LE BRUIT DES OS QUI CRAQUENT

photo_0011_800.jpg

SUZANNE LEBEAU

THEATRE DE POCHE


Voici une pièce au texte magnifique et percutant, écrite à partir de témoignages d’enfants africains. 

Une bonne idée que de faire une reprise de cette pièce importante.

 

Je vous propose une lecture( ou relecture) de ma chronique-critique publiée  au lendemain de la première représentation.

 

LE BRUIT DES OS QUI CRAQUENT

 31.01.2013

 C’est l’histoire de deux enfants soldats- 10 et 14 ans – et celle d’une infirmière qui témoigne…

 

Elikia : Je veux que mes souvenirs soient utiles. Je veux dire à ceux qui font la guerre que si le fusil tue le corps de celui qui a peur, il tue aussi l’âme de celui qui le porte.

 

 Suzanne Lebeau (l’auteure) :  Elikia est une enfant parmi tant d’autres qui a vu sa vie basculer du jour au lendemain dans une guerre civile chaotique et sans lois.

Après une rafle dans son village, la petite devient enfant soldat. Victime, elle devient elle aussi bourreau.

Comment grandir et rester humain quand les repères s’effacent?

 Deux ans  plus tard, c’est Joseph,  le plus jeune enfant à parvenir au camp des rebelles, qui lui rappelle son enfance, sa famille, son village, son humanité, qui lui donne le courage de briser la chaîne de violence dans laquelle elle a été entrainée.

Il est l’étincelle qui poussera Elikia à fuir et à les sauver tous deux de leurs destins tragiques…

 

La pièce est jouée en lingala et  en kinyawanda, surtitrée en français  (caractères très visibles). Les séquences avec l’infirmière sont en langue française. 

 Trois comédiennes africaines tout à fait remarquables pour faire vivre cette tragédie : Angel Uwamahoro-Kabanguka, Olga Tshiyuka-Tshibi, Aïssatou Diop.

Elles créent  auprès des spectateurs une émotion intense.

 

 LE BRUIT DES OS QUI CRAQUENT  est un texte qui trouve tout à fait sa place dans la volonté du Théâtre de Poche  d’aborder sur la scène du théâtre les urgences liées au monde de l’enfance.

 

 Roland Mahauden (Directeur du Poche à l’époque), et Metteur en scène de ce spectacle) :

Depuis de nombreuses années, nous poursuivons avec « Amnesty International », « La Ligue des Droits de l’Homme », et d’autres associations, des partenariats sur des thématiques liées aux droits humains. 

Ici, il nous a paru essentiel de conjuguer à nouveau nos efforts avec  « Amnesty » pour pousser le public à réagir et à réfléchir cette fois à la réalité d’enfants enrôlés de force dans la guerre.

 

Suzanne Lebeau (Auteure) : J’ai été bouleversée par le regards et les récits d’enfants soldats dans un documentaire. On parlait alors de 300 000 enfants. Aujourd’hui, en faisant des recherches pour préparer le lancement du spectacle, je lisais qu’ils sont 500 000 intégrés dans les forces armées, régulières ou rebelles, dans au moins quarante et un pays. Quels que soient les chiffres, ils sont effroyables.

Je n’ai pas pu oublier et faire comme si je ne savais pas. J’étais obsédée par les images, celles que j’avais vues et celles que j’imaginais !


 Mijanou, notre spectatrice attitrée, nous communique ses impressions sur cette pièce d’exception.

 

 Mijanou : Une pièce très interpellante, de grande qualité par différentes optiques de simplicité, de sobriété, dans le récit, dans le jeu des comédiennes, dans la mise en scène.

J’avais en tête en me rendant au théâtre, un terrible film sur le sujet des enfants soldats en Afrique, film vu l’an passé dans un centre culturel, mais dont j’ai hélas oublié le titre… un prénom de femme, je crois !  Si quelqu’un (ou une) s’en souvient, qu’il nous écrive ! Merci.

Cette pièce montre aussi toute l’horreur de ce drame des enfants soldats (et plus encore celui des filles) embarqués contre leur gré, ou volontaires car prisonniers de leurs illusions, ou de la faim.

 Bien sûr, le cinéma permettait des développements d’actions et réactions à l’infini, mais ici, le simple fait d’être le témoin de ce cheminement dans une nature hostile de la « grande » de 14 ans (celle qui est enrôlée dans le camp des rebelles), qui emmène tout en la sauvant, la « petite » de 10 ans jusqu’à un hôpital, est suffisant pour que nous soyons touché au coeur !

 Le troisième personnage, l’infirmière crée le lien entre ces enfants otages de guerres et … une commission qui se rend sur place, les médias, les politiciens d’ici, les « responsables », … NOUS,… nous, tout simplement, qui sommes « rappelés à l’ordre » (comme le dit le programme). A l’ordre, à la compassion et à l’action…celle qui nous est possible : une action de soutien par exemple à une association active dans ce domaine.


ACTUELLEMENT AU THEATRE DE POCHE

 

Il s’agit d’une création théâtrale mise en scène avec pudeur, énergie,  vérité par Roland Mahauden, qui a dirigé ses acteurs africains  avec    générosité et un sens humain des plus profonds, les faisant évoluer  sur le plateau avec sincérité et simplicité, rendant leurs propos vrais, authentiques. Il a évité toute facilité, tout geste ou mouvement superflu, excessif. Il a réussi à nous émouvoir, à nous rendre compte du problème dramatique de ces enfants soldats, à nous faire prendre conscience de mieux nous intéresser à ces drames qui se passent  sur notre planète !

LE BRUIT DES OS QUI CRAQUENT

 La scénographie d’Olivier Wiame est – elle aussi – faite de simplicité : un fond de scène représentant  la densité de la forêt africaine. Avec un rideau transparent – à l’avant scène – qui  nous offre la possibilité  de diriger « autrement » notre regard  sur les personnages. 

 Ont  collaboré également à ce spectacle :  Xavier Lauwers(lumières) , Alain Wathieu (costumes ), Marc Doutrepont (décor sonore) et Daniela Bisconti (collaboration artistique)

 Un spectacle qui mérite notre attention à tous ! 

Un spectacle  que nous devons voir en urgence ! 

 

LE BRUIT DES OS QUI CRAQUENT

Au Théâtre de Poche

Chemin du Gymnase  1 a – 1000  Bruxelles

Jusqu’au 16 février 2013

du mardi au samedi à 20h30

Infos Réservations :  02 / 649 17 27

(Avec des extraits de propos publiés dans le programme du théâtre)

 

Roger Simons

 

  

 

 

 

 

 

 

LES ENFANTS DE JEHOVAH

jeov.gif

ECRITURE & MISE  EN SCENE  : FABRICE MURGIA 

 GRAND MANEGE : NAMUR

« Je suis un raconteur d’histoires » 

 Fabrice Murgia, 29 ans, né à Verviers (Belgique).

Auteur et metteur en scène.

Artiste associé du Théâtre National.

Dirigeant de la Cie Artara , ensemble de performers, vidéastes , plasticiens et musiciens rassemblés autour de ses créations- soucieux de témoigner du monde avec le regard et le langage de leur génération.

 

2009 . Fabrice Murgia met en scène son premier spectacle : «  Le Chagrin des ogres »

Ses  spectacles suivants :  « Chronique d’une ville épuisée » ,  « Exils », « Ghost Road ».

Aujourd’hui : « Les enfants de Jéhovah »   une réalisation inspirée par une lointaine histoire familiale.

 

(Extrait du magazine «  ENTR’ACT – Octobre 2012 ) :

Fabrice Murgia : Durant la première partie de ma vie, mon père était Témoin de Jéhovah. Quand il a rencontré ma mère, il s’est vu «  banni » du Royaume de Dieu car elle refusait d’adhérer au mouvement.

Mon frère  moi avons grandi dans l’incompréhension aux confins de la secte.

Nous avons vu notre père rejeté par ses frères et sœurs.

Notre famille porte  les cicatrices d’un passé lourd : les rapports sont fragiles quand ils ne sont pas brisés, les non-dits restent infranchissables dans la douleur d’être ignoré par nos proches , chacun traçant sa vie sans jamais se croiser.

