CONTRACTIONS-MIKE BARTLETT-(THEATRE VARIA )+ FRANCOISE SAGAN

CONTRACTIONS-MIKE BARTLETT-

Création en Belgique

Auteur:Mike Bartlett, dramaturge anglais. Sa pièce a d’abord été jouée à la radio sous le titre de « Love Contract », programmée ensuite au Royal Court Theatre(Londres)

  

SYNOPSIS

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Une manager et son employée, Emma se rencontrent de manière épisodique. À quatorze reprises, la manager reçoit la jeune femme dans son bureau. Chaque entretien démarre de la même manière : les didascalies nous renseignent que la manager est assise derrière son bureau et qu’Emma rentre dans la pièce.

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Au fil de l’intrigue, on pénètre dans l’enfer de l’entreprise qui soumet Emma et ses collègues à toujours plus de pressions. On assiste à une véritable épreuve de domptage où l’employée doit tout sacrifier pour l’entreprise et son chiffre d’affaires, quitte à perdre quelques plumes en cours de route.

Les dialogues de la pièce, qui semblent, dans un premier temps, quotidiens, se transforment peu à peu en un interrogatoire lapidaire et glaçant, en un effrayant et oppressant cauchemar. Jusqu’où Emma ira-t-elle pour garder son emploi ?

CONTRACTIONS

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La pièce nous plonge dans l’univers du travail et des entreprises où la manipulation, la délation et la soumission sont à l’œuvre. Une pièce qui flirte avec la science-fiction et Big Borther. La présence de la vidéo surveillance est accentuée par la scénographie et la création vidéo d’Arié van Egmond. Une pépite noire, drôle et troublante qui nous fera longuement réfléchir.

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 LES DEUX COMEDIENNES

 Hélène Theunissen( la manager)

Joséphine de Renesse (Emma, l’employée)

Elles sont remarquables dans leur interprétation, d’une vérité fulgurante.

Magnifiquement dirigées par Marcel Delval, comédien et metteur en scène, l’un des fondateurs du Théâtre Varia.

RENCONTRE/INTERVIEWS

(menée par Emilie Gabele)

E.G : Qu’est-ce qui vous a plu dans cette pièce ?

Marcel Delval : .D : Cela me plaisait de mettre en scène deux comédiennes que j’apprécie beaucoup, et ce , dans deux beaux rôles féminins. Cette pièce développe un monde qui se situe entre la réalité et la science-fiction. J’ai tout de suite pensé à 1984 de George Orwell. Nous ne sommes pas loin de Big Brother. Ce qui se passe dans la pièce ne pourrait pas se produire aujourd’hui, quoique peut-être que d’ici vingt ou trente ans, cela pourrait réellement arriver. Dans certains pays, comme la Corée du Sud ou le Japon, on y est déjà. Les gens travaillent 60h par semaine. Ils ne peuvent pas refuser quand on leur demande de rester plus tard et doivent sacrifier leur vie de famille. Ils obéissent et baissent la tête sans arrêt car ils ont trop peur de perdre leur emploi. Il faut être compétitif et performant. Des mariages sont organisés au sein même de l’entreprise pour ne pas perdre trop de temps. Dans « Contractions », la manager fait entendre à plusieurs reprises que les temps sont difficiles, que l’on ne trouve pas facilement du travail, que sans emploi on est un crève-la-faim… Il s’y trouve très certainement un côté prémonitoire. Puis la pièce n’est pas exempte d’un humour anglais noir et cinglant dont je suis très friand.

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Joséphine de Renesse : Les thèmes très actuels – le monde du travail, le harcèlement, la manipulation – m’ont tout de suite séduite. Cette pièce va très loin. J’ai également trouvé intéressant que nous ayons affaire à deux femmes et non deux hommes, ou un homme et une femme. Le thème de la maternité est très présent. La pièce soulève la question de la compatibilité entre la vie privée – en couple, marié, en passe d’avoir des enfants, avec des enfants, etc. – et la vie professionnelle.

Hélène Theunissen : : J’étais très heureuse de découvrir cette pièce pour deux actrices. Depuis l’aventure d’ »Adultères », Joséphine et moi-même avions envie de jouer à nous deux. Dans le paysage théâtral, les partitions masculines sont plus nombreuses que les partitions féminines. Et « Contractions » propose deux très beaux rôles féminins.

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 E.G : Qu’apporte justement à la pièce ce duel féminin ?

Joséphine de Renesse : Selon moi, c’est encore plus cruel que l’interlocuteur d’Emma soit une femme.

Hélène Theunissen : En effet. On pourrait penser qu’une femme aurait davantage d’empathie qu’un homme, mais il n’en est rien. Toutefois, il est à noter que la manager n’est pas plus dure ou odieuse qu’un homme. Elle fait son job, c’est tout.

E.G : « Contractions » évoque le « love contract ». Ce type de contrat est très fréquent aux Etats- Unis et est d’usage dans certaines entreprises britanniques. Pensez-vous qu’il pourrait se répandre chez nous ?

Hélène Theunissen : Tout peut arriver. La dimension humaine au sein des entreprises est devenue secondaire, voire totalement absente. Il n’est question que de rentabilité, d’efficacité, d’immédiateté. Les gains et le capital ont pris la place de l’humain. Les choses s’accélèrent sans cesse. Si nous ne sommes pas attentifs, cette logique-là pourrait arriver chez nous.

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 Les dialogues de la pièce qui semblent dans un premier temps quotidiens, se transforment peu à peu en un interrogatoire lapidaire et glaçant, en un effrayant et oppressant cauchemar.

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RENCONTRE/INTERVIEWS (suite)

E.G : Que dénonce la pièce ?

Marcel Delval : La pièce dénonce les dérives du capitalisme.

La pièce pointe les perversions et les maux du système capitaliste.

Hélène Theunissen : C’est une pièce très kafkaïenne. Elle dénonce toute la machinerie interne à une entreprise, tous ses rouages. Les contrats qui sont signés sont faits pour prévenir, pour mettre en garde. La maxime de la pièce pourrait être « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». En effet, cette entreprise devient un enfer pour ses employés alors qu’au départ tout a été mis en place pour que tout soit clair et transparent, pour que le débat soit possible.

E.G : Que dire d’Emma ?

Marcel Delval : Son personnage est ambigu. Au départ, elle semble vouloir résister. Mais peu à peu, le processus de manipulation opère et Emma se retrouve soumise, pieds et poings liés à l’entreprise. C’est un voyage qui initie à la soumission. On voit cette jeune fille se transformer complètement tout au long de la pièce. La manager, quant à elle, est plus intemporelle. Elle n’évolue pas ou peu, et ne montre que très peu ses failles. Emma essaie de la secouer. J’aime beaucoup cette réplique d’Emma : « Est-ce que vous saignez ? », sous-entendu « Est-ce que vous vivez, est-ce que vous avez un cœur ou êtes-vous un robot !

E.G : Est-il possible d’être tout à la fois femme, mère et employée modèle ?

Marcel Delval : Dans la pièce, Emma n’arrive pas à gérer ces différentes casquettes et doit faire des choix. Ça a toujours été plus compliqué pour les femmes et je crains que la situation ne s’améliore pas, notamment avec le retour d’une droite forte au pouvoir.

Joséphine de Renesse : Cela me paraît difficile de tout faire à 100%. Je ne peux pas croire les femmes qui disent qu’elles gèrent à fond ces différentes casquettes. D’un côté ou de l’autre – au boulot, dans la vie de famille, dans la vie de couple… –, ça trinquera toujours. Maintenant, la société évolue. Des hommes aussi travaillent à temps partiel pour se consacrer à l’éducation de leurs enfants.

E.G : Dans la pièce, les employés mâles sont-ils traités différemment des femmes ?

Joséphine de Renesse  : Darren( l’homme d’Emma) trinque tout autant qu’Elle. Il est muté et ne peut plus voir son fils.

Hélène Theunissen : Je ne pense pas que la pièce aborde le sujet de l’inégalité homme/femme. Il n’y a pas de différence de traitement entre l’homme et la femme. Ils sont mis au même régime. On apprend dans la pièce que Darren est appelé aussi souvent qu’Emma, qu’il doit également rendre des comptes, qu’il a aussi dû signer le love contract, que la manager l’a remis à sa place, qu’il a été muté deux fois, dont une fois en Ukraine. On ne voit que la part féminine du couple, mais c’est tout le couple qui est broyé par cette entreprise. Oui, c’est elle qui garde l’enfant et lui prend ses distances, mais qui ne les prendrait pas quand on se retrouve muté, tout seul, dans un pays éloigné et totalement inconnu ?

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Info

Le « love contract » est un contrat que font signer certaines entreprises à leurs employés et qui établit des règles très précises sur le comportement à adopter en termes de relations amoureuses ou sexuelles sur le lieu de travail. Si une relation existe, l’employé est obligé de la révéler. La transgression de la clause dite « date and tell » (flirter et le dire) peut entraîner un licenciement. Ce love contract est une réalité devenue banale aux États-Unis. Il est également appliqué dans certaines entreprises britanniques.

CONTRACTIONS

Il y a de grands moments d’émotions, poignants, pathétiques.

14 séquences montrant l’évolution de la situation d’Emma, de plus en plus dramatiques dont la naissance de l’enfant d’Emma.

Joséphine de Renesse et Hélène Theunissen sont tout à fait remarquables, s’enfermant totalement dans leur

personnage . On ne pense plus aux deux comédiennes. On voit vivre deux femmes qui se déchirent.

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 La mise en scène de Marcel Delval est d’une grande sobriété, sans effets faciles, sans excès spectaculaires.

E/G : Marcel Delval , un mot sur la scénographie d’Arlé van

Les Egmond ?

Marcel Delval : Même si le centre de l’action reste les dialogues, nous devions créer un cadre dans lequel les deux actrices progressent. Nous voulions donner une atmosphère, rendre visible ce cadre des entreprises qui soi-disant offrent un service d’aide aux employés, mais qui en réalité ne font que les enfoncer un peu plus. Nous le développons à travers le son et l’image.

Nous sommes aussi face à une scène qui se répète sans cesse, même si elle évolue. Là intervient le facteur « temps ». L’image projetée est sensiblement la même que celle qui se passe sur le plateau, mais pas tout à ait. Voit-on un direct ou des images enregistrées ? Le but est de créer avant tout un trouble chez le spectateur.

(Extraits de l’entretien d’Emilie Gäbele , attachée de presse du Théâtre Varia)

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CONTRACTIONS

Marcel Delval : Si les entretiens quotidiens, menés face à face, les yeux dans les yeux , entre la manager et Emma, sont parsemés de jets d’humour noir , ils se transforment progressivement en un interrogatoire lapidaire et glaçant puis en un troublant , effrayant et oppressant cauchemar.

