COQUINS COQUINES…TAQUINS TAQUINES…A L’XL THEATRE …

 


DU GRAND MIDI…


 

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Avec un titre pareil, et qui n’est pas gonflé pour autant, faites-moi confiance,  c’est un fameux cadeau que nous fait  Bernard Damien pour son avant-dernier spectacle bruxellois avant de quitter la Belgique définitivement.

Il va nous manquer ce Théâtre de qualité, où l’on a eu l’occasion de voir des spectacles formidables choisis, écrits, mis en scène, joués parfois par Bernard Damien.

Le saviez-vous ?  C’est lui qui a innové, il y a quelques années,  « le théâtre en appartement ». Dans un appartement qui était le sien et où il plaçait  une trentaine de spectateurs. On y passait de bons  moments …Serrés les uns contre les autres.

Puis est né Le Théâtre du Grand Midi, au midi comme  et ensuite  L’XL Théâtre du Grand Midi , dans le quartier  d’Ixelles.

Je vous invite à lire le texte qui va suivre  en musique qui créée une ambiance relaxante, amoureuse et sensuelle !


 

 

COQUINS  COQUINES

 « Rien ne ressemble tant à un honnête homme qu’un coquin qui connaît son métier » (Georges Sand)

TAQUINS  TAQUINES

 « Taquiner  le corbillard »(Marcel Aymé)

 Mais ici, dans ce spectacle, tout est galanterie  jouée, chantée ou inspirée…

 

MAIS  LE TEXTE RECUPERE PAR BERNARD DAMIEN  SE FOCALISE SUR LE MOT : « BAISER »

 

 « Baiser ou faire l’amour…

 « Ma femme aime se faire baiser…

 « Je baise,  tu baises, elle baise, nous baisons…

 

Ce verbe « osé » est répétitif dans la pièce ! Tant par les femmes que  par les hommes !


Bernard Damien : Que vos lecteurs se rassurent : c’est un spectacle gentiment et joyeusement polisson, traité avec  humour et délicatesse.

Je vous invite à partager quelques confidences réservées aux adultes. J’ajoute  encore ceci : c’est un bien agréable moment d’espièglerie délicieusement dérobé à l’intimité de paravents faussement opaques…

 

 QUATRE GRANDS SONT DESCENDUS A L’XL THEATRE

 

Gabriel Charles de Lattaignant , mieux connu sous le nom de l’abbé Lattaignant, chansonnier et poète  du 17 ème siècle,

Boccace, écrivain du 14 ème siècle,

Esope, écrivain grec de – 620 avant J.C,

Jean de la Fontaine, fabuliste et poète français du 17 ème siècle.

 Ce sont ces personnalités-là auprès desquelles Bernard Damien a fait de nombreuses recherches.   A  voir  absolument.


 

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CINQ  ARTISTES  SE SONT INSTALLES  SUR LE PLATEAU DE L’XL THEATRE POUR UNE QUINZAINE DE JOURS :

 

Anne-Marie Cappeliez (la marquise)

Amélie Segers (la comtesse)

Francis Besson (le baron)

Raffaele Giuliani (le vicomte)

Johanna de  Widt (la claveciniste)


 

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UN SIXIEME COQUIN

 

Celui qui a fait des recherches,  collationné les nombreux textes, écrit une adaptation théâtrale, réalisé une mise en scène vivante, croquante, c’est bien évidemment Bernard Damien,  coquin en diable.



 

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Le thème principal, c’est le MOT  et la CHOSE de Monsieur l’Abbé L’Atteignant…




 

 Dans le spectacle de l’XL THEATRE, c’est Francis Besson qui nous « remue » avec ce  texte quelque peu érotique, pour ne pas dire plus…


 

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Quel est l’acteur qui n’a jamais dit ce texte au cours de sa carrière ?

Quel est l’homme qui n’a jamais osé  le dire à sa femme ou concubine ?


 COQUINS  COQUINES…

 

Bernard Damien : Il n’y a pas que ces textes «  chauds chauds », il y a aussi les chansons  dont la grande majorité sont de grands  classiques   « pervertis » par l’esprit égrillard et paillard venant même du Haut Moyen Age !


 

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 La scénographie colle parfaitement à cette pièce  libertine avec ses nombreux paravents, quelques sièges recouverts de broderie, tapis au sol. Un Jardin intérieur style XVIII Siècle, chic et de bon goût, des chandeliers sur des tables basses, quelques  jolies vaisselles…et d’autres encore…d’autres   « choses » sans le «  mot »…

 

 

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IXELLES/BRUXELLES/RUE GOFFART/L’XL THEATRE DU GRAND MIDI 

 

Rendez vous dans ce théâtre  au plus vite  et vous  verrez comme moi ce merveilleux  plateau devenu appartement de luxe.

Et sur quelques accents musicaux joués au clavecin, avec une lumière douce, apparaissent  les quatre personnages qui sautent et rient…

Le «  baron «  qui claudique pose la première question essentielle de la pièce :

 

Baron (s’adressant à la  jeune comtesse) : Madame ? Madame ? On vous a dit souvent le mot (la comtesse disparaît, apparaît  la marquise)

Madame…on…on…vous a dit… souvent le mot ?

La Marquise : On m’a fait souvent la chose…


 

Ils sont magnifiques tous les quatre, épousant avec  talent  la silhouette, la démarche, le ton  des personnages de ce Siècle lointain.C’est d’une gaîté totale !  Une heure d’un plaisir  jouisseur !


 

 

 

Merci et bravo  aux acteurs qui seront heureux de vous  voir  dans la salle de L’XL THEATRE DU GRAND MIDI,  l’un de ces prochains soirs à 20h30(sauf le lundi) avec une matinée unique le dimanche 06/10 à  16h (Quel fameux dessert).


 

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 Bondissez sur votre téléphone pour  la réservation immédiate de vos places : 02 / 513 21 78  ou 0475 519 118.

 

COQUINS COQUINES – TAQUINS TAQUINNES

Jusqu’au 12 octobre 2013

Rue Goffart  7 a – 1050  Bruxelles

Infos/Réservations : 02 / 513 21 78


 

 

Marquise/Comtesse : Que c’est bon d’être demoiselle

Car le soir dans mon petit lit

Quand l’étoile Vénus étincelle

Quand doucement tombe la nuit

 Marquise : Je me fais sucer la friandise.

 Je me fais caresser le gardon

 Comtesse : Je me fais empeser la chemise

Je me fais picorer le bonbon



 

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                  (credit/photos :Paul Freitas)

 

 

CE QUI VA SUIVRE EST INTERDIT AUX MOINS DE  14 ANS.

 

 Roger Simons, le polisson

 

 

 

 

 

 

 

 



ECLATS DE RIRRRES A L’XL THEATRE

 

XL THEATRE DU GRAND MIDI

 

Bernard Damien avait créé un théâtre du côté du midi…de Bruxelles. C’était  Le Théâtre du Grand Midi. Changement ! Il doit abandonner son théâtre et en créer un autre, cette fois dans le quartier d’Ixelles. D’où l’XL THEATRE…DU GRAND MIDI.

 

 ECLATS DE RIRRRES

 

 

 

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L’un des derniers spectacles de Bernard  qui va quitter  définitivement la Belgique pour vivre une nouvelle vie théâtrale dans le Midi de la France.

Mais avant de nous «  abandonner », il nous propose quatre spectacles.

Une note est parue sur ce blog avec le premier :« Le printemps du monde »  de Pablo Neruda.

 Si cela vous intéresse, vous le savez, il vous suffit d’inscrire la note dans «  rechercher »   au bas de la colonne droite.

 

 

 

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J’ai vu  samedi dernier le deuxième spectacle :« Eclats…  produit par la Cie des Plumes.

Ils sont deux pour  jouer cette pièce, je devrais plutôt dire : des « Interludes «  (bribes de pièces ou petits sketchs) écrits par le tout grand Gorges Feydeau en fin  du 19 ème siècle.Je ne connaissais pas ces pièces-là. Il est vrai que je n’étais pas encore né !C’était une façon de distraire et faire passer agréablement le temps auprès du public lorsque l’on procédait à des changements de décors, de mobilier…C’est d’un drôle incroyable ! Et les deux acteurs  ont du talent et sont amusants. C’est un couple, Amélie Ségers et Raffaele Giuliani, tous deux originaires d’Italie.

Ils interprètent, dans une série  de sketchs, une volée de personnages  complètement dingues…

 

 

 

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Ils virevoltent tous deux de jeux d’esprit en jeux d’esprit. Sous la plume de Feydeau , vous pouvez imaginer ce que cela donne !