 Mon spectacle ne traite pas explicitement des sectes comme «  un problème de société » mais propose une réflexion sur le rapport trouble entre les origines et l’argent, les thèmes du travail et de l’imaginaire formaté.

 

 Fabrice Murgia : Un surdoué ! Un génie !


Fabrice Murgia : Mon spectacle questionne la mécanique et les effets de l’endoctrinement notamment chez les groupes religieux à tendance sectaire tels précisément Les Témoins de Jéhovah !

 Cette nouvelle création s’articule autour du témoignage d’une femme s’adressant par vidéo à son frère pour le convaincre de rejoindre les Témoins, qu’il a quittés, et sauver son âme.

 Parallèlement s’installe , dans un autre espace scénique , une narration plus mentale, psychologique , fantasmagorique même où le fantôme d’une mère disparue continue à souffler son influence à l’oreille de cette femme.

 

Un spectacle , véritable chef d’œuvre qui exige une attention soutenue,très concentrée car , comme d’habitude , Fabrice Murgia ne cherche pas à disséquer et à tout expliquer.

Il se sert de son sujet pour poursuivre son questionnement sur la jeunesse d’aujourd’hui.

 

Fabrice Murgia : Les témoins sont une sorte de couverture pour parler  de ces moments de fragilité où un être est tout à coup en prise avec de nouveaux terrains de folie et cherchent à se rassurer.

 Les témoins de Jéhovah pensent que notre génération connaîtra l’apocalypse et qu’ils en seront sauvés.

C’est intéressant à mettre en relief pour voir comment un être fragilisé peut percevoir tous les évènements du monde comme une punition….

 

-Cécile Michaux/Théâtre National : Comment  naît le texte de vos spectacles ? 

 Fabrice Murgia : Il naît à partir de témoignages retranscrits : interviews, documentaires qui sont transposés pour le plateau.

C’est une technique qui change régulièrement , parfois on fait de l’improvisation aussi…

On peut créer d’ailleurs sans avoir le texte comme principal élément de la dramaturgie.

Avec le texte parfois, il me semble qu’on a le sens coincé dans la bouche et qu’on est moins dans la sensation première.

 -Cécile Michaux : Quel rôle donnez-vous à la vidéo, au son et aux langages technologiques ?

 Fabrice Murgia : Elles sont protagonistes à part entière.

Par exemple dans le cas de l’enfant en vidéo. , tout au début.

Elles ont aussi une valeur narrative et les interventions de voix ont une grande importance dans la construction des personnages.

Ces effets cherchent  aller au-delà de la simple description , ils décalent le propos vers un endroit qui est de l’ordre de l’étrange , du mystère , de l’indéfinissable… 

 – Cécile Michaux : Vos images sont imaginées à la fois pour être sensorielles et créatrices de distance …

 Fabrice Murgia : L’objectif est que le spectacle se fasse davantage dans la tête du spectateur que sur le plateau. Les images que l’on crée ne sont jamais fermées, il faut les compléter avec son vécu.

 – Cécile Michaux :  Vous évoquez la question des sectes : votre pièce est-elle volontai-rement engagée, dénonciatrice ?

Fabrice Murgia : Il y a l’idée de dénoncer l’endoctrinement, ou,  en tout cas, de parler d’un moment de la vie où l’on est vulnérable face à un fanatisme religieux ou politique , un moment où tout peut basculer , où l’on est dans une fragilité extrême. 

 Mon histoire est celle d’une femme qui a perdu un enfant et qui vient d’émigrer dans un pays qu’elle ne connaît pas et dont elle ignore la langue et c’est cette addition de peurs qui va , dans un moment de doute, la faire basculer.

(Interview  Cécile Michaux / Fabrice Murgia, extraite du dossier pédagogique réalisé par  Cécile Michaux)

 

Notre spectatrice attitrée , Mijanou Loosen  , a vu ce spectacle hier soir. Elle nous communique ses  précieuses impressions.

 

Mijanou Loosen : Pour ma part, je suis entrée, je dirais « à pieds joints », une nouvelle fois, dans l’univers théâtral de Fabrice Murgia, avec admiration pour la manière si personnelle et si subtile qu’il a de traiter un sujet ; avec aussi une émotion profonde, ressentant très fort tout ce qu’il exprime à travers cette création.

 J’ai été comme « transportée » par ce spectacle, appréciant toute la richesse des thèmes abordés. Car il n’est pas question que de la problématique des sectes ; c’est l’enfance, dans toute sa pureté ou sa splendeur, qui est évoquée; il s’agit aussi du destin d’une femme immigrée; il est question du traumatisme vécu lors d’un incendie; les mécanismes de la peur qui paralyse transparaissent aussi … tout cela nous apparaît à travers des scènes et vidéos qui sont très subtilement entremêlées.

 Il faut peut-être préciser qu’il est important d’être un spectateur très attentif pour tout « capter » et bien comprendre toute la richesse de cette création… et que, lorsque l’on connait un peu ce qu’est la vie d’un membre des Témoins de Jéhovah, lorsqu’on a une idée de toutes les interdictions auxquelles ils sont soumis, lorsque l’on connait leurs thèmes de prédilections… on apprécie mieux, et on comprend mieux comment et pourquoi Fabrice Murgia a construit son spectacle.

 J’ai trouvé passionnant d’imaginer la personnalité de ce frère qui est absent de la scène, mais qui est omni-présent ; qui est celui qui a osé résister, se révolter, se libérer de ce conditionnement subi depuis l’enfance, et qui a réussi à être lui-même … et enfin j’ai trouvé fort beau la dernière scène qui nous évoque une autre délivrance, avec un brin de fantaisie enfantine, qui fait chaud au cœur.

 

Fidèle à son univers particulier , c’est vraiment le moins que l’on puisse dire, avec une création vidéo omniprésente , des lumières , des sons, des musiques qui nous transportent, un réel dialogue serré entre le jeu des trois comédiennes et une mécanique technique impressionnante et d’une extraordinaire précision, Fabrice Murgia, le Verviétois ( et nous sommes heureux de le rappeler car  c’est  le talent d’un belge dont il est question), nous confirme  son travail de recherche et d’exception.

 

 Fabrice Murgia :C’est bien à la force du travail que je crois surtout,  même s’il est vrai qu’il faut une part de chance pour atteindre le succès. 

 « Les Enfants de Jéhovah » , c’est comme une seconde partie au   « Chagrin des Ogres »  en réfléchissant à la façon dont l’enfance et ce que nous y vivons façonne notre personnalité et notre estime de soi.

 

LES ENFANTS DE JEHOVAH

 

Trois comédiennes  interprètent cette pièce toute particulière et de grand intérêt : Cécile Maidon – Magali Pinglaut – Ariane Rousseau .

Elles nous offrent  leur talent avec générosité. Les rôles  qu’elles défendent avec ardeur ne sont pas faciles à interpréter. Elles le font avec virtuosité ! 

 

Autour de Fabrice Murgia :

David Murgia (Conseiller artistique)

Assistante : Catherine Hance

Musique : Maxime Glaude

 Scénographie et création lumières hallucinantes et féeriques : Simon  Siegman

Stagiaire à la mise en scène : Pénélope Biessy

Création vidéo : Arié Van Edmond

Création costumes :  Marie-Hélène Balau

Régie  son , important chez Murgia) : Sébastien Courtoy

Régie vidéo : Xavier Lucy

Régie lumières : Hervé Gajean

Régie générale : Damien Arrii

Construction du décor ( que l’on devine dans un clair-obscur : Ateliers du Théâtre Vidy-Lausanne (Suisse)

Production : Cie Artara ( et de multiples partenaires tant en Belgique qu’en Suisse et en France.) 

Un spectacle promu à une longe tournée en 2013.

 

LES ENFANTS DE JEHOVAH

Grand Manège (Namur

Du 29/021  au  02/02 à 20h30

Infos Réservation :  081/226 026 

 (Avec des extraits de propos et  extraits du dossier pédagogique publiés dans le programme du théâtre ainsi que la collaboration et la complicité de Mijanou Loosen.)

