(3) PAUSE THEATRALE- TCHEKHOV (RIDEAU DE BRUXELLES)- JEAN ROCHEFORT- ETIENNE DAHO

 

Vivement dimanche s’exclame Drucker !

Vivement mardi s’exclament les feux de la rampe…

 

Anton Tchekhov débarque  au Rideau de Bruxelles avec sous le bras son texte de « Vania »

 

 Astrov : Il faut être un barbare sans conscience pour brûler dans son poêle toute cette beauté, pour détruire ce que nous ne pouvons pas créer.

Lhomme a été doué de raison et de force créatrice pour multiplier ce qui lui a été donné, mais jusqu’à présent il n’a rien créé , il a détruit. Des forêts  il y en a de moins en moins , les rivières s’assèchent , le gibier disparaît , le climat est détraqué , jour après jour, la terre devient plus pauvre et laide…

 

Un cruel jeu d’occasions manquées, de drames en sourdine , dans un monde en train de basculer…

C’est du Tchekhov quoi !

C’est « Le Rideau de Bruxelles » au Théâtre Marni.

Je vous en reparlerai au lendemain de la première représentation…


 

 

 

On  peut le voir ce 31 octobre à la télé (Arte) dans le film de Patrice Leconte «  Le mari de la coiffeuse » dont vous venez de voir un extrait sur ce blog : Jean Rochefort.

 

 

JEAN ROCHEFORT, LE JEUNE HOMME  DE PROVINCE QUI SE REFUGIAIT DANS LA FICTION !

 

La chaine TV5 lui rend hommage en programmant la fameuse émission « Un jour, un destin ! » (01/11- 21h TV5)

 

J’ai  voulu, moi aussi, lui rendre hommage en vous proposant un extrait de l’une de mes interviews avec ce « Chevalier de la Légion d’Honneur »

 

C’est un homme charmant, plutôt solitaire, cavalier seul, qui , très étrangement – à force peut-être de mélancolie et d’ennui – avait envie de se réfugier dans la fiction. Une espèce d’envie animale et abstraite parce que le quotidien et la vie réelle lui apparaissaient très lourds  à porter et qu’il n’était adapté à rien d’autre.

 

L’INTERVIEW

 

Je vous ai vu un jour à la télévision française déclarer ceci : « Pour  faire du théâtre ou du cinéma,  il faut s’investir ».

 

Jean Rochefort : Bien  sûr ! Si on ne s’investit pas, il faut s’arrêter ! Il faut continuer à croire – et c’est bien là le magnifique et le ridicule de notre métier – que c’est la chose la plus importante au monde alors que rien n’est plus frivole et en apparence inutile. C’est grotesque, lamentable et formidable à la fois. 

 

J’ai toujours suivi avec plaisir  vos interprétations au cinéma, vos  interviews  face aux journalistes de la télé. Vous êtes terriblement authentique  dans l’interprétation de vos personnages, que ce soit à la scène ou au théâtre.

 

Jean Rochefort : Cela me touche beaucoup ce que vous me dites là.

 

– C’est sincère ! Vous nous apportez l’émotion et le rire.

 

Jean Rochefort : Merci. Vous êtes gentil.  Vous savez, faire rire est un don du ciel. Cela ne s’apprend pas. Aucun  cours dramatique ne donne à un acteur le sens du comique, le trait drolatique d’un personnage.

Faire rire, c’est magnifique ! C’est une grande joie pour un acteur de savoir que son corps et sa voix sont en harmonie pour déclencher  en quelques secondes un vrai bonheur chez le spectateur.

 

 – Vous avez dit un jour ceci : «  Notre art, c’est d’aller chercher dans notre acquis tout ce qu’on est et tout ce que l’on a vécu ». Est-ce que je me trompe dans votre propos ?

 

Jean Rochefort (riant) : Non, c’est exact !  Mais dites donc, vous m’avez drôlement étudié avant de me rencontrer.  Cela me plaît ! Je ne renie pas un seul instant mon propos, bien au contraire.

 

Enregistrer, voir, déglutir, tel est le pélican. Nous, les acteurs, sommes là pour ça : regarder la vie et la restituer. C’est superbe cela !

……….

 

L’humour…

 

Jean : C’est un rempart qui m’est nécessaire comme de manger, boire . Sinon, on a peur !

 

Curieux ?

 

Jean : Encore, toujours. Heureusement. Pourvu que cela dure !

 

Angoissé ?

 

Jean : De plus en plus !      

 

Extrait de l’une de mes rencontres sympathiques avec Jean Rochefort. L’interview complet figure dans mon bouquin à paraître sous le titre bien évidemment «  Les Feux de la Rampe »

 

 

 

 

 

LE THEATRE  EST EN CONGE

LE CINEMA EST EN PLEINE PROJECTION.

 

 

J’ai quatre films à vous proposer pour vos courtes vacances.

Je vous en ai déjà parlé.

Petit rappel :

 

«  La grande Bellezza  »  pour Toni Servillo


 

« Boyhood » pour Patricia Arquette

 

 


 

« Samba » pour Charlotte Gainsbourg


 

« Gemma Bovery » pour Fabrice Luchini


 

 

Amis du blog,  merci pour votre assiduité et votre attention.

Rendez-vous demain, premier jour de novembre .

Notre moment de séparation : On ne l’avait plus vu depuis longtemps.

Il nous revient ce soir , 31 octobre, au Forum de Liège : ETIENNE DAHO  , baptisé  » parrain de la pop française »

Bon spectacle si vous habitez Liège.

Bonne écoute!

Bonne vision des quatre films.

A tout bientôt.

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(2)PAUSE THEATRALE : ESPIRITU 1 & PALIMPSESTE ( LES BRIGITTINES)

 

Une  magnifique  soirée composée  de deux oeuvres chorégraphiées.

 « Espiritu I »  un tableau en mouvement constant.

A l’instar des cellules, des êtres du minéral comme du végétal dans la vie, tout se transforme , tout est transformé , nous sommes en recyclage permanent. En construction et destruction  simultanées. C’est le travail des secondes. Celui du Temps ! Un concept de Marielle Morales.

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En deuxième partie, création en Belgique de « PALIMPSESTE »   de et avec Michèle Noiret.

Une chorégraphie superbe. On connaît le talent merveilleux de cette danseuse !

 

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« Palimpseste » est né de l’idée que la création d’une œuvre peut  s’inscrire dans la relecture d’une pièce ancienne et s’inventer à partir d’un travail déjà accompli.

« Solo Stockhausen » rend  hommage à l’influence qu’à eue sur l’écriture  chorégraphique de Michèle Noiret l’œuvre du compositeur allemand Karlheinz Stockhausen (musique électroacoustique) , rencontré très tôt dans sa carrière.

Naîtra plus tard le film «  Solo » adapté  du spectacle et réalisé par le cinéaste Thierry Knauff en 2004.

 


Michèle Noiret : Je me suis inspirée cette fois du film pour revenir à la scène , j’ai voulu créer ainsi une sorte de palimpseste (transtextualité) , où les traces du spectacle et du film seraient réinventées dans une nouvelle version.

Un exemple vibrant d’une démarche artistique où les relations entre la danse et le cinéma sont sources d’inspiration constante ; elles résonnent et se fondent dans une écriture scénique originale.

Un magnifique travail de Michèle Noiret : l’écriture, le concept et l’interprétation.

Un spectacle très largement applaudi par un public  des plus nombreux.

Ces deux oeuvres se joueront encore ce mercredi soir.

A propos  de  » Palimpseste »

 

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« En entrant en scène, Michèle Noiret, de noir vêtue, semble être retombée en enfance.

Empruntant u mime et parfois, dirait-on,  au kabuki, elle nous a livré avec simplicité et humour une magnifique prestation.

Tantôt séductrice, tantôt appliquée, elle a réussi à captiver la salle avec des gestes d’une précision gracile.

Si le propos nous échappe parfois, l’art de Noiret est de convaincre et toucher sans autre besoin de clés. »

(Pierre)

 
 

Le régisseur s’empare du brigadier et frappe les trois coups…Rideau !

Non, cela ne se pratique plus au théâtre, si ce n’est rarement, pour le plaisir ! Fi des traditions.

Que se lève le rideau rouge…

Non, il n’y a plus beaucoup de rideaux rouges dans les théâtres. Si au Parc, à la Comédie Claude Volter, aux Galeries… et d’autres occasionnellement !