 

 

 

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Il est impossible de vous raconter ces petits bouts de rires. Par contre, vous allez pouvoir en juger  grâce à la vidéo réalisée par notre ami Paul.


 

 

 

 

S’ils  donnent à nouveau leur spectacle, je vous en ferai part.

Cela dit, ils participeront  au troisième et avant-dernier spectacle de Bernard Damien : «  Coquins coquines » , des galanteries inspirées des Contes de La Fontaine  , Esope…etc.Du 27 septembre , vendredi prochain donc, jusqu’au 12 octobre. Vous serez mis au parfum dès samedi sur  mon blog des  « Feux de la Rampe »

Deux autres comédiens que vous connaissez tous font p


TOUT A UNE FIN…

 

Et , hélas , le dernier spectacle de Bernard , du 15 au 25/10 : «  AINSI PARLA  ZARATHOUSTRA »      .

A noter dès à présent. Réservez au 02 / 513 21 78.

 

 

 

 Les photos  et video d’Amélie Ségers et Raffaele Giuliani   sont signées : Paul Freitas.

 

Merci de votre attention.

 

 Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE MISANTHROPE (THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS)

 

Subligny – La Muse dauphine –( 17 juin 1666 )

 

Une chose de fort grand cours

Et de beauté très singulière

Est une pièce de Molière.

Toute la cour en dit du bien.

Après son « Misanthrope » il ne faut plus voir rien,

C’est un chef d’œuvre inimitable »

(Extrait de : « Jugement sur le Misanthrope » – Classiques Larousse 1939)

Plus de trois siècles plus tard, on peut toujours tenir le même propos; il s’agit bien d’une pièce formidable.

 

 LE MISANTHROPE  –  MISE EN SCENE : DANIEL SCAHAISE

 

 Alceste :

Morbleu ! c’est une chose indigne, lâche, infâme,

De s’abaisser ainsi jusqu’à trahir son âme ;

Et si, par un malheur, j’en avais fait autant,

Je m’irais, de regret, pendre tout à l’instant.

 

Pour Alceste, le misanthrope, le mélancolique, le neurasthénique, le vindicatif, amoureux jusqu’à la déraison, tous les hommes sont méchants, malfaisants , complaisants , fourbes , infâmes et scélérats maudits.

 

2013.  QUOI DE NEUF ?  MOLIERE !


 

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Daniel Scahaise (metteur en scène et scénographe) : Alceste combat « l’art de plaire à la Cour » et l’hypocrisie des hommes, mais succombe aux charmes de Célimène , une veuve coquette et médisante.Dans cette comédie de caractères, Molière dénonce la perte d’un idéal : celui de l’honnête homme.

 

LA TENTATION DU SERIEUX

 

Daniel Scahaise : « LE  MISANTHROPE »  est une comédie noire mais surtout tragi-comique entre deux visions qui s’opposent.

On peut choisir le parti de noircir cette pièce, comme pour une tragédie mais je pense que si on fait ça, on prend Alceste un peu trop au sérieux. Il y a certaines scènes où Alceste est vraiment ridicule et tourné par Molière ainsi.

Je crois que si on en fait une tragédie d’un homme incompris , on passe à côté de quelque chose , car c’est pathétique mais drôle et terrible de voir quelqu’un pris d’une telle passion prendre autant de portes dans la figure.

 

 AU THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS

 

20h15. Grande salle. Le noir se fait dans le théâtre. La scène s’illumine d’un éclairage vif. Et l’on aperçoit un long couloir de miroirs noirs, en diagonale sur le plateau. Peu de meubles, c’était ainsi à l’époque. Un salon de riches ! Une demeure des plus aristocratiques.

De jeunes seigneurs très élégants entrent vivement dans ce salon et disparaissent presqu’aussitôt.

Un homme est vêtu à l’ancienne, se déplace nerveusement. Il est en colère. Il a quitté la salle où se tient en ce moment une fête à laquelle participent tous ces « faiseurs », ces « gens à la mode » ces «obligeants diseurs d’inutiles paroles »…C’est Alceste … Il se trouve seul avec son ami Philinte.

 

Philinte : Qu’est-ce   donc ? Qu’avez-vous ?

Alceste : Laissez-moi, je vous prie.

Philinte : Mais encor dites-moi quelle bizarrerie..

Alceste : Laissez-moi là, vous dis-je , et courez vous cacher.

Philinte : Mais on entend les gens, au moins, sans se fâcher.

Alceste : Moi, je veux me fâcher, et ne veux point entendre.

Philinte : Dans vos brusques chagrins, je ne puis vous comprendre,

Et quoique amis enfin, je suis tout des premiers…

Alceste : Moi, votre ami ? rayez cela de vos papiers.

J’ai fait jusques ici profession de l’être ; Mais après ce qu’en vous je viens de voir paraître

Je vous déclare net que je ne le suis plus,

Et ne veux nulle place en des cœurs corrompus.

Philinte : Je suis donc bien coupable, Alceste, à votre compte ?

Alceste : Allez, vous devriez mourir de pure honte ;

Une telle action ne saurait s’excuser,

Et tout homme d’honneur s’en doit scandaliser.

Je vous vois accabler un homme de caresses,

Et témoigner pour lui  les dernières tendresses ;

De protestations, d’offres et de serments,

Vous chargez la fureur de vos embrassements ;

Et quand je vous demande après quel est cet homme,

A peine pouvez-vous dire comme il se nomme ;

Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant,

Et vous me le traitez à moi d’indifférent.

Morbleu !c’est une chose indigne ; lâche, infâme,

De s’abaisser ainsi jusqu’à trahir son âme ;

Et si, par un malheur , j’en avais fait autant,

Je m’irais, de regret, pendre tout à l’instant…

 

J’ai voulu vous présenter  un long extrait de la première scène du «  Misanthrope »  qui définit  bien le caractère d’Alceste ce qu’est cet homme !

Une mise en scène vivante, sobre, intelligente, où Daniel Scahaise a dirigé ses acteurs dans un style moderne.

Sans faire résonner les vers, sans un ton déclamatoire ou emphatique, aucun mouvement gratuit comme ce fut souvent le cas il y a quelques années encore.

Il a guidé ses amis comédiens un peu à la façon de l’Actors  Studio. Il les fait jouer avec le physique, le mental, avec un  approfondissement psychologique d’aborder le personnage.

 De donner l’impression d’improvisation, que le texte de Molière  devienne conversation.

 

Daniel Scahaise : D’ailleurs, Alceste, le solitaire, s’en vient  parler à chaque spectateur en particulier, assis sur le  bord du plateau.

Philinte : Mais sérieusement, que voulez-vous qu’on fasse ?

Alceste : Je veux qu’on soit sincère, et qu’en homme d’honneur

On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.



 

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 LE MISANTHROPE : L’UNE DES MEILLEURES COMEDIES DE MOLIERE

 

La pièce a commencé vendredi dernier. Les mille huit cent cinq vers que représente « Le Misanthrope » vont se faire entendre durant un mois, joués avec talent, brio, et une verve poétique, éclatante et intarissable par les onze comédiens du spectacle, avec en tête l’extraordinaire Christophe Destexhe  dans le rôle écrasant d’Alceste.

Déjà, que nous l’avions tant aimé et félicité pour son interprétation de Cyrano, il y a un an.

Il nous offre un misanthrope d’une vérité éclatante et quasiment unique, profondément humain, sincère.


Maurice Donnay (1911) : « Le Misanthrope » est vraiment la plus belle comédie de Molière ; elle est spéciale dans son genre. D’abord, elle est tout entière de Molière, je veux dire qu’elle n’emprunte rien ni aux Italiens, ni aux Espagnols , ni aux vieux conteurs français ; on n’y signale aucune imitation , et la farce n’y apparaît pas un instant…Le Misanthrope n’est pas seulement la plus noble expression du génie de Molière, c’est encore une date considérable dans l’histoire du théâtre français. »

(Extrait d’une critique publiée dans « Classiques Larousse »)

 

C’est vrai ce qu’écrivait Maurice Donnay en début du vingtième siècle. Et c’est toujours vrai en ce début du vingt et unième siècle !


Philinte :

Tous les pauvres mortels, sans nulle exception,

Seront enveloppés dans cette aversion ?

Encor en est-il bien, dans le siècle où nous sommes…

Alceste :

Non, elle est générale et je hais tous les hommes.

Les uns parce qu’ils sont méchants et malfaisants,

Et les autres pour être aux méchants complaisants

Et n’avoir pas pour eux ces haines vigoureuses

Que doit donner le vice aux âmes vertueuses.

 

Rapprochant l’univers du Misanthrope de celui d’aujourd’hui , la mise en scène de Daniel Scahaise fait fi de la perruque et du badinage amoureux.

