LA GENE DU CLOWN ( THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS)

 

STANISLAS COTTON/GEORGES LINI

 

 

 

Bobby Dick , fonctionnaire tatillon mais exemplaire, , rentre chez lui après sa journée  de travail.

Dans le hall d’entrée de son immeuble, il rencontre Philomène Planchapin , sa concierge, qui souffrant de solitude , balaie en tripotant ses fantasmes… et notamment celui de passer quelques minutes brûlantes en compagnie de Bobby…

La pluie , le beau temps , la grippe et ses microbes s’installent dans leur conversation – ainsi qu’un certain nombre de quiproquos – et puis également ce bruit plaintif qui agace les oreilles  de Bobby , un bruit incessant qui vient tout droit de la loge de la concierge.

Et ce qui est étrange, c’est que  Philomène ne semble pas pressée d’y jeter un œil !

Une ambiance très particulière, obscure, s’installe dans ce lieu complètement désordonné.

Philomène  est très agitée lorsqu’elle parle avec Bobby…

 Bobby s’enquiert d’Andromède, sa nièce, qui doit être rentrée de l’école et qui doit certainement l’attendre. Mais Philomène l’informe qu’elle ne l’a pas vue passer la porte…

Curieux !

 

 

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Surgit Andromède, avec son cartable , son manteau , un livre scolaire, des objets qui se brisent , un revolver…Il semble bien que la nièce de Bobby Dick ait un certain nombre de choses urgentes à dire…

Nouveau et sulfureux texte de Stanislas Cotton flirtant avec le monde du clown dont on ne sait plus bien si les personnages font rire ou peur. A l’instar peut-être de ceux d’Alice au pays des merveilles…

Texte surprenant qui commence comme une farce mais qui finira peut-être de manière dramatique…

Je préfère  garder  le suivi de cette histoire qui – avec l’œil de Georges Lini,  va prendre  des dimensions surprenantes.

 

 « Le scarabée est un insecte qui se nourrit des excréments d’animaux autrement plus gros que lui. Les intestins de ces animaux ont cru tirer ce qu’il y avait à tirer de la nourriture ingurgitée par l’animal. Pourtant  le scarabée trouve, à l’intérieur de ce qui a été rejeté , la nourriture nécessaire à sa survie grâce à un système intestinal dont la précision , la finesse et une incroyable sensibilité surpassent celles de n’importe quel mammifère… » (Wajdi Mouawad)

 

Georges Lini ( metteur en scène) : Avec le texte de Stanislas Cotton, je veux me faire scarabée.

Le théâtre que je défends à cette caractéristique : son devoir d’insolence ; il préfère la vérité qui dérange au mensonge qui rassure.

 LA GÊNE DU CLOWN aborde un thème difficile, celui de l’inceste. Mais il est d’une originalité troublante. Il aborde le sujet avec originalité mêlant humour et effroi. Il surprend et prend le spectateur  à revers.

Dans une forme d’écriture inédite et résolument contemporaine, Stanislas Cotton fait voler en éclat  toute représentation classique du tragique.

J’ai voulu monter ce texte parce qu’il m’effraie et me confronte, il a le goût et l’odeur des défis. C’est aussi une belle continuité à ma  recherche déjà ancienne sur le tragique  la nécessaire confrontation au chaos, notre monstrueuse humanité…

 

Georges Lini a voulu réaliser  un projet audacieux avec  ce texte  splendide d’un auteur majeur du théâtre belge.

 

 

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 Ce n’est pas évident d’entrer  dans  ce théâtre  intéressant  certes mais dur, insolent, compliqué parfois même., qui raconte une histoire difficile.

 

 L’ACCIDENT !

 

 Philippe Jeusette  devait interpréter le personnage de Bobby Dick. Mais hélas , Philippe a fait une chute au lendemain de la première représentation et s’est brisé deux côtés et un pied. Il a dû être remplacé au pied levé  et c’est  Georges Lini qui a repris le rôle.

Merci à lui et bravo.

 

 

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DISTRIBUTION

Georges Lini : Bobby Dick

Isabelle Defossé : Philomène

Laurie Degand : Andromède

Mise en scène : Georges Lini

Scénographie : Ronald Beurms

Création lumière : Alain Collet

Coproduction : « Belle de nuit «  / « La Charge du Rhinocéros »  La seule chose que puisse un œuvre d’art c’est d’éveille la nostalgie d’un autre état du monde » (Jean Genet) 

 

LA GENE DU CLOWN/STANISLAS COTTON

Jusqu’au  05 avril 2014

THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS

Place des Martyrs  22  1000  Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 223 32 08

 

En souhaitant un prompt  rétablissement à Philippe Jeusette, que nous retrouverons bientôt sur scène.

 

L’ouvrage de Stanislas Cotton  » La Gêne du clown  »  est publié aux Editions  Lansman- Emile & Cie asbl, dans la collection  » Théâtre à Vif  » n° 233 – Visuel de couverture : Olivier Wiame – prix : 10 euros

 


 

Demain, une autre pièce de théâtre.

 Demain, un nouveau rendez-vous.

 Tout de suite, un court moment d’avant-première, non pas d’une pièce mais bien d’un film, celui de Claude Lelouch : «  SALAUD, ON T’AIME » avec trois  stars tout à fait remarquables : Sandrine Bonnaire, Eddy Mitchell et Johnny Halliday.

 


 

Bientôt : une édition spéciale du blog «  les feux de la rampe » avec ce film très prometteur.

Merci pour votre attention zt votre fidélité.

Je vous quitte en compagnie d’Eddy et Johnny..

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TROTSKY BUSINESS ( T.T.O-THEATRE DE LA TOISON D’OR )

 

 

 

 

En deux mots… c’est une pièce d’Albert Maizel, mise en scène par Alexis Goslain.

En deux mots, tout est dit…Hervé est patron d’une belle école de commerce de chez nous ( ah bon, laquelle ?). Jacques y est professeur.

 

 

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Encore quelques mots : Hervé rêve de fusionner son bébé avec Harvard, prestige oblige.

Mais ils ont un passé, très à gauche politiquement et très triangulaire sexuellement, qui va ressurgir tel un boomerang en provenance des années septante…

 

 

 

 Hasta luego amigo guerillero. Les rois du capital, anciens trotskistes ?

Une révolution  au T.T.O  menée par cinq  comédiens complètement déchaînés, propulsés par un metteur en scène emporté !

 

 

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Ils se présentent par le truchement de la vidéo… toujours en deux mots…

En  numéro un : Alexis Goslain, le metteur en scène  en question…

 

 

 

 

Jacques, le professeur (Pierre Pigeolet)

Hervé , le directeur de l’école (Bruno Georis)

 


 

 Les deux femmes : l’une la mère de l’autre, Martine Willequet & Catherine Decrolier, ainsi que le jeune homme, Thomas Demarez.

 


 

 

 

En deux mots :

Décor et costumes : Charly Kleinermann et Thibaut De Coster

Création lumières : Thomas Vanneste

Décor sonore  important) : Lurent Beumier

Régie : Gilles Goblet

 Production Mazal asbl

 

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TROTSKY BUSINESS

 (en création)

Jusqu’au 12/04/2014

 

THEATRE DE LA TOISON D’OR

Galerie de la Toison d’Or  396  – 1050  Bruxelles

 Infos Réservations : 02 / 510 0 510

 

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En deux mots : c’est la lutte finale…

Bon combat…

En plusieurs mots, je vous remercie pour votre attention et votre fidélité.

On se retrouve tout bientôt…

 A un certain moment dans le spectacle des « Trotskistes », on entend quelques mesures de la célèbre chanson qui appartient à  la comédie musicale « Starmania » : « J’aurais voulu être un artiste ». La voici dans son entièreté interprétée par Céline Dion.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        

D’UN RETOURNEMENT L’AUTRE ( THEATRE LE PUBLIC)

 

FREDERIC LORDON

 

Pour quelques jours seulement…

Une terrible comédie sur la crise financière et en alexandrins…

Politiquement incorrect ? Spectacle pitoyable ? Théories farfelues ?

Ce sont les questions que l’on se pose avant de voir le spectacle…

 

 

 

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 D’UN DETOURNEMENT L’AUTRE !

 

Pas obligatoirement d’accord, mais  incontestablement  le « théâtre » est là pour provoquer le débat…

 

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 Noir.

Dans l’obscurité, un homme subi une caresse bien agréable d’une jeune et jolie femme. Plan serré.

Noir.

Lumière braquée sur son Altesse le Président de la République, son Premier Ministre, leurs courtisans, et Messieurs les banquiers.

Ceux-ci, lessivés par la crise, viennent pleurer misère auprès de l’Etat.

Il s’agit de sauver le système, en priorité ses élites, bien entendu ! Ils rivalisent de cynisme et de bêtise, beaux parleurs affolés par l’interminable tsunami qu’ils ont provoqué, mais jamais ils n’abjurent leur loi dans les vertus du marché.  Crise de la finance, sauvetage public, explosion de la dette, rigueur hystérique…Et comme d’habitude, à qui va l’addition ?

 

Voilà un résumé rationnel de cette pièce d’exception qui se donne au Théâtre Le Public, écrite par Frédéric Lordon.

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Un sujet qui nous concerne tous !

Une pièce jouée dans un rythme vertigineux par sept comédiens (français et belges). Une énergie sans pareil !  Une gestuelle inouïe et rarissime ! Du délire !  Des talents ! C’est stupéfiant !

Et l’évènement : tout le texte est en alexandrin. On se croirait chez Corneille ou  Racine ! C’est bien la première fois que j’assiste à un spectacle moderne et joué de la première à la dernière réplique en alexandrin ! Et  ils le jouent très bien, tous les sept, sans aucune difficulté apparente.  Comme s’ils l’avaient tous fait !

