MOLIERE – MIKHAIL BOULGAKOV-MICHEL BELLIER(THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS) + (FILM) OTHELLO-WELLES

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe », bonjour.Rendez-vous avec deux énormes personnalités : Molière et Welles …

MOLIERE

L’Evènement au Théâtre de la place des MArtyrs !

 


 

Une toute grande pièce qui nous raconte la vie de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière !

Une fabuleuse mise en scène de Frédéric Dussenne qui nous conduit dans un méandre théâtral où se trouvent   de nombreux acteurs proches du grand patron.

Les auteurs : Mikhaïl Boulgakov/Michel Bellier.

Michel Bellier signe une adaptation du grand auteur russe , sur mesure, pour l’équipe du Théâtre en Liberté , en mettant en scène une troupe de théâtre qui projette de créer un spectacle sur Molière.

Les spectateurs (que nous sommes) sont conviés aux premières répétitions.

Sous leurs yeux s’esquisse un portrait du grand homme où se mêlent le désir , l’amour , la maladie , la mort , le besoin de sens, le rapport au pouvoir , les difficultés du travail collectif , les scènes de ménage , les embrassades , les réconciliations , les séparations , les retrouvailles…

Frédéric Dusenne (metteur en scène) : Tout se mêle dans une mise en abîme du théâtre et de la vie à la fois drôle, tendre et tragique.

molière-24-2.jpg

Cette adaptation est tout à fait remarquable, la manière de faire jouer les acteurs qui vont et viennent sur le plateau de répétition d’un théâtre, placé dans le milieu de la salle. De chaque côté de « la scène » se trouvent les spectateurs.

Il y a donc un lien unique entre l’acteur et le spectateur. Cela donne un éclat particulier au spectacle.

 RACONTER LA VIE DE MOLIERE

Une idée fantastique, intéressante, passionnante, inédite…

Frédéric Dussenne : Un moment dans ma carrière. Une grande joie pour moi, pour le public mais aussi pour mes acteurs.

QUE LE SPECTACLE COMMENCE

Frédéric (le vrai metteur en scène de la pièce qui se joue en ce moment aux Martyrs) : Raconter la vie de Molière … Une amie auditrice que je tentais de convaincre de me rejoindre sur ce projet m’a répondu, le visage déformé par une moue de dégoût et de découragement : Molière ? Cela m’a fait réfléchir. Le théâtre est l‘art du présent. Et la vie est courte. Pourquoi ce désir d’aller farfouiller dans les secrets d’un grand homme du XVIIème siècle ?

Le théâtre ne parle jamais aussi bien du monde que lorsqu’il parle … du théâtre. Ce n’est pas le grand Shakespeare qui m’aurait contredit. Et dès qu’on cherche une figure susceptible d’incarner cette étrange activité humaine, on tombe inévitablement sur le nom de Molière. Sans doute parce que ce grand dramaturge, orchestrateur des magnificences du Roi Soleil était avant tout un acteur. Son corps, sa vie étaient ses outils de travail. Il les exposait sans fard, dans la violence crue d’une intimité dévoilée.

Ce qu’il transmettait dépassait la pensée : c’était une expérience. Il vivait et travaillait en tribu. Son théâtre, c’était sa famille… Avec les éblouissements et les déchirures qui traversent la vie de toutes les familles. Sauf qu’ici, ils devenaient la matière d’un art. Un couloir secret reliait directement les appartements privés de Molière à la scène de son théâtre.

Il ne cherchait pas la beauté dans un répertoire déjà connu de formes ou dans le choix de sujets mettant en scène des dieux, des héros, ou des personnages magnifiques. Il faisait le portrait d’une humanité quotidienne, fragile, traversée par la maladie, la mort, le désir, l’amour, la faim, la trouille la plus lamentable, les scènes de ménage, les embrassades, les réconciliations, les séparations, les retrouvailles.

Son théâtre s’écrivait et se jouait à une période de mutations profondes de l’Europe, qui tentait de passer d’un mode religieux — pour mieux dire, catholique — de compréhension du monde induisant une société d’ordres — à un mode laïc qui, alors même que Dieu se trouvait au centre de la conception ancienne, proposait d’y positionner l’homme. Ces convulsions politiques allaient déboucher sur les lumières. Molière a accompagné ce mouvement de civilisation en démasquant, dans un éclat de rire salvateur, les dérives et l’hypocrisie de l’ancien régime. Faux monnayeurs en dévotion, arbitres du bon goût, blousons dorés de la noblesse abusant de leurs privilèges de sang, bourgeois qui voudraient tellement « avoir l’air» … L’audace et la violence de la charge ont de quoi étonner dans un pays gouverné par un roi de droit divin au pouvoir absolu.

C’est sans doute oublier un peu vite que Molière était, par héritage paternel, tapissier du Roy. Il assistait donc au petit lever de Louis XIV. Concrètement, il faisait son lit. Il y avait entre le monarque et l’acteur, de seize ans son aîné, une complicité et une intimité absolument inédite dans l’histoire de l’art.

PAUSE MUSICALE

 

 

 MOLIERE(suite)

 

SI LE THÉÂTRE EN LIBERTÉ M’ÉTAIT CONTÉ…

 

Frédéric Dussenne : Après vingt-cinq ans de vie commune, « Théâtre en Liberté », cette illustre troupe rêvée et créée un soir d’été à Villers-la Ville sous les auspices de l’ami libertin de Molière – le grand Cyrano de Bergerac – est aujourd’hui à un tournant de son histoire. Daniel Scahaise, son directeur artistique, a en effet pris la décision de méditer sur les profondeurs de l’âme humaine sous les cieux lumineux de ce beau pays d’Europe où sont nés le théâtre occidental et la démocratie.

Quand il m’a demandé un projet de spectacle pour Théâtre en Liberté, j’ai inévitablement repensé à Molière. Comme l’occasion à la fois de faire un bilan et de rebondir. En partant de ce merveilleux livre nous allons tenter, avec les acteurs de Théâtre en Liberté, et avec Michel Bellier qui a accepté de nous rejoindre pour l’adaptation, de raconter la vie d’un homme. La dimension irrationnelle de ses éblouissements, la force d’apprentissage que la violence des choses a pu représenter pour lui, la fertilité de ses échecs, la profondeur de son mystère.

Raconter cette vie, c’est raconter un métier. Le leur, le mien. Ou plutôt un art. Et raconter cet art, c’est aussi raconter le monde.

molière-13.jpg

 COURT EXTRAIT

Tu disais ? Qu’est-ce qu’une vie pleine et heureuse ? C’est peut-être quand la somme des plaisirs est au moins égale à celle des malheurs. Alors, oui, à ce moment-là on peut parler d’une vie réussie. Comme dans une bonne comédie. Un dosage subtil, un savant équilibre. »

(Extrait de Molière, d’après le roman de Mikhail Boulgakov)

 

L’ADAPTATION, UN BONHEUR !

Nous la devons à Michel Bellier.

Après avoir été comédien au théâtre, au cinéma et à la télévision, Michel Bellier se consacre à l’écriture depuis plusieurs années et a obtenu plusieurs bourses d’aide à l’écriture. Il a écrit une vingtaine de pièces qui ont toutes été jouées en France, en Belgique, en Roumanie, en Pologne et en Turquie. Tout son théâtre édité se trouve aux éditions Lansman.

Il anime aussi des stages et des ateliers d’écriture réguliers. À destination des enseignants, des collégiens et lycéens mais aussi à l’intention de populations «empêchées» et «fragiles» (prisons, hôpitaux psychiatriques, dispositif Culture du Cœur, etc).

Depuis 2009, il est auteur associé à la compagnie Dynamo Théâtre, qui axe son travail sur un plan transeuropéen.

Je luis cède la place pour lui permettre de nous conter son adaptation de grand mérite.

Michel Bellier : Quand Frédéric Dussenne m’a parlé du projet d’adapter Boulgakov au théâtre, je me suis tout de suite demandé ce que j’allais faire. Adapter le livre de Boulgakov ou raconter la vie de Molière tel que Boulgakov semble nous inviter à le faire à travers ses lacunes et ses ellipses.

Il ne fallait pas perdre de vue que c’est un roman, que Boulgakov est un superbe romancier et qu’il n’adopte à aucun moment la position de l’historien. Il s’agit avant tout d’un artiste qui parle d’un autre artiste. À travers le filtre d’un grand écrivain soviétique passionné de théâtre et sous le coup de la censure de son époque, se dessine un Molière fragmenté, non exhaustif, partiel, partial. Et c’est ce qui est passionnant. Au fond, y’ a-t-il un autre Molière ?

Adapter ce livre, c’est donner à voir le destin de plusieurs utopies.

Celle du théâtre d’abord. Cette éternelle utopie agitatrice d’idées. Car, dans le théâtre de Molière, dans les mots de ces barbons et marquis, dans les poses de ces Précieuses et Savantes, dans la bouche de ces faux dévots, c’est toujours le politique qui s’agite, qui se heurte et s’interroge. Il écorche et montre, questionne les travers et exhibe les vices. Sans jamais prétendre apporter réponses et solutions. Il nous dépeint une société qui pressent certaines mutations. Une société secouée des prémices d’une pensée qui annonce celle des Lumières, un siècle plus tard.

L’utopie de la troupe ensuite. L’utopie d’un théâtre qui ne peut se faire que collectivement. Un temps et un espace à créer ensemble. Avec les lourdeurs, les renoncements, les frustrations, les problèmes d’argent, d’égo, les plans de carrière, les jalousies, les tractations, tout ce qui constitue la vie d’une troupe. Que le trajet de cette utopie qu’était la troupe de Molière croise le destin de Théâtre en Liberté nous paraissait d’une évidence éclatante. À des siècles de distance, c’est finalement cette même chose, cette même pierre philosophale que nous cherchons, ce même art rudimentaire et millénaire que nous tentons de faire exister.

Partant du XVIIe siècle, j’ai tenté de refaire le trajet de cette utopie et de m’interroger comment et pourquoi elle continue de nous parler aujourd’hui

À mon tour je me suis donné licence d’inventer et de privilégier certains aspects de la vie de Molière. Restant fidèle à l’histoire mais en empruntant quelquefois des chemins de traverse. Se heurtant à ce paradoxe : on ne peut pas faire rentrer toute une vie de plateau, celle de Molière, sur un plateau !

En fait, on ne raconte pas Molière, on l’invente. Il a déjà été inventé tellement de fois qu’on a l’impression de le bien connaître. On ne peut pas être exhaustif avec Molière puisqu’il est reste actuel. Incroyablement actuel.

 

MOLIERE –  DIVERSION

 

 

Après cet intermède avec Luchini et Duris, retour au MOLIERE du Théâtre de la place des Martyrs.

molière-399.jpg

La pièce dure plus de deux heures. A aucun moment, on ne sent une certaine longueur, aucune fatigue.

La mise en scène de Frédéric Dussenne est très vivante, très originale.

Les douze acteurs s ‘en donnent à cœur joie.

Le public regarde et écoute les comédiens avec délectation.

Et il y a raiment de quoi !

C’est une réelle découverte dans le théâtre, qui plus est celui de Molière et de Boulgakov.

C’est aussi très important pour les jeunes qui se préparent à cette carrière d’acteur !

 ET LE SPECTACLE CONTINUE.

 

C’est tout neuf cette nouvelle forme théâtrale des Martyrs.

C’est tout un collectif d’acteurs !

C’est un nouveau départ inauguré par Philippe Sireuil , son nouveau directeur.

Hélène Theunissen, l’une des grandes comédiennes de la troupe, qui joue du reste dans le spectacle actuel MOLIERE, nous raconte en quelques lignes les aventures du théâtre.

Hélène Theunissen : Depuis plus de 20 ans, « Théâtre en liberté « c’est une quinzaine de comédiens et collaborateurs artistiques qui se sont réunis afin de renouer avec un théâtre populaire dans un travail de compagnie. L’imagination et l’action sont les mots d’ordre autour desquels cette équipe s’est réunie, afin de proposer des spectacles non pas confinés dans un respect sclérosant, mais où le souci de la tradition s’enrichirait des précieux apports de la modernité théâtrale et, donnant toujours au théâtre cette place privilégiée qui est la sienne.

Pendant plus de 20 ans cette compagnie a été l’affaire d’un homme au courage exemplaire, à l’idéalisme tenace et au talent artistique incontournable : Daniel Scahaise. Il était meneur de troupe, animateur, metteur en scène, directeur du Théâtre de la place des Martyrs et a mis toute son énergie à faire vivre sa compagnie au travers de textes rigoureux et universels.

Cet homme, a maintenant décidé d’arrêter son chemin théâtral pour prendre le large vers d’autres horizons plus chauds et plus lumineux.

La troupe se retrouve sans son créateur mais pas sans nouvelles ambitions. « Théâtre en Liberté » s’est transformé depuis quelques mois en un collectif d’acteurs responsables et autonomes. Ce collectif  » Théâtre en Liberté » a choisi en son sein quatre membres, pour assurer les tâches artistiques, techniques et administratives, et a désigné comme porte parole Hélène Theunissen.

Pour ses projets, la troupe fera désormais appel à des créateurs, extérieurs ou intérieurs, confirmés ou émergeants. Elle collaborera également à des co-productions au sein du Théâtre de la Place des Martyrs, qui reste son lieu exclusif de production.

Par ce mode opératoire, le Collectif  » Théâtre en Liberté  » s’inscrit totalement dans le projet artistique global du nouveau directeur du Théâtre de la place des Martyrs : Philippe Sireuil.

Artistiquement, le collectif s’emploie à rester fidèle aux lignes de forces éthiques et artistiques insufflées par Daniel Scahaise. A savoir proposer des œuvres théâtrales de qualité, humanistes, tout en ayant l’ambition de les ouvrir au plus grand nombre.