 

 ALCESTE L’AMOUREUX DE CELIMENE



 

 

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Daniel Scahaise : Philinte, Arsinoé, Oronte  et les petits marquis appartiennent à la même caste. Seule Célimène, jeune veuve d’un « riche bourgeois », venant sans doute d’un milieu populaire, et aspirant à s’installer «dans le monde »  ne fait pas partie du sérail.

Pour  son entrée dans le monde, elle se sert de sn charme, de son esprit…de son lit, tout comme Tartuffe se sert de la religion.

Je me suis toujours demandé pourquoi Célimène à la fin de la pièce était rejetée de tous alors qu’elle faisait exactement la  même chose qu’eux…C’est tout simple. C’est parce qu’elle ne fait pas partie du clan !

 

 LE MISANTHROPE DES MARTYRS


Une réussite ! A préciser que Daniel Scahaise n’a retiré le moindre vers de Molière, rien n’est  changé en quoi que ce soit !

Les comédiens «parlent » le texte de Molière. Leurs jeux de scène sont modernes, légers. Même les longues tirades d’Alceste passent extraordinairement la « rampe ».

Les personnages sont bien dessinés et interprétés avec bonheur et aisance, sillonnant la scène avec ardeur, vivacité, volubilité et une certaine faconde.

Deux heures de spectacle qui en paraissent bien moins que cela tant le rythme est soutenu.

Daniel Scahaise nous offre un « Misanthrope » dépoussiéré, vivant, jeune.  Un « Alceste «  en colère, haineux envers les hommes, malheureux et l’on s’en rend compte dès les premiers mots et les premiers mouvements, éperdu d’amour pour Célimène, cette dernière effrayée  de cet amour exigeant qui lui fait peur.

Comme c’est souvent le cas, il aurait pu s’intéresser, désirer, aimer une Arsinoé ou une Eliante, mais non, il est fou de Célimène ! Il faut dire qu’elle est attirante, séduisante, ravissante la Célimène d’Alceste !

 

Alceste : Vous avez trop d’amants qu’on vous voit vous obséder,

Et mon cœur de cela ne peut s’accommoder.

Célimène : Des amants que je fais me rendez-vous coupable ?

Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable ?

Et lorsque pour me voir ils font de doux efforts,

Dois-je prendre un bâton et les mettre dehors ?

Alceste : Les rieurs sont pour vous , madame , c’est tout dire,

Et vous pouvez pousser contre moi la satire.

Philinte : Mais il est véritable aussi que votre esprit

Se gendarme toujours contre tout ce qu’on dit,

Et que, par un chagrin que lui-même il avoue,

Il ne saurait souffrir qu’on blâme ni qu’on loue.

Alceste : C’est que jamais , morbleu ! les hommes n’ont raison,

Que le chagrin contre eux est toujours de saison,

Et que je vois qu’ils sont , sur toutes les affaires,

Loueurs impertinents ou censeurs téméraires.



 

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LE MISANTHROPE  2013

Avec

Laurent Tisseyre (Philinte)

Stéphane Ledune  (Oronte, une belle composition !)

Julie Lenain  (Célimène la belle…accrochante que diable)

Dolorès Delahaut (Eliante, la cousine de Célimène)

Isabelle De Beir (Arsinoë.. un plaisir de revoir cette comédienne)

Jaoued Deggouj (Acaste, marquis, dévoreur de petits gâteaux, très drôle.. comme  toujours)

Gauthier de Fauconval (Clitandre, un marquis très hautain)

Barbara Borguet (Basque, valet légèrement handicapé de Célimène)

Maxime Anselin (Un garde de la maréchaussée française)

Nicolas Swysen (Du Bois, valet  d’Alceste)

Et

Christophe Destexhe (Alceste) (Mille bravos, Christophe)


Et aussi :


Caroline Bertrand(Assistante à la mise en scène)

Anne Compère (Costumes)

Mac O’Neal (Habilleur des hommes)

Laetitia Doffagne (Coiffures)

Bernard Marbaix (un travail intéressant sur les alexandrins

Philippe Fontaine (Régie /Lumières)

Philip Glass (un tout grand compositeur)


Et


Daniel Scahaise,  metteur en scène et scénographe.(Impeccable !)

 

 

 


PS. A noter dans votre agenda le concert qui se déroulera dans ce Théâtre le lundi 14 octobre à 20h15.

Au programme : des airs de scène et airs de cour signés D’Alembert , Le Camus , Du Buisson et Lully…



 

Encore un cadeau avant de nous séparer : Lambert Wilson et Fabrice Luchini dans une séquence du film «Alceste à bicyclette », un  chef d’œuvre.


Roger Simons

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES MILLE ET UNE NUITS (THEATRE ROYAL DU PARC)

DOMINIQUE SERRON

 

 

Thierry Debroux (Directeur du Théâtre) : Cinq femmes sont aux commandes durant  toute cette nouvelle saison. En tête : DOMINIQUE SERRON, fondatrice  et directrice de   « L’Infini Théâtre »  en 1986, qui revisite avec jubilation LES MILLE ET UNE NUITS.


 

 

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Son premier spectacle «  ALICE » au Botanique.

 

Depuis, Dominique a multiplié les expériences de partenariat et de résidence : C.C.Jacques Franck,Théâtres de Namur et du Molière, L’Hexagone de Grenoble…

 

« L’Infini Théâtre »  bénéficie également du Palais des Beaux-Arts de Charleroi dans lequel Dominique a présenté en 2012 une nouvelle adaptation de la célèbre opérette  allemande  « L’Auberge du Cheval Blanc » de Ralph Benatzky , dont la première représentation a eu lieu en 1930 à Berlin,  jouée ensuite à Paris en 1932 dans  sa version française.

 

 

 

 

Et d’autres spectacles toujours très intéressants et montés brillamment par Dominique Serron : « Le jeu  de l’amour et du hasard », «  La Princesse Turando », « Roméo et Juliette » et  un personnage mythique : Marilyn Monroe, interprétée par France Bastoen : «  Nobody Else », en 2010 au théâtre Molière, dans le quartier d’Ixelles-Bruxelles.

 

Cette saison 2013/2014, la Compagnie prend un nouveau tournant avec deux nouvelles collaborations.

L’une au Théâtre Royal des Martyrs avec «  LE CID de Corneille (à partir du 07 novembre). C’est pas rien !

Et juste avant, depuis jeudi de la semaine dernière, le 19/09, et jusqu’au 20/10, la Compagnie transporte ses pénates au Théâtre Royal du Parc, plus jeune et plus moderne que jamais.

 

 

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Dominique Serron et sa merveilleuse troupe de   « L’Infini Théâtre », s’emparent de ce chef d’œuvre de l’humanité pour le transformer en théâtre d’aujourd’hui. Elle nous emmène sur les traces de la belle Shéhérazade et du Sultan Sharyar, d’Aladin, Ali Baba, de la truculente magie des Djinns et autres amants éconduits , mais par un chemin détourné qui invite à notre invention ! Ces 1001 nuits sont donc nos1001 nuits !

 

 

 


 

 

Les aventures, le merveilleux et la sensualité les peuplent jusqu’au petit matin , dans une étrange brume qui confond l’intime et le notoire, l’ancien et le nouveau, le spectaculaire et l’invisible , la comédie et la poésie…

 

 

 

LES MILLE ET UNE NUITS

 

 

 


 

 Un recueil anonyme de contes populaires en arabe, d’origine persane et indienne. Ce recueil est constitué de nombreux contes enchâssés et de personnages mis en miroir les uns par rapport aux autres.

 

L’origine de ces contes dans « LES MILLE ET UNE NUITS » est difficile à déterminer du fait de leur transmission orale et de l’absence de sources écrites. Ces contes se sont probablement propagés de l’Inde à l’Iran, puis au monde arabe.

Figés par l’écrit au XIII ème siècle seulement, les contes sont donc le résultat de la fusion de nombreuses versions orales.

Des contes d’influence persane  contiennent des récits destinés à l’éducation des princes.

Ces contes furent diffusés en Europe au XVIII ème siècle, profitant de la mode de l’orientalisme et de la première traduction française publiée de 1704 à 1717 ,écrite par Antoine Galland  , antiquaire du roi puis professeur de langue arabe au Collège de France. Il s’est inspiré de Madame d’Aulnoy et de la Marquise d’O, dame du palais de la Duchesse de Bourgogne.

 

 

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Quel engouement pour tous ces contes à travers les siècles. Il en est encore de même de nos jours.

C’est bien ce qui  a incité, excité, passionné Dominique Serron  d’y travailler depuis deux ans et de les verser dans une immense malle théâtrale remplie de  fabuleux souvenirs engrangés des 1001 NUITS, de notes,  de décors, de costumes , de musiques et de nombreux acteurs.

