   75 minutes, les «  staff » sont au travail, s’interrogent, développent les propos, montrent les situations tordues, difformes, biscornues.

Plusieurs séquences « video » sont très explicites et importantes.

Ah ! L’argent, c’est quelque chose, non ?

 

GENERIQUE

Ecriture collective 

Avec : Romain David, Benoît Piret, Pierre Sartenaer  

Mise en scène : Françoise Bloch 

Assistante à la mise en scène : Cécile Lecuyer 

Collaboration artistique et vidéo: Yaël Steinmann, Benoit Gillet

Scénographie : Marie Szersnovicz 

Costumes : Patty Eggerickx 

Lumières : Jean-Jacques Deneumoustier, Michel Delvigne

Son et régie son: Cédric Otte

Collaboration technique à l’écriture: Aline Farès

Direction technique : Antoine Vilain  

Régie vidéo: Sandrine Couvert

Régie lumière: Cyril Aribaud

Production : Gabrielle Dailly 

Assistante de production : Laurie-Anne Vanbléricq 

Stagiaires à l’écriture : Anastasia Bay Ségolène Bodson Manon Hermine, Amandine Pitance Louise Van Brabant.

(Avec des extraits des textes de Françoise Bloch et ses amis)

ETUDES (THE ELEPHANT IN THE ROOM)

Jusqu’au 26.02.17

THEATRE NATIONAL

Bld Emile Jacqmain 111-115 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 203 53 03

 Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe », merci d’avoir assisté à ces propos argentés qui nous concernent tous.

Notre moment de séparation : Un documentaire qui touche de très près l’argent.

Préparez-vous à manipuler les beaux billets…

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

« QUARTIER 3 DESTRUCTION TOTALE »- JENNIFER HALEY- (THEATRE DE POCHE )

 Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », bienvenue à Vous.

Décidément à Bruxelles, les pièces s’enchaînent les unes après les autres, voire en même temps.. C’est formidable.

Et qui plus est , elles sont pratiquement toutes de qualité et différentes. Ce qui se produit à nouveau ces jours – ci dans plusieurs théâtres de la capitale.

AINSI ….

Au Théâtre de Poche….

«QUARTIER 3, DESTRUCTION TOTALE »

 

 

 On entre dans un domaine rare au théâtre : « les jeux vidéos »

L’auteure : Jennifer Haley

Texte traduit de l’anglais (USA) par Emmanuel Gaillot.

Si vous ne connaissez pas ces jeux, je vous propose de prendre connaissance du texte qui va suivre.

Cela vous introduira plus facilement dans ce domaine !

LE PITCH

« Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder » (Oscar Wilde)

Un groupe d’adolescents tente d’atteindre le dernier niveau d’un jeu vidéo se déroulant dans une réalité virtuelle, « Le Quartier ». L’action de ce jeu se passe dans une banlieue américaine, à l’identique de celle dans laquelle vivent réellement les joueurs. Bien entendu, ce quartier est habité par des zombies que les joueurs doivent tuer pour progresser de niveau en niveau…

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 Au fil du jeu, les maisons ressemblent de plus en plus à celles de chacun des joueurs… Étrangement, les actions des joueurs ont des conséquences dans leur vie quotidienne, qu’il s’agisse d’objets cassés ou volés, d’animaux torturés ou de personnes tuées.

Chaque scène de ce thriller est cependant introduite par des « solutions du jeu » qui contribuent à rendre poreuse la frontière entre la réalité et l’univers du jeu

Oui, ça fout les jetons…

D’autant que, ados ou adultes, parents ou non, nous nous identifions probablement aux personnages. Ou aux consommateurs plus ou moins volontaires de jeux vidéo, plus ou moins heureux de réalités alternatives…

Jennifer Haley(l’auteure) : Quitte ton écran, viens au théâtre. Rejoins-nous !

« Nous pensons que l’imagination crée la réalité » !

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LE JEU

D’emblée, « Quartier 3 » nous questionne sur le jeu, sur ce qu’il représente, tant pour celui qui est « pris dedans » que pour celui qui l’appréhende de l’extérieur.