CONTRACTIONS- MIKE BARTLETT

Version française : Kelly Rivière

Avec Joséphine de Renesse et Hélène Theunissen.

Mise en scène : Marcel Delval

Scénographie, video , lumières : Arié Van Egmont

Créations costumes : Odile Dubucq

Un spectacle du Théâtre Varia

CONTRACTIONS

Jusqu’au 11/02/17

THEATRE VARIA (le petit théâtre)

Rue Gray 154 – 1050 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 640 35 50

 Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe «,  merci

pour votre présence et votre intérêt au blog.

Notre moment de séparation : Ce soir à 22h30 sur Arte, un documentaire sur

« FRANCOISE SAGAN  « 

Une découverte intime sur Françoise Sagan derrière le mythe qui l’entoure.

A tout bientôt !

Roger Simons


entoure.

 

 

 

SOUFI, MON AMOUR- ELIF SHAFAK- CHRISTINE DELMOTTE (THEATRE DES MARTYRS )+(film) LE PROCES


« Les Feux de la Rampe  » , bienvenue à Vous , en route pour découvrir une oeuvre magnifique.

SOUFI, MON AMOUR

Une pièce dense, exclusive, passionnante, remarquablement adaptée du roman d’Elif Shafak, écrivaine, née à Strasbourg de parents turcs.

Une nouvelle réussite totale de Christine Delmotte, l’adaptatrice, scénographe et metteure en scène de ce grand spectacle interprété par sept comédiens de grand talent !

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 SOUFI, MON AMOUR – (extrait du roman)

Ella Rubinstein a en apparence tout pour être heureuse. Mais, à l’aube de ses quarante ans, elle se demande si elle n’est pas passée à côté d’elle-même. Décidée à reprendre une activité professionnelle, elle est engagée comme lectrice par un agent littéraire. Sa première mission : rédiger une note sur un manuscrit signé Aziz Z. Zahara. Ce roman, qui retrace la rencontre entre le poète Rûmi et le plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz, va être une révélation pour Ella. Au fil des pages, elle découvre le soufisme, le refus des conventions et la splendeur de l’amour. Cette histoire se révèle être le miroir de la sienne…

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 Christine Delmotte : Le livre de l’écrivaine Elif Shafak, que je résume ici, m’a happée dès les premières secondes. Rendre accessible l’histoire de Rûmi me semble une idée fantastique. Et pour cela, la raconter en même temps qu’une histoire contemporaine est très efficace. Adapter un roman sur un plateau de théâtre est à chaque fois une aventure particulière. Il faut capter l’esprit du roman, son centre vital, son intérêt contemporain.

Notre fil rouge, dans ce texte foisonnant et passionnant, est la rencontre entre Rûmi (13ème- poète mystique persan) et Shams de Tabrizi (12ème– mystique soufi iranien). Le grand plaisir de mettre un roman en scène est de mélanger différentes théâtralités. Avec une installation liée aux différentes époques, en costumes contemporains et avec un minimum d’accessoires.

SOUFI, MON AMOUR

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 Une histoire d’hier et d’aujourd’hui…

Christine Delmotte : Michel Raji et Yumma Mudra pratiquent le tournoiement en danse contemporaine. Ils sont avec nous pour nous faire partager l’esprit de l’ivresse de cette danse que Rûmi a initiée avec Shams de Tabriz : les derviches tourneurs.

L’Orient et ses mystères. C’est important de proposer des paysages différents et particuliers à nos publics, pour que chacun puisse s’y retrouver!

 

 

 

SOUFI, MON AMOUR

Elif Shafak ballotte son lecteur entre deux époques, apparemment différentes, mais pleines d’incertitudes et de troubles. L’aisance avec laquelle elle tient les rênes des deux intrigues romanesques, distinctes mais convergentes, est stupéfiante. Sous sa plume virtuose, on se sent initié en douceur à la sagesse du soufisme et transporté vers des sommets de littérature…

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 SOUFI MON AMOUR

Une pièce particulière et extrêmement intéressante qui nous fait découvrir entre autres : le soufisme.

Les soufis disent : « La connaissance qui ne vous emmène pas au-delà de vous même est bien pire que l’ignorance » 

 

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L’ORIGINE DU MOT « SOUFI »

Le terme soufi est déjà répertorié 50 ans après la disparition du Prophète, certains disent même qu’il existait déjà du temps du Prophète. À l’époque, « être soufi » était vraisemblablement une « réalité sans nom », car à ce moment de l’histoire, l’Islam est vécu comme un tout, avec un aspect spirituel coexistant à la fois avec

l’aspect éthique et l’aspect quotidien. Selon les soufis, le premier soufi est le Prophète lui-même, car il réunit toutes les qualités soufies : la pureté, la gustation, l’inspiration, l’expérience, le dévoilement intérieur…

Le terme soufi vient de l’école de Bagdad à la fin du 9e siècle avec le terme Tawassuff qui énonce le fait d’être soufi.

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AUTRE ASSIMILATION : LES DERVICHES TOURNEURS

« Derviche » vient du persan, le mot signifie : mendiant, pauvre. Un derviche est par définition quelqu’un sur la voie ascétique soufie, qui doit vivre une existence de pauvre et austère. Cette pauvreté matérielle doit permettre une meilleure connaissance de soi et des mystères de l’univers. Les derviches vivent de prière, de méditation et dans l’obéissance absolue au cheikh, l’habit de laine est le symbole de leur investiture.

Les derviches tourneurs sont issus de l’ordre Mevlevi fondé par Jalal Din-Rûmi à Konya au 13e siècle. Durant leur cérémonie, la danse effectuée par les derviches est appelée « Sama», les mouvements qui forment la chorégraphie évoquent ceux d’une toupie, ce qui explique que les Derviches soient nommés « tourneurs ».

Lorsqu’ils pratiquent la Sama, les derviches tournent sur eux-mêmes avec une rapidité croissante, et ce au rythme de la musique. Ils ne cessent de tourner jusqu’à atteindre l’état de transe psychologique. L’idée est que cette danse leur permet d’atteindre « l’union » avec Dieu, elle peut être apparentée à une prière, le cercle formé par le mouvement des derviches peut être lu comme le symbole de la loi religieuse qui embrasse la communauté musulmane tout entière.

La pensée de Rûmi influencera la littérature, la musique et l’art. Pour lui, la rencontre avec le divin est primordiale, on est dans la recherche de Dieu et de l’unicité qui est centrale dans l’Islam.

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MISE EN SCENE

D’une grande modernité, très explicite, très mouvementée.

Les sept comédiens font preuve d’une aisance incroyable, entrant magnifiquement dans leurs personnages et ce, dans un rythme fou.

Ils se mettent à tourner à toute vitesse comme les soufis.

 

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EXTRAIT DU ROMAN…

« A pas souples et mesurés, il approcha et salua l’auditoire. Six derviches le suivaient, tous ses disciples, tous vêtus de blanc avec de longues jupes. Ils croisèrent les bras sur leur poitrine, et s’inclinèrent devant mon père pour qu’il les bénisse. Puis la musique commença et l’un après l’autre, les derviches se mirent à tourner, lentement au début, puis à une vitesse stupéfiante, leur jupe s’ouvrant comme une fleur de lotus. »

« Les histoires perdent leur magie, si et quand elles sont considérées comme plus que des histoires «  (Elif Shafak)

 

 
Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe «, j’espère que vous vous rendrez  l’un des jours à venir au Théâtre des Martyrs pour vibrer durant près de deux heures dans votre fauteuil à la vision de cette pièce de Christine Delmotte, à partir du roman d’Elif Shafak.

Si oui, je vous conseille vivement de vous procurer le programme   sur lequel se trouvent la biographie d’Elif Shafak ainsi qu’une longue interview passionnante de Christine Delmotte recueillie par Mélanie Lefebvre.

COURT EXTRAIT

Mélanie Lefebvre : L’histoire de Soufi, mon amour est inspirée du roman de l’auteure turque Elif Shafak, qui a eu un grand succès en Turquie entre autres. Vous dites que ce roman vous a “happée dès les premières secondes”. Comment avez-vous croisé le chemin de cette auteure ?

Christine Delmotte : J’étais à la recherche d’un roman à adapter pour le théâtre, autour du Maghreb, du Moyen- Orient, ou d’une thématique liée à ça (l’Islam, les femmes dans l’Islam…). J’ai lu des choses passionnantes et parfois très violentes : par exemple Talisma Nasreen, d’origine bangladaise, avec son livre « Enfance, au féminin ». J’ai vraiment hésité. Une amie m’a parlé de ce livre-là et ça a directement été le coup de foudre.

(Suite sur le programme…)

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GENERIQUE

Les acteurs : Maroine Amimi, France Bastoen, Christophe Destexhe , Soufian El Boubsi , Fabrice Rodriguez, Laurent Tisseyre , Stéphanie Van Vyve.

Danse : Yumma Mudra , Michel Raji

Collaboration à la scénographie : Noémie Vanheste

Collaboration à la création sonore : Daphné D’ Heur

Eclairages : Laurent Kaye

Régie générale : Rémy Bra

Régie son , lumière, video : Nicola Pavoni

Régie plateau : Justine Hautenauve

Assistanat à la mise en scène et vidéo : Fanny Donckels

Adaptation du roman, scénographie et mise en scène : Christine Delmotte

Coproduction : Cie Bloxi-Théâtre en Liberté-La Servante

SOUFI, MON AMOUR

Jusqu’au 11/02/17

THEATRE LES MARTYRS

Place des Martyrs 22 – 1000 Bruxelles

Infos Réservation : 02 / 223 32 08

INFO MUSICALE

A retenir également le jeudi 16/02/17 à 20h15 pour assister au concert «  Un piano djinn au pays du oud » réunissant piano et oud. Passionnant !

Lorsqu’un musicien de culture occidentale rencontre un musicien issu de la tradition arabe, ils réalisent très vite que leurs références musicales son innombrables.

Avec Jean-Philippe Collard-Neven & Nasser Houari .

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », merci encore pour votre présence.

Notre moment de séparation : Lundi 30/01 à 21h sur TV5 MONDE : Le filml d’Orson Welles » LE PROCES », tourné en 1962, avec trois grands comédiens : Anthony Perkins, Jeanne Moreau et Romy Schneider.

Une adaptation personnelle et brillante du roman de Kafka.

A voir sans hésitation

A tout bientôt 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

LE DIRE DES FORETS -PHILIPPE VAUCHEL (RIDEAU DE BRUXELLES)+JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe « , bienvenue au nouveau lieu du « Rideau de Bruxelles » : « L’Atelier 210 ». Fin des travaux de la future « Maison du Théâtre » dans deux ans.75 ans  d’existence .Chapeau !