Tout lui est revenu  en mémoire comme, dit-elle,  « une pluie d’été annonçant des récoltes luxuriantes »

 

Voilà, en quelques lignes, comment est née cette merveilleuse aventure  dans laquelle s’est engagée Dominique, avec curiosité et enthousiasme !

 

 

 

 

 

Dominique : Une lecture insondable. Chaque fois que je m’attarde à l’étude d’une dramaturgie, je cherche à toucher le fond des origines de l’écriture, pour en cerner la matière, si possible.

 

 

 


 

 

 

LES MILLE ET UNE NUITS DE « L’INFINI THEATRE »  ADAPTEES  PAR DOMINIQUE SERRON ET SON CO-EQUIPIER, VINCENT ZABUS

 

 -Dominique Serron , que raconte l’histoire que vous nous proposez ?

 

Dominique Serron : C’est simple.

Un couple vient d’emménager dans une ancienne bibliothèque communale transformée en logement.

Le soir de la pendaison de crémaillère, l’homme, Laurent, est pris d’une crise de jalousie et se dispute avec sa femme.

Un des invités, monsieur Ibrahim, son épicier, le rassure. L’homme, Laurent, cherche ses calmants.

Les caisses de déménagement sont encore disparates sous l’escalier. Et  maladroitement, il fait tomber un livre, celui des 1001 NUITS.

Autour de lui apparaissent alors le sultan Shariyâr,  le massacre de la sultane infidèle et surtout Shéhérazade, elle qui, par la beauté de ses histoires, va conjurer le triste sort des femmes.

Seraient-ce les gâteaux d’Ibrahim qui ont, par magie, donné vie à ces personnages ? Et ne serait-ce pas sa femme que l’homme, Laurent,  a entraperçue parmi les suivantes assassinées du sultan ?

 

Quelle histoire !

 

Dominique : Et  ce n’est pas tout. Je continue ?

 

Oui, bien sûr !

 

Dominique : Aspiré par la fiction et guidé par Shéhérazade, l’homme…

 

Laurent ?

 

Dominique : Oui, l’homme donc va partir à la recherche de son épouse et accomplir le voyage intérieur le plus inouï que l’on puisse imaginer…

 

A travers 1001 récits, mais en une seule nuit,  il va rencontrer des tas de personnages  étonnants ,fantasmagoriques, fantomatiques, et des dizaines d’autres dont vous ferez la connaissance en voyant le spectacle.

 

Ah ! Elle a l’art de nous mettre l’eau à la bouche , Dominique Serron.

 

 

 

 

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Dominique : Au final, après un peu plus de deux heures, la fiction des 1001 NUITS aidera-t-elle à résoudre ce que la vie avait assombri ?

Seul le théâtre de vos nuits pourra répondre à cette question !

 

 

 


 

 

 

LES MILLE ET UNE NUITS

 

Incontestablement, une comédie d’aujourd’hui,  débridée au possible, complètement folle qui se construit  sur des mécanismes et des surgissements imaginaires…

 

 

VIENS VOIR LES COMEDIENS



 

 

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Ils sont 14 en  scène, énergiques, pétillants, enflammés, enthousiastes, à défendre avec ardeur la pièce de Dominique Serron. Non seulement ils jouent la comédie mais ils dansent  aussi … à l’arabe…

Il y a des mouvements de scène constants,  des changements de décors, de costumes  (magnifiques), de maquillages.

Un rythme effréné durant  tout le spectacle.

Des scènes lyriques succèdent à d’autres comiques  ou tragiques et dans divers styles.

Une langue poétique  côtoyant une expression quotidienne très prosaïque.

 

 

 

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GENERIQUE DE FIN  ( en musique)

 

 

 


 

 

Je ne vous citerai que le rôle principal que jouent nos comédiens  dans cette pièce, car ils en ont chacun plusieurs à  interpréter)

 

France Bastoen(Shéhérazade)

Patrick Brûll(Le père de Laure)

Laurent Capelluto(Laurent)

Jasmina Douieb (Jasmina)

Vincent Huertas( Le frère de Laurent)

Othmane Moumen(Monsieur Ibrahim)

Laure Boglaire(Laure, la femme de Laurent)

Vincent Zabus( Jean Jacques, le patron de Laurent)

Claudia Bruno(l’épouse du sultan Sharyâr)

Pauline Holsbeek(la belle-mère de Laure)

Laura Hoogers(Une odalisque)

Colline Libon(Une épouse  sacrifiée)

Denis Bechoux(Un  spectre)

Stefan Ghisbain(Un estropié muet)




 

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ET  DERRIERE LE DECOR …

 

Scénographie : Ronald Beurms

Costumes : Renata Gorka

Lumières : Nicolas Olivier

Maquillages et coiffures : Véronique Lacroix

Réalisation des costumes   : Chloé Dilasser

 

 

 

MUSIQUE…MUSIQUE…MUSIQUE




 

 

 

Hautbois-cor anglais-duduk : Kristien Ceuppen

Az : Emre Gültekin

Violoncelle :Yassir Bousselam

Percussions : Gauthier Lisein

Voix : France Bastoen et Martine Kivits

Claviers et programmations : Jean-Luc Fafchamps

Prise de son : Jean-Pierre Laterre

 

Un générique   à tendance cinématographique…



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Direction technique : Gérard Verhulpe

Régie : David Lempereur

Régie lumières : Noé Francq

Régie Son : Jérémy Vanoost

Régie Plateau : Cécile Vannieuwerburgh

Accessoiriste : Zouheir Farroukh

Habilleuse : Elise Abraham

Menuisiers : Yahia Azzaydi, Shaban Rexhep, Patrick Cautaert

 

BOUQUET FINAL


Une co-production : L’Infini Théâtre /Théâtre Royal du Parc

Adaptation théâtrale : Dominique Serron et Vincent Zabus.

 

 

 

LES MILLE ET UNE NUITS

 

D’après les contes traditionnels des « 1001 Nuits »

 

Mise en scène : Dominique Serron

 

 

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Dominique Serron :Voilà plus d’un an que mes jours sont teints de ces NUITS, plus d’un an aussi que mes vraies nuits sont enluminées d’un Orient prodigieux dont le souvenir éveillé imprègne de ses merveilles  l’intime de mes jours !

C’est à Vous amis spectateurs d’entrer dans l’espace épicé  de cette étrange lumière d’étoiles.

Vous verrez que les créatures qui peuplent ces fables n’ont finalement rien à envier aux humains que nous sommes !

 

Nous sommes heureux et fiers aussi d’ouvrir avec l’intrépide Shéhérazade la grande parade féminine du palmarès du Parc 2013-2014.

 

                                  fin

 

En avant-première : Rien que des femmes à la mise en scène des spectacles de la nouvelle saison :

Dominique Serron –Isabelle Pousseur – Monique Lenoble – Peggy Thomas –

Et Miriam Youssef pour la prochaine pièce, en novembre :

 

LA DAME DE CHEZ MAXIM

 

Un  grand classique du…rire signé Georges Feydeau.



 

 

 

Rideau

 

 

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

JOSEPHINE BAKER EST REVENUE…

 

CAFE THEATRE LA SAMARITAINE


MELISSA BRUSCELLA


Melissa : Joséphine Baker, une dame de tête, de liberté, de combat, d’amour, d’humanité…


Je vous remercie Melissa d’avoir un conçu tout un spectacle à cette femme délicieuse que nous n’oublierons jamais.

 Je l’ai souvent interviewée et à chaque fois, je l’ai quittée dans un certain bonheur.




EXCEPTIONNELLEMENT

 

En avant première, je vous propose la lecture du texte que j’ai publié dans mon bouquin «  Les feux de la rampe »…

 

C’était dans  un grand music-hall parisien : BOBINO. Jean-Claude Brialy était également présent.

 

« Me revoilà Paris

« Ca fait longtemps qu’on ne s’est vus

 « Me revoilà Paris

« Dis-moi, comment me trouves-tu ?

 

J’ai rendez-vous avec Joséphine Baker sur le coup de 16 h.

J’arrive au théâtre et je la vois en pleine répétition.

Jean-Claude est  sur le plateau. Il me fait un petit signe amical de la main. Quelques minutes plus tard : 

Jean-Claude  Brialy : OK, tout va bien ma chère Joséphine.

 (à l’équipe) Allez, repos pendant une demi-heure.

 Joséphine doit se détendre. Et tu vas être interviewée par un ami de la radio belge chère Joséphine.

 Je les suis tous les deux et je me retrouve dans une loge   garnie de dizaines de photos de la star.

