L’AFFRONTEMENT

 

THEATRE DE LA VALETTE

 

BILL C.DAVIS/JEAN PIAT

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(Intérieur d’une Eglise – une Chaire de Vérité)

 Le Père Farley :…Nous allons donc conclure en ce dimanche matin, mes frères, nos entretiens sur les «trois C». Je rassure tout de suite ceux qui assistent pour la première fois à la grand-messe de Saint-François : ces trois lettres désignent simplement nos entretiens sur les crises du catholicisme contemporain…Notre interrogation est la suivante : « Pourquoi refuse-t-on aux femmes l’accès au sacerdoce ? »

Je vous propose d’en débattre. Chacun a sa petite idée là-dessus. Ce sera un dialogue ouvert et franc bien plus amusant que mon sermon. Mes frères, je vous écoute. Mes sœurs aussi, bien entendu.

Mark (dans la salle de l’église) : Que pensez-vous  Vous, du sacerdoce des femmes ?

Farley : Ce que je pense, moi ? Ah ! Jeune homme, je ne voudrais influencer personne. Aussi permettez-moi d’invoquer mon appartenance au signe des Poissons pour reste, telle une carpe, muet sur le sujet.

Mark : Mais vous avez parlé d’un dialogue ouvert et franc. Le mot dialogue signifie…

Farley : Je sais parfaitement ce que le mot dialogue signifie. Votre visage m’est familier. D’où venez-vous ?

Mark : Je fais mes études au séminaire Saint-François.

Farley : Comment vous appelez-vous ?

Mark : Mark Dolson .

Farley: Mark Dolson…Eh bien, voulez-vous transmettre mes respects à votre supérieur quand vous le verrez, monsieur Dolson.

Mark : Vous ne voulez pas savoir pourquoi je pense que les femmes devraient pouvoir devenir prêtres ?


 L’AFFRONTEMENT/ BILL C. DAVIS


Auteur de scénarii et de pièces de théâtre américain.Il a écrit « MASS APPEAL » deux ans après être sorti du collège alors qu’il travaillait dans une communauté de revalidation d’adultes psychologiquement perturbés. La première représentation a eu lieu devant 75 personnes dans un « Wine and cheese bar » de New York appelé   « The Old Coat » Quatre ans plus tard, en 1981, sa pièce enthousiasma Broadway au Manhattan Theater Club, qualifiée d’œuvre populaire dans le bon sens du terme.La pièce a alors commencé à circuler dans divers pays dont Paris. Jean Piat s’est alors attelé à en faire une brillante adaptation qui lui a valu du reste un Molière !


 Jean Piat, l’adaptateur en langue française


Jean Piat : Cette pièce est le choc de deux caractères, deux morales et plus banalement de deux générations entre foi sincère et routinière et insolence évangélisatrice et doctrinaire.


 L’auteur


Bill C.Davis : Ma pièce est construite sur une dualité, une bipolarité, celle de la capacité à faire naître la révolte et le besoin impérieux que nous avons d’être aimés et admirés. Ces désirs conflictuels et simultanés existent en moi comme écrivain.


 L’affrontement : une actualité brûlante !

 

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Un pasteur brillant, intelligent, malicieux et charismatique reçoit la difficile mission de s’occuper d’un jeune séminariste qui lui est confié par son supérieur hiérarchique. Parcours initiatique à deux interlocuteurs. Les enjeux? L’accessibilité des femmes à la prêtrise ainsi que celle de l’homosexualité assumée des prêtres.


Farley : Alors, vous estimez que les femmes sont plus aptes au sacerdoce que les hommes ?

Mark : Je n’ai pas dit qu’elles étaient plus aptes ! Je pense qu’elles le sont tout autant !

Farley : Pourquoi ?

Mark : Parce qu’elles sont plus courageuses ! Et que le courage est une qualité indispensable à un prêtre ! Elles sont aussi le ferment de la famille. Pourquoi ne seraient-elles pas celui d’une nouvelle société chrétienne ?


Au fur et à mesure des rencontres entre le vieux prêtre apparemment attaché à ses principes et le jeune séminariste idéaliste, on s’aperçoit que le but n’est pas de faire de l’Eglise catholique la grande farce.

L’objectif est de suivre l’évolution des deux personnages. Le voyage initiatique pour le séminariste et le retour aux sources pour son mentor.

 

« L’affrontement »  vu par Jean Piat


Jean Piat : On ne peut trouver de temps plus propice pour jouer cette pièce qui pose avec beaucoup d’humour les questions que tout le monde se pose sur l’Eglise. Il y a un vide spirituel. Au cœur de tout homme brille une petite lumière plus ou moins soufflée qui ne demande qu’à être ranimée. D’où vient-on ? Que fait-on, sur terre ? Des questions sans réponse pour beaucoup de jeunes qui se tournent alors vers des paradis artificiels ou des sectes. Les hommes ne combattent pas uniquement pour les remboursements de la sécurité sociale. Leur malaise est plus spirituel qu’on pense. Et l’Eglise répond mal à la demande des hommes.

 

Mark (25 ans), le séminariste, a écrit un sermon. Il en donne connaissance au Père Farley (60 ans).

Mark : Mes frères…Jésus n’est pas insensible à vos richesses. Ni à vos apparences. Vous venez à l’église en manteau de vison ou de cachemire dans de somptueuses voitures. Vos cheveux sont soigneusement teints…

Farley : Ne dites jamais «vos», «votre ou  « vous » ! Dites toujours « nous », « notre » ou  « les ».


 

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Le père Farley : Jean-Claude Frison.

Le jeune séminariste, Mark : Bernard d’Oultremont

Une confrontation extraordinaire de deux comédiens.


 Mark : Je ne vais pas à l’église pour chanter les succès du hit-parade en guise de cantique ! Déjà à l’école, on nous apprenait le catéchisme sur un album en bandes dessinées ! L’Evangile selon saint Peanuts ! J’ai longtemps cru que le Christ était un épagneul ! Laissez-moi donc prêcher comme j’ai envie de le faire et affirmer clairement ma foi. Presque deux heures d’affrontement où l’évocation de ces thèmes navigue entre la colère et l’espoir, l’exaspération et l’obscurantisme, entre l’émotion et l’humour.


 L’affrontement/Léonil Mc Cormick

 Léonil Mc Cormick connaît  bien la pièce pour l’avoir jouée  lui-même.

Il réalise aujourd’hui une excellente mise en scène d’une grande et belle sobriété.

Le travail de répétitions et de mises au point s’est effectué dans l’amitié et la complicité entre lui et ss deux amis comédiens.

Bravo à tous les trois !

Extraits de la pièce, suite…


Père Farley : Quand on veut entrer dans un ordre, monsieur Dolson – quel qu’il soit – à défaut de pouvoir en ouvrir d’emblée toutes les portes… il faut tenter d’en ouvrir au moins une ! La première: la porte d’entrée ! Simple question de logique…Et la porte d’entrée, ici, c’est l’obéissance. La soumission à la hiérarchie ! Vous voulez tout changer dans l’immeuble ? Parfait ! Commencez donc par essayer d’y entrer ! Vous aurez l’occasion d’un combat plus courageux ! Parce que plus difficile!  Vous êtes capable de comprendre cela ?


 

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( Premier sermon en «public » du séminariste. Il entend les toux de certains paroissiens.)


 Mark : Je me demande si les tousseurs savent qu’ils sont dans une église ! Et pourquoi ils y sont ! J’aimerais qu’ils s’interrogent sur les raisons qui les poussent à sortir du lit pour assister à la messe du dimanche matin, en dépit de leur rhume ! Ne l’oublions pas, mes frères : l’assistance à la messe du dimanche n’est pas un commandement de Dieu. C’est un commandement de l’Eglise ! Et dans l’absolu, le but, la finalité de l’Eglise, c’est d’être un jour un immeuble inutile car la foi n’a nul besoin de sanctuaire pour s’affirmer…


 Et ce sermon va s’amplifiant, prenant une extension de plus en plus révolutionnaire. Les « fidèles » sont saisis, étonnés et pour la plupart opposés aux propos dégagés avec agressivité par ce « jeune blanc bec de séminariste »…


 Année  2004 – Théâtre de la Valette – Ittre


 « L’affrontement » est créée en Belgique par Jean Piat et Francis Lalande, reprise ensuite par Léonil Mc Cormick et Patrick Ridremont.


 Année 2013- Reprise de la pièce…


Interprétée magistralement par Jean-Claude Frison et Bernard d’Oultremont.

Ils sont tous deux d’une vérité saisissante !

Jean-Claude Frison, l’un de nos grands comédiens belges, joue  le père Farley avec malice, à la fois drôle et émouvant.

Bernard d’Oultremont, que nous voyons souvent au Théâtre de la Valette, est des plus brillants dans son interprétation du jeune séminariste : ardeur furieuse, opiniâtreté dans la lutte, violente agressivité, révolté , qui veut à tout prix organiser l’Eglise nouvelle. Il ne peut se conformer à ce que lui enseigne  le  Père Farley.


 Père Farley : Vous êtes fou Mark. Je l’ai compris dès le premier jour. L’Eglise a besoin de ces fous sans prix qui surgissent de temps à autre. Comme vous. Peut-être pour lui rappeler sa vraie mission. Le seul problème de ces fous c’est qu’ils ne savent pas toujours comment nager. Moi, si. Alors. .je vous en supplie, faites ce que je vous dis: MENTEZ !


 « L’Affrontement », une grande pièce !


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Le décor épouse remarquablement l’espace réduit du Théâtre La Valette : une chaire sur la droite du plateau, le bureau du Père Farley sur la gauche.

Le son et la lumière sont réglés à la perfection par Marcel Derwael, entre autres ses effets de réverbération lors des deux sermons comme on peut l’entendre dans une église.

La musique d’orgue a été enregistrée par un musicien et crée une bonne ambiance d’office religieux.

La régie est assurée par Paulo Hortas

Un spectacle à voir impérativement ! Une œuvre dramatique à découvrir sans tarder.

Le plaisir de  voir ces deux comédiens en plein combat !

Le texte de la pièce de Bill C.Davis « Mass Appeal » a été publié dans l’adaptation française de Jean Piat « L’Affrontement », aux éditions du Rocher.