Mille bravos à Vous tous !

 

D’UN RETOURNEMENT L’AUTRE

 

 

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 Il est difficile de parler de cette pièce, il faut la voir pour suivre avec intérêt et essayer de comprendre tous ces multi dialogues qui s’échangent entre ces hommes de la finance.

 

L’AUTEUR

 

L’auteur, Frédéric Lordon, est un économiste français, directeur de recherche au CNRS et chercheur au Centre de sociologie  européenne  (CSE), membre du collectif  «  Les Economistes atterrés » : un collectif de chercheurs, universitaires et experts en économie, regroupés avec d’autres citoyens non économistes. Leur action  consiste à impulser  la réflexion collective et l’expression publique des économistes qui ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néo-libérale.

Il sait de quoi il parle !

 

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DEUX METTEURES EN SCENE POUR DIRIGER CES SEPT HOMMES :

BRIGITTE MOUNIER &  LAYLA NABULSI

 

Brigitte,  française,  après avoir été sur les planches et dans les airs, du Théâtre national de l’Odéon, au cirque Jean Richard, s’est  ensablée en 1994 dans les dunes de la Côte d’Opale.

C’est elle qui a  créé la Compagnie des Mers du Nord où elle invente châteaux et tempêtes avec l’Histoire des Hommes.

En l’occurrence, ici, dans cette pièce, c’est l’histoire de la finance qu’elle a mise en scène, aidée par sept brillants comédiens.

 

 

 

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 Layla, belge, metteuse en scène et auteur dramatique , a écrit une vingtaine de pièces , des nouvelles , des dramatiques-radio…etc…

Elle a obtenu de nombreux prix, entre autres le Prix des lycéens de Loire atlantique dans le cadre du Festival de Guérande. Un texte épique sur la longue traversée d’une jeune chinoise chassée par les crues de son pays et amenée à travailler clandestinement en Europe.

Elle a participé à la 1ère édition du Manifeste en 2004  avec   « Wanoulélé, que s’est-il passé ? » et mène depuis une concertation artistique avec Brigitte Mounier  sur leurs projets réciproques.

 

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Ces deux femmes ont fait un travail tout à fait personnel et extraordinaire pour ce spectacle : « D’un retournement  l’autre »

Dirigé, guidé sept hommes à la fois sur un plateau de théâtre, c’est  fabuleux, fantastique.

Je présume qu’elles ne l’ont pas fait en alexandrin !!! Bravo Mesdames ! Nous espérons tous vous retrouver toutes les deux dans un deuxième travail de cette importance , véritable réussite !

 

D’UN RETOURNEMENT L’AUTRE

Frédéric Lordon

 

Distribution :

 

Gérard Audax, Cyril Brisse, Sébastien Chollet ,  Fabrice Gaillard, François Huart, Jean-Erns Marie-Louise , Philippe Polet.

Régisseur, éclairagiste et constructeur : Nicolas Bignan

Régie : Simon Plume

Stagiaire régie : Aurore Mignolet

Photos : La ville de Grande-Synthe

Création et Production : « La compagnie des Mers du Nord » et de l’asbl « Les Terres Arables »

 

D’UN RETOURNEMENT L’AUTRE

Jusqu’au 29 mars 2014-03-26

 

THEATRE LE PUBLIC

Rue Braemt   64/70  1210  Bruxelles

Infos Réservations : 0800 / 944 44

 

Si je vous le disais pourtant que je suis un homme heureux

De vous retrouver chaque jour sur ce blog théâtreux…

(alexandrins)

 A tout bientôt…Oh là, j’oubliais la chanson : une retrouvaille avec Jean-Claude Pascal.

Bye bye

 

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE DRAGON D’OR ( THEATRES : VARIA & ATELIER 210)

 

 

ROLAND SCHIMMELPFENNIG

 

 

Pas facile à retenir ce nom de l’auteur allemand…

Plusieurs de ses pièces sont traduites en français et montées tant en Allemagne  qu’en France et en Belgique.

Les plus connues sont «  Une nuit arabe », créée au Staatstheater de Stuttgart,« Push up »  créée en 2001 à la Schaubühne de Berlin, et au Rideau de Bruxelles en 2006, et « Avant/Après ».

«  Le Dragon d’or » est l’une de ses toutes dernières pièces.

 

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DES SAVEURS ET DES EPICES DE L’EXISTENCE

 

On est dans l’imaginaire, tout au moins pour moi…tel que j’ai « vécu » ce spectacle.

 

Dans la minuscule cuisine du Dragon d’or, un restaurant express chinois-thaï-vietnamien , situé au rez-de-chaussée d’un immeuble , une batterie de cuisiniers s’affairent autour de woks qui grésillent.

Ce soir-là, le « Petit » clandestin et fraîchement débarqué de Chine , souffre d’un terrible mal de dent qui va être soigné : une pince rouillée , un p’tit coup de schnaps, et voilà la dent qui s’envole dans le plat Pad Thaï n° 6 dont la jeune hôtesse de l’air va bientôt se délecter.

Séduite par l’objet  elle l’emporte et  ne peut s’empêcher de la mettre dans sa propre bouche, comme si quelque chose soudain prenait sens.

En attendant, dans l’arrière cuisine, le Petit se vide de son sang. Il est venu ici  pour retrouver sa sœur mais aucune trace d’elle.

Entre les tables du restaurant se croisent les habitants de l’immeuble : des vieux qui rêvent de redevenir jeunes, des jeunes qui rêvent de ne pas vieillir et des couples qui rêvent de meubles pour s’aimer mieux…

Un joli monde consumériste venu se remplir la panse d’un peu d’exotisme défile dans ce lieu. L’occasion d’oublier une frustrât, d’étouffer une angoisse, de remplir un vide, de se sentir moins seul…

 

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Dans la promiscuité des grandes villes, se côtoient sans se regarder les immigrés, les autochtones , les bourreaux et les victimes. Autant d’être prisonniers de leurs propres clichés qui viennent s’empiffrer de nourriture et de fantasmes  asiatiques.

 

Avec cette pièce à tiroirs qui emprunte au conte et qu’il découpe en de brèves scènes servies comme des sushis sur un plateau, Roland Schimmelpfennig nous livre un portrait ironique et farcesque de notre société moderne.

 

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LE DRAGON D’OR, loin de produire un théâtre empathique, devient une sorte d’épopée au comique amer, poétique, et touchant pour parler de l’exploitation, de l’avidité, de la clandestinité, et de ce qui nous relie dans cette modernité d’un monde globalisé où l’or et la crasse se confondent en une seule matière.

 

On peut dans le fond admirer le Boudhisme, manger des sushis, soutenir le Tibet , et être indifférents au sort des personnes, en particulier  lorsqu’il s’agit d’un «  Petit » assistant cuisinier d’un restaurant express.

 

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Sofia Betz(metteuse en scène) : On a ici une véritable machine à jouer, où se mêlent narration et incarnation pour transformer nos angoisses existentielles en situations théâtrales déjantées et hilarantes. C’est un objet théâtral hors du commun jouissif, au découpage cinématographique, au burlesque de situations, aux scènes oniriques et aux clichés tordus dans les sens…

Ce qui transparaît, c’est le témoignage cru et interpellant d’une société moderne faite d’individus égocentriques et méfiants les uns des autres.

On découvre une multitude de mondes, collés les ns aux autres sans pour autant autoriser la perméabilité. Pas étonnant qu’on se sente suffoquer !

On ne manque de se reconnaître dans la peur de l’autre et on finit par en rire.

Là est la grande force de cette pièce.

Il importe enfin de dédramatiser !

 

 

UNE GRANDE FABLE HUMAINE

 

 

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Une fable qui nous est contée  et jouée par cinq comédiens.

On les voit s’agiter, grimper les  escaliers, sauter sur une plate forme.

On ne voit rien d’autre !

On suit leurs mouvements bien établis du reste et l’on voit dans son imaginaire toutes ces choses dont ils parlent.

On se perd parfois.

On peut aborder la pièce comme une fable où s’entremêlent des personnages hauts en couleurs, archétypes des contes modernes. Leurs destins se croisent pour questionner la déshumanisation de l’Homme.

 

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Et puis, il y a ce nom qui porte en lui tous les imaginaires : le «  Dragon d’or »  , animal puissant , symbole d’un ailleurs onirique  et porte ouverte sur un monde moderne caché et mystérieux.

 

 

Sofia Betz : Raconter cette histoire comme une fable permet de suggérer, en guise de morale finale, que le choix d’agir avec humanité appartient à chacun.

Aborder cette pièce comme une fable, c’est aussi permettre de faire exister les moments surréalistes, irréels, illogiques qu’engendrent ces personnages angoissés.

C’est faire de tout obstacle une montagne, jouer avec l’irrationnel, plonger dans leurs univers, comme on entre dans les rêves et les cauchemars.

 

 C’est du théâtre très particulier  dans lequel on entre avec prudence  pour bien comprendre les intentions.

Les cinq comédiens interprètent chacun plusieurs rôles au gré d’une narration commune.

 

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La pièce est construite en 48 séquences courtes qui mettent en valeur sept histoires que l’on suit par bribes.

L’écriture jongle entre narration et moments dramatiques.On reste sur la tangente !

Il n’y aucun changement de costume ni représentation naturaliste des différents lieux.

Des escaliers s’entremêlent…La narration dicte l’espace et non le contraire.

Seul le cruel destin de  la « Cigale » a son lieu propre, une sorte de bulle de poésie sordide.

La musique, elle aussi, joue avec les clichés : ambiance «  made in China » , thriller et film noir.

Tout cela définit bien ce spectacle totalement hors du commun !