Le collectif « Théâtre en Liberté  » veut se battre pour conserver la notion de troupe sur un plateau. Dans cette perspective, il continuera à proposer des spectacles rassemblant des distributions ouvertes et nombreuses.

Bravo à Vous Hélène ainsi qu’à tous vos amis.

L’équipe actuelle est composée de Jean-Henri Compère, Isabelle De Beir, Jaoued Deggouj, Daniel Dejean, Dolorès Delahaut, Christophe Destexhe, Bernard Gahide, Bernard Marbaix, Stéphane Ledune, Julie Lenain, Sylvie Perederejew, Hélène Theunissen et Laurent Tisseyre.

 

REFLEXION

« Les comédiens sont de drôles animaux à conduire… » (Molière)

 

MOLIERE-MIKHAIL BOULGAKOV—MICHEL BELLIER

Avec Maxime Anselin, Alexandre Croissiaux, Isabelle De Beir, Dolorès Delahaut, Christophe Destexhe , Bernard Gahide, Stéphane Ledune ,Julie Lenain, Juliette Manneback, Sylvie Perederejew , Hélène Theunissen et Laurent Tisseyre.

Texte : Michel Bellier, d’après «  Le Roman de Monsieur de Molière » de Mikhaïl Boulgakov.

Dramaturgie et mise en scène : Frédéric Dussenne.

Assistanat : Lara Ceuleman

Scénographie : Vincent Bresmal

Costumes : Anne Compère

Musique originale : Daniel Dejan avec l’ensemble Dodeka

Lumières : Renaud Ceuleman

Régie : Bruno Smit

Photos : Kim Leleux

En coproducion avec L’Acteur et l’écrit.

 

MOLIERE

Jusqu’au 28/05/16

 

THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS (grande salle)

Place des Martyrs   22 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 223 32 08


 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » un grand merci d’avoir suivi la présentation de cette pièce.

Notre moment de séparation : Un film d’Orson Welles «  OTHELLO », tourné en noir et blanc en 1952, avec Orson Welles(Othello), cela va de soi, et Suzanne Cloutier(Desdémone)

Une adaptation de la célèbre pièce de Shakespeare dont les propos sont très partagés.

Ce film a connu beaucoup de difficultés lors du tournage

Ce jeudi soir à 23h55 sur ARTE !

Bonne vision et à tout bientôt !

 

Roger Simons

 


 

 

 

 

.

LIEBMAN,RENEGAT (THEATRE VARIA)

 « La critique est difficile et la contestation aussi. C’est  pour cela que les contestataires infiniment moins nombreux que les conformistes, ne courent pas les rues. »

 (Marcel Liebman : 1929-1986)

 

Photo6LeslieArtamonow.jpg

 

Henri Liebman : Comment en étions-nous arrivés là ? Comment cet homme, ce bon petit juif, qui allait à la synagogue, qui avait fait sa bar-mitsva, ce bon belge, patriote , conservateur, anti-communiste… Comment a-t-il fait pour devenir ce monstre de juif pro-palestinien ?

 

David Murgia  (metteur en scène) : Quand Riton  m’a proposé de l’aider à « accoucher » de ce spectacle, je savais que nous aurions  à confronter deux manières différentes d’envisager le théâtre et  l’écriture, le fond et la forme, l’humour et le sérieux.

Mais je savais aussi que nous cherchions ensemble à raconter une histoire vraie et sincère , une histoire d’une partie de l’Histoire. Et que cette histoire avait quelque chose à nous raconter à tous les deux. Et à tous les autres.

 Chose dite, chose faite ! Et bien faite, totalement !

 MONSIEUR LIEBMAN…

 C’est un juif, mais un juif un peu… spécial, un «  renégat  à la solde des arabes », disent certains. Issu d’une famille juive conservatrice et austère, Marcel Liebman finit par s’affranchir de cette droite dans laquelle il ne se reconnaît pas au contact de la famille de sa femme, des juifs de gauche.

Devenu un brillant intellectuel, professeur de renom à l’ULB et à la VUB, militant marxiste prêt à toutes les révolutions, le père de Riton est solidaire d’un peuple palestinien dessaisi de ses terres.

RITON LIEBMAN, L’ACTEUR …

Sur scène, au-delà d’un portrait du père ou du fils  les souvenirs de Riton nous font écumer les époques , avec l’avant-guerre , l’occupation, les manifestations et les années quatre-vingt, nous confrontent à de vastes thèmes comme le militarisme, le respect de ceux qui marchent à contre-courant, les inégalités. Sans oublier l’importante question de la  filiation : comment parvenir à se construire en tant que fils quand l’image du père est si prégnante  , comment préserver une relation père-fils lorsqu’un gouffre se creuse entre les préoccupations de l’un et de l’autre ?

LIEBMAN RENEGAT

Dans ce seul en scène,  Riton Liebman le comédien , nous interpelle avec audace, humour, et délicatesse sur ces thèmes et  questions qui ont forgé son parcours , à travers un récit hors du commun , orchestré par l’étonnant David Murgia et la mise en musique par Philippe Orivel.

UNE CONFESSION SINCERE

Riton Liebman : Depuis que j’écris, j’ai toujours été centré sur ma propre personne. Mes aventures personnelles étaient au centre de mes préoccupations. Puis un jour, j’ai eu envie de raconter l’histoire de mon père, Marcel Liebman , ce juif de gauche et pro-palestinien. Pas facile, il y en a des choses à dire. Et des souvenirs, j’en avais à la pelle…

ET EST NE CE SPECTACLE FARAMINEUX !

Un spectacle qui aborde les relations père/fils, le militantisme, le conflit israélo-palestinien et d’autres encore.

LIEBMAN OCCUPE LE GRAND PLATEAU DU VARIA

20h30 : Une musique bruyante.. Liebman est en scène avec son musicien, Philippe Orivel,  ils  accordent leurs instruments.

Sur scène : un pupitre pour partitions, une guitare ,  un violon, un clavier ,   des micros , un énorme appareil, style phonographe des années passées avec platine à 33 tours pour les disques vinyles…Et ca décolle !

 Riton Liebman gagne le devant de la scène  avec  un regard faussement  très dur  et sort ses premiers mots qui nous font rire !

 Il raconte ! Il raconte avec haine , avec amour, avec délicatesse, avec véhémence , avec beaucoup d’humour, avec parfois violence, avec humanité , il nous raconte sa vie devenue un spectacle de théâtre !

Il nous fait rêver car plusieurs de ses propos nous replongent  dans notre vie à nous, des moments dramatiques,  des moments drôles, nous finissons  par revivre, le temps d’un instant notre  propre vie et de retrouver notre famille, notre mère , notre père , et comme lui, notre prime jeunesse…

Dans la rue  une vieille dame s’adresse à Liebman :  « Monsieur Liebman, c’est dommage que vous ne soyez pas mort à Auschwitz »…

Photo5LeslieArtamonow.jpg

 Riton Liebman : C’est l’histoire de mon père, cet enfant juif qui a traversé le nazisme en perdant son grand frère. Mais pas seulement, il y a autre chose aussi. Il y a ma mère  mes sœurs , les cousins , la communauté juive de Bruxelles , avec ses membres dont certains l’adoraient et d’autres  le détestaient jusqu’à vouloir sa disparition…

Et puis,  il y a moi,  ce petit garçon qui adorait son père ,  qui le suivait partout , puis qui a changé.

Quand mon père est mort , j’avais vingt-d ux ans , c’est-à-dire que je n’étais plus un petit mais j’étais quand même un gamin.

A vingt deux ans, je voulais sortir dans les bars , être connu et faire la fête avec mes copains.

La mort de mon père a un peu cassé la fête et aujourd’hui, je me rends compte qu’il y a pas mal de choses à raconter. Il y a tant à dire sur son parcours, sur le mien, sur les rapports entre un homme et son enfant, entre ce grand homme , ce visionnaire politique et cet adolescent qui essaie d’exister. 

Que reste-t-il de cette période où j’écumais les manifs avec mon père et ses étudiants ? Je suis encore à gauche certes mais jusqu’à quel point ?

Aujourd’hui j’ai un fils moi aussi et je vois combien, même si nous nous aimons  il est important pour lui de se faire ses propres opinions. Du coup, j’essaie de l’écouter. Parfois, je m’écarte, je lui fais de la place, j’essaie de ne pas  l’écraser…

Riton Liebman est passionnant à écouter et aussi à regarder , lui tellement plein d’expressions, de mouvements ,  de réactions.

Un  tout grand comédien !

Photo1LeslieArtamonow.jpg

 Tout ce long travail est à partager en trois personnes : lui , Liebman  qui a eu cette idée de faire revivre son père par la parole,  son metteur en scène David Murgia, ce jeune comédien tout à fait exceptionnel que nous retrouvons dans de nombreux spectacles, et son musicien Philippe Orivel : auteur, compositeur , interprète , scénographe , créateur de lumières et régisseur. Il sort des sons vivants, surprenants avec sa guitare.


 

GENERIQUE

 Une création de Henri Liebman et David Murgia

Texte et Interprétation : Henri Liebman

Collaboration à l’écriture et mise en scène : David Murgia

Composition  et interprétation musicale : Philippe Orivel

Assistante à a mise en scène : Yannick  Duret et Aurélie Alessandroni

Scénographie  : Sarah de Battice

Création lumières et video : Gwenaël Laroche

Régie lumière et video : Gwen Laroche et Arnaud Bogard

Régie son : Benoît Pelé

Un très beau spectacle rare, percutant, que je vous propose de voir dans l’immédiat.

Faites-moi confiance , c’est un spectacle vraiment intéressant , tout à fait remarquable sur tous les plans.

LIEBMAN, RENEGAT

Jusqu’au 07/05/16

THEATRE GRAND VARIA

 Rue du Sceptre 78 – 1050  Bruxelles

Infos Réservations : 02 640 35 50

Amis de l’émission/blog quotidienne, merci  de votre présence.

Notre moment de séparation : Une grand soirée  ce mercredi soir sur ARTE/BELGIQUE, à  partir de 20h55:

Diffusion  du film de Kenneth Branagh  » BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN   » avec Branagh , Emma Thompson et Denzel Washington.

Un film à partir de l’oeuvre de Shakespeare.

Tonique et vivifiant !

S’enchaînent un documentaire inédit  » SHAKESPEARE EST-IL MORT  ? »(22h4O) , à la suite duquel  Arte propose un téléfilm dramatique d’Achim Bomhak , toujours axé sur ce grand écrivain-dramaturge du 17ème siècle   » LA DERNIERE TOURNEE DE SHAKESPEARE « 

Bonne soirée !

A tout bientôt !

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

j

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA COLERE DU TIGRE – (COMEDIE CLAUDE VOLTER) + FEMME NON REEDUCABLE(LES RICHES-CLAIRES)

Bienvenue à Vous !

Mon blog «  Les Feux de la rampe »  accueille deux énormes personnalités du dix-neuvième siècle : Georges Clémenceau et Claude Monet , tous deux en représentation à la Comédie Claude Volter.

Ils sont présents dans ce Théâtre jusqu’au 13 mai prochain.

Hâtez-vous de réserver vos places car la salle du théâtre est pleine chaque soir…(réservations : 02 / 762 09 63)

 

LA COLERE DU TIGRE

 

clemenceau_old.jpg

 Georges Clémenceau, au surnom «  Le Tigre » est né à Mouilleron-en-Pareds(Vendée) le 28/09/1841

Clémenceau : Pour mes obsèques, je ne veux que le strict nécessaire, c’est-à-dire moi.

 

MTIwNjA4NjMzOTE3NzY5MjI4.jpg

Claude Monet, chef de file de l’impressionnisme, est né à Paris le 14/11/1840.

Monet : « La couleur est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment.

Deux hommes qui s’adoraient et qui se disputaient à longueur de journée.

Philippe Madral (l’auteur de la pièce) : Plus profondément, il m’a semblé que ces deux grands rebelles , passionnés et intransigeants , irréductibles à toute concession aux modes et à tout désir de fortune ou de gloire , pouvaient encore nous donner aujourd’hui une belle leçon d’intégrité et de courage , aussi bien dans le domaine de la politique que dans celui de l’art.

Clémenceau : En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables.

Monet : L’impressionnisme, c’est seulement la sensation immédiate, une question d’instinct.

LA COLERE DU TIGRE

La pièce a été créée au Théâtre Montparnasse (Paris) en septembre 2014, dans une mise en scène de Christophe Lidon, avec Claude Brasseur dans le rôle de Clemenceau et Michel Aumont dans celui de Monet.

colere_1.jpg

 La pièce a été créée le 13/04 dernier, avec Michel de Warzee dans le rôle de Clémencea       u et Jean-Claude Frison dans celui de Monet.

Clemenceau &  Monet 1 - Copy (2).jpg

 Un spectacle remarquable de par le sujet, l’écriture et l’interprétation de nos deux comédiens belge, bien connus du public.

 LA PIECE

decor_01.jpg

 Printemps 1923. Clémenceau, le Tigre, gloire de la République française, vit retiré à 83 ans dans une humble maison vendéenne, en bord de mer.

A ses côtés, sa cuisinière Clotilde qui veille sur lui…

 

Coler du Tigre 1.jpg

et Marguerite Baldensperger , éditrice de l’ouvrage sur lequel il travaille.

De quarante ans son aîné, Clémenceau n’ose lui avouer sa flamme…

 

Colere du Tigre 4.jpg

 Puis survient son ami Claude Monet, bientôt aveugle   il songe à abandonner Les Nymphéas qu’il avait promis de donner à la France.

Furieux de ce renoncement, Clémenceau s’insurge contre les effets de la vieillesse et tente de convaincre son ami de toujours de poursuivre son œuvre.