 « L’affrontement », dernier spectacle de la saison 2012-2013


 Deux prêtres en scène et en chaire de vérité,

Un duel à la gloire des femmes,

Un humour, refuge bien nécessaire…

 Jean Piat : Une pièce qui pose avec beaucoup d’humour  des questions que tout le monde se pose sur l’Eglise. Il y a un vide spirituel.

Au cœur de tout homme brille une petite lumière plus ou moins soufflée qui ne demande qu’à être ranimée. D’où vient-on ? Que fait-on sur terre ?


 Théâtre de la Valette

Rue Basse 13 – 1460 Ittre

Infos Réservation : 067 / 64 81 11


Jean-Claude Frison : C’est un théâtre de chambre , intimiste et feutré.


« L’Affrontement » jusqu’au 26/05/2013

(du jeudi au samedi à 20h30, le dimanche à 18h. sauf le dimanche 05/05  à 16 h)


 

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 Léonil Mc Cormick : Le privilège du Théâtre c’est d’accorder, parfois, à chacun sa liberté de réfléchir, de réagir, de s’indigner, de s’émouvoir ou de rire…Une façon comme une autre d’avoir une opinion…

 

Roger Simons

BURNING

RIDEAU DE BRUXELLES



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L’HERBE A BRULER/ CONRAD DETREZ

 

Conrad Detrez a grandi dans un petit village belge, comme une herbe sauvage.

Il est bientôt confiné dans un pensionnat catholique, puis transplanté dans un séminaire à Louvain.

Désorienté par les querelles liturgiques dans un pays déchiré par la guerre scolaire, il émigre au Brésil dans l’espoir de recommencer une existence nouvelle…

 

 

 

BURNING / FREDERIC DUSSENNE


 

 RIDEAU DE BRUXELLES

 

 

Un spectacle tonitruant avec la musique du carnaval de Rio et  huit jeunes gens d’une vingtaine d’années.

 

 

Frédéric Dussenne (metteur en scène) : Avoir vingt ans, qu’est-ce que ça signifie ? Sentir avec le maximum d’intensité ?  Faire des rêves ?  Faire la fête ? Aimer ? Perdre ? Vouloir bouger de là où on est ? Faire bouger les choses ? Faire  la révolution ? Refuser l’injustice ?

Pour Conrad Detrez, ça voulait dire passer  par la vocation religieuse, faire l’expérience de la violence des inégalités socio-politiques qui déchirent le monde et partir pour l’Amérique du Sud.

Découvrir brutalement, sous les Tropiques, qu’on a un corps désirant qui fait parfois peur. Tomber passionnément amoureux. D’un homme, d’une femme, d’un pays ensuite, enfin d’une cause !

 

 

 

BURNING, TRANSPOSITION CARNAVALESQUE ET SENSUELLE, JOUEE, CHANTEE ET DANSEE…



 

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Frédéric Dussenne (metteur en scène/initiateur) : Je me suis rendu au Brésil… Je me suis demandé ce que pouvait encore signifier l’épopée de ce jeune militant tiers-mondiste des années soixante pour  ces jeunes de vingt ans. J’ai voulu savoir ce qu’ils racontent, eux ! Je leur ai jeté L’Herbe à brûler en  pâture et je leur ai demandé d’y réagir avec leur corps.

Je suis rentré en Belgique avec quelques-uns d’entre eux et l’aventure théâtrale  a décollé !



LE RIDEAU DE BUXELLES SE DECHAINE 

 

 

Michael Delaunoy( Directeur du Rideau) : Flamboyante , picturale,  corrosive dans son humour , l’œuvre de Detrez, wallon par son père , flamand par sa mère ( et plus tard naturalisé français) , s’inscrit dans la grande tradition baroque de notre pays , au même titre que celle d’un Hugo Claus ou d’un Tom Lanoye.

On ne peut qu’être impressionné par le chemin parcouru par ce petit séminariste wallon de 23 ans, bouleversé par les grèves des années 60 et la guerre d’Algérie, qui quitte Louvain en 1962, et après avoir découvert sa bi-sexualité, devient guérilleros au Brésil et en Uruguay.

Conrad Detrez , c’est un Don Quichotte moderne. A la foi grandiose et ridicule. Plein d’enthousiasme !

 

 

Avec «  BURNING », Frédéric Dussenne emmène une équipe de jeunes interprètes sur les sentiers incandescents de ce grand récit d’initiation.

Un spectacle qui, dans une explosion de langues et de cultures, puise à l’énergie populaire et sensuelle du carnaval.

L’Herbe à brûler,  c’est la « saison en enfer » de Conrad Detrez… Un rituel politique  et culturel.

 

 

Frédéric Dussenne (metteur en scène) : Vous le savez, je pratique un théâtre où le corps a une grande place. J’aime que ça chante, que ça bouge , que ça rie , que ça pleure , que ça sue, que ça jouisse , que ça se bagarre dans les spectacles que je fais.

 

 C’est bien ce qui se passe en scène avec ces huit jeunes (trois femmes, cinq hommes).  Ils parlent entre eux  dans diverses langues, ils chantent, ils dansent, ils font l’amour…Cela peut paraître excessif  et dérangeant mais c’est  une  fidèle reproduction  de ce que raconte l’auteur dans son livre.

 

 Frédéric Dussenne(metteur en scène) : Oui,  cela se passe bien  comme ça.  Maintenant, je vous dirais que je ne me sens pas toujours obligé de plaire aux spectateurs ; j’aime aussi les troubler et les rencontrer après la représentation. Je suis tous les soirs au théâtre.

Je tiens à signaler que je hais les appareils photo.

 

 

Autant le savoir !


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BURNING/CONRAD DETREZ / FREDERIC DUSSENNE

 

 

 

Frédéric Dussenne : J’ai voulu découvrir  ce lieu du Brésil pour ressentir ce que Detrez avait vécu, connu.

Le point de départ , c’était le corps et les expériences qu’il peut faire.

J’ai rencontré de nombreux jeunes à qui j’ai  proposé de lire le roman  de cet écrivain exceptionnel.  Je leur ai demandé de me faire des propositions  non  verbales en s’impliquant physiquement, en utilisant des matières. Tout était permis sauf les mots. Mouvement, danse, chant, marionnettes, images, performances diverses.

J’ai alors construit une partition, à partir du matériau qu’ils m’ont donné.

L’objectif n’était pas  de suivre le fil narratif du roman  mais de reconstituer les expériences sensorielles de Conrad transposées dans les corps et  les propositions des acteurs.

D’aller aux limites de la transmission de l’intime.

Ils parlent donc plusieurs langues, leurs langues maternelles. Ils sont  brésiliens, chiliens, français, espagnols , hollandais, portugais ,  belges…

Ce que j’ai voulu, c’est une confrontation entre le roman et nous. Ca se passe de  nos jours. 

Les acteurs ont  entre vingt et trente ans

Alors peuvent-ils réagir à la question de l’engagement, de la résistance, de la révolution ?

Le Théâtre offre  cette opportunité unique de confronter le présent et l’Histoire ! Pourquoi s’en priver ?

 

 

Trois thèmes : la religion, la politique,  l’amour où domine l’homosexualité !

 

 Ils ont formidables tous les huit. Ils se dépensent sans compter dans  les gestuelles, terriblement  osées, poussées.

 

Quelques séquences  d’ordre sexuel  peuvent choquer certains  spectateurs !  On peut le comprendre mais je le répète, c’est en fait une reproduction fidèle de la façon dont se passent  ou se sont passées ces choses

Certains  diront que c’est ringard !

D’autres seront ravis de voir en live  ces scènes d’amour physique !

Cela dit, chacun est libre de son choix, de son jugement, de ses réactions.




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Frédéric Dussenne (metteur en scène) : Ca brûle comme le théâtre que j’aime.

 

 « Je me sentais perdu et incapable de m’abandonner au mouvement lorsque des mains se sont abattues sur moi, m’ont happé, entraîné vers un groupe de jeunes gens très bruns, pieds nus, vêtus de paréo, et alors  je me suis senti dériver… »

(Extrait du livre de Conrad Detrez : «  L’herbe à brûler »)

 

 

BURNING  EN SCENE

 

 Avec Frederico Araujo , Andrès Cifuentes, Damien De Dobbeleer, Pierre Haezaert ,Louis Manteau, Emilie Mainguet, Flavia Naves , Gawel Seigneuret.

Conception, Dramaturgie et Mise en scène : Frédéric Dussenne

Assistante à la mise en scène : Hélène de Reymaeker

Lumières : Renaud Ceulemans

Chant, Mouvement, Masques : Christine Leboutte & Alexandre Tissot

Stagiaire –assistant  à la mise en scène : Clément Goethals

Coproduction : L’Acteur et l’Ecrit/Compagnie Frédéric Dussenne/Rideau de Bruxelles/Manège, Mons/Théâtre de la Place

En partenariat avec L’XL Théâtre

 

 

 

BURNING


RIDEAU DE BRUXELLES

 

XL THEATRE

 

Rue Goffart 7 a  – 1050  Bruxelles

 

Infos Réservation : 02 / 737 16 01


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« BURNING »  jusqu’au  11 mai

 

du mardi au samedi à 20h30

 

sauf les mercredis à 19h30 et le dimanche 05/05 à 15h

 

 

UNE RENCONTRE…

 

 Cédric Juliens s’entretient avec Frédéric Dussenne et l’équipe de création le 01 mai, après le spectacle – entrée libre

 

 

L’HERBE A BRULER /  PRIX RENAUDOT /CONRAD DETREZ

 

 « Encore quelques jours et j’entrerais dans ma vingt-huitième année. Mon âme en fait dix fois plus. Elle avait perdu les raisons qui l’avaient fait vivre , l’avaient porté quelquefois très haut et très loin ; elle se sentait usée. Mon âme avait tout appris. Elle savait à son tour que Dieu est mort, la révolution broyeuse des hommes qui la font, l’amour impossible. Elle avait payé au prix le plus fort le droit de s’en aller. Restait l’amitié des plantes vertes, agréables à mon regard , à mon odorat , à ce corps qui pouvait enfin, comme jadis lorsque j’étais enfant , s’endormir en paix… »

(Conrad Detrez)



Roger Simons

 

 

 

OPENING NIGHT

 

Le film chef d’oeuvre  de John Cassavetes  sorti sur nos écrans  en décembre 1977. Un film qui a fait fureur !