Ces explications vous aideront à entrer plus facilement dans «  l’arène » .

 

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Repos. on se déconnecte quelques instants. On rejoint la  » cigale  » par l’intermédiaire d’un acteur, grande star  du cinéma français…

 


 

 

 

 GENERIQUE

 

 

LE DRAGON D’OR

Roland Schimmelpfennig

 

Avec Sandrine Bastin, Vincent Minne, Pierre Sartenaer, Candy Saulnier, Baptiste Sornin.

Mise en scène : Sofia Betz

Scénographie : Sarah de Battice

Costumes : Prunelle Rulens

Son : Karim Barras

Lumière : Florence Richard

Assistanat à la mise en scène : Chloé Struvay

Un spectacle de la Cie Dérivation en coproduction avec L’Atelier 210, en partenariat avec le Théâtre Varia , la Fabrique de Théâtre, avec le soutien du Conseil de l’Aide aux Projets Théâtraux

 

 

LE DRAGON D’OR

Jusqu’au 05/04/2014 au Varia

Du 22/04 au 03/05 à l’Atelier 210

 

 

PETIT VARIA

Rue Gray  154 – 1050  Bruxelles

 

ATELIER  210

Chaussée  St Pierre 10 – 1040  Bruxelles

 

Infos-Réservations :

Varia : O2 /640 82 58

Atelier 210 : 02 / 732 25 98

 

 

Je vous laisse  réfléchir et je vous retrouve tout bientôt.

Que pourrai-je  vous offrir comme chanson après l’interprétation de Louis de Funès !… Celle par exemple de Jean Ferrat.

Merci de votre attention et de votre fidélité.

A tout bientôt.

 

 

 

Roger Simons

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HIER EST UN AUTRE JOUR / DANIEL RUSSO (Centre Culturel dAuderghem)

LA FOLLE JOURNEE D’UN HOMME ORDINAIRE !

 

 

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DANIEL RUSSO

 

 

Sur le point de conclure le procès de sa  vie, Pierre, un avocat froid, méticuleux, rigide et bourré de principe , va se retrouver obligé de partager une très très longue journée avec un homme des plus imprévisibles.

Une rencontre improbable qui va bouleverser la vie de l’un comme de l’autre.

Une journée de dingues, absurde où rien n’est prévu, rien n’est attendu, où tout est possible et ou tout arrive !

 

 

HIER EST UN AUTRE JOUR

 

 

 

Eric Civanyan( metteur en scène ) : Lorsque je suis tombé sur ce texte hilarant , mon cœur s’est arrêté.

Drôle, inattendue, irrésistible, des situations folles , des dialogues brillants , des personnages décapants.

L’histoire de cet avocat surdoué mais rempli de TOC  va vivre une journée qu’il n’a jamais connue dans sa vie. Tout va basculer dans la folie la plus totale !

 

 


 

 

 

 

 

UNE FOLIE A DEUX   !

 

Sylvain Meyniac et Jean-François Cros( les auteurs):

 

Ecrire à deux, c’est devenir un auteur à deux têtes, un animal étrange , une race à part qu’il faut réussir à dompter.

 

 

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 HIER EST UN AUTRE JOUR  est née d’une amitié, d’une idée folle et d’un rêve d’enfant.

 

(Ce sont deux jeunes auteurs et cela se sent.)

 

Sans dénaturer les recettes indispensables au théâtre et à l’humour, nous avons vraiment cherché à apporter notre vision et notre humour au genre de la comédie de boulevard , ce qui nous a souvent fait prendre des chemins imprévus et inattendus.

 

Fans de l’absurde, de l’insolite, du moderne et du neuf dans le procédé dramaturgique, notre objectif était de proposer une pièce originale et de faire vivre un « couple improbable ».

 

(C’est le moins que l’on puisse dire !)

 

Après avoir jonglé entre répliques et ratures pendant quelques centaines d’heures, nous avons eu la chance de faire de belles rencontres qui ont cru en notre projet fou.

 

 

Fou ! Le  mot n’est pas assez fort !  C’est complètement dingue ! Hilare !

Un avocat victime d’une machination qui se retrouve magiquement à revivre son passé immédiat…

 

 

 

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 J’avoue avoir eu une mauvaise impression au début de ce spectacle. Je me disais : c’est une pire connerie, il n’y a rien dans cette pièce que des gags répétitifs qui plus est. Heureusement…,  il y a Daniel Russo !

Eh bien, je me trompais : il y a une idée géniale chez Meyniac et Cros et leur façon de l’exploiter. Ca n’a rien à voir avec la comédie de boulevard!

C’est surréaliste, fantastique et d’un drôle inouï ! Il y a  des grains de folie, des ellipses, des zones de mystère  et d’absurde.  Des rebondissements  dans l’action indéfinissable  et  permanente durant les 120 minutes de la représentation.

Une journée de dingues où rien  n’est prévu , rien n’est attendu, où tout est possible et où tout arrive !

 

 


 

 

Une mise en scène percutante, soufflante, inventive, intelligente.

Et bien entendu DANIEL RUSSO, entouré par d’excellents comédiens.

 

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La question essentielle que l’on peut se poser : Pourquoi tout se répète encore et encore et pourquoi Pierre est-il le seul à s’en apercevoir ?

 

Cette pièce de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros a été créée le 25 janvier 2013 au Théâtre des Bouffes Parisiens. Plus de 350 représentations.

 

Je ne vous en dis pas plus. Je vous laisse le plaisir de la découverte. Et puis, cette pièce n’est pas racontable. Il faut la voir.

Beaucoup de personnes  pourraient ne pas l’aimer, la trouver trop folle, trop abracadabrante, trop brindezingue, trop stupide.

A chacun  ses choix, ses préférences !

Mais , n’oubliez pas ,  il y a Daniel Russo et sa présence scénique et son grand talent , c’est un vrai bonheur. Quel sens du comique ! Il y a  chez lui du De Funès mais en plus flegmatique !

Daniel Russo , une bête de scène !

 

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DISTRIBUTION

 

 

Daniel Russo (Pierre Maillard)

Roland Marchisio (Michel Verdier et Le Visiteur)

Xavier Letourneur (Bernard Candetti)

Jean-François Cros,  l’un des deux auteurs (Frédéric Faillet )

Et  les deux superbes comédiennes, au physique « attachant » :

Axelle Marine (Brigitte Verdier)

Jessica Borio(Sophie Dantin)

 

Décor : Edouard Laug

Costumes : Martine Bourgeon (très « piquant » celui d’Axelle !)

Lumières : Eric Civanyan

Musique : Sylvain Meyniac

Habilleuse : Isabelle Segura

Régie : Gaël Gaurin et Thierry Manuel

Administration : Julien Bonnet

 

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Pourquoi la secrétaire de cet avocat, Jessica, se prend-elle toujours les pieds dans le tapis ? Cela ne vaut une belle paire de jambes… et que dire de celles de Brigitte Verdier ? Sexy en diable !

 

Pierre Maillard : Il y a quelqu’un qui me suit partout et qui n’arrête pas de me parler !

 

Un mystère cette voix forte que l’on entend …C’est quoi ? Cest qui ?

 

 

HIER EST UN AUTRE JOUR !

Jusqu’au 30 mars  2014-03-23

 

 

CENTRE CULTUREL D’AUDERGHEM

Boulevard du Souverain 183  1160  Bruxelles

Infos et Réservations : 02/ 660 03 03

 

 

INFO

 

Dans les deux videos que vous venez de voir,  l’acteur qui tient le rôle du Visiteur ,  est remplacé dans le spectacle actuel qui se donne  au Centre Culturel d’Auderghem par  Roland Marchisio .

 

 

Je prends congé de Vous. Je vous retrouve tout bientôt avec un nouveau spectacle, curieux du reste. Comme  toujours, une musique d’au revoir , en jazz bien rythmé :  » In the mood »/ Gleen Miller

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE MALADE IMAGINAIRE /MOLIERE ( COMEDIE CLAUDE VOLTER)

 

LE MALADE IMAGINAIRE

 

Un beau rideau rouge. Les acteurs sont en scène.

Le régisseur prend en main son brigadier…

 


« Le Malade imaginaire »l’une des grandes pièces de Molière, avec « Le Misanthrope », «  Tartuffe » ,   Dom Juan » ,  qui propulse – une fois encore – avec humour, sa hargne contre les médecins et la médecine.

Un grand classique que l’on a beau avoir vu et revu, que l’on retrouve toujours avec plaisir et délectation.

On y décèle à chaque fois un autre mot, une autre phrase, un autre personnage, d’autres situations surprenantes.

 

Argan (assis à sa table, en robe de chambre, comptant) : Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font vingt.. Ce qui me plaît de Monsieur Fleurant, mon apothicaire, c’est que ses parties sont toujours fort civiles.  Les entrailles de monsieur, trente sous ». Oui mais Monsieur Fleurant, ce n’est pas tout que d’être civil ; il faut aussi être raisonnable, et pas écorcher les malades ; Trente sous un lavement ! Je suis votre serviteur, je vous l’ai déjà dit ; vous ne me les avez mis dans les autres parties qu’à vingt sous …(lisant) Plus un petit clystère insinuatif, préparatif et rémollient, pour amollir, humecter et rafraîchir les entrailles de monsieur…

 

LE MALADE IMAGINAIRE /STEPHANIE MORIAU/MICHEL  de WARZEE

 

 

 

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Stéphanie Moriau, tout en jouant le personnage de Toinette, la servante, s’est chargée de la mise en scène qu’elle a conçue dans la tradition la plus pure  comme Molière l’avait certainement imaginé.