 

Roger Simons

 

SUR LA ROUTE DE MONTALCINO

montalcino.jpg

Jean-François VIOT

 

THEATRE JEAN VILAR  (Louvain-la-Neuve)

 

En  route pour une discussion conrtadictoire devant le Pape , le chanoine belge Georges Lemaître , cocpteur de la théorie du Big Bng et son plus farouche opposant , l’Anglais Fred  Hoyle accompagné de son épouse, tombent en panne. Perdus dans a campagne todcne , ils se retrouvent pour une nit dans une auberge tpique.Sensuit une mémorable soirée de querelle métaphsique, arbitrée malgré lui par un aubergiste, Saint-Père de fortune.

 

Une pièce créée au Festival Théâtre de Spa en 2009 et reprise  plusieurs fois . 

Je vous livre  une lecture ou relecture de ma chronique-critique publiée au lendemain de la première à Spa.Une pièce géniale écrite par Jean-François Viot  , jeune auteur – 33 ans- qui appartient  à l’équipe  de l’Atelier Théâtral Jean Vilar de Louvain-la-Neuve (Armand Delcampe)

 

 Jacques De Decker  (riant) : On l’appelle d’ailleurs  L’homme du Bâtiment Théâtre » ; il fait partie des meubles de l’Atelier… 

 Jean-François Viot (auteur) : J’ai toujours été fasciné par des personnages qui ont existé , qui ont joué un important dans la vie culturelle , politique , sociale .

 

 Dans cette pièce, sa deuxième « Sur la route de Montalcino »,  il s’agit  de deux grands savants : l’Anglais Fred Hoyle, cosmologiste britannique issu de l’Université de Cambridge , un révolté  qui développe une théorie explicative de l’Univers sans commencement, une tentative d’expliquer l’expansion  visible de l’Univers sans en recourir à l’hypothèse de  « l’atome primitif » de Georges Lemaître, cosmologiste  lui aussi , Belge, professeur à l’Université de Louvain ,  prêtre plutôt jouisseur, bon vivant , qui aime le bon vin  ,  concepteur de la théorie du Big Bang…

 Ces deux « maîtres » sont en pleine contradiction et vont  se « colleter » avec intelligence et  respect l’un pour l’autre au cours d’une longue soirée  lourde et chaude  dans une petite auberge en pleine campagne  italienne, sur la route de Montalcino… 

 

Résumé :  Cela se passe en 1957. Au milieu de la campagne toscane, une panne de voiture force un couple de Britanniques et leur ami belge à gagner le village le plus proche.Barbara souffre de la chaleur. Fred Hoyle, son mari, peste contre le monde entier.Georges,  lui , prend les choses avec bonhomie. Certes, le contretemps est fâcheux ; ils ne pourront sans doute pas honorer le rendez-vous que leur a fixé le Saint-Père.

 Mais leur cohabitation forcée n’est-elle pas , après tout , une extraordinaire occasion ?  Car en dépit de l’accueil chaleureux que leur réserve l’aubergiste Virgilio (un ami de Georges) , une malicieuse partie d’échecs s’engage entre Georges Lemaître et Fred Hoyle , son opposant le plus farouche. 

 

C’est une pièce d’une grande actualité car nous sommes tous préoccupés par l’évolution actuelle de la planète terre et de ce colosse d’Univers. Nous sommes tous anxieux de savoir ce qui va nous arriver un jour , plus tard, bientôt…

C’est une pièce qui traite aussi du problème de la religion, et si j’ose dire  « Dieu sait  l’importance  de ces problèmes qui envahissent la planète Terre »…Mais c’est aussi une pièce  qui évoque  les simples problèmes de notre existence à tous, les problèmes du quotidien, ceux  du couple d’aujourd’hui…

 

Les séquences  réservées au différent qui oppose  Hoyle et Lemaître , par conséquent  totalement scientifique, ne sont jamais ennuyeuses, tout au contraire.

 Jean-François Viot  a  écrit un dialogue des plus vivants, des plus percutants , un dialogue qui plus , est interprété magistralement par François Sikivie ( Fred Hoyle) et Alexandre von Sivers ( Georges Lemaître).

 Ils sont  impeccables tous deux, vrais, authentiques, entrés avec force et passion dans la peau des deux hommes savants dont il est question, décédés il y a quelques années. 

 Il y a également Grégoire Baldari au naturel frappant dans le rôle de l’hôtelier et un jeune garçon italien  , Massimo , joué par Michael Manconi.

 

Je voudrais aussi souligner l’interprétation magnifique de Maud Pelgrims (Barbara) , jeune comédienne belge que l’on voit trop peu sur nos scènes belges. Elle défend son personnage  de jeune femme avec grâce, simplicité, vérité. Blessée parfois, émue, sensible,  pleine d’incompréhension  aux propos tenus par son époux.

 

Jean-François Viot a eu l’art de juxtaposer  les scènes de comédie à celles des sciences. C’est intelligent !

 Olivier Leborgne signe la mise en scène  avec brio et compétence. Sa réalisation  est  à la fois théâtrale et cinématographique. Il a eu le souci des enchaînements  de séquences qui se font en « fondu enchaîné » comme au cinéma. Aucune rupture dans le déroulement de l’action.

Pas  d’entracte qui couperait le rythme et qui casserait l’atmosphère dans laquelle nous sommes plongés depuis  le début de la pièce.Et cela, c’est aussi  formidable !

 La scénographie d’Edouard Laug et le décor de Mathieu Regaert – Marc Cocozza-Christophe Beaugé- reconstituent parfaitement une petite auberge toscane d’il y a une cinquantaine d’années.

 Les lumières de Laurent Béal  sont délicates et caressantes.

 

 Armand Delcampe ( directeur du Festival)  C’est une pièce diabolique .  Il y a la Science et il y a la Foi.  ( et s’adressant à l’auteur  – face au public ) Elle est géniale ta pièce, Jean-François !

 

SUR LA ROUTE DE MONTALCINO

Jean-François Viot 

 

J’ai bien  l’envie de la revoir , de revivre  ses moments s   cientifiques enrobées d’une histoire  qui touche aussi   au couple.

 

 Même mise en scène d’Olivier Leborgne , même décor de Mathieu Regaert , Marc Cocozza, Christophe Beaugé  , même distribution ( et c’est tant mieux car ils sont excellents  ces cinq acteurs) : Grégoire Baldari , Michael Manconi , Maud Pelgrims , François Sikivie  et Alexandre von  Sivers.

Une production  et une création mondiale de l’Atelier Théâtre Jean Vilar et du Festival Théâtre Spa 2009.

 

SUR LA ROUTE DE MONTALCINO

Théâtre Jean Vilar

Rue du Sablon- 1348 Louvain-la-Neuve (centre)

Du 19 au 24/02/2013 à 20h30 ( sauf le jeudi à 19h30 et le dimanche à 15h)

Infos Réservation :  0800 / 25 325

 

 Jean-François Viot ( l’auteur) :  La querelle qui éclate entre les deux hommes scientifiques et le truchement que représente Virgilio , l’aubergiste faussement naïf qui sait peu mais comprend vite , permettent , je crois , de réaliser un compromis entre un discours à la fois scientifique , précis , sans concession et un discours accessible au plus grand nombre.

 

J’ajouterai que ce spectacle est tout à fait passionnant et passionné !

 

(Avec des extraits d’interviews réalisées à Spa ainsi que de propos publiés dans le programme du théâtre) 

Roger  Simons

 

 

 

L’ÂME BELGE

NICOLE COLCHAT

THÉÂTRE  » COMÉDIE  CLAUDE VOLTER »


Après des siècles d’esclavage…

lamb11.jpg

Une idée intéressante, passionnante, amusante de Nicole Colchat, jouée par elle-même, avec la complicité  de  Gaël Soudron(le conférencier)

Un psychodrame en un acte de 80 minutes mis en scène par Eric De Staercke.


Le Belge sortant du tombeau… etc…etc


Il faut demander les paroles à Yves Leterme.