Même si la dimension récréative du jeu est prédominante, il n’en reste pas moins très structuré : jouer c’est se soumettre à des règles, des codes qui définissent pleinement le cadre fictionnel. Jouer relève donc du paradoxe : s’évader en s’enfermant dans un cadre.

Car ce qui fait un bon jeu c’est sa capacité à monopoliser psychiquement et durablement le joueur autour de ses enjeux. Le temps d’une partie, le monde extérieur n’existe plus, le joueur habite un huis-clos fictionnel, la réalité lui est imperméable.

Cette absorption peut d’ailleurs sembler suspecte pour celui qui se trouve en dehors, observateur distant qui se demande comment un « simple » jeu peut captiver à ce point.

Moi : C’est un peu ce que je ressens personnellement…

 

PAUSE MUSICALE

 

 «QUARTIER 3 », la suite…

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Dans le jeu vidéo qui accapare les adolescents de « Quartier 3 , c’est ce cadre fictionnel qui colle au plus près de la réalité des joueurs qui pose question. La map de jeu est celle de leur quartier, les actions fictives ont des impacts réels. Où se trouve la limite entre fiction et réalité ?

Extrait

«  On lui acheté un ordinateur dernier cri pour Noël

« On pensait que ça la rendrait heureuse

« nous ne savions pas qu’on ne la verrait plus

« elle va en ligne et joue un personnage

« avec d’autres gens en ligne

« qui

jouent d’autres personnages.

 

QUARTIER 3 – DESTRUCTION TOTALE

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 LES ENJEUX

A travers le prisme de la relation parents/ados, « Quartier 3 : destruction totale » nous donne à voir un monde où la communication se révèle chaotique.

Jennifer Haley dépeint, ici, des personnages qui frôlent les archétypes que notre société consumériste et hyper individualiste peut produire : une mère sous antidépresseurs, un père totalement absent, un ado seul devant son ordi,…

Bien qu’évoluant dans une même société, dans un même « quartier », dans le même microcosme qu’est la famille, les codes, les valeurs y sont interprétés différemment par chacun, jusqu’à l’incompréhension mutuelle.

« Vous savez, on ne vire pas sa fille unique

« même quand elle sort de sa chambre

« en ressemblant, comme qui dirait , à un monstre.

Cette pièce nous interroge en effet sur ce qu’est la famille, sur son rôle dans notre société : n’est-elle qu’une mise à l’échelle de notre système néolibérale ? ou le dernier bastion des valeurs ?
Elle pose également la question de la représentation de ce qu’est une famille et du rôle de chacun en son sein. Chacun fantasmant le rôle/ la réalité de l’autre.
Que signifie à l’heure actuelle le « vivre ensemble » quand deux réalités, dont l’une est virtuelle , se superposent ?

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A SAVOIR : CES PERSONNAGES SONT-ILS VRAIMENT REEL ?

Olivier Boudon (metteur en scène) : Toujours traversé par cette question, le spectateur continue d’avancer dans la pièce comme un aventurier dans un artefact de jungle urbaine domptée et rectiligne, accompagnant de près l’un de ces adolescents dans une sorte d’initiation qui le verra commettre un matricide – il finira par dézinguer sa mère  (scène finale de la pièce).

La dernière scène jette magnifiquement un doute dans l’esprit du spectateur et lui laisse le soin d’y répondre par lui-même…

MISE EN SCENE

Olivier Boudon (le metteur en scène): Pour raconter cette histoire, je procède par vignettes. Derrière un tulle sur lequel sont projetées des images de possibles localisations dans le « Quartier », toujours en léger mouvement pour donner le sentiment de l’espace à conquérir (si typique du jeu vidéo), les comédiens jouent chaque scène dans des espaces très cadrés, se superposant dans un plan différent de l’image projetée et jouant dans la profondeur pour donner la sensation d’être pris à l’intérieur de celle-ci.

Le jeu n’est pas « naturaliste ». L’écriture de Jennifer Haley propose des décalages intéressants dans la mise en forme des répliques qui rendent théâtral un jeu d’acteur à priori cinématographique. Ainsi, si les situations et les relations entre les personnages sont tout à fait concrètes et réalistes, le spectateur perçoit dans le rendu scénique un jeu sur la possible « virtualité » de l’action.