Cette pièce avait été jouée en 2006 à la Comédie Volter mais dans la mise en scène de Michel de Warzée, que nous retrouvons bien sûr dans le rôle-clé de Monsieur Argan, le fameux malade imaginaire. Il a d’ailleurs joué cette pièce  plusieurs  fois dont une   dans  son théâtre Comédie Claude Volter et  une autre au Théâtre Royal du Parc.

Ils sont excellents tous les deux faisant preuve d’une intelligente complicité dans leurs jeux de scène et leur façon de distiller le texte de Molière.

Lui, un faux malade, un emmerdeur et un naïf ; elle, une Toinette mignonne, roublarde et coquine.

Ils restent dans la tradition avec de nombreux gags un peu poussés mais de bon goût, sans excès ni gratuits ni pesants.

 

 

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 Argan : (appelant Toinette) : Drelin drelin drelin…Carogne à tous les diables ! drelin, drelin, drelin…Est-il possible qu’on laisse comme cela un pauvre malade tout seul ! Drelin drelin, drelin… (Toinette entre)

Argan : Ah chienne ! ah ! carogne !

Toinette : Diantre soit fait de votre impatience ! Vous pressez si fort les personnes, que je me suis donné un grand coup de tête contre la carne d’un volet.

Argan( en colère) Ah ! traîtresse !

Toinette : Ah !

Argan : Tais-toi donc, coquine, que je te querelle.

Toinette : Camon, ma foi, j’en suis d’avis, après ce que je me suis fait.

Argan : Tu m’a fait égosiller, carogne.

Toinette : Et vous m’avez fait, vous , casser la tête : l’un vaut l’autre. Quitte à quitte, si vous voulez.

Argan : Quoi ! Coquine…Mon lavement d’aujourd’hui a-t-il bien opéré ?

Toinette : Votre lavement ?

Argan : Oui. Ai-je bien fait de la bile ?

Toinette : Ma fo, je ne me mêle point de ces affaires-là, c’est monsieur Fleurant à y mettre le nez puisqu’il a le produit.

Argan : Qu’on ait soin de me tenir un bouillon prêt , pour l’autre que je dois tantôt prendre !.

 

 LE MALADE IMAGINAIRE(2014)

 Monter cette pièce,  c’est d’abord rendre un hommage à Jean-Baptiste Poquelin dit Molière. C’est sa dernière pièce. A la quatrième représentation, pris de convulsions, il quitte le plateau et ne reviendra plus. Il devait mourir quelques heures plus tard à son domicile, et non pas en scène comme on l’a trop souvent dit.

 


 

Quiproquos, bien entendu au cours du déroulement de la pièce : Angélique aime Cléante. Or, son père veut la marier à Thomas Diaforius.

 

 

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Argan veut protéger Béline, sa femme en convoquant son notaire pour établir son testament en sa faveur, déshéritant de la sorte sa fille. Argan considère sa femme comme la seule personne qui l’aime. Or…

 

Béline : Mon Dieu, il ne faut point vous tourmenter de tout cela S’il vient faute de vous, mon fils, je ne veux plus rester au monde.

Argan : M’amie !

Béline : Oui mon ami, si je suis assez malheureuse pour vous perdre

Argan : Ma chère femme !

Béline : La vie ne sera plus rien.

Argan : M’amour.

Béline : Et je suivrai vos pas, pour vous faire connaître la tendresse que j’ai pour vous…

Oui – da, la carogne !

 

 

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Je ne vous en dirai pas davantage car je pense que l’on connaît bien l’argument de cette pièce délirante de Molière.

Molière que l’on considère comme le plus grand poète comique français, né et mort à Paris (15 janvier 1622-17 février 1673), qui a su tirer parti de ses dons de comique et d’auteur dramatique. Comique, oui mais aux propos mordants, corrosifs, moqueurs envers les médecins…Il devait très certainement les haïr. On trouve du reste pratiquement un (ou des) médecin(s) dans chacune de ses pièces.

 

 

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Béatrix Dussane (grande comédienne française qui a joué le rôle de Toinette): La carrière de Molière a été un combat permanent dont l’inspiration fut sans cesse nourrie des pâtures diverses offertes ou imposées par l’actualité, et aussi des exigences particulières à ce métier de comédien qu’il ne voulut jamais abandonner.(Dictionnaire des Auteurs – Editions Robert Laffont)

 

 

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 Douze personnages en quête du rire, du grotesque et de l’amour.

Une belle distribution très homogène, où chaque acteur se donne à fond – avec talent et joie – dans l’interprétation de son personnage : romantique, cocasse, drôle, inénarrable, ridicule ou grotesque. C’est pétillant, enlevé, amusant avec des moments d’émotion…C’est du Molière dans tous ses états.

Ce qui est le plus incroyable dans cette pièce, c’est d’entendre Argan parler d’un certain Molière auteur de pièces comiques et de l’entendre même se moquer, le critiquer .

 

 

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Béralde, le sage frère d’Argan, incarne le bon sens populaire. Son discours teinté d’humour et d’ironie s’inscrit dans une logique de vérité et de sincérité.

Béralde : Moi, mon frère, je ne prends point à tâche de combattre la médecine  et chacun, à ses périls et fortune, peut croire tout ce qu’il lui plaît. Ce que je dis n’est qu’entre nous et j’aurais souhaité de pouvoir un peu vous tirer de l’erreur où vous êtes, et pour vous divertir, vous mener voir, sur ce chapitre, quelques-unes des comédies de Molière.

Argan : C’est un bon impertinent que votre Molière, avec ses comédies ! et je le trouve bien plaisant d’aller jouer d’honnêtes gens comme les médecins.

Béralde : Ce ne sont point les médecins qu’il joue, mais le ridicule de la médecine.

Argan : C’est bien à lui à faire de se mêler de contrôler la médecine ! Voilà un bon nigaud, un bon impertinent, de se moquer des consultations et des ordonnances, de s’attaquer au corps des médecins, et d’aller mettre sur son théâtre des personnes vénérables comme ces messieurs-là.

 

 

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LE MOT DE LA METTEUSE EN SCENE

Stéphanie Moriau : Cette pièce est bel et bien une comédie ! Une de ses plus grandes comédies, une de ses plus belles comédies, sa dernière…

Il exploite toutes les formes possibles : le geste, les mots, les situations, les caractères.

Les personnages sont drôles, émouvants, tendres, pathétiques…

La pièce se passe au moment du carnaval, c’est pourquoi certains des personnes entrent recouverts d’un masque. 

Argan est victime de son délire qu’on guérira par un autre  délire.

Cette pièce, c’est le triomphe de la comédie grâce à l’irrésistible Toinette , le triomphe de l’amour des jeunes amoureux et de la mascarade.

Et si le vrai malade,  c’était Béralde ?

 

LE MALADE IMAGINAIRE

 

 

 

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Un décor unique, le salon d’Argan imaginé par Christian Guilmin qui a dessiné également les costumes.

Création des lumières: Sébastien Couchard.

Musique : Marc-Antoine Charpentier dont la partition avait été perdue longtemps, mais heureusement retrouvée par William Christie- qui l’a jouée d’ailleurs dans son intégralité avec ses musiciens des « Arts Florissants » au cours d’une représentation au Théâtre du Châtelet le 16 mars 1990.

Nous avons donc aujourd’hui toute la jouissance de cette magnifique musique !

Assistant régie : Ivane Masurashvili.

 

DISTRIBUTION

Michel de Warzee (Monsieur Argan, le «  malade » )

Stéphanie Moriau (Toinette, sa servante)

Céline Schmitz (Angélique,  fille d’Argan et amante de Cléante)

 Delphine Moriau (Béline, seconde femme d’Argan)

 Sergio Zanforlin (Monsieur Bonnefoy, notaire)

 Nicolas Swysen (Cléante, amant d’Angélique)

 Michel Wright (Monsieur Diaforius, médecin)

Julien De Visscher (Thomas Diaforius, son fils)

Masha Sparynska ou Caitlin O’Connor (Louison, 2ème fille d’Argan, sœur d’Angélique)

Gérard Duquet (Béralde , frère d’Argan)

Sergio Zanforin( Monsieur Fleurant, apothicaire)

Xavier Percy (Monsieur Purgon, médecin d’Argan)

 

Mise en scène : Stéphanie Moriau

 

Un spectacle à voir sans hésiter si l’on veut retrouver la conception et l’interprétation d’antan !

C’est chouette ! C’est vivant ! C’est bien enlevé ! C’est joyeux ! On passe deux heures trente dans le plaisir !

 


 

LE MALADE IMAGINAIRE

 

Le programme conçu par Jean-Claude Seynave nous renseigne avec compétence sur certains moments de la vie de Jean-Baptiste Poquelin.

Ne manquez pas de l’acheter lorsque vous irez voir la pièce du « Malade imaginaire ».Très intéressant !

 

COMPLEMENT

 

Argan simule sa mort auprès de sa fille Angélique pour savoir quel amour elle porte à son père)

Cléante : Qu’avez-vous donc, belle Angélique ? et quel malheur pleurez-vous ?

Angélique : Hélas, je pleure tout ce que dans la vie je pouvais perdre de plus cher et de plus précieux ; je pleure la mort de mon père.

 (Argan se redresse).

 Argan : Viens ma fille, n’aie point de peur ; je ne suis pas mort. Va, tu es mon vrai sang, ma véritable fille ; et je suis ravi d’avoir vu ton bon naturel.

Quant à son épouse Béline … C’est une autre affaire !!! Ah la carogne !

Ce spectacle est le dernier de la saison 2013/2014.

Mais nous aurons  la joie de retrouver Stéphane Moriau et Michel de Warzée au cours  du Festival « Bruxellons » avec deux pièces : « Si tu mourais » et  Faisons un rêve » jouées au cours de la saison qui s’achève.

