TRISTESSE ANIMAL NOIR (THEATRE LE PUBLIC) + FRANCOISE HARDY

 

Un pièce curieuse autant dans sa conception que son écriture, que sa mise en scène.

THEME DE CETTE PIECE D’ANJA HILLING

 

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Ça commence comme une série-télé. Trois couples pique-niquent autour d’un feu, dans une forêt où ils vont passer la nuit. Ils s’appellent Miranda, Paul, Martin, Jennifer, Oskar et Flynn. Ils sont amis. Ils ont entre 30 et 45 ans, mènent la vie confortable de citadins branchés. Ils boivent et les langues se délient. Derrière les platitudes échangées se font jour les inimitiés, les blessures mal refermées, les ambiguïtés. Soudain, un incendie éclate, dévastateur, et le sitcom vire au film catastrophe. Pour les survivants, plus rien ne sera jamais comme avant.

Incroyable, ce texte ! De la plus affreuse destruction, il fait naître une beauté inouïe. C’est une réelle traversée entre les flammes de la peur… du chaos à la naissance, du feu qui ravage à la lumière, qui éclaire. Et avec une telle distribution de comédiens, c’est tout simplement puissant ! Incontournable !

 

PAUSE MUSICALE


 

EXTRAIT

«  Je voudrais simplement que tu pleures… »

 

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Georges Lini (metteur en scène) : «  Tristesse animal noir » est un texte fort. Plus que fort : saisissant. Une beauté rare. Une originalité troublante. Plus que troublante : un effroi. Une émotion lumineuse et âpre. Une émotion, encore inconnue de moi, qui résonne à sa lecture. Et un appel : je veux monter ce texte. Il me séduit et m’excite, il m’effraye et me confronte. Il a le goût et l’odeur des défis. Il m’oblige à me dépasser.

« Tristesse animal noir » est une audace à saisir, une forme radicalement novatrice et puissante. C’est aussi un écho : une merveilleuse continuité à ma recherche déjà ancienne sur le tragique : la nécessaire confrontation au chaos, notre monstrueuse humanité.

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 Je situe ce travail dans la droite ligne de celui que j’ai entamé avec mes mises en scène de « Britannicus » et d’« Incendie » : la beauté dans l’horreur. C’est l’incroyable puissance de ce texte : la plus affreuse destruction est d’une beauté inouïe. Le sang trouve une noblesse dans l’art. Le texte d’Anja Hilling fait voler en éclats toute représentation classique du tragique. Dans une forme inédite et résolument contemporaine, l’écriture dramatique elle-même est triturée, renversée, « chaotisée ».

À travers une langue rare et belle, c’est l’imaginaire du spectateur qui est convoqué. La confiance en son pouvoir de créer ses propres images, de vivre une émotion singulière : la sienne. Ce texte nous confronte à un sentiment de gâchis et de perte, il nous oblige à affronter nos peurs les plus noires, à traverser les flammes de ces peurs pour s’en trouver autre, changé. C’est cette traversée qui m’intéresse. Du chaos à la naissance. Du feu qui ravage à la lumière qui éclaire.

Autour de moi pour ce projet, une distribution exceptionnelle. Toute l’équipe est enthousiaste à l’idée de réaliser ce projet audacieux et surtout à l’idée de porter ce texte, tout simplement splendide d’un auteur majeur du théâtre contemporain.a

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« Tristesse animal noir » est une pièce qui ne délivre pas de message. Comme le feu, elle est ambivalente. Destructrice et créatrice dans un même mouvement.

« Tristesse animal noir » est un reflet. Noir. Un reflet déformé dans les lueurs d’un feu qui consume nos valeurs.

C’est la vision d’une certaine vacuité. La vacuité d’une société de loisirs. Société riche et consumériste. C’est la vision d’une société infiniment pauvre.

Pauvre dans sa capacité à prendre soin de l’autre, homme ou animal, arbre ou plante, taupe ou ami, chevreuil ou bébé. C’est une interrogation sur l’art, ses possibilités de transformer la douleur en beauté. Son inanité peut-être.

C’est aussi un reflet de notre insensibilité répétée, quotidienne, télévisuelle aux catastrophes.

« Tristesse animal noir » est un bouleversement de notre lien à la nature. La vision d’une nature qui nous domine, que nous détruisons, qui nous détruit dans un même mouvement.

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 ANJA HILLING , L’AUTEURE

H.B : Si vous deviez trouver la moindre consolation dans mon   théâtre, traduisez-moi devant les tribunaux.

Quiconque voit mon théâtre se retrouve assis dans les cendres et les décombres.

TRISTESSE ANIMAL NOIR-

Une pièce singulière écrite par Anja Hilling , dramaturge allemande. Son œuvre compte une dizaine de pièces, traduites et montées sur les scènes anglaises.

L’auteure nous met en présence de personnages dont l’apparente éducation n’a d’égal que le cynisme.

Les sujets de discussions (l’apparence, le sexe et l’art) sont vides de sens, froids comme la glace que les personnages n’arrivent pas à briser.

Des sujets plus que superficiels, déplacés dans un environnement dont Anja Hilling s’attache, par ailleurs , à décrire la superbe , l’indicible beauté.

L’écart d’une société qui ne sait plus jouir du silence ne sait absolument plus comment ni se relier à la nature, ni aux autres.

Ils vivent dans un monde froid, superficiel où justement plus aucune parole ni aucun partage ne peut s’ancrer.

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Franchement, au départ, on est souvent troublé par le propos, l’action, le jeu des comédiens. Cela dit, l’idée de l’auteure et la mise en scène telles qu’elles sont conçues apportent du neuf au théâtre.

Nous avons, nous spectateurs, à faire travailler nos cellules grises et notre imaginaire.

« Au milieu du chemin, je me retrouverai par une forêt obscure car la voie droite était perdue.

Ah dire ce qu’elle était chose dure, cette forêt féroce et âpre et forte qui ranime la peur dans la pensée »

(Dante, Infierno).

LES COMEDIENS

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Des performances d’acteurs ! Un travail magistral entre acteur et metteur en scène ! Un large besoin de compréhension, de compétence, de compréhension d’un texte que l’on absorbe ou que l’on a envie de rejeter .

 ILS SONT SEPT

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Harmonie ! Concordance ! Homogénéité !

Deux femmes ! Quatre hommes ! Un musicien !

DISTRIBUTION

France Bastoen (Jennifer)

Nargis Benamor(Miranda)

François Delvoye (guitare électrique)

Laurent Capelluto(Paul)

Serge Demoulin(Martin)

Itsik Elbaz(Oskar)

Julien Lemonnier(Flynn)

Traduction : Silvia Berutti-Ronelt , en collaboration avec Jean-Claude Berutti

Mise en scène : Georges Lini

Assistanat à la mise en scène : Nathalie Huysman

Dramaturgie : Florence Klein et Nathalie Huysman

Scénographie et costumes : Renata Gorka

Lumière : Alain Collet

Musique François Delvoye

Video et son : Sébastien Fernandez

Régie : Louis-Philippe Duquesne

Stagiaire régie : Martin Celis

Photos :  Bruno Mullenaerts

Création et Coproduction de la Compagnie  » Belle de Nuit  » , Théâtres Le Public et L’Atelier  Théâtre Jean Vilar

TRISTESSE ANIMAL NOIR

Jusqu’au 30/04/16

(relâche du 29/03 au 09/04)

THEATRE LE PUBLIC

Rue Braemt 64 70- 1210 Bruxelles

Infos Réservations : 0800 / 944 44

Indépendamment de la pièce «  Tristesse Animal Noir », reprise des deux autres pièces du Public : « Une Veillée » et «  Le 7ème Continent » du 12/04 au 30/04.

Des spectacles à ne pas manquer.


 

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » merci de votre présence, même un jour de fête.

Notre moment de séparation : Ce soir à 20h55 sur France 3, un documentaire de Jean-Pierre Devillers et Olivier Bellamy : « FRANCOISE HARDY, TANT DE BELLES CHOSES »

Intéressant de mieux la découvrir.

Je vous laisse en sa compagnie et à tout bientôt.

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

DRUMMING LIVE -ANNE TERESA DE KEERSMAEKER-(THEATRE NATIONAL)

Amis de l’émission /blog «  Les Feux de la Rampe », bonjour à Vous.

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 Un spectacle extraordinaire conçu et réalisé par Anne Teresa De Keersmaeker , véritable Star Mondiale de la Danse !

Un spectacle exceptionnel

 Jean-Luc Plouvier( Munt Monnaie Magazine) : Un travail des plus abstraits de la chorégraphe , d’une sophistication formelle inouïe – et qui ne peuvent se danser que sur un tapis de sol recouvert d’un enchevêtrement de graphes – ils n’en suscitent pas moins une jubilation intense et rarement éprouvée , qui se lève dans la douceur ininterrompue des enchaînements, sans couture et sans pause , propagée de corps en corps à la manière d’une flamme ou d’une averse.

Les douze danseurs de Rosas et les neuf percussionnistes d’Ictus, omniprésents sur le plateau, baignés dans une fluorescence orange comme la braise , y travaillent pendant une heure un matériel réduit dont la pulsation obsédante appelle à la transe mais dont l’imprévisible variété des ressources , au fil des répétitions , semble repousser sans cesse les limites de l’espace.

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 ANNE TERESA DE KEERSMAEKER- DRUMMING LIVE

Drumming (1998) est l’une des chorégraphies les plus fascinantes d’Anne Teresa De Keersmaeker, une danse virevoltante sur la puissante partition pour percussions de Steve Reich. Ictus donne vie à cette partition ensorcelante avec une précision stupéfiante.