On n’oublie pas les deux protagonistes : John Cassavetes bien sûr et son épouse, Gena Rowlands.

Etonnant que ce film ne figure pas dans les milliers de DVD  que l’on voit  partout dans  les magasins adéquats ! Question de droits peut-être !

 

Il a fallu près de 35 ans pour  passer de l’écran à la scène ! Et c’est une expérience fort intéressante.

 

OPENING NIGHT AU THEATRE

 

Il y a quelques jours, une grande comédienne française a passé un soir à Bruxelles,  plus précisément à Uccle, pour nous faire découvrir la pièce « Opening Night »

J’ai été averti de la chose trop tardivement et du coup, hélas, j’ai raté ce spectacle interprété par  cette actrice  dont je suis  sa carrière  depuis des années. A plus Marie Christine Barrault !

 

Mais le hasard – faisant toujours curieusement les choses – met à l’affiche cette pièce à l’Espace Delvaux pour une  courte série de représentations.

J’ai vu le spectacle hier soir..

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FLASHBACK IN HISTORY

 

 Patrick Brion – historien du cinéma – pense que le film de Cassavetes est peut-être une prémonition testamentaire du cinéaste, disparu en 1989, en ce qu’il signe définitivement son amour pour des acteurs en rendant hommage à leur premier lieu d’élection : Le Monde du Théâtre !

Figure emblématique du cinéma américain indépendant, John Cassavetes avec son film « Opening night »  joue en toute indépendance   de sa « rencontre du troisième type » -le film de Spielberg est sorti alors récemment – , en en faisant le spectre insaisissable de la réalité qui hante tout à coup les conventions d’un certain monde théâtral américain !

Sa « guerre des étoiles » à lui consiste en une lutte que se livrent « deux  stars » autoproclamées : réalité et illusion , montrée en pleine confrontation.

Son film  « Opening night » , œuvre d’un cinéaste «  faussement assagi » , évite le piège d’un cinéma indépendant devenu figure de style , académique , en rendant à l’indépendance tout ce qu’elle y aborde : esprit , acteurs, auteur, femmes,  hommes, metteur en scène, âgés de la vie et du cœur…tout s’y refuse à une vision réductrice , rien n’est là où on l’attend, car rien, sinon nous mêmes,  ne nous attend en vérité.

Si un temps et un lieu pour l’amour – si fugace ou étroit soient-ils – sont bien la seule préoccupation de Cassavetes, c’est la condition d’un espace de liberté à créer pour les gens et les choses : espace physique, intensif, gagné au corps à corps comme dans un cinéma d’action : le théâtre quoi !

En retour, porter « Opening night »  à la scène, c’est saluer un cinéaste qui a eu recours au théâtre comme à la scène primitive de tous.

 

Voilà quelque part les raisons qui ont fait de ce film culte une pièce de théâtre.

Une pièce sur le monde des acteurs que ce soit dans leur vie privée ou professionnelle.

 

OPENING NIGHT AU THEATRE


 

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Synopsis : Adulée de tous, l’actrice Myrtle Gordon est la vedette de la pièce « The second woman » écrite par Sarah Goode.

Son rôle de Virginia, est une femme éperdue  et angoissée par son âge.

Un soir, à l’issue d’une répétition, elle fait la connaissance de Nancy, une jeune fan hystérique qui lui voue une admiration sans borne. La sar lui sourit et s’engouffre dans la voiture qui la ramène  chez elle.  La jeune fille regarde son idole s’éloigner  et ne voit pas une voiture qui arrive à toute vitesse. Elle  est renversée et tuée sur le coup…

 

Cet accident tragique va jouer un rôle important dans la vie de Myrtle.

La hantise s’empare du monde routier de Myrtle : les tournées, le milieu du théâtre ne se ressemblent plus.

Elle  essaie de dominer les nombreuses crises qui l’envahissent. Elle a des hallucinations où elle voit le spectre  de Nancy, contre lequel elle lutte et se débat.

Elle est entourée  par ses camarades de théâtre qui essaient  de la soulager, de la rétablir et de la faire entrer dans son personnage à venir.

Elle doute d’y parvenir,  mais grâce à sa force de caractère et le soutien de toute la troupe, elle finit par triompher.

 

Le décor de Renata Gorka nous permet de suivre  les personnages  de leur privé  aux loges et aux salles de répétition.

 

OPENING NIGHT OU LE GLAMOUR DE LA DEFAITE



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Cinq acteurs ont été mis en scène par Freddy Sicx :

 

Michèle Caucheteux (comédienne belge au tempérament dramatique  et volcanique et qui ressemble physiquement à Gena Rowlands) joue  le rôle de Myrtle (la femme) .

Elle traduit admirablement ses crises d’identité  aiguë consécutive à la mort de la jeune fille.

Elle est émouvante, bouleversante, dans ses crises de désespoir et ses hallucinations.

 

Marc De Roy (que nous applaudissons souvent au Théâtre Royal des Galeries), joue  Maurice et Marty(dans la pièce)

 

Louise Rocco (que nous avons la joie de revoir en scène depuis son rôle aux Galeries dans  « Les Fugueuses ») est l’auteur de la pièce «  The Second woman »

Luc Van Grunderbeeck (qui sillonne la plupart des théâtres de Bruxelles) est le metteur en scène.

Stéphanie Van Vyve (une jeune comédienne  que je rencontre dans la plupart des théâtres de la capitale) tient deux rôles : la jeune fille de17 ans  décédée qui apparaît(vidéo) dans les hallucinations  de Myrtle , et l’amie du metteur en scène.

 

Une belle complicité s’est établie entre ces acteurs  qui jouent leurs personnages avec acuité, intensité,  vérité.

Mise en scène d’une  grande sobriété  de Freddy Sicx

 

Création lumière : Laurent Kaye

Création Video : Sébastien Fernandez

Directeur technique : Michel Gelinne

Régisseurs : Laetitia Rasschaert , Stephane Stoffetis(lumière)  ,Mauro Avagliano(son et video)

Production : Compagnie du Soleil Levant et laVénerie.

 

OPENING NIGHT/JOHN CASSAVETES

 

Adaptation théâtrale : Xavier Mailleux et Freddy Sicx


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ESPACE DELVAUX

Place Keym- 1170  Bruxelles

Infos Réservation : 02 / 663 85 50

 

OPENING NIGHT

Jusqu’au dimanche 06 mai

Les 02, 03, 04, 06 à 20h30

Le dimanche 05 à 16 h

 

John Cassavetes  a voulu écrire une œuvre qui traite des réactions des gens lorsqu’ils commencent à vieillir. Comment « gagner » quand on n’ est plus aussi désirable qu’avant , quand on n’a plus autant confiance en soi , en ses capacités , qu’on a moins d’énergie et qu’on  en est conscient !

C’est bien le premier propos du film et de la pièce.


 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KARL MARX , LE RETOUR

 

THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS

 

 HOWARD ZINN

 

 Dans un lieu improbable débarque un homme barbu.

 Il traîne derrière lui une énorme malle qu’il transporte difficilement.

ll ressemble un peu à…

 Il a soif, il a faim.

 Il bénéficie d’une permission de l’au-delà pour laver son nom.

 Il nous regarde. Intrigué de voir ce monde groupé devant lui.

 Après quelques regards envers ces gens  étranges d’un autre monde, celui de la terre, l’homme raconte…

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 KARL MARX/HOWARD ZINN


 L’homme raconte l’exil, sa vie à Londres avec sa femme et ses enfants, ses bonheurs et malheurs familiaux, ses débats d’idées et ses rivalités entre révolutionnaires réfugiés comme lui.

Il raconte la dèche, la folie de croire à des lendemains qui chantent.

 Il ne cherche pas à se faire passer pour un Saint-Marx 

 Il ne revendique aucune canonisation.

 Il  nous avoue même, non sans humour, ses petites lâchetés et ses fortes contradictions.

 Il nous dévoile, au-delà du mythe, sa part d’humanité.

 Sa maxime  favorite : « Nihili humani a me alienum puto(Rien de ce qui est humain ne m’est étranger)

 Karl Marx est enterré dans le fin fond de la terre londonienne. On doit payer une entrée  pour  visiter sa tombe, lui et sa famille. Amen !

 

 KARL MARX, le retour OU L’ANTIDOTE A LA RESIGNATION !

 

C’est un homme furieux, truculent, bien vivant,  agité, qui n’a pas peur des mots, qui dit ou qui hurle ce qu’il pense, un homme qui s’explique avec fébrilité, avec honnêteté.

 On l’écoute avec intérêt ! On le découvre aussi,  l’homme et sa politique.



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Howard Zinn : En écrivant mon livre, j’ai voulu le sauver non seulement des pseudo-communistes mais aussi des essayistes et des politiciens qui s’extasient devant le triomphe du capitalisme.

 

KARL MARX – CONCEPT  ET MISE EN SCENE : FABRICE GARDIN

 

Une idée des plus intéressantes. Ce spectacle  qui se joue en ce moment au Théâtre des Martyrs nous éclaire sur ce qu’était cet homme que l’on  croit connaître et que l’on connaît peu ou mal.

 Pourquoi avoir choisi le texte d’Howard Zinn ?

Fabrice Gardin(metteur en scène) : Pour  faire connaître cet écrivain.

 Pour mettre en évidence le travail de ce merveilleux comédien qu’est Michel Poncelet, que je connais tout particulièrement bien, nous travaillons souvent ensemble au Théâtre des Galeries.

 Pourquoi monter ce spectacle sur Marx, me direz-vous ? Parce que Karl Marx n’est pas mort.

 Parce que ce texte ne nous prend pas pour des cons. Il est intelligent, érudit, drôle et je dirais même  spectaculaire.

 Pour comprendre ce qu’on peut faire avec Karl Marx aujourd’hui et  dans un théâtre…

 

Pour…Pour…Pour…

 Parce que…Parce que…Parce que…

 Et Fabrice Gardin est  intarissable !