A bientôt , amis comédiens !

 

LE MALADE IMAGINAIRE/ MOLIERE

Jusqu’au   5 avril avec une reprise du 22/04 au 03/05.

 

COMEDIE CLAUDE VOLTER

Avenue des Frères Legrain  80 – 1150   Woluwe-Saint-Pierre – Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 762 09 63

 


 

« Dans les discours et dans les choses, ce sont deux sortes de personnes que  vos grands médecins. Entendez-les parler : les plus habiles du monde ; voyez les faire : les plus ignorants des hommes » (Molière/ Le malade imaginaire-1673)

 

INSERE

 

Quoi de neuf ?

 Molière

 

Je vous quitte en vous remerciant  pour votre fidélité…

Excusez-moi.  Je ne sais pas ce que j’ai !  Ca paraît compliqué.

J’appelle mon médecin et je lui confie mon état.

 


 

Je vous ai eu , non ? Cela valait la peine d’écouter cette vieille chanson adéquate à l’état  de Monsieur Organ.

Merci pour votre attention et votre fidélité.

Si vous n’aimez pas Charpentier, vous cliquez et vous  l’abandonnez.

Si vous aimez cette superbe musique, je vous propose encore une belle musique de ce grand compositeur .

Bonne écoute et à tout bientôt.

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LIFE:RESET-CHRONIQUE D’UNE VILLE EPUISEE ( THEATRE NATIONAL )

 

Une jeune femme seule s’invente un double sur internet et s’enferme petit à petit dans un monde visuel. Un univers sonore absolument  fascinant.

Pas un seul mot n’est prononcé par cette femme, on la voit bouger dans son petit appartement, se réveiller, se laver, manger, partir au travail, revenir, toujours sans rien dire.

Une solitude hébétée, faite de gestes rituels et saccadés, qui n’a comme bouée de sauvetage que l’écran d’ordinateur et son avatar dans un monde virtuel !

 

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Fabrice Murgia(auteur/réalisateur) : J’avais une image en moi, celle de toutes les petites fenêtres lumineuses qui brillent dan la nuit lorsque l’on quitte une ville en train.

Comme un assemblage de plein de solitudes qui se côtoient sans se connaître.

J’avais envie de parler de l’une d’elles, de cette solitude des grandes villes, cette solitude si paradoxale dans un univers dominé par l’hyper communication.

Aujourd’hui, il est difficile de vivre sans téléphone portable, sans internet, sans e-mails, tous ces réseaux qui vous relient au monde et vous donnent l’illusion que vous êtes en contact avec quelqu’un alors que vous êtes seuls.

On peut imaginer une jeune femme qui rentre chez elle,  épuisée par le travail. Suivant une habitude, elle va accomplir les rituels quotidiens qui l’aident à garder prise sur la vie et à oublier l’angoisse de la mort. Elle s’est créée une existence virtuelle.

 

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Ce qui est formidable chez Fabrice Murgia , c’est  son imaginaire. Il fait un théâtre cinéma de pure invention qui nous offre un autre théâtre, tout neuf dans sa conception.

Et ici, dans sa dernière pièce, très courte du reste,  il y a un mélange ingénieux de théâtre… « silencieux » , de vidéo et de hautes techniques 3 D.

Nous, spectateurs, nous  recevons ce spectacle avec curiosité dans cet alliage : fantasme/réalité.

 

 

 

 

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Fabrice Murgia : J’ai voulu explorer cet aspect des choses en profondeur. C’est un peu comme un focus sur cette question qui apparaissait déjà dans «  Le chagrin des ogres »

 


 

 

 

LIFE : RESET/CHRONIQUE D’UNE VILLE EPUISEE

 

C’est plein d’inventions, je le répète.

On entre dans la grande salle du National et on est immédiatement submergé  par un son assourdissant qui, pour moi, représente celui d’une grande ville. On voit du reste défiler sur  un long rideau virtuel des milliers de voitures, c’est inquiétant, c’est déjà ce que nous vivons avec difficulté et qui ne fera que s’accentuer hélas.

Noir. Puis, un faisceau de lumière  braqué sur la jeune femme que l’on aperçoit dans sa chambre. Et c’est à partir de ce moment-là qu’on voit la voir se déplacer dans  son appartement.

 

 

 

Fabrice Murgia  a utilisé  extraordinairement les technologies actuelles. Avec  son équipe, il a fait appel aux techniques actuelles pour créer  une série de décors dans lesquels  nous voyons la jeune femme – en chair et en os  vivre sa vie ou sur écran ou même les deux à la fois. On la suit dans sa chambre  sa cuisine, sa salle de bain.

 

 

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 Fabrice Murgia : Je pars toujours de la forme. J’ai d’abord imaginé le dispositif de décors et de caméras à l’aide d’une série de maquettes dans lesquelles j’ai imaginé tous les déplacements du spectacle …

 

C’est génial, il y a quatre vraies chambres entièrement construites de manière  réaliste où  chaque élément est réel : de la cafetière dans la cuisine à la douche de la salle de bain… Et plus étonnant encore : ces chambres voyagent sans cesse sur le plateau , tantôt à gauche , tantôt à droite , avec toujours des faisceaux de lumière très particulières.

Tout est dirigé en direct par Fabrice depuis la régie…Etonnant !

 

Dans ce grand spectacle unique, Fabrice Murgia  floute  magistralement les frontières  entre théâtre et vidéo…

 

 Fabrice : C’est bien le rapport à la solitude et la vie privée instaurée par les  « nouveaux médias » et les réseaux qui n’ont de «  sociaux »  que le nom qui est exploré. La façon dont ils colonisent insidieusement nos existences sans rien alléger pourtant du fardeau de la solitude.

 

Orchestrée par la musique entêtante de Yannick Franck, cette plongée dans l’irréalité est un trip hypnotique où musique , vidéos lumières accompagnent de manière de plus en plus envahissante la déglingue de la machine en surchauffe qu’est cette femme !

Cette femme, c’est  Olivia Carrère , tout à fait remarquable dans son interprétation « muette ». Sans le moindre mot, elle évolue  secrètement dans son univers singulier. Son regard  est  ensorcelant !

 

 

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 « Pas un mot mais une comédienne troublante Olivia Carrère dans un univers visuel et sonore fascinant »  Le Soir)

 «  Le jeune auteur et metteur en scène belge Fabrice Murgia avait surpris avec son premier opus «  Le Chagrin des ogres ». Ce deuxième spectacle confirme son talent à rendre compte des vertiges de l’auto-filmage et des liens tissés sur la toile » (Télérama)

 

Fabrice Murgia continue avec succès d’explorer son chemin de prédilection :

« L’enfermement virtuel ! Magistral ! Comme un coup de tonnerre, la salle se plonge dans le noir  et sur un immense écran défilent des images de voitures sur des grandes voies ! (Toute la Culture)

 

« Par la force de ses images, «  Life : reset » est une pièce qui bouleverse. Elle témoigne d’une remarquable maîtrise des arts plastiques, de la vidéo et de la musique qui s’enrichissent mutuellement. » (Les Trois Coups)

 

GENERIQUE

 

 

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Comédienne : Olivia Carrère

Texte et mise en scène : Fabrice Murgia/Cie Artara

Assistante : Christelle Alexandre

Musique : Yannick Franck

Environnement vidéo : Arié Van Egmond

Scénographie : Vincent Lemaire

Décoration : Anne Goldschmidt, Marc-Philippe Guérig , Anne Humblet

Régie générale : Romain Gueudré

Régie vidéo : Giacinto Caponio

Régie  son : Simon Pirson

Régie lumière : Jody De Neef

Régie plateau : Romain Gueudré , Michel Fisset, Jean-François Opdebeeck, Christelle Alexandre

Création costumes et avatars : Sabrina Harrii

Chant : Albane Carrère

Figuration : Christelle Alexandre et Romain Gueudré

Construction décor : Atelier du Théâtre National.

 

 LIFE : RESET

Chronique d’une ville épuisée /Fabrice Murgia

 

THEATRE NATIONAL

 Bld Emile Jacqmain 111-115 1000  Bruxelles

 Infos et Réservations : 02 / 203 53 03

 


 

 

A noter :

 

Introduction au spectacle le 25/03/14, 30 ‘ avant la représentation

Rencontre après le spectacle  le 26/03/14, à l’issue de la représentation.

Nous quittons  le virtuel pour nous replonger dans notre vie humaine.

Merci de votre attention et de votre fidélité .

Je vous propose cette fois , avant de nous séparer, un extrait du film de Woody Allen: 

«  RADIO DAYS » pour fêter les 100 ans de la radio  et son exposition intéressante qui se tient à Tour et Taxis !

Le 28 mars 1914, la radio belge émettait pour la première fois ! Incroyable !

 

Le film (tourné en 1987)  RADIO DAYS est interprété par Mia Farrow , Diane Keaton, Jeff Daniels.

Thème : En 1943, une famille juive passe son temps , entre deux disputes , à écouter la radio – à travers laquelle la guerre fait irruption dans un quotidien que les émissions aident à oublier. Woody Allen , se penche sur son enfance pour un film magique sur les souvenirs.

Encore deux projections de ce film à la Cinémathèque /Flagey : 24/03  et 03/04 à 17h30.