 

MARDI – QUATRE NOVEMBRE !  CA DECOLLE

 

 

Vingt ans, ça se fête !

Vingt ans de succès ! Vingt ans de joie et de travail, ça se fête aussi !

 Et pour commencer le mois de novembre, le couple du Théâtre Le Public ,  mari-femme , co-directeurs, metteurs en scène , comédiens  s’en viennent jouer sur les planches de la grande salle du Théâtre , un vaudeville de Bernard Cogniaux, écrit pour la circonstance  : FINEMENT JOUE !

 Le couple dont il est question et fêté tout bientôt : Patricia Ide et Michel Kacenelenbogen.

 

Eux deux : Mesdames et Messieurs , on a une envie folle de tout mettre à l’envers, sens dessus-dessous , et de s’en réjouir !

 

 Vingt ans déjà avec ce  théâtre…aux trois salles…C’est quasiment unique !

 Vingt ans de succès répétés !

 « Finement joué », j’en suis convaincu ! Y a de la joie !

 Je vous en reparlerai tout bientôt.

 A la même date, le 04 novembre , réouverture du Théâtre National avec « Cabaret du bout du monde » d’Axel De Booseré & Maggy Jacot et une musique  de Marc Hérouet.

 

A la même date au Théâtre de la place des Martyrs , un spectacle tout différent : «  Les Mains sales »  de Jean-Paul Sartre.

 

Et toujours à la même date, le Rideau de Bruxelles affichera une œuvre de Tchekhov « VANIA »

 

 Eh ben dites – donc, on ne s’ennuie pas à Bruxelles. Ca tourne serré !

 

DU COTE DU CINE…D’HIER

 

A  21h ce soir ,  à la Cinémathèque , le grand Hitchcock avec son film « Topaz » réalisé en 1969 , avec Frederick Stafford et trois comédiens français :  Dany Robin , Michel Piccoli et Philippe Noiret.

 

 Syno : La défection d’un haut fonctionnaire soviétique va permettre de démasquer le traître qui, au sein  des services secrets français, travaille pour l’URSS.

 

Un thriller d’espionnage qui vaut par ses remarquables scènes cubaines et ses acteurs français…et Alfred !!!

 

 

 DU COTE DU CINE… D’AUJOURD’HUI

 

 «  Tokyo fiancée »  un film belge réalisé par Stefan  Liberski, ,d’après le roman d’Amélie Nothomb, avec Pauline Etienne et Taichi Inoue.

 Syno : La tête pleine de rêves, Amélie 20 ans, revient dans le Japon de son enfance. Pour gagner sa vie, elle propose des cours particuliers de français et elle fait la connaissance de Rinri, son premier et unique élève, un jeune japonais avec lequel elle va lier une relation intime..

Faisons confiance à Amélie !

 

 

Amis du blog , je vais devoir vous abandonner pour quelques heures.

Merci pour votre attention et votre fidélité.

Notre moment de séparation : un musicien et pas n’importe lequel : Ibrahim Maalouf, ce grand trompettiste libanais, l’illusionniste , en représentation demain jeudi à Bozar.

 

 Ibrahim : Le showbiz, c’est de l’illusion, C’est faire rêver les gens. Mais le faut-il vraiment ? Pourquoi ne pas être transparent ?

 (réaction  du musicien publiée dans Le Mad)

 

 On se l’écoute !

 A tout bientôt.

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

PAUSE THEATRALE / LES FEUX DE LA RAMPE ( 28/10/14)

Le rideau est tombé dans la plupart des théâtres bruxellois, à l’exception  de quelques-uns tel le Théâtre Royal des Galeries où Dorian Gray,  ce bellâtre vit sa vie tumultueuse  et dont le tableau  où on le voit magnifiquement  jeune  le mènera à sa mort.

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Tel ce jeune « street artiste » plein intégralement de blanc, un corps qui  vient d’évoluer sur le plateau nu de la Balsamine,  dont  la silhouette du corps en vue zénithale  devient un outil calligraphique mobile et complexe, un corps dynamique qui exécute une véritable chorégraphie, un corps et une technique qui continueront leurs expériences le premier novembre prochain au Flagey ,  retenez son nom  Vincent…

 

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 Tel cet homme de terre qui nous conte ses entretiens avec les agriculteurs et ce qu’est devenue sa vie au contact de ces gens-là. Il se prénomme Pierre et il est extrêmement sympathique. Vous le trouverez facilement au Café Théâtre La Samaritaine  jusqu’à samedi prochain…

 

 

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Tels ces quatre personnages aux identités floues et interchangeables, à la recherche d’eux-mêmes, qui nous font vivre une soirée jubilatoire. Ils ont noms : Eva, Robert, Judith et Sébastian.

 

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Je ne vous en dis pas davantage. Découvrez tout ce monde  en cliquant dans la colonne de droite et  en indiquant le titre de leurs spectacles : «  Le portrait de Dorian Gray » , « Human Brush » , « L’homme de terre », «  Perplexe »…

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 Telles  aussi ces danseuses,  Marielle et Michèle, qui vous attendent au lieu dit « Les Brigittines » pour s’exécuter dans des tableaux  chorégraphiés, en mouvements constants. Je vous en dirai davantage demain, après avoir vu leurs spectacles.

 

DRACULA  vous attend pour vous confier des moments de sa vie horrible. Pour se faire, il s’est déguisé en marionnette .

Renseignez-vous en ville…Il est basé  au Théâtre Royal de Toone. Vous connaissez bien sûr !

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INFO

 

 

J’ai appris dernièrement que deux grandes stars dans le domaine de la chanson , deux artistes belges, avaient décidés de vivre en communauté. Je vous dirai où ils cohabitent après les avoir écouté.

 

 

 

 

 

Hé oui, il s’agit bien de Stromae et Line Renaud. Curieux couple , me direz-vous. Un couple pour l’éternité. Deux stars des plus sympathiques, logées  au Musée Grévin de Paris.

 

J’ai appelé leur manager respectif.  Ils sont toujours bien vivants tous les deux.

 

 

ET CONTINUE LE SPECTACLE

 

Une autre grande star , devenue mondiale nous accordera deux jours de sa vie. Il est français, mais il a adopté la nationalité belge. Vous voyez ce que je veux dire…

Il  sera en représentation au Flagey les 29 et 30 novembre.

D’ici quelques jours , je vous  communiquerai toutes informations possibles au sujet de ces spectacles inattendus

En attendant, il apparaît sur votre ordi. D’abord chanteur, ensuite comédien…Et quel comédien !

 


 

 

Amis du blog, j’espère que vous venez de passer un agréable moment en compagnie de tous  ces artistes.

Merci de votre attention et de votre fidélité.

On se retrouve demain comme toujours d’ailleurs.

Notre moment de séparation : un extrait d’un film  réalisé en 1933 , la première version, la meilleure du reste : King Kong !

Un superbe film fantastique réalisé par Merian C.Cooper et Ernest B.Schoedsack.

KING  KONG, un monstre gigantesque !

Un gorille humanoïde géant !

 

Un film  programmé par notre Cinémathèque ce mardi soir. J’adore ce film, plus encore la deuxième version où l’on voyait cette comédienne américaine qui me fascinait : Jessica Lange.

 

A tout bientôt.

 

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HUMAN BRUSH (THEATRE DE LA BALSAMINE) + CALOGERO+ » Blue Velvet » & »L’Attentat » ( flms)

 

HUMAN BRUSH

 

Dernier spectacle des plus intéressants du festival «  Nos petites madeleines ».

Une performance de danse avec dessin et musique improvisée dans l’Amphithéâtre de la Balsamine.

 

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Depuis 2008, le « street » artiste Vincent Glowinski travaille avec l’artiste des médias , Jean-François Roversi , à une transposition performative de ses fresques  de rue.

Dans «  HUMAN  BRUSH » , l’empreinte du corps de Vincent Glowinski induit les formes représentées.

Il évolue sur une grande surface sombre, dans la pénombre totale.

Il est intégralement peint de blanc et faiblement éclairé par des « lumières noires »

Filmés du dessus de l’Amphithéâtre , ses déplacements et les nombreuses figures qu’il exécute au sol , véritable ballet, sont capturés par une caméra et traités en temps réel par un logiciel afin de les fixer sur un écran de projection.