Drumming : une vague de sons et de danse…



Drumming (1998) est l’un des spectacles les plus fascinants d’Anne Teresa De Keersmaeker, un coup d’éclat chorégraphique à partir de la puissante partition pour percussions de Steve Reich. La musique du minimaliste new-yorkais était déjà le fil conducteur de son premier spectacle Fase (1982).  

Reich a écrit Drumming en 1971, peu de temps après un voyage d’études en Afrique. La partition manipule un seul motif rythmique obsédant, qui se multiplie et se déploie en une riche variété de textures où interviennent les peaux, les bois, les métaux et de subtiles ombres chantées. Reich y pousse à bout les techniques de Piano Phase (la musique de Fase) : les musiciens décalent leurs unissons par d’insensibles accélérations, produisant de la sorte une infinité de canons miroitants. Ictus donne vie à cette partition ensorcelante avec une précision stupéfiante.  

Dans sa chorégraphie, Anne Teresa De Keersmaeker surenchérit sur la partition en respectant son esprit : la complexité chorégraphique germe d’une seule phrase dansée soumise à une infinité de mutations dans le temps et l’espace. Ce n’est qu’après que les percussions se sont tues et que les corps se sont immobilisés que le spectateur réalise ce qu’il vient de vivre : un voyage étourdissant, une vague de sons et de danse à l’état pur, un tourbillon d’énergie de vie.

 DRUMMING LIVE est une longue pièce (60’) en quatre mouvements qui se succèdent en fond-enchaîné , dans un tempo unique.

Steve Reich fait appel à trois familles de percussions : bongos, marimbas et glockenspiels, peau, bois et métal.

L’œuvre a été créée à New York par le compositeur en 1971, suite à un voyage d’études ethnomusicologiques au Ghana.

Le rythme est conçu pour produire de l’ambiguïté : au fil des répétitions, l’oreille ne peut plus distinguer le premier temps , ni d’ailleurs la coupe générale de la mesure.

Flotter , pulser sans jamais scander…

Cette œuvre a tout pour séduire une chorégraphe qui refuse de marcher au pas de la musique , préférant en démonter les ressorts formels tout en lui demandant, depousser les danseurs dans le dos »

EXTRAIT INTERVIEW

Jean Luc Plouvier : La qualité la plus frappante de « Drumming » – je parle ici de l’œuvre musicale – est qu’elle nous tient en haleine une heure entière, à partir d’un seul motif rythmique de moins de deux secondes.

Avez-vous cherché dans votre chorégraphie à relever le même défi ?

Anna Teresa : Oui et non. J’ai été fascinée par la prouesse de Steve Reich, et la promesse que représentait Drumming pour une chorégraphe : une trame absolument unifiée qui couvre toute la durée d’un spectacle dont les évènements se tuilent insensiblement l’un à l’autre. Mais je n’aurais pas pu y répondre en me résignant à l’exposition obsédante de quelques gestes répétitifs. Je n’en étais plus là. J’avais accompli un chemin vers des phrasés beaucoup plus amples et je voulais traiter ici un large groupe : huit femmes et quatre hommes. J’ai néanmoins cherché une réponse   « monothématique » comme disent les musiciens , en construisant une longue phrase de base , une séquence de près de deux minutes, qui m’a servi d’unique matrice pour tout le spectacle.

DRUMMING LIVE

Un tout grand spectacle talentueux, d’une formidable intelligence et d’une grande compétence.

Pas une seconde de fatigue à regarder ces danseurs de grand talent virevolter avec une légèreté étonnante, une grâce séduisante , sur toutes les formes possibles.

On est fasciné, envoûté, émerveillé !

Un moment fabuleux de danse et de musique une musique répétitive ensorcelante !

EXTRAIT INTERVIEW

Jean-Luc Plouvier : Le final ouvre vers le vertige !

Anna Teresa : Le final est extrêmement virtuose, en effet , et très exigeant pour les danseurs. Je ne garde de la phrase de base que les parties les plus rapides, les plus sveltes. Et nous imaginons alors que l’axe se déboîte , comme si le tapis de sol se mettait à tourner. Les trajectoires se tordent . Le système échappe à lui-même. Comme dans la musique de Reich qui se sature soudain de fréquences aigues : elle lâche terre et file vers l’extase.

On est dans l’enchantement ! Et ce n’est qu’après que les percussions se sont tues et que les corps se sont immobilisés que l’on réalise ce qu’il vient de se passer : un voyage étourdissant, une vague de sons et de danse à l’état pur un tourbillon d’énergie de vie.

D’énormes félicitations aux danseurs, musicien, techniciens et à Anne Teresa De Keersmaeker, danseuse et chorégraphe belge flamande. Une figure majeure de la danse contemporaine belge et mondiale .Elle a créé la compagnie Rosas en 1983, au sein de laquelle elle a développé son langage chorégraphique propre avec plus de 35 chorégraphies à son actif à ce jour.

DISTRIBUTION

Chorégraphie : Anne Teresa De Keersmaeker

Les douze danseurs-danseuses : Polina Akhmetzyanova, Linda Blomqvist, Marta Coronado , Tale Dolven, José Paulo dos Santos, Carlos Garbin, Bryana Fritz, Anneleen Keppens, Sandra Ortega Bejarano , Elizaveta Penkova, Igor Shyshko, Marco Torrice, Jakub Truszkowski , Sue-Yeon Youn.

Musique : Steve Reich

Direction musicale : Georges-Elie Octors

Musiciens : Ictus

Percussions : Georges-Elie Octors , Gerrit Nulens, Géry Cambier, Miquel Bernat, Tom De Cock, Michael Weilacher, Jessica Ryckewaert , Frank Van Eycken, Alexis Bourdon.

Flûtes : Michael Schmid

Voix : Micaela Haslam , Heather Cairncross ( Synergy Voca)

Scénographie et lumières : Jan Versweyveld

Assistant scénographie et lumières : Geert Peymen

Costumes : Dries Van Noten

Assistantes costumes : Anne-Catherine       Kunz , Aouatif Boulaich

Assistant chorégraphie pour la reprise : Roberto Olivan de la Iglesia

Direction des répétitions : Samantha Van Wissen, Jakub Truszkowski , Marta Vronad , Fumiyo Ikeda

Assistante à la direction artistique : Anne Van Aerschot

Son : Alexandre Fostier

Directeur technique Joris Erven

Techniciens : Wannes De Rydt , Clive Mitchell

Habillage : Emma Zun

Production : Rosas, La Monnaie, La Bâtie, Festival de Genève

Co production : La Monnaie, Sadler ‘s Wells(Londres) Ls Théâtres de la ville de Luxembourg

Coprésentation : KVS et Théâtre National.

DRUMMING LIVE

25, 26, 27/03/16

THEATRE NATIONAL

Bld Emile Jacqmain111—1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 203 41 55

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe , merci de votre présence.

Notre moment de séparation : Je vous en ai déjà parlé : fin de la soirée de ce samedi en compagnie de Sylvie Vartan.

(A 23h05 sur La Une/RTBF)

 

Pour ceux qui aiment la danse , et surtout celle d’Anne Teresa De Keersmaeker, je leur propose de visionner un autre extrait du spectacle « Drumming Live ». Durée 16’

Bonne fin de soirée et à tout bientôt

Roger Simons

 

 

 

 

LE JOUEUR D’ECHECS -STEFAN ZWEIG- FRANCIS HUSTER -(C.C.D’AUDERGHEM)+SYLVIE VARTAN

Une œuvre de Stefan Zweig, adaptée pour la scène par Eric-Emmanuel Schmitt.

Un spectacle – seul en scène – interprété magistralement par Francis Huster.

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Fuyant la guerre, Stefan Zweig prend le bateau qui l’emporte en Amérique du Sud. Pendant la traversée, un combat s’engage qui le passionne, ainsi que tous les voyageurs : au-dessus d’un jeu d’échecs s’affrontent le champion du monde Csentovic, une brute lente, cupide, inculte, antipathique, qui n’a jamais perdu une partie, et le mystérieux Monsieur B, un aristocrate viennois, sensible, raffiné, qui vient d’échapper aux griffes de la Gestapo. Qui gagnera ? L’intelligence et la culture ont-elles encore une chance dans ce monde qui sombre dans la barbarie ?

Cette fable palpitante qui nous emmène jusqu’aux frontières de la folie est considérée comme le chef d’œuvre de Stefan Zweig. Après l’avoir achevé, il se donna la mort en compagnie de sa femme, Lotte.

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 Eric Emmanuel Schmitt (adaptateur) : Après ‘ »

Le journal d’ Anne Frank »,nous avons, Francis Huster, Steve Suissa et moi, cherché de nouveau des raisons de vivre et d’espérer chez des personnages que, malheureusement, l’Histoire a fauchés. Anne Frank ou Stefan Zweig n’ont perdu la partie que sur le moment ; cinquante ans plus tard, ils la gagnent : ce sont eux qu’on écoute.

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Steve Suissa(metteur en scène) : Dans cette version théâtrale, Eric- Emmanuel Schmitt montre comment cette fable sur les échecs est une confession de Zweig, son oeuvre sans doute la plus autobiographique. Lui qui s’est battu pendant toute sa vie pour la culture et une conception européenne de la civilisation, est bien obligé, face à Hitler, de conclure qu’il a perdu. Plus radical que son héros, il se donnera la mort.