 

Pour le premier spectacle, toute la salle de L’Atelier 210 est recouverte d’une toile noire, ce qui déjà crée une ambiance mystérieuse…

Où nous trouvons-nous ?

L’imaginaire de Philippe Vauchel

Philippe Vauchel : Là et ici dans la forêt, une forêt en bordure du monde, à la lisière du Grand Vide.

Confinés sur cette parcelle d’humus et de sève, un public, trois comédiens, un musicien.

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Pour une étrange veillée…

Peuplée de typique, de mythique, d’épique, de comique et de cosmique.

On y entend la solitude des pierres, des champignons, des chenilles, des cerfs, des sangliers, des hommes, des femmes,…

Silences, rires, cris et gesticulations y saluent la grâce dérisoire d’être à titre provisoire.

Au bout de la nuit, il faut sans doute se faire une raison…

Une raison d’être ? Tel un Woody Allen ardennais, Philippe Vauchel nous invite à partager l’épopée tragico-burlesque de la confrérie humaine.

 

J’ai passé 90 minutes remplies de rêves : Où étais-je ? Avec qui étais-je ? Qu’est-ce que je faisais dans ce monde étrange ? En quel an étais-je ? A des millions et des millions d’années ?…C’était une forêt dans laquelle j’avançais lentement pour suivre et découvrir tout ce qui s’y passait…

Oui, Philippe Vauchel , Jean-Luc Piraux et Anne-Claire m’ont fait rêver diablement !

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LE DIRE DES FORETS

Description toujours imaginaire

Une forêt. En bordure du monde. À la lisière du Grand Vide. Peuplée de typique, de mythique, d’épique, de comique et de cosmique.

On y entend la solitude des pierres, des champignons, des chenilles, des cerfs, des sangliers, des Hommes, des femmes, une mélodie à l’accordéon.

Silences, rires, cris et gesticulations saluent

la grâce dérisoire d’être à titre provisoire.

Au bout de la nuit, il faudra sans doute se faire une raison ? Une raison d’être ?

Est-ce qu’on peut ranger sa vie ici ? Y’a quelqu’un ? Ouhouh…

 

LE DIRE DES FORETS /PHILIPPE VAUCHEL- CHERCHER L’AME DE LA BETE !

Philippe Vauchel : C’est avant tout une exploration de l’intériorité de l’Homme, des questions qui le traversent au cours de son existence et qui dénotent l’étrangeté de L’être !

Les personnages sont mus par le besoin de faire lien avec eux-mêmes, de se retrouver pour sonder leur existence. Ils ont fui la communauté des hommes pour se rejoindre dans la forêt, lieu hors du monde, lieu de vie et de mort, lieu de l’avant-nous et de l’après-nous.

Effleurer le plus grand mystère dans la plus grande évidence.

« Je sais qui je suis ! Mais pourquoi je suis ? »

Combien de possibilités sur des milliards et des millions de milliards de possibilité que je ne sois pas celui que précisément je suis, celui que je me sens être…et pourtant je suis celui-là.

Tenter de sortir de l’identité définie par le monde social et explorer l’identité hors du monde, sans peur de la solitude qui caractérise les humains «  connectés » d’aujourd’hui.

L’idée d’un rassemblement d’humains où des cris, des rires trop sonores , des gesticulations physiques, des silences renversants arrivent pour saluer l’étrangeté qui nous concerne tous , notre étrangeté d’être.

Le propos est peuplé d’organique, de typique , de mythique , d’épique , de tragique, de comique , de cosmique.

Mon propos es peuplé de tous ces petits ou longs moments « hors vie » « hors monde », où des tremblements d’existence nous saisissent.

Voilà ce que j’aimerais partager sous le soleil des étoiles…Pour saluer l’étrangeté d‘Etre. Dans un retour au Primitif, au Sauvage, à l’Originel. Au Primorial !

 

 LES COMEDIENS

Ils sont formidables tous les quatre. Ils ont l’art de créer une ambiance inattendue, curieuse. On les voit s’occuper de la terre, de la vraie terre, monter sur une grande échelle devenue logement, courir en cercle jusqu’à épuisement, se servir le thé, s’engueuler même.

Ils sont trois à gigoter pendant que le quatrième nous offre une merveilleuse musique jouée sur un petit accordéon.

Tout se fait dans un grand calme et lentement.

Une déontologie et philosophie !

Philippe Vauchel : Je suis venu en forêt pour ranger ma vie .

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ENTRETIEN : CEDRIC JULIENS-PHILIPPE VAUCHEL (extraits)

C.J : «  Le Dire des forêts », c’est l’histoire de 3 ou 4 personnages qui se retirent du monde ?

PV : C’est l’héritage d’une citation de Leonard Cohen   « Un pessimiste est quelqu’un qui croit qu’il va pleuvoir ». Moi, je suis trempé depuis longtemps ».

Dans ma pièce , mes personnages sont trempés. Ils ont fui la communauté des hommes. En chacun de nous, il y a des tremblements ‘existence qui surgissent et qu’on ne peut pas partager, ni expliquer à ses voisins, ni même à ses amis ou son amoureuse. Pour les affronter, il faut faire retraite.

C.J : Comment traduire cela sur scène ?

P.V : C’est la difficulté. Est-ce que mettre des mots sur de l’indicible, ce n’est pas ternir la part de sauvage et d’animalité ? Est-ce qu’il ne faut pas fermer sa gueule, de temps en temps ? Je suis fasciné depuis toujours par le «  hors monde »

L’endroit de la fuite chez l’être humain. Où disparaissent les personnes âgées ? Où sont les esprits et les vies de ceux qui, par exemple, s’arrêtent sur le bord de la route , en face de chez moi , et que j’observe prostrés de longues minutes dans leur solitude ?

Ils ont comme «  hors du monde » . Qu’est-ce qui les fait trembler au pont de stopper leur véhicule sur « la bande d’arrêt du monde « ? Ils attendent ! Quoi ? C’est très étrange. On se pose ce genre de questions une fois passé cinquante ans, quand on est censé recevoir de la vie un peu moins que ce que l’on a déjà reçu.

C.J : Tu as écrit : «  Je suis venu en forêt pour ranger ma vie ». C est aussi le pouvoir de la forêt ?

P.V : En forêt une chose visible en cache une autre. Le recensement d’une forêt est impossible. Il y a toujours de la vie qui se cache. Il y a un «  hors-monde » en forêt : ça vit et ça meurt .C’est la plus grande fabrique de sol imaginable. Les gens disent «  je vais en forêt pour me ressourcer ».Or , c’est aussi le lieu de la pourriture , de la moisissure. Une forêt ça sent l’anticédent , ça sent les «  avant nous « . Et ça sent le roussi du « après nous »

Mais pour mes « trempés », c’est l’endroit de la trouée , du chemin parallèle. On vient tous de la fissure de nos mères, de nos femmes.

« Le Dire des forêts » c’est un spectacle sur l’étrangeté d’être. Quand je vois mes voisins faire leurs courses, j’ai envie de leur dire «  vous ne vous posez pas une

seule minute la question du pourquoi suis-je ? Mais ils n’ont pas l’air d’être une seule seconde bousculés dans leurs certitudes. J’espère que le spectacle gardera une trace de cet humour-là.

LE DIRE DES FORETS

Une pièce bien imaginée, une belle écriture… simple, une mise en scène intelligente, une interprétation de choix.

«  Je me souviens de ma première forêt !

J’étais toute petite.

Pour la première fois, je marchais devant

Mes parents.

Loin devant

Poussée par mes nouvelles bottines.

Toute seule juste moi.

Pour la première fois, moi, toute seule

Avec mon ciel, mes arbres, ma terre
Je suis !

C’est très étrange…je suis !

Je suis !

 

GENERIQUE

Avec Anne-Claire

Jean-Luc Piraux

Philippe Vauchel

En alternance, les musiciens

Jonathan De Neck

Et

Didier Laloy

Ecriture : Philippe Vauchel

Co-mise en scène : Philippe Vauchel et Michael Delaunoy

Scénographie : Alain Wathieu

Lumière : Philippe Catalano

Création sonore : Laurent Beumier

Travail vocal : Muriel Legrand

Assistanat à la mise en scène : Agnès Guignard

Régie lumière ; Gauthier Minne

Régie son : Nicolas Stroïnovsky

Habilleuse : Nina Juncker

Construction du décor : Stanislas Drouart, Bilal El Arrasi,

Bruno Gilbert, Nina Juncker, Almain Mage, Christophe Van Hove

Soutien technique : Dominique Lamette

Direction technique : Thomas Vanneste

Musique originale : Jonathan De Neck- Didier Laloy

LE DIRE DES FORETS

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 Jusqu’au 11/02/17

RIDEAU DE BRUXELLES

Chaussée Saint-Pierre 210 1040 Bruxelles

Infos Réservation : 02 / 737 16 01

 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », merci pour votre présence.

Notre moment de séparation : Dimanche 29/01/17 à 22h50 sur France 2 : Magazine de société présenté par Laurent Delahousse «  Un jour , un destin »  avec   ce grand comédien   insaisissable : JEAN-LOUIS TRINTIGNANT.

J’ai eu le plaisir de l’engager à la RTBF-RADIO   pour l’enregistrement du magnifique roman «  LE PETIT PRINCE », diffusé plusieurs fois sur la Première.

Le lendemain de l’enregistrement , je l’ai reçu dans mon émission «  Les Feux de la Rampe »

Un beau moment passé en sa compagnie.

Une joie de le retrouver ce dimanche. Ne le ratez pas.

Merci de votre attention et à tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SI CA VA, BRAVO (Théâtre T.T.O)+ BRIGITTE BARDOT

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe,  bienvenue auprès de deux grands acteurs belges que voici.

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Et à part ça toi, ça va ?

Comme tu vois…

Tant qu’on a la santé…

C’est ça…Au plaisir !…

Marie-Paule KUMPS a attrapé le « çavavirus »… et elle l’a refilé à Pascal RACAN  « Le « çavavirus », de son nom latin, est une saloperie de maladie… » dixit Jean-Claude Grumberg. « Qu’elle vous chope ou que vous la chopiez à un coin de rue, au saut du lit ou à la terrasse d’un café, les ça va vous collent au train, impossible de vous en débarrasser ! Pilules, suppos, rien n’y fait. Inutile de sortir masqué comme un touriste japonais grippé, le çavavirus résiste à tout traitement ! »

Ca va Vous qui prenez connaissance de cette pièce interprétée par nos deux grands comédiens :

Marie-Paule qui sourit…

Pascal qui tire la gueule…

« C’est absurde, intelligent, cocasse et drôle »

(Télérama) 

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CA VA ? CA VA PAS,TU DIS ?