En direct, des formes apparaissent peu à peu. C’est l’image de sa trace au sol, accumulée au cours du temps.

La silhouette du corps en vue zénithale devient  un outil calligraphique mobile et complexe.

Le dispositif est comparable à une surface sensible photographique dont on assisterait au développement instantané, au fur et à mesure de son exposition à la lumière.

C’est une expérience tout à fait passionnante de visualisation de l’image latente photographique au cours de sa formation.

 

UNE SCIENCE D’UNE GRANDE MODERNITE…

Une marche droite et saccadée dessine une colonne vertébrale, un déplacement en spirale laisse apparaître le motif d’un fossile d’ammonite, les mouvements rapides déposent une trace vaporeuse qui se renforce par passes successives.

 Parfois le dessin à réaliser agit comme un véritable chorégraphe et imprime son rythme au corps, séquence le mouvement, le ponctue. D’autres fois,  un mouvement libre et sans intention figurative engendre toute une population de structures visuelles , des plus étrangement familières aux plus abstraites.

 

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La trace, vestige fugace du temps de la danse et de sa dynamique , se perpétue et étire l’instantané.

Ainsi sont explorés des univers graphiques variés dont les composantes évoquent tour à tour l’imagerie scientifique , des figures mythologiques , des motifs aux confins des échelles de grandeurs, de l’infiniment petit vers les grands espaces insondables du cosmos…une génération d’images mentales fortes.

Genèse cosmique, émergence et évolution du vivant , mécanismes cellulaires et de morphologies animales obsédantes d’araignée , de serpent , de méduse ou fossile d’ammonite , ou encore des forêts originelles et autres fleurs.

Un travail tout à fait extraordinaire !

Une superbe découverte d’un travail scientifique doté d’une  poésie  exaltante, enrichissante.

Une poésie autour des thèmes de naissance, de mort et de cycle.

Une formidable invitation au rêve pendant une quarantaine de minutes.

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La grande salle de l’Amphithéâtre était comble  soir.

Un public de toute génération venu pour découvrir ce que l’on ne voit jamais  au théâtre. Une population principalement jeune , enthousiaste , comme ce jeune enfant  , tout à côté de moi, qui suivait tous les mouvements réalisés sur la grande toile du fond avec une attention soutenue , un petit garçon qui a chaudement applaudi le danseur et l’équipe de cette superbe réalisation.

 

 

 

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Dessin et danse : Vincent Glowinski

Video : Jean-François Roversi

Musique électronique : Tzii

Ce spectacle pas comme les autres va partir en tournée : le 10 décembre à 20h   – Maison des Cultures – Bruxelles. Et ensuite dans plusieurs régions e notru pays.

A suivre avec intérêt  !

 

 On peut se poser la question suivante : «  Pourquoi HUMAN BRUSH » à la Balsa ?

Parce que dans cette seule proposition  l’artiste concentre toutes les pratiques qui fondent le théâtre contemporain…

 Parce que nom d’un petit Bonom , on est curieux de découvrir ces étranges araignées , ce singe boiteux , enfin tout ce bestiaire merveilleux qu’il transporte depuis toujours avec lui…

Et puis aussi , parce que ce Théâtre Balsamine de l’Avenue Félix Marchal à Schaerbeek/Bruxelles fonctionne toujours, et avec efficacité, pour la découverte  de  spectacles de conceptions  nouvelles. Et ce festival qui vient de se terminer  le confirme bien.

 Bravo à tous  et plus particulièrement aujourd’hui à Vincent Glowinski , l’artiste qui a multiplié les œuvres murales dans la ville ainsi que l’entrecroisement agité d’arbres et de plantes dans l’enceinte du bâtiment du Botanique…

 Bravo à Jean-François Roversi, photographe et technicien de formation, qui travaille depuis 10 ans en tant que directeur technique d’un laboratoire professionnel à Paris et enseignant en traitement d’image et colorimétrie sans compter toutes ses autres activités dans le domaine du traitement video en temps réel , des capteurs et actionneurs électroniques  , ses intérêts pour la chimie , les feux d’artifice  , la création 3D et…et..encore beaucoup d’autres passions


 

 J’aime le théâtre littéraire.

 J’aime le théâtre comique.

 J’aime les grands auteurs.

 Mais j’aime aussi  découvrir le monde d’un théâtre nouveau dans ses recherches, l’élaboration d’un futur , le théâtre quelque peu scientifique qui est sans doute celui dans un avenir proche.

Quel enrichissement !  Quelle passion ! Quelle énergie ! Ce qui ne m’empêche pas d’aimer Shakespeare, Molière , Giraudoux, Feydeau, Guitry, Camus, Cocteau, Brecht  et combien d’autres !

 

DU COTE CINE…D’HIER

Ce lundi : deux superbes films à la Cinémathèque   de Belgique.

 Le film  de David Lynch «  BLUE VELVET »(1986)

 

Syno : Irrésistiblement attiré par l’interdit , un adolescent vivant dans une petite ville américaine , devient l’amant d’une chanteuse de cabaret persécutée par un chef de bande pervers. »

Un film curieux où l’on voit ce jeune homme découvrir une oreille humaine dans un champ , une oreille en décomposition recouverte d’insectes.

 Une histoire macabre avec un certain mystère . Jeffrey , c’est son nom,  va plonger dans un milieu étrange et sordide où évoluent entre autres une chanteuse de cabaret  des plus accrocheuses, Dorothy Vallens.

Ces deux personnages sont interprétés par la troublante Isabella Rossellini et Kyle MacLachlan.

Un film aux multiples récompenses.

 

 

Un film français dont on a beaucoup parlé lors de sa sortie en 1972 :   « L’ATTENTAT »  réalisé par Yves Boisset.

 

Syno : Un leader progressiste , membre de l’opposition dans un pays du  Maghreb , est forcé de trouver refuge en Suisse quand plusieurs pays envoient des agents secrets  pour l’éliminer.

Un triller politique inspiré par l’enlèvement de l’opposant marocain Ben Barka à Pris , via doubles jeux, barbouzes et CIA.

Une fabuleuse distribution : Jean-Louis Trintignant,  Michel Piccoli, Gian Maria Volonté, Michel Bouquet , Roy Scheider et Jean Seberg

 


 

 Quel plaisir de revoir de grands films , magnifiquement entretenus par notre Cinémathèque que je remercie chaleureusement.

 

Amis du blog, merci pour votre attention et votre fidélité.

On se retrouve bientôt avec d’autres pièces , d’autres films , d’autres chanteurs.

Notre moment de séparation : j’ai vu hier soir sur France 2  une excellente émission proposée par Michel Drucker, consacrée  au magnifique chanteur : Calogero.

J’ai pensé que cela vous ferait plaisir de l’écouter un court  instant. Le voici…Je vous laisse en sa compagnie.

 A tout bientôt…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ALICE ( ATELIER 210 ) + MICHEL GALABRU

 

Une plongée dans les sombres abysses du Pays des Merveilles…

 

Merveille ? Merveille ?  Horreur ! Affreux !

 

Je plaisante : Formidable ! Etonnant !

 

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A partir de l’œuvre célèbre de Lewis Carroll, romancier, essayiste, photographe et mathématicien britannique du 19ème siècle, l’auteur  glorifié de «  Alice au pays des merveilles ».

 

Walt Disney a réalisé un dessin animé  sur  cette petite fille prénommée Alice.

 

 

 

Lewis Carroll a laissé à qui souhaite la découvrir une œuvre majeure, aux degrés de lectures inépuisables.

 

Au cœur de la terre, univers de tous les possibles, Alice part à la rencontre d’elle même, évoluant au gré de transformations avec des personnages aussi exacerbés que fantasques.

 

 

 

 

 

Atrocement vôtre !

 

Dans cette version de Ahmed Ayed , le producteur-réalisateur du spectacle , tous les ingrédients du conte sont là , mis disséqués, tordus , noircis par la boue d’un Pays des Merveilles obscur.

 

Obscur, c’est peu dire !

 

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 Je laisse la parole à Ahmed, jeune réalisateur en sortie de l’IAD.

 

Ahmed : Alice n’est plus une petite fille. Sans passé ni futur, elle porte en elle tous les âges , elle transcende la réalité et la brise en mille morceaux. Réduit à sa quintessence, le texte laisse place aux corps en mouvement et aux masques.