 L’ÂME BELGE est un titre déjà utilisé pour une œuvre belge. C’était l’intitulé d’un recueil de poèmes qu’un certain MELAGE, frère des écoles chrétiennes, avait écrit pour le centenaire de la Belgique en 1930 !


 Nicole Colchat (l’auteure) : Parallèlement à mon métier de comédienne , et du fait d’une curiosité toute personnelle , je me suis plongée , il y a une dizaine d’années déjà, dans la recherche d’archives concernant l’Histoire de la Belgique.


J’ai découvert ainsi des textes étonnants provenant de différentes sources dont plusieurs faisaient référence au concept d’une « âme belge » ».


 L’âme belge : J’existe depuis la nuit des temps, vous savez…On m’a toujours rêvée…intensément.


 Nicole Colchat : Cette découverte étonnante et quelque peu incongrue n’a pas cessé de m’amuser.Et peu à peu a pris forme , chez moi, l’idée d’exhumer cette entité impalpable , inventée de toutes pièces , mais tant de fois nommée, représentée , invoquée , et de faire un personnage de théâtre qui l’incarnerait et viendrait raconter sa petite histoire , son apogée et son déclin.


 Ainsi est née cette pièce qui nous plonge dan la confidence  de l’histoire de notre « beau pays ».


 L’âme belge : Je suis le Mythe fondateur !

Le conférencier : Allons bon !


 Nicole Colchat : Cette démarche pouvait, me semblait-il, avoir une certaine pertinence à l’heure où partout en Europe ressurgissent  des nationalismes exacerbés qui manipulent ce genre de mythes à des fins extrêmement douteuses.


 L’auteure-comédienne a imaginé alors de mettre en scène un conférencier qui conte certains évènements absolument incroyables et cependant réels.


 Le conférencier : Nous sommes en 1830. Beaucoup d’agitations dans le pays. Tout a commencé par un sombre drame : celui de Fenella…Qui est Fenella ?

 L’âme belge : Vous ne savez pas qui est Fenella ? Ce n’est pas grave…c’est à cause des vents furieux qui emportent tout avec eux…

 Le conférencier : Fenella ? Mais elle est muette ! C’est la « Muette de Portici » 


 Et l âme belge va commencer à raconter l’histoire dont nous avons tous entendu parlé : celle de Fenella , héroïne d’une tragique histoire de séduction et de trahison sur fond d’émeutes  populaires…


 L’âme belge : Je l’aime beaucoup vous savez…Elle est belle…elle est infirme…elle finit par se suicider !

De l’opéra, je connais tous les rôles…et je les jouais, là, dans le placard…oui, toute seule dans le noir…
Je m’identifie à elle…cette infirme…cette muette…figure inaugurale et prophétique…bilingue…

 Le conférencier : Bilingue ?

 L’âme belge : Bilingue…puisque muette  Fenella , c’est moi !…Et même trilingue…Ich bin Fenella !


 Nicolas Colchat a imaginé de placer l’action sur une scène de théâtre, plus petite que celle de La Monnaie, où a eu lieu la première de « La Muette de Portici ».


 « Amour sacré de la patrie.. »


 Et commence la Révolution belge…

 Et les voilà tous deux  nous racontant des faits  authentiques qui nous paraissent invraisemblables et cependant qui sont le reflet de la vérité comme  ceux  de la Colonne du Congrès et le Mont des Arts.


Et la Fête Nationale Belge fêtée à l’origine le 25 août, mai supprimée par Léopold II et remplacée par la suite  le 21 juillet…


 « Après des siècles d’esclavage

« Le Belge sortant du tombeau

« A reconquis par son courage,

« Son nom, ses droits et son drapeau…


 en zo voort…


 Un spectacle joyeux mis en scène joyeusement par  le joyeux Eric De Staercke (bientôt directeur du Théâtre des Riches-Claires).


Gaël Soudron (en sortie  de l’IAD)  fait une composition amusante  d’un conférencier aux élans dramatiques comme dans une tragédie de Corneille.


 Nicole Colchat joue avec ardeur Fenella, entrant et sortant  de son placard.

Elle est drôle , souveraine !


 Aurore Cecchinato, fille de Nicole Colchat , s’est chargée de la scénographie avec soin : cette scène d’un théâtre un peu  « fatigué »  avec ses nombreux objets hétéroclites, éparpillés un peu partout sur ce plateau improvisé dont un magnétophone Revox dont je me servais du temps jadis à la RTBF.)


 L’ÂME BELGE : NICOLE COLCHAT


 Costumes et photos de l’affiche : Aurore Cecchinato

Musique : Cécile Delberghe

Régie & Eclairage : Sébastien Couchard

Assistant à la mise en scène ( Il faut un début à tout métier) : Lode Thiery

Conception Programme…historique avec une magnifique photo : Jean-Claude Seynave.


 L’ÂME BELGE

Au Théâtre de La Comédie Claude Volter

Avenue des Frères Legrain  98 – 1150  Bruxelles

Jusqu’au 03 février, à 20h15( le dimanche 03 à 16h)

Infos Réservation : 02 / 762 09 63


 LA BELGIQUE   =  UN  ETAT D’ESPRIT

 Roger Simons

 

 

 

 

 

 

JE PENSE A YU


3707958180.2.jpg

RIDEAU DE BRUXELLES

(7 a, rue Goffart – 1050 Bx)


« Seule dans son nouvel appartement , Madeleine  lit dans le journal un entrefilet à propos du journaliste chinois Yu Dongyue, libéré la veille , après 17 ans de prison pour avoir lancé , avec deux camarades, de la peinture sur le portrait de Mao pendant les évènements de la Place Tian’anmen , en 1989.


Fortement touchée par cette petite nouvelle, Madeleine cherche à en savoir plus sur Yu et ses camarades, sur les circonstances qui les ont menés en prison.

Et elle s’enferme chez elle pour se plonger dans ces jours de mai 1989 alors que des centaines de milliers de personnes occupaient la place Tian’anmen à Pékin.

Elle va se lancer dans la reconstitution de l’histoire de Yu… »


 JE PENSE A YU

Une pièce de Carole Fréchette (dramaturge canadienne) et Vincent Goethals (metteur en scène)

 La violente condamnation de Yu Dongyue  en 1989 est authentique. 

C’est à partir de cette découverte que la pièce a été écrite.


  » …Madeleine repousse toutes les tâches domestiques qui l’attendent, refusant même de recevoir la jeune étudiante chinoise, Lin, à qui elle donne des cours de français, et  un voisin quelque peu énigmatique et bienveillant, Jérémie … »


 Vincent Goethals (metteur en scène) : La confrontation de cet évènement chinois , si dérisoire soit-il, mais aux conséquences tellement catastrophiques , au regard de petits évènements sentimentaux  de la vie de Madeleine , est bien le cœur et l’essence de la pièce.


Auteure de la pièce « JE PENSE A YU » : Carole Fréchette.


 Carole Fréchette (auteure) : « Je pense à Yu » se situe au cœur de la question qui me hante comme auteure : comment parler du monde sans faire abstraction de soi ? Comment parler de soi sans oublier le monde ?

Sans que je comprenne bien pourquoi, cette histoire survenue dans un ailleurs lointain, vingt ans auparavant, m’a profondément remuée.

Elle m’est apparue si forte et si riche de sens que j’ai eu envie de m’en approcher.

Mais pour la raconter, j’ai senti le besoin de passer par la sensibilité de personnages qui n’ont pas vécu cette tragédie, qui la regardent de loin, la laissent vibrer en eux et en cherchent le sens.


 Carole Fréchette, présentez-nous vos trois personnages de fiction.


 Carole Fréchette : Tout d’abord, ce sont des personnages habités comme nous tous, par leurs propres démons.

MADELEINE : femme dans la cinquantaine, ex-militante en pleine remise en question.

LIN : une jeune immigrante chinoise qui ne sait rien et ne veut rien savoir de Yu Dongyue ni des tourments du pays qu’elle a quitté.

JEREMIE : un homme solitaire,  absorbé par le drame intime qui a marqué sa vie.

 Voilà. J’ai construit ma pièce en tension constante et parfois en déchirements, entre ces trois personnages sortis de mon imagination et le geste posé par trois hommes réels dans la Chine réelle de 1989.