17 sketches de la main de Jean-Claude Grumberg auteur entre autres de « Pour en finir avec la question juive » et «  L’Atelier »

17 séquences drôles, étranges, décalés, absurdes dans lesquels deux quidams se croisent.

Un trépidant ping pong bourré de quiproquos et de jeux de mots lancés à toute vitesse par les deux comédiens que nous avons vu de nombreuses fois dans les différents théâtres de Bruxelles. Nous les aimons beaucoup.

Ce sont deux dragons scéniques bourrés d’énergie comique.

Un exercice facilité – pas toujours – par la qualité du texte

« Sorte de kit en vrac de l’impensé du discours..(une) mécanique diaboliquement drôle »

(Journal La Terrasse)

 CA VA …CA VA PAS.. au cours du déroulement de la pièce …

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Marie-Paule Kumps : Grumberg et moi, c’est une histoire d’amour vieille d’il y a quelques années.

Je suis une inconditionnelle de ses écritures. C’est simple mais subtil et fin, jamais larmoyant , i explicatif , il suggère , renvoie les mots les uns contre les autres provoquant des chocs insolites.

Un style inclassable ! Des situations improbables !

Jean-Claude nous emmène en voyage. Voilà pourquoi je l’aime tant !

CA VA ? SI CA VA  !

TANT QU’ON A LA SANTE ! BRAVO !

 

Le spectacle ? Une farandole de « ça va » que l’on dit sans trop savoir pourquoi et sans attendre de réponse.

Bref, un coup de chapeau à nos amis Marie-Paule et Pascal, heureux de les voir au T.T.O.

CA VA ? CA VA !

TANT QU’ON A LA SANTE

Ces formules apparemment si simples, si communes et si vides de sens, créent parfois des échanges surprenants et émouvants…

Du vrai délire !

Avant tout, d’excellents jeux d’acteurs ! BRAVO SI !

GENERIQUE

SI CA VA ?

Auteur : Jean-Claude Grumberg

Mise en scène : Emmanuelle Mathieu

Avec Marie-Paule Kumps et Pascal Racan

Création lumières : Alain Collet

Décor sonore : Pierre Jacqmin

Scénographie et costumes : Aurélie Weber

Production Mazal asbl/Théâtre de la Toison d’Or

RIDEAU

Jusqu’au 11/02/17

THEATRE DE LA TOISON D’OR – T.T.O

Galerie de la Toison d’Or  – 396 398-1050  Bruxelles

 

 Amis de l’émission/blog  « Les Feux de la Rampe » , prenez rendez-vous au T.T.O pour aller applaudir nos deux joyeux artistes.

Notre moment de séparation : Ce vendredi 27/01 à 20h50 sur France 3 : BARDOT AMOUREUSE » , un documentaire de Virginie Linhart.

Deux heures plus tard , le film de Claude Autant Lara :« EN CAS DE MALHEUR » avec bien entendu Brigitte Bardot ,mais aussi avec Edwige Feuillère et Jean Gabin.

Voilà une fameuse soirée…

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

WOYZECK (THEATRE VARIA )+ JEANNE MOREAU & LINO VENTURA

 

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe », bienvenue au blog. Avec  une republication de ma chronique publiée précédemment.

WOYZECK

Georg Büchner/Michel Dezoteux

Chaque homme est un abîme…

 On a le vertige quand on se penche dessus…

 ORIGINE DE L’ŒUVRE !

 Woyzeck est une pièce de théâtre inachevée, inspirée d’un fait-divers.

 Georg Büchner, son jeune auteur qui est aussi médecin et homme  de science, commence à l’écrire quand il tombe gravement malade et meurt du  typhus en 1837.

 Malgré une œuvre, modeste par la taille, il devient l’une des figures marquantes de la littérature allemande du XIXe et un auteur classique au XXe.

 WOYZECK,  UN MATERIAU SPECTACULAIRE !

 Michel Dezoteux, adaptateur et  metteur en scène de ce spectacle, s’est lancé avec son équipe dans cette «quête »  de reconstituer l’histoire tout en gardant cet aspect   « art brut »  propre à la pièce.

Cette dernière va dans le sens contraire d’un monde qui voudrait tout savoir, tout comprendre, tout expliquer.

Pour écrire « Woyzeck », Buchner s’est inspiré d’un fait divers, celui d’un soldat, perruquier et vagabond, accusé du meurtre de son amante.

Michel Dezoteux s’entoure de quelques-uns de ses acteurs fétiches et de nouvelles têtes d’affiche avec  lesquelles il travaille pour la première fois.

Et les voilà embarqués dans cette nouvelle aventure dramatique.

Et les voilà qu’ils inventent un univers visuel et musical, à la chronologie cassée, baigné d’obscurité et de fausses issues.

Et les voilà qu’ils nous plongent au cœur de la pensée du héros , une pensée sans cesse mouvante, sans cadre et sans limites, qui finit sa course dans un trou béant :  LA FOLIE !

 

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Michel Dezoteux et son équipe nous emmènent dans les abysses noirs de l’existence humaine tout en révélant les soubassements mystérieux de notre fragilité.

Et nous voilà entraîné  dans cette aventure peu banale.

Pendant une heure dix, nous allons côtoyer  les barreaux d’un lieu  militaire souterrain  aux portes solides.

Nous allons voir défiler les personnages et tout cela dans une ambiance teintée de mystère, d’une lumière cauchemardesque, le tout accompagné  du son d’un harmonica.

C’est du théâtre, d’accord, mais à certains moments, nous avons l’impression de voir un  film de par ce décor de fer tellement réaliste, de par les mouvements et l’interprétation des six comédiens.

Michel Dezoteux,  nous raconte cette histoire curieuse, interrompue  par des bruits caverneux.

Michel Dezoteux : Voici ce qui, en recollant les morceaux, peut être résumé de l’histoire tout en sachant qu’elle peut être contredite, adaptée, recomposée.

 

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 Woyzeck est soldat. C’est un homme au cœur simple, confusément hanté par l’idée d’une bonté universelle.

Il vit avec Marie, une femme légère qui a un fils qu’il prend pour le sien.

Pour subvenir à leurs besoins  il devient un objet d’expérience pour la science et se met au service du capitaine de la garnison.

 

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 Il se sent humilié par l’un, rabaissé par l’autre, et lorsqu’il soupçonne Marie de le tromper avec le  tambour major,  une sorte de don juan du régiment, sa douleur mûrit. Il la poignarde, un soir de lune, au  bord d’un étang…

Rongé par les remords, il retourne sur le lieu du crime pour tenter de se laver de la souillure, mais il se noie.

 WOYZECK

Une œuvre très singulière même, dotée d’une mise en scène polysémique.

SCENOGRAPHIE

Michel Dezoteux a conçu une scénographie très particulière : la scène – toute dans sa longueur – est entourée et parcourue de grilles métalliques que l’on traverse grâce à quelques portes dont je vous ai déjà parlé.

Michel Dezoteux (scénographe) : L’ensemble rappelle les zoos et leurs cages, et par extension  nous ramène à l’imagerie de la prison et de l’enfermement en général , car c’est bien de cela qu’il s’agit : un homme enfermé dans sa condition  et dans sa vie , qui y tourne comme un animal en cage.

Michel Dezoteux oriente la scène dans la longueur de la salle du Varia. Nous, spectateurs, sommes assis sur un gradin long et bas devant une scène qu’il est impossible d’embrasser d’un seul coup.

Nous vivons une expérience unique et différente en étant presque projeté sur le plateau, à deux pas des comédiens. Original !

LA FOLIE DE WOYZECK

Michel Dezoteux : Mon idée est de peindre Woyzeck comme un homme normal qui, poussé   à bout, en vient à provoquer le pire : il est enfermé dans sa folie naissante, est le cobaye d’un docteur à l’éthique scientifique douteuse, l’homme à tout faire d’un capitaine qui le rend pour un moins que rien, aime une femme qui tombe amoureuse d’un autre homme.

J’ai donc voulu montrer que la folie est provoquée par tous ces éléments.

WOYZECK : UNE FABLE ?

Michel Desoteux : Oui, il y  une fable. Sinon, on ne pourrait  rien bouger, rien inventer.

Au théâtre, il y a toujours un récit. Que ferait le spectateur sans récit ? S’il n’y avait pas de récit au théâtre, ça cesserait comme s’il n’avait pas de toile à une peinture. Oui, il resterait le concept, l’idée. Mais, selon moi, du théâtre entièrement conceptuel ne peut exister.

Les choses prennent un certain caractère par la manière dont s’est raconté. Il n’y a pas de vraie chronologie, ni de déroulement logique dans l’espace.

Tout se passe de façon complètement désorganisée, ce qui multiplie les sens et les possibilités d’imaginer la fable. C’est très ouvert, il n’y a pas de sens fermé.

Le spectateur aussi peut comprendre la fable de différentes manières. Il n’est pas obligé de la lire avec des conclusions judéo-chrétiennes : « il faut se venger des femmes volages »

Oui, il y a une fable mais différents niveaux de sens et de compréhension de cette fable.

 …Rongé de remords , Woyzeck retourne sur le lieu du crime pour tenter de se laver de la souillure , mais il se noie.

 Pendant ce temps, sur la place du village, l’enfant présumé de Woyzeck joue. Lorsque la foule annonce que sa mère est morte, il ne comprend pas, et lorsqu’elle se précipite  vers le lieu du crime en laissant l’enfant seul ,  celui-ci se remet tranquillement à jouer…

UNE PIECE DE THEATRE PAS COMME LES AUTRES…

 Et c’est bien  ici son intérêt.

Si cette pièce est faite de fragments, elle garde entier l’opacité et le mystère de l’homme. Elle n’explicite rien, ne délivre aucun message.

Michel Dezoteux : Comment cependant lui donner corps ? Comment dire ses mots, ses répliques ? Et si l’inachèvement même , la chronologie cassée , le traitement échevelé , le tems éclaté devenaient des outils de compression  pour dire que chaque homme , quoi qu’on tente de comprendre et d’expliquer , reste un abîme  , une plaie.


 Je vous invite, lorsque vous serez au théâtre, de prendre connaissance du programme qui vous fera entrer plus facilement dans le récit de cette histoire…C’est fascinant ! C’est une pièce très intéressante traitée « autrement » par Michel Dezoteux !

Une belle et bonne découverte.

 DISTRIBUTION

Six comédiens talentueux : Karim Barras,  Eric Castex, Denis Mpunga, Inès Dubuisson, Fanny Marcq et Azeddine  Benamara qui joue aussi et remarquablement de l’harmonica.