 

Francis Huster est criant de vérité dans son interprétation. Il fait vivre intensément le personnage. C’est une performance d’acteur!

 

NOTES SUR STEFAN ZWEIG

Ecrivain autrichien naturalisé anglais, Stefan Zweig est né à Vienne le 28 novembre 1881. Il suit des études de philosophie et de littérature, voyage à travers l’Europe, l’Amérique du Nord, le Mexique, Ceylan, l’Afrique. Il fait ses débuts en littérature. Fervent pacifiste, il rêve d’une Europe unie, mais la Première Guerre mondiale le touche profondément et marque un tournant dans sa carrière. Elle lui inspire de violentes protestations antimilitaristes dans des drames comme Jérémie ou L’Agneau du pauvre, mais également dans ses nouvelles, Amok, La Confusion des sentiments, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, qui ont un grand succès et assure sa notoriété. Il obtient la citoyenneté britannique en 1940. Il part ensuite quelques mois à New York puis, en 1941, décide de se fixer au Brésil. Mais Stefan Zweig, déprimé et croyant voir sombrer l’Europe, se suicide le 23 février 1942 à Petrôpolis en compagnie de sa seconde femme, Elisabeth, alors qu’il vient juste de terminer son autobiographie : « Le Monde d’hier »

Une soirée intéressante dans notre culture.

 

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LE JOUEUR D’ECHECS

D’après l’oeuvre de Stefan Zweig

Adaptation : Eric Emmanuel Schmitt

Mise en scène : Steve Suissa

Décor : Stéfanie Jarre

Costumes : Pascale Bordet

Lumières : Jacques Rouveyrollis

Création sonore : Maxime Richelme

Avec Francis HUSTER

CENTRE CULTUREL D’AUDERGHEM

Boulevard du Souverain 183 – 1160 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 660 03 03

(Représentation exclusive : 24/03/16)

Prochain spectacle « DEUX HOMMES TOUT NUS », une pièce divertissante de Sébastien Thiéry.

Cette pièce a été jouée, il y a quelques mois, au Théâtre Le Public.

Cette fois, c’est une compagnie française qui nous la propose avec la participation de quatre comédiens dont François Berléand et Isabelle Gélinas.

Les dates des représentations : du 12 au 16/04.

Si vous voulez vous faire une opinion, cliquez sur le blog – rechercher- : «  Deux hommes tout nus »et vous pourrez prendre connaissance de cette pièce et ce, dans le moindre détail.

Cela vous donnera l’envie de voir ce spectacle au C.C.D’AUDERGHEM.

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Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », merci de votre présence.

Notre moment de séparation : SYLVIE VARTAN.

Un documentaire axé sur le retour des cinquante ans de carrière de la merveilleuse Sylvie.

Sur la UNE/RTBF – 23h05 – Samedi 26/03/16

Un beau cadeau !

A tout bientôt !

Roger Simons

 

 

 

 

 

LA BONNE PAROLE DU CURE MESLIER (THEATRE POEME 2 )

…….FAIRE REVIVRE…..

Une création du Poème 2

D’après le Mémoire de Jean Meslier

Avec Alexandre Von Sivers dans le rôle du curé.

 


 

Le curé Jean Meslier (1664-1729) sort de l’ombre. Il apparaît comme un penseur politique et philosophique de tout premier plan.

À l’aube du Siècle des Lumières, ce petit curé de village (celui d’Étrépigny dans les Ardennes françaises) laissait à sa mort voguer à la destinée un volumineux Mémoire, manuscrit de ses « pensées et sentiments ».

C’était une bombe ! Elle éclate enfin aujourd’hui.

Car son Mémoire constitue, à l’époque, la critique la plus complète des incohérences, des abracadabrances bibliques, évangéliques et monothéistes. C’est aussi la première théorie de l’athéisme, du matérialisme philosophique, et la seule œuvre française avant la Révolution à proposer un projet et un programme concret de libération des masses.

Meslier, l’humaniste, comprenait le peuple quand il lui glissait à l’oreille que « tous les grands de la terre et que tous les nobles fussent pendus et étranglés avec des boyaux de prêtres. »

Pour lui, abattre la féodalité et l’absolutisme royal passait par renier l’Église qui les soutient et les bénit. Pour cela, il fallait démystifier les religions, annihiler le dieu des hommes…

« Unissez-vous donc, peuples, si vous êtes sages ! Toutes les religions ne sont que des inventions humaines. La matière ne peut avoir été créée. Elle a d’elle-même son être et son mouvement. Il n’y a point de Dieu. »

Tel est son message. Toujours d’actualité – voire en avance sur notre temps !

Dans une langue à la fois modernisée et d’une grande fidélité au texte de Meslier, Jean-François Jacobs laisse ici exploser la « bonne parole » de ce curé détonnant, dans le corps et la voix duquel se fond – et se confond – Alexandre von Sivers.

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Un curé de campagne tout à fait ordinaire

Né en 1664 à Mazerny un petit village des Ardennes françaises, canton de Nouvion-sur-Meuse qui compte aujourd’hui 123 habitants.

Un curé contestataire, révolutionnaire, athée dans le secret de son presbytère…

Sans le proclamer car c’eut été sacrilège voire même suicidaire dans une France contrainte au respect des lois, des princes et de la religion, Meslier avait tourné le dos à ce qui était la raison d’être sociale…

Pour lui, la religion n’était que « mensonge erreur et imposture. »

En Ardenne au XVII ème siècle…

Etrange destinée que celle de l’abbé Meslier qui, comme le docteur Jekyll, le héros du célèbre roman de Stevenson publié en 1886, menait une double vie.

A la fois celle d’un brave curé de province, dévot, pieux attentif à ses ouailles et celle d’un impitoyable pourfendeur des idées qui lui avaient été inculquées au séminaire.

LA BONNE PAROLE DU CURE MESLIER

Adaptation du Mémoire de Jean Meslier, en un monologue théâtral.

Ce texte superbe, très modernisé est écrit par Jean-François Jacobs

JFJ : Ce monologue peut paraître un peu long pour une représentation théâtrale mais déjà extrêmement court pour développer la pensée de Jean Meslier sans la dénaturer.

Les didascalies offrent une ambiance, elles donnent le rythme de l’interprétation que j’ai de ce spectacle.

Cela ne paraît absolument pas long. On suit le texte avec intérêt, avec étonnement, c’est une brillante découverte de ce curé incroyable que fut Jean Meslier.

A l’église ou chez lui ! Réfléchi dans ses propos, ironique, exposant sa haine avec une certaine fureur, une rage frénétique, des éclats de rire…

L’interprétation d’Alexandre Von Sivers est tout à fait extraordinaire, mirifique, unique !

Notre comédien ne joue pas Meslier, IL EST  MESLIER.

UN OUVRAGE QUI AURAIT PU DISPARAITRE

Les textes sulfureux de l’abbé ont connu un bien étrange destin…des copies sont arrivées à Paris où elles ont été distribuées sous le manteau…

LE CURE MESLIER OUBLIE ?

En France, oui mais pas en Russie où il a été traduit en 1924 par les soviétiques, parce qu’ils voient en lui un précurseur du socialisme révolutionnaire.

L’environnement socio politique dans lequel a vécu le curé Meslier peut expliquer bon nombre de ses indignations à l’encontre des abus de la religion et de l’absolutisme outrancier du pouvoir temporel , le monde de Meslier , c’est la France de Louis XIV !

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Au début de l’été 1729 , à l’aube du Siècle des Lumières, Jean Meslier , curé du petit village d’Etrépigny dans les Ardennes françaises , laissait à sa mort un volumineux Mémoire manuscrit de ses   « pensées et sentiments »

Tout se trouve dans l’ouvrage publié dans les Editions ACIEN. C’est passionnant et inédit, d’en prendre connaissance :

« Les prêtres et les évêques ravissent les biens temporels de leurs frères mortels sous le prétexte de les préserver dans une autre vie qui n’est point, des peines imaginaires d’un enfer, qui n’est point non plus. »

«Un homme qui n’avait ni science , ni étude , mais qui ne manquait pas de bon sens , m’a dit un jour qu’il souhaitait que tous les grands de la terre et que tous les nobles fussent pendus et étranglés…avec des boyaux de prêtres… »

 » Il est certain que toutes les religions du monde sont des inventions et des institutions purement humaines… »

« Aucun de nos prêtres ou représentant d’autres sectes ne sauraient donner une preuve convaincante de l’existence de leur Dieu. Les fous ! Tous autant qu’ils dont ! Depuis toujours, ils débattent à ce sujet, ils se persécutent à feu et à sang sans jamais parvenir à convaincre la partie adverse »

72 pages ! 180 feuillets manuscrits recto verso de petit format, trois copies emballées dans du tissus et une corde , celle de la Mort !

Une bonne adaptation du Mémoire de Jean Meslier !

C’est incontestablement un pièce à suivre tant pour le sujet (que l’on peut désapprouver) que pour l’interprétation d’Alexandre Von Sivers.

Car, ne l’oublions pas, nous sommes au théâtre.

Devant nous : un acteur !

LE DECOR

Une structure en bois qui définit l’espace de la cure du curé. De la salle, on a un peu l’impression d’être dans une église !

LES LUMIERES

Comme celles d’une église, tamisées.

En fond du plateau, une grande croix !

Le Curé Meslier : Mes idées , elles, vivront…

LA BONNE PAROLE DU CURE MESLIER

Ce spectacle a été créé le 17/03/16 à Bruxelles au Théâtre-Poème2 (Directrice : Dolores Oscari).