 

Monet - Frison 1.jpg

 Philippe Madral : J’ai longtemps voulu écrire une pièce sur Clemenceau. Plus je me plongeais dans mes lectures sur ce géant politique, plus l’homme privé me plaisait tout autant que l’homme public. Sa haine de l’argent et des honneurs; son amour des femmes et des arts; son sens de l’amitié; son courage moral et physique…

Amoureux délicat et esthète raffiné, grand connaisseur des arts orientaux et de la peinture de son temps, il avait pris la défense de ses courants les plus audacieux dans les journaux qu’il dirigeait. Son amitié avec Monet me touchait particulièrement. Inséparable comme avaient pu l’être Montaigne et La Boétie, il ne se passait guère de semaine sans qu’ils se voient pour déjeuner ensemble, quelles que soient leurs occupations. C’est en creusant cette amitié que j’ai été séduit par l’histoire peu connue de leurs rapports autour des Nymphéas.

 

1280px-Claude_Monet_038.jpg

 En 1892, Monet, veuf depuis 1879, avait épousé Alice (d’origine belge), veuve de Ernest Hoschedé, grand collectionneur, premier protecteur et mécène de Monet et commanditaire de nombreux artistes impression- nistes. Elle mourra de leucémie à Giverny en 1911. Miné par le chagrin, Monet abandonne alors ses pinceaux. C’est Clemenceau qui parviendra à le persuader de les reprendre en 1914. Il pourra ainsi terminer la réalisation et offrir à l’État (encore à la demande de Clemenceau) une série monumentale de Nymphéas composée d’environ 250 tableaux. Après bien des atermoiements (pour bonne part, le sujet de la pièce de ce soir) et de rudes négociations avec les pouvoirs publics, l’acte de donation de la série des Nymphéas sera signé en 1922. Il fallut un lieu sur mesure pour exposer l’œuvre grandiose. Ce sera l’Orangerie des Tuileries, contiguë au Musée du Louvre. à Paris.

 

 LA COLERE DU TIGRE

Colere du Tigre 5.jpg

 Durant le déroulement de la pièce qui dure un peu plus de deux heures, nous suivons avec bonheur les propos tenus par ces deux hommes. Ils iront même à un certain moment jusqu’à se battre !

Il y a cependant beaucoup d’humour, des réactions aussi auxquelles on ne s’attend pas. Des moments d’émotion 

 

 

Georges & Margueritte 3.jpg

 Ils sont tellement naturels, tellement vrais dans leurs jeux de scènes, leurs échanges de mots graves, que nous oublions que nous sommes dans un théâtre, que nous regardons deux acteurs jouant un texte sur « La colère du Tigre ». Ils sont entrés totalement dans la peau de leur personnage.

On passe plus de deux heures avec eux , cela ne fait pas long, le spectacle est superbe, cela pourrait pour moi en tout cas durer davantage…

La mise en scène de Jean-Claude Idée est de très belle qualité. Aucun moment excessif ! Aucune surabondance ! Il fait dérouler cette pièce calmement, modérément avec intelligence ! Il lie les séquences avec des flashs de lumières.

Durant toute la représentation, Jean-Claude nous fait entendre de très jolies musiques composées par Hans Zimmer. C’est superbe. Elles créent une excellente ambiance.

 

WWWWWWW

 

Michel de Warzee et Jean-Claude Frison sont à féliciter.

Il en est de même avec les deux comédiennes .

Marie-Line Lefebvre est la gouvernante qui aime préparer des petits pois et suivre avec une attention soutenue les faits et gestes de son maître, allant même jusqu’à compter le nombre de cigarettes qu’il fume.
Elle est adorable.

Monet & Clotilde 1.jpg

 Stéphanie Moriau est cette jeune femme dans la quarantaine, très discrète, très souriante, très belle, qui suit le propos de Clémenceau avec déférence.

Elle a beaucoup de gentillesse à son égard. Elle se doute qu’il est quelque peu amoureux d’Elle. Qui ne le serrait pas!

 

WWWWWW

 

Colere du Tigre 4 - Copy.jpg

 Il y a une séquence entre eux deux d’une beauté amoureuse magnifique. C’est émouvant  même !

Décidément, Stéphanie est une comédienne qui peut tout jouer. Elle nous le prouve au cours des nombreux spectacles où l’on a le plaisir de la voir !

 

ENCORE UN MOT DU METTEUR EN SCENE

 Jean Claude Idée : Clémenceau, le père de la Victoire et Monet, le peintre surréaliste.

Deux tempéraments entiers et colériques qu’en principe tout oppose, sauf un amour immodéré des fleurs et des plantes.

Il y a de secrètes connivences d’âmes. Tout assez misanthropes et refusant les honneurs.

Tous deux athées, esthétiquement japonisant tendance Zen.

Tous deux solitaires. Ils se rencontrent tard pour ne plus se quitter , toujours fourrés l’un chez l’autre . Ils s’adorent et s’engueulent à n’en plus finir.

L’objet de leur querelle : « Les Nymphéas » 

Clémenceau se bat contre la vieillesse.

Monet est attiré par le néant , le renoncement, l’autodestruction.

Monet finit par céder à son ami Clémenceau les   « fameuses Nymphéas ». Elles seront accrochées à l’Orangerie , mais après sa mort car il a trop peur de la réaction du pub

Clémenceau sera seul pour assister au iophe de Monet.

Devant le cercueil du peintre couvert d’un drap noir , il s’écria : « Non pas de noir pour Monet , des couleurs » !


 

LA COLERE DU TIGRE

Le triomphe de la sensibilité ! Des nuances délicates et une puissance historique !

Clémenceau : Quand on a du caractère , il est toujours mauvais.

Un texte de Philippe Madral d’une éclatante écriture !

Clemenceau : Monet !

Monet : Quoi ?

Clémenceau : C’est fini.

Monet : Non ?

Clémenceau : Si. Et je viens vous embrasser.

Monet : Mon ami…

(Ils font chacun la moitié du chemin qui les sépare et ils tombent dans les bras l’un de l’autre.)

RIDEAU

XXXXXXX

La Colere du Tigre 1.jpg

 

LA COLERE DU TIGRE/PHILIPPE MADRAL

 

DISTRIBUTION

 

Michel de Warzee : Georges Clémenceau

Jean-Claude Frison : Claude Monet

Stéphanie Moriau : Marguerite Baldensperger

Marie-Line Lefebvre: Clotilde

 

Mise en scène : Jean-Claude Idée

Décors : Serge Daems

Costumes : Chouchane Abello Tcherpachian

Maquillages : Gaëlle Dehaut

Postiches : Véronique Lacroix

Régie, Lumières & Ambiance sonore : Sébastien Couchard

Conception du programme : Jean-Claude Seynave

 

LA COLERE DU TIGRE

Jusqu’au 13/05/16

Avenue des Frères Legrain  98- 1150  Bruxelles

Infos Réservations : 02/ 762 09 63

 

 

 Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe », merci pour votre présence.

Notre moment de séparation : La pièce qui se joue au Théâtre des Riches-Claires FEMME REEDUCABLE  de Stefano Massini, texte traduit par Pietro Pizzuti, interprété par Angelo Bison. Mise en scène de Michel Bernard.

Syno :Anna Politkovskaïa compose une radiographie de l’être humain , une radiographie de la Russie poutinienne , ivre d’elle- même , malade de ses démons, de son autoritarisme à tout va, de son nationalisme sans borne.Elle en a payé le prix fort:la mort !

Un spectacle vital car il interroge notre espace de parole,c’est-à-dire notre espace de contestation !

Une  réflexion sur le confort du silence.

A voir jusqu’au 30/04/16

Infos-Réservations : 02/548 25 80

A tout bientôt!

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

POTICHE – BARILLET & GREDY- (THEATRE ROYAL DES GALERIES )+ (télé) L’INVITE

POTICHE ENTRE EN SCENE…


 

Un feu d’artifice de joie et de rires !

Un divertissement intelligent !

Une pièce qui a été créée en 1980 au Théâtre Antoine (Paris) avec en tête d’affiche Jacqueline Maillan !

Une pièce qui est devenue un film réalisé par François Ozon avec en tête d’affiche Catherine Deneuve !

Une pièce créée en Belgique au Théâtre Royal des Galeries avec en tête de distribution Marie-Paule Kumps , l’une des plus grandes actrices belges ! Une comédienne qui peut tout jouer.

gallone_potiche2016_41 (Copier).jpg

 

Marie-Paule Kumps : Depuis mes premiers souvenirs de soirées passées devant la télévision en famille, j’ai en mémoire la comédienne Jacqueline Maillan ; tout me faisait rire en elle, sa façon de parler, son débit rapide, son air de ne pas y toucher, son sens de l’humour un peu anglais, son jeu digne du clown. Tout me parlait !…

Cela fait plusieurs années que je rêve de jouer une comédie écrite par Barillet et Grédy, ces auteurs formidables qui ont souvent écrit pour Jacqueline Maillan et ses comparses, des comédies toujours humaines et attachantes.

J’ai donc sauté de joie quand David Michels, directeur du Théâtre des Galeries, m’a proposé de me glisser dans le rôle de « Potiche »!

C’est une comédie au sujet très touchant : une femme, considérée par toute sa famille comme une « potiche » se retrouve à la tête de l’usine dirigée jusqu’à présent par son époux, un homme tyrannique, qui vient de faire un infarctus suite à un mouvement de grève ; de provisoire sa position peu à peu s’assied, elle dirige l’entreprise de main de maître, est aimée des employés ; elle se révèle, s’épanouit et prend sa place !

Et elle la prend drôlement bien la belle Suzanne Pujol.

 

gallone_potiche2016_20 (Copier).jpg

 POTICHE /PIERRE BARILLET & JEAN-PIERRE GREDY

« Le temps ne fait rien à l’affaire » rappelait souvent Molière pour qui le premier souci de l’auteur dramatique devait être de plaire.

Eh bien, ils ont plu et continuent à l’être au travers de ces 36 années , « Potache » n’a rien perdu de son éclat !

Ensemble, ils ont écrit une trentaine de comédies depuis les années 1950 qui constituent de quasi-classiques   du théâtre de divertissement.

Un théâtre de divertissement de qualité et d’une belle intelligence qui a connu et qui continue à l’être toujours.   Un retentissement international sans ride.

Nicole Bloch (Pariscope à la création en 1980) Ce qui compte c’est qu’ils ont écrit une pièce souriante, pleine de revendications, de séquestration, de syndicalisme un peu loin de la réalité mais qui fait rire aux éclats.

Le spectateur est entraîné de rebondissements en surprises, de chamboulements en situations imprévues et stupéfiantes qui ne lui laissent pas le temps de souffler. Alors, au diable la réalité de la vie, le sérieux de certaines choses, et vive la comédie de boulevard dans ce qu’elle a de meilleur à offrir !

Jacques Siclier (Le Monde 1980) : Le théâtre de boulevard est avant tout une distraction : il ne vise pas à changer la société mais à en faire rire.

Auteurs de boulevard depuis longtemps en heureuses relations avec le succès, Barillet et Grédy sont parfaitement honnêtes : ils respectent toujours l’idéologie d’un genre visant à donner de l’euphorie à de nombreux spectateurs.

Personnellement, je considère le théâtre de ces deux auteurs comme un théâtre de comédie qui va au-delà du théâtre de « boulevard »

Thomas Quinn Curtiss(Herald Tribune1980) : Ces deux auteurs ont un œil aigu pour observer les faiblesses humaines et un don rare pour esquisser des traits de caractère mordants. Ils font passer plus d’une vérité dans un rire, et leur dialogue est brillant de bout en bout de la pièce, les répliques spirituelles alternant avec les rebondissements burles­ques…a

gallone_potiche2016_02 (Copier).jpg

NATHALIE UFFNER

Son entrée au Théâtre des Galeries en tant que metteuse en scène.

Nathalie Uffer est la directrice du fameux théâtre T.T.O (Théâtre de la Toison d’Or)

Nathalie : Jai toujours rêvé de monter «  Potiche » pour son rapport au féministe, au patronat et son rapport  aussi aux ouvriers de l’époque de sa création, 1980.

Je connais très bien les acteurs qui jouent cette pièce, dont des amis comme Bruno Georis et Bernard Sens. Ils sont parfaits .
Je suis ravie de rencontrer Cécile Florin qui est une comédienne chevronnée et prête à toutes sortes d’expériences, c’est très gai. Marie et William sont les deux petits nouveaux.

J’adore découvrir les jeunes acteurs qui feront le théâtre de demain et ils sont de ceux-là, William a un palette très large, Marie possède une grâce et une élégance naturelle. Tous les deux ont le sens de la comédie.

Et puis, il y a Marie-Paule . Nous sommes de grandes copines depuis de nombreuses amies. J’ai beaucoup d’admiration pour la comédienne qui est une des plus drôles que l’on ait ici en Belgique. Ce rôle est pour elle, de plus, elle est curieuse et travailleuse, deux qualités que j’adore.

C’est la première fois que je mets en scène en dehors du T.T.O.

J’ai été très flattée quand David Michels m’a proposé de venir mettre en scène ce spectacle.

Quand j’étais petite , les Galeries étaient une référence et aujourd’hui son évolution est évidente grâce au travail de David et son équipe.

Je vous dirais encore que de me retrouver en dehors du TTO m’oblige à aller en dehors de ma zone de confort et j’adore ça !

gallone_potiche2016_02 (Copier).jpg

 POTICHE

Excellente la mise en scène et en action par Nathalie Uffner. Elle a l’art de diriger les acteurs avec amour, joie, compétence, connaissance du fonctionnement du rire, le tout sans démesure.

Et les comédiens sont heureux de jouer cette pièce, et cela se sent bien. Leurs personnages sont intéressants à développer.

Sept comédiens talentueux qui défendent magnifiquement cette pièce sans âge.

Une soirée délectable à passer en leurs compagnies.

Du théâtre vrai, vivant, amusant !