Création lumière : Eric Vanden Dunghen

Création  costumes : Odile Dubucq

Création maquillage : Jean-Pierre Finotto

Composition musicale : Alexis Koustoulidis

Geste : Claudio Bernardo

Assistanat à la mise en scène : Gleen Kerfriden

Régie son : Laurent Gueuning

Réalisation décor : Mohamadou Niane, Aurélien Gobeau , Dmien Texido

 Photos : A.Piemme

Adaptation, scénographie, mise en scène : Michel Dezoteux.

 Un spectacle du Théâtre Varia en collaboration avec le centre des Arts Scéniques (CAS)

(Avec des extraits de l’entretien  mené par Emilie Gäbele  auprès  de Michel Dezoteux)

 WOYZECK/GEORG BÜCHNER

Repris au Grand Varia.

 Jusqu’au 04/02/17

 Rue du Sceptre 78 – 1050  Bruxelles

 Info Réservation : 02 / 640 35 50

 Au cours du déroulement de la pièce, on entend au 3ème plan une très belle chanson américaine interprétée par Frank Sinatra. Que vient-elle faire dans la pièce ?

A vous  de titiller votre imaginaire…

 Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe » merci de votre fidélité et votre attention.

Notre moment de séparation: Retrouvaille avec une toute grande comédienne que nous avons beaucoup aimé mais que nous ne voyons  plus guère…les années passent : Jeanne Moreau dans le film  de Raymond Bailly  » L’étrange monsieur Steve », , tourné en 1957. IL n’y a pas que Jeanne  dans le film, son partenaire : Lino Ventura. Tous deux dans ce polar adapté d’un roman de Frédéric Dard.

(TV MONDE  21h- ce lundi 23/01/17)

C’est souvent intéressant de revoir d’anciens films…

Pas de court extrait, c’est dommage.

Bonne vision.

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANTIGONE-SOPHOCLE — JOSE BESPROSVANY (THEATRE ROYAL DU PARC)

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe » , bienvenue à Vous !

Sophocle nous revient par le truchement de Florence Dupont, traductrice du grec  ancien.

ANTIGONE

Une création de la Compagnie José Besprosvany, en coproduction avec le Théâtre Royal du Parc et l’Atelier Théâtre Jean Vilar.

Une  belle mutation : Hier  » Chaplin » , aujourd’hui « Antigone »

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ANTIGONE/SOPHOCLE

Antigone nous parlerait de la résistance courageuse d’une jeune fille contre la machine broyeuse de l’Etat, incarné par Créon.

Il défendrait les orateurs de la cité, elle défendrait les valeurs de la religion …

Antigone est sympathique parce qu’elle aurait le courage de se révolter. Créon est antipathique parce qu’il aurait le pouvoir d’Etat…

Mais on peut différencier les sympathies : Antigone est une intégriste, une fanatique de la religion des morts à qui sa naissance souillée – elle est née d’un inceste – interdit tout avenir.

Face à elle un Créon nationaliste, un militaire à poigne, qui veut imposer un Etat « laïque »…

L’histoire que l’on peut voir au Théâtre du Parc permet à deux grandes voix de s’affronter « musicalement ».

L’une en chantant son propre deuil de jeune fille n’ayant jamais eu d’enfant l’autre le suicide de son fils et de sa femme , morts par sa faute.

Lequel est le plus malheureux ? Lequel des deux entraînera le Chœur dans son chant et sa douleur ?

Tel est peut-être l’enjeu d’une tragédie qui est d’abord, comme toute tragédie, une suite de chœurs offerts à Dionysos…

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La traduction de Florence Dupont est philologiquement exacte et d’une limpidité parfaite.

Plus rien de ce côté fumeux qui caractérise trop de traductions classiques.

(Editions de l’Arche)

Et tout cela est vrai  sur le plateau du théâtre : tout est dit , tout est joué, tout est chanté , tout est dansé !

Si l’on n’est pas un fan de Sophocle il est bon de consulter le programme du théâtre qui nous fournit une bonne série d’explications des plus formelles et intéressantes.

Ainsi, il faut savoir que Sophocle est le principal représentant avec Eschyle et Euripide, du théâtre grec.

Il a œuvré durant 63 ans à créer des pièces de théâtre. L’on dit même qu’il aurait joué plusieurs de ses œuvres !

Et à 87 ans, il gagne encore le premier prix du concours dramatique avec «  Philoctète » !

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ANTIGONE

En scène : des séquences et des dialogues courts , percutants, scindés par des danses violentes.

ANTIGONE /SOPHOCLE /JOSE BESPROSVANY

Né à Mexico le 13/10/59, c’est la deuxième fois que José Besprosvany travaille au Théâtre du Parc comme metteur en scène et scénographe. Né à Mexico le 13/10/59, il découvre la danse moderne au Ballet National de Mexico, intègre un groupe de danse folklorique juive « Anajnu Veatem », et décide d’apprendre la danse moderne en cachette car dans le milieu juif mexicain très conservateur de l’époque il est mal vu qu’un garçon suivie des cours de danse.

Paris puis Bruxelles. Attiré par le travail de Maurice Béjart, il s’inscrit à l’école de Mudra, où il restera pendant deux ans.

Puis commence la course à travers les théâtres et les oeuvres dramatiques.

Il quitte Béjart et forme une compagnie en 1986.

Il travaille tant et plus avec ses regards entre le mouvement, la musique, la danse et le texte.

Il se trouve dans d’infinies variations entre le mouvement et la narration.

Une volonté de décloisonnement, tant sur le plan esthétique ou formel que sur le plan dramaturgique, lui ont permis la création de spectacles inattendus, hétéroclites et inclassables.

C’est bien ce qui la conduit à la création d’ANTIGONE, une version on ne peut plus moderne. D’une part le texte de Sophocle, de l’autre des danses violentes.

On est surpris dès le début du spectacle.

On le reste durant les 90 minutes de la représentation.

RESUME BREF SUR L’HISTOIRE

Antigone rend les honneurs funèbres à son frère Polynice, malgré l’interdiction de Créon, maître de Thèbes. Pour n’avoir pas respecté la loi, la jeune fille est murée vivante. Troublé par les avertissements du devin Tirésias, Créon revient trop tard sur sa décision et est puni par la mort de son fils Hémon, fiancé d’Antigone, et par celle de son épouse, Eurydice.

JOSE BESPROSVANY ET ANTIGONE

José (metteur en scène) : D’emblée, la sonorité du nom de cette jeune fille, Anti-gone, me plaît. Les personnages rebelles, anticonformistes, et plus encore ceux issus des tragédies antiques me fascinent. Après Prométhée enchaîné et Œdipe, je me plonge dans une nouvelle pièce tragique, qui fut adaptée notamment par Brecht et Anouilh, comme l’histoire d’une résistante au pouvoir tyrannique, préférant mourir que de subir une loi injuste, celle qui interdit la sépulture de son frère Polynice.

Ce personnage antisystème m’attire et m’interpelle, étant sensible à l’interrogation des discours normatifs et de la doxa dans divers domaines qui ont traversé ma vie : le judaïsme, la danse et l’art contemporains, la sexualité…

Je questionne donc, tout comme Florence Dupont – intellectuelle fascinante dont j’utilise la traduction – cette idée qu’Antigone serait sympathique à nos yeux parce qu’elle aurait le courage de se révolter, et Créon antipathique parce qu’il aurait le pouvoir d’État.

Inspiré par la recrudescence du religieux aujourd’hui, et la question de la religion dans la cité, il m’a semblé plus intéressant de mettre en avant le caractère religieux et fanatique d’Antigone, tout comme la tyrannie de Créon. Antigone justifie son acte par la loi divine, Créon par la raison d’État. Opposés par leurs idées, mais proches par leur intransigeance, Antigone et Créon sont des personnages radicaux qui vont s’opposer âprement.

Tous deux sont également mis en question par les autres personnages : Ismène, Hémon, Eurydice, le Messager, le Garde, Tirésias, et par le Chœur.

Ayant un attrait certain pour les spectacles interdisciplinaires qui mélangent texte, mouvement et musique, le Chœur est aussi une occasion d’explorer la rencontre entre les comédiens et les danseurs. Les premiers disent les textes, suivant leur élocution naturelle, sans scansion ni transposition chantée. Ils sont doublés par cinq danseurs, et tous sont accompagnés par les musiques électroniques de Laurent Delforge.

Dans un décor proche d’une installation, les thèmes contenus dans cette pièce sont évoqués : la mort et la sépulture, l’origine de nos religions monothéistes, sources de radicalisme et de fanatisme. Les parties chorales et chorégraphiques alternent avec les scènes théâtrales, pour en faire un spectacle proche de ce qu’était la tragédie athénienne de l’époque : un grand rituel de deuil.

Antigone est , je l’espère, un moment pour éprouver collectivement les conséquences néfastes qui résultent de l’intolérance et donc, par antithèse, de célébrer la tolérance et l’ouverture.

Tout est remarquablement conçu, étudié, travaillé, mis au point avec les comédiens et les choristes.

Le texte français de Florence Dupont est d’une belle écriture , interprété par les comédiens et choristes.

On écoute les personnages.

On écoute les chœurs.

On regarde les danseurs .

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A lire les mots de la fin du spectacle…

Créon:

Emmenez-moi loin d’ici

Emmenez cet homme vide

Mon garçon je ne voulais pas ta mort

Et je t’ai tué

Toi non ma pauvre femme

Tout ce que j’avais en main

M’a échappé

Un lourd destin

M’a écrasé

Le choryphée:

Le bon sens avant tout donne le bonheur

Le bon sens nous dit il de respecter

Le domaine des dieux ?

Serons-nous déjà vieux ?

Quand nous aurons appris le bon sens ?

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GENERIQUE

Mise en scène et chorégraphie : José Besprosvany

Hémon le Chœur : Toussaint Colombani

Tirésias , un Coryphée : Charles Cornette

Antigone : Héloïse Jadoul

Ismène , le Chœur : Elisa Lozano Raya

Le Garde, le Messager, le Choeur : Gauthier Jansen

Créon : Georges Siatidis

Eurydice , un Coryphée , le Chœur : Isabelle Roelandt

Les danseurs: Maria Almeida , Gabriel Nieto, François Prodhomme, Harlan Rust, Lisard Tranis ou Brice Taupin.