 

 Fabrice Gardin : Pour s’amuser

 Pour amuser le public

 Et il a raison, le public suit avec attention et plaisir tout ce que raconte  le Marx des Martyrs !


Fabrice Gardin : Parce qu’il faut vivre avec les morts, surtout quand ils sont bien vivants

 Pour ne pas tourner en rond

Pour ne pas que « Le Capital » finisse dans le placard

 Pour permettre au public de trier dans le Marxisme

 Parce que nous ne sommes pas marxistes

 Parce que nous sommes tous marxistes

 Parce que le questionnement n’est jamais mauvais.

 Et si le questionnement passe par la légèreté et l’humour intelligent, c’est bien aussi…

 

 J’ignorais que Fabrice Gardin était aussi un acteur !

 Il est également l’auteur et l’adaptateur de plusieurs pièces dont  « Une rencontre comme une autre » , «  L’hôtel idéal », « Compartiment non-fumeurs » , « L’assassin habite au 2I », «  La Souricière » et  tout dernièrement   « Amen(Le vicaire) »

 

 KARL MARX , le retour/MICHEL PONCELET

 

Nous l’aimons ce comédien que nous avons souvent applaudi que ce soit au Rideau de Bruxelles, au Théâtre National,  au Parc , aux Galeries , au Poche…

 Il nous a fait rire dans « Croque-Monsieur », « L’emmerdeur », « Paroles de fric », « Le Mariage de Mlle  Beulemans »…

 Nous l’avons apprécié dans « Cyrano de Bergerac »,   « Caligula », « Célimare le bien-aimé », « La visite de la veille dame »…et combien d’autres pièces encore comme   « Barabbas »à Villers-la-Ville.

 C’est une joie de le voir en ce moment dans ce personnage de Karl Marx qu’il nous fait  mieux connaître dans ce   « Seul en scène », son premier spectacle qu’il joue sans partenaire.

 Il est à la fois drôle et émouvant. Il est entré  magnifiquement et généreusement dans le personnage de Karl ! Tous deux, Fabrice et lui, ont travaillé  avec  passion  et entrain sur ce spectacle pendant près d’une année.

 Un magnifique travail de recherche. Un résultat épatant !


 

 

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 La pièce de Fabrice Gardin, à partir du livre d’Howard Zinn, nous dévoile beaucoup de choses sur le philosophe que fut Marx.

 Cela dit, nous sommes au théâtre : Marx est devenu un personnage de fiction dans ce joyeux «  seul en scène »  ou monologue si vous préférez.

 

Karl Marx : Vous vous demandez sans doute comment je suis arrivé jusqu’ici, à la place des Martyrs, complètement arrachée, démolie. Par les moyens  de transports en commun. J’ai lu vos journaux. Ils proclament tous que mes idées sont mortes. Mais il n’y a rien de nouveau. Ces clowns le répètent depuis plus d’un siècle. J’ai vu les luxueuses publicités dans vos magazines et sur vos écrans. Oui, tous ces écrans avec toutes ces images. Vous voyez tant de choses et vous en savez si peu. Personne ne lit-il l’Histoire ? Quel genre de merde enseigne-t-on dans les  écoles par les temps qui courent ?

 

Vraiment, un extraordinaire monologue des plus  savoureux. Une farce truculente !

 Fabrice Gardin a réalisé une mise en scène  d’une belle discrétion,  simple, dépouillée, sans artifice inutile.

Il  s’est attaché au texte. Il laisse parler le comédien  sans nous distraire de mouvements qui seraient superflus.

 

La scène est vide, uniquement la grosse malle dans un coin.

 J’aime voir de temps en temps un plateau de théâtre dénudé  qui s’exprime tout simplement par le texte et l’acteur.

 

 KARL MARX , le retour / HOWARD ZINN

Cette courte pièce  écrite par un professeur d’université américaine a voulu montrer que « la critique marxiste du capitalisme reste fondamentalement vraie ».

 Le livre met en scène le célèbre révolutionnaire qu’un cafouillage bureaucratique renvoie de nos jours dans le quartier Soho de New York.

 

Complément d’informations :

 Monsieur Karl Marx  nous informe de son retour  « là-haut » le 25 mai prochain , après avoir raconté sa vie une dernière fois au Théâtre de la place des Martyrs.

 Que cette information soit propagée partout en Belgique.

 

 KARL MARX, le retour

 Howard Zinn

 Traduction : Thierry Discepolo

 Création costume : Béatrice Guillaume

 Eclairage : Daniel Scahaise

 Bande son : Laurent Beumier

 Régie : Cristian Gutierrez Silva

 

 Mise en scène : Fabrice Gardin

 Interprétation : Michel Poncelet dans le rôle de Karl Marx.

 

 

 

 

 

Karl Marx, le retour - © Fabrice Gardin 004 [1600x1200].JPG

 

 

 « Dans les temps de grande crise, la philosophie se doit de devenir pratique, mais la pratique de la philosophie est elle-même théorique. » (Karl Marx)

 

 THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS

 Place des Martyrs 22  – 1000  Bruxelles

 Infos Réservation : 02 / 223 32 08

« Karl Marx , le retour »  jusqu’au 25/05/2013

 Du mercredi au samedi à 20h15, les mardis à 19h

 Les dimanches 28/04 et 12/05 à 16 h et le samedi 18/05 à 19h.

 

Interview exclusive :

 Le journaliste (sincère ou pas sincère) : Cher Monsieur Marx, qu’est-ce qui  pourrait vous faire plaisir ?

 Karl Marx : Me voir  raconter ma vie  en scène ! Cela doit être drôle !

 (Exclus de droits d’auteur)

 

 Une heure quinze en compagnie d’un homme de caractère, bon vivant, fin polémiste et définitivement révolté !

 Faites gaffe en arrivant au Théâtre, il n’y a plus pratiquement de trottoir. Des briques cassées, des briques nouvelles…

 

 Roger Simons

 

DISCOURS A LA NATION

 

THEATRE NATIONAL

 

ASCANIO CELESTINI/DAVID MURGIA


Un Titre, un Théâtre, un Auteur italien, un Comédien plus qu’étonnant …

 

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Pour la première fois, Ascanio Celestini a écrit un texte pour un autre comédien que lui-même : David Murgia.

 

Il l’a écrit en italien. Le texte a été traduit en français par Patrick Bebi, mais dans une traduction qui a voulu garder sa saveur italienne avec des ajouts qui conviennent à la Belgique.

 

 

 

David Murgia : Patrick Bebi  effectivement a traduit les textes d’Ascanio avec un énorme talent mais dès le départ de notre travail ensemble, Ascanio m’a invité à prendre beaucoup de liberté avec ça.

 

On ne peut pas rendre toute la musicalité de l’italien avec le français et j’ai pu ajouter mes rondeurs à moi et apporter ma touche.  Le but était que je sois imprégné des histoires, pas d’en respecter le texte à la lettre.

 

 Et ce travail  produit un résultat  fulgurant. J’ai vu le spectacle hier soir au Théâtre National. Je vous convie vivement d’aller le découvrir les jours à venir.  C’est tout simplement fabuleux : le texte, l’interprétation de David Murgia, la musique  de Carmelo Prestigiacomo.

 

 Ce spectacle a été créé à Liège  en janvier dernier au cours du Festival de Théâtre et a fait un gros succès.

 

« Epoustouflant ! Hilarant ! Féroce ! Avec trois fois rien, l’acteur  se construit un podium , une table…A ses côtés , le guitariste Carmelo       Prestigiacomo crée des ambiances discrètes et sert de partenaire muet.

 

Un véritable régal où, à travers le rire, les métaphores et les petites fables,  on met en lumière les aberrations les plus criantes de nos sociétés modernes. A voir sans hésitation…

 (Le Soir – Janvier 2013)

 Je me rallie totalement à ce propos.

 

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 DISCOURS A LA NATION


 Un savoureux spectacle sur tous les points. Ce n’est pas une pièce de théâtre conçue dans la convention.  C’est tout différent.

 

Ascanio Celestini (l’auteur) : Après « Fabbrica ou La Pecora Nera »  je voulais raconter à nouveau la relation entre la classe dominante et la classe dominée mais en changeant mon point de vue et partant cette fois de celui des dominants.

 Quand elle souhaite obtenir quelque chose de la classe dominée, le vote par exemple, la dominante doit s’exposer, se rendre visible. C’est un risque pour elle, et cela la rend parfois grotesque.

 Cette relation particulière entre l’orateur et l’auditeur permet, en transparence, d’explorer la notion de société ou de nation…

 

 Quand on entre dans la salle du Studio 3, on est surpris en voyant sur le grand plateau un amoncellement de caisses à marchandises  consommables et rien d’autre…Deux hommes marchent de long en large, attendant l’arrivée du public.

 Quelques instants plus tard, tous les sièges étant occupés, l’un des deux personnages va s’installer en fond de scène, la guitare sous le bras. L’autre regarde le public avec un large sourire d’accueil et installe  les fameuses caisses.  En fait, il  fabrique le « décor ».

 L’un, c’est  Carmelo,  le fameux guitariste italien.

 L’autre, c’est David le raconteur d’histoires.


 

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 David Murgia : Le raconteur d’histoires ou d’historiettes comme Celestini , ça existe très peu chez nous , en Belgique.

Ca demande de trouver le bon ton pour toucher, intéresser le public, loin de la performance d’acteur.

 

 David Murgia n’a pas étudié le texte comme on le fait d’habitude,  l’apprendre par cœur et bouger selon les indications du metteur en scène.

 David a voulu voir des images à travers les textes et les traduire  à sa façon auprès  des spectateurs.

 Il a voulu vivre intensément  toutes ces histoires qui nous touchent  de très près, présentées de la sorte. Qui plus est,  David regarde  le public avec un sourire des plus craquants.

 

 David Murgia : Le spectacle doit beaucoup à l’honnêteté de notre rencontre, Ascanio et moi.

Au delà de la barrière de la langue, car mon italien est mauvais et Ascanio connaît peu du français, nous  nous sommes compris très simplement.