 JE PENSE A YU, une excellente pièce, très moderne dans son écriture et ses dialogues courts et dans son déploiement scénique, utilisant d’ailleurs  les nouvelles techniques telles  que vidéo, internet, déclenchement de sons,  d’interphone, d’images, de lumières en direct.


 Trois acteurs de talent défendent cette nouvelle pièce québécoise :


Anne-Claire (Madeleine),  que nous avions déjà vivement appréciée au Rideau de Bruxelles dans  « Mamma Medea » et « Une Laborieuse entreprise »,  joue son personnage avec une telle vérité, un tel élan, une telle émotion, une telle présence,  une telle personnalité.


 Philippe Vauchel (Jérémie) qui mène sa vie à 200 km/h,  courant d’un théâtre à un autre théâtre, de scène en scène, avec boulimie et faconde. Nous l’avons vu dans de nombreuses pièces et  parfois en « seul en scène ». Il nous offre ici  une magnifique composition de cet homme  qui surgit pour remettre soi-disant un document à Madeleine et qui resurgit un court moment plus tard, intrigué par le comportement de cette femme.


 Yuanyuan Li , une toute jeune comédienne chinoise qui nous vient d’une petite ville au centre de la Chine.

En quatre ans, elle a accumulé de nombreuses expériences en tant que metteure en scène, dramaturge et comédienne.

Elle a une grande présence scénique et joue – elle aussi – avec beaucoup de sincérité et d’assurance.


 Vincent Goethals propose une mise en scène  très dépouillée, très intelligente et d’une belle modernité.

Chaque geste, chaque mouvement a son importance.

 Vincent Goethals : L’émotion  comme acte politique,  la beauté comme baume aux maux du monde, tel est le sens que je donne à mon engagement artistique.


 « Le visage immense du pouvoir

« On peut le regarder en face

« On peut l’éclabousser… »


 Equipe technique :

Scénographie (une  chambre non encore « habillée », un ordinateur , des planches destinées à une bibliothèque, etc) :


Jean-Pierre Demas

Lumières : Philippe Catalano

Environnement sonore : Bernard Valléry

Vidéo : Mathis Bois

Assistante à la mise en scène : Sara Sabourin

Directeur technique : Raymond Delpierre

Régie lumières : Gauthier Minne

Régie son : Léo Son

Habilleuse : Carine Duarte

 

Production : Rideau de Bruxelles

Coproduction : Théâtre en scène/Théâtre du Peuple Maurice Pottecher(Bussang)


En partenariat avec L’XL-Théâtre du Grand Midi, l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle et des Techniques de Diffusion/Insas (Bruxelles) et l’Université de Lille 3.


 JE PENSE A YU, une pièce nouvelle qui mérite notre attention et que je vous conseille vivement d’aller voir dans le nouveau domaine théâtral du Rideau de Bruxelles,  à Ixelles , rue Goffart7 a – 1050 – Bruxelles , là où se trouvait le théâtre de Bernard Damien  « Grand Midi/XL Théâtre »


 J’ai connu une certaine émotion hier soir en entrant dans ce lieu où j’ai vu tant et tant de beaux spectacles.

Bernard Damien  s’est fixé quelque part en France, si  mes informations sont bonnes.

Nous lui souhaitons une nouvelle et belle carrière.


 Dois-je vous dire que tous les fanas du Théâtre du Rideau de Bruxelles sont heureux d’apprendre que ce théâtre  propulsé  un peu partout dans Bruxelles , a enfin trouvé ce théâtre ex Grand Midi pour une durée minimale de douze années.


Bon travail à toute l’équipe, bonne programmation et à tout bientôt avec votre prochain spectacle « L’Eveil du printemps »  de Frank Wedekind .


 JE PENSE A YU


Jusqu’au 09/02

Du mardi au samedi à 20h30 sauf les mercredis à 19h30 –représentation supplémentaire le dimanche 03/09 à 15h.

Infos et Réservation : 02 / 737 16 01

 Le texte de la pièce est publié aux Editions Acte-Sud Papiers 2012


Michael Delaunoy( directeur du Rideau de Bruxelles):Le saviez-vous ? Le Rideau a 70 ans cette année 2013.

70 ans à regarder en avant.

70ans d’exploration ininterrompue des nouvelles écritures. De Belgique francophone et d’ailleurs.

RRRR !


 Et moi, permettez-moi d’avoir une pensée pour Claude Etienne, cet homme extraordinaire de théâtre qui a fondé  Le Rideau de Bruxelles, il y a donc 70 ans. Nous lui en sommes toujours reconnaissants.


 Roger Simons

 

LES FLEURS DU MAL

  

fleurs2.png


BAUDELAIRE

 Au Théâtre « Le Public » (Petite salle)

 Une petite salle devenue une campagne où il est bon de venir se reposer  entre amis pour échanger des propos divers mais plus ciblés  sur les belles Fleurs du mal.


Ils sont trois : deux hommes et une jeune femme.

Tiens, tiens comme dans le film de Truffaut « Jules et Jim »

Mais ici, dans les sous-bois, ces rendez-vous champêtre, entre pique-nique, sieste crapuleuse, confidences au clair de lune, il n’est question que du bonheur de dire…et de chanter aussi…Mais surtout d’égratigner les célèbres fleurs de Baudelaire !

 

« Pourquoi tout poète , qui ne sait pas au juste combien chaque mot comporte de rimes , est incapable d’exprimer une idée quelconque ; Que la phrase poétique peut imiter (et par là elle touche à l’art musical et à la science mathématique) la ligne horizontale , la ligne droite ascendante, la ligne droite descendante ; qu’elle peut monter à pic vers le ciel , sans essoufflement, ou descendre perpendiculairement vers l’enfer avec la vélocité de toute pesanteur ; qu’elle peut suivre la spirale , décrire la parabole , ou le zigzag figurant une série d’angles superposés… (« Préface des Fleurs »Baudelaire)


 Une performance pour ces trois comédiens :

 Robert Bouvier (directeur du Théâtre du Passage » à Neuchâtel, un comédien lumineux)

 Cédric Cerbara(issu du Conservatoire de Mons, fait partie de la troupe du Public)

Aurélie Trivillin( intégrée dans la jeune troupe du Public , que l’on a vue dernièrement dans « L’Encrier a disparu »)


Le texte  d’une grande beauté mais difficile a été un rude travail de mémorisation pour ces trois acteurs.


 Ils ont  vécus des moments  passionnants durant la période de répétitions avec leur metteure en scène, Françoise Courvoisier , pour réaliser un spectacle très rare , plein de poésie. Un spectacle de belle qualité qui se déroule dans une ambiance paisible, imaginative, lyrique même, pleine de fraîcheur.


Françoise Courvoisier (metteure en scène) :  Avec Baudelaire , nous sommes au-delà du jugement , par-delà bien et mal.

Nous sommes  juste l’oreille collée contre l’âme et dans l’exacerbation de nos souffrances intimes.

Et c’est là que la musique intervient dans  « Nos fleurs du mal »…Elles sont le pansement pour  la plaie, la douceur de la compassion, la tendresse !


La musique est signée Arthur Besson compositeur suisse.

Une musique délicate en osmose parfaite avec le texte et  le jeu des acteurs.

 Brigitte Fontaine,  à la fois auteure, compositrice, comédienne,  dramaturge et écrivaine française,  figure incontournable de l’underground français, a construit une œuvre foisonnante et cohérente à la fois.

Elle s’est vite imposée au fil des répétitions, comme une petite sœur de Charles Baudelaire avec ses poèmes et ses chansons.

On a le plaisir d’en écouter quelques-unes au cours du spectacle, interprétées par les trois acteurs.

 

LES FLEURS DU MAL

 

Françoise Courvoisier (metteure en scène Dans une époque qui ne l’a pas accueilli, Baudelaire a voulu détacher la poésie de la morale et l’a proclamée toute entière destinée au Beau.

Avec « Les Fleurs du mal », il tisse des liens entre le bonheur et l’idéal inaccessible entre la violence et la volupté , entre le poète et son lecteur , entre les artistes à travers les âges.