Texte et mise en scène: Jean-François Jacobs

Relecture philosophique et historique : Serge Deruette (Professeur d’Histoire des Idées à l’UMONS , spécialiste de Jean Meslier)

Scénographie et costumes (de l’abbé) : Ronald Beurms

Affiche du spectacle : Yves Capelle

Composition musicale (en direct) : Gilles Masson

Avec Alexandre Von Sivers : le curé plus qu’étonnant Meslier.

LA BONNE PAROLE DU CURE MESLIER

Jusqu’au 03/04/16

 

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« Au nom…de la matière. Ce que nous sommes, ce qu’il reste, on n’est plus ! »

Un message qui est toujours d’actualité, voire en avance sur notre temps !

 THEATRE POEME 2

Rue d’Ecosse 3 – 1060 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 538 63 58

Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe » , merci de votre attention quotidienne au blog.

Notre moment de séparation : Une très belle chanson  de et avec Michel Sardou : »Le curé » . Aucun lien avec celui d’Etrépigny du XVIII ème siècle.

Bonne écoute et à tout bientôt !

 

Roger Simons


 

 

 

 

 

UNE HEURE DE TRANQUILLITE (THEATRE ROYAL DES GALERIES) + JOHNNY HALLYDAY

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe » , bonjour bonsoir . Bienvenue à Vous !

UNE HEURE DE TRANQUILLITE (THEATRE ROYAL DES GALERIES)

Michel est un passionné de jazz. Un matin, il déniche au marché aux puces un disque introuvable dont il rêve depuis trente ans : « Me, Myself and I ». Alors qu’il s’installe dans son salon pour l’écouter, sa femme veut lui parler de ses tourments, sa maîtresse menace de dévoiler leur liaison, son entrepreneur inonde l’immeuble, son voisin vient se plaindre et son fils musicien arrive à l’improviste… Prêt à tout pour avoir la paix, Michel n’hésite pas à s’enferrer dans les pires mensonges pour se préserver ne serait-ce qu’une heure de tranquillité.

Parenthèse : Ce disque n’existe pas quoique j’ai visionné un disque qui porte ce titre-là, interprété par une chanteuse   américaine des plus sexy, qui rend fou les hommes avec ses hanches :Beyoncé !


 

FLORIAN ZELLER, L’AUTEUR

L’auteur est très connu dans le monde entier pour ses pièces qui connaissent à chaque sortie un véritable triomphe : une dizaine d’œuvres théâtrales telle« Une heure de tranquillité »

 

CINEMA THEATRE  

 Patrice Leconte a réalisé un film très bien construit avec dans le rôle de Michel, Christian Clavier…

 

 

 Le théâtre canadien Duceppe a monté également cette pièce avec Roger Larue (Michel)

 

 Le Théâtre Antoine de Paris a monté la pièce dans la mise en scène de Ladislas Chollat, et interprété par Fabrice Luchini.


 

ENTRACTE MUSICAL/REPOS


 

UNE HEURE DE TRANQUILLITE

16 mars 2016. 20h15. Cette fois, c’est le Théâtre Royal des Galeries qui met cette pièce à l’affiche, mise en scène par Yves Claessens et jouée par l’un de nos grands comédiens belges : Pascal Racan, excellent et tellement authentique dans le personnage de Michel, bien entouré par deux magnifiques actrices : Rosalia Cuevas (l’épouse de Michel) et Manuela Servais( la maîtresse de Michel)…


 

YVES CLAESSENS, LE METTEUR EN SCENE

Comédien bien connu du public belge, a très bien conçu et réalisé cette pièce en la faisant jouer d’une façon quelq peu manigancée dans l’ensemble, mais avec des bouffées de comédie drôle teintées de « gags » sans excès.

 

UNE HEURE DE TRANQUILLITE

 

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LE DESORDRE INCARNE

La partition de Florian Zeller, librement inspirée d’une trame vaudevillesque, est déroutante. Connaissant l’auteur, on est surpris et charmé de le trouver à cet endroit si particulier du répertoire dramatique, entièrement tourné vers l’humour. L’écrivain joue à fond le jeu du genre, s’en amuse et signe une pièce d’une remarquable efficacité.

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Michel(Pascal Racan) est ici un misanthrope contemporain aux prises avec toutes les contingences de la vie courante, et qui, voulant simplement écouter un disque rare, s’en trouve continuel­lement empêché. D’où ses infructueuses tentatives pour se dérober aux importuns, ses mensonges, ses lâchetés, ses mauvaises humeurs. C’est par une gamme infinie d’états et d’émotions que passera Michel, oscillant entre la retenue et le désordre. Poussé dans ses extrêmes limites par la puissance d’une farce qui tourne à l’absurde, il va ouvrir la porte à une folie aussi ordinaire qu’effrayante, celle des mondes solitaires où nous nous enfermons.

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YVES CLAESSENS S’EXPRIME

Yves Claessens : Que peut-on dire de « Une heure de tranquillité » de Florian Zeller ?

Que c’est une comédie de moeurs, française.

Comédie, parce que Monsieur Zeller se moque des citadins d’aujourd’hui, préoccupés par mille choses où le fondamental devient accessoire et l’accessoire, fondamental. Comédie parce que riche en quiproquos, en situations tendues vers le grotesque, où les caractères qui ne devraient jamais se rencontrer se frottent les uns aux autres.

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C’est aussi une comédie de moeurs, parce que Zeller y dépeint la vie dans les villes d’aujourd’hui: les hobbies d’abord, puis le stress, le boulot, les amours, la vie conjugale,  les travaux dans la maison…

C’est enfin une comédie de moeurs parce que on y est essentiellement égoïste, on y ment, on s’y dispute, on y observe les différentes relations humaines dans la famille aussi bien que dans des milieux très différents, nous sommes dans un vivier où le spectateur voit se débattre les personnages tout en reconnaissant chez chacun des comportements très familiers.

ENTRACTE MUSICAL-REPOS EN COMPAGNIE DE JEANNE MOREAU


 

« Parce que le mensonge est la chose du monde la mieux partagée, parce que le mensonge est une expérience à la fois intime et universelle… »

(Florian Zeller)

THEATRE DE BOULEVARD

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Florian Zeller : Se réinventer dans le boulevard. J’ai ouvert une brèche comique dans cet univers en jouant jusqu’au bout les codes du théâtre du boulevard, au sens le plus noble du terme.

En fait, le principe comique de cette pièce est celui de l’accumulation. Pour moi, c’est un territoire nouveau à explorer. Celui du rire d’abord.

C’est une pièce sans psychologie, sans profondeur ; c’est une pièce qui ne pense pas !

C’est une sorte «  d’exercice de style sur le boulevard », de condenser toutes les situations conventionnelles du genre en une heure et demie d’intranquillité et de voir ce que cela peut donner.

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 Mon histoire est linéaire, sans rupture de narration !

S’agissant d’une pièce comique, il est toujours délicat de savoir à l’avance si l’humour va porter. L’humour ne vient pas des phrases elles-mêmes mais davantage des situations.

Il ne s’agit donc pas d’investir les phrases , leur rythme interne e et leur musicalité mais de laisser les situations s’imposer aux personnages. Il y a presque une nécessité de retrait de neutralité, de dissolution de l’acteur, pour que la pièce prenne une dimension de comédie.

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 omancier et dramaturge, Florian Zeller , né à Paris en 1979, est sans conteste l’un des jeunes auteurs français contemporains les plus talentueux.

INSERE

– Florian Zeller, est-ce qu’il vous arrive de mentir ?

-F.Z : Je m’en réserve le droit, en tout cas. Il y a des endroits où la vérité n’a pas besoin d’apparaître impérativement…

Florian Zeller, c’est du théâtre, du bon théâtre, pas compliqué , vivant , bien écrit , doté de personnages simples et familiers.

La pièce qui se joue en ce moment aux Galeries se présente bien de la sorte, travaillée par un metteur en scène compétent

Les sept acteurs sont parfaits, bien ancrés dans leurs personnages respectifs.

Un plaisir de revoir ces comédiens que nous aimons beaucoup, et celui aussi d’en découvrir d’autres !

Le décor est d’une belle modernité, à l’exception du bon vieux pick-up sur lequel se trouve un vieux 33 tours rayé qu’on n’entendra jamais…

 Avec « Une heure de tranquillité » , Zeller a écrit son   «Misanthrope»avec des fâcheux sans conséquence , tels un voisin envahissant, un faux plombier polonais qui saccage l’appartement , un fils musicien raté, une épouse qui a trompé son mari avec le plus grand de ses copains, un fils musicien raté…

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 Cela dit , Michel ne s’est pas privé non plus…

 Scène finale : Michel s’allonge dans son fauteuil, prend la pochette du fameux disque 33 tours, retrouve son sourire, prépare tout pour enfin écouter «  Me, Myself and I », appuie sur play, ferme les yeux pour pouvoir en profiter…

Au milieu du salon à moitié détruit , on sent qu’il savoure ce moment .

Les lumières commencent à baisser… Soudain la musique saute : le disque est rayé…

Rideau !

DISTRIBUTION

Pascal Racan ( Michel), Rosalia Cuevas ( Nathalie) , Manuela Servais ( Elsa) , Gaël Soudro ( Pavel) , Daniel Nicodème (Pierre) , Frédéric Clou ( Léo) , David Delaloy( Sébastien )

Mise en scène : Yves Claessens

Fabienne Miessen( Costumes) , Francesco Delco( Décor) , Gudule Zuyten ( Assistante mise en scène) , Laurent Beumier (Décor sonore), Laurent Comiant( Création lumières & régie), Alan Beurms (Video) , Félicien Van Kriekinge ( Directeur technique), Guy Mavungu (Régie) , Stéphane Devolder-Philippe Van Nerom- Mikail Caliskan( Construction du décor), Fabienne Miessen(Habilleuse)

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Loterie Nationale.