Direction technique : Gérard Verhulpen

Régie : David Lempereur

Régie plateau : Cécile Vannieuwerburgh

Régie lumières : Noé Francq

Régie son : Jérémy Vanoost

Accessoiriste: Zouheir Farroukh

Habilleuse : Gwendoline

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Construction du décor: Yahia Azzaydi, Patrick Cautaert et Lucas Vandermotten

Peinture du décor : Sébastien Munck & Fani Goethals

Lumières : Marco Forcella

Cotumes : Bert Menzel

Décor : José Besprosvany et Sébastien Munck

Conseil artistique : François Prodhomme

Musiqie : Lauent Delforg

Assistanat à la mise en scène et à la chorégraphie :   Muriel Hérault et Yannick de Coster

Une création de la Compagnie José Besprosvany

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ANTIGONE / SOPHOCLE

Traduction du grec ancien : Florence Dupont

THEATRE ROYAL DU PARC

Rue de la Loi 3 – 1000  Bruxelles

Infos Réservations : 02/505.30.30

Jusqu’au 18/02/17

 

Prochain spectacle : MEPHISTO de Thierry Debroux d’après Goethe

 

Amis de l’émission/blog “ Les Feux de la Rampe “ , merci pour votre présence au blog.

Notre moment de séparation: Ce soir à 23h15 sur FRANCE 2, un magazine de société présenté par Laurent Delahousse : UN JOUR UN DESTIN . Un personnage drapé dans des costumes sombres : BARBARA, Une femme libre qui avait choisi la chanson pour vivre enfin…

Bonne vision.

A tout bientôt!

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TAKING CARE OF BABY – DENNIS KELLY (THEATRE OCEAN NORD)+ ANGELO BISON

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe », bienvenue sur le blog pour vous présenter un spectacle  hors habitude.

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Une œuvre théâtrale très agitée mise en scène par JASMINA DOUIEB !

«L’homme ne s’avise de la réalité que lorsqu’il l’a représenté et rien jamais n’a pu mieux la représenter que le théâtre »

(Pier Paolo Pasolini)

L’AUTEUR

Né à Londres en 1970, Dennis Kelly intègre vers sa vingtième année une jeune compagnie théâtrale et commence à écrire.

A la fin des années 90, il entame des études universitaires au Goldsmiths College de Londres.

S’il dit n’avoir rien appris en matière d’écriture théâtrale, il y affirme le choix de forme en rupture avec le théâtre social réaliste anglais , à l’image de celles développées par Antony Neilson, Sarah Kane ou Caryl Churchill.

Ses textes abordent des questions contemporaines algues mixant l’expérimentation de styles dramatiques diversifiés et le caractère provocateur du théâtre in-yer-face. Cela se sent immédiatement lorsque l’on découvre la pièce « Taking Care of Baby »

Son théâtre est un genre de théâtre subversif qui cherche à renouveler le regard du spectateur sur la société en le provoquant émotionnellement.

Par l’extrémisme de son langage et de ses images, il déstabilise l’audience , envahit l’espèce personnel des spectateurs , les perturbe , les obligeant à regarder de très près ce à quoi ils assistent.

Et c’est bien cela qui se passe dans la salle Océan Nord.

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Le spectacle est long, un peu plus de deux heures, mais il n’y parait pas. On suit l’action de très près, c’est passionnant !

La mise en scène de Jasmina Douieb est fabuleuse et d’une énorme modernité.

Les personnages sont accrocheurs, interprétés par six excellents comédiens.

LE THEATRE VERBATIM

Ou «  théâtre documentaire » , originaire de Grande Bretagne, une forme de théâtre construite à partir d’interviews réalisées par le ou la metteure – en scène de protagonistes ou de témoins d’évènements généralement politiques, sociaux , sportifs ou de catastrophes naturelles ou autres.

Les pièces de théâtre «verbatim » ont pour but de rendre compte objectivement, à la manière d’un reportage de ces évènements.

 

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Dennis Kelly (l’auteur) : » Ma pièce « Taking Care of Baby » est une pièce étrange. En Angleterre, le théâtre documentaire était très répandu à l’époque où j’ai écrit la pièce.

Bien sûr, le théâtre documentaire est construit à partir d’interviews. Et je voulais une pièce de ce genre. Mais je voulais surtout écrire sur la vérité…

J’avais le sentiment que la vérité, dans notre vie publique, se trouvait compromise. Que les choses ne soient pas vraies n’avait aucune importance puisque les médias pouvaient prouver la véracité d’une information, alors elle était vraie. Et j’ai pensé que le meilleur moyen d’écrire sur la vérité était de mentir. J’ai donc écrit une pièce verbatim qui n’était pas vraie. Le plus étrange est que si les gens croyaient que ce n’était pas réel, ils trouvaient la pièce très drôle. S’ils pensaient que tout était réel, un froid glacial s’installait dans la salle.

C’était une expérience bizarre.

En fait, beaucoup de gens quittaient le théâtre en pensant que tout était réel, c’est peut-être une faiblesse de la pièce. Moi, je pense qu’il faut savoir prendre ce genre de risques.

J’ai vu le spectacle. Je vous assure que personne n’avait l’envie de quitter la salle. Bien au contraire !

 RESUME

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ll s’agit d’un fait divers survenu en récemment en Angleterre: un double infanticide, à quelques années d’intervalle. La mère, finalement acquittée du meurtre de ses enfants, donne une interview où elle tente de donner sa version des faits. Lors d’une sorte de reconstitution, tous les protagonistes du drame nous sont présentés sans fard, en tant que témoins d’une enquête qui se mènera sur scène.

Une fiction-réalité ? Un théâtre verbatim, basé sur des témoignages et des interviews ? Le sentiment de la fiction s’insinue.

Au fil de ces témoignages, nous nous engageons sur le chemin

Sinueux et périlleux de la recherche d’une vérité impossible…

Denis Kelly : Il s’agit vraiment d’une retranscription mot pour mot à partir d’entretiens et de correspondances. Rien n’a été ajouté et les mots utilisés sont ceux employés même si certaines coupes ont pu être faites. Les noms n’ont pas été changés…

« Le théâtre n’est pas un disséminateur de vérités, mais un fournisseur de versions multiples. Ses affirmations sont provisoires. À une époque où rien n’est clair, infliger la clarté est d’une arrogance périmée.

(Howard Barker)

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 TAKING CARE OF BABY

 Une pièce fascinante où l’on cherche la vérité.

Un va et vient des personnages, du début à la fin.

On les suit ! On imagine ! On essaie de comprendre ! On essaie de bien suivre la pièce qui se déroule comme un film. De nombreuses séquences très courtes

qui s’enchaînent les unes aux autres dans un rythme fou !

Excellents jeux des comédiens, mis en scène par Jasmina Douieb, qui, du reste, joue le rôle de l’intervieweuse et se trouve aux côtés des spectateurs.

Encore une invention intéressante qui crée un lien entre le public et les acteurs.

J’ai vu pratiquement toutes les pièces mises en scène par Jasmina. A chaque fois, une réussite !

J’ai vu pratiquement toutes les pièces interprétées par Jasmina. A chaque fois, une réussite !

Elle est tout simplement formidable.

JASMINA DOUIEB

Jasmina : Toujours plus soucieuse de réfléchir sur mon temps, d’interroger notre place dans l’histoire, politiquement mais aussi artistiquement, je suis arrivée aujourd’hui sans doute à un moment clé de mon parcours. Un moment où la question des actes que l’on pose s’aiguise. Le pourquoi de ma démarche devient chaque fois plus aussi le comment: quelle forme, dans quels théâtres, devant quels publics et de quelle manière ? Et d’ailleurs, dans mon travail, revient souvent le motif du cadre, par la scénographie, mais aussi par une théâtralité en questionnement, impliquant le spectateur et interrogeant le lien entre fiction et réalité.

ET VOICI LA RENCONTRE : DENNIS KELLY –JASMINA DOUIEB

Jasmina : « Taking Care of Baby » est venu me percuter comme on se ferait renverser par une voiture. Les rencontres avec des auteurs sont suffisamment rares pour qu’on les souligne, et là c’est une rencontre. Avec un auteur intelligent, drôle, puissant et dont la réflexion s’inscrit profondément dans la pratique. Et si son écriture est en plein essor dans le domaine francophone, tant en France qu’en Belgique, ce n’est pas pour rien. Cet auteur cinglant écrit comme on tranche une gorge. Il raconte des histoires, certes, mais avec le tranchant de sa lame, il vous éventre et vous éviscère de vos certitudes.

Kelly raconte des histoires, avec un talent tout en discrétion, dont la dramaturgie et la finesse de construction (complexe, quand on y regarde de près) ne se dévoilent qu’après la gifle et les rires. Une écriture en millefeuille, donc, qui s’insinue d’autant plus profondément dans nos consciences. Une écriture rare et que j’ai choisi de porter aujourd’hui à la scène dans sa pièce pour moi la plus travaillée, et par ricochet, la plus profonde, la plus drôle et la plus percutante de toute sa production déjà nombreuse.

PROPOS DE LAURENT ANCION, GRAND SPECIALISTE DE l’INTERVIEW (A lire dans le journal n° 74 du Théâtre Océan Nord) 

Laurent : En français, le titre de la pièce donne « Occupe-toi du bébé ». Mais gare à vous : « Taking Care of Baby », ce n’est pas du Feydeau. Dans un montage vertigineux et virtuose, l’auteur anglais Dennis Kelly réunit la parole des témoins d’un macabre fait-divers, tissé autour des soupçons qui pèsent sur Donna McAuliffe, une mère accusée d’un double infanticide. Chacun donne sa version des faits, créant des frictions qui mettent le cerveau et le cœur des spectateurs en ébullition. Entre le psychiatre chargé de l’expertise, la mère qui semble atteinte d’un rare syndrome, le journaliste charognard ou le mari qui s’insurge contre la soif médiatique de sang et de larmes, qui a raison, qui a tort? Où est le vrai ? Où est le faux ?

(La suite et fin dans le journal de  Océan Nord.

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VIENS VOIR LES COMEDIENS 

Ils sont six : trois femmes et trois hommes.

Conduits par Jasmina, ils ne jouent pas, ils « sont » les personnages. Ils les vivent ! Avec chacun, chacune, leur propre personnalité. Aucune rupture de ton ! Une gestuelle impeccable et non traditionnelle.

En fait, ils exposent aux spectateurs ce qui s’est passé, ce qui se passe. Ils sont pleins de vivacité.

Ils collent admirablement à leurs personnages.

Je les connais peu à l’exception de Benoit Van Dorslaer.

J’espère les retrouver plus tard dans d’autres rôles et d’autres spectacles.

A retenir leurs noms et leurs talents :

Catherine Grosjean, Anne-Marie Loop, Eline Schumacher, Benjamin Mouchette , Vincent Lecuyer et Benoit Van Dorslaer.

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LE DECOR

Très ouvert et très mobile. Avec des changements de lieux en quelques secondes.

Sans oublier les vidéos sur lesquelles nous voyons en faux direct les personnages.

Une pièce théâtrale de grande qualité !

Une pièce –théâtre qui touche de très près le cinéma !