 Je l’embrasse. Je la connais bien  la belle Joséphine. Je l’ai  interviewée de nombreuses fois.

 Elle est toute en sueur, son nouveau spectacle est très physique, en plus de chanter et danser,  elle fait des acrobaties énormes, difficiles, dangereuses …Mon ami Jean-Claude la protège avec amour.

 J’installe mon Nagra et je commence l’interview. Quelle joie de la regarder et lui poser des questions auxquelles elle répond avec enthousiasme.

 Jean-Claude nous écoute avec attention et sourire. Elle est épuisée. Jean-Claude me dit avec son sens professionnel :

 Jean-Claude : Je ne voudrais pas interrompre cette passionnante conversation avec ma  grande chérie mais elle doit reprendre la répétition.

 Merci Joséphine. Je viendrai à la première. Bon  travail.

Elle nous embrasse tous les deux.  Elle est heureuse de retrouver Paris  et le public parisien qui l’adore. Nous aussi en Belgique. Je quitte le théâtre et  je me promets bien de revenir l’applaudir quelques jours plus tard à Bobino.

 Hélas, je ne la reverrai plus.

Quarante huit heures plus tard, Joséphine est  terrassée par une hémorragie cérébrale. Son cœur a craqué. Elle en avait  fait trop !

Nous avons tous eu l’impression dans le métier d’avoir perdu une camarade,  une grande amie.

Jean-Claude Brialy : Tout petit,  j’ai vu Joséphine aux Folies Bergères,  au Casino de Paris, à l’Olympia. Je l’ai toujours admiré et trouvé extraordinaire. C’était une meneuse de revue exceptionnelle et en plus, une très jolie femme.

Quand elle est arrivée à Paris pour la première fois en 1925, au Théâtre des Champs-Elysées avec «  La Revue Nègre », elle est devenue célèbre du jour au lendemain  avec ses bananes  et sa voix exotique. Et puis on a découvert une personnalité à la fois drôle, acrobatique : elle dansait, elle chantait comme une vraie artiste de music-hall.

Mais on a aussi découvert une femme généreuse et qui s’est battue longtemps contre le racisme. Elle a été de grande influence en Amérique, une influence qui s’est répandue également en Europe.

 Et tu le sais bien, elle a élevé  douze enfants  de toutes les nationalités, de toutes les races pour nous prouver qu’on pouvait vivre ensemble sans heurt et sans distinction.

 Elle avait un petit musulman, un petit juif, un petit noir…

Mais on a été horrible avec elle, on l’a ruinée, on l’a escroquée, elle a dû vendre son château des Milandes qu’elle avait acheté pour les gosses avec son argent. Elle a perdu à l’époque un milliard de francs anciens.

 Elle s’est retrouvée  du jour au lendemain sans rien, sans argent, sans amis avec « ses » enfants sur les bras.

Je voulais faire quelque chose pour elle, l’aider. On m’avait proposé une boîte de nuit qui est  aujourd’hui « La Belle Epoque », rue des Petits Champs à Paris. Tout s’est bien arrangé ! Elle a eu alors l’occasion de faire des galas. On reparlait d’Elle. Et la Princesse Grâce de Monaco l’a soutenue. Joséphine a pu remonter la pente et retrouver Bobino où elle a fait un véritable triomphe.

Tout le monde venait l’applaudir : Jacques Brel, Anna Magnani, Marlène Dietrich, Visconti et tant d’autres…

Joséphine avait retrouvé son énergie, sa vitalité, son enthousiasme, son courage. Elle se produisait dans ses shows le soir et la journée, elle s’occupait de « ses » gosses, elle faisait la lessive avec un vieux  turban sur la tête – on lui aurait donné deux sous – on la taquinait en lui disant que c’était la case de l’oncle Tom…

 Elle était increvable. Elle se reposait parfois à la façon des chameaux.  Il lui arrivait de s’asseoir par terre sur le plateau, en tailleur, elle dormait pendant dix minutes puis elle repartait de plus belle.

Le Général de Gaulle l’aimait beaucoup.  Joséphine avait accompli des missions incroyables durant la guerre. Décorée de La Légion d’Honneur ! De Gaulle voyait en elle une héroïne.  Il avait beaucoup de respect pour la femme en dehors de son talent de chanteuse  et de meneuse de revue.

 Quand il a appris qu’elle était dans une situation des plus difficiles, il a demandé à ce qu’elle vienne le voir. Le Général lui a dit : « Je sais que vous avez de graves problèmes financiers, je vais voir si l’on ne peut pas arranger cela. La France vous le doit bien. »

Joséphine a refusé et elle lui a dit : «  Mon Général, j’ai fait des bêtises, la France n’a pas à les payer ».

C’est la Princesse Grâce qui a ordonné qu’elle soit enterrée au cimetière de Monaco…Grâce Kelly  avait souvent aidé l’artiste en subvenant  – avec  délicatesse et discrétion à ses  besoins. Mais elle ne l’avait jamais dit à personne. 

 Si  tu le permets Roger, j’aimerais encore dire que Joséphine a été un cas très particulier. Je n’avais jamais vu quelqu’un travailler avec autant d’ardeur, d’enthousiasme et de bonheur.Joséphine Baker, c’était d’abord le talent mais je pense qu’on ne peut pas avoir un don et un talent si on ne travaille pas d’arrache-pied  et avec le sourire.

Je venais de rentrer à Bruxelles lorsque j’appris  la mort de Joséphine. J’ai  demandé à la direction que l’on diffuse le jour même l’entretien qu’elle m’avait accordé avec tant de gentillesse et de franche amitié. Joséphine avait 69 ans !

 Jean–Claude Brialy : Merci à toi de rendre cet hommage à Joséphine.




 

 Le spectacle de Melissa est à la fois du théâtre et du music-hall.

Melissa, un phénomène de scène !  Une folle énergie! Une présence scénique totale. Qui plus est, elle est belle à craquer. Elle a la danse dans le  corps. Elle reproduit tous les mouvements de danse qu’exécutait l’extraordinaire Joséphine.

 Elle nous raconte des moments de la vie de Joséphine, des moments de joie , de bonheur, de réussite , de tristesse.  Elle le fait avec simplicité, sourire et drôlerie, comme le faisait Joséphine. Melissa  fait une  part importante dans sa narration en ce qui concerne le racisme.

Elle est souvent émouvante.

Il y a une chaleur humaine qui se dégage chez Melissa.

 Elle est accompagnée en douceur, par un jeune accordéoniste, lui aussi sympathique et discret : Simon Danhier ancien étudiant- lui aussi- du Conservatoire de Mons)

 Indépendamment du talent du musicien, Melissa a été conquise par son naturel sa spontanéité et son originalité.

Une heure de plaisir, avec le talent de Melissa et Simon, sans micro,  quelle chance !

On baigne dans l’intimité, le calme, le plaisir de l’écouter et de la regarder dans ses nombreuses danses. Elle est sincère, souriante et , je le répète , fort belle de l’extérieur mais aussi du dedans de son cœur !

 Je lui espère et souhaite une belle carrière qu’elle mérite  sans conteste.

 Je revoie dans mon cœur cette artiste que nous avons tant aimés : Joséphine Baker.

 Cela peut vous faire plaisir, je l’imagine, d’écouter une chanson encore interprétée par Joséphine Baker.

 Merci de votre attention et n’oubliez pas : Mélissa à la Samaritaine.

 

 JOSEPHINE

 

CAFE THEATRE LA SAMARITAINE

 Rue de la Samaritaine  16  – 1000  Buxelles

Infos Réservation  auprès de la patronne, Huguette Van Dyck : 02 / 511 33 95

 

Roger Simons


 

 

 

 


 

RRRR FESTIVAL – RIDEAU DE BRUXELLES

 

FESTIVAL/PREMIERE EDITION


R  comme Rideau

R  comme  Réussite

R  comme Rue de l’Ecosse

R  comme Rendez-vous

 

Avec cette première édition du RRRR Festival, le Rideau de Bruxelles met à l’honneur  les nouvelles écritures francophones : 13 auteurs, 9 lectures, 3 rencontres, 4  créations…
Un festin culturel ! Une ambiance intelligente et sympathique !


ENTRETIEN

 

Cédric Julien : Le rrrr Festival, c’est une sorte de mise à l’honneur des écritures belges francophones ?