 Ascanio a une énorme qualité d’écoute, il n’est jamais venu avec  des recettes toutes faites. Il  a travaillé en fonction de ma théâtralité, de ma sensibilité.

 Un travail formidable, très riche pour le jeune acteur que je suis.


 Ascanio Celestini : C’est un laboratoire,  une recherche à deux où nous avançons de concert. Une véritable rencontre, comme un atelier où chacun amène ses machines et ingrédients et où on fabrique un spectacle.

 

Avec sa langue inimitable, sa poésie sautillante à l’humour ravageur, à la fois tendre et vipérine , avec  son jeu de lutin facétieux , avec sa conscience politique et un véritable amour des « petites gens » , avec  un sens aigu de la musicalité des mots, avec tout ça , Ascanio Celestini a construit en peu d temps une grande œuvre de théâtre !

 

 DISCOURS A LA NATION

 

Et quels discours ! Si David pouvait les tenir dans la réalité, ce serait certainement porteur ! 

 Il est soufflant de naturel David Murgia , qui – pour rappel –  a obtenu en janvier dernier  – lors de la Cérémonie des  Magritte , le Prix  du Meilleur Espoir Masculin.

 Il est attachant. Il distille toutes ces histoires avec simplicité, avec humour, avec vérité.  Ses regards vers les spectateurs, comme s’il s’adressait à des amis, sont magnifiques.

 C’est un bonheur de l’écouter, mieux : de le regarder et l’écouter.

 Il nous séduit ! Et nous, nous pétillons de joie !

 Des histoires  amusantes mais qui en disent long : le révolver dans la poche,  le parapluie , le pain, les préservatifs, les discours aux citoyens, la gauche, la droite…

 Des récits de gens un peu cyniques, froids , déshumanisés dans un petit pays où il pleut beaucoup : la Belgique.

 Mais  ces histoires-là viennent en contrepoint à de véritables discours politiques que David Murgia pourrait très bien mener.

 Je m’y inscrirais tout de suite…

 

 Pierre Morel : Et de l’alchimie de cette rencontre est né un spectacle superbe, qui ne perd rien du talent poétique de Celestini mais s’ouvre modestement à de nouveaux horizons et de nouveaux regards tout en délivrant un message ravageur et pointu  sur l’état de  nos nations en crise.

 

Ah ! Si nos dirigeants politiciens avaient ce ton-là…peut-être que les choses se passeraient tout différemment !!!  

 

 DISCOURS A LA NATION

 

Texte et mise en scène : Ascanio Celestini

 Interprétation et projection  d’idées : David  Murgia

 Partitions musicales écrites et  jouées avec délicatesse par Carmelo Prestigiacomo

 Adaptation française  modulée par Patrick Bebi

 Création  Lumières : Danilo Facco

 Scénographie  inventive: Chloé Kegelart

 Régie son  (c’est très important le son dans un spectacle au théâtre) : Philippe Kariger

 Régie lumière : Manu Savini

 Une production du Festival de Liège et du Théâtre National. Avec le soutien  de L’ANCRE (Charleroi dans le cadre de  « NouvellesVagues »)

 

(Avec des extraits de propos publiés dans le programme du Théâtre)

 

 

DISCOURS A LA NATION/ASCANIO CELESTINI /DAVID MURGIA

 

THEATRE NATIONAL

 Bld Emile Jacqmain  111/115 – 1000  Bruxelles.

 Infos Réservation : 02 / 203 53 03

 Jusqu’au  04/05/2013

 Représentations du mardi au samedi à 20h30

 Introduction au spectacle le 30/04.

 

Un savoureux spectacle  hors habitude ! Des histoires un peu écrites comme une partition…racontées , jouées par un jeune comédien  des plus brillants !

 

Le saviez-vous ? Il y a deux Murgia :

David Murgia ,  l’acteur, en ce moment au Théâtre National.

 Fabrice Murgia , le metteur en scène/réalisateur.

 Deux frères en exil sur les scènes bruxelloises.

 Deux frères bourrés de talent !


Salut les artistes !

 

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Roger Simons

 

 

 

RECITAL EMPHATIQUE

 

« On a retrouvé la Castafiore »

 

Et il  est vrai que la diva qui entre en scène lui ressemble terriblement. 

 

MICHEL FAU AU THEATRE  140



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 Jo Dekmine (Directeur du Théâtre140) : Dans la terrifiante robe du soir des grands travestis du music-hall , Michel Fau s’en prend à tous les excès d’emphase que la danse et le théâtre ont drainés , de Sarah Bernhardt bêlant Racine aux délires de la chansonnette   philosopharde » à quat’ sous.

Et même « L’Amant » de Marguerite Duras n’est pas épargné !

Que de superlatifs !

 

Il est tout simplement merveilleux, étonnant et extraordinaire Michel Fau à un point tel qu’on n’oublie rapidement que c’est un homme qui est en scène et non une femme.

Toute sa gestuelle est féminine. A certains moments, sa voix d’homme le trahit un peu, très légèrement.

 

Dois-je le dire, c’est un grand éclat de rire dans la salle et une leçon d’éthique peu commune.

Il va même jusqu’à chanter Mozart quasiment aphone.

Sensationnel ce Michel Fau !

 

Jo Dekmine : C’est vrai ! C’est drôle, infiniment.

 

« Outrageusement maquillé et travesti, l’acteur chanteur détourne Samson et Dalida de Saint-Saëns, Carmen de Bizet ,Summertime de Gershwin et Phèdre de Racine en quatre versions ébouriffantes.  Dans une robe de voiles mauves, puis moulé dans un fourreau lamé or assorti à ses hauts talons,  il  ( elle) a la grâce d’un hippopotame,  la discrétion de la Castafiore et les mines des grandes cantatrices de jadis. Irrésistible !

(Le Figaro)

 

« L’autodérision règne ; le comédien travesti se sert du ridicule pour interroger sa condition avec panache et une franche ambiguïté.

C’est en toute conscience que Michel Fau se place ici à  l’intersection du kitsch et de la solennité.

(Marie Baudet/La Libre Belgique)

 

Il est accompagné  au piano par Mathieu  El Fassi, à qui il cède le plateau du théâtre pour lui permettre de nous offrir un petit concert de musique classique.

 

Puis Michel Fau  nous revient et reprend  ses imitations « gonflées »  de chanteuse et de déclamateur. Exceptionnel !

 

« Travesti en Castafiore pathétique pour un Récital emphatique délirant, le comédien anoblit le grotesque. »

(L’Express)


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Un spectacle d’exception qui clôturait la saison 2012/2013 du Théâtre 140.

 

Michel Fau a été  des plus chaleureusement applaudi  par un public heureux et joyeux d’avoir assisté à cette représentation.

Notre «  star »  de deux soirs à Bruxelles,  a dû faire au moins six rappels, le public n’arrêtant pas de l’ovationner et le réclamer. 

Et l’artiste a continué à faire ses saluts de remerciements  en travesti.

J’ai pensé un moment que Michel Fau  allait retirer sa perruque.

Mais non, il a voulu que le public reste sous l’impression de  cette femme  dans la cage aux folles !

 

Merci Michel  vous étiez bien belle ! J’espère vous revoir  un jour, plus tard, ailleurs, ou pourquoi pas à  nouveau au Théâtre 140.

 

Roger Simons

 

 

UNE SEMAINE…PAS PLUS !

 

Du théâtre de Boulevard, typiquement parisien.

Une pièce écrite par un jeune auteur parisien : Clément Michel qui s’est accordé le premier rôle  de sa pièce : Paul !

 

En bref, l’histoire : Paul  veut quitter Sophie  avec laquelle il vit depuis trois mois, mais il est lâche et n’ose pas lui dire…

Il demande alors à Martin, son meilleur ami, de s’installer chez eux quelque temps, persuadé que Sophie ne supportera pas longtemps cette cohabitation et qu’elle quittera le domicile.

Mais ce n’est pas aussi simple  qu’il l’imagine !

Martin, pris au piège, accepte avec difficulté. Cela va être  une semaine complètement folle …Une semaine, pas plus !




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Heureusement…et c’est ici que la pièce décolle vraiment avec ce nouveau ménage à trois, totalement explosif, « véritables chaises musicales » avec ses doses de mensonges, de coups bas…

 

C’est la quatrième pièce de ce jeune auteur-comédien avec ses 36 ans !

Il est accompagné par Sébastien Castro (Martin) et Maud Le Guenedal (Sophie) pour interpréter sa comédie désopilante qui sort des sentiers battus, pleine de rebondissements.

Clément Michel  se laisse tomber dans  l’invraisemblance.

On rit, on rit durant tout le déroulement de la pièce.

C’est ce que l’auteur a très certainement voulu.

 

Si l’on prend la pièce au second degré, le personnage de Paul apparaît comme  un être un peu abject de  vouloir « balancer »  cette femme remplie d’amour pour lui.

On peut imaginer Martin pris d’angoisse de passer une semaine dans cette ambiance. Il est complètement déboussolé Martin. En plus, il  a un problème douloureux d’hémorroïdes…Ses silences confèrent un poids d’humanité. Il se trouve  dans uns situation effroyable.

Son copain Paul le plonge dans  une tragédie irréparable.

Comment va-t-il se dépêtrer  du mensonge incongru que lui fait vivre son copain ?

Puis, subitement, il va hausser le ton et la situation va prendre une tout autre dimension…

 

C’est une autre façon de recevoir cette pièce. Mais je pense vraiment que le but de l’auteur est de faire rire le public, de le divertir, de considérer la pièce comme une espèce de vaudeville où tout est  grossi, excessif…

 

La mise en scène d’Arthur Jugnot  et David Roussel en témoigne.

Les trois comédiens en font des tonnes ! Le rythme devient de plus en plus  fou, délirant, époustouflant, abracadabrant.

 

Et voilà, on rit à gorge déployée dans la salle, tant les nombreux jeunes gens que les spectateurs d’un certain âge !

 

Excellents comédiens avec  une mention plus particulière pour

Sébastien Castro qui  fait une composition surprenante d’une drôlerie irrésistible.

La scène où il pique une crise « violente » est tout à fait extraordinaire !