Bravo à tous !

gallone_potiche2016_03 (Copier).jpg

 GENERIQUE DE FIN

Les auteurs :

Barillet et Gredy

Les comédiens :

Marie-Paule Kumps ( Suzanne)

Bruno Georis (Robert)

Bernard Sens ( Maurice Babin)

Cécile Florin (Nadège)

Marie Braam(Joëlle)

William Clobus (Laurent)

Jonas Claessens (Didier Balestra)

L’Equipe hors scène :

Nathalie Uffner ( mise en scène)

Charly Kleinermann et Thibaut De Coster (décor et costumes)

Catherine Laury (assistante à la mise en scène)

Laurent Beumier (décor sonore)

Félicien Van Kriekinge( création lumières)

Kylian Campbell (chorégraphie)

Véronique Lacroix (perruques)

Elise Abraham (couturière)

Alan Beurms (images)

Corentin Van Kriekinge et Vigen Oganov (régie)

Stéphane Devolder, Philippe Van Nerom et Mikail Caliskan (construction du décor)

Fabienne Miessen (habilleuse)

 

POTICHE

(Dernier spectacle de la saison 15/16)

Jusqu’au 15/05/16

gallone_potiche2016_37 (Copier).jpg

Infos Réservations : 02 / 512 04 07

THEATRE ROYAL DES GALERIES

Galerie du Roi 32 – 1000 Bruxelles

Prochain spectacle hors théâtre : La Tournée des Châteaux/ Eté 2016 : « PEAU DE VACHE » de Barillet et Gredy. Je vous en reparlerai dans les prochaines semaines.


 

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe » , merci de votre présence .

Notre moment de séparation  Ce mardi soir à 20h55 sur France 2 : « L’invité » une pièce de David Pharao avec Patrick Chesnais, Laurent Gamelon ,Grégoire Bonnet et Evelyne Buyl.

Diffusion en direct ! C’est agréable de vivre la pièce en direct, on imagine les acteurs en action.

A tout bientôt !

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

 

 

OBSOLETE – COLLECTIF RIEN DE SPECIAL (THEATRE VARIA) + VERKLARTE NACHT(ANNE TERESA DE KEERSMAEKER)

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe »bienvenue à Vous.

Nous prenons la direction du Théâtre Varia pour y rencontrer trois jeunes acteurs…

ObsoleteCopyAlicePiemme12.jpg

Alice…Marie…Hervé…et un Collectif Rien de Spécial !

Ils sont, chacun de leur côté,  à mener leur carrière d’acteurs, et à trois, un travail de recherche personnel au sein de ce Collectif.

Ils sont merveilleux, talentueux, joyeux, dynamiques, sympathiques en diable.

OBSOLETE

ObsoleteCopyAlicePiemme18.jpg

Réchauffement climatique, diminution des énergies fossiles, crises économiques… Notre avenir à tous n’est pas rose… mais il reste hypothétique et lointain. De toute façon, comment et contre qui pouvons-nous lutter ? Alors, malgré ce climat anxiogène, nous ne bougeons pas et forcément, nous culpabilisons.

 

COLLECTIF RIEN DE SPECIAL

Une façon de s’exprimer car ils ont beaucoup de choses à nous confier notre trio chercheur !

Ils s’attaquent à l’inertie collective face aux menaces de plus en plus pressantes. Ils décortiquent notre sentiment de culpabilité en nous balançant dans une vision futuriste, fantaisiste et décalée. Ils réussissent à mettre le doigt sur des problèmes qui touchent tout un chacun dans son quotidien, sans jamais cependant faire la morale. Avec une savante dose de second degré et d’inventivité, ils nous font voir le ridicule de leur situation en mettant en scène leurs propres contradictions et désillusions.

LE PLATEAU THEATRE D’OBSOLETE…

ObsoleteCopyAlicePiemme2.jpg

Rempli d’objets telle la machine à café…dangereuse !!!

Ils manipulent des légumes, les contrôlent, les jettent dans la poubelle. Tout est dangereux disent-ils même la belle petite pomme rouge qui traîne sur un meuble…

Tout est dit et fait avec humour !

Nous, spectateurs, nous réfléchissons à leurs propos mais nous nous amusons follement.

Un beau plaisir de les voir agir dans tous les sens… Le plateau est de plus en plus envahi de mille et une choses dont un ordinateur , un vélo , d’énormes sacs complètement bourrés de choses inutiles et dangereuses..

 Hervé: Nous sommes dans une situation schizophrénique, coincés entre notre angoisse pour un futur qui s’annonce atroce pour nos enfants, une vie de survie bien moins confortable que la nôtre, mais absolument pas disposés à nous lancer dans une action véritable pour changer les choses, car cela impliquerait de devoir renoncer à notre propre confort. Du coup nous culpabilisons, et à force de culpabiliser, nous souhaiterions presque être nous-mêmes enfin confrontés à cette catastrophe, pour pouvoir devenir enfin conséquents…

Marie Lecomte : Avec Obsolète, le collectif propose de tenter une expérience amusante. Prenons l’individu contemporain, habitué à son confort, isolé, hésitant sur l’attitude à adopter face à l’avenir, et jetons-le dans le futur, aux environs de 2070. Projetons-le dans un monde de survie, où toutes les prédictions qui nous pourrissent la vie en 2016 se seraient enfin réalisées. Un futur obsolète, qui ressemble plus au moyen-âge qu’à un âge d’or. Un monde sans plus aucun confort.

Alice : Dans ce monde devenu, ironiquement, « décroissant » – le pétrole et ses dérivés seront épuisés depuis 20 ans –, la solidarité, la débrouille et l’autonomie seront de mise. Mais il faut travailler tout le temps, l’air est irrespirable et la vie animale et végétale pratiquement détruites. Ce monde se révèle assez vite insupportable. À tel point que les acteurs comme nous qui jouent dans ce futur, finissent par casser la fiction pour revenir à 2016, nous renvoyant en pleine figure la versatilité de notre engagement.

ObsoleteCopyAlicePiemme7.jpg

 Qu’advient-il quand, même ceux qui ont décidé de nous mettre en garde, sont contaminés par la désillusion et par le double langage ?

Hervé : Crise énergétique, rupture de l’équilibre climatique et récession sont, paraît-il, à nos portes. Nous avons donc décidé de nous attaquer à une question sur laquelle il nous semble impossible de faire l’impasse aujourd’hui : celle de l’action ou de la réaction. Qu’en est-il de l’action politique, citoyenne, artistique, d’une action sur le monde, sur le réel ?

Alice Hubball : Nous sommes les enfants de la génération 68, la dernière peut-être dont l’action a clairement fait bouger les lignes. Et les images d’époque d’une manif pour le droit à l’avortement nous laissent rêveurs. Tout ce qui semble manquer à notre époque désillusionnée y était : solidarité, utopie, confiance dans la lutte. Les jeunes d’alors se battaient, se fédéraient, se mettaient en danger et leurs combats aboutissaient à des changements palpables dans la vie de tous les jours. Pourquoi paraît-il si difficile aujourd’hui de changer le monde ?

Marie Lecomte : La complexité du monde actuel en est certainement une raison. Il semble que le capitalisme, et sa capacité de mutation et de récupération, ait réussi à en décourager plus d’un. Comment faire avec un monde où le commerce équitable, au départ une initiative vertueuse, est devenu un des domaines économiques rapportant le plus aux fonds de pensions ? Une autre raison, moins glorieuse. Nous sommes une des premières générations à jouir d’un confort aussi large, qu’il soit matériel ou qu’il concerne nos choix de vie, notre liberté. Nous regardons les combats de nos parents avec envie, mais ils se battaient pour quelque chose de vital : pouvoir aimer qui l’on veut, avoir un niveau de vie décent, ou ne pas garder un enfant non désiré. Or, le problème des menaces actuelles c’est qu’elles sont encore impalpables. Oui, la pollution et les faillites augmentent, oui, les hivers sont de moins en moins froids, oui, il y a des inondations, oui, les carburants sont hors de prix… mais on peut encore s’en accommoder. Nous sommes donc dans une situation schizophrénique !

Hervé Piron : Dans ce monde devenu, ironiquement « décroissant » – le pétrole et ses dérivés seront épuisés depuis 20 ans –, la solidarité, la débrouille et l’autonomie seront de mise. Mais il faut travailler tout le temps, l’air est irrespirable et la vie animale et végétale pratiquement détruites. Ce monde se révèle assez vite insupportable. À tel point que les acteurs qui jouent dans ce futur finissent par casser la fiction pour revenir à 2016, nous renvoyant en pleine figure la versatilité de leur engagement.Qu’advient-il quand, même ceux qui ont décidé de nous mettre en garde, sont contaminés par la désillusion et par le double langage ?

ILS SONT JEUNES TOUS LES TROIS…QUE PEUVENT-ILS FAIRE ?

Marie, Alice et Hervé se culpabilisent dans leur cuisine. Ils se sentent coincés, déresponsabilisés, assistés, manipulés, stressés. Chaque jour, on leur dit que c’est un peu plus la merde, que c’est un peu plus foutu, que la planète se réchauffe davantage, que la bourse et les banques ont ruiné un nouveau pays, que l’air est un peu moins respirable, que les gros sont plus gros, les petits, plus petits.

Ils n’en peuvent plus non plus de leur mauvaise conscience quand ils enfilent un jean non éthique de H&M délavé au Bengladesh, pour monter dans leur Renault Twingo diesel et aller manger des sushis au thon .Ils veulent agir , se confronter à ce future bousillé , sans animaux, sans pétrole sans électricité , sans couche d’ozone , qu’on leur brandit sous le nez depuis qu’ils sont petits. Ils en rêvent, ils y aspirent même si leur vie doit être apocalyptique pour enfin et peut-être devenir conséquents et être dans l’action.

 

ObsoleteCopyAlicePiemme5.jpg

Alice : Contrairement à nos parents, nous ne pouvons pas faire la révolution : l’ennemi est multiple, gigantesque et sans visage, et les victimes, isolées, divisées, désorganisées, endormies ou consentantes. Alors tout ce que nous pouvons faire, c’est trier les déchets, remplacer les ampoules par des leds, traquer les labels bio sur les étiquettes, signer une pétition sur Avaaz.org puis la forwarder à leurs contacts, et surtout, culpabiliser, angoisser, regretter…

 LA MAGIE DU THEATRE

ObsoleteCopyAlicePiemme17.jpg

Grâce à la magie du théâtre, Marie, Alice et Hervé nous emmènent dans un futur pas si lointain, en 2070, dans le monde « d’après La Grande Coupure ». Après la grande coupure, c’est bien simple il n’y a plus rien. À part des ruines et quelques hommes. Avec beaucoup de courage, nos trois héros des temps modernes nous donnent à voir cet univers pas si éloigné du Moyen Âge, qui n’a rien d’un futur ultra -technologique avec voitures volantes et androïdes. Il est sombre et brutal. Nos trois héros ne reculent devant aucun sacrifice, nus, pédalant afin d’éclairer la scène, et réussissant à jouer la deuxième partie du spectacle de façon totalement passive, sans utiliser aucune autre énergie que la leur. Malgré des conditions de vie atroces – espérance de vie écourtée, manque de nourriture, réfugiés climatiques, violence quotidienne, chaleur étouffante… – ce dont souffrent le plus ces hommes de 2070.

Marie, Alice et Hervé culpabilisent dans leur cuisine. Ils se sentent coincés, déresponsabilisés, assistés, manipulés, stressés. Chaque jour, on leur dit que c’est un peu plus la merde, que c’est un peu plus foutu, que la planète se réchauffe davantage, que la bourse et les banques ont ruiné un nouveau pays, que l’air est un peu moins respirable, que les gros sont plus gros, les petits, plus petits.

Mais contrairement à leurs parents, Marie, Alice et Hervé ne peuvent pas faire la révolution : l’ennemi est multiple, gigantesque et sans visage, et les victimes, isolées, divisées, désorganisées, endormies ou consentantes. Alors tout ce qu’ils peuvent faire, c’est trier leurs déchets, remplacer leurs ampoules par des leds, traquer les labels bio sur les étiquettes, signer une pétition sur Avaaz.org puis la forwarder à leurs contacts, et surtout, culpabiliser, angoisser, regretter…

Hervé Piron : Ce futur devient rapidement éreintant et ennuyeux. On n’y est pas, finalement, en 2070, et de grande coupure, si ça se trouve, il n’y en aura jamais. Ils vont bien inventer un nouveau pétrole et un bouchon pour la couche d’ozone d’ici là. On pourrait peut-être remettre nos costumes made in Bangladesh et rallumer les projos à 2000 watts, non ?

Marie : Cette perplexité incessante a une place centrale dans le début du spectacle. Nous voulons montrer ces petits moments quotidiens, vite oubliés, où nous sentons la pique de l’angoisse, du futuoù nous hésitons devant telle ou telle attitude. Et le côté cocasse de ces atermoiements qui suscitent tant d’efforts pour si peu de résultats.

ObsoleteCopyAlicePiemme10.jpg

Hervé Piron : En tant qu’artistes, nous voulons parler de ce qui dérange, de ce qu’on veut maintenir sous le tapis. De là, est venu notre désir de matérialiser, dans la deuxième partie du spectacle, cet avenir incertain. Nous voulons, tout en laissant la place à l’humour et à l’imagination, rendre le public conscient de cette possibilité de « retour en arrière ». Pour ce faire, nous nous sommes inspirés du roman The Road de Cormac McCarthy, qui anticipe la possibilité d’un retour à une sorte de moyen-âge belliqueux et pollué. Le public découvre un chancre envahi par les déchets, où les nouvelles technologies ne fonctionnent plus et où l’essentiel des activités consiste à trouver de la nourriture et à regretter l’« âge d’or ».