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C’est à travers les images et les sensations que cette Alice fait surgir l’aliénation, la course contre le temps , la folie , la peur..

 

Un hommage personnel  esthétiquement très prenant.

 


 

 

 

Ahmet (metteur en scène) : Œuvre incontournable,  le récit d’Alice s’est immortalisé dans l’imaginaire collectif grâce au film d’animation de Disney en 1951. Un film qui a marqué plusieurs générations et s’est imposé comme la meilleure référence à l’œuvre originale.

 

Cela dit, est-ce que nous connaissons l’œuvre aussi bien que nous le pensons ?  En cherchant bien, je me suis aperçu que l’œuvre reste très obscure et méconnue pour la plupart. Tout le monde a une vague idée de l’histoire d’Alice dans ses grandes lignes , et en garde des fragments d’images , comme quand on se souvient d’un rêve lointain.

 

C’est sur ce rapport intéressant entre l’oeuvre et le public que s’est formulée ma volonté de proposer une nouvelle lecture d’Alice . Une lecture qui rend pleinement à l’oeuvre sa dimension philosophique et universelle , loin de la lecture unique que nous en avons ou que nous croyons en avoir, sans avoir peur de ce que cette lecture va révéler de cruauté et de violence.

 


 

 

Amusant ce Johnny Deep ! Et retrouvons Alice…

 

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Dans l’adaptation géniale  d’Ahmed Ayed, Alice n’est plus la petite bourgeoise de dix ans. Tout ce qu’on sait d’elle, c’est sa féminité .

 

Ahmet : Et encore, elle arrive même à en douter. On ne connaît ni son passé, ni son futur. En s’éloignant du contexte victorien , Alice devient un personnage universel. Un symbole ! Elle incarne le changement incessant et le passage. Elle porte en elle tous les âges et elle s’interroge sans cesse sur qui elle est ou ce qu’elle est.

 

Nous vivons à travers ses yeux les questionnements humains fondamentaux sur l’être, au sens philosophique du terme , sa complicité et son indétermination.

 

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Passionnant le propos  d’Ahmed Ayed , mais je ne suis pas convaincu que le public , et j’en fais partie, saisisse au passage toutes ces intentions.

 

On regarde la petite reine Alice qui chèche à comprendre où elle se trouve dans cette espèce de caverne complètement désaffectée. Un vrai capharnaüm que l’on soupçonne car tout se passe dans la pénombre.

 

Les personnages apparaissent de ci de là, sortent d’une trappe  ou d’une boîte. Ils sont effrayants , agressifs , dotés chacun d’une voix étrange qui à la fois fait peur et fait rire !

 

C’est extraordinaire le travail de recherche d’Ahmed.

 

Il donne à faire  à ses cinq comédiens des gestuelles  acrobatiques incroyables, qui plus est dans l’obscurité.

 

C’est plein de trouvailles ! C’est vraiment loin de Walt Disney.

 

On est accroché à cette histoire avec ces personnages qui sortent d’endroits mystérieux, qui crient , qui emploient des mots  incompréhensibles.

 

Le décor sonore et musical est tout à fait remarquable avec un mélange de sons et de notes sur ordinateur ou jouées en live. C’est apocalyptique ! C’est  renversant ! Et l’on s’amuse !

 

Les cinq comédiens , en sortie,  eux aussi, de l’IAD, accomplissent avec passion et fureur leur premier travail  loin de la comédie ! Ils sont tout simplement formidables !

 

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Une mise en scène surprenante à laquelle ont participé beaucoup de gens du métier, amis d’Ahmet Ayed.

 

Le spectacle se joue encore ce soir et demain samedi.

 

C’est bourré bourré, mais essayez tout de même de vous y rendre. Tout cette équipe brillante de comédiens et de techniciens sera  les 27 et 28/10 au Studio  du Palais des Beaux-Arts de Charleroi , et  le 06 novembre à la Mison de la Culture d’Ath.

 

ALICE / LEWIS CARROLL/ AHMED AYED

 

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ALICE  d’après l’œuvre de Lewis Carrol

 

Assistanat à la mise en scène : Anna Galy

 

Scénographie  et création des costumes : Ronald Beurms , Anna Galy, Ahmed Ayed , Anais Grandamy(stagiaire) , Iris Cristidi.

 

Création musicale : Julien Lemonnier

 

Création et régie lumière : Christophe Van Hove

 

Production  Collectif illicium

 

Co prodution : Atelier 210

 

Photos : Gérard Bissot & Anna Galy

 

 

 

AVEC

 

 Alicia Ferochisse , Jean-François Maun , Mathilde Mosseray, Baptiste Moulart , Camille Sansterre , Gaël Soudron.

 

Bravo  les acteurs !

 

Adaptation et mise en scène : Ahmed Ayed

 

Bravo Ahmed.

 

ATELIER 210

 

Chaussée Saint-Pierre 210  –  1040  Bruxelles

 

Infos Réservations : 02 / 732 25 90

 

Bon plaisir !

 

Amis du blog «  les feux de la rampe » , merci sincèrement pour votre attention à mes «  émissions/blog «  et votre fidélité.

 

On se retrouve à tout bientôt  comme d’habitude.

 

Notre moment de séparation : Un grand comédien qui a tourné plus de 250 films – faut le faire non ?  – et qui a fêté , il y  deux ans , le 27 octobre 2012, ses 90 ans. Toujours en scène et devant les caméras avec s bonne bouille : MICHEL GALABRU .

 

A 23h sur la Une de la RTBF : «  Michel Galabru , l’inclassable »! Faut pas le rater !

 

Allez ,  je vous propose un petit extrait  de l’émission de Michel Drucker lorsqu’il a reçu Michel Galabru à l’occasion  d’une nouvelle sortie  d’une oeuvre de Marcel Pagnol :   «  La femme du boulanger »

 

A tout bientôt.

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY ( THEATRE ROYAL DES GALERIES)

 


 

 

Une fabuleuse idée que de  s’engager dans l’adaptation du roman d’Oscar Wilde.

 

Il est toujours difficile de  faire vivre un texte  comme celui-ci. Fabrice Gardin et Patrice Mincke y sont magnifiquement parvenus.

 

« Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer ». (Oscar Wilde)

 

Dorian : Quelle tristesse ! Je vais devenir vieux, horrible , alors que mon portrait restera jeune à jamais. Si seulement cela pouvait être le contraire, que je sois jeune pour toujours et que le tableau vieillisse. Je donnerais tout pour cela. Je donnerais jusqu’à mon âme.

 

 

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Résumé : Dorian Gray  jeune dandy séducteur et mondain, fait ce voeu insensé devant le portrait peint par son ami  Basil Hallward : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le  visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés.

 

Mesurant mal les conséquences  de ce pacte, Dorian Gray célèbre les joies du temps présent. Libéré  de tout obstacle, il goûte les plaisirs faciles.  Très rapidement, il est gagné par la débauche et la dépravation. Incapable d’éprouver le moindre remords, il prône la jouissance et le cynisme.

 

Si les années passent, le visage éblouissant de Dorian Gray ne subit aucune altération. C’est son portrait, où se peint son âme noire , qui accumule les stigmates de sa perversion.

 

 

 

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY !

 

 

Le portrait de Dorian Gray - ©Fabrice Gardin 089 [1600x1200].JPG

 

 

Le chef d’œuvre d’Oscar Wilde  expose un désir universel, partagé par une grande partie de l’humanité, celui de la jeunesse infinie et de la beauté éternelle.

 

Patrice Mincke (l’un des deux adaptateurs) : Il y a pour moi deux Wilde : le premier est un personnage impertinent , incisif, imbu de lui-même et  brillant que l’on connaît plus pour son propre personnage que pour ses œuvres. C’est le roi des aphorismes et du dandysme ; son esprit force l’admiration et sa prétention force l’antipathie.

 

Derrière celui-là se cache un autre Wilde, peut-être prisonnier du premier. C’est celui qui donne à toutes ses pièces un dénouement « moral » , qui aime les personnages qu’il crée , qui se livre au travers de ses écrits , qui souffre de ne pouvoir vivre librement son homosexualité , qui est tiraillé entre ses enfants qu’il aime et sa vie cachée.

 

J’avoue que le premier m’agaçait, et je ne connaissais que peu le deuxième.