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TAKING CARE OF BABY

De Dennis Kelly

Mise en scène : Jasmina Douieb

Avec nos six comédiens ci -avant .

Scénographie et costumes : Anne Guilleray

Création lumières : Philippe Catalano

Video : Sébastien Fernandez

Assistanat : Aubéline Barbieux

Un spectacle de La Compagnie entre Chiens et Loups.

En coproduction avec Le Théâtre Océan Nord et l’Atelier 210.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie- – Service du théâtre, Centre des Arts scéniques, de la Maison de la Culture d’Ath, Centre culturel de Nivelles , Centre Culturel d’Ottignies Louvain-La-Neuve.

En représentations au Théâtre Océan Nord jusqu’au 28/01/17

En tournée : Ottignies, Ath, Nivelles, Atelier 210.

A consulter l’affiche !

THEATRE OCEAN NORD

Rue Vandeweyer 63 -65- 1030 Bruxelles

Infos Réservations : 02/ 216 75 55

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 Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », merci de votre présence au blog.

Notre moment de séparation : « L’AVENIR DURE LONGEMPS » une pièce d’après Louis Althusser, avec Angelo Bison, au Théâtre Poème 2, du 21/01 au 07/02.

Infos Réservations : 02 / 538 63 58.

Il s’agit de la reprise de cette pièce interprétée remarquablement par Angelo Bison.

Vous avez la possibilité de la juger en cliquant sur le bloc « rechercher » et en indiquant le titre de la pièce. J’en avais parlé longuement lors de la création, il y quelques mois.

Bonne vision.

Si vous l’aimiez, vous retrouverez sur la télé le film de Marcel Carné « Quai des Brumes » ave Jean Gabin er la regrettée Michèle Morgan. C’est ce samedi à 21h05 sur LA TROIS-RTBF

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

IS THERE LIFE ON MARS- ? HELOISE MEIRE – (THEATRE NATIONAL )

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe « ,  bienvenue  sur le blog avec un spectacle de premier plan : « Is there life on mars »

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Un grand spectacle en création.

Héloïse Meire (metteure en scène) : Il arrive que des personnes autistes se décrivent elles-mêmes comme des martiens dans notre société, ne comprenant pas les codes qui la régissent et nos façons de se comporter avec les autres. Au départ, jai eu envie de parler de la différence et de questionner la norme. Je me suis intéressée à cette autre réalité quest lautisme.

 

Héloîse : Jai commancé à interroger de Is there life on Mars ? Y a t-il une autre forme dexistence, une autre façon d’être au monde ? nombreuses personnes avec autisme et leur entourage et jai eu envie de faire entendre leurs vécus si différents sur scène, de manière kaléidoscopique. La compagnie Whats Up a toujours mis laccent sur la forme de ses spectacles en cherchant à développer un univers sensoriel fort. Le thème de lautisme nous permet de poursuivre cette recherche visuelle et sonore à travers un univers décalé où la perception du réel diffère. A travers ce spectacle, je veux invite les spectateurs à un voyage vers une autre réalité et le confronter à son propre rapport au monde.

ETRE autiste, cest vivre dans un monde dont on na pas les clefs , un monde incompréhensible , imprévisible , chaotique.

Cest entendre des mots qui ne sont que des bruits sans signfication , être bombardé dinformations et de se sensations que le cerveau parvient mal à analyser , ne pas comprendre les pensées ou les émotions de lautre, ni savoir exprimer les siennes , se sentir submergé faute de savoir distinguer lessentiel de laccessoire.

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HELOISE MEIRE

Héloïse : Jai réalisé des interviews pendant deux ans avec des personnes autistes et leurs familles.

Jai voulu faire entendre leurs paroles en les portant à la scène.

Il y a autant dautismes que de personnes autistes et ce spectacle présente de manière kaléidoscopique différents vécus.

Il arrive que certaines de ces personnes se décrivent comme des martiens dans notre société et les codes qui l régissen.

Ce projet fut également pour moi un voyage déroutant dans un univers que jai appris à mieux connaître petit à petit.

 

 IS THERE LIFE ON MARS ?

Héloise : Où peut-on appréhender une autre façon d’être au monde ?

A travers ce spectacle, j veux à mon tour inviter le spectateur à un voyage vers une autre réalité et le confronter à son propre rapport au monde.

Jajouterai que les paroles du spectacle sauf certains noms ont été modifiés.

Merci à toutes les personnes qui ont accepté d’être interviewées. Même si toutes les interviews nont pu être utilisées, chacune a apporté un regard nouveau et a aidé à contribuer à la construction du spectacle.

Merci à toutes les institutions qui mont ouvert leurs portes. Merci également à toutes les personnes qui ont contribué à rendre ce spectacle possible.

Le « Verbatim » ou le procédé de retransmission des interviews.

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Comme nous la dit Héloïse Meire, le spectacle est construit autour dinterviews des personnes avec autisme et leur entourage. Sur scène, les acteurs entendent dans leurs écouteurs des montages de ces interviews quils retransmettent instantanément et le plus fidèlement possible aux spectateurs. Ce procédé permet à la fois d’être au plus proche de l’émotion de la parole originale, tout en se distanciant de lincarnation pure.

  

Lunivers sonore et visuel !

Parallèlement à ces séquences de retransmission dinterviews, des scènes plus oniriques ponctuent, accentuent ou contrastent avec cette parole, en créant une dimension visuelle et sonore décalée. Ces moments prennent la forme dinstallations, de propositions visuelles, de détournements dobjets et de sons, de vidéos, de chorégraphies de groupe et font ressentir ce que pourrait être lautisme autrement que par des mots.

Héloïse : Pour ces scènes, nous nous sommes inspirés de nombreux artistes, eux-mêmes autistes ou dont les œuvres ont une résonnance avec cette thématique. Lors des interviews, nous avons également rencontré certains de ces artistes.

Il y a aussi un important travail de sonorisation qui a été effectué afin de faire ressentir lhypersensibilité de nombreuses personnes avec autisme et d’évoquer leur monde intérieur.

Le National a publié un petit guide de la représentation, très intéressant à consulter, entre autres où lon pose la question suivante : «  Le bruit ou la lumière vous dérangent ? »

Réponse : Le spectacle nest pas agressif dun point de vue sensoriel à lexception dune scène de 3 minutes , plus forte au niveau de limage et du son.

Le but de cette scène est de faire ressentir aux personnes neurotypiques ce que certaines personnes autistes peuvent ressentir au niveau sensoriel.

Que lon se rassure, ce nest pas gênant du tout, ni trop puissant , à mon avis.

Cela dit , des casques antibruit et des bouchons doreille sont disponibles à lentrée de la salle pour les personnes très sensibles au bruit.

Cest plus intéressant de vivre cette séquence dans sa conception.

 Un point encore très important : LA SCENOGRAPHIE !

Sur scène se trouve une grande armoire qui contient des objets du quotidien, symboles des histoires qui nous ont été confiées. Tantôt vitrine muséale, tantôt boîte à jeu, larmoire prend vie pour devenir écran ou miroir. Le plateau de jeu se présente alors comme un reflet déformé   et subjectif sur lequel nous venons détourner les objets pour leur amener une perspective nouvelle. Comme un écho à la perception différente dune même réalité que pourrait avoir une personne autiste et une personne neurotypique.

INFO : Les dessins projetés au cours du spectacle sont ceux de Jeroen Hollander( Ré »seaux imaginaires de transports en commun) et Moïse Lola Keka Djoma (Stations du réseau Stib).

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IS THERE LIFE ON MARS ?

Un spectacle hors du commun !

Un spectacle qui nous fait découvrir ce quest exactement lautisme !

Ils sont quatre en scène qui défendent avec entrain, fougue et vivacité ce document tout à fait extraordinaire et de grande importance.

Un spectacle qui nous sort de nos habitudes !

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 GENERIQUE

Mise en scène : Héloïse Meire

Scénographie : Cécile Hupin

Avec Muriel Clairembourg , Jean-Michel DHoop , Léonore Frenois, François Regout

Assistante : Esther Sfez

Lumière : Jérome Dejean

Environnement sonore :Guillaume Istace

Création viéo + régie : Matthieu Bourdon, Emily Brassier

Mouvement : Sandrine Heyraud

Régie générale : Benoit Ausloos

Régie son : Simon Person

Régie lumière : Didier Covassin

Assistante scénographie : Laura Erba

Construction du décor : les Ateliers du Théâtre National

Un spectacle de la compagnie What Up

Production : Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Photos : Timothy Archibald

Co production : Festival de Liège

Avec laide de la Fédération Wallonie-Bruxelles Service Théâtre et du Prix Henri Goethals- Fondation lEstacade

IS THERE LIFE ON MARS ?

Jusqu’au 28/01/17

THEATRE NATIONAL

Bld Emile Jacqmain 111-115 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 203 53 03

 

Amis de l’émission/blog » Les Feux de la Rampe » , un tout grand merci d’avoir pris connaissance de cette chronique sur l’autisme.

Notre moment de séparation :  Demain  20/01 à 21h15 sur LA TROIS/RTBF:   » Don Giovanni » , le fameux opéra de Mozart proposé par l’Opéra royal de Wallonie, dans le version moderne de Jaco Van Dormael.

On aime ou on n’aime pas . A juger !

Don Juan , le séducteur compulsif , y est un trader à smaphone, qui trucide le Commandeur à coups de club de golf et énumère ses conquêtes dans un fichier informatique.

Voilà une transposition ni artificielle ni démago – ça fonctionne parce que les lumières, les mouvements , le jeu se mettent au service de ce parti pris.(propos HD)

Ce qui est étonnant , c’est le choix de la version viennoise qui nous prive du choeur final.

Je ne possède aucun extrait de cette version…

Avec tous mes regrets…

A tout bientôt avec une nouvelle pièce anglaise…

J’ai l’envie tout de même de vous faire écouter un autre  » Giovanni »

Roger Simons

 


 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

BUG – GIULIA & JANINE (LES RICHES-CLAIRES )

 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , bienvenue à Vous, en route pour découvrir une vieille dame…articulée…


 BUG

 Un titre des plus courts… 

Un titre qui interroge…

Une marionnette et sa manipulatrice !

Un musicien et sa contrebasse !

Un travail prodigieux réalisé par Giulia.

Le noir dans la salle.

Puis surgit un petit faisceau lumineux où l’on aperçoit un fauteuil dans lequel se trouve JANINE , la marionnette.

Oui mais une marionnette vivante, GIULIA.

 

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Giulia : Janine m’a donné envie de bousculer les idées préconçues sur la vieillesse, d’en donner autre chose à voir.