 

Michael Delaunoy (Directeur du Rideau de Bruxelles) : Oui, ces écritures sont très riches mais pas suffisamment soutenues ni mises en évidence, c’est la conclusion à laquelle est arrivée La Liseuse, notre comité de lecture. Or, le Rideau a une tradition qui perdure jusqu’à aujourd’hui…

 

 1943 -NAISSANCE DU RIDEAU DE BRUXELLES –A L’AFFICHE : LA MATRONE D’EPHESE/GEORGES SION

 

Michael Delaunoy (Directeur) : Une œuvre dramatique mise en scène par Claude Etienne, fondateur du Rideau. Une époque où les auteurs belges n’avaient pas le vent en pourpre.Claude Etienne a été l’un des premiers à passer commande à des auteurs belges.

Au moment du septantième anniversaire du Rideau , nous nous sommes demandé comment mieux accomplir encore cette mission sur les écritures de Belgique francophone.

 

 On ne peut que féliciter Michael Delaunoy et toute son équipe d’avoir eu cette merveilleuse idée.

 

 13 JEUNES  AUTEURS !

 

Céline Delbecq : J’aime les silences les plus silencieux. La vie !

Patrick Lerch : Ecrire, c’est trouer notre vanité !

Thierry Lefèvre : Je trouve du théâtre  chez l’un, l’autre et cherche le mien.

Axel Cornil : Je viens de Mons. La cité du Doudou, le combat, Saint-Georges, le dragon et la bière qui coule à flot dans  les ventres ou les rues.

Alex Lorette : L’écriture, c’est une façon de réinterpréter le monde qui m’entoure.

Thomas Depryck : Je n’aime pas toujours le théâtre. Je n’aime pas tellement écrire (quoique)…

Pierre Lorquet : Craignant la solitude autant que la paresse, il me plaît que l’écrit soit une transition vers d’autres jeux.

Eric Durnez : Pour perpétuer et non tuer mon désir d’écrire, je travaille à préserver en moi la faculté de jouir de la sensation de la première fois que je vis en écrivant, une sensation d’enfant.

Odile Vansteenwinckel : Ecrire c’est creuser une langue, m’immiscer à travers les tabous.

Veronika Mabardi : Les mots sont à tout le monde, ils s’échangent et circulent librement, aucun obscurantisme, aucune régression ne peuvent empêcher leur danse.

Régis Duqué : Je découvre que le théâtre , ce n’est pas un vieux machin patrimonial que l’on regarde en toussotant , mais un art vivant.

Marie Henry : Sous la plume de Paul Pourveur :   Pour commencer, Marie Henry est française – ce qui est un handicap dans la vie. Ce qui la sauve, c’est qu’elle est née en 1976.

Layla Nabulsi : Des mots comme des bombes, des mots qui déchiquètent, des mots qui mentent pas , des mots qui disent c’qu’ils voient…Tout des mots qui refusent  la brimade.

 

RRRR FESTIVAL – A SUIVRE

 

Des impressions, des  idées , des désirs , des volontés , bref : des tempéraments différents.

Et c’est cela qui est  intéressant !

 

 QUATRE PIÈCES COURTES


 60 minutes chacune, à suivre avec intérêt tant pour le texte que l’interprétation.



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SEULS AVEC L’HIVER (CELINE DELBECQ)


Une grand histoire de famille avec l’ombre du père : mort ? au bord de la mort ? Et quatre femmes qui règlent des comptes : l’épouse en pleine crise, sa fille, sa mère, une autre jeune femme encore.  Mais sont-elles vraiment là ?

Ne serait-ce pas le père  qui a des visions !

Une danse  macabre autour du « mort ».

Une façon de traiter la mort sans chichis, avec une intense cruauté où se mêlent l’humour et la musique.

On peut voir la pièce autrement : c’est le combat d’une femme qui refuse de laisser partir son homme vers l’autre rive et qui  s’agrippe à la barque. La pièce de théâtre sert à lui faire lâcher prise.

Les trois « passeuses » attendent avec les oiseaux,  elles tuent le temps et  tentent de séparer les morts des vivants, elles chantent, elles dansent, elles rient…



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Céline Delbecq(l’auteure) : La division  est plus prononcée entre les deux sexes : un homme horizontal , quatre femmes verticales !

Pour les mortes : juste quelques regrets et pas mal de soulagement.Pour la vivante, l’épouse, c’est une expérience  initiatique tardive, un rêve hyper lucide en accéléré.

 

Dehors des milliers d’étourneaux. Comme chaque année, ils se regroupent pour  les laisser Seuls, avec l’hiver !



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C’est une pièce qui interroge, qui pose problème sur la mort et ce qui peut s’ensuivre.

Une mise en scène percutante de Christophe Sermet.

Une interprétation  solide des quatre comédiennes avec en exergue Patricia Litten qui joue l’épouse.

Claire Bodson , Nicole Valberg , Marie-Charlotte Siokos , les trois femmes mortes. Et l’homme  aux  râles agonisants : Philippe Jeusette.


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LE DIRE  DES CHOSES (PATRICK LERH)

 

Voici une expérience intéressante autant valable   sur scène qu’en radio.

L’auteur s’est donné come principe d’écrire 60 monologues en 60 jours.

Chaque jour, à sa table, il a rédigé une page A 4, alternant les monologues féminins et masculins.

Cette pièce, d’un style unique, a été jouée, un seul soir je pense, dans un théâtre de la capitale avec 60 acteurs.

On peut difficilement imaginer qu’un théâtre engagerait  autant  d’acteurs chaque soir !!!

Ici, au Festival, deux comédiens jouent tous les rôles : Nathalie Laroche, David Quertigniez et   Pierre Sartenaer aux synthé et ordi.


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 Patrick Lerch : Il s’agit d’une succession de monologues qui s’entremêlent et s’entrechoquent du dire et du son. C’est là que naît la succession de solitudes, de manques et de désirs qui parcourent le texte, en corrélation poétique et musicale.

 

Un travail d’acteurs plus particulier. De longues répétitions à travers le temps, plusieurs mois,  pour choisir, juxtaposer les monologues choisis pour la sélection. Sans suivis, ni enchaînement  dans ces tranches de vies. Pas de rapport entre personnages.

 

Patrick Lerch (l’auteure) : Les deux comédiens évoquent tous deux  des univers différents, des misères que l’on peut  connaître ou ignorer.

Que ce soit par le texte ou la musique (importante la musique), l’humour vient du pathétique , le sourire de la mélancolie , la violence de l’obsession…



 

 

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Ici aussi, cette superposition de crises passagères ou de moments joyeux puisées dans nos vies, nous font  réfléchir, rire.

Les deux comédiens sont parfaits. Leur travail impeccable.

La mise en scène est collective : Nathalie Laroche, David Quertigniez, Pierre Sartenaer , Vital Schraenen, Gaëtan Dehoux , l’ingénieur du son.

 

 UN BON DEPART DE SAISON POUR LE RIDEAU DE BRUXELLES

 

On s’amuse beaucoup au RRRR FESTIVAL !

On découvre beaucoup à travers les pièces les lectures, les entretiens.

Et c’est tant mieux !

J’aurai encore à vous parler de deux autres pièces inscrites au festival que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir :

 

TARZAN de Thierry Lefèvre 


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Et

MAGNIFICO  d’Axel Cornil.

 C’est pour tout bientôt.

 

RRRR FESTIVAL /RIDEAU DE BRUXELLES

 

Représentations  au Théâtre – « Poème 2 » de la rue d’Ecosse, n° 30 – 1060  Bruxelles.

 Infos Réservation : 02 / 737 16 01


 PS  Les lectures se font les samedis 21/09 , 28/09 et 05/10, à 11h, 13h30 et 15h30

 Des lectures « coup de cœur »

 Les pièces se jouent soit à 19 h, soit à 21h.

 Renseignez-vous auprès de la réservation.

 

Bon festival enrichissant !

 

 Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

AU CAFE DU PORT – BUENOS AIRES – YVES HUNSTAD

 

CENTRE CULTUREL  D’UCCLE

Une invitation au tango

YVES HUNDSTAD/EVE BONFANTI




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Samedi dernier ! Un seul soir !  Hélas ! Un seul soir au  nouveau THÉÂTRE SAINT-MICHEL, Yves Hunstad ,  bête de théâtre,   avec son spectacle gigantesque, le plus étonnant qui soit :« La tragédie comique », un spectacle marqué dans l’histoire du théâtre !  Un  spectacle devenu mythique.

yves hunstad

Un tout grand acteur que l’on ne voit pas assez souvent dans nos théâtres, qui a écrit cette pièce avec son épouse, Eve Bonfanti qui en assume d’ailleurs la mise en scène. Yves a été chaleureusement acclamé au Saint-Michel, près d’un quart d’heure d’applaudissements !



 

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Quelle merveilleuse, surprenante et riche imagination dans  cette pièce, faux «  seul en scène »  qu’Yves joue depuis plus de dix ans : un extraordinaire face à face entre l’homme et l’imaginaire !