Avec des extraits de propos publiés dans le programme du théâtre ainsi que dans «L’Avant – scène théâtre -(15/02/2013-n° 1338)

UNE HEURE DE TRANQUILLITE

Florian Zeller

Basée sur une idée originale de Simon Gray ( Otherwise Engaged)

THEATRE ROYAL DES GALERIES

Galerie du Roi 32 – 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 512 04 07

Michel, je viens de retrouver une magnifique musique, un grand classique du jazz des années lointaines «  As Time Goes By ,… joué par Dexter Gordon.   Je vous l’offre…Ne faites pas « sauter » le disque… 8’58 de tranquillité…


 

Amis de l’émission «  Les Feux de la Rampe » je vous abandonne pour quelques heures…

Notre moment de séparation : Ce lundi 21/03 à 20h55 sur France 3  le rockeur français, même s’il est à moitié belge, JOHNNY HALLYDAY. Tout un programme !

A tout bientôt !

 

Roger Simons


 

 

 

 

 

AU SANGLIER DES FLANDRES (THEATRE DES TANNEURS)

BERNARD VAN EEGHEM

Un artiste d’exception !

Un travail artistique qui sort totalement du commun !

Un spectacle unique !

Vous n’avez que ce soir, ce 19 mars à 20h30 pour le découvrir !

 

L’HOMME

 

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Bernard Van Eeghem a étudié l’architecture à Gand et l’histoire de l’art à Bruxelles.

Il a donné des cours de peinture contemporaine à Amarant , a enseigné à l’Institut Lemmens comme professeur invité , membre du jury du Theaterfestival et tuteur des jeunes artistes du Theater aan Zee.

Il a collaboré à des productions aussi nombreuses qu’éclectiques de groupes divers.

Récemment, il a contribué à de nombreux spectacles.

Celui qui vous est offert ce soir, a été sélectionné pour le Prix du Meilleur spectacle aux Prix de la Critique en 2012.

AU SANGLIER DES FLANDRES

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Conteur extraordinaire, Bernard Van Eeghem nous raconte une anecdote déterminante de son enfance : son père 
l’a emmené à la Procession du Saint-Sang, à Bruges, devant le beffroi majestueux de la Grand Place.

Conçu comme une pièce de théâtre monumentale, le grand jeu racontait la Passion du Christ. Ce fut pour lui le premier contact avec une forme de théâtralité et une sorte de révélation. 

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 Dans ce spectacle, toutes les disciplines que maîtrise Bernard Van Eeghem sont convoquées : en combinaison de peintre en bâtiment, il peint en direct sur une gigantesque bâche transparente tout ce qu’il raconte, formant devant nos yeux une sorte de bande dessinée géante, qui nous emmène à travers les récits bibliques de l’Ancien Testament mais aussi sur le chemin de Jérusalem à Bruges pendant le transport de la relique du Saint-Sang…

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Il peint à une allure vertigineuse tout en racontant l’histoire de l’Ancien Testament. Il a beaucoup d’humour ! Il chante même ! Il n’a pas peur de grimper sur une grande échelle pour parfaire sa peinture toute particulière Une peinture qui devient un véritable tableau. C’est extraordinaire ! Incroyable ! Du jamais vu ! Génial !

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Je ne peux que vous recommander de voir ce spectacle . Réservez vos places immédiatement car il y a un monde fou fou fou pour assister à la représentation.

AU SANGLIER DES FLANDRES

Une performance généreuse et tourbillonnante qui nous entraîne sur les traces d’une personnalité surprenante. Mille bravos à Vous, l’artiste !

THEATRE LES TANNEURS

Rue des Tanneurs 75- 1000 Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 512 17 84

Amis de l’émission/blog «  Les Feux de la Rampe », merci de l’intérêt que vous portez au blog.

Notre moment de séparation : Je profite de la présentation de ce grand spectacle de Bernard Eeghem pour vous inviter à la découverte de la Cathédrale de Bruges. C’est superbe !

Bon week-end à Vous et à tout bientôt !

 

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

 

 

 

BLEU BLEU (THEATRE PETIT VARIA) + film  » The land of the Enlightened »

 Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe  , bonjour et  bienvenue à Vous.


BLEU BLEU / STEPHANE ARCAS

 

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Toulouse, 1992. Hades est un jeune home à la dérive. Il brûle la vie par tous les bouts et la noie dans les stupéfiants, le sexe et la mouvance grunge. Il appartient à un groupe de trois artistes.

Leurs points communs : ce sont des personnages à la fois exaltés, désinvoltes et provocateurs.

A l’approche d’une grosse exposition, ils se lancent dans la revente de drogue pour financer leur production artistique.

Pris au jeu de cette activité commerciale, ils en font même le sujet dominant de leur travail.

Ils filment pour les besoins de l’exposition une série de portraits de leurs clients et de leurs fournisseurs qui donnent un panorama de l’état d’esprit des années nonante.

Mais l’attitude merdique d’Hades finit par lui attirer les foudres de son entourage.

 

BLEU BLEU

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 C’est une comédie grunge.

Un triller désinvolte , composé d’une étrange substance comique, une comédie grunge donc !

Grunge !!! Traduction : crado…dégueu…du déchiré…du délavé…

Mais on n’utilise plus guère de nos jours cette expression.

Cela dit, comment se présente ce spectacle ?

 

LE MOT DE STEPHANE ARCAS…

Stephane Arcas (auteur /metteur en scène) : Cette intrigue, inspirée de faits réels, est une forme de témoignage poétique de ce qu’à traversé ou, malheureusement, pas traversé la génération X.

Je suis parti de cette matière afin de peindre le paysage des années 90. Période ingrate par la pauvreté de son actualité : après la chute du mur et avant le 11 septembre.

Cette génération X a grandi avec des fermetures d’usines et des politiques immobilistes d’austérité dans un monde où le fait qu’on soit qualifié , diplômé ou pas, ne change rien.

Mais BLEU BLEU  n’est pas une complainte et heureusement, derrière toutes ces galères et ces malaises, une irrésistible fureur de vivre domine. Car il existe une règle absolue : « lorsque la situation devient trop désespérée, si on ferme les yeux , qu’on envisage l’affaire autrement , on s’aperçoit qu’elle prête à rire.

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 EXTRAIT DE L’ENTRETIEN : STEPHANE ARCAS –  ALAIN  COFINO GOMEZ. THEATRE OCEAN NORD 2014 )

 Alain : De ton travail de metteur en scène, je connais bien «  La Forêt, vert presque vert » …Ici, tu abordes une autre couleur ?

Stéphane : Oui, le  bleu. Il est souvent question de couleur dans les titres de mes travaux.

Alain : Ca nous raconte quelque chose  du spectacle, de toi ?

Stéphane : C’est une forme de sorcellerie. Un rapport intime avec un titre…

Alain : Comment situes-tu  BLEU BLEU  dans ton parcours ?

Stéphane : C’est très différent de ce que j’ai fait auparavant, dans la démarche initiale en tout cas. C’est quelque chose qui à la base est très autobiographique. Cela démarre avec mon histoire personnelle,  ma vie aux Beaux-Arts en 1992 à Toulouse…

Un personnage attachant, Stéphane Arcas.

Un spectacle à part,  original, hors habitude.

BLEU BLEU / PETIT VARIA

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 Le lieu où se joue la pièce est aussi particulier.

Le plateau du théâtre est devenu un grand appartement  désordonné.

 Hades est un jeune homme à la dérive. Il brûle la vie par tous les bouts et la noie dans les stupéfiants , le sexe et la mouvance grunge.

Il appartient à un groupe de trois artistes. Leurs points communs : ce sont  à la fois des personnages exaltés, désinvoltes et provocateurs.

A l’approche d’une grosse exposition,  ils se lancent dans la revente de drogue pour financer leur production artistique.

Pris au jeu de cette  activité commerciale, ils en font même le sujet dominant de leur travail.

Ils  filment pour les besoins de l’exposition  une série de portraits de leurs clients et de leurs fournisseurs qui donnent un panorama de l’état d’esprit des années nonante.

Mais l’attitude merdique d’Hades finira par lui attirer les foudres de son entourage…

 BLEU BLEU

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 Une mise en scène  qui offre aux onze acteurs la possibilité de se déplacer dans une apparente liberté de gestuelle. On oublie que l’on est au théâtre.

A quelques mètres d’eux, on les observe, on les regarde, on les écoute, on participe à leurs propos , on découvre leur « appartenir personnel »

Tout est écrit avec une parfaite précision. Aucune improvisation dans le déroulement de la pièce. Ils jouent vrai !

Pour plusieurs spectateurs, c’est peut-être la découverte de ces comédiens tant belges que français :

Renaud Cagna, Cécile Chèvre, Chloé De Grom, Ugo Dehaes , Julien Jaillot, Nicolas Luçon, Guylène Olivares, Philippe Sangdor ,Candy Saulnier,Claude Schmitz ,Arnaud  Timmermans, dirigés avec intelligence par Stéphane Arcas.

C’est un spectacle à découvrir ou à redécouvrir sous toutes ses formes.

Près  de deux heures qui passent  avec vélocité de par l’intérêt de la pièce et l’interprétation  de ces onze comédiens.