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Maud Le Guenedal (Sophie) : On travaille dans la bonne humeur. La pièce est jubilatoire et, entre quiproquos, situations et personnages modernes et sonnant vrais, elle ressemble à la vie comme je l’aime : surprenante car rien n’est inéluctable et joyeuse malgré tous ses aléas. Et puis le public va obligatoirement se reconnaître dans une ou plusieurs facettes des  trois personnages que nous jouons…..et rire énormément.

 

UNE SEMAINE…PAS PLUS !

 

Dernière pièce de la saison au Centre Culturel d’Auderghem.

Il faut en profiter !

 

 

CENTRE CULTUREL D’AUDERGHEM

Bld du Souverain  183 – 1160  Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 660 03 03

Du lundi au samedi à 20h30

Le dimanche à  15 h.

 

 

Martin : Tu m’interdis de sortir , tu m’interdis de manger, et maintenant tu me fais dormir sur une biscotte d’un mètre carré, c’est beaucoup !

 

Paul : Tu ne peux pas voir de l’appétit ! T’es en deuil ! Il faut être  cohérent.

T’es une épave, une loque, un rien du tout…T’es une merde , mon pote , une merde !

 

UNE SEMAINE …PAS PLUS

CLEMENT MICHEL

 

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Jusqu’au  28 avril.


 

Prochain spectacle : à partir du 14 octobre avec à nouveau un comédie de Boulevard de Nicolas Poiret et Sébastien Blanc : MEME PAS VRAI !

 

Hors Série, hors Abonnement , un soir , le jeudi 24 octobre : « LE JOURNAL D’ANNE FRANK » d’Eric Emmanuel Schmitt, avec Francis Huster.

 

 

Roger Simons

 

 

GERARD PHILIPE (4)

 

 Le Diable au Corps (1947)


Coalition totale entre le cinéma et le théâtre

 

 

Jean Vilar : S’étant débarrassé de tout élément extérieur, il s’attachait à reconstruire le personnage à partir d’éléments pris à l’intérieur de lui-même, choisissant chacun des gestes, des intonations qu’il se connaissait et qu’il jugeait pouvoir intégrer au personnage. Gérard se méfiait de ses dons. Il travaillait beaucoup.

 

Chose étonnante, Jean Vilar , l’un des plus grands hommes de théâtre du vingtième siècle , a fait partie de la distribution du film « Till Eulenspiegel » réalisé par Philipe avec le regard de Joris Ivens.

 

Gérard rêvait depuis longtemps de tourner un film.. Il avait envie de dire quelque chose en composant lui-même ses images. Il a écrit l’adaptation de l’œuvre avec la collaboration de René Wheeler et René Barjavel.

Il s’est attribué le rôle de Till, l’espiègle !

Maurice Périsset, chroniqueur, journaliste, écrivain abondant dans le domaine cinématographique, a écrit un ouvrage sur Gérard Philipe. Il commente le film « Till ».

Maurice Périsset : « Till » fit une pauvre carrière et Gérard en fut fort triste. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la critique ne fut pas tendre. Elle n’avait jamais aimé ce qui dérange. On s’en prit au manque de rythme du film, à la lenteur de certaines scènes, au montage selon elle sans rigueur. La critique souligne aussi que la lutte d’un peuple pour sa liberté ne saurait s’accompagner de rires ni même de sourires. Bref, le réalisateur n’était pas à la hauteur de l’interprète ! Gérard perdit beaucoup d’argent dans l’affaire. Cet échec le marqua profondément.

  

 

En réalité, c’est le métier de comédien que Gérard Philipe a voulu vivre complètement, tant au théâtre qu’au cinéma.

Sa grande qualité fut celle de préserver sa vie privée durant toute son existence. Il a connu un seul grand amour aux côtés de Nicole Fourcade, devenue Anne Philipe.

 

Mardi 24 novembre 59.

 

Le soir, Gérard lit Euripide avant de s’endormir. Il prend aussi des notes. Du reste dans la journée, il avait coché certains passages d’une œuvre de Corneille qu’il avait envie de jouer. Il avait relu Hamlet. Ce serait pour bientôt. Il pensait : « Il est temps que je joue Hamlet. Dans cinq ans, il sera trop tard. » Il avait 37 ans, né le 04/12/1922.

 

Mercredi 25 novembre 59

 

 Le matin, Anne, son épouse, va conduire les enfants en classe et laisse Gérard endormi, comme à l’accoutumée. Quand elle revient, Gérard est mort. Le visage est calme. Sans une contraction de la main. Les rotatives des journaux vont tourner à un train d’enfer. Des éditions spéciales vont paraître. Huit colonnes à la une des grands quotidiens parisiens. Un hommage aussi important dans la presse est chose rare pour un acteur. On titre : « Un acteur pur comme une larme, le visage illuminé et pitoyable qui faisait fondre les cœurs, est mort d’un cancer au foie. »

« Gérard Philipe, le mal du siècle sous le masque du comédien »

Les grands comédiens, la plupart amis avec Gérard vont dire :  « C’était un Seigneur. C’était un Prince. » Un autre plus discret :  « C’était un homme ! »

Gérard avait le don de l’amour avec Anne, le don de l’amitié avec René Clair, le don du travail avec Jean Vilar, mais avant tout, il avait l’amour de l’humanité ! Toujours sur la défensive, se remettant sans cesse en question alors que chaque rôle qu’il tenait à la scène ou à l’écran était un triomphe.

 

Georges Sadoul (historien) : Gérard était la modestie même. Non qu’il n’eut conscience de sa gloire et de son talent. Il savait ce qu’il valait. Mais il savait encore mieux que tout reste toujours à apprendre, à conquérir, que l’art est long et la vie terriblement brève, durât-elle un siècle. Il aurait voulu tout connaître !

Et puis il y avait son rire sonore qu’aujourd’hui encore nous entendons. Un rire légendaire. Il pouvait rire simplement pour se détendre. Mais il lui arrivait de rire au moment même où il semblait se prendre au sérieux. Un rire jeune, stimulant, délassant, démystificateur, un rire qui était le soleil des répétitions au théâtre, diront plus tard ses camarades de scène.

 

Philippe Noiret : C’était un acteur génial !

 

Delphine Seyrig : Je me demande comment j’aurais imaginé mon métier de comédienne si je n’ais pas vu Gérard Philipe.

 

Michel Piccoli : J’appréciais non seulement le comédien mais dans la vie, c’était un personnage vif argent, même quelquefois insaisissable, tellement rapide et inquiétant.

 

Jacques Panier, régisseur au Théâtre National, ensuite à la Télévision Belge, homme de lettres par excellence, poète, écrivain, l’un de mes précieux collaborateurs, c’est avec lui que j’ai créé  la fameuse émission à la RTB des  « Feux de la Rampe » Jacques était un grand admirateur de Gérard Philipe.

 

Jacques Panier : J’étais en Avignon lors de la première du  CID ». Je me suis glissé dans l’équipe technique. J’aimais découvrir ceux qui exerçaient mon métier de régisseur de théâtre. J’ai eu le privilège de côtoyer Gérard Philipe. Contrairement à ce que disent les comédiens : « Moi, il me faut deux heures pour m’imprégner de mon personnage », Gérard Philipe arrivait dix minutes avant le début du spectacle. Ce qui n’était pas sans provoquer l’inquiétude du régisseur de plateau.

Il se maquillait très peu. Une petite brique de terre de ciel qu’il se passait en vitesse du bout des doigts, cela lui faisait son fond de teint. En Avignon, le rendez-vous avec Gérard après le spectacle était place de l’Horloge. Il aimait boire de la bière. Un grand buveur de bière, comme moi du reste.

Il était toujours généreux, se préoccupant sans cesse du sort des acteurs. Il était naturel, toujours séduisant, agréable et charmant. Il était affiché – par ordre alphabétique – comme les autres comédiens de la troupe. Son plaisir était bien sûr le théâtre car il avait besoin du public. Il n’a pas pu terminer le film « La Fièvre monte à El Paso ». Il avait un cancer au foie. On lui avait caché la vérité. Je pense qu’il aurait supporté de savoir. Il était assez courageux.

 

Anne Philipe : « Combien de temps ? » avais-je demandé aux médecins lorsqu’ils m’avaient fait entrer dans la petite pièce à côté du bloc opératoire. – « Un à six mois maximum » m’a-t-on répondu. – Vous ne pouvez pas faire qu’il ne se réveille plus puisqu’il dort encore ?

– Non Madame.

Je suis rentrée dans ta chambre. Tu respirais mal à cause de la sonde nasale. Tu aurais reposé ainsi avec le même visage pâle et triste de ceux qui dorment encore, et que tout soit bien. C’est cela que j’avais imaginé dans mes moments de confiance. Trois mauvais jours et à nouveau une vie entière devant nous. C’était trois mauvais jours et la mort au bout, et d’ici là, le mensonge entre nous.

Même endormi, je n’osais te regarder avec le désespoir, la folie qui m’animaient. Je forçai mon regard au calme, je répétais devant toi, inconscient, la comédie que j’allais te jouer et qui était tout ce qui me restait de notre vie commune… (Extrait du livre « Le Temps d’un soupir »Anne Philipe)

 

Jeudi 26/11/59 :

 

De longues files d’admirateurs anonymes commencent à se former devant le numéro 17 de la rue de Tournon à Paris, scrutant les volets fermés du second étage où Minou, la maman de Gérard, veille le corps de son fils pour qui l’habilleuse du T.N.P. avait apporté le costume noir à crevés blancs, la cape rouge au col évasé de grand d’Espagne.

Et c’est un CID inoubliable, une orchidée sur la poitrine qu’ont pu contempler une dernière fois ceux qui l’aimaient.

 

 

 

 Gérard Philipe fut enseveli deux jours plus tard dans le petit cimetière de Ramatuelle où le curé fit sonner le glas.

Il s’est endormi  dans cette terre qu’il a toujours   ne plus jamais se réveiller.

Une simple pierre avec un nom gravé et deux dates :

 

GERARD PHILIPE  – 4 décembre 1922/ 25 novembre 1959

 

Extrait : chanson «  Un prince en Avignon «  chantée par Fabiennne Thibault.