 Outre les poèmes graves ou scandaleux, il exprime la mélancolie et l’envie d’ailleurs.

 Et c’est bien ce que nous ressentons, nous le public.

 

Françoise Courvoisier (metteure en scène) : Baudelaire, c’est le poète qui sublime la sensibilité, qui nous emporte dans des flots de passion, qui recherche la vérité humaine de l’univers…

 

« Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu » »(Arthur Rimbaud)

 

 Quel beau spectacle qui nous offre  la possibilité de retrouver et même et surtout de découvrir cette œuvre magistrale ainsi que l’homme nommé Baudelaire.

 On ne peut que féliciter et remercier  tant l’équipe artistique que technique et  les initiateurs de ce projet : le Théâtre Le Public et son directeur, Michel Kacenelenbogen qui a fondé ce lieu théâtral merveilleux avec son épouse  Patricia Ide (également comédienne, en ce moment dans la grande salle pour «  La Serva amorosa »).

 20 ans d’un travail acharné  mais combien intelligent !

20 ans qui seront fêtés en 2014 avec le spectacle   « CABARET » adapté du célèbre film musical  de Bob Fosse avec Liza Minnelli.

Cela promet de bons moments !

 PS. La  fascinante Liza Minnelli chantera à l’ Olympia de Paris cette année 2013 avec Elton John !

 

ACTUELLEMENT AU THEATRE LE PUBLIC

 Et jusqu’au 23 février :

 BAUDELAIRE / LES FLEURS DU MAL

 (du mardi au samedi à 20h30- Infos réservation : 0800 / 944 44)

 

Baudelaire :Tu le connais, lecteur , ce monstre délicat. Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère !

 (Extrait du poème «  Au lecteur », préface des « Fleurs du mal »)

 

 Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CORRERIA AGWA

AGWA_3© Michel_ Cavalca.jpgUn éclat de figures et de styles !


Une multiplicité de disciplines autour de la danse hip hop !


Une confrontation de mouvements les plus divers  qui permet d’ouvrir de nouveaux horizons à la danse et dégage des points de vue totalement  inédits !


Mais avant tout, ce sont onze extraordinaires danseurs  brésiliens survoltés à plus de 100 000 volts que l’on voit entrer en scène dans une course trépidante !


Onze danseurs beaux comme des dieux,  onze bombes qui mélangent samba, hip hop, capoeira, bossa nova, pour une danse aux acrobaties époustouflantes  bourrées d’inventivité !


Oui, on  trépigne dans son fauteuil !


Oui, on a l’envie de bondir et d’aller les rejoindre sur le grand plateau du Wolubilis !


Des talents surdoués !  Ils font tout en scène, des mouvements de danse incroyables, irrésistibles, surprenants, gigantesques et en même temps légers !


Autour de la danse hip hop explorée dans tous ses styles, se greffent le cirque,  les arts martiaux et les arts plastiques accompagnés  de musiques surprenantes  elles aussi qui créent un climat  torride. Des musiques souvent en osmose avec de très belles voix.


 Il y a une séquence où l’un des danseurs exécute des mouvements ondulants  suivant une voix de soprano dans un chant  des plus classiques. Génial !


 Des rythmes  musicaux fous, complètement délirants  sur lesquels évoluent les onze danseurs !


 On croit rêver ! Mais non, on vit vraiment ces moment endiablés,  bouillants, fougueux, exaltants, intenses, frénétiques.


Nous sommes grisés, emportés,  entraînés dans la ronde d’une vitalité débordante !


 Tout cela sans perdre de vue les racines du mouvement, ses origines sociales et géographiques.


 Onze merveilleux danseurs brésiliens et le chorégraphe aux talents multiples : Mourad Merzouki , le responsable et inventeur de cette Cie Käfig !


A la source du projet, c’est la rencontre de Mourad Merzouki avec de jeunes danseurs de Rio de Janeiro lors de la  biennale de la Danse de Lyon en 2006.


Originaires du Brésil, les onze fabuleux danseurs cariocas ont des histoires aux cours sinueux qui plongent leurs racines dans les favelas et qui font resurgir des souvenirs de la même eau au Chorégraphe : Mourad Merzouki.


Ayant grandi dans la marginalité, ils ont tous puisé dans leur passion pour la danse, la rage de s’en sortir et d’aller vers l’autre.


Et ces danseurs diluent et mélangent sans aucun complexe hip hop, capoeira, samba , bossa nova , musique électronique , pour faire émerger une danse aux acrobaties époustouflantes !


 AGWA  est placée sous le signe de l’eau avec pour seul accessoire des gobelets en plastique. Des centaines de gobelets avec lesquels ils dansent tout en faisant des acrobaties. Percutant !


 Un spectacle magique que je ne suis pas prêt d’oublier !


Un spectacle exceptionnel digne des grands spectacles de Las Vegas !


Un spectacle qui se termine par un…tango !


Je veux  acclamer ces onze danseurs et leur chef chorégraphe !


Je veux aussi remercier et féliciter  la  co directrice des programmes du Wolubilis : Valérie Mahieu qui a l’art  et le bon goût dans le choix de ses spectacles diversifiés.


Et elle nous réserve encore d’autres grands moments – comme celui que je viens de vivre – et ce dans les jours à venir.


 J’avoue attendre avec impatience  l’arrivée de Jane Birkin  et ses nouvelles  chansons,  Jean Louis Trintignant et ses magnifiques poèmes! C’est pour très bientôt !


 Maintenant, c’est à nous tous de danser… le hip hop ! Et pourquoi pas ?


 Vous avez rendez-vous ce jeudi soir au Wolubilis pour aller applaudir à nouveau  ces onze  étourdissants danseurs !



Théâtre WOLUBILIS

Avenue Paul Hymans  251 –  1200  Bruxelles

Infos Réservations :  02 761 60 30

« CORRERIA AGWA » les 23 et 24 janvier à 20h30.

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

 

BRONX

 


A BRONX TALE

De

CHAZZ PALMINTERI

 

Les histoires de mafia ont toujours fasciné un large public au cinéma américain.

Ce sont des histoires qui nous touchent parce qu’il s’agit d’histoires vraies, de gens ordinaires qui rêvent d’une vie extraordinaire.

 

A BRONX TALE / IL ETAIT UNE FOIS LE BRONX  est une histoire universelle sur l’enfance , l’importance de l’éducation , la transmission des valeurs qui vont nous donner la force de nous affirmer , tout ce qui nous prépare à la vie , à faire de bons choix , à ne pas gâcher son talent…

 

FLASHBACK/CINE

 

Steve Suissa ( metteur en scène du spectacle) :

En 1993, Robert de Niro a réalisé un film sur ce sujet, jouant lui-même le rôle principal.

J’étais dans la salle de vision.

Je ne savais pas que ce texte incroyable était l’adaptation d’une pièce autobiographique de Chazz Palminteri , un one-man-show de 18 personnages dont un gamin de 9 ans…

J’étais loin de penser alors qu’un jour je mettrais en scène ce texte magnifique rempli de pureté, d’humour et d’émotion.

Et comme le hasard n’existe pas, c’est Francis Huster , mon «  père » de théâtre à qui j’ai confié la vie de ce personnage bouleversant

 

A BRONX TALE (BRONX) dans l’adaptation française d’Alexia Périmony.

A l’affiche  à Paris  au Théâtre des Bouffes Parisiens.

A l’affiche à Bruxelles au Centre Culturel d’Auderghem.

 

BRONX  dans la mise en scène/théâtre de Steve Suissa .

 

1960. Le Bronx, un quartier de la communauté italienne en pleine ébullition où la mafia règne sans partage et où le racisme fait son apparition.

 

Colognio, un petit garçon de 9 ans observe le monde des   « affranchis ». Il est particulièrement fasciné par Sunny, leur chef. 

Son père, Lorenzo, accepte mal l’intérêt de son fils pour les malfrats : chauffeur d’autobus, il a toujours refusé de se compromettre.

Un soir, le petit Colognio est témoin d’un meurtre perpétré par Sunny mais il ne dit rien, ni à la police, ni à son père.