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MIJANOU,  LE RETOUR

 

Mijanou vient de m’envoyer un mot  sur ce spectacle qu’elle a vu avant-hier. Je vous le communique :

Mijanou : Un spectacle, en somme, que l’on peut regarder à différents niveaux ! On peut, par exemple, se laisser emporter avec ces jeunes artistes dans leur étonnant appartement, s’y installer en co-location…entrer dans leur vie quelque peu « imbibée » de substances illicites, de volonté créatrice, de désillusion, d’auto-dérision, de sens du commerce et du crédit pour le moins fantaisiste…on peut entrer dans le monde des arts plastiques évoqué par Stéphane Arcas…

Il ne faudrait pas y voir une véritable chronique des années 90, même si de nombreux aspects sociologiques ou politiques sont présents…

De leurs visions, de leurs envolées lyriques débridées émanent, par moment, une forte poésie.

L’écriture de l’auteur donne à voir, véritablement, ce qu’il décrit, pour peu qu’on se laisse pénétrer par les mots.

En tout cas, le fameux «  éclat lumineux du blanc des troncs des bouleaux »…je l’ai vu, de mes yeux vus (si vous assistez à la pièce, vous comprendrez) …et le bleu, le «  bleu bleu » aussi était perceptible…

Les personnages masculins sont savoureux, étonnants, d’un comique souvent surprenant….les personnages féminins par contre peuvent sembler moins riches, moins denses, et un peu terre à terre…nettement  moins attachants en tout cas.

Une écriture, un univers qui, curieusement, me rappelle aussi, les écrits d’une certaine «  beat génération »…ou alors, ce sont les effluves des kilos de haschisch étalés devant nous, spectateurs, qui m’ont imprégnés… ???

Une belle création, très originale en tout cas, de cet auteur originaire de Toulouse !

 Merci Mijanou  pour  vos propos  intéressants et passionnants sur ce spectacle qui vraiment mérite  d’être vu.

 

DISTRIBUTION( suite)

 

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 Ecriture et mise en scène : Stéphane Arcacs

Musique live : Michel Cloup

Scénographie : Marie Szersnovicz

Lumières : Margareta Andersen

Création sonore : Aymeric De Tapol

Chargé de production : Arnaud Timmermans

Photos : Michel Boermans

 

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 Un projet de la Cie Ad Hominem, avec le soutien du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles , Service du Théâtre , de Wallonie-Bruxelles, Théâtre/Danse

 « Je trouve un mot sur le bureau de Nico, il a griffonné : «  faire le parallèle entre Lénine/Lennon et Staline/Stallone. »

Bleu Bleu a été créé le 14/01/14 au Théâtre Océan  Nord/Bruxelles.

Il a été sélectionné dans l’édition 2015 du Festival Impatience à Paris , un festival programmé en commun par Télérama, le Théâtre du Rond-Point , le Théâtre National de la Colline et le 104.

 BLEU BLEU 

Jusqu’au 25 mars 2016

Bord de scène : mardi 22/03 après la représentation.

THEATRE PETIT VARIA

Rue Gray 154-1050  Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 640 35 50

 

 

 Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe « , merci pour votre fidélité et votre intérêt au blog.

Notre moment de séparation: Un documentaire fascinant réalisé par Pieter-Jan De Pue: » THE LAND OF THE ENLIGHTENED « ,tourné au coeur de l’Afghanistan , à plus de 5.000 mètres d’altitude et parfois par moins 25 °.

Vous trouverez l’interview de Pieter dans le magazine « Mad » du 16/03(Fabienne Bradfer)

Bonne soirée à Vous et à tout bientôt !

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DES MONDES MEILLEURS (THEATRE DES MARTYRS)+LAMBERT WILSON

 

DES MONDES MEILLEURS

Un texte de Paul Pourveu, mis en scène par Philippe Sireuil.

RESUME

Une journée à la veille d’élections. C’est le septante-cinquième anniversaire de Bob Dylan et la Belgique s’est réveillée mi-figue, mi- raisin. Il y a Jean-Pierre qui vient de se séparer de sa femme et n’arrive pas à décoller de sa table en formica. Il doit écrire un discours politique dont il n’a que le titre « Des mondes meilleurs ».

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Il y a Raymond qui se prépare pour sa campagne électorale et qui, attendant avec impatience que sa plume lui écrive son fichu discours, rêve de manger des croquettes aux crevettes à Ostende. Il y a Suzanne, sa femme, qui trouve que leur couple doit se réinventer et qui voudrait une « saison deux » à leur relation.

Il y a Henri, politicien de l’ancienne garde qui, écrasé par cette sensation soudaine d’être complètement à côté de la plaque, disparaît, provoquant la rumeur. Il y a Elise, sa femme qui veut aller à Londres et relit Madame Bovary. Il y a aussi Gwen et Louise qui offrent à qui les croise, de l’absinthe ou des pavés, l’oubli ou la révolte.

Sur fond de questionnement politique et d’insatisfaction conjugale, entre crise et capitalisme, peur de la cellulite et désir de croquettes aux crevettes, s’entrecroisent vies privées et destins politiques, temps présents et révolus.

Une comédie lucide et acide où résonnent en noir-jaune-rouge des lendemains qui (dé)chantent.

(Philippe Sireuil)


 

DES MONDES MEILLEURS

 Paul Pourveur (l’auteur) : Écrire, c’est aussi une manière de vivre. Et de temps en temps, il est un fait que l’on s’utilise comme cobaye pour vivre certaines expériences pour la bonne cause de l’écriture. Je crois qu’il faut être un peu schizophrène. Une double vie s’installe, une vie dans laquelle des expériences sont vécues ou sont provoquées et puis une autre vie dans laquelle on est en déphasage avec soi-même et on analyse ces expériences.

DES MONDES MEILLEURS

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Un grand spectacle doté d’une superbe mise en scène de Philippe Sireuil, particulière dans son déploiement , précise , quelque peu originale , très bien étoffée, menée tambour battant dans la direction des acteurs.

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 RENCONTRE : HINDE KADDOUR –PHILIPPE SIREUIL (extraits)

H.K: Ce qui m’a frappée quand j’ai ouvert le texte de Pourveur, ce sont ses points de rencontre avec Les Mains sales de Sartre, que vous avez mis en scène à la Comédie en 2013. C’est une nécessité pour vous aujourd’hui de faire un théâtre sur la politique ?

P.S : « Ce n’est pas une pièce politique, mais une pièce sur la politique » disait Jean-Paul Sartre à propos de son texte. On pourrait dire de fait la même chose du texte de Paul Pourveur. D’autres thématiques relient les deux ouvrages : le croisement de l’intime et du politique, l’opposition entre le pragmatisme et l’idéal, le cousinage des figures intellectuelles – petite- bourgeoise pour Hugo dans Les mains sales et bobo pour Jean-Pierre dans le texte de Pourveur. Si ce n’est que les mots ne font plus sens, ni auprès de ceux qui les profèrent, ni auprès de ceux qui les écrivent, que la faillite a remplacé l’utopie, que le slogan et l’hydre néo-libérale pilotent la pensée, que le camarade a fait place au hipster et que l’engagement se dissout dans les affres du réel au lieu de chercher à le transformer.

La chose politique, ses postures, sa rhétorique, l’homo politicus et son théâtre m’ont de tout temps passionné, mais je n’avais pas songé que la contiguïté entre les deux textes était aussi prégnante, sans doute, parce qu’en matière de forme et de posture, tout les différencie et les oppose même. Sartre magnifie l’usage des mots, Pourveur s’en méfie, Sartre ne se préoccupe pas des formes, Pourveur s’amuse avec elles.

H.K Le récit tient une place importante dans le texte de Pourveur. Les séquences dialoguées sont parfois interrompues par une narration qui fait avancer l’intrigue, ou par les « Rapports » tout à la fois absurdes et précis du « Bureau du Plan » … Comment allez-vous traiter cette matière dans la mise en scène ?

P.S: Je suis surtout frappé de la rapidité avec laquelle l’écriture passe d’une forme à l’autre, d’un lieu à l’autre, d’un temps à l’autre – même à l’intérieur d’une séquence, la réplique qu’on croyait destinée à tel rôle s’avère en introduire un autre. Nous sommes face à un puzzle, donc à une matière à la fois très organisée et très découpée. Nous ne pourrons en trouver l’image synthétique qu’après avoir testé toutes les virtualités, c’est dire si le travail des répétitions avec les acteurs et les différents collaborateurs artistiques sera déterminant. Le récit, les rapports, les citations, les situations dramatiques, sont autant d’éléments que je m’évertuerai à partager entre toute la distribution, il nous faudra à la fois baliser et mélanger, prendre garde à ne pas « figer » ce texte qui procède par rebond, par ricochet.

Le bureau du plan n’est pas une invention littéraire, c’est en Belgique « un organisme fédéral d’intérêt public qui réalise des études et des prévisions sur des questions de politique économique, sociale, environnementale », ainsi qu’on peut le lire sur le site de l’institution. Les rapports qui ponctuent le texte de Pourveur relèvent eux de la fiction et de la fantaisie.

H.K : Pourquoi des Mondes meilleurs ? Pourquoi le pluriel ?