A voir pour le plaisir, pour Woody plus jeune , pour nos souvenirs…

 

Roger Simons

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES REGLES DU SAVOIR VIVRE DANS LA SOCIETE MODERNE (TH.RICHES-CLAIRES

 

 JEAN-LUC LAGARCE / CLAUDE ENUSET

 

« Naître, ce n’est pas compliqué. Mourir, c’est très facile. Vivre entre ces deux évènements, ce n’est pas nécessairement impossible. Il n’est question que de suivre les règles et d’appliquer les principes pour s’en accommoder, il suffit de savoir qu’en toutes circonstances,  il existe une solution, un moyen de réagir et de se comporter, une explication aux problèmes, car la vie n’est qu’une longue suite d’infimes problèmes, qui chacun, appelle et doit connaître une réponse. »

(Extrait du manuel «  les règles du savoir vivre dans la société moderne »)

 

 

Les règles visuel @Kim Leleux.jpg

 

 COINCIDENCE AGREABLE E ET DIVERTISSANTE…

 

Jean-Luc Lagarce , à l’affiche du Théâtre Le Public avec sa pièce « Derniers Remords avant l’oubli »(dont je vous ai largement parlé la semaine dernière) est également à l’affiche  du Théâtre des Riches-Claires avec : « LES REGLES DU SAVOIR-VIVRE DANS LA SOCIETE MODERNE », mise en scène par Claude Enuset et interprétée par Muriel Clairembourg et Magda Dimitriadis.

 

Synopsis : Une conférencière venue nous expliquer la vie, les choses, les choses de la vie, ne tarde pas à déborder ses propos et  s’investir jusqu’à dériver dans un délire vertigineux où le ridicule le dispute à l’absurde.Traversant toutes les étapes de la vie, naissance, baptême, communion, fiançailles, mariage, décès , elle s’égare à loisir dans les subtilités des usages , des codes et des normes.Mais  croit-elle réellement à ce qu’elle énonce ? Mystère !

 

 


 

 

Une conférence comme celle-là, j’en veux bien une par jour ! C’est tout à fait étourdissant !

Muriel Clairembourg est tout simplement remarquable, entrée dans ce personnage avec une assurance avérée, prenant la place d’une conférencière d’une façon éclatante, plus vraie que vraie, et terriblement  excessive!

Claude Enuset (metteur en scène) : Vous savez , j’ai découvert l’œuvre de Jean-Luc Lagarce   au travers des mises en scène de Philippe Sireuil au Varia pour «  J’étais dans ma maison » , « J’attendais que la pluie vienne , «  Nous, les héros », des pièces   de ce grand dramaturge français.Et plus tard, j’ai lu ses « Règles du savoir-vivre dans la société moderne «  et j’ai été enchanté.En 2005, j’ai proposé à Muriel Clairembourg de jouer cette pièce.  Nous avons mis huit ans pour concrétiser notre projet.

 

Quelle patience et quelle volonté, Claude et Muriel ! Mais ils ont abouti magnifiquement !

Ils se sont intégrés dans ce personnage de la conférencière qui devient un  personnage  en représentation…une dictatrice insupportable avec quelques grains de folie.

Et très amusant le sourire  permanent et excessif de Muriel Clairembourg,  parfaitement croqué  pour présenter  cette fantasque conférencière.

Notre « marionnette »  est secondée, assistée, aidée, secourue, observée par un personnage en retrait, une jeune femme au regard perçant !

Entre elles, se noue un lien nouveau, surprenant pour les spectateurs.

 

 

 

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 Ce qui est aussi amusant, c’est le long silence (un peu plus d’une heure) qui règne dans la salle du dessus du théâtre. Nous, le public,  écoutons   « religieusement » ce  sermon que nous évangélise la conférencière  d’une grande fermeté.

Il y a d’ailleurs trois bougies allumées sur l’armoire qui suscite notre «  respect »

 

 


 

 LES REGLES DU SAVOIR VIVRE DANS LA SOCIETE MODERNE

 

La pièce est basée sur le livre des convenances, usages et bonnes manières de la Baronne Staffe (1843-1911) paru en 1889.

Claude Enuset : Le ton ironique,  voire provocateur qui échappe de l’écriture révèle le décalage qui existe entre l’état actuel de la société, des mœurs et l’image désuète que ces règles renvoient de celles-ci.

En réalité, Jean-Luc Lagarce explore les mécanismes de l’exagération  touchant à la parodie, dans une veine proche de l’absurde.

 

C’est complètement  débile, tout ce qui est proclamé par cette conférencière démente.

Cela dit,  ce « manuel des règles du savoir vivre » paraît  démodé, excessif, ringard.

Est-il encore  en usage ? Je ne le crois pas quoique…dans certaines familles… C’est discutable !

 

« Il s’agit de connaître d’apprendre dès l’instant si mondain de sa naissance, à tenir son rang et respecter les codes qui régissent l’existence. Il s’agit encore de peser le pour et le contre, d’évaluer les valeurs et les intérêts qui autorisent les fiançailles, le mariage, nous ne parlons pas d’amour – les lois qui régissent les sentiments affectifs et qui mènent toujours vers la parfaite harmonie sociale… » (Extrait  du manuel du « savoir vivre  dans la société moderne »

 

 

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 Excellente interprétation de Muriel Clairembourg et Magda Dimitriadis

Excellente mise en scène de Claude Enuset, intelligente et vivante.

Excellent choix de différentes musiques pour le décor sonore : un bout d’opéra , un bout de jazz… etc.

Dramaturgie et assistanat : Magda Dimitriadis

Production : Théâtre Contregriffe.

 


 

 « Apprendre à vivre , savoir vivre , protégera toujours du naturel , et rassurera sur l’animal qui ne demande qu’à resurgir : cette part de nous si mal élevée qui laisserait parler notre cœur.

Extrait du manuel : «  Les règles du savoir vivre dans la société moderne )

 

LES REGLES DU SAVOIR-VIVRE DANS LA SOCIETE MODERNE

Jean-Luc Lagarce

Jusqu’au  29 mars 2014

 THEATRE DES RICHES-CLAIRES

 Rue des Riches-Claires  24 –  1000  Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 548 235 80

 

Prochain spectacle des Riches Claires :  NEW YORK  de Dominique Breda.

 

Je vous retrouve demain avec le spectacle du Théâtre National : «  LIFE :RESET  – Chronique d’une ville épuisée » mise en scène par Fabrice Murgia.

Comme à l’habitude, je vous laisse en compagnie d’une musique. J’ai choisi  Stravinsky qui sera joué demain 21 mars aux Ecuries de Charleroi pour un spectacle chorégraphié  au cours duquel participeront  des adolescents et des seniors. Une rencontre de toute simplicité  et d’amour pour la musique ! Une merveilleuse initiative !

Thierry Thieu Niang dirigera ce concert d’exception avec l’oeuvre célèbre de Stravinsky   « Le Sacre du printemps » pour célébrer la venue de cette saison que nous attendons tous avec impatience : le printemps !

(renseignements : www.charleroi-danses.be)

Bonne lecture du manuel du savoir vivre , bonne écoute  et à tout bientôt !

 

Roger Simons

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES FRANGLAISES ( WOLUBILIS)

 

Bonjour à Vous.

 

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 LES FRANGLAISES

 

Vous pouvez me croire, c’est la joie totale au Wolubilis avec ces douze comédiens, musiciens, chanteurs, danseurs : Les Franglaises !

Plus qu’un simple spectacle rigolo, c’est un véritable concept : celui d’interpréter un tube anglophone en français, dans une traduction strictement littérale. C’est délirant au possible ce détournement hits anglo-saxons qui montre l’absurdité des paroles dans une chanson.

Et  cela va des Pink Floyd aux Black Eyed Peas , en passant par Abba , Michael Jackson…les Spice Girls…Frank Sinatra….Ray Charles…et d’autres.

 


 

 Adrien (le meneur de jeu) : Oui. On passe effectivement de Michel Jackson à Eminem ou Rage Against The Machine en quelques secondes.

Si certains spectateurs   ne connaissent pas une chanson, ils sont tout de même embarqués dans l’histoire.

Ceux qui reconnaissent, par contre, réagissent parfois sur un clin d’oeil ou un simple mot. Et la chanson est interprétée en français dans la traduction complète de texte. C’est délirant, le public s’amuse follement…Des voix  viennent des quatre coins de la salle archi-comble.

Et je dois  vous dire aussi  que cet animateur, l’un des douze de la troupe, est sympathique et joyeux en diable, comme ses onze copains.

 

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Ce spectacle étonnant est en fait un travail d’équipe.

Plus qu’un simple jeu de traduction , les Franglaises  jouent de toute une série de courtes saynètes, chantent et dansent formidablement bien , dans un rythme fracassant et dans des registres des plus divers.

 


 

Delphine Georges : Souvent, les créations partent d’une idée de traduction. Quand l’un de nous propose une chanson, toute la troupe s’en empare.On fait des jeux, de l’impro, on recherche si vous voulez un univers. C’est un vrai travail collectif !

 Nous sommes douze sur scène, mas avec le management, le son, la lumière et la régie générale, l’équipe se compose vraiment de seize personnes. Et chacun participe à tous les aspects de la création.

 

 

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 LES FRANGLAISES

 

J’ai vu le spectacle hier soir et j’ai beaucoup aimé. Mes zygomatiques en  ont pris un sérieux coup.

Certains jouent d’un instrument, puis prennent les rennes de la mise en scène ou de la scénographie sur un autre…

Adrien : Le public s’amuse mais nous aussi, sur la scène, nous nous amusons ! On veut que tout le monde s’y retrouve. Il y a plusieurs passages où on s’amuse à raconter des chansons en mélangeant harmoniquement des chansons et des genres musicaux très différents.

On s’attaque assez peu à des chansons récentes, sans doute parce qu’on  en est un peu moins fan , mais aussi parce que on se concentre sur les grands standards.

On aimerait arriver à être très réactifs pour pouvoir travailler sur les tubes du moment. Il y a aussi des artistes auxquels on aimerait s’attaquer un peu comme Queen ou David Bowie. Vous l’aurez remarqué, on joue quelques-unes de leurs chansons, mais  ce sont des monstres et c’est chaque fois un vrai défi vocal et musical.