Le gangster lui en est reconnaissant et le prend sous son aile.

En grandissant, Colognio hésite entre le mode de vie que lui proposent le milieu et celui de sa vraie famille.

 

Va-t-il résister à l’attrait de l’argent facile ?  Va-t-il être tenté entre la vie simple et modeste avec son père et celle percutante des affranchis ?

 

BRONX

Seul en scène : FRANCIS HUSTER

 

J’ai vu déjà plusieurs spectacles  interprétés par Francis Huster …SEUL EN SCENE… à commencer par «  La Peste ».

Il y en a eu d’autres tel «  La Traversée de Paris ».

Et aujourd’hui, il a donc choisi une œuvre américaine  autobiographique de Chazz Palminteri.

 

Du tout grand art dans  le jeu de Francis Huster qui se met dans la peau de 18 personnages.  On les voit et on les sent vivre par la voix,  le ton, les expressions et  les gestuelles de l’acteur.

Francis Huster  bouge sans cesse sur scène qui représente un vieux coin du Bronx, il y a une soixantaine d’années.

Il est extraordinaire, énergique, brillant !

De la haute voltige littéraire car le texte est de très belle qualité.

Un tour de force ! Un spectacle dans lequel Francis Huster baigne avec aisance et intelligence !

 

Un décor très adéquat d’un  vieux quartier du Bronx dans lequel a vécu le jeune garçon italien.

Un décor fait  de loques et de bouts de bois.

Un rideau en fond de scène sur lequel sont dessinés de vieux  buildings américains très réalistes, délabrés, usés jusqu’à la lie.

Et puis des tas d’objets quelque peu abandonnés, une bouche d’incendie, la devanture d’un bar mal fréquenté…

 

Des lumières  qui accentuent remarquablement  le côté miséreux de l’endroit.

 

20h30. Noir dans la salle. On entend  la très célèbre chanson de  « New York New York » interprétée par Frank Sinatra.

Déjà trois minutes de bonheur.

Et il y en a d’autres  chantées par James Brown, Bobby Womack…

Aussi , une ambiance sonore bien tempérée avec des bruits de voitures, etc…à travers tout le spectacle.

 

Le rideau s’ouvre  et l’on voit  Cologio(Francis Huster jeune) assis sur les marches de l’immeuble dans lequel il vivait gamin, se souvenir de son enfance.

 

Francis Huster : J’adore ce texte. J’adore cette pièce jouée aux USA depuis plus de quarante ans. C’est la première fois qu’elle se joue en dehors des Etats-Unis.

 

J’ai été emballé par ce projet parce qu’il me ramène à une période que j’ai connue : les années 60, l’époque des Kennedy, Boston, New York, l’univers de la Mafia.

Je trouve que le film de Robert de Niro est très réussi, bien mis en scène , bien interprété et quand je joue cette pièce , j’ai l’impression d’être dans un film comme celui-là.

La pièce est drôle et émouvante, la parole du texte me paraît assez juste.

C’est un très plaisir pour moi.

 

Jouer 18 personnages, c’est une performance ?

 

C’est plus facile de jouer 18 personnages différents bien typés, avec ce côté cinématographique , voulu par la mise en scène de Suissa, que de jouer un seul personnage qui a cinquante facettes.

 

Extrait d’une interview de Francis Huster recueillie dans l’excellent magazine théâtral « Entr’Act » n° 4 avec en couverture le regard profond de Francis Huster et le texte suivant :

FRANCIS HUSTER RESSUSCITE LE BRONX DES ANNEES  60 !

 

Et combien c’est vrai !

Salut et bravo l’artiste !

 

BRONX

Centre Culturel d’Auderghem

Bld du Souverain  183- 1160  Bruxelles

Jusqu’au dimanche 27 janvier, à 20h30 sauf dimanche à 15h .

Infos Réservations : 02/ 660 03 03

 

Roger Simons

 

 

 

 

 

 

LE MEC DE LA TOMBE D’A COTE

 

 

img048.jpg

 

KATARINA MAZETTI

 

Florence Crick : C’est l’histoire d’une rencontre amoureuse, un coup de foudre, «un pont d’étoiles, du soleil, un arc -en ciel » qui jaillissent et font vibrer les deux personnages de la Tombe d’à côté. Une pierre un peu rugueuse, une pierre légère et poreuse, perméable à l’amour, même si la mort est passée par là et a ravi, à la petite bibliothécaire romantique que j’interprète, et à l’agriculteur un peu bourru que joue Guy, un mari et une mère…

 

Elle, Daphné (39 ans) a perdu son mari.

Lui, Jean-Marie (45 ans) a perdu sa mère.

 

Un coup de foudre qui va aller dans tous les sens durant une heure trente.

 

THEATRE LE PUBLIC

(Salle des voûtes)

 

Daphné : J’ai vu le mec de la tombe d’à côté. Il trimballait des nouvelles plantes et des engrais. Il dégage cette  fierté propre aux agriculteurs  du dimanche, comme si la tombe était son jardin ouvrier.

La dernière fois, il s’est assis à côté de moi sur le banc, et il m’a observée du coin de l’œil, mais sans rien dire.

Il a une casquette, il a une drôle d’odeur, et il a seulement quatre doigts à la main gauche

 

Jean-Marie: Putain, je ne peux pas la blairer ! J’peux vraiment pas la blairer !

Pourquoi elle reste assise là ? J’ai l’habitude de me poser sur ce banc après l’entretien de la tombe, pour reprendre le fil de mes pensées…

 

Michelangelo Marchese (metteur en scène) : Nous sommes les témoins privilégiés de leurs pulsions, toujours avec un coup d’avance sur eux.

Nous sommes en prise directe avec leurs contradictions ; les mécanismes de la passion naissante sont mises à nu.

Les quelques dialogues savoureux, explosifs, font monter les enjeux d’un choc charnel plus qu’amoureux dont ils seront les  premiers surpris, dont nous serons les complices.

 

Cette pièce provient d’une adaptation d’un roman suédois du même nom. L’auteur de ce roman : Katarina Mazetti, née à Stockholm.

Elle a été un véritable événement littéraire dans plusieurs pays européens : Russie, Allemagne, Canada, France où elle a été nommée pour le Prix  Cévennes en 2007.

 

LE MEC DE LA TOMBE D’A COTE

Mise en scène : Michelangelo Marchese

 

Une histoire d’amour entre un homme et une femme, deux êtres qui n’avaient pas à se rencontrer.

Elle qui s’intéresse au philosophe Schopenhauer !

Lui qui vit pour  ses 25 vaches !

Un monde de différence…

La question posée : Vont-ils pouvoir s’entendre ces deux-là ?

Elle : entrer dans le milieu de cet homme ?

Lui : s’intégrer  à une femme de culture ?

Comment  vont-ils pouvoir vivre cet amour ?

 

Le texte est remarquable, vrai, simple, vivant, direct !

Le découpage du texte, original.

C’est une espèce  de « monologues croisés » à travers toute la durée de la pièce. Ils disent chacun, tout haut, ce qu’ils pensent tout bas, chose qui nous arrive à tous !

En fait, il y a peu de dialogues.

Magnifique !

 

Et puis, il y a les deux acteurs, superbes, tellement vrais dans  le ton et leurs phrasés. Je dirais même qu’ils ne jouent pas : Ils sont Daphné et Jean-Marie. Ils font preuve d’une complicité tout à fait extraordinaire. Ils sont à la fois drôles et émouvants.

Nous, spectateurs, partageons leurs sentiments, leur bonheur, leur désespoir, leur allant…

Et puis, ils sont terriblement sympathiques.

Et puis nous, dans la salle, palpitons à leurs réactions, leurs crises, leur tendresse, leurs désirs charnels…

 

Un énorme coup de chapeau à tous deux :

 

FLORENCE CRICK  —  GUY THEUNISSEN

 

Deus grands talents qui s’affrontent !

 

Florence Crick  est infirmière de son métier –elle travaille à Bordet.

Une jeune femme – en rapport constant avec de grands malades atteints d’un cancer. Elle s’évade parfois pour faire l’actrice.