Nous sommes conscients que le danger, en abordant de telles thématiques, est de plomber l’atmosphère, de faire un spectacle noir et désespérant. Et c’est justement ce qui nous intéresse ! Oui, cela nous amuse de faire rire avec un matériel a priori anxiogène. Ainsi les protagonistes du début du spectacle, englués dans leurs questionnements, voulant avoir une attitude responsable sans renoncer à leur confort, ont un côté ridicule. Et notre vision du futur, même si elle est glaçante, est aussi fantaisiste et décalée.

ObsoleteCopyAlicePiemme1.jpg

Marie, Alice et Hervé sont surprenants de ressources et d’inventivité. Mais tiendront-ils jusqu’au bout ?

Vous avez encore une semaine pour profiter de ce spectacle.

Je vous conseille sincèrement de le voir.

aFINAL-OBSOLETE-SANS-TITRE 2 (002).jpg

OBSOLETE -COLLECTIF RIEN DE SPECIAL

Jeu – Conception –Mise en scène : Alice Hubball, Marie Lecomte et Hervé Piron.

Création lumière, régie générale et bricolages inventifs : Joël Bosmans

Création sonore : Maxime Bodson

Scénographie : Prunelle Rulens

Tricot : Emmanuelle Esther

Photos : Alice Piemme

Dossier – interview : Emilie Gabele

Production : Collectif Rien de Special- Théâtre Varia – Théâtre de l’Ancre – Maison de la Culture-Tournai-Fédération Wallonie Bruxelles

Représentations jusqu’au 28/04/16

THEATRE PETIT VARIA

Rue Gray 154 – 1050 Bruxelles

Infos Réservations : 02/ 640 35 50

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe «  , merci d’avoir suivi les propos de ces trois jeunes comédiens.

Notre moment de séparation : Une histoire d’amour romantique avec la reprise de « VERKLARTE NACHT » (Nuit transfigurée), l’une des plus belles œuvres chorégraphiques d’Anne Teresa De Keersmaeker.

Le spectacle se donne au lieu de travail d’Anne Teresa, « Rosas Performance Space » Avenue Van Volsem n° 164 (Forest)

« Verklarte Nacht », une composition pour cordes d’Arnold Schonberg qui remonte à la fin de l’époque romantique.

Schonberg s’inspire d’un poème de Richard Dehmel à propos d’une femme qui avoue à son amant être enceinte d’un autre homme.

Cette œuvre chorégraphique a été créée en 1995, réécrite l’année passée pour un duo mettant ainsi en avant à la fois l’aspect musical et narratif.

Le lyrisme de Schönberg nous entraine dans l’univers affectif des amants.

Une histoire d’amour romantique exaltée dans la lueur sombre d’une nuit…

Les danseurs : Nordin Benchorf , Cynthia Loemij , Mark Lorimer.

« Une réussite totale qui laisse le public aussi bouleversé et essoufflé que les danseurs «  (Le Soir)

Représentations jusqu’au 01/05/16 au «  Rosas Performance Space » ( Infos-Réservations : 02 / 344 55 98)

Interprétation musicale enregistrée par le New York Philharmonic dirigé par Pierre Boulez.

Je vous propose un court extrait du ballet.

A tout bientôt !

Roger Simons



 

 

 

 

 

 

LES NUITS SANS LUNE -VERONIQUE OLMI (LES RICHES-CLAIRES) + PRINCE

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , bonjour à Vous.

«  Ce soir, le soleil n’a rendez-vous avec personne »


 

Dans l’infirmerie d’une maison d’arrêt pour hommes, une infirmière essaie de communiquer avec un jeune détenu qui se taillade régulièrement les veines et à qui elle refait les pansements.

La langue est concrète, d’aujourd’hui, portée par un souffle poétique et charnel, notamment lorsqu’elle fait parler son antihéros: petit truand, minable et magnifique à la fois, essayant de résister comme il peut à l’amenuisement de l’univers carcéral.

IMG_0808.JPG

 « Le bon sentiment n’est pas pur. La cruauté n’est pas faite que de cruauté. La lâcheté est parfois la moins mauvaise solution ».  (Yves Claessens)

Une pièce de Véronique Olmi, bien construite pour trois personnages.

Un dialogue percutant !

Une mise en scène  solide, énergique !

Une excellente interprétation des trois comédiens : Denis Carpentier, David Leclercq et Christel Pedrinelli.

Une heure trente de propos et de gestes violents.

IMG_0819.JPG

 LE CORPS EN PRISON

Yves Claessens (metteur en scène) : La trame de cette pièce est très simple : Une infirmière d’une trentaine d’années travaille dans l’infirmerie d’une prison pour hommes. On sent qu’elle est nouvelle. Elle est confrontée à Victor, le gardien qui travaille là depuis suffisamment longtemps pour qu’il fasse partie des meubles, et Monsieur Suzini, un détenu qui en est à sa Xème condamnation ; multirécidiviste, drogué, délinquant… Bref, un de ces types «  qui n’ont pas eu de chance » et qu’on retrouve par paquets dans les prisons.

Pour terminer le tableau, je dirais que l’infirmière est vaguement idéaliste et respectueuse de l’être humain, que Victor est vaguement raciste et cependant il vit avec une »vraie noire » d’Afrique, que le jeune Suzini est vaguement victime d’une société et d’un système qui l’écrasent.

L’histoire se termine d’une façon banale : L’infirmière ne travaillera plus à la prison ; en effet, elle a failli être victime d’un viol.

Rien de très original.

Et pourtant, Véronique Olmi dans son écriture, bouscule toutes nos certitudes, nous emmène dans des réflexions, dans des rapports complexes qui ne regardent pas exclusivement le monde de la prison, mais l’universalité des rapports humains dans ce qu’ils ont de plus cloisonné sur les lieux de travail. Jusqu’où une relation est-elle de travail ? Quand cette relation commence – t-elle à être personnelle ? Comment communiquer avec des êtres humains dont les codes de conduite et les valeurs sont totalement étrangers les uns aux autres ? La communication est-elle une valeur en soi ? La générosité est-elle d’office payée en retour ? La privation de liberté conduit-elle à la réinsertion ? Le racisme est-il toujours là où on l’a identifié ? Un être amputé d’amour peut-il communiquer ? Est-il vraiment possible de donner sans recevoir ? Sommes-nous attirés par le morbide ? Jusqu’où sommes-nous prêts à accepter une certaine violence sexuelle ?

Voilà quelques – unes des questions que Véronique Olmi nous oblige à nous poser, sans nous donner de mode d’emploi, à l’intérieur d’un huis clos où le bien n’est pas tout à fait là où on l’aurait cru, et le mal…

IMG_0809.JPG

Véronique Olmi ne tranche pas mais interroge la responsabilité de chacun…

Une pièce intense, violente avec des moments d’un certain humour qui nous fait rire.

L’interprétation de ces trois comédiens joue un rôle essentiel de par leurs pulsions de violence, de cruauté, d’amour aussi.

Tous les trois entrent dans la peau de leur personnage, avec vigueur. Ils les vivent intensément.

Un silence total dans la salle. Le public suit le déroulement de cette pièce avec une attention soutenue !

Sur le plateau : une table sur laquelle se trouvent les médicaments, deux chaises. Rien d’autre.

Une lumière quelque peu tamisée !

Une ambiance glauque !

Véronique Olmi nous emmène dans une réflexion sur les rapports humains dans toute leur complexité.

Comment communiquer entre personnes de milieux totalement différents ? Est-il vraiment possible de donner sans recevoir ?

A partir de quand une relation   professionnelle devient-elle personnelle ? La pièce soulève cette interrogation explorant les frontières entre la retenue et le désir, le dégoût et l’attirance , la distance et la provocation…

 

IMG_0818.JPG

 

LES NUITS SANS LUNE – VERONIQUE OLMI

Une pièce créée au Centre Culturel Bruegel.

Mise en scène : Yves Claessens

Avec Denis Carpenter, David Leclercq et Christel Pedrinelli.

Jusqu’au 30 /04/16

LES RICHES CLAIRES

Rue des Riches-Claires 24 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations   : 02 / 548 25 80

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe, merci de votre intérêt au blog.

Notre moment de séparation :   Le décès subit , hier jeudi 21/04, du jeune chanteur américain Prince Rogers Nelson , connu sous le nom de PRINCE , né le 07/06/58 à Minneapolis(USA) , auteur-compositeur-interprète-réalisateur- producteur de pop , funk , rock et de R&B contemporain , également danseur et acteur.

Il a été l’une des plus grandes stars dans ce domaine musical !

Toute la presse en parle.

Le voici dans un extrait du film «  Purple Rain » où il était vraiment fantastique…

A tout bientôt !

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

LE TUBA DES PEDILUVES(THEATRE VARIA) + »ADOPTER UN VEUF »(ANDRE DUSSOLIER)

Une pièce très particulière ! C’est le moins que l’on puisse dire !

Il est important d’en prendre connaissance avant que de vous rendre au théâtre.

PEDILUVEfinal-petit.jpg

Ecriture, mise en scène, scénographie : Arthur Egloff & Damien Chapelle.

« En plein front météorologique, un haut degré « tempêtique »  

Arthur Egloff et Damien Chapelle, les deux auteurs, vous présentent leur « tuba des pédiluves. »

Arthur et Damien : Notre pièce est une tragi-comédie où la survie spirituelle de l’humanité est presque épargnée par les acteurs sauveteurs du Costa Concordia.

Tel de joyeux apothicaires, ces deux artistes rétro-futuristes inventent un texte au plus jamais neutre. Ils se souviennent de la chimie, de la dernière œuvre de William Shakespeare  et de la punch line de Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Les voilà prêts à désarmer un nouveau vocabulaire et à partir à l’assaut de l’art du vivier…

 

LA PISCINE

 

LetubadespediluvesCopyThomasDepas3.jpg

Arthur & Damien : Au bord de cette piscine, relique d’une époque depuis longtemps révolue, se retrouvent le propriétaire déchu, le piscinier, la sirène au collagène, la fille au maillot et l’extraterrestre cactus.

Dans un monde en mutation, voire en perdition, ces personnages, sorte de figurines mythologiques en captivité et en manque de vérité, ne peuvent plus se cacher. La piscine est à la fois le ventre et le centre d’une copropriété mise en vente où le show va s’enflammer.

 

DEVOILEMENT DU TITRE DE LA PIECE

Arthur & Damien : « Le tuba des pédiluves » est une étude entomologique de l’action théâtrale façon Philippe Quesne, une recherche du vivant à la manière de Tadeusz Kantor, une danse libre version François Chaignaud.

C’est aussi, et avant tout, un grand divertissement tel le feuilleton « Dynastie ».

Nous pouvons ajouter que « Le tuba des pédiluves »   est un show pyrotechnique pour aquarium, une sorte de feux de Bengale tirés au visage du matérialisme, l’amant de notre modernité. Le spectacle se veut une chorégraphie G.R.S.* à leur service, une variation en trois temps d’un geste de plus en plus incontrôlable, d’un mouvement vital qui s’emballe.

Arthur et Damien, en parfaite complicité avec le public face à une consciente tromperie théâtrale, font naître le rire, ce détonateur ou révélateur de cette vaste noyade collective.

 

GOUVERNAIL

 

Arthur & Damien : Si le mot « show » est lié au vivant, c’est tout naturellement parce qu’il est impossible de le retranscrire sur papier. Nous pensons que ce texte n’est qu’une première étape dans le travail de l’acteur. Nous envisageons le texte comme une chose à déguster et à digérer, une sorte de milk-shake banane. Nous mettons en place dans ce texte des couleurs, des températures, des types de langage, un mélange des genres, afin que nous puissions en tirer une essence presque naturelle.

L’acteur représente un tout, il est souvent associé à une figure, une mythologie, tout part de là. L’acteur joue l’action au 1er degré et le spectateur en reçoit les 5 autres. Il faut casser tous les murs, le 4ème comme celui en carton-pâte. Le travail se construit autour d’improvisations dirigées par une trame narrative à l’ossature Kapla (jeu de construction à base de planchettes de pin des Landes).

« Le tuba des pédiluves » est une variation en trois temps, encadré d’un prologue et d’un épilogue.

C’est une chorégraphie mise au service de l’acteur. Elle figure la transformation des personnages, comme si elle était l’espace de leur inconscient. Elle est le prolongement de la main de l’acteur. À travers ce spectacle, on l’imagine comme un couple fusionnel.

 

Arthur & Damien : La scénographie, montre ses propres mécanismes : elle produit du réel et fabrique de l’illusion, à travers les artifices du théâtre.

C’est un spectacle où l’artifice crée les sonorités, où la mise en action des éléments induit une gradation des espaces sonores autant réels qu’imaginaires. C’est un concert à la Pierre Henry, le silence y est souvent présent, les éléments naturels poussent à la sonorité, aux langages des corps. Les sons ont une importance particulière.

LetubadespediluvesCopyThomasDepas4.jpg

 

Un long silence. Le bruit de l’épuisette dans l’eau, des vêtements repêchés, un bruit de mixeur. C’est le calme avant la tempête. Les dialogues rompent le silence du drame. La grotte vit de l’intérieur, l’écho qui s’en échappe nous laisse imaginer un dédale de pièces et de couloirs. Nous entendons ce qui s’y passe mais nous ne voyons rien. C’est un espace mental. L’espace du secret, de la tragédie. La nature dort, l’eau aussi. La nuit, on entend des bruits dans la forêt, une présence inquiétante.

L’espace sonore devient de plus en plus présent au fur et à mesure des événements. Des nappes sonores distordent la frontière entre réalité et fiction. Les éléments naturels entrent en collision avec les bruits des machines.

LetubadespediluvesCopyThomasDepas1.jpg

Il y aurait encore beaucoup de choses à vous préciser tels les costumes qui créent l’extravagance, vous les découvrirez en voyant ce spectacle hors habitude .

Arthur & Damien : Nous voulons, à la manière d’un défilé, créer la sensation, l’émotion, le doute, l’extravagance, l’incompréhension.

– Comment définissez-vous votre spectacle ?