 

En travaillant avec Fabrice sur  ce roman, j’ai couvert de plus en plus le deuxième, et j’ai été touché par ses angoisses, ses paradoxes et sa vulnérabilité.

 

Wilde dit à propos de son roman : « Basil est l’homme que je crois être, Lord Henry celui que le monde m’imagine être , et Dorian celui que j’aimerais être en d’autres temps.

 

On peut dire qu’il s’est complètement dévoilé dans ce   « Portrait de Dorian Gray ». D’ailleurs, il fait dire à Basil :   « Tout portrait peint avec sincérité est le portrait de l’artiste et non du modèle » . C’est sans doute  ce qui  nous la rendu passionnant et attachant.

 

RESPIRATION MUSICALE

 

 

 

 

 

Un travail d’adaptation audacieux reprenant l’essentiel du roman de Wilde. Une extraordinaire épuration du texte écrit pour en faire un dialogue vivant, en évitant l’ennui,  le pathos trop littéraire,  en cernant de très près les personnages  complexes du roman. En  établissant  une unité théâtrale avec un texte parlant, direct.

 

Cette pièce est un drame touchant de près au polar.

 

Il y a crime dans cette histoire !

 

 

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LA SCENOGRAPHIE AU PREMIER PLAN !

 

Patrice Mincke : Nous avons travaillé  avec Thibaut de Coster et Charly Kleinermann sur une scénographie qui mette en exergue la manipulation de l’équipe sur le personnage de Dorian. En fait, il y a trois statuts de personnages : le sujet principal, Dorian, qui n’a aucun recul sur son histoire et y joue sa vie et son âme ; le réalisateur – expérimentateur , Lord Henry , qui tire les ficelles mais peut se faire prendre à son propre jeu, et  les acteurs qui les entourent , qui jouent les personnages nécessaires à l’expérience.

 

Ces trois statuts se retrouvent dans la manière d’utiliser le décor, d’être capable d’en sortir , de pouvoir ou non rendre du recul sur les évènements.

 

Le code que nous avons imaginé nous permet de nous affranchir du réalisme, ce qui nous permet de voyager d’un lieu ou d’une période à l’autre , de représenter avec huit comédiens autant de personnages que nous le souhaitons !

 

 

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J’ai vu le spectacle hier soir, et je confirme à 100% le propos de Patrice Mincke.

 

Une  véritable réussite !

 

Une utilisation du plateau exceptionnelle. Un plateau complètement ouvert qui nous fait voir d’ailleurs  l’espace immense  de la scène, avec un retrait total de ce que l’on appelle   les coulisses. Tout est voyant ! Les  éléments de décors voyagent sans cesse sur le plateau, s’éloignent , reviennent , gagnent les cintres. Tout  apparaît et disparaît en quelques secondes. On passe du salon victorien aux bas-fonds de Londres.

 

Les lumières jouent aussi un rôle prépondérant. On est plongé du reste , durant tout le spectacle dans une semi clarté qui crée une ambiance toute particulière, sans oublier tous ces nuages  translucides qui  voyagent d’un coin à l’autre du plateau, gagnant même légèrement la salle.

 

Aucune convention, aucune tradition dans cette scénographie !Excellente ! Sans faille !

 

Nous sommes bien dans le Londres  du 19 ème siècle.

 

 

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Et ces visions des lieux et  des personnages touchent de près au cinéma. Deux heures  de spectacle , interrompu par l’entracte traditionnel, dommage !

 

MAGNIFIQUE INTERPRETATION

 

Benoît Verhaert (l’un de nos plus brillants comédiens belges, d’un style très personnel) joue Lord Henry avec sobriété, impeccable dans ce personnage .

 

Damien De Dobbeleer (jeune comédien que nous avons vus  dans « Le mariage de Mlle Beulemans ») est d’uneCurieux ! présence    fieffée. Il ne joue pas Dorian, il est  Dorian.

 

Frédéric Clou joue le troisième personnage important de la pièce : Sir Basil Hallward, c’est lui qui réalise la fameuse peinture de Dorian.  Curieux !

 

Nicolas Ossowski : James, le directeur.

 

Marc  De Roy (pensionnaire des Galeries et d’ailleurs)  interprète – avec le talent que nous lui connaissons-  de passer facilement d’un personnage à un autre – ici :  Alan Campbell et Lord Fermor.

 

Léone François Janssens : la ravissante Sibyl ,  comédienne amoureuse de Dorian

 

Bernadette Mouzon :  plusieurs rôles dont  Lady Henry, épouse de Lord Hecnry ?

 

Myriem Akheddiou : Lady Kelly

 

Pas évidement de bien définir ces différents rôles, moins importants chez les actrices  par rapport aux acteurs.

 

Tous ces personnages bien écrits,  bien croqués.

 

 

 

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LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY /OSCAR WILDE

 

Mis en scène par Patrice Mincke.

 

Une superbe réussite.

 

Sandrine Bonjean : Assistante

 

Décors et costumes : Charly Kleinermann et Thibaut De Coster

 

Décor sonore : Laurent Beumier

 

Coordinateur technique et conception lumières : Félicien Van Kriekinge

 

Vidéo : Allan Beurms

 

Régie : Corentin Van Kriekinge , Vigen Oganov, Vincent Lamer

 

Construction des décors : Stéphane Devolder , Philippe Van Nerom, Mikail Caliskan

 

Couturière : Sarah Duvert

 

Habilleuse : Eleonore Peltier

 

ADAPTATION : FABRICE GARDIN  & PATRICE MINCKE

 

 

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Une toute nouvelle adaptation du roman, bien plus vivante que les  précédentes sur différents plans : l’écriture,  les dialogues, l’interprétation , rien à voir avec la version de 1977 au Théâtre Daunou de Paris.

 

A cette époque, le personnage de Lord  Henry était interprété magistralement par Raymond Gérome qui fut l’un des grands  comédiens du Rideau de Bruxelles.

 

LE PORTRAIT  DE  DORIAN GRAY/ THEATRE ROYAL DES GALERIES

 

Jusqu’au 16/11/2014

 

Galerie du Roi   32 – 1000  Bruxelles

 

Infos Réservations : 02 / 512 04 07

 

«  J’ai mis tout mon génie ans ma vie e mon talent dans mon œuvre » (Oscar Wilde)

 

Et s’écoule le temps…à partir du 03/12, le spectacle que l’on attend toujours avec impatience : « La Revue » écrite par David Michels et Bernard Lefranc.

 

Mais en ce moment : « Le Portrait de Dorian Gray », une tragédie, comme l’a écrit l’auteur Oscar Wilde  lui-même , tout  y est : la fatalité, la peur, la honte, la mort.

 

«  L’âme est vieille à  la naissance mais rajeunit. C’est la comédie de la vie. Le corps est jeune à la naissance et vieillit. C’est la tragédie de la vie » (Oscar Wilde)

 

CONSEIL DE DERNIERE MINUTE

 

Lorsque vous vous rendrez au Théâtre pour y voir cette pièce,  procurez-vous le programme, il est très intéressant et permet de mieux découvrir Wilde et le spectacle.

 

J’ai une très forte envie de me replonger dans ce roman de Wilde.

 

Mais je ne résiste pas  au plaisir de vous projeter un extrait du film tourné en 1945.

 


 

 

Amis de  l’émission/blog «  les feux de la rampe », merci pour votre attention et votre fidélité. Je vous retrouve demain.

 

Notre moment de séparation : A 22h45 sur LA DEUX/ RTBF,  un documentaire «  Dans mon cinéma » où l’on retrouve un acteur que l’on ne voit plus  guère sur grand écran : Christophe Lambert.

 

Un petit extrait de «  Greystoke »  où il jouait le personnage de Tarzan. A tout bientôt !

 

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MISSION/DAVID VAN REYBROUCK (WOLUBILIS) + QUENTIN DUJARDIN

 

Une soirée d’exception au Wolubilis avec ce brillant personnage, Bruno Vanden Broecke qui fait un véritable carton avec  sa conférence sur «  Congo », le texte superbe de David Van Reybrouck. Un grand moment de théâtre.

 

Ce spectacle est incontestablement intéressant,  non seulement pour le texte, mais aussi pour la mise en scène de Raven Ruëll et plus encore pour l’interprétation magistrale du grand acteur  flamand : Bruno Vanden Broecke.