 

Un miracle scénique durant une heure trente. Une œuvre théâtrale totalement atypique.

Quel humour ! Quelle vitalité ! Quel talent ! Yves (je l’appelle par son prénom car c’est un ami et l’un de mes anciens étudiants à l’Insas) virevolte, court , s’adresse au public le prenant à témoin, joue donc deux personnages : l’homme  enfin « l’acteur » et l’imaginaire , une espèce de clown !Un fabuleux personnage cosmique , humain , grave, fragile. Pour passer de l’un à l’autre, il retire son faux nez pour l’acteur et le remet pour l’imaginaire !



 

TragÇdieComique -  copyright StÇphane Gaillochon.jpg

 

C’est génial ! C’est simple !  Intelligent ! Étincelant ! Drôle ! Poétique ! C’est du théâtre, du vrai théâtre !  Du théâtre populaire.  Ca touche la commedia dell’arte. Yves prend un accent indéfinissable.

Un décor des plus rationnel : un plancher sur lequel il tape du pied,  un pupitre pour partition, en fond de scène un grand tapis rouge duquel il fait ses entrées et sorties et c’est  tout.

 La lumière joue un rôle important, les « noirs »  (noir complet sur la scène et dans la salle qui se prolonge durant  de longs instants) et le silence où l’on se demande où est passé l’acteur/l’imaginaire ?

 Je ne vous raconte pas l’histoire, elle est longue  et farfelue. Un grand mystère !

Mais j’ai pris tout mon plaisir à regarder Yves Hunstad.

 

 BONNE NOUVELLE

 

Vous aurez l’occasion, et ne la ratez surtout pas, de revoir Yves Hunstad le mercredi 25 septembre à 20h15 au Centre Culturel d’Uccle dans un autre de ses spectacles , totalement différent de celui dont je viens de vous parler , un spectacle que j’ai découvert il y a quelques mois au Théâtre Varia : « AU CAFE DU PORT »

 

 

 

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 Si vous aimez le tango, vous allez vous régaler.

Cela se passe à Buenos Aires, dans un café  en bord de port.
On assiste  à un petit bal fiction, une milonga d’un soir où tanguent poésie et émotion. Un spectacle qui allie la beauté du tango de la rue, la fragilité de l’amour et le théâtre burlesque.

 Des clients, hommes et femmes, font leur entrée dans ce café, s’installent à une table, commandent une boisson…

Des musiciens arrivent les uns après les autres et s’installent sur le petit podium…

 Et la musique «  tango » éclate !

 

 

 

Des jeunes femmes  se mettent à danser… Magnifiques !  Sensuelles !




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Un homme regarde avec intensité la venue d’une jeune et jolie femme. Il l’invite à sa table et se met à danser  avec elle. Naît une histoire d’amour de bien courte durée car la jolie femme  s’éloigne de l’homme amoureux et quitte le café. C’est la vie  quoi !


 

 

 

On a  vraiment l’impression de passer une soirée au café , dans une ambiance d’ivresse musicale ! J’adore le tango.

Lorsque j’ai vu ce spectacle au Varia, les spectateurs pouvaient  s’installer dans le  décor- café et  inviter une femme à danser…le tango.




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En deux mots , c’est l’histoire d’une petite salle de bal brinquebalante et poussiéreuse du port d’un Buenos Aires imaginaire.

 Eve Bonfanti(metteuse en scène) : C’est l’histoire de ces femmes et de ces hommes qui viennent là pour tanguer sur la nostalgie  de l’amour perdu , pour rêver à l’ivresse d’autres amours ou pour s’inventer d’illusoires départs malgré la fuite inéluctable du temps…

 Yves Hunstad (l’auteur et comédien) C’est aussi l’histoire de ce garçon de café, personnage clownesque , distrait , maladroit , qui semble être dans ce bar perdu au bord de l’océan depuis des siècles , comme un fantôme poète…

Et c’est bien sûr Yves Hunstad qui joue ce rôle. Il est d’un drôle soufflant qui rappelle  ce personnage que l’on voyait dans les films muets. Ici aussi, comme dans «  La tragédie comique », il nous fait rire  à tout moment.



Eve Bonfanti : C’est aussi l’histoire de cet enfant des rues dont la peau noire rappelle les anciens esclaves emmenés de force loin de leur Afrique natale et qui entre ce soir-là dans la salle de bal en espérant que la vie va peut-être lui sourire.




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AU CAFÉ  DU PORT 

 

Un spectacle né de la rencontre d’Eve Bonfanti et Yves Hunstad , des musiciens du « Bruxelles Aires Tango  Orchestra » et d’Elisabeth Mullier et son collectif de danseurs/danseuses de tango.

 Elisabeth Mullier : L’univers musical , c’est le répertoire tango des années 30, les chansons de Carlos Gardel, le tango « nuevo » d’Astor Piazzolla, le tout retranscrit et arrangé par « Bruxelles Aires Tango Orchestra » et saupoudré de compositions de Josselin Moinet, porteur du projet.

 Mise en scène : Eve Bonfanti.



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D’excellents musiciens,  de magnifiques danseurs et, j’ai le plaisir de le répéter , la participation d’Yves Hunstad dans le personnage du garçon  de café , super« distrait » .

 

UN SEUL SOIR : MERCREDI   25  SEPTEMBRE  A  20.15

 

UN SEUL LIEU : CENTRE CULTUREL D’UCCLE

 Rue Rouge  47 –  1180  Bruxelles

 Infos et Réservations : 02 / 374 64 84

 

C’est exaltant le tango …

 Bonne soirée à Vous, spectateurs et danseurs…

 

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

WELTANSCHAUUNG

 




Ca vient de l’allemand : « Welt » = le monde, «Anschauung = l’idée, la vue, l’opinion, la représentation.

En fait, c’est un terme qui veut désigner la conception du monde que chacun peut avoir selon sa sensibilité particulière…

 

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Un concept philosophique aussi dont sa signification la plus ancienne,  datant du Moyen Age, pourrait se résumer ainsi :

Avoir conscience du mystère insondable du monde invisible et , parallèlement , reconnaître d’une façon lucide la dureté , la cruauté et les exigences quotidiennes du monde tangible…



 


WELTANSCHAUUNG / CLEMENT THIRION

 

Clément Thirion (l’auteur et  l’acteur danseur avec  Gwen  Berrou) : Il y a quelques années, à l’heure de répondre au besoin d’entamer un premier travail artistique personnel , j’ai été saisi d’effroi face à la question de mon utilité publique.

Une question universelle qui nous renvoie tous, créateurs ou non, à la recherche du sens de notre présence dans la société. Mais surtout sur cette planète propulsée depuis 4,6 milliards d’années dans le  vide interstellaire.

 

 IMAGINER UN SPECTACLE A PARTIR DE CETTE INFORMATION… !!!

 Clément Thirion : Oui, face à cette question, que répondre sur un plateau ? Sans qu’il soit de vanité. Sans qu’il ne soit plus question que de générosité.

En prenant conscience aussi, du burlesque même de créer pour existe, pour remplir son vide existentiel, voire pour laisser une trace dans l’Histoire…

Peut-être ne rien répondre précisément. Mais se poser cette question, ensemble. Prendre chaque représentation comme prétexte à un rassemblement pour questionner notre rapport à l’humanité, au vide, à la création et au lien Organique ? Utopique ? Que notre corps peut entretenir avec l’univers , avant de redevenir poussière.

 

NOTRE CORPS EST POUSSIERE ET TU RETOURNERAS EN POUSSIERE…




 

Clément Thirion : Ce que je propose , c’est un ballet lumineusement naïf et désespéré , dérisoire et grave, inutile et primordial , que Gwen Berrou et moi-même souhaitons partager avec le public , le temps d’une représentation.

 

Et j’aime autant vous dire que le public partage totalement cette idée avec Clément Thirion et Gwen Berrou.

Ce spectacle est tout simplement génial ! Inattendu ! Original !  Drôle ! Hallucinant !


 

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Clément Thirion : Nous avons voulu ouvrir un espace dans l’esprit des spectateurs. Un espace dans lequel jaillit peut-être la possibilité d’une utopie : celle d’une société humaine organiquement fraternelle et festive.

 

Et c’est extraordinairement festif tout en nous faisant réfléchir, imaginer qui nous sommes, pourquoi nous sommes sur cette planète. Cela nous  penser à l’univers que  nous ne connaissons pas et nous fait comprendre que nous ne sommes finalement  que peu de chose …


NOUS DEVIENDRONS FUMEE DANS LES SOLEILS ET NOUS SERONS CONGELES DANS LES ESPACES.