Arthur : C’est un grand drame joyeux.

Damien : C’est un spectacle sympathique et dur à la fois.

Arthur : C’est aussi un divertissement  pour tous les âges de 7 à 77 ans…

Bon plongeon

GENERIQUE

Ecriture, mise en scène, scénographie : Arthur Egloff & Damien Chapelle

Création et interprétation : eJean-Baptiste Calame , Lucie Guien Isabelle Lhoas , Pierre Renaux, Dymitry Szypura

Sunlight : Florian Berutti

Construction piscine : Chrysagon

LE TUBA DES PEDILUVES

Jusqu’au 21/04/16

THEATRE VARIA

Rue du Sceptre 78 – 1050 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 640 35 50

 

 

 Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , merci de votre présence.

Notre moment de séparation : Le film de François Desagnat

« ADOPTER UN VEUF «   avec André Dussolier et Bérangère Krief.

Syno : Lorsqu’on est veuf depuis peu, il est difficile de s’habituer à sa nouvelle vie… C’est le cas d’Hubert Jacquin, qui passe le plus clair de son temps dans son immense appartement à déprimer devant sa télé. Un beau jour, suite à un quiproquo, sa vie va être bouleversée.

Manuela, une jeune et pétillante baroudeuse à la recherche d’un logement s’invite chez lui ! D’abord réticent, Hubert va vite s’habituer à la présence de cette tempête d’énergie, qui parvient même à le convaincre de loger deux autres personnes. Entre les errements de Paul-Gérard que sa femme a quitté et les gardes à l’hôpital de Marion la jeune infirmière un peu coincée, la vie en colocation va réserver à Hubert de nombreuses surprises.

Amusant, non ? Mais aussi le plaisir de revoir cet excellent comédien André Dussolier…

A tout bientôt !

 

Roger Simons

 


 

 

 

 

 

 

 

 

THE KING Devine où je te dévore…(THEATRE DES MARTYRS) + ELISABETH LEONSKAYA

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe  » , bienvenue à Vous.


 

JEAN-MICHEL DISTEXHE

Il était une fois un roi, un grand roi, un grand roi d’un petit, d’un tout petit pays.

Un jour, ce grand roi d’un tout petit pays reçut un gâteau, un immense gâteau que lui donnèrent d’autres rois en l’honneur de la fête des rois.

Le roi prit ce gâteau et rentra chez lui.

Chez lui, le roi voulut manger le gâteau.

Le roi croqua dans le gâteau.

Le roi se fendit une dent.

La fève.

Le roi avait trouvé le Petit Jésus au premier coup de dents.

Le roi était maintenant très content.

Le Petit Jésus.

Le roi prit la couronne en carton et la coiffa.

Le roi était roi roi.

Le roi était The King.

 

The King 2 - Jean-Michel Distexhe - CrÇdit Isabelle De Beir.jpg

 THE KING

Un spectacle du «  P A N O P T I K U M Puppets & Théatre »

9 marionnettes manipulées extraordinairement par Jean-Michel Distexhe.

Un sujet qui nous touche très directement puisqu’il s’agit du récit historique sur Léopold II Roi des Belges de 1865 à 1909.

Découvrir une histoire vraie par le truchement de marionnettes, c’est tout simplement génial .

Et quelles marionnettes ! Superbes !

THE KING – Devine où je te dévore.

Texte écrit par Jean-Michel Distexhe , magnifique marionnettiste.

Jean-Michel Distexhe : Dans la pièce, nous allons essayer de cerner le caractère du personnage. Sa tendance à la conquête. Nous allons le mettre face à ses choix, le pousser dans les cordes. Face à ses anges et à ses démons, il va riposter, feindre, banaliser, blaguer. Il voudra s’en sortir, par n’importe quelle porte, n’importe quel moyen dérobé.
C’est ainsi qu’était Léopold II. Un homme rempli de mots de passe, de cachettes, d’objectifs dissimulés. Un homme qui réussit sa quête (posséder une colonie) par diversion, stratégie, mais aussi par hasard. Un homme assoiffé de pouvoir et de femmes, jeunes et de «bonnes manières» de préférence. Un homme blessé dans son âme par la mort de son fils. Un homme qui manigance, vérifie, joue. Un homme pingre et rustre. Un homme devenu une des plus grosses fortunes de son époque. Un hypocondriaque timide et affamé.
Léopold II a tracé la voie de l’histoire du Congo, il a transporté l’acide qu’ont utilisé les belges pour faire disparaître Lumumba, il a fait le lit de Mobutu, il a distribué les cartes d’identités ethniques au Rwanda, il pille encore les ressources naturelles du Kivu et il s’est, un jour, immiscé dans ma vie, par le biais de mes grands-parents partis au Congo pour enseigner et cultiver.
En Belgique, dans les années 50, on poussait les citoyens un peu paumés ou curieux à se rendre dans cette riche colonie qu’était le Congo, avec ses grandes avenues, ses milliers de km de rail, ses villas superbes et toute cette main d’œuvre bon marché. Tous les deux sont décédés de maladies tropicales. J’écris pour ma famille. Pour les enfants. Peut-être aussi pour me venger. Pour comprendre. Et pour comprendre, je devais repartir des racines. Comme quand je veux comprendre un mot ou une expression, je me réfère à l’étymologie, à cette doctrine de dérivation des mots par rapport à leurs racines.

 

The King 4 - Blanche - Jean-Michel Distexhe - CrÇdit Isabelle De Beir.jpg

LE RECIT HISTORIQUE

Léopold II, Roi des Belges de 1865 à 1909, cherche à asseoir son pouvoir dans le monde. En 1885, il se proclame Roi de l’Etat Indépendant du Congo. De 1885 à 1908, il pillera le Congo de ses ressources naturelles et décimera sa population sous le joug d’un système militarisé.

En 1904, une Commission d’Enquête voit le jour et lève le voile sur les atrocités commises dans l’EIC. Les journaux relaient les conclusions du rapport, accablant le roi Léopold II. Sous pression et affaibli, le Roi est obligé de céder le Congo à la Belgique. Il meurt sans jamais avoir foulé la terre congolaise, mais riche d’avoirs.

LE RECIT DRAMATIQUE

Le roi s’est retranché dans sa Tour. Un immense royaume à ses pieds, le roi dort pourtant mal. Son histoire ressurgit des murs. Victimes et bourreaux d’un système implacable semant la terreur. Le Petit, son fidèle et bienveillant serviteur, lui tient compagnie. Le roi parviendra-t-il à affronter son passé alors que dehors, les corneilles se rassemblent et qu’à l’intérieur de la Tour, son fils l’épie ? La menace plane, la mort rôde et la folie guette.

 

 

The King - LÇo - Jean-Michel Distexhe - CrÇdit Isabelle De Beir.jpg

Si vous aimez l’Histoire de Belgique…

Si vous êtes passionné par les marionnettes…

Si vous avez l’envie de découvrir ces dix marionnettes , véritable petit trésor…

Foncez vers la place des Martyrs … Montez rapidement au premier étage du Théâtre des Martyrs…Installez-vous dans la petite salle…Les acteurs vous attendent…

Au fait, à travers le temps, avez-vous déjà pris connaissance de ce qu’était ce Roi de Belgique   ?

Léopold II – Roi disgracieux

«Dans les monarchies, là où règne un seul homme ou un petit nombre (…) les événements, contrairement aux apparences, ont des causes beaucoup plus petites et nombreuses que dans les Etats libres démocratiques. On comprend donc combien il est difficile aujourd’hui d’écrire l’histoire, combien ses ressorts sont obscurs, combien elle se révélera souvent fausse sur bien des points, et donc inutile pour le lecteur, puisque la clef des plus grands événements, l’explication des faits les plus surprenants réside dans la connaissance de mille anecdotes toujours difficiles, et souvent impossibles, à pénétrer.»

(Giacomo Léopardi Zibaldone, Editions Allia, Paris, 2003,p.373)

 Plus d’un siècle nous sépare de la mort du deuxième roi des Belges et il semble encore difficile pour les historiens belges de prendre la distance nécessaire face à la vie et aux actions de ce roi. Les conséquences de ces dernières seraient-elles encore aujourd’hui si intimement liées à l’activité politique et économique de notre pays ? A son identité ? Un déni épidermique, un chipotage linguistique, une rhétorique mielleuse, usante sont autant de freins pour la Belgique dans sa quête de sérénité. Etat non-émotionnel nécessaire pour affronter un passé colonial.

Une civilisation qui ruse avec ses principes, est une civilisation moribonde.        ( Aimé Césaire)

A l’époque, Léopold s’est inspiré des Hollandais et de leur « cultuurstelsel », système des cultures pour conquérir le Congo. Il a régi cette contrée comme un chef d’entreprise gère une multi- nationale, comme un capitaliste exploite un produit. Il fut éclairé par la lanterne du profit et ne parla de philanthropie que pour satisfaire l’Allemagne, la France et l’Angleterre. Il raconta ce que ces pays voulaient entendre. Lesquels lui déroulèrent alors le tapis rouge vers un pouvoir exercé par sa seule personne. Léopold II, Roi de Belgique, auto-proclamé Roi – Souverain de l’Etat Indépendant du Congo où il ne mit jamais la barbe.

«La vérité est que l’état du Congo n’est point un Etat colonisateur, que c’est à peine un état : c’est une entreprise financière. La colonie n’a été administrée ni dans l’intérêt des indigènes, ni même dans l’intérêt économique de la Belgique; procurer au Roi-Souverain un maximum de ressources, tel a été le ressort de l’activité gouvernementale.» Félicien Cattier, (Étude sur la situation de l’État indépendant du Congo, 1906)

The King 1 - Jean-Michel Distexhe - CrÇdit Isabelle De Beir.jpg

THE KING –DEVINE OÙ JE TE DÉVORE

Voilà un spectacle enrichissant sur plusieurs plans :

La vérité de l’Histoire,

La beauté des marionnettes,

Le travail et la manipulation de Jean-Michel Distexhe.

60 minutes de plaisir et de bonheur !

Léopold à bras le corps

(P A N O PT I K U M Puppets & Theatre)

La marionnette pour cristalliser l’homme, pour figer sa stature, pour créer la légende.

Panoptikum veut explorer la marionnette en tant que genre théâtral fort, jouant sur le rapport acteur/marionnette, scrutant la cruauté des âmes et questionnant la légitimité de nos croyances. Le tout sous un humour féroce.

Le questionnement que suscite le pouvoir d’une marionnette sur son public et sur l’acteur fascine. Comprendre la relation intime de l’acteur avec sa marionnette, les raisons de la désinhibition de son jeu et les formes de distanciation que ce jeu peut créer. Chercher le lien entre la puissance d’un texte et le langage d’un corps sans muscle. L’incarnation de cet objet inanimé permet de décupler l’émotion et emmener le public au-delà des codes classiques du théâtre, forçant celui-ci à accepter une autre réalité théâtrale. C’est là l’essence même du jeu théâtral d’où naîtra la jouissance du comédien.

« La convention consciente » de Meyerhold (croire et ne pas croire à la fois) se trouve condensée dans le théâtre de marionnettes. On demande au public «d’arrêter de ne pas croire» devant une esthétique souvent plus incroyable que l’accoutumé. Cet effort d’imagination de la part du public m’attire, même si, et c’est là tout le paradoxe de cet art, notre envie de croire passe au delà de toutes les frontières visuelles et les barrières mentales, le pouvoir gravitationnel de la marionnette si souvent utilisé dans la religion et les rituels sacrés amène le public à faire un «effort facile» pour croire, presqu’instinctif, le ramenant à l’enfance. Un réflexe de la nature humaine rempli de naïveté, d’espoir et de poésie.

THE KING – Devine où je te dévore…

Des marionnettes qui parlent !

Des marionnettes aux regards vivants et percutants !

Des marionnettes qui font rire mais qui créent aussi l’émotion !

Des marionnettes aux couleurs multiples !

Des « acteurs » en bois, drôlement habillés , démantibulés, irrésistibles !

Une « gestuelle » incroyable !

Un texte original et explosif !

Une scénographie des plus vivantes !

Une interprétation impeccable !

Une équipe de choc !

The King crédit Panoptikum P&T.jpeg

GENERIQUE

Ecriture, Recherche de documents Jean-Michel DISTEXHE

Comédien – marionnettiste Jean-Michel DISTEXHE

Mise en scène Dolorès DELAHAUT, Franck DELATOUR et Jean-Michel DISTEXHE

Assistante Pauline NOUDE

Musique originale NOZA

Marionnettes Jérome THOMAS

Croquis marionnettes Noémie MARSILY et Carl ROOSENS Régie Niels GRIJSPEIRT Photos du spectacle Isabelle DE BEIR Affiche Dominique DAUCHY et Léa DE MATTEO

Un spectacle du P A N O P T I K U M Puppets & Theatre, en partenariat avec le Centre Culturel de Bièvre, le Centre Culturel de Hannut, l’Agence Officielle de Promotion Internationale Wallonie Bruxelles-Théâtre/Danse et la Cie Le Tétras-Lyre.

Mille bravos bien méritants à toute l’équipe, qui a dû drôlement bosser pour arriver à un résultat semblable.

God Save the King ! A les revoir à la première occasion…

 

DPP_8262-2.jpg

 THE KING – Devine où je te dévore…

Les marionnettes se reposent…

Léopold II est rentré dans l’Histoire…Sacré Roi du passé !

Le manipulateur range ses acteurs !

Le public applaudit joyeusement ce spectacle, très heureux d’être venu le voir.

L’auteur-animateur prend congé du public et disparaît !

FIN

Un mot encore sur ce spectacle : Il se joue au Théâtre de la place des Martyrs (petite salle et combien agréable) jusqu’au 30/04/16.