Je n’oublierai jamais Gérard Philipe et il m’arrive parfois de prendre mes disques 33 tours et de réécouter cette voix troublante, unique, racontant l’histoire de Saint-Exupéry « LE PETIT PRINCE »…et à chaque fois, mon émotion reste la même et mes larmes se dessinent sur mon visage…

 

Si vous vous rendez à Cannes en mai prochain pour assister au Festival International du Film, faites un crochet  à Ramatuelle , c’est tout près de Cannes ,  pour applaudir une toute dernière fois cet homme qui a imposé l’image de son temps  et qui ne laisse derrière lui que l’image du printemps.

 

INOUBLIABLE GERARD PHILIPE

 

Fin

 

Roger Simons

 

TOUT CE QUE JE SERAI

THEATRE DE LA PLACE DES  MARTYRS

 

ALAN BALL

 

Auteur et scénariste américain, entre autres de « American beauty » et «  Six feet Under » au cinéma,  et de « Five Women Wearing the Same Dress » au théâtre. 

Le Théâtre des Martyrs avait d’ailleurs  programmé cette pièce d’Alan Ball «  Cinq filles couleur pêche » en mars 2011 mise en scène par Christine Delmotte qui récidive  en  montant une autre pièce d’Alan Ball :

TOUT CE QUE JE SERAI, un conte sombre, cruel, caustique et drôle  parfois (un peu à l’inverse de la pièce précédente) sur la provocation culturelle et la recherche éternelle de notre appartenance.


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Tout se déroule à partir  du personnage Omar, jeune  immigré du Moyen Orient vivant à  Los Angeles qui travaille dans un magasin d’informatique et qui sort avec Cynthia,  jeune femme ambitieuse qui travaille dans l’industrie du cinéma.

 

Omar est-il Egyptien, Libanais, Perse ? Est-il un Obama ou un taliban ? Est-il homosexuel ? Bisexuel ?

 

Il est dit : « Il a toute la panoplie du terroriste sexy »

 

Parallèlement à son travail au magasin informatique, il vend son corps aux hommes en changeant à chaque fois d’identité. Tantôt Farouk, l’Etalon arabe, Démétrius, le dieu grec ou  Carlito , l’étudiant portoricain ?

 

Et, au fil des rencontres le jeune homme écorché va tisser des liens particuliers avec certains clients, dans une sempiternelle quête d’identité et de tendresse.

 

 

 

Dwight, jeune privilégié, natif de L.A. écoute Noam Chomsky sur itunes en faisant du cardio dans sa salle de sport.

 

 

 

Une forte relation amoureuse va s’établir intensément entre  ces deux hommes, une relation qui évoluera

 

dangereusement jusqu’à sa chute…

 

 

CE QUE JE SERAI


 

L’homosexualité est un thème récurrent dans l’oeuvre d’Alan Ball, mais dans cette pièce-ci, il introduit d’autres thèmes importants qui touchent à notre appartenance, la  prostitution  et le racisme.

 

Christine Delmotte (metteure en scène) : Effectivement, Alan Ball plonge dans des thématiques lourdes, tout en restant dans une prodigieuse humanité et une grande poésie.

 

Les portraits qu’il fait de ses personnages sont sans concession mais  ils nous touchent et nous amusent même.

 

Et puis, au-delà de leurs différences, ils se rejoignent sur un point : ils ont tous un besoin d’être aimés !

 

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Un  noir-lumière très bref, le temps d’un changement de fond de scène( vidéo), d’un meuble ou d’un accessoire et du changement de vêtement des acteurs, et nous nous trouvons avec d’autres personnages.

 

Benjalib Boutboul joue un client, un serveur, Bat, Eddie…

 

Philippe Jeusette : Phil, Chuck Bennett, Raymond…

 

Mathilde Rault, de Cynthia, elle devient Beth.

 

Soufian El Boubsi reste Omar

 

Jean-François Breuer reste Dwight

 

 

Ils sont  éclatants tous les cinq.  Leurs rôles  sont  difficiles à interpréter  tant sur le plan des dialogues que  celui de la  gestuelle  très mouvante.

 

Ils sont entrés à bras le corps dans leurs personnages, conduits magnifiquement par Christine Delmotte.


 

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Sa mise en scène est très épurée, juste dans son travail  dans la façon dont elle a entrainé ses acteurs vers leurs personnages, nombreux qui plus est. Rien n’était évident au départ. C’est réussi !

 

Il est important de saisir  le moment où les comédiens passent de l’un à l’autre personnage.

 

« Si vous avez aimé «  Six feet Under », courez-y !

(The Wall Street Journal)

 

« Un angle astucieux sur la futile recherche de relations. Le dialogue résonne de l’observation  âpre d’Alan  Ball. » 

(The New York Times)

 

« Fascinant…Alan Ball sait construire une scène et faire pétiller ses répliques «  ( The New Yorker)

  

Une création de la Compagnie Biloxi 48 en co production avec le Théâtre de la place des Martyrs .

Traduction : Anny Romand et Adriana Santin

 

Excellente mise en scène  et chorégraphie de Christine Delmotte.

 

Excellents comédiens qui jouent « vrais » !



 

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Direction technique et son : Lorenzo Chiandotto

 

Eclairages : Laurent Kaye

Régie :  Bruno  Smit

Costumes : Cathy Praux

Habillage : Ccile Manokoune

 

Maquillage : Urteza Da Fonseca- (Philippe Jeusette est ravissant avec ce maquillage et «  troublant » avec ses hauts talons féminins…)

 

Assistanats : Julien Pillot et Anna Giolo

 

Coordination : Charlotte Dumont

 

Une bonne idée très porteuse : Cette proposition d’envoyer un surtitrage en anglais et en flamand dirigé par Jérémy Bruyninckx.

 

 

TOUT CE QUE JE SERAI / ALAN BALL : CHRISTINE DELMOTTE


 

 

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crédit/photos:Lorenzo Chiandotto

 

THEATRE  DE LA PLACE DES MARTYRS

 

Place des Martyrs  22 – 1000  Bruxelles

Jusqu’au 26 mai 2013

Les mardis  et le samedi 8/05 à 19 h

Du mercredi au samedi à 20h15

Dimanches 05/05 et 26/05 à 16h

 

Infos Réservation : 02  / 223 32 08

 

Débat/Rencontre le samedi 27 avril à 15 h sur le thème :   « Gays et Lesbiennes en exil » avec  Michel Duponelle , directeur d’Infor Jeunes et Christine Delmotte, metteure en scène.

 

« Poussin, les gens ne te payent pas pour le sexe. Ils te payent pour partir » (Réplique extraite de la pièce)

 

Roger Simons 

 

 

LE MYSTERE SHERLOCK HOLMES

 THEATRE ROYAL DU PARC

Un spectacle qui donne froid au dos,  imaginé par Thierry Janssen d’après Sir Conan Doyle,  mis  génialement en scène par Jasmina Douieb.

Un véritable exploit pour chacun !

 

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Vous n’avez vu ce spectacle nulle part ailleurs,  ni à Bruxelles, ni à Paris, ni à Londres, ni à New York.

C’est une création mondiale !!!

On y va gaîment au Parc, sous la direction de Thierry Debroux.

 

Cela dit, j’avoue n’avoir jamais rien vu sur Sherlock Holmes.

Une  belle et passionnante découverte.

Par contre, Thierry Janssen, comédien  et  adaptateur, est un grand passionné du personnage de Sherlock.

 

Thierry Janssen (adaptateur) : Lorsque  Thierry Debroux m’a proposé d’écrire une pièce sur le célèbre détective anglais, l’idée m’a immédiatement emballé et j’ai replongé avec passion dans les  4 romans et les 56 nouvelles de ce que les spécialistes du genre ont convenu d’appeler « le canon holmésien ».

Mais très vite, plutôt que de partir de l’œuvre originale, j’ai choisi de créer une aventure inédite…

 

Et c’est ainsi qu’est né…

LE MYSTERE SHERLOCK HOLMES , créé avant-hier soir dans ce « vrai » et magnifique  théâtre  de la rue de la Loi  devant une salle comble qui a marqué sa satisfaction à la fin de la pièce par ses applaudissements redoublés et bien mérités.

 

Vous  raconter l’histoire ce serait très long…Je vous conseille plutôt d’aller la découvrir au Théâtre Royal du Parc.

Je peux tout de même vous confier quelques éléments.

 

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Irène Adler (médium) : Siger Holmes erre dans la lande comme un fou sanguinaire. Il est revenu 30  ans après pour achever son oeuvre !…

 

Vous connaissez sans doute Arthur Conan Doyle, Sir Arthur Conan Doyle, né à Edimbourg, en Ecosse,  le 22 mai 1859.

Un homme à la fois médecin et écrivain. Il a  très tôt abandonné  la médecine – aucun succès, peu de patients – pour se consacrer entièrement à l’écriture.

Son premier ouvrage d’importance : «  Une étude en rouge »  publié en 1887.

 

Le Rouge ! La Lumière rouge ! Les Flammes de l’Enfer !…

 

C’est aussi la première apparition de Sherlock Holmes, personnage inspiré par son ancien professeur d’université, Joseph Bell. Sir Arthur  lui a écrit : «  Cher Maître, c’est très certainement à vous que je dois Sherlock Holmes. Autour du noyau déduction et observation que je vous ai entendu enseigner, j’ai essayé de construire un homme »

 

SHERLOCK HOLMES ! Qui ne connaît pas Sherlock ?  

Ce personnage est devenu avec le temps l’archétype du détective privé : un homme très «  typé  doté d’une mémoire remarquable pour tout ce qui peut l’aider à résoudre des crimes ».

Et nous le retrouvons – grâce au Théâtre – au numéro 221 B dans Baker Street à Londres, en compagnie de son ami, le seul d’ailleurs : le Docteur Watson.

Et commence  ainsi l’aventure diabolique   conçue par Thierry Janssen qui s’est  du reste accordé un rôle intéressant dans sa pièce : ce curieux  Richard Blackmore,  le fils de la Comtesse   Blackmore dont le mari , le Comte Arthur Blackmore, a été assassiné. !  Curieuse  cette Comtesse !