Cette ambigüité est renforcée par la distribution. En effet, 4 comédien/nes jouent les 16 rôles de la pièce.

Prévu par l’auteure, ce choix intensifie l’ambigüité réalité/virtualité. Les personnages, appelés pour l’occasion « avatars », ont ainsi tous une apparence commune. Et même s’ils se distinguent par un ou deux éléments de jeu et de costumes, cette option renforce l’idée d’une uniformisation des personnes et des modes de vie dans l’histoire… Et donne à la dernière scène, écrite en rupture totale par rapport à ces choix, un poids de réalité qui lui confère des airs de clé de voûte de la narration – faisant ainsi office de porte d’entrée permettant au spectateur de remettre à la fin tous les éléments qu’il a vus à la place qu’il souhaite.

«  Papa écoute, on était tous en train de jouer chez cody, on est rentrés dans la Maison finale.

Tyler a trouvé un Zombie qui ressemblait à sa mère. Il l’a planté dans les yeux avec la Broche à Barbecue. Il a pété les plombs , il a couru chez lui et il nous a appelé en hurlant « sortez de la maison »

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Emmanuel Gaillot(traducteur de la pièce) : Dans ce  « Quartier 3 : Destruction Totale », Jennifer Haley nous propose une réflexion sur le thème de la réalité : la valeur qu’on accorde à ce qu’on imagine réel, la négligence ou le dégoût qu’on éprouve envers ce qu’on envisage comme des concurrences à la réalité (qu’il s’agisse de drogues, de jeu vidéo ou de crises de démence), la terreur de ne plus sentir la différence entre ce qui est réel de ce qui ne l’est pas. J’ai été fortement marqué au cours de mon enfance par l’irruption de l’informatique familiale dans les foyers, et par la banalisation de l’ordinateur. Je me rappelle ma fascination pour les jeux vidéo, pour cette idée que des mondes alternatifs conçus par quelques êtres humains existaient littéralement à l’intérieur de circuits électroniques, autant de mondes qui m’étaient donnés à découvrir. Travaillant aujourd’hui comme programmeur professionnel, cette fascination m’habite encore, dans l’idée qu’il est (parfois) possible de décrire un monde de manière textuelle, monde qui prendra sa vie plus tard, selon la manière dont d’autres en joueront.

Toutes ces explications extrêmement intéressantes, on découvre beaucoup de choses au passage nous conduisent plus facilement au déroulement de la pièce.

Cette pièce est mise en scène d’une manière totalement différente de ce que nous voyons régulièrement.

Le jeu des acteurs est lui aussi différent, tout comme la technique, théâtrale la lumière, l’utilisation de l’image cinématographique qui nous offre de magnifiques tableaux.

Le son musical est omni présent. 

« Vous savez, on ne vire pas sa fille unique même quand elle sort de sa chambre en ressemblant , comme qui dirait, à un monstre … »

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 L’AUTEURE !

Jennifer Haley est une auteure dramatique de Los Angeles,

titulaire d’un Masters of Fine Arts en écriture pour le théâtre.

Elle a reçu le Weston Award for Drama ainsi que le Joelson Prize in Créative Wrinting.

« Quartier 3 Destruction totale »  est sa première pièce publiée en français.

Le Théâtre Le Poche est une première mondiale en français.

 GENERIQUE

« QUARTIER 3 DESTRUCTION TOTALE »

Auteure : Jennifer Haley

Traduction : Emmanuel Gaillot

Mise en scène : Olivier Boudon

Avec

Lise Wittamer

Lucile Charnier

Stéphane Fenocchi

Lode Thiery

Scénographie : Olivier Wiame

Video : Bruno Tracq

Son : Loup Mormont

Lumières : Xavier Lauwers

Costumes : Carine Duarte

Assistant à la mise en scène : Laurent Staudt

QUARTIER 3, DESTRUCTION TOTALE

Jusqu’au 11/03/17

 THEATRE DE POCHE

Chemin du Gymnase 1 a 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 647 27 26

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe « , merci beaucoup d’avoir suivi avec intérêt ce  sujet sur le jeu video.

Notre moment de séparation : Une  dernière vidéo toujours intéressante  sur les jeux video. Ce n’est pas tous les jours…

A tout bientôt.

Roger Simons