L’adresse : place des Martyrs   22 – 1000 Bruxelles

Si vous voulez avoir de bonnes places et d’autres infos, téléphonez dans l’immédiat au théâtre :

02 / 223 32 08

 

 

INFO COMPLEMENTAIRE

Le célèbre Théâtre Royal de Toone joue en ce moment   « HAMLET ». A voir également (Réservation : 02/511.71.37—02/513.54.86)

« Les marionnettes plaisent de plus en plus, elles sont l’écologie du monde du spectacle , le retour au signe simple et évident »

(Michel de Ghelderode)

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe »  , merci merci de votre assiduité.

Notre moment de séparation : La possibilité de vous rendre au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles ,soit le jeudi 21/04 ou le dimanche 24/04, pour y applaudir la merveilleuse et talentueuse pianiste austro-russe : ElISABETH LEONSKAYA.

Elle interprètera le Concerto pour piano de Schumann, une des pièces les plus populaires du répertoire. Ce concerto pour piano, le seul et unique achevé par le compositeur romantique, est considéré comme le prototype de l’œuvre orchestrale pour cet instrument.Ecoutez-là. Un régal !

A tout bientôt !

 

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

 

WARDA -SEBASTIEN HARRISSON-MICHAEL DELAUNOY (RIDEAU DE BRUXELLES) + MURIEL ROBIN


« Y’a des objets qu’on peut pas posséder, c’est eux qui nous possèdent »

WARDA

Une pièce belgo-québécoise !

Une co-production : Théâtre Les Deux Mondes (Montréal) & Théâtre du Rideau de Bruxelles.

Une pièce jouée en anglais et en français.

« We are such stuff as drzeams are made on »

(Extrait « La Tempête »Shakespeare)

warda-pour-dite-1.jpg

 

La scène en est une de théâtre sur laquelle on pose un tapis persan et qui, du coup, s’ouvre à tous les possibles.

On voyagera de ville en ville : Londres, Paris, Bagdad Québec et Anvers…

EXTRAIT

Annelen : Goeienavond…Potverdorie…Hebben ze u niet verwttigd ? Mijn assistent had u moeten bellen…

Les langues se mélangent : anglais, français, flamand et d’autres encore…

On va chercher partout, en marchant, en volant ou en montant, à la dernière minute, dans des trains à grande vitesse ; on visitera des boutiques , des ambassades, des palaces et des garde-meubles oubliés ; nos héros , eux, disparaîtront au tournant d’une ruelle d’Orient pour ressurgir, sans explication, sur les quais de l’Escaut…Bref , nous sommes au théâtre et on y est convié…

EXTRAIT

_mg_1429.jpg

Hadi : Good morning, Sir.

Jasmin : Sorry , i thought there was nobody, sory… Hi…

Hd : Hi..May I help you ?

Jasmin : Euh,yeah…Atually , lost and…..

Syno : Perdu dans les rues de Londres, Jasmin, jeune loup de la finance débarqué de Montréal, rencontre un garçon prénommé Hadi qui cherche à lui vendre un tapis précieux aux motifs fascinants. Ce qui pourrait être une banale transaction se transforme en une véritable énigme quand le vendeur demande à Jasmin le mot de passe qui conclura le « deal ».

Quête initiatique défiant l’espace et le temps !

Warda nous emmène en un claquement de doigts.

Des rives de la Tamise aux portes de l’Orient et des quais de l’Escaut à l’antique cité de Babylone. Une comédie à la lisière du fantastique où langues et identités s’entrechoquent …

_mg_1337.jpg

 

WARDA – SEBASTIEN HARRISSON, L’AUTEUR.

Né au Québec en 1975.

Auteur, metteur en scène, directeur artistique.

WARDA – MICHAEL DELAUNOY, LE METTEUR EN SCENE.

Né à Liège en 1968.

Auteur, metteur en scène, directeur du Rideau depuis le mois d’octobre 2007…

Michael fête cette saison ses 25 ans de mise en scène.

Happy birthday !

 

WARDA

Michael Delaunoy : Le texte s’est élaboré au cours de plusieurs périodes de travail tant à Montréal qu’à Bruxelles, impliquant l’ensemble de l’équipe artistique, y compris les acteurs qui étaient invités à nourrir, à modifier, voire à réorienter le projet.

_mg_1245.jpg

Dans cette coproduction belgo – québécoise, chaque acteur s’exprime à partir de son origine géographique et culturelle : Violette Chauveau et Hubert Lemire sont deux Québécois francophones de Montréal, ChristinaToth est une Québécoise anglophone qui réside à New York, Mieke Verdin , une Bruxelloise flamande coutumière des scènes francophones, et Sali Talbi, un jeune Belge francophone d’origine marocaine vivant à Bruxelles.

QUESTION – REPONSE

Cédric Juliens : »Warda », c’est un conte ?

Michael Delaunoy : L’idée de départ, c’était de raconter l’histoire d’un homme qui trouve sur sa route un tapis, parcourt le monde, comme dans les légendes de tapis vola, et s’en trouve transformé.

Deux conférences radiophoniques du philosophe Michel Foucault ont fourni à Sébastien le point de départ. Plus précisément, dans le texte sur les hétérotopies, le motif du tapis persan représentant un jardin.

Sur cet élément oriental une série de choses se sont greffées. L’idée est venue à Sébastien que ce tapis pourrait être lié à un conte, sans que le spectateur ait nécessairement accès à la totalité de ce conte.

Sébastien l’a réellement écrit et j’ai eu l’envie de l’intégrer dans le spectacle.

Le conte s’est intitulé « L’Art du nouage » et présenté comme ayant été écrit par Anneleen Vanderbrugge, l’un des personnages de la pièce, et traduit du néerlandais par Sébastien Harrisson.

Chemin faisant, « Warda » est devenu l’histoire de la rencontre entre Jasmin et Anneleen, une rencontre improbable entre un jeune loup de la finance qui s’est perdu lui-même en parcourant le monde et une femme mûre , auteure de livres pour enfants , qui vit recluse pour se protéger des autres et du monde.

EXTRAIT

Anneleen : Vous faites ça souvent ? Sonner chez les gens , rester muet pendant de longues minutes ,puis… ?

Je vous préviens, si vous êtes journaliste..

Jasmin : Je suis pas journaliste.

Anneleen : Alors , vous faites quoi de vos deux mains ? Vous n’êtes pas un tueur, mais…Aux toilettes , j’ai pensé que vous étiez peut-être marin. A cause de votre veste… Et de vos mains. Jaime les hommes qui voyagent. Anvers est un des plus grands ports d’Europe…

Jasmin : Vous avez jamais mis les pieds là-bas

Anneleen : Où ?

Jasmin : Bagdad.

Anneleen : Je ne sors plus d’ici depuis longtemps.

Jasmin : Après les explosions , les rues sont vides , le ciel est vide…Les oiseaux sont ailleurs Vous savez rien du monde.

Anneleen : Peut-être. Mais le monde ne sait rien de moi, non plus…

_mg_1468.jpg

WARDA évoque les frontières, les frontières géographiques mais aussi les frontières intimes. Il y est question d’identités et des possibilités qui nous sont encore offertes dans un monde dominé par la peur , l’argent et la violence , d’aller réellement à la rencontre de soi-même et de l’Autre.

C’est une œuvre riche et belle, à l’image du tapis du conte…

_mg_1137.jpg

EXTRAIT

Colombe : Ton tapis…Montre-nous le…Tu as pris en photo ?

Jasmin : C’est pas mon tapis…

Colombe : Comment ça, c’est pas ton tapis…

Jasmin : Je l’ai pas acheté…

Colombe : Je comprends pas…

Jasmin : C’est pas intéressant…C’est seulement que je suis entré dans la boutique pour demander mon chemin et y’avait ce gars-là, un arabe Ali ou Hadi , je sais plus , il était belge , d’une petite ville , Charles je sais plus trop quoi…

Colombe : Excuse-moi, mais il était arabe ou il était belge ?

Jasmin : Un belge arabe…

Lily : I don’t understand : you were two or three ?

_mg_1116.jpg

L’ECRITURE DE SEBASTIEN HARRISSON

Il est intéressant d’en prendre connaissance…

Michael Delaunoy : Historiquement, l’écriture québécoise s’ancre dans des thèmes liés à la réalité québécoise, aux problématiques politiques et sociales qui y sont liées. Un certain réalisme centré sur la cellule familiale caractérise un certain nombre de pièces de ce répertoire. Le travail sur la langue s’en ressent. Mais certains dramaturges appartenant aux générations plus récentes ont amené une diversification des formes, s’affranchissant du modèle réaliste.

LA DRAMATURGIE DE SEBASTIEN HARRISSON

Michael : La caractéristique la plus forte de sa dramaturgie, c’est un mélange des genres très particulier. Il y a chez lui quelque chose de baroque, comme dans le théâtre élisabéthain, mais un baroque d’aujourd’hui, qui mêle subtilement les temporalités et met en place des dispositifs complexes, oniriques des «portes d’entrée» ouvertes sur de nouveaux espaces. C’est un théâtre d’incarnation mais aux identités multiples. Son théâtre allie le meilleur des«deux mondes » d’une part, le monde nord américain, caractérisé par une forme de savoir faire, un art très technique de façonner les dialogues et les scénarios, qui se transmet de génération en génération grâce à des formations en écriture très poussées (qui sesont développées à une époque où chez nous on pensait que le talent tombait du ciel!).

D’autre part, Harrisson est sensible à l’influence de l’autre monde, le monde européen et une dramaturgie plus soucieuse d’expérimentation et de renouvellement des formes que d’efficacité immédiate. C’est donc à la fois un raconteur d’histoires, au sens classique du terme, et un dramaturge animé par un grand souci formel.

Cédric Juliens : La scénographie est conçue autour de ce tapis, à la fois concrète et ouverte à tous les espaces ? 

Michael : Pour le tapis, nous posons le principe qu’une fois que Jasmin met le pied dessus, l’histoire décolle. Ma première intuition était de ne pas montrer le tapis: car toute image qu’on peut en donner sera toujours moins extraordinaire que le fantasme qu’on peut en avoir. Mais, avec Gabriel Tsampalieros, le scénographe, on voulait garder ce rapport sensuel au tapis. Du coup, il y en aura un sur scène, mais monochrome. L’espace se déploie selon un principe de symétrie autour d’un point central. Dans la symbolique du tapis, il s’agit de la fontaine, puis du jardin qui s’épanouit vers les 4 points cardinaux. Ce jardin étant lui-même une métaphore du monde ou du paradis. La scène est donc une reproduction en 3D des motifs du tapis. Tout est joué dans cet espace unique, dans lequel nous avons inscrit deux éléments très importants dans le texte: une porte et une fenêtre, celle-ci se confondant avec le cadre de scène. Ces structures «de passage »relient des espaces qui sont à la fois différents et identiques.

 

WARDA

Une heure trente d’un spectacle différent, nouveau , nous apportant une autre écriture, une autre langue à certains moments , un autre dialogue et la découverte de cinq jeunes comédiens brillants. Et plus particulièrement Mieke Verdin (Annelen) , excellente et drôle dans son rôle de vieille dame.

QUESTION-REPONSE

Cédric Juliens : Si on dit de Warda que c’est « une pièce à clés », c’est juste ?

Michael : Ce serait un pièce à clés dont on aurait perdu la porte ! Sébastien Harisson ne livre pas de sens ultime,   de résolution unique. Parallèlement, il livre une fable particulièrement construite, sans renoncer à la notion de personnage ni même de biographie , biographie certes truffée de contradictions.

En cela , il œuvre a contrario de la tendance dominante du théâtre post-dramatique et du «  tout à la déconstruction «  qui est , il faut bien le dire, devenu un effet un peu trop facile et un peu trop systématique.

 EXTRAIT

Jasmin : …Je me suis retourné. Dans la rue , tout était à la même ^lace . Les commerces , les lampadaires… J’ai reconnu l’agence de voyage, juste en face , avec son néon , alors j’ai travers la rue et je suis entré pour m’informer. Derrière le comptoir, y avait une femme rousse, qui n’arrêtait pas de dire : «  The thing is…

La radio jouait. Un vieux hit , une chanson que Rose aimai « i beg your pardon ».En tout cas , je lui ai expliqué la situation et elle a fini par éclater de rire.

« The thing is ,Young man , there’s no more rug boutique on that street « 

Lily : No more rug boutique ?

Jasmin : Elle m’a raconté qu’au début de l’année, y avait eu une intervention policière. Un jeune djihadiste , que son oncle hébergeait, et qui préparait un attentat.

Les flics ont débarqué et il s’est fait exploser . Lui et son oncle sont morts. Après, ils ont tout rasé ».

Lily : Are you kidding ?

Jasmin : Je sais, c’est…

Lily : Foucault a écrit quelque chose là-dessus…

Dans «  Hétérotopîes, je pense.

Jasmin : Hétéro quoi ?

Colombe : « Hétérotapis ». Eh ben, les philosophes s’intéressent aux…

Lily : Pas top, top…

Colombe : Top , comme top top ?

Lily : Top comme «  over the top » Hétéro-Topie

Colombe : Je suis désolée ma chérie, y faut absolument que tu travailles les voyelles en français...

_mg_1020.jpg

GENERIQUE DE FIN

Ecriture : Sébastien Harrisson

Mise en scène : Michael Delaunoy

Avec Violette Chauveau, Hubert Lemire, Salim Talbi, Christina Toth , Mieke Verdin.a

_mg_1238.jpg

 Lumière : Laurent Kaye

Scénographie & Costumes : Gabriel Tsampalieros

Création sonore : Eric Ronsse

Maquillages et coiffures : Srge Bellot

Assistante à la mise en scène : LénaÏc Brulé

Assistants stagiaires à la mise en scène : Yanic Duterme et Julia Kay

Régie lumière : Gauthier Minne

Régie son : Nicolas Stroïnovsky

Habilleuse : Nina Juncker

Intervieweur : Cédric Juliens

Production : Compagnie Les Deux Mondes (Montréal) et Rideau de Bruxelles (Belgique)

Jasmin : I don’t speak arabic , don’t speak Flemish, but…Who the hell are you ?