 

Ils ne sont pas les seuls. Ainsi Oswald, le majordome et Irène  la sensuelle!!!

Par contre, Lestrade, l’officier de Scotland Yard est plus évident !

Quoique avec Conan Doyle et Thierry Janssen, on peut s’attendre à tout !

 

Lestrade(Scotland Yard) : Bon Dieu, le majordome est mort ?

Sherlock : Encore un accident, inspecteur ?

Lestrade : Mais on ne me dit jamais rien à moi.

Sherlock : Lestrade, aidez Watson à s’extirper et transportez avec lui le corps dans la chapelle.

Lestrade : Je n’ai pas d’ordre à recevoir de vous.

Sherlock : Ecoutez-moi bien  Lestrade. Il va y avoir d’autres meurtres. Et j’ai bien peur que nous soyons sur la liste du tueur. Il nous nargue. C’est une épreuve de force entre lui et moi. Les démons sont là, tapis dans l’ombre. L’Enfer réclame son lot de sang, beaucoup de sang !

 

Aie aie aie !!!

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Sherlock est grand, mince, élégant mais négligent, grand fumeur de pipe, sportif accompli avec le baritsu (Art martial dérivé du judo), la boxe et l’escrime. C’est un mélomane averti qui pratique le violon.

Il ne supporte pas l’oisiveté qui l’épuise et il ne vit que pour son travail.

Il ne cache pas son égotiste. Il supporte mal la lenteur d’esprit. Il est doué pour les déguisements et il aime surprendre, même son ami Watson.

Sherlock, un personnage de légende, toujours en ce XXIe siècle.

 

Sherlock   : Elémentaire mon Cher Watson !

 

Entend-on cette fameuse phrase  dans l’adaptation de Thierry Janssen ? Je le sais mais vous pensez bien que je ne vais pas vous le dire…

Vous verrez bien ce qui en est en allant voir ce spectacle percutant et  des plus amusants…

 

LE MYSTERE DE SHERLOCK HOLMES

 

Synopsis (compressé) : Après trois ans d’absence durant lesquelles il a fait croire à sa mort, Sherlock Holmes réapparaît et retrouve enfin son fidèle coéquipier et ami, le Docteur John Watson…

Mais c’est beaucoup plus compliqué que cela…

Suite sur les planches  théâtrales…

 

Trois actes à dévorer avec passion :

Acte 1 : « Ténèbres sur le 221 b Baker Street »

Acte 2 : «  Dans la bouche des Enfers »

Acte 3 : «  Le piège diabolique »

 

C’est plein de questions,  de soupçons, d’hypothèses …

A qui  appartiennent ces ossements retrouvés dans une espèce de sarcophage ? Mystère ! Un de plus !!!

 

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Thierry Janssen (adaptateur) : Avec Jasmina Douieb, metteure en scène et  Ronald Beurms, scénographe,  nous avons choisi de placer Sherlock et Watson dans un univers fantastique gothique qui peut se situer entre les films d’horreur de la Hammer , l’expressionnisme allemand et l’univers de Tim  Burton.

 

Sherlock Holmes : Je ne suis qu’un mensonge ! Une erreur ! L’Enfant d’un ange et d’un démon !!!

 

Un très beau spectacle ! Aucune faille ! Aucune bavure !

C’est  vivant !  C’est impressionnant !

 

Lestrade : Vous aussi vous croyez à ces légendes ?

Sherlock : Absolument pas. C’est juste pour l’atmosphère !

 

Je vous pose une question : Aimez-vous le cake à la carotte ?

Si oui, méfiez-vous, vous risquez d’être empoisonné !!!


 

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Les sept comédiens sont  excellents avec – en exergue – le jeune Othmane Moumen dans le rôle de Watson.

C’est lui qui était «  Passepartout »  dans «  Le tour du monde… ».

C’est lui aussi que  nous retrouverons en septembre prochain dans  «  Les mille et une nuits ». Othmane est un véritable  « acteur caoutchouc » comme l’appelle Thierry Debroux.

Un acrobate ! D’un dynamisme extraordinaire !

Nicolas Ossowski  a une allure parfaite, très calme,  très britannique  qui convient  bien  personnage de Sherlock.

Thierry Janssen – l’auteur – propose son personnage de Richard  Blackmore, l’homme au chapeau Fou d’ « Alice au pays des merveilles »,   un vieux gamin de 40 ans d’apparence innocente, un peu simple  d’esprit, sporadique… c’est trompeur. Sa passion : déchiqueter les animaux et en faire des horreurs. Un vrai taxidermiste ! Il dit d’ailleurs :

 

Richard : Je crée des êtres imaginaires par association d’idées…

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Gérald Wauthia  au physique rondelet fait une composition  étonnante dans le rôle  d’Oswald, le majordome de la Comtesse,

Didier Colfs est un drôle d’inspecteur de Scotland Yard,

Ana Rodriguez, Irène dans la pièce,  est surprenante, pulpeuse, capiteuse, énigmatique  que ce soit en chevelure noire,  blonde ou rousse.

Jo Deseure caricature magnifiquement  une dame comtesse quelque peu « dérangée », excessive, rigide,  hautaine mais drôle  aussi.

 

Il y a beaucoup d’humour dans cette pièce !

 

Sherlock : Ces traces confirment qu’on a bien traîné ici les corps du Comte et d’Oswald. Sentez-vous ce courant d’air ? Ce passage secret ouvre sur l’extérieur.

Watson : Aïe !

Sherlock : Quoi ?

Watson : Je me suis brûlé ave la cire.

Sherlock : Vous êtes plus douillet qu’une femme ! Approchez votre flamme par ici, près de la roche. Vous voyez ?

Watson : Qu’est-ce que c’est ?

Sherlock : Des symboles cabalistiques. Ces dessins m’ont l’air très anciens. Ils datent certainement de bien avant la construction du Manoir.

Watson : Mais où  sommes-nous ?

Sherlock : Dans la Bouche des  Enfers !!!

Watson : Bon sang de bonsoir !

Sherlock : Silence !

 

On entend des sons lugubres…et quelqu’un qui chuchote une prière dans une langue inconnue qui se répercute sur les parois de la caverne : «  la ! la ! Cthulhu Fthacgn ! Ph’ngui mglw’nfah Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn ! »

 

Qui peut traduire cette prière ? Le 221  B de la Baker Street ?

 

Jasmina Douieb a réalisé une prodigieuse mise en scène et ce, dans un registre tellement différent de ce qu’elle fait d’habitude. Jasmina étonne à chaque fois.

Elle dirige ses acteurs, qui sont ses amis,  avec  talent,  compétence, générosité,  habileté.

Jasmina est comédienne, nous la retrouverons en septembre  dans «  Les mille et une nuits ».

 

L’équipe qui travaille dans l’ombre  est  de qualité incontestable et mérite également nos bravos :

 

Anne-Claire Van Oudenhove (Assistanat)

Ronald Beurms (Décor et costumes : un fameux boulot)

Marion Jouffre et «  Peau d’Ane », curieux comme nom !  (Réalisation des costumes)

Saïd Abitar (Peinture du décor costaud)

Philippe Catalano (Eclairages  judicieux)

Sébastien Fernandez (Musique suspens, dantesque)

Allan Beurms  (Video)

Véronique Lacroix (Maquillages et coiffures : un solide travail avec La Comtesse, Oswald et Richard)

Barbara de Backer -Pauline  de Malengreau – Hélène Pilartz (trois stagiaires en maquillages et coiffures – il faut un début à tout)

David Lempereur, Noé Francq et Cécile Vannieuwerburgh

(Régies respectives pour le son, les lumières et le plateau)

Zouheir Farroukh (Accessoiriste – il a fallu drôlement chercher… !)

Elise Abraham (Habilleuse)

Yahia Azzaydi-Shaban Rexhep-Patrick Cautaert( Menuisiers – au travail pour les nombreux  et éléments de décors gigantesques et amovibles)et

Gérard Verhulpen (Direction technique)

 

LE MYSTERE  SHERLOCK HOLMES

Une adaptation intelligente et vivante de Thierry Janssen, à partir de l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle

Sept comédiens talentueux pour servir le texte et l’action.

 

Thierry Janssen : Le saviez-vous ? Conan Doyle avait prévu d’appeler son détective Sherrinford Holmes.

 

A mon tour de vous poser une question : Avez-vous déjà visité la maison de Conan Doyle ?  La panoplie de Sherlock au Musée du même nom  à Londres ? Le Musée de cire qui contient des personnages  de Doyle…en cire bien sûr ? La tombe de Sir Conan Doyle  dans le cimetière de l’église de Minstead à New Forest,  dans le Comté de Hampshire ?

 

En voilà des lieux et des choses à découvrir grâce aux propos publiés dans le programme du Théâtre, rédigés par Colette Lefebvre, directrice adjointe.

 

Je vous conseille vivement de vous procurer ce programme, véritable petit trésor  d’enseignement et de renseignement, lorsque vous irez voir et applaudir  ce spectacle.

 

Un mot du directeur  du Théâtre Royal du Parc :

 

Thierry Debroux : Vous retrouverez dans ce spectacle une partie de l’équipe du «  Tour du monde en 80 jours » et notamment Thierry Janssen qui , après avoir plongé dans l’univers de Jules Verne , se frotte ici au personnage devenu mythique…SHERLOCK HOLMES  et nous livre une aventure originale d’un de ses héros préférés .

 

Ronald Beurms nous avait enchantés avec son décor incroyablement inventif du «  Tour du monde… » pour lequel  il a reçu le prix de la Meilleure Scénographie 2012.

L’écriture de Thierry Janssen lui propose ici avec Sherlock des défis tout aussi excitants à relever.

 

LE MYSTERE SHERLOCK HOLMES/THIERRY JANSSEN/CONAN DOYLE

 

 THEATRE ROYAL DU PARC

 Rue de la loi  3 – 1000  Bruxelles

Infos Réservations : 02 / 505 30 30

 

Jusqu’au 18 mai 2013-

Du mardi au samedi à 20h15 – les dimanches à 15h.

 

E……….mon cher Watson.

 

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(Crédits:photos/Isabelle De Beir)

 

Roger Simons