 

C’est branquinolesque, c’est fou,   ces artistes ont un fameux talent. Ils ont un contact permanent avec le public… C’est pour tout le monde, de toute génération, de toute culture.

C’est décalé ! C’est rythmé ! C’est plein de gags aussi comme dans certains vieux films américains C’est un travail  de pleine réussite, c’est un exercice de concentration ! Ce sont des passionnés  du métier !

 

 

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 Adrien : Dans notre spectacle  on passe en revue un peu plus d’une vingtaine de chansons, mais à côté de ça, on a travaillé sur beaucoup d’autres morceaux. On a gardé sur scène l’esprit cabaret et théâtre de rue des origines.

Nous nous sommes rencontrés dans le cadre d’un atelier d’impro amateur et on a monté un premier spectacle tous ensemble.  Cela remonte à quelques années.

Petit à petit, on s’est mis à mélanger les chansons, à les croiser , à jouer avec tous les codes des genres musicaux. On a mis au point une véritable dramaturgie avec une vraie scénographie. Notre spectacle évolue sans cesse.

Ils se nommaient Les Tistics, ils sont devenus  les Franglaises !

 

 

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On peut les voir encore ce soir et demain jeudi …Renseignez-vous : il reste encore… peut-être… quelques places.  Sautez sur l’occasion !

Une fameuse troupe éclatante, joyeuse, ce n’est pas tous les jours que ça arrive, alors, profitez-en !

 

LES FRANGLAISES

 

Une méthode de travail qui est la clé de la longévité du groupe, de son effervescence et de son enthousiasme sans cesse renouvelés.

 (Avec la collaboration de Delphine Georges/Le journal de Wolubilis )

 

WOLUBILIS

Cours Paul-Henri Spaak  1B -1200  Bruxelles

Infos et Réservations : 02 761 60 30

Je vous laisse  avec un nouvel  et dernier extrait du spectacle.

Merci de votre fidélité.

 

On se retrouve tout bientôt avec «  Les règles du savoir-vivre dans la société moderne » du grand auteur français Jean-Luc Lagarce, une pièce qui se joue  au Théâtre des Riches-Claires.

 

Roger Simons


 

 

 

 

 

 

DERNIERS REMORDS AVANT L’OUBLI ( THEATRE LE PUBLIC)

Remords et oubli : tout ce qui ne s’oublie pas use notre substance ; le remord est l’antipode de l’oubli. C’est pourquoi il se lève, menaçant comme un monstre ancien qui vous décrit d’un regard, ou remplit tous vos instants de sensations de plomb fondu dans le sang…

 

 

JEAN-LUC LAGARCE / MICHEL KACENELENBOGEN

 

 


 

 

Synopsis : Une maison à la campagne, réceptacle des sentiments,  vestige d’une histoire ancienne vécue à trois. Pierre, Hélène et Paul l’ont achetée ensemble, ils y ont vécu leur amour tant qu’ils ont pu. Pierre y vit toujours, seul. Hélène et Paul, eux, se sont mariés séparément, ailleurs

Ce dimanche, ils reviennent chez Pierre avec leurs nouvelles familles pour débattre de la vente de leur maison.

Mais il y a dans les placards des cadavres sentimentaux, des idéaux morts et des secrets.

S’ils reviennent aujourd’hui, ne serait-ce pas aussi pour régler leurs comptes ? Ou peut-être pour laisser vivre les derniers soubresauts d’un amour de jeunesse…avant l’oubli ?

 

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DESIR DE METTEUR EN SCENE

 

 

Michel Kacenelenbogen : Je pense qu’à un moment où le risque d’isolement et de solitude est grand dans un monde ultra technologique qui tente de substituer à la chair et à l’affect des échanges virtuels et abstraits , «  Derniers remords avant l’oubli » résonne de façon troublante.

Contrairement aux jeunes d’aujourd’hui, souvent déjà installés et en couple à vingt ans,  les trois personnages centraux de la pièce de Jean-Luc Lagarce : Hélène, Pierre et Paul donc, ont tenté dans leur jeunesse , porté par la fameuse révolution de 69 , de vivre autrement. Ils ont cherché à élargir  les limites du  couple, rivé au nombre deux, et se sont installés tous les trois dans une maison à la campagne pour vivre une histoire d’amour libre et sans interdit.

C’eût été possible si les deux hommes n’avaient pas tentés de savoir «  lequel des deux Hélène aimait le plus »…Hélène, déchirée entre deux hommes jaloux l’un de l’autre, a fini par capituler. Elle est partie et en a épousé un autre, un «  commercial », comme un renoncement, une trahison à ses idéaux de jeunesse.

Quand la pièce commence, ils se retrouvent  quinze ans plus tard pour vendre  la maison, achetée en commun et qui  a pris de la valeur.

Mais  Jean-Luc Lagarce va beaucoup plus loin bien sûr…

 

Le vrai désir, le plus puissant n’est sans doute pas la vente de cette maison et le partage des biens matériels. Cette vente n’est qu’un prétexte.

Et c’est bien cela qui devient de plus en plus intéressant : le  vrai désir, le fantasme, reste celui d’évaluer l’amour , les relations passées , de les quantifier. Et ce désir est irréalisable.

Parce  que l’amour, la relation amoureuse, affective, est indivisible. Cela résiste et crée une éternelle frustration. De même l’oubli est impossible.

On peut se débarrasser d’un objet, pas d’un souvenir, pas d’un amour passé.

 

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DERNIERS REMORDS AVANT L’OUBLI/JEAN-LUC LAGARCE

 

 

J’adhère totalement aux propos tenus par Michel Kacenelenbogen  qui nous conduit  au fin fond de l’histoire qui se déroule sous nos yeux.

Le thème est une chose, la conception du  spectacle en est une autre.

Nous sommes dans un autre «  théâtre », totalement différent. Une idée nouvelle de mise en action et en scène et une direction d’acteurs inhabituelle !

Le texte  est incisif, mordant, les dialogues courts, très cinématographiques.

Le spectacle est  projeté sur deux grands écrans, côté cour et côté jardin, ce qui nous permet  à nous spectateurs, de ne perdre aucun  moment de la pièce au ton serré.

 

Michel Kacenelenbogen bouscule les traditions et nous offre une nouvelle conception théâtrale, qui convient  bien à ce style de pièce.

Les six acteurs sont absolument formidables, d’une capacité dramatique violente.

Deux sont belges : Inès Dubuisson et Thierry Janssen.

Les quatre autres suisses : Bénédicte Chabot, Marie Druc, Christian Gregori et Antony Mettler.

 

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UN THEATRE  «  PLUS-QUE-PRESENT »

 

 

Il y a chez Jean-Luc Lagarce , dans l’écriture comme dans l’amour, une nécessité artistique et existentielle de n’accéder à ce qu’on appelle la réussite qu’à travers une longue et profonde expérience de l’échec…

 

Lagarce n’hésite pas à frôler le précipice de l’informe. Ecrivain-rhapsode, il pratique la vivisection dans la chair du drame. Il coupe et découpe, puis recoud.

 

La profonde originalité de ses pièces tend pour une large part  à cette continuité-discontinuité. De la situation dramatique classique telle qu’elle structure une scène, au sens traditionnel , et permet le développement d’un conflit , l’art tout en évitement et en détours de Lagarce nous déporte vers ce que Roland Barthes appelle une «  situation de langage ».

 

La parole itérative, tout en repentirs , rétractations et autocorrections des personnages de Lagarce , couvre tout le prisme , très large , de son théâtre.

Dans sa mise en tension de l’intime et du politique, ce théâtre est ouvert à la Multitude.

« Oser chercher dans son esprit, dans son corps, les traces de tous les autres hommes »

Telle est la réussite du théâtre de Lagarce que l’échec personnel à vaincre la séparation et à trouver l’amour fusionnel s’y résout in extremis en amour transpersonnel de l’humanité dans son ensemble.

Juste ce qu’Aristote désignait comme la vocation de la poésie dramatique : « dégager et exalter le sens de l’humain »

(Extrait de «  Jean-Luc Lagarce » in Europe – revue littéraire mensuelle – 88e année, n°969-970, janvier-février 2010)

 

EXTRAIT DU JOURNAL DE JEAN-LUC LAGARCE

 

Samedi 7 mars 1987 -Paris. e Halles. 13 heures environ…

Difficultés d’argent angoissantes.

Difficultés de distribution( on ne s’en sort pas)

Diificutés affectives-sensuelles, etc. Absence de passion amoureuse.

Et pourtant :

Dynamisme , vraiment , vraiment et cela mérite d’être signalé…

Si j’arrive à refaire  » Derniers Remords avant l’oubli », vraiment le rendre clair , les rapports entre les gens , dire la vérité et renoncer à l’ellipse , ce sera une grande victoire et surtout une étape décisive….

 

UNE PIECE INTELLIGENTE -UN TEXTE PERCUTANT !

 

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Cette pièce n’est pas toujours facile à comprendre,  à suivre, certains arguments peuvent nous échapper , mais nos réflexions etnos questions  nous conduisent rapidement à  une compréhension totale.

 

Le travail de mise en scène de Michel Kacenelenbogen est d’importance. Ce qui d’ailleurs n’est pas nouveau ! C’est un chercheur, un investigateur  un détecteur d’auteurs !

 

 Il a choisi la Salle des Voûtes  pour cette pièce, une salle qui dégage toujours un certain mystère, une autre ambiance que celle d’un vrai plateau de théâtre (la grande salle par exemple).

 

Les gestuelles des six comédiens sont aussi tout autres que celles  adoptées habituellement.