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«  Si le théâtre, c’est avant tout un texte, un acteur et un public,  alors MISSION est du grand théâtre » (La Libre Belgique)

« Van Reybrouck enchaîne avec maestria les moments humoristiques, furieux, choquants et désespérés…et nous laisse sur le carreau… »(NRC Handelsblad)

 

 Je devais voir le spectacle hier soir au Wolubilis , un problème de voiture m’en a empêché, hélas.

 

J’avais vu cette pièce rarissime en 2012 au Théâtre National et j’en avais gardé un souvenir formidable.

Ci-après , le texte que j’avais publié à l’époque ainsi que les impressions de Mijanou Loosen.

 

 

 

2012 MISSION

 

Si  nous devions arriver au théâtre sans vraiment en connaître le sujet ni l’acteur,  nous pourrions imaginer que l’homme d’une soixantaine d’années  qui nous parle, nous raconte  des moments de sa vie  de missionnaire au Congo.

Il entre en scène, boitant légèrement,  regarde l’assistance avec un certain sourire et étonnement,  gagne la petite table de conférencier,  met ses larges lunettes au bout du nez,  dispose ses petits papiers  et, après un long silence, commence à parler de sa vie de Père blanc.

Il est drôle et émouvant, déchirant de vérité…Energique et crispé  lorsqu’il  évoque son obstination et son chagrin à la source de  l’engagement qui le fit s’installer à l’Est du Congo.

Tout paraît vrai, évident ! Il est tout simplement génial  Bruno Vanden Broecke.

Il avait déjà  joué – je dirais plutôt « vécu » –  cette pièce lors de représentations  en langue néerlandaise, puis en langue française.

 

L’auteur, David Van  Reybrouck, a écrit cette pièce  avec de nombreux fragments de témoignages recueillis au Congo, à 80%, retranscrits pour la scène mot à mot.

Son spectacle nous plonge dans une réflexion concernant la colonisation  et le sens même de « l’humanité » !

Une « conférence » inventée à partir de propos réels, devenue un monologue théâtral.


 

 

Mijanou Loosen,  nous confie dans l’immédiat ses impressions.

 

Mijanou : Exceptionnel ! A tout point de vue !

Le texte de David Van Reybrouck : son contenu, sa construction, son humour, sa profondeur, le choix des anecdotes, les récits sobres des réalités des « guerres » congolaises, … rien n’est banal, rien n’est stéréotypé, il n’y a aucun temps mort, pas une phrase n’est superflue.

Les chrétiens s’y reconnaitront, les laïques y trouveront de l’intérêt.

On dépasse très largement le sujet, à proprement parlé, « religieux ». L’évocation des réalités Africaines est passionnante.

Le « personnage » : ce Père Blanc, originaire de « Brugge », attachant, sincère, émouvant.

L’évocation de sa jeunesse, de sa foi, de ses doutes, de ses questionnements…

La mise en scène et la scénographie (dont je ne dévoilerai pas ce que l’on ne soupçonne pas).

La finesse, l’excellence du jeu de l’acteur. Car vraiment, ce comédien flamand, Bruno Vanden Broecke, est plus vrai que vrai à ce pupitre de conférencier.

Le public,  dans ses applaudissements, en témoigne et les moments d’émotion du « conférencier » ont été partagés par l’assemblée dans une qualité de silence assez rarement atteinte dans un théâtre.

 

Merci Mijanou pour vos impressions,  elles aussi d’une grande sincérité !

 

Loin de tout prosélytisme, ce spectacle invite à réfléchir au sens de la vie !

 

MISSION  2014   WOLUBILIS/ BRUNO VANDEN BROECKE/ DAVID VAN REYBROUCK

 

Une seule soirée, on aurait aimé qu’il y en ait d’autres.

Un autre jour, un autre lieu certainement.

Si vous apercevez la pub pour ce  spectacle dans une autre salle du pays, ne manquez pas de réserver vos places, vous ne le regretterez pas  je vous assure.

Merci au Théâtre Wolubilis d’avoir programmé cette pièce et ce formidable comédien.

 

AILLEURS

 

 

Ce vendredi 24 octobre à 20h15 -Studio 4 Flagey, un superbe concert donné par Quentin Dujardin.

Quentin : La guitare , c’est une vibration de cordes !

 

Il porte bien son nom habitant un village dans le Condroz. Cette campagne lui offre la nature, les saisons , le calme dont il a besoin pour composer. C’est de cette communion avec son environnement qu’est né son denier album  » Le Silence des saisons « 

(Jean-Claude Van Troyen/Le Mad-22/10)

 

Notre guitariste belge réinvente une nouvelle fois son univers musical , s’inspirant du rapport entre l’homme et la nature.

 


 

 

 

Quentin Dujardin ne sera pas seul sur le grand plateau du Studio 4.

Mahsa Vahdat, magnifique chanteuse iranienne,

Olivier Hernandez , harmonica chromatique,

Nicolas Fiszman , basse,

l’accompagneront.

 

Quentin Dujardin promet un  concert à l’opposé de toute frontière stylistique.

Un concert chaud, feutré, intime.

 Quentin :  » Le Silence des Saisons  » est un peu décalé de mon Condroz natal , mais ça rassemble les choses. ( Propos recueilli par Jean-Claude Vantroyen-Le Mad- 22/10)


Ne ratez pas ce merveilleux concert.

Infos Réservations :  02 / 641 10 20


Amis de l’émission/blog des « Feux de la Rampe « , merci pour votre attention, doublée d’une belle fidélité. Je vous retrouve demain  avec un grand écrivain du 19 ème siècle.

Notre moment de séparation :  un extrait du film dont on parle beaucoup: FURY »  de David Ayer, avec en star mondiale : Brad Pitt.

A tout bientôt !

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE NU CIVIL (THEATRE LA BALSAMINE )+ « Le sucre » ( film)

LE NU CIVIL  (Théâtre La Balsamine)+ « Le  sucre » ( film)

 

Si vous avez l’envie de changer de climat théâtral,

Si vous avez l’envie de découvrir des comédiens complètement mabouls, complètement dingues,

Dirigez-vous sans hésitation aucune au Théâtre La Balsamine.

C’est quelque chose ! Un Festival en dehors de la tradition !

En dehors de tout ! On aime ou on n’aime  pas…

 

LA COMPAGNIE  : LES VIANDES MAGNETIQUES !

 

Créée à Bruxelles en 2013, la Cie est composée de comédiens, de chanteurs, d’accessoiristes , d’un scénographe, d’une régisseuse, d’un vidéaste , de clowns …

La plupart d’entre eux ont été formés dans des écoles d’arts à Bruxelles mais aussi en France.

Ils travaillent ensemble à la création de spectacles de théâtre , d’un autre théâtre, à partir de Textes de Jean-Baptiste Calme.

 

 

UN TEXTE ABRACADABRANT

 

 

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 Un texte, c’est beaucoup dire , des mots oui, et encore , des bouts de bouts de mots, à peine prononcés, quelque déformés , à peine  audible…

 

Jean-Baptiste Calame  l’auteur) : Maintenant que tu vis à la fin d’un monde, il faut savoir aussi se contenir. Et regarder autour. Car c’est la dernière fois que tu vois des formes qui te ressemblent…La population civile et sensuelle est le témoin lumineux de son propre dénouement . Ce qui semblait être de l’air, une forêt ou des lèvres, rougit désormais pour vaincre le vertige de la nudité. Plus rien ne fait écran aux écarts de l’atome, et les corps humains cèdent à la science , comme autant de formats , de silhouettes ciselées pour la lecture.

Mais qui lira ? Ne vois-tu pas le lendemain tenu en joue dans une allée du temps réel ?

 

 

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Insensé, pas vraiment … Fortement étudié, disséqué…Impertinent ! Drôle !

 

Jean-Baptiste Calame : Notre travail est un travail de groupe où l’on cherche des alternatives énergétiques pour le réchauffement de la dimension humaine.

Nous tentons tous de faire émerger nos ébauches et nos débordements comportementaux. Ni rôles, ni trajectoires proprement définis : l’histoire est un château de carte animé ,  qui s’ébranle aux moindres  turbulences.

Dans son dispositif, notre spectacle met le regard du participant au centre et interroge les notions de crédibilité et d’exaltation. Qui sommes-nous face à la radioactivité ?