Depuis sa création, je m’emmène partout avec moi. JE LA SUIS. Dans les rues, les parcs, les fêtes de quartiers , les festivals de rue ou sur le bancs publics , en collectif ou en solitaires(s)

Fabriquée en juillet 2013, l’institut de la Marionnette de Charleville Mézières sous le regard de Natacha Belova, elle est devenue ma partenaire de travail préférée.

Sa taille humaine est réaliste, son visage asymétrique , son regard étrange et puissant renvoie à chacun un reflet de soi.

Sa confection a été influencée par mes expériences en sculpture et création de masques, elle est un chef d’œuvre d’art à elle seule.

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Elle est attachante la vieille Janine ! Elle est drôle ! Elle est observatrice ! Elle est émouvante ! On l’aime tout de suite.

Elle ne dit pas un mot. Elle murmure des bouts de mots incompréhensibles…la vieille!

 

 La technique de manipulation à vue, par la présence du manipulateur qui subsiste , amène une ambiguïté dans l’interprétation du personnage , mais aussi dans la perception qu’en a le public ; elle provoque la réflexion.

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C’est JANINE et tout ce qu’elle nous renvoie de nous-mêmes, à nous-mêmes, sans mot dire !

On aime JANINE mais on aime aussi GIULIA , cette jeune et belle jeune femme manipulatrice.

C’est passionnant d’observer ses mouvements qui deviennent ceux de JANINE

On sent son bonheur de nous présenter cette marionnette avec qui elle « vit« » depuis un long moment ! Sur la scène bien évidemment !

Un très beau et bon spectacle qui nous émeut mais qui nous fait réfléchir !

Un spectacle sur les renaissances d’une vie qui nous appellent et nous poussent à bouger.

S’il nous arrive de rencontrer ce genre de vieille femme dans la rue ou ailleurs, nous repenserons immédiatement à Madame JANINE .

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POEME

Une femme

Devant elle , tout son temps

Le temps de se souvenir

Apparaît l’autre femme qu’elle était

Palpitation et fraîcheur de sa jeunesse

Les cœurs et les corps accélèrent

Les désirs, l’envie de vivre

Se priver de douceur ou en profiter

La femme hésite

Va-t-elle s’élancer ?

Dépêchez-vous de vous rendre aux Riches – Claires …

Ces deux femmes vous attendent avec impatience !

J’embrasse JANINE. Elle me sourit  et me fait un petit pas de danse…

En pensée j’embrasse GIULIA en la félicitant de tout cœur de cette idée magnifique ainsi que sa réalisation.

Mesdames, nous vous applaudissons et vous souhaitons de poursuivre votre vie étonnante !

GENERIQUE

Concept et création de la marionnette , marionnettiste et interprète : Giulia Palermo

Compositeur et contrebassiste : Alejandro Aymi

Accompagnement à la dramaurgie et à le ise e scène : Sophie Museur

Chorégraphie : Raquel Odena

Scénographie : Claire Farah

Maquillage : Emma Toussaint

Création lumière : Frédéric Vannes

Création sonore : Frédéric Postiau

A vous revoir Giulia et JANINE

BUG

Jusqu’au 21/01/17

LES RICHES-CLAIRES

Rue des Riches-Claires 1000 Bruxelles

Infos et Réservations : 02 / 548 25

 

Amie de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe » , merci   de cliquer régulièrement  sur le blog.

Notre moment de séparation : A retenir la venue  très prochaine d’une grande dame  que nous pourrons applaudir au Théâtre Royal du Parc.

Je vous en reparlerai.

JANINE  est heureuse d’entendre toutes ces chansons sur la vieillesse, et me demande  celle de Sacha Distel  » La Vieille Dame  »

La voici,Chère JANINE .

A tout bientôt  à tous !

Roger Simons

 

 

 

SI NOUS VOULONS VIVRE-SONY LABOU TANSI-,ETIENNE MINOUNGOU(THEATRE LE PUBLIC) + JULIEN CLERC

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe » bienvenue à Vous.

Direction : l’Afrique !

 

Sony Labou Tansi, visionnaire engagé, sillonne les couloirs de l’espérance et, avec sa plume,travaille sans relâche à l’exercice de la lucidité. Le poète nous exhorte : « Il faut avoir le culot d’exister. Mes Amis, nous sommes encore au Monde : c’est un miracle.

Après « M’appelle Mohamed Ali », Etienne Minoungou revient au Public avec l’engagement qu’on lui connait : il fait sienne la parole incandescente de Sony Labou Tansi pour nous donner à vivre un spectacle total, musical, contre la défaite de l’esprit, en faveur de la vie et de l’espoir.

« J’écris pour être vivant, pour le demeurer » (Sony Labou Tansi).

 

 Ecrivain congolais, né le 5 juillet 1947, devait mourir le 14  juin 1995.

A sa mort, il a laissé six romans et une vingtaine de pièces de théâtre, mais son œuvre ne cesse de gagner en notoriété grâce aux sauvetages de ses manuscrits.

C’est encore le cas aujourd’hui !

Sony Labou Tansi est célèbre pour son style renversant, flamboyant et insolent, composé de tourbillons de mots et de tempêtes de pensées pour exprimer tout le malheur et toute la vérité sur les êtres humains.

« Dix ans après sa mort, il n’y avait pas énormément de choses sur Sony. Et puis, peu à peu, sa notoriété s’est élargie au-delà du public habituel de la littérature africaine. Aujourd’hui, il apparaît comme un grand écrivain qui dépasse de loin les frontières du Congo et de l’Afrique, ce qui correspond à sa volonté de s’adresser au monde entier. Il disait qu’il voulait « coincer la terre entre deux mots. »

SI NOUS VOULONS VIVRE

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 Théâtre Le Public.

Nous descendons au sous-sol pour gagner la « cave »   appelée la petite salle où règne toujours comme une ambiance mystérieuse.

Le plateau est grand, vide de décors .On aperçoit les murs   complètement dégarnis, abîmés. De nombreux objets répartis dans tous les coins.

Deux hommes entrent et prennent place.

L’un des deux commence à jouer sur son magnifique instrument africain !

L’autre s’installe dans un coin de la pièce et commence à nous raconter….

 

 ETIENNE MINOUNGOU

Après « M’appelle Mohamed Ali », Etienne Minoungou revient au Public avec l’engagement qu’on lui connait : il fait sienne la parole incandescente de Sony Labou Tansi pour nous donner à vivre un spectacle total, musical, contre la défaite de l’esprit, en faveur de la vie et de l’espoir.

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Depuis que le comédien et dramaturge congolais Dieudonné Niangouna a écrit pour lui  « M’appelle Mohamed Ali », plus de doute : pour Étienne Minoungou, le théâtre est un sport de combat. Le meilleur moyen de « boxer la situation », dit-il avec malice dès que l’occasion se présente. Avec cette pièce créée au Public en 2014, puis reprise à Ouagadougou au festival des Récréâtrales qu’il a fondé en 2002, l’artiste burkinabé ouvrait un triptyque qu’il a complété depuis. Présenté à Paris au Tarmac en mars 2016,  « Cahier d’un retour au pays natal » d’Aimé Césaire en constitue le second volet. Et il le referme avec « Si nous voulons vivre, » créé à partir de « Encre, sueur, salive et sang », recueil de chroniques, d’interviews et de courts textes de Sony Labou Tansi paru au Seuil en 2015. Trois « exercices de lucidité ».

Trois pièces-jalons pour une filiation de dramaturges majeurs. En effet, même lorsqu’il joue, Étienne Minoungou est plus qu’un comédien. Il est un passeur de théâtre. Un lien entre les différentes générations du théâtre burkinabé.

Et le musicien , Simon Winzé, africain lui aussi, nous fait entendre de tellement belles musiques avec ses instruments typiques : arc à bouche, kora, ngoni, flûte…

 

 Les spectateurs sont silencieux et écoutent avec passion les propos d’Etienne. Il le fait avec son cœur, sa fierté d’être africain.

Qu’il prête sa voix et sa carrure imposante à Mohamed Ali, à la poésie de Césaire ou à la pensée de Sony Labou Tansi, Étienne le fait sur le ton de la conversation.

Le théâtre, pour lui, doit être une causerie du soir. Des palabres d’un genre certes spécial, mais accessibles à tous. « Un espace de discussion sociale »

Etienne : Si je ne crois pas à l’existence d’un théâtre africain à proprement parler, on ne peut nier que le théâtre fait en Afrique possède certaines particularités. Une importante oralité, par exemple. Il faut en avoir conscience pour développer le répertoire burkinabé qui commence à peine à émerger. »

Étienne Minoungou oppose une dramaturgie palabreuse contemporaine. Un théâtre où le mooré – langue des Mossi, principale ethnie du Burkina Faso – cohabite avec le français.

Etienne : Mon ambition est de permettre à chacun de rêver sa dignité et sa liberté ».

Il est passionnant, émouvant, accrocheur , il s’en vient s’installer aux côtés du public comme un ami parler de l ‘engagement qu’on lui connaît. Il fait sienne la parole incandescente de Sony Labo Tansi. .

Un deuxième musicien, belge cette fois, apparaît en jouant du saxophone.

Le spectacle prend une allure de petite fête populaire , toute simple, mais vivante , attachante.

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 Etienne ressent toujours l’envie de casser les codes du théâtre.

Il voudrait briser les formes habituelles du théâtre toujours retenues par une tradition figée.

Aucun effet spectaculaire ! Des paroles engageantes !

Une seule ambition : permettre à chacun de rêver « sa dignité et sa liberté »

GENERIQUE

« SI NOUS VOULONS VIVRE/ SONY LABOU TANSI »

Avec Etienne Minoungou, Pietro Vaiana(saxo) et Simon Winzé(arc à bouche, koro ,ngoni, flûte )

Mise en scène : Patrick Janvier

Assistanat à la mise en scène : Etienne Minoungou

Collaboration artistique : Julie Peghini

Scénographie : Patrick Janvier

Création lumière : Rémy Brans

Création musicale : Simon Winsé & Pietro Vaiana

Régie : Louis-Philippe Duquesne

Stagiaire : Gaël Genette

Co-production : Théâtre Le Public/La Charge du Rhinocéros / Cie Falinga—Récréatrales

Photos : Grégory Navarra

SI NOUS VOULONS VIVRE

Jusqu’au 04/02/17

THEATRE LE PUBLIC

Rue Braemt 64-70 – 1210 Bruxelles

Infos Réservations : 0800 944 44


Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe, merci de votre présence et du plaisir que vous prenez en suivant les chroniques du blog.

Notre moment de séparation : Ce mardi 17/01, vision du «  Divan de Marc-Olivier Fogiel » sur la Trois/France à 23h15.

L’invité : Julien Clerc.

A tout bientôt !

Roger Simons