 Clément Thirion : Et même  si l’on sait que cela ne sert à rien, proposer , une heure durant, de faire semblant d’y croire.Ensemble. Non sans dérision. En attendant l’atomisation.

 

 Et apparaissent les images de la bombe atomique lancée sur Hiroshima !

 

Nous sommes entrainés dans les affres de la création et nous rions à gorge déployée de la première à la dernière seconde du spectacle.

Clément Thirion, l’auteur, est  pharamineux. En plus, il a une présence   scénique formidable.

Et qui plus est, Clément et Gwen forment un couple merveilleux  et amusant à la fois : lui est petit, elle très grande. Le contraste est intéressant.

 

Et combien joyeuse ! Cocasse !  Sans  la moindre grossièreté ! Mis en scène, j’ajoute en mouvement, par Clément Thirion et Gwen Berrou. Ils sont étonnants tous les deux, d’une vivacité, d’une ardeur,  d’un entrain  jubilatoires.


 ET C’EST COMMENT CETTE HISTOIRE DE CLEMENT…

 

..Affublés de lycra et de moonboots en fourrure, deux performers glissent ici, non sans (auto) dérision, leur rêve d’une humanité davantage à l’écoute de son corps et surtout de son hémisphère droit, siège des sensations et de notre connexion au monde.




 

Un spectacle performant !

Une chorégraphie mouvementée, légère !

Une mise en scène burlesque,  décalée, originale, inventive!

C’est plein  de trouvailles, de gags, de mouvements inattendus et exécutés avec brio.

 

 

 

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PROPOS SERIEUX   EN  BONUS

 

L’évolution de l’espèce humaine a toujours interpellé le plus grand nombre. Des chercheurs de grand renom, comme Yves Coppens notamment, ont consacré leur vie avec brio à la découverte de l’Homme en général, et plus particulièrement de ses origines.

Les théories se sont succédé afin de déterminer sa genèse et des découvertes tout aussi significatives bien souvent résumées à quelques vestiges dentaires ou maxillaires nous ont emmenés à la rencontre de nos ancêtres les plus lointains. Ainsi, si l’organe dentaire est imputrescible, des siècles après, il constitue encore un des témoignages essentiels et fondamentaux d’une vie antérieure…

(Extrait de l’ouvrage de Florie Duranteau «  Les  dents de l’Homme » Edition : L’Harmattan)

La technique, elle aussi, est impeccable, gérée par Gwenn ( oui Gwen comme Berrou, avec deux N) : Gwenn Van Ess.

Scénographie,  costumes, lumières : Saskia Louwaard et Katrijn Baeten.



 

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WELTANSCHAUUNG

 

Vous avez  la possibilité  de découvrir ce spectacle  hors champ théâtral, jeudi, vendredi et samedi  à 20 h.

J’insiste : faites l’impossible pour vous rendre à l’Atelier 210i. C’est rare de traiter un tel sujet , qui deviendra de plus en plus dangereux au fil du temps, avec  cet humour  décapant.

Mille bravos à ces deux artistes des plus talentueux, Clément Thirion et Gwen Berrou.


WELTANSCHAUUNG

Jusqu’au  14 septembre à 21 h.


ATELIER  210

Chaussée Saint-Pierre  210  – 1040  Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 732 25 98

 

 


 

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                 (Photos : Katrijn Baeten)


 Avez-vous déjà essayé de marcher à quatre « jambes/bras » ?

Il y a longtemps, longtemps, longtemps , des êtres, à en juger par les fragments ratatinés qui restèrent au pouvoir des humains, étaient bipèdes , pourvus d’un squelette siliceux sans consistance – presque semblable  à celui des éponges siliceuses – et d’une faible musculature…

(Herbert George Wells : « La Guerre des mondes »  – 1898)

 Nos deux brillants artistes  sont bipèdes à certains moments…Essayez donc d’en faire autant !

 

 Roger Simons

 

 

 

 

 

SANDRA ZIDANI  » ET TA SOEUR ?  » ( BRUXELLONS)

FESTIVAL  « BRUXELLONS »

 

 

 

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Une fin de festival  complètement folle avec  cette femme qui a un talent  inouï, qui saisit son public , le séduit dès son entrée en scène tant elle est drôle.

Son drame se déroule dans un lointain camping oublié de la côté belge, le camping de la Marée Noire !

C’était quelque chose où l’on éclate de rire !


 

 

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Mais Sandra Zidani va plus loin encore dans ses textes, qui s’en en avoir l’air  mettent en lumière  la  peinture caustique des  petites mesquineries ordinaires si particulières à l’être humain.

Je n’avais jamais vu ses spectacles me disant que c’était encore une humoriste quelconque  qui voulait faire rire avec des conneries. Je m’étais trompé. C’est tout le contraire. 

Impossible de vous citer toutes ses tranches de vies, mais elle est impayable dans la façon dont elle interprète ses nombreux personnages. Elle les croque étonnamment bien, non seulement avec des accents différents dont les allemands, mais aussi à l’anglaise, à la bruxelloise , à la flamande…Irrésistible  et formidable dans  le sketch  royal  où l’on voit Mathilde et Philippe…Génial ! Elle est extraordinaire.

 Un personnage remarquablement caricaturé, elle sort de scène quelques instants, elle revient  complètement transformée dans sa tenue, sa démarche, ses expressions, ses robes, accumulant les dédoublements schizophréniques jusqu’au  paroxysme du rire.

 Non seulement, elle joue la comédie mais elle chante aussi et ça pète le feu, croyez-moi.



 

 

 

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Vous avez encore ce soir pour aller l’applaudir pour autant que vous trouviez des places, ce qui n’est  guère évident. Essayez tout de même,  il peut y avoir des désistements à la dernière seconde.

Sans quoi, vous devrez attendre le mois de novembre pour la retrouver au Cirque Royal.




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                 (credit/photos : Paul Freitas)


En plus de son  talent , elle est très sympathique Sandra ,  pas prétentieuse du tout ,  aimable , joyeuse avec ses spectateurs qui,  hier soir au Karreveld ont failli casser les gradins tant ils tapaient  des pieds  pour  applaudir  la star  du rire.

Déjà, je vous promets une rencontre avec Sandra Zidani dans les prochaines semaines.

En attendant, je vous propose  une vidéo  marrante où vos zygomates feront fête !

Merci de votre attention .

 

SANDRA ZIDANI, LA STAR DU RIRE


FESTIVAL « BRUXELLONS »


ET TA SŒUR ?

Je l’adore !

 

Roger Simons 





 

VINCENT DELBUSHAYE AU FESTIVAL « BRUXELLONS »

 


 

 

 

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Je l’avais vu jouer  dans «  La revanche de  Gaby Montbreuse » avec  Laure Godisiabois,  même trois fois  tant j’aime voir cette pièce et son interprète.

 

Vincent est au piano qu’il quitte parfois pour être en dialogue avec Laure. Il ne chante pas, il joue la comédie… « Atmosphère! » … »

 

Vous voyez ce que je veux dire si vous avez vu cette pièce, et si pas, vous aurez l’occasion de le faire dans le courant de septembre.




 

 

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Mais je viens de découvrir l’autre facette de Vincent : un compositeur, un chanteur, un musicien. Il est sans conteste extraordinaire, applaudit dès son entrée en scène.



 

 

 

 

 

Il a l’art  de s’adresser aux spectateurs et celui également de les faire rire.

 

Il est beau, jeune, charmant, souriant, amusant, enfin tout pour  plaire.

 

Ses textes sont d’une magnificence étonnante, comblés par une partition superbe, vivante, intelligente, où chaque mot, chaque phrase sont distillés.

 

 

 

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Il joue du piano avec vivacité,  légèreté, virtuosité, un sourire permanent vers son public qui lui rend bien. Il est d’un complicité totale avec son guitariste  Eric Dory , lui aussi compositeur de quelques-unes des chansons de Vincent…

 

 

 

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Vincent surprend par son ton drôle, insolent et émouvant (quand il parle de sa grand’mère).

 

Il enchaîne ses chansons avec rapidité, ramassant certaines partitions  qui se sont échappées du clavier, buvant quelques gorgées d’eau fraiche.

 

Il est tout simplement étonnant, brillant, sans prétention, offrant à son public  un concert du tonnerre pour le lequel les applaudissements retentissent dans une joie profonde.

 

Jeune  oui !  Talentueux ? Non,  plus que talentueux.

 

 Je veux vous annoncer son prochain concert à Bruxelles,  notez bien la date : 10 OCTOBRE au Centre Culturel de Woluwé Saint-Pierre. Vous n’avez pas le droit de rater ce spectacle inouï !

 

 

 


 

(credit/photos  et video : Paul Freitas)



Merci  de vote attention et notez bien le 10/10.



Roger Simons