 

Il y a également de nombreux plans fixes, comme au cinéma.

 

La musique de Pascal Charpentier est  de connivence avec l’action,  et crée une certaine ambiance  complémentaire.

 

Les caractères des six personnages sont bien croqués, explicites pour les spectateurs.

 

Le décor est tout simple : le mur de la maison avec une porte centrale au milieu et face au mur, quatre colonnes sur lesquelles les acteurs se figent  lorsqu’ils sont hors-jeu .

 

Il y a donc une double vision de la pièce : les acteurs face à nous et  leur reproduction sur écran en fond de plateau.

 

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COURT EXTRAIT

 

 

 

Hélène : Je mentais, peut-être ai-je toujours menti, je ne sais pas, c’est possible. Peut-être, ce n’est pas très agréable à entendre , mais lorsque je vous revis, là, aujourd’hui , peut-être ai-je compris ça, au moins : je mentais tout le temps, tellement. J’avais oublié ou je ne me l’étais jamais avoué.

 

Je l’admets en souriant , tu as vu ça, je souris en avouant , un peu garce , l’idée que vous avez de moi,  mon sourire légèrement triste pourtant , toujours un peu mélancolique , vous l’aimiez tant , oh comme vous l’aimiez ! Vous le répétiez sans cesse. Cette manière qu’à mon visage de ne jamais rien réclamer…

Ce qu’il faut savoir et ce qu’il faut ajouter : bien évidemment je ne vous aimais plus.

Et aussi : lorsque je te quittai pour partir avec lui, lorsque j’abandonnais l’un pour l’autre , je n’avais pas choisi , je n’en aimais pas l’un plus que l’autre…

 

 

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Je vous conseille vivement de vous procurer le programme avant la représentation, vous y trouverez  d’autres propos encore  des plus intéressants.

 

L’ambiance est très tendue durant tout le spectacle à l’exception de la séquence désespérante de bonne humeur commerciale d’Anthony  Mettler  (Antoine) qui offre des respirations comiques bienvenues bien sûr.

 

Une heure trente d’un théâtre moderne.  Ce n’est pas de refus.

 

 

DERNIERS REMORDS AVANT L’OUBLI/JEAN-LUC LAGARCE

 

 

Mise en scène : Michel Kacenelenbogen

 

Avec Bénédicte Chabot, Marie Druc, Inès Dubuisson , Christian  Gregori , Thierry Janssen et Anthony Mettler.

Assistanat à la mise en scène : Kim Leleux

Lumière : Philippe Bégneu

Régie : Louis-Philippe Duquesne

Stagiaire régie : Nicolas Oubraham

Photo cover : Bruno Mullenaerts

Photos : Kim Leleux & Augustin RebetezCo création et production : Théâtres Le Public et Le Poche de Genève.

 

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DERNIERS REMORDS AVANT L’OUBLI

Jusqu’au  19 avril.

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THEATRE LE PUBLIC  (Salle des Voûtes)

Rue Braemt  64/70 – 1210  Bruxelles

Infos Réservations : 0800 / 944 44

 

 

 

INSERE  THEATRE/ CINEMA

 

 

Avant de vous quitter,  un mot sur le film de  Volker Schlöndorff : DIPLOMATIE interprété par

André Dussolier et Niels Arestrup. Un film  formidable !

 

La pièce a été jouée au Wolubilis  en mars 2012 avec les deux mêmes acteurs.

Je les connais tous les deux, les ayant interviewés pour mes émissions à la RTBF.

Et c’est ce grand comédien   Niels Arestrup   que j’ai  rencontré au Théâtre de Poche en 1973, lorsqu’il  est venu y jouer «  LA FAMILLE » de Ludewijck De Boer  , un feuilleton -spectacle en quatre épisodes/représentations, mis en scène par Derek Goldby  , et interprété par  Niels Arestrup qui venait y faire ses premiers pas comme comédien de théâtre. Ce fut un triomphe.

 

Je vous propose une relecture de ma chronique sur «  Diplomatie » réalisée lors des représentations  de la pièce en 2012 au Wolubilis.

 

 

DIPLOMATIE(republication)

 

 

Il s’agit d’une rencontre imaginaire entre le gouverneur militaire de Paris, le général Choltitz, et  le consul de Suède, Raoul Nordling.

Les deux personnages ont existé mais  leur rencontre – telle que décrite au théâtre – est fictive, imaginée par Cyril Gély dans un dialogue choc, incisif,  violent,  percutant ! Un exercice délicat et périlleux . Une réussite !

 

Le Général Allemand Dietrich Von Choltitz , commandait la garnison de Paris en 1944 , au moment de l’approche de la 2ème division blindée du Général Leclerc, et des armées alliées , tandis que Raoul Nordling occupait à la même époque , le poste de Conseil Général de Suède à Paris.

On sait que ces  deux hommes se sont effectivement rencontrés.

On sait qu’Hitler avait donné l’ordre de rayer Paris de la carte, et on sait que le Général a fini par désobéir à la volonté démente du Führer.

Mais on ne sait pas comment il est arrivé à cette décision, lui, l’officier supérieur descendant de trois générations de militaires prussiens.

 

Cyril Gély a échafaudé les évènements de cette fameuse nuit où tout a basculé, grâce à la confrontation « supposée » de Von Choltitz et Nordling dans une chambre de l’hôtel Meurice à Paris.

 

Et c’est ici que commence la pièce sublime : Une chambre d’hôtel qui permet d’avoir une vue panoramique sur Paris et d’où l’on découvre des endroits  importants  de la capitale française.

Mais tout va être rasé dans quelques minutes.  Le Général Allemand (Niels Arestrup) a donné des ordres de destruction totale.

C’est à ce moment-là  qu’entre – en scène –  le Consul de Suède (André Dussolier) qui a à remettre une lettre au Général.

Une longue conversation va s’établir  au cours de laquelle Raoul Nordling va tenter de convaincre le Général Allemand  d’arrêter ce massacre horrible…

 

Et pendant plus d’une heure, l’entretien va mener bon train.

Les propos tenus par le Consul vont attirer l’attention du Général. Le Consul est très convaincant.
Von Choltitz finit par lui dire : « Vous auriez fait un bon avocat »        

Mais le duel que vivent ces deux hommes continue avec acharnement…

 

Un vrai jeu de chat et de la souris où, face à la posture massive et rugissante de l’un (Niels Arestrup)- se déploie l’élégance et la subtilité  de l’autre (André Dussolier)…

 

 …Puis Von Choltitz  téléphone à ses officiers …c’est l’heure  de faire tout exploser…

Que va-t-il dire à ses hommes ?

 

Quelle extraordinaire interprétation par ces deux grands comédiens français dont  les physiques tellement différents collent admirablement aux deux personnages. –

 

 Quelques extraits de la presse française :

 

 « Cette imaginaire négociation nous offre un face à face corsé et subtil entre deux stars des planches… Une pièce intelligente, à la mise en scène qui ne cherche pas les effets et laisse plus de respiration aux comédiens. Une belle partition.( D.A. Le Journal du dimanche 30.01.2021)

 

« Décor, mise en scène, bande-son : tout est impeccable, dans le style vieux théâtre au meilleur sens du terme : celui qui vous prend par l’oeil et l’oreille sans faire de chichis et sait d’autant mieux capter votre attention qu’il est servi par des acteurs parfaitement choisis…(Brigitte Salino/Le Monde)

 

 

Je me rallie totalement à ces propos.

Armelle Héliot(Le Figaro)  insiste sur le fait que les deux personnages sont d’une cohérence psychologique intellectuelle, humaine très convaincante…

 

Quelles sont maintenant les impressions de Mijanou Loosen, notre spectatrice  attitrée ?

 

Mijanou : Lorsque le théâtre prend pour sujet la « grande histoire » en imaginant un face à face fictif, mais subtil et profond… lorsque ce dialogue de crise est interprété avec autant de brio par deux tout grands comédiens… on ne peut que ressortir impressionné et conquis ! Décidément, on passe de grands moments à Wolubilis !

Le texte a le mérite d’évoquer aussi (brièvement) les souffrances des civils allemands, de montrer qu’un général peut être aussi un père, un époux…

Il faut juste, en début de spectacle, s’adapter au fait d’avoir en face de soi, ce personnage de Général Allemand parlant un français impeccable !

Mais passé ce cap, on est embarqué dans ce huis-clos où heureusement quelques répliques qui ne manquent pas d’humour (paradoxal souvent) ont aussi l’occasion de nous faire sourire.

Ah, si la diplomatie pouvait empêcher la destruction des villes …. Sarajevo, Beyrouth, … et tant d’autres…

Un  spectacle, qui malgré la gravité des propos, connaît – comme vous venez de le souligner, quelque peu l’humour.

Ainsi, le Général Allemand, est au téléphone et donne des ordres à un subalterne. Apparemment  son propos n’est pas bien compris.

Il s’énerve et dit : «  Ah ! Ces Allemands ! Ils sont plus emmerdants que les Français ! » 

 

Merci Mijanou…

 

Après avoir lu cette chronique sur « Diplomatie », vous aurez très certainement l’envie et la curiosité de voir  ce film qui passe sur nos écrans.

 

En avant-première, un court extrait du film de Schlöndorff avec Niels Arestrup et André Dussolier.

 


 

J’ai recueilli sur you tube une interview de Niels Arestrup réalisée par Europe

 


 

Merci à Europe 1!

 

Vous voilà renseignés sur ce film  éclatant et plein d’intérêt.

Bon théâtre au Public avec «  Derniers remous avant l’oubli »

Bon film au cinéma avec «  Diplomatie »

A tout bientôt !

 

 

 

Roger Simons