 

Florence Crick : Oui, je quitte un moment la lourdeur de mon métier, la rigueur hospitalière, la douleur, la mort. Et je joue l’amour au théâtre. Cela me permet de respirer ! Des bouffées d’oxygène qui me sont indispensables.

 

Guy Theunissen : Croyez-moi, c’est merveilleux de « jouer l’amour » – comme vous l’a dit Florence.

C’est une incroyable partenaire. Et jouer l’amour avec elle, c’est  fabuleux.  Chaque soir, nous vivons nos personnages avec délectation.

 

Guy Theunissen est d’une authenticité saisissante dans son personnage de Jean-Marie.  Plus vrai que nature !

 

Guy Theunisssen : Pour être tout à fait sincère, je connais un peu ce milieu de l’agriculture, un milieu et des gens que j’admire, que j’aime beaucoup et que je respecte.

 

LE MEC DE LA TOMBE D’A COTE

 

Michelangelo  Marchese (metteur en scène) : Leurs personnages se sont établis, construits au fur et à mesure des répétitions. Dans le plaisir  de faire un  bon spectacle tout en chaleur humaine. J’ai voulu mettre en exergue leurs personnalités de femme et d’homme. Ils sont magnifiques tous les deux !

 

Coup de chapeau également à ce brillant et jeune metteur en scène ! C’est un art que de faire simple !

 

Mijanou Loosen (chroniqueuse) : Une idylle improbable entre un cultivateur et une intello, qui ne pouvaient que se rencontrer dans un cimetière, un des rares lieux de mixité sociale.

Tout les sépare : vaches, versus, livres, football, versus théâtre… mais il y a l’union des corps dans un grand érotisme partagé et l’union des cœurs au sein d’une belle tendresse commune.

Jusqu’à quand tiendront-ils le coup ? Ils sont si attendrissants tous les deux lui surtout !

 

Le public est subjugué par cette histoire et voudrait que cela marche !

A un moment, ‘Lui’ nous livre sa pensée inquiète : « Restera-t-elle pour la nuit ? » Une spectatrice emportée par son enthousiasme intervient spontanément et dit « Oui ! ». Rire dans la salle, bien sûr ! Et, en tout cas, cette nuit-là, elle est restée ! Plus tard, les choses se compliquent, bien évidemment.

Un petit étonnement de ma part : généralement les agriculteurs ou fermiers décrits en littérature ou en sociologie sont plus introvertis, moins bavards… notre spécimen est plus expansif que la majorité silencieuse. Tant mieux pour la saveur du jeu du comédien !

 

Cette pièce m’évoque le livre de Benoîte Groult « Les vaisseaux du cœur » qui raconte également une longue histoire d’amour entre une universitaire parisienne et un marin breton.

Un très beau sujet d’interrogation, de réflexion. Et ici, au Public, une magnifique interprétation des deux comédiens. Pas de doute, on les aime ces quatre-là ! … les deux acteurs… et les deux personnages !

 

 

Moi, cette pièce m’évoque ce film que j’adore : «  Je vous trouve très beau » avec Michel Blanc, lui aussi qui interprétait avec talent l’agriculteur Et cette jeune roumaine  dont le nom m’échappe !

 

Une scénographie dépouillée  si j’ose dire : un bloc rectangulaire qui représente un banc.

 C’est simple, c’est tout, que faut-il de plus ?

 

Des « mecs » comme ça, et une femme comme ça, nous en voulons bien tous les jours…

 

LE MEC DE LA TOMBE D’A COTE

Reprise d’un énorme succès  public  en 2010.

Une création et production du Théâtre Le Public.

 

(Du 08/01 au 02/02/2013  – du mardi au samedi à 20h30

Infos Réservations : 0800 / 944 44)

 

(Avec des extraits de la pièce et de propos publiés dans le programme du théâtre)

 

Roger  Simons

 

SERPENTS A SORNETTES

SERPENTS, photo 8 - crédit Alice Piemme.jpg 

(Théâtre de la place des Martyrs)

 

Une pièce  de Jean-Marie Piemme est toujours particulière !

Une mise en scène de Philippe Sireuil , elle aussi,  est toujours d’une conception particulière.

Les personnages  imaginés par Jean-Marie Piemme sortent  également du commun :

Le Tailleur, l’Intendant de Dieu, la gamine du Tailleur, Mamie Huguette, la mère du Tailleur.

Un improbable quartette assez délirant que nous propose l’auteur.

 

Quatre comédiens pas  improbables du tout qui se « taillent » un beau rôle :

Yoann Blanc : le Tailleur

Edwige Baily : la gamine

Anne Sylvain : Mamie Huguette

Alexandre Trocki : l’Intendant de Dieu et … en voix off

Philippe Résimont pour la voix de Dieu !

 

Il y a du Don Camillo  et  du Monty Python dans cette pièce qui nous fait rire ! Mille rires et pas n’importe lesquels !

Il y a des tas de sujets à percevoir au premier degré ou au second.

La religion catholique est présente  sous la plume grinçante de l’auteur.

 

Jean-Marie Piemme : C’est mon  troisième opus de la vis comica  que j’ai tenté de porter à la scène – avec la complicité de Philippe Sireuil – après  « Toréadors » et   « Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis »

 

Philippe Sireuil(metteur en scène) : On retrouve dans cette pièce le  même goût du paradoxe,  même férocité opportune, même joie d’un théâtre pugnace, même irrévérence , même espièglerie salvatrice devant « la part de bêtise que les actes d’allégeance exigent de nous » écrit Jean-Marie. !

 

Cette pièce fourmille de séquences  burlesques : entreprise en déroute, facture impayée, paiement au noir, dessous de table,  voyage aux frais de la princesse – en l’occurrence ici c’est la vierge marie.

 

Jean-Marie Piemme conduit ses personnages vers une sacristie poussiéreuse à Jérusalem, mais aussi dans un engrenage inexorable, inattendu.

Leur rencontre avec le Seigneur ne se passera pas comme prévu…

 

Philippe Sireuil (metteur en scène) : Des personnages dans lesquels on identifie immédiatement Jean-Marie : Gamine (qui ne jure que par Kurt Cobain), aux mirages de la foi , Mamie Huguette (qui déplore la religion spectacle) à la demande de canonisation , le Tailleur( qui a baptisé son dernier fils Noël) aux simonies en tout genre et l’Intendant de Dieu(qui voudrait promouvoir l’hostie bio) à la colère céleste !

Le tout dans une langue tonique et joyeuse !

 

Les quatre comédiens  entrent impeccablement  dans leurs personnages et les font évoluer avec énergie, drôlerie et talent.

 

PhilippeSireuil  s’est chargé non seulement de la mise en scène mais aussi du décor et des lumières et tout cela, selon ses habitudes.

Costumes : Catherine Somers

Maquillages : Zaza Da Fonseca

Décor sonore : Lorenzo Chiandotto

 

SERPENT A SORNETTES  se joue jusqu’au 2 février – les mardis à 19h, du mercredi au samedi à 20h15.

 

Infos Réservation : 02 / 223 32 08

 

IMPORTANT :

 

A noter  le 26 janvier  de 11h à 18 h au Théâtre de la place des Martyrs : « Melting Piemme » avec la participation  d’une quarantaine d’acteurs et actrices qui liront des œuvres théâtrales  inédites de Jean-Marie Piemme.

Intéressantes découvertes de textes  mis en exergue par nos comédiens.

Entrée libre et gratuite !

 

A voir également au sein du Théâtre  une magnifique exposition :

 

LES MASQUES D’UNE PLUME

 

où l’on découvre des portraits de Jean-Marie Piemme , accompagnés de légendes,  réalisés par Alice Piemme.

Passionnant !

 

On dit de lui que c’est un imposteur ! Méfiez-vous, cet imprécateur-là est le roi de la sornette.

On dit qu’il écrit des pièces. Mais n’est-ce pas encore une ruse du serpent ?

 

Jean-Marie Piemme.

 

SERPENTS A SORNETTES : L’éclat de rire de la saison aux Martyrs !

 

Roger Simons