P.S : Hormis l’écho à Huxley et à Voltaire, je ne sais pas, sauf qu’il y a dans l’adjectif l’espérance d’un lendemain qui chanterait, qui enchanterait – on sait l’ironie qui peut le contenir … Pour ce qui est du pluriel, Raymond ne cesse de poser la question à Jean- Pierre, et Jean-Pierre ne répond pas. J’aurais plutôt envie de faire comme Jean-Pierre …

On pourrait dire plus sérieusement que, par refus de la causalité déterministe, la pluralité des interprétations et des lectures anime sans cesse l’écriture de Paul Pourveur, et que le choix du pluriel dans le titre résonne dès lors comme un manifeste.

DES MONDES MEILLEURS

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Dix comédiens parfaits, entrés remarquablement dans leurs personnages, jouant le texte de Pourveur avec énergie, exaltation et intelligence.

Ce n’est pas une pièce facile. Il faut y être très attentif pour suivre l’évolution de l’histoire.

Une comédie lucide et acide sur fond de crise du capitalisme , d’insatisfaction conjugale et de désir éperdu de croquettes de crevettes.

Le spectacle se déroule dans la grande salle des Martyrs.

Un immense plateau vide avec en fond de scène une série de portes qui claquent à chaque instant, permettant le passage des acteurs dans des mouvements agités.

Scénographie remuante !

Véritable chorégraphie !

90 minutes de propos endiablés !

GENERIQUE

Texte : Paul Pourveur

Les Acteurs : Frank Arnaudon, Pauline Desmet , Gwendoline Gauthier , Janine Godinas , Berdine Nuselder , Julie-Kazuko Rahir , Fabrice Rodriguez, François Sikivie , Hélène Theunissen, Chloé Winkel.

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Mise en scène : Philippe Sireuil

Vidéo : Stefano Serra

Décor sonore : François Joinville

Maquillages : Urteza Da Fonseca

Costumes : Catherine Somers

Scénographie : Vincent Lemaire

Assistante stagiaire à la mise en scène : Delphine Peraya

Lumières : Philippe Sireuil

Construction du décor : Alain-Max La Roche et Olivier Waterkeyn

Régie plateau : Stanislas Drouart

Régie son et video : Antoine Halsberghe

Régie lumière : Bruno Smit

Directeur technique : Lorenzo Chiandotto

Chargée de production : Charlotte Dumont

Production : La Servante

Coproduction : Comédie de Genève, Rideau de Bruxelles, Théâtre en Liberté et Théâtre de la place des Martyrs

Photos : Alice Piemme

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 DES MONDES MEILLEURS

Jusqu’au 26/03/16

THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS

Infos-Réservations 02 / 223 32 08


 

Vous pouvez vous procurer l’ouvrage publié chez LANSMAN EDITEUR, qui reprend la pièce de Paul Pourveur.

C’est une autre façon de découvrir cet écrivain , dramaturge et scénariste. Il est aujourd’hui l’un des rares auteurs belges contemporains écrivant à la fois en néerlandais et en français.

Remettant radicalement en question  les notions de fable ou de personnage , Paul Pourveur propose une forme dynamitant de façon jouissive et ludique les thématiques – souvent graves- qu’il explore.

(Titre de l’ouvrage :  » Paul Pourveur- » Des mondes meilleurs » – Shakespeare is dead , get over it !- Rideau de Bruxelles – La Servante– Lansman Editeur)

 

Amis de l’émission,/blog » Les Feux de la Rampe »  , heureux de vous retrouver chaque jour.

Notre moment de séparation : Jeudi soir , sur RTBF/LA DEUX, à 20h25, l’émission de Joëlle Scoriels «  69 minutes sans chichis » avec , en invité d’honneur  : LAMBERT WILSON , grand comédien français dont on parle beaucoup en ce moment non pas spécialement pour le cinéma et le théâtre, mais pour «  La Chansonnette »   où Lambert Wilson chante Yves Montand.

Bonne soirée à Vous tous et à tout bientôt.

 

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

 

 

« UNE VEILLEE » – GARY KIRKHAM (THEATRE LE PUBLIC)+HELENE GRIMAUD & ROKIA TRAORE

Une oeuvre théâtrale de Gary Kirkham, écrivain et acteur canadien de langue anglaise (Cambridge,Ontario)

Titre de la pièce en anglais : « Falling:A Wake »

C’est l’une des pièces les plus merveilleuses que j’ai vue au cours de cette saison 15/16 ! Sur tous les plans : l’histoire, la mise en scène et l’interprétation.

Un vrai bonheur!


« Humour, tendresse, résistance » écrit Virginie Thirion , la metteuse en scène

Virginie Thirion :Quelque part entre Harold Pinter et Samuel Beckett, Harold et Elsie, fermiers par hasard, élevant des poules en pleine campagne, « un point indéterminé de nulle part, parce que si nous étions au milieu de nulle part, on pourrait encore nous trouver… », comme le dit si bien Harold, ancien professeur de mathématique qui a gardé le souci de la précision. Deux personnages tout en humour et tendresse. Si je devais pointer l’enjeu majeur de la mise en scène, ce serait celui-ci : servir la tendresse et l’humour présents dans le texte, dans l’histoire. C’est une vraie gageure, s’agissant de deux êtres confrontés à l’insupportable. Et pourtant. Ils résistent, chacun à leur manière. Elsie parle, elle raconte, elle choisit ce qu’elle veut croire, elle maintient le contact, elle parle pour tenir la tristesse à distance, pour maintenir son mari proche. Harold résiste en acte : d’accord, un événement imprévu et dramatique, emprunt de mort, les expulse de chez eux. Mais il ne s’avoue pas vaincu pour autant, il lutte pied à pied, accumulant fauteuil, lampe, tapis, pantoufles, bougies…. n’hésitant pas à recréer du confort et une possibilité de vie là où l’inimaginable et le traumatisant s’étaient imposés. Et à deux, unis par un amour nourri et construit tout au long de leur histoire et de leurs épreuves communes, ils font reculer l’insupportable injustice de la vie, l’adversité, le chagrin, l’isolement.

Brigitte Dedry et Alexandre Trocki sont les deux interprètes. Ils ont pour eux cette finesse, cette intelligence du texte, et cette belle capacité à en faire entendre les délicatesses. Avec eux, nous découvrons et explorons ce que les personnages se disent vraiment lorsqu’ils se parlent. Nous découvrons comment l’auteur a parfaitement construit leur histoire, lors de cette incroyable nuit, et comment il a subtilement balisé leur cheminement vers la paix et la sérénité.

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 Virginie Thirion a réalisé une mise en scène de toute grande qualité,  de toute grande beauté,  une mise en scène discrète sensible, délicate.

Le texte est une véritable délectation !

On entre dans cette histoire avec délicatesse. On suit les deux personnages, Elsie et Harold, avec jubilation.

LES VEILLEES DE GARY KIRKHAM

20h30. Les spectateurs gagnent la petite salle du dessous, toujours impressionnante, essayent de trouver leurs places avec une certaine difficulté car il y fait tout noir et des bruits sourds, violents se font entendre…

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Où sommes-nous ? Que s’est-il passé ?ou encore que se passe-t-il ?

Les bruits s’estompent. Les spectateurs sont installés.

Une petite ampoule éclaire le lieu …Où est-on ? C’est intrigant !

UNE VEILLEE CONTÉE PAR GARY KIRKHAM

(Le travail du deuil sous le masque du domestique…)

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 » Le spectateur, encore ébloui par la lumière bleue dirigée vers son regard, peine à distinguer des ombres dans le noir de la scène. Comme au loin, nous entendons l’aboiement d’un chien. Un homme arrive, une lampe torche à la main. Des bruits sourds se font entendre, de plus en plus fort. Un véritable vacarme s’empare de la salle : nos sièges vibrent. Et puis, silence. À l’aide de la lampe torche, Harold (Alexandre Trocki) éclaire la scène. Pleine de fumée, nous distinguons avec lui — homme d’action à ce moment précis — différents éléments : des bouts de métal et, surtout, quelques sièges. Un homme est là, assis, immobile, tombé du ciel, tranquillement mort. Au loin se font entendre des bruits étranges. Animaux sauvages ou puissances surnaturelles, on ne sait trop. Un avion vient de s’écraser au-dessus de la maison d’Harold et Elsie (Brigitte Dedry) — un vieux couple qui se tient à l’écart du monde. Elsie refuse d’abandonner le corps du passager tombé du ciel. De manière confuse, elle sait qu’il faut rester là, auprès de ce corps. Sans que personne ne le sache — ni les spectateurs, ni les personnages — la place du mort, occupée par cet homme tombé du ciel, va permettre aux personnages de faire leur deuil, aux spectateurs d’en être l’opérateur. Dans le même temps, c’est une veillée — indéterminée comme l’indique l’article indéfini — qui se détermine et se transforme imperceptiblement, d’une veillée domestique à une veillée mortuaire.

Elsie et Harold vont donner l’impression de conspirer à domestiquer la catastrophe. À peine sortis du fantastique dont se colorait la scène d’ouverture, moment magique entre les aboiements territoriaux du chien et les cris d’animaux sauvages, effraction d’un réel incroyable dans le monde apprivoisé du domestique, Harold et Elsie vont introduire leur petit monde dans la catastrophe. La pièce prend le chemin du comique, quand le vivant réintroduit toutes ses petites mécaniques alors que le monde fout le camp. Cela passe par de petites anecdotes sur le couple — ces histoires qui font rire ceux à qui l’on tend un miroir —, ou par l’entrée sur scène des différents éléments du confort quotidien — fauteuil, table de nuit, tapis, chocolat chaud. Le rire d’identification fonctionne chez la plupart des spectateurs. « Harold et Elsie » n’est peut-être qu’un vieux couple plein de petites manies « de vieux couple » Cette veillée prend le chemin de la veillée domestique, à la belle étoile, et aux belles constellations que Harold tentera de montrer à Elsie. S’il n’est plus audible, nous avons l’impression que l’aboiement territorial du chien domestique résonne encore au coeur de la catastrophe… »

(Sébastien Barbion-, « Rayon Vert Cinéma)

( à suivre au théâtre)

Voilà comment  commence cette pièce hors du commun.