Hadi : Et toi ?

 

WARDA

Jusqu’au 04/05

RIDEAU DE BRUXELLES

Rue Goffaert 7 a – 1050 Bruxelles

Infos Réservation : 02 / 737 16 01

 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe »merci pour votre écoute et vos regards au blog.

Notre moment de séparation : Demain soir à 23h20 sur France 3 : « Le Divan de Marc-Olivier Fogiel » avec en invitée : MURIEL ROBIN.

Bonne soirée et à tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

KENNEDY -THIERRY DEBROUX- LADISLAS CHOLLAT(THEATRE ROYAL DU PARC)+(film) VIVEMENT DIMANCHE

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe », bonjour.

 

 

KENNEDY – THIERRY DEBROUX – (THEATRE ROYAL DU PARC)

En Création Mondiale…

Une superbe idée du directeur du Parc que de mettre à l’affiche ces personnages dont on a parlé dans le monde entier : le Président des USA : Jack Kennedy, son frère Bobby et la star américaine qui a séduit des millions d’hommes : Marilyn Monroe.

Trois comédiens sur le plateau du Parc :

Alain Leempoel( Jack)

Dominique Rongvaux Bobby)

Anouchka Vingtier(La femme !!!)

Un metteur en scène : Ladislas Chollat

EXTRAIT

(19/05/1962)

Alain Leempoel, Dominique Rongvaux.jpg

Bobby : Quarante-huit millions ! Quarante-huit millions de spectateurs au moins ont assisté aux écarts de mademoiselle Monroe ! Demain le monde entier saura…

Jack :…que cette pauvre Marilyn a un faible pour le champagne ?

Bobby …que le premier président catholique de toute l’histoire des Etats-Unis couche avec la plus belle femme du monde…

Jack : C’est plutôt une excellente nouvelle !

Bobby : Une excellente nouvelle ?

Jack : Le peuple pardonne l’infidélité… L’impuissance…jamais !      

Bobby : Elle ne chantait pas…elle te mangeait, elle t’avalait…

Jack : Jaloux ?

Dominique Rongvaux.jpg

 LE METTEUR EN SCENE- LADISLAS CHOLLAT

 

ladislas2.jpg

 Ladislas Chollat : C’est la première fois que je m’attaque réellement à une figure historique dans une de mes mises en scène. Et pas n’importe laquelle : Kennedy !

Une figure mythique, un monstre politique, aussi complexe qu’attachant, à la vie amoureuse sulfureuse et au destin tragique.

Je dois avouer que jusqu’alors les personnages inventés par les auteurs me séduisaient plus que les personnages réels. J’ai toujours craint la reconstitution historique qui me semble fastidieuse. Je préfère créer des mondes qui n’existent pas plutôt que de restituer sur scène une réalité historique souvent réductrice.

Ce qui m’a frappé dans ma lecture c’est que le Jack Kennedy dessiné par Thierry Debroux dans sa pièce est très loin de ce que je pouvais imaginer de lui.

Thierry donne à voir du personnage un nouveau visage. Son texte, qui s’appuie sur une documentation sérieuse, montre un Jack Kennedy fatigué, à la santé fragile et en proie à ses démons.

Alain Leempoel.jpg

 Thierry Debroux s’intéresse finalement moins au président qu’à l’homme et aux relations complexes qu’il entretenait avec sa femme, son père, ses maîtresses, son frère Bobby qui est l’autre protagoniste de la pièce.

Dans ce Kennedy nous rentrons dans l’intimité des monstres. Nous nous invitons dans le salon de ceux chez qui d’habitude on n’entre pas. Nous redécouvrons une histoire qui nous semblait connue, sous un tout autre angle.

Mais ce travail de documentation aussi poussé soit-il ne suffit pas à écrire une bonne pièce de théâtre.

Le théâtre ne peut se contenter d’être le reflet de la réalité. On sait que ce sont les situations qui retiennent l’attention du spectateur.

Et c’est là, je crois, le coup de force de Thierry Debroux : avoir su amener dans cette réalité une série d’évènements irrationnels qui créent un véritable suspense.

 

Anouchka-Vingtier.jpg

 Si JFK et Bobby sont issus d’une réalité connue, le personnage féminin de la pièce a des contours plus flous : cette femme, qu’interprète Anouchka Vingtier, est tour à tour dangereuse et attirante, à la fois fantasme et cauchemar. Elle amène à la pièce une toute autre dimension.

Avec son apparition, nous ne sommes plus seulement dans le salon de la suite d’hôtel occupée par Kennedy. Nous sommes dans son crâne, dans son cœur, dans ses craintes et ses peurs.

Et on est pleinement au théâtre car la réalité n’est pas seulement reproduite mais sublimée.

Le décor, que j’ai imaginé avec ma scénographe, oscille entre le rêve et la réalité. Réaliste dans la forme, il pourra en partie disparaître pour devenir un univers plus mental.

jfkrfk.jpg

Alain Leempoel et Dominique Rongvaux ne ressemblent pas à JFK et à Bobby, et je n’ai pas cherché à ce qu’ils leur ressemblent.

 

Dominique Rongvaux Alain Leempoel.jpg

 Ils sont d’excellents interprètes et je sais qu’ils pourront donner toute la crédibilité à leur personnage sans que nous ayons besoin d’artifice. Encore une fois, il ne s’agit pas ici de reproduire la réalité. Mais à partir de cette réalité, de se réapproprier une histoire : celle d’un homme ayant le poids du monde sur les épaules. Et sur le plateau du théâtre réinventer le mythe.

KENNEDY est le premier spectacle que Ladislas Chollat crée en Belgique.

 

Anouchka Vingtier Alain Leempoel.jpg

EXTRAIT

Jack : Qui êtes-vous ?

La femme : C’est un prénom que tu veux ? De toute façon, tu ne te souviens jamais des prénoms. C’est dommage que tu sois cloué là…La vue est sublime d’ici.

Jack : Comment savez-vous que j’allais occuper cette suite ? Je ne le savais pas moi-même…

La femme : Ich bin eine «  mystère » !

Jack : Bon, ça suffit. J’appelle la sécurité…

La femme : Tu veux que j’approche le téléphone ? C’est le corset qui te gêne ? L’homme le plus puissant du monde porte un corset à cause de son mal de dos tout cassé. Je trouve ça plutôt mignon. Mais attention, ce corset pourrai te jouer des tours…

Jack : En général, je n’aime pas les gens qui parlent trop. Et pas seulement les femmes.

La femme : T’inquiète pas…Je peux me taire aussi…Je suis quelqu’un qui se tait merveilleusement bien..

 

KENNEDY

La pièce nous fait entrer dans l’intimité du président des États-Unis lors de cette fameuse soirée au Madison, au cours de laquelle Marilyn Monroe susurra Happy birthday au micro devant plusieurs milliers de démocrates réunis pour l’anniversaire du président JFK.

John et Bobby règlent leurs comptes dans une chambre d’hôtel sous le regard d’une mystérieuse inconnue qui semble tout connaître des deux frères.

Un suspense psychologique !

Il est difficile de ne pas être fasciné par ces grandes familles frappées par la malédiction. Sur ce point, les Kennedy n’ont rien à envier aux « Atrides ». La tragédie s’est glissée à plusieurs reprises dans cette puissante dynastie.

Du vrai théâtre !

Un sujet passionnant remarquablement traité ! Une fabuleuse découverte des personnages ! Une recherche très riche sur cette histoire d’un président américain pas vraiment comme ceux qui l’ont précédé !

Thierry Debroux a fait un fameux travail de prospection durant des mois et des mois pour en arriver à ce résultat impeccable.

C’est d’ailleurs une idée qu’il avait en tête depuis de nombreuses années.

KENNEDY n’est certes pas sa première pièce. Il en a écrit 25, chacune de très belle qualité.

Il a l’art d’écrire des dialogues brefs, concis, vivants, percutants.

 THIERRY DEBROUX  L’AUTEUR

c6553c1e428cdb3b4ab6a6874a87e50b-1410948245.jpg

Thierry Debroux : Je suis particulièrement heureux que ma pièce soit montée par Ladislas Chollat dont j’admire beaucoup le travail. C’est un formidable directeur d’acteurs.

La pièce nous fait entrer dans les coulisses du pouvoir. Nous allons durant une heure trente côtoyer l’un des présidents américains les plus célèbres.

JohnFK.png

 Nous sommes avec lui dans une chambre d’hôtel. Son frère le presse de rejoindre les invités et de serrer des mains. Mais JFK en est incapable tellement son dos le fait souffrir. Ce n’est pas l’homme fringant avec son merveilleux sourire de gendre idéal que nous découvrons mais un infirme qui ignore combien de temps il lui reste à vivre. Il est atteint d’une maladie des os qui le ronge… mais il doit faire semblant.

Une mystérieuse jeune femme a réussi à s’introduire dans la suite qu’il occupe. Elle semble en savoir long sur lui et sur tous les Kennedy comme si elle les connaissait depuis toujours .C’est elle qui va nous faire découvrir la face cachée de cette famille maudite.

 

Anoucka Vingtier-Alain-Leempoel.jpg

 KENNEDY /THEATRE ROYAL DU PARC

 Excellent choix d’acteurs dont j’admire la sobriété dans l’interprétation . Ils sont vrais.

Ils nous font vivre les deux Kennedy avec énergie, opiniâtreté, vérité, émotion. Ils se glissent formidablement bien dans la peau de leur personnage. Ce sont véritablement deux frères qui s’expliquent ! C’est captivant !

Qui plus est, la présence de cette femme mystérieuse crée un véritable suspense. Qui est-elle ? Une femme mystérieuse qui déstabilise les deux frères ?

Au moment où se tient cette conversation entre les deux frères, nous sommes à quelques instants de la grande soirée qui va se dérouler devant des centaines de personnes venus pour célébrer l’anniversaire de Jack, et c’est là que Marylin interprétera cette fameuse chanson connue de tous : Happy Birdthday !

 

 

EXTRAIT

Jack : Et i tu me racontais ces quinze minutes passées avec Marilyn…Pas certain que ça me fasse oublier mon dos qui part en miettes, mais on ne sait jamais…

Bobby : Il n’y a rien à raconter…Il ne s’est rien passé !

Jack : Bobby… !

Bobby : Quoi Bobby ? Je ne vais tout de même pas inventer pour te faire plaisir !

Jack : Et pourquoi pas ? De toute façon tu es foutu…La rumeur se propage…La postérité te la collera sur le dos, si j’ose dire…Alors j’espère pour toi qu’il s’est réellement passé quelque chose dans cette loge…

Bobby : Je ne suis pas toi, Jack…

Jack : C’est un regret, c’est un reproche ?

 

GENERIQUE DE FIN

Thierry Debroux : auteur-écriture

Ladislas Chollat : mise en scène

Avec

Alain Leempoel : Jack

Dominique Rongvaux : Bobby

Anouchka Vingtier : La Femme

Catherine Couchard : Assistanat

Emmanuelle Roy : Scénographie

Geneviève Périat : Peinture du décor

Jacky Fauconnier : Costumes

Marie Nils : Assistanat couture

Bouzouk : Création make-up et coiffures

Manon Dogot : Stagiaire en maquillage

Alban Sauvé : Lumières

Nathalie Cabrol : Vidéos

Frédéric Norel : Musique

Gérard Verhulpen : Direction technique

David Lempereur : Régie

Cécile Vannieuwerburgh : Régie plateau

Jérémy Vanoost : Rgie son

Noé Francq : Régie lumières

Zouheir Farroukh : Accessoiriste

Gwendoline Rose : Habilleuse

Yahgia Azzaydi, Shaban Rexhep, Patrick Cautae : Menuisiers

Clara Pinguet : Stagiaire en régie

Avec l’aide de Panache Diffusion et de la Compagnie Nationale 12.

 

CONSEIL-INFOS

Je vous invite à vous procurer le programme du spectacle «  Kennedy » très riche en information sur l’histoire dramatique et les malédictions de la Famille des Kennedy ! Et aussi des propos sur Marilyn !

 PUBLICATION

Les Editions Lansman viennent de publier le texte de la pièce écrite par Thierry Debroux. Cet ouvrage est d’ailleurs en vente au Théâtre. (10 euros)

45 pages que l’on dévore !

KENNEDY, un grand moment de théâtre!

Jusqu’au 14/05/ 2016 au Parc.

Infos Réservations : 02 / 505 30 30

 

THEATRE ROYAL DU PARC

Rue de la Loi 3 – 1000 Bruxelles

 

Ce spectacle sera joué également au Théâtre Montansier à Versailles (France) les 2 et 3 juin 2016, ainsi qu’ au Théâtre du Chêne Noir, à Avignon(France) durant le Festival Off, du 67 au 27 juillet 2016…

On ne sait jamais, si vous passez par là…

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », heureux d’avoir été en contact informatique  et culturel avec Vous.

Notre moment de séparation : A retenir , le lundi 18/04 à 21h sur TV5MONDE , le film de François Truffaut réalisé en 1983 «VIVEMENT DIMANCHE » avec un couple de comédiens formidables : Fanny Ardant et Jean-Louis Trintignant.

Syno : Barbara est la secrétaire de Julien Vercel, agent immobilier.

Secrètement amoureuse de lui, elle va l’aider à se tirer d’affaire lorsqu’il est accusé de deux meurtres.

Julien, recherché par la police, se cache , tandis que Barbara mène l’enquête.

Ce film a été tourné en noir et blanc et en reprenant d’une manière volontairement caricaturale les codes du film noir des années 50, dans les dialogues, le scénario et le traitement de la lumière.

A voir ou revoir avec plaisir.

A tout bientôt !

Roger Simons