Avons-nous quelque chose à redire ?

Si l’adaptation des uns légitime l’abus des autres, le langage est rompu.

 

Eh bien, oui, tout ce que  vient de vous dire l’auteur, tout se ressent ! Tout se confirme ! Pas dans l’immédiat , on est trop déconcerter , mais  peu après…

Cette  Cie propose un exercice à ce qui est révélé par l’auteur.

On s’amuse ! On cherche un rapport quelconque avec ce que nous connaissons ou croit-on connaître ! Puis l’euro éclate et on entre dans la cage du «  Nu civil »

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Je ne connaissais aucun des acteurs, mais maintenant oui, grâce à ce spectacle. Ils ont noms : Céline Beigbeder, Lucie Debay, Arthur Egloff, Emile Falk-Blin, David Lerquet , Céline Ohrel , Morgane Naas , Sophie Sénécaut…

Bientôt, ils repartiront  vers d’autres horizons, nous les retrouverons en avril 2015 avec leur nouveau spectacle   « L’écolier Kévin » . A noter dans votre  agenda !

Mais vous pouvez encore les applaudir ce mardi soir à 20h30.

Infos et Réservations : 02 / 735 64 68

 

ET LES SPECTACLES CONTINUENT AU SEIN DE LA BALSAMINE…

 

Le titre générique de ce Festival inédit : « Nos petites madeleines »  Encore quatre expériences à découvrir jusqu’à samedi prochain : « VIEIL » , «  ALL THE BATTLES » ,   « HUMAN BRUSH », « LAZARINE »…

 

A suivre.

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THEATRE LA BALSAMINE

 

Avenue Félix Marchal  1 – 1030  Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 735 64 68

 

 

Amis du blog , un grand merci pour votre attention et votre fidélité.

Demain, une autre aventure théâtrale.

Notre moment de séparation : Ce mercredi 22 octobre , à 17h30 : le film de Jacques Rouffio « LE SUCRE » (1978)  Un régal ! Avec Michel Piccoli ,Gérard Depardieu et le merveilleux Jean Carmet.

 

« Une farce colorée et explosive dans le milieu bourbeux de la bourse des premières matières (depuis l’or déclarée hors-la-loi) et une satire acerbe qui anticipe étonnamment les dérives financières d’aujourd’hui. »

 

A tout bientôt !

 

 

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

MOI, VOTRE AMI ? ( THÉÂTRE DES RICHES CLAIRES)+ François Truffaut

 

Ils ont amis depuis longtemps.

Ils sont comédiens.

 Ils sont ambitieux.

 Ils sont bourrés de talent.

 Ils sont  deux lamentables losers.

 Ou plus simplement :

 Comment un véritable ami peut flanquer par terre votre réputation,  votre carrière et votre couple !

 

 

 

« Le spectacle, c’est un monde de loups. C’est pire qu’un monde de loups. C’est un monde où les loups ne vous rappellent pas au téléphone. » (Woody Allen)

 

Pourtant, malgré leurs différences  malgré leurs échecs et leurs ridicules , ils sont liés par une chose indestructible : LEUR PASSION  IRRAISONNEE POUR LE THEATRE !

 

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Moi, votre ami ? Rayez cela de vos papiers !

J’ai fait  jusques ici profession de l’être ;

Mais après ce qu’en vous je viens de voir paraître,

Je vous déclare net que je ne le suis plus …

 

Ce texte vous fait penser à quelle pièce de théâtre ?

Vous avez pula voir  interprétée au cinéma par Lambert Wilson et  Fabrice Luchini ! Des petits bouts bien entendu.

 

 

La pièce qui se joue en ce moment aux Riches-Claires  ressemble étrangement au film, tout au moins, le début du film.

 

MOI, VOTRE AMI ?

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Corentin Lobet : La pièce met donc en scène un duo inspiré de celui de Molière : Alceste,  le Misanthrope , et Philinte , son meilleur ami, deux hommes que tout oppose…

 Dominique Rongvaux :…l’idéaliste et le terre-à-terre, celui qui veut changer le monde et celui qui préfère s’y adapter…

 Corentin Lobet : celui qui rêve de l’inaccessible étoile…

 Dominique Rongvaux :…et celui qui sait qu’on ne l’atteindra jamais.

 

Alceste : Je veux qu’on soit sincère Et qu’en homme d’honneur on ne lâche aucun mot  qui ne parte du cœur…

 

Corentin Lobet et Domnique Rongvaux sont les deux auteurs de la pièce, ils en sont aussi les metteurs-en-scène et bien entendu les deux acteurs. Et ils sont brillants tous les deux.

Je les convie à vous raconter leur histoire…

 

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 Nous voulions raconter une histoire d’amitié. Et nous avions envie d’aborder un classique de manière ludique.  « Le Misanthrope » aborde de nombreux thèmes qui nous tenaient à cœur. C’est ainsi que nous avons construit notre propre pièce à partir de celle de Molière.

Il ne s’agit pas ici d’une adaptation du Misanthrope, ni d’une réécriture…

Tous deux : Qui se permettrait de réécrire Molière ?

Il s’agit plutôt d’une interprétation  d’une variation, comme celles que se permettent les musiciens de jazz avec les grandes oeuvres..

 

ENTRACTE / MUSIQUE

 
 

Philinte :Vous voulez un grand mal à la nature humaine ?

Alceste : Oui ! J’ai conçu pour elle, une effroyable haine.

 

En fait, la pièce de Molière montre deux personnages extraordinaires : Alceste , le misanthrope et Philinte , son meilleur ami.

 Vous me l’avez déjà dit ça. On enchaîne ! A Vous les acteurs !

 

Alceste veut vivre dans l’honnêteté absolue, refuser les mensonges sociaux, ne faire aucun compromis.

Philinte est le modéré. IL comprend que les relations humaines sont un jeu, qu’il y a des règles et qu’il est probablement impossible de les changer.

Jouer selon les règles ou se retirer du jeu : elles sont les possibilités.

Alceste choisit la seconde : fuir dans un désert et  « chercher sur la terre un endroit écarté ou  d’être homme d’honneur on ait la liberté ».

A la fin de la pièce , Philinte ne désespère pas de lui faire changer d’avis.

 

Intéressant mais comment se déroule la pièce ?

 

Eh bien, nous avons transposé nos deux personnages dans un milieu contemporain. Ils vivent en 2014 et sont acteurs de théâtre. Ils adorent leur métier, mais le métier ne le leur rend pas.

 

Que faire ? Et c’est bien  là que commence la pièce avec tous ses compromis.

 La trouvaille : ils répètent  des bribes du texte de Molière , ils les interrompent cherchant une solution à leur problème , reprennent la répétition et ainsi de suite. Cela donne un rythme magnifique à la pièce.

Tout déraille chez eux, ils en arrivent aux mains. C’est la poisse qui les envahit.

Eux deux : Il y a chez eux quelque chose de Don Quichotte. Ou plutôt, ils sont tour à tour Don Quichotte et Sancho Panza, de même qu’ils sont tour à tour Alceste et Philinte.

 Dans l’intransigeance d’Alceste , on peut voir un cri d’amour. Il souffre de voir les hommes moins parfaits qu’il ne les avait rêvés. Philinte les voit tels qu’ils sont et les aiment malgré tout.

C’est ce profond humanisme de Molière qui nous a inspirés.

 

 ENTRACTE SANS LIEN

 

Les deux acteurs , Corentin Lobet et  Dominique  Rongvaux sont d’excellents comédiens.

Les deux acteurs qu’ils donnent à voir sont  des acteurs plutôt médiocres.

Voilà une excellente idée de pièce, confrontée à l’ère contemporaine  que nous vivons tous  et à celle de l’époque de Molière.

C’est bien  conçu ! C’est étonnant ! C’est joyeux !  C’est remarquablement joué ! C’est  du THEATRE ! C’est le THEATRE  dans le THEATRE .

 

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Œil extérieur : Stéphanie Van Vyve

Lumières : Nicolas Fauchet

Son : Sébastien Schmitz

Régie : Benoît Guilbert

 

AVEC

 

Corentin Lobet & Dominique Rongvaux.

 

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Texte de Jean Baptiste Poquelin.

 Texte de l’histoire racontée : Corentin Lobet et Dominique Rongvaux.

 

MOI, VOTRE AMI ?