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Un texte d’une qualité exceptionnelle, interprété magistralement par Brigitte Dedry

(Elsie) et Alexandre Trocki(Harold)

Brigitte Dedry !  J’avoue n’avoir jamais vu cette comédienne extraordinaire.Combien je le regrette ! Heureusement, cette pièce m’a permis de la découvrir.

Par contre , j’ai eu la chance  de suivre le parcours magnifique d’Alexandre Trocki.

Alexandre Trocki : Le métier d’acteur , c’est comme l’artisanat. Il faut des années de pratique , d’humilité , de remise en question pour peaufiner son travail , gagner en finesse.

Ces deux comédiens  ne jouent pas  leurs personnages .C’est  plus fort ! Ils les vivent intensément avec une vérité d’interprétation formidable.

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LES VEILLEES DE GARY KIRKHAM

Cette pièce nous nourrit d’un texte qui nous emporte!

« Les lumières de la veillée  passent des lumières artificielles de l’électricité et de l’action aux lumières naturelles des bougies.A mesure que celles-ci inondent l’environnement de leur lumière, la veillée domestique se transforme funèbre. »

Accompagnant la transformation de la lumière , le ton des échanges entre Harold et Elsie vire à la tragédie….

Nous , les spectateurs, écoutons religieusement ces propos.

90 minutes  d’une tragédie poétique ! 90 minutes  fascinantes ! 90 minutes à la vue de ce couple rare, et de cet homme jeune, mort dans ce terrible  accident d’avion.

Excellente idée de Virginie Thirion d’avoir choisi cette salle qui colle totalement à la pièce.

Je vous conseille vivement de vous procurer le programme publié par le théatre qui reprend une grande partie du texte de Gary Kirkham.

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UNE VEILLEE / GARY KIRKHAM

Avec Alexandre Trocki et Brigitte Dedry

Traduction : Xavier Mailleux

Mise en scène : Virginie Thirion

Assistanat à la mise en scène : Tawfik Matine

Scénographie et costumes : Marie Szersnovicz

Son : Marc Doutrepont

Lumière : Julien Soumillon

Régie : Matthias Polart

Stagiaire régie : Mathieu Wolter

En création.

Coproduction du Théâtre Le Public et Théâtre de Namur

Photos  du spectacle : Alice Piemme

Photo de l’affiche :  Bruno Mullenaerts

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UNE VEILLEE  / GARY KIRKHAM

Jusqu’au 30/04/16 (relâche du 29/03  au 09/04)

THEATRE LE PUBLIC

Rue Braemt 64/70  – 1210  Bruxelles

Infos Réservations : 0800 / 944 44


Amis de l’émission/blog  » Les Feux de la Rampe  » , allez voir ce spectacle , c’est un petit chef d’oeuvre !

Notre moment de séparation :Le concert qui aura lieu  ce samedi  à 20h15 à Flagey.

Sur le plateau : ROKIA TRAORE, la chanteuse malienne , auréolée de nombreux prix , militante permanente et probablement l’une des artistes africaines les plus  médiatiques dans le monde.

Inspirée par ses racines et ses nombreux voyages en Algérie, en Arabie Saoudite, en France et en Belgique , Rokia Traoré fusionne toutes ces cultures sur scène , créant un univers unique.

(Infos/Réservations : Flagey  02/ 641 10 20)

Bonne écoute à Vous !

A tout bientôt !

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GEORGES ET GEORGES CENTRE CULTUREL AUDERGHEM)+ (extrait du film  » Eperdument »)

Une comédie conjugale d’Eric-Emmanuel Schmitt.

Une idée intéressante et amusante : reconstituer le théâtre de jadis, du temps de Georges Feydeau.

Une comédie survoltée et hilarante !

GEORGES ET GEORGES (Théâtre Rive Gauche-Paris14ème) crédit F. RAPPENEAU - 015 - HD Light.jpg

Syno  : Après quelques années de vie commune, Marianne et Georges ne se supportent plus : elle regrette le Georges amoureux et naïf qu’elle rencontra, lui désire une femme plus pimentée. Grâce aux expériences du docteur Galopin,magnétothérapeute, ils vont chacun être mis en face de leur fantasme… Et devront le cacher à l’autre ! Le cauchemar commence…

Quiproquos sur quiproquos ! Surprises ! Portes (8) qui claquent ! Nous sommes bien près de Feydeau.

D’un appartement parisien jusqu’à l’ambassade du royaume de Batavia , oui d’énormes portes claquent sous la frénésie des six personnages qui s’évitent et se poursuivent durant les 90 minutes du spectacle.

GEORGES ET GEORGES (Théâtre Rive Gauche-Paris14ème) crédit F. RAPPENEAU - 020 -  HD Light.jpg

Un bel hommage à Georges Feydeau , le roi des petites comédies légères avec portes qui claquent, femmes trompées, domestiques culottés et quiproquos à gogo.

On retrouve des traces de « La dame de chez Maxim », « Les fiancés de Loches », «  Occupe-toi d’Amélie » et d’autres encore .C’est parfaitement huilé et millimétré.

Cette histoire bien rythmée s’inspire de la vie amoureuse et artistique de Feydeau ainsi que sa descente aux enfers à ses 55 ans. Sa femme le fait monter sur scène en héros, lui qui avait d’abord rêvé d être acteur avant de devenir auteur.

C’est sa période mielleuse.

GEORGES ET GEORGES

Cette pièce raconte l’histoire improbable de Feydeau qui se réveille un matin en souffrant d’une inversion.

En fait, lorsque Georges veut rire, il se met à pleurer et vice versa.

Steve Suissa(metteur en scène) : Le théâtre d’aujourd’hui prend un autre visage. Le spectateur veut rire, être ému… sans sentir le temps passer. Mais de plus, Il veut être surpris, découvrir de nouveaux textes sans perdre les codes et avoir pour autant un sentiment de modernité. En lisant « Georges et Georges », j’ai été charmé par cette originalité, ce rythme fou ! Un délire brillant ! Un vrai challenge ! C’est avec cette équipe d’acteurs et de techniciens formidables que nous avons tout mis en oeuvre pour que cette création fasse rire et fasse vivre un moment de plaisir intense.

GEORGES ET GEORGES (Théâtre Rive Gauche-Paris14ème) crédit F. RAPPENEAU - 030 -  HD Light.jpg

Cette pièce reproduit l’atmosphère des pièces chères à Feydeau. Situations abracadabrantes…  Tous les ingrédients de la comédie de vaudeville !

L’invention la plus surprenante , c’est cette machine du docteur Galopin «  magnétothérapeute » de son état qui va fournir les moyens de réaliser les fantasmes de chacun.

Dès le départ, la pièce a tout du boulevard, mais heureusement, on en est loin. Certes, le rythme est rapide, l’histoire un peu folle, mais on rit vite en se délectant des bons mots signés Eric-Emmanuel Schmitt. Voilà du théâtre qui ne fait pas dormir ! Une vraie folie en scène !

 LES COMEDIENS a

GEORGES ET GEORGES (Théâtre Rive Gauche-Paris14ème) crédit F. RAPPENEAU - 036 (tous droits cédés) -  HD Light.jpg

Davy Sardou et Alexandre Brasseur  l’un fils de Michel Sardou, l’autre de Claude Brasseur.

Deux générations issues de deux grandes familles d’artistes à l’affiche tous les quatre dans les théâtres de Paris.

Etonnante cette dynastie d’artistes ! 

DISTRIBUTION COMPLETE

Davy Sardou : Georges et Georges

Alexandre Brasseur : le docteur Galopin

Christelle Reboul : Marianne, l’épouse de Georges

Véronique Boulanger : La Reine

Thierry Lopez : Hercule Chocotte.

Zoé Nonn : La Môme Crevette

GEORGES ET GEORGES (Théâtre Rive Gauche-Paris14ème) crédit F. RAPPENEAU - 049 - HD Light.jpg

 Mise en scène : Steve Suissa

Scénographie (décors) : Stéfanie Jarre

Lumières : Jacques Rouveyrollis

Costumes : Pascale Bordet

Musique : Maxime Richelme

Assistante à la mise en scène : Stéphanie Froeliger

GEORGES ET GEORGES/ ERIC EMMANUEL SCHMITT

Jusqu’au 20/03/16

CENTRE CULTUREL AUDERGHEM

Boulevard du Souverain 183 – 1160 Bruxelles

Infos Réservations : 02/660 03 03

 

 

Amis de l’émission/blog « Les Feux de la Rampe » , y a de la joie comme chantait Trenet.

Notre moment de séparation : Un extrait du film de Pierre Godeau ,d’une grande sensualité «  EPERDUMENT » avec Guillaume Gallienne et Adèle Exarchopoulos. Ils sont formidables tous les deux.

C’est l’histoire d’amour interdite entre un directeur de prison et une détenue.

– Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette histoire ?

Pierre Godeau : Pas le roman qui en est la base. Juste la phrase que j’avais entendue la radio : un directeur de prison qui tombe amoureux d’une détenue…

Bonne écoute et bonne vision.

A tout bientôt !

 Roger Simons