Jusqu’au  25 octobre  2014

 

THEATRE LES RICHES CLAIRES

 Rue des Riches Claires 24 – 1000  Bruxelles

 Infos & Réservations : 02 / 548 25 80

 

Alceste : Ah pardieu ! C’en est trop , ne suivez point mes pas.

 Philinte : Vous vous moquez de moi, je ne vous quitte pas…

 


 

 DU COTE DU CINEMA

 

François Truffaut nous a quitté , il y a 30 ans déjà.

France 2 lui a rendu hommage en programmant  «  Les deux Anglaises et le continent » J’espère que d’autres chaînes en feront autant. 

Je vous propose une interview  de François Truffaut réalisée à son retour des USA, ainsi qu’un extrait du film  «  Le dernier métro »  et pour terminer   «  François Truffaut  vu par ses femmes comédiennes.

 

 


 

 

 

Amis du blog, merci pour votre attention et votre fidélité.

On se retrouve demain bien sûr !

Notre moment de séparation  : Ne ratez pas l’émission  » Hep Taxi  »  de Jérôme Colin qui reçoit ce soir à 22h50 sur la Deux : l’étonnant et surprenant Omar Sy, vedette du film  » Samba  » dont je vous ai déjà parlé.

A tout bientôt.

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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JUBILATOIRE ET ABSURDE : « PERPLEXE » THEATRE DE POCHE

 

 

Il y a vraiment de quoi d’être perplexe en voyant ce spectacle complètement  étrange !

 

«  Je suis terrassé. Je  viens de coucher avec un élan ».

 

 

 

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Une pièce incontestablement jubilatoire pour spectateurs avide de sensations fortes  et …rigolotes.

Cela dépend comment on reçoit cette pièce !

 

 

PERPLEXE

 

Embarrassé, incertain, soucieux…

L’auteur, Marius von Mayenburg, est allemand, né à Munich.

Il a écrit plusieurs pièces jouées un peu partout dans le monde

 

La metteuse en scène, Sofia Betz, a fait ses études à l’Insas et a créé La Cie Dérivation. Elle est attirée par l’écriture contemporaine. Elle a déjà mis en scène une œuvre  de l’auteur Marius von Mayenburg

 

 

 

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Sofia Betz : C’est avec «  Visage de feu »  que j’ai découvert Marius von Mayenburg en 2006. Je sortais à peine de l’école avec un tas d’envies et d’urgences qui se confrontaient à peu de connaissances d’auteurs ou de textes. Et l’écriture de Marius m’a alors sautée au visage : acide, impertinente, tellement humaine.

Dans «  PERPLEXE » , je retrouve cet humour vitriolé qui ne tombe pourtant pas dans un cynisme déprimant , ces personnages drôles et paumés aussi sûrs d’eux que profondément innocents.

Malgré une forme qui touche clairement à l’absurde, jamais on ne se sent largué car les situations s’imbriquent, se répondent , s’entrainent dans des dérives qui ne nous rappellent que trop bien nos propres cheminements.

Autant de soirées arrosées, de frustrations de couples , d’angoisses maternelles , de rêves ridicules à tenter quand même.

Effleurant toute l’humanité dans un huis clos de quatre personnages prêts à tout pour se trouver, PERPLEXE  est le reflet de peurs qui ne nous lâchent pas , malgré tout le confort, l’aménagement et l’occupation de nos vies.

C’est un thème qui m’interpelle depuis longtemps.

Cette pièce est une machine à jouer, il me semble…

 

 

 

PERPLEXE

 

 

 

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Quatre excellents comédiens pour défendre cette pièce que l’on pourrait qualifier de burlesque, mais qui fait ressortir les nombreux questionnements qui sont au centre de la vie.

A chacun à recevoir cette pièce comme il la ressent.

 

«  PERPLEXE »  joue avec les codes de l’absurde et nous propose une sorte de « rubix’s cube » théâtral qui tend par moment vers l’univers des Monty Python (Sceneweb.fr)

 

QUESTIONNEMENT

 

Vous êtes-vous déjà posé la question de votre place dans l’univers ?

Votre moi est-il véritable ou n’êtes-vous qu’apparence et simulacre ?

 

Des avis et réponses bien difficiles à formuler !!!

 

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Les personnages de la pièces ont, pour leur part, des identités interchangeables et sont perpétuellement à la recherche d’eux mêmes dans une réalité qui ne cesse de se distordre.

 

Sofia Betz (metteuse en scène) : A travers ce « Cluedo existantiel » d’une irrésistible drôlerie et à la dramaturgie implacable , von Mayenburg réussit à bouleverser notre manière de regarder le réel…On y voit se côtoyer des plantes vertes , un homme élan, un volcan , un enfant nazi et  beaucoup d’autres surprises…

 

Et le Théâtre de Poche d’ajouter : «  Si on allait tous prendre un cocktail et se la jouer cool ? »

 

Oui, pourquoi pas ? Tchin Tchin !

 

 

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PERPLEXE /MARIUS VON MAYENBURG /SOFIA BETZ

 

Jusqu’au 08  novembre 2014

Traduction : Hélène Mauler et René Zhand.

 

Mise en scène : Sophie Betz

 

Assistante pour la mise en scène : Mathilde Lefèvre

Scénographie : Frédérique de Montblanc

Lumières : Florence Richard

Costumes : Prunelle Rulens

Musique : Thomas Turine

 

Les comédiens : Fabien Magry , Yoann Blanc, Estelle Franco, Emilie Maquest.

 

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THEATRE DE POCHE

 

Bois de la Cambre –  1 a Chemin du Gymnase – 1000  Bruxelles.

Infos Réservations : 02 / 649 17 27

 

DU COTE DU CINE…D’UN AUTRE TEMPS

 

Notre Cinémathèque  est de plus en plus passionnante. Elle nous donne l’occasion de voir ou revoir les films du passé.

Ainsi : LES YEUX SANS VISAGE

Un film  réalisé en 1960 par George Franju.

 

Syno : Le Docteur Genessier , célèbre chirurgien esthétique, souhaite remodeler le visage de sa fille Christine, rendue méconnaissable à la suite d’un accident de voiture , mais pour cela , il doit effectuer des greffes de peau prélevée sur  des jeunes filles. Pour se faire, il a installé un laboratoire dans sa propriété où son assistante dévouée attire ces jeunes filles.

 

Un scénario  et une adaptation  signés  Claude Sautet.

Une musique de Maurice Jarre.

Un casting formidable dans ce film : Pierre Brasseur, Alida Valli , François Guérin et Edith Scob  (Christiane).

 

Ce film  franco-italien est une adaptation du roman de Jean Redon publié en 1959 dans la collection « Angoisse » aux Edtions du Fleuve noir.

 

Edith Scop a toujours été une actrice discrète , prêtant sa présence énigmatique aussi bien au théâtre d’avant-garde qu’au cinéma populaire français.

Vous l’avez certainement vue récemment dans le film   « Gemma Bovary ».

Edith Scob a eu un parcours atypique dans sa carrière.

 

La Cinémathèque a tenu  à  la saluer.

Elle présentera ce film «  LES YEUX SANS VISAGE «  demain lundi, 20/10 / 20h30 à la Cinémathèque.

La projection du film sera précédée d’un long entretien avec la comédienne.

Elle nous expliquera certainement comment  s’est réalisé ce film et comment  on a  procédé pour la rendre méconnaissable   en lui appliquant  un masque  sur le visage.

 

 « LES YEUX SANS VISAGE »   est l’une des plus belles réussites du cinéma d’angoisse français. Je vous en propose deux extraits en avant-première  de la projection de demain lundi.

 

 

 

 


 

 

Amis du blog «  les feux de la rampe »  , merci pour  votre attention  et votre fidélité.

Je vous retrouve demain avec un autre spectacle bien évidemment.

Notre moment de séparation : avec Arcadi Volodos, grand pianiste russe, qui effleure et caresse son piano. Il donne plus de 40 concerts par an.

 

Arcadi Volodos : Oui, cela demande une énergie et un don de soi jusqu’aux limites. J’ai besoin de compenser un certain vide émotionnel et mental.

 

Ce musicien   sera en  concert le 26 octobre à venir à Bozar /Palais des Beaux-Arts(Réservation : 02 / 507 82 00)

 

A tout bientôt !

 

 

